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Fin du port du masque : un calendrier plus électoral que sanitaire

14 Mars 2022, 13:17pm

Publié par PCF Villepinte

Covid-19 La reprise épidémique constatée ces derniers jours n’a pas incité le gouvernement, en pleine campagne présidentielle, à revoir sa décision de lever nombre de restrictions sanitaires à partir de ce lundi, quitte à aggraver la situation.

Loan Nguyen  L'Humanité Publié le lundi 14 Mars 2022

À partir de ce lundi 14 mars, le masque ne sera imposé que dans les transports collectifs et les établissements de santé. Fred Scheiber/sipa

La guerre en Ukraine occupe depuis plusieurs semaines les esprits et les colonnes des journaux partout en Europe, reléguant au second plan l’épidémie de coronavirus, qui continue pourtant de sévir en divers endroits dans le monde. À moins d’un mois de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron a pourtant décidé d’annoncer la levée quasi totale des mesures de restrictions sanitaires pesant sur les Français depuis de nombreux mois.

À partir de ce lundi 14 mars, le passe vaccinal ne sera plus exigé dans les lieux où il était requis jusque-là. Seul le passe sanitaire restera obligatoire pour accéder aux hôpitaux, maisons de retraite et établissements pour personnes handicapées. Le port du masque, quant à lui, ne sera imposé que dans les transports collectifs et les établissements de santé.

Un soulagement pour la plupart des Français, soumis à deux ans de restrictions sanitaires et sociales, qui espèrent laisser une bonne fois pour toutes le virus derrière eux. Si la baisse du nombre de décès, des hospitalisations et du taux d’occupation des services de réanimation semble leur donner raison, certains experts alertent néanmoins sur une dynamique de reprise épidémique qui pointe ces derniers jours.

L’effet combiné du retour des enfants à l’école et de la circulation désormais majoritaire du sous-variant BA.2, plus contagieux que la forme initiale d’Omicron, explique en partie la reprise épidémique. On en a observé les prémices ces derniers jours, avec 74818 nouveaux cas constatés jeudi, contre 60225 une semaine plus tôt.

«Mais cela ne suffit pas à expliquer ce rebond. Le facteur qui semble critique, cest le changement de comportement des Français, avec une baisse de vigilance sur les gestes barrières et une augmentation du nombre de contacts», expliquaient les experts de Santé publique France, vendredi, appelant à la «responsabilité individuelle» en termes de respect des gestes barrières malgré la levée des restrictions sanitaires.

De quoi causer un léger embarras, y compris dans l’état-major macroniste, tiraillé entre l’envie de séduire les électeurs et la réalité des chiffres. Pour tenter de juguler les critiques sur la pertinence de ce calendrier, le premier ministre, Jean Castex, a annoncé, ce samedi, l’ouverture «dès à présent (de) la quatrième dose aux plus de 80 ans» dans les colonnes du Parisien, tandis que le ministre de la Santé, Olivier Véran, s’est dit «extrêmement vigilant» face au rebond épidémique.

L’Institut Pasteur se veut rassurant

La veille, l’Institut Pasteur avait d’ailleurs mis à jour ses dernières modélisations, notant que cette reprise épidémique anticipée avait lieu plus tôt que ce que l’organisme avait prévu. D’après ses dernières données, le taux d’incidence est resté supérieur à 500 cas pour 100000 habitants dans la majorité des régions la semaine du 28 février au 6 mars et a fortement augmenté en Martinique, où il atteint quasiment les 3800, soit une multiplication par 5 en une semaine.

Mais lInstitut Pasteur se veut rassurant: explorant plusieurs scénarios où, à partir du 14 mars, les taux de transmission deviennent entre 50 % et 130 % supérieurs aux niveaux de janvier-février, le centre de recherche estime que le nombre de contaminations restera inférieur au pic de janvier dans tous les cas.

Des données encourageantes pour certains experts. «À court terme, on peut espérer en avoir fini avec le Covid parce quon observe que le printemps et l’été sont des périodes favorables à la décroissance de la circulation du virus», estime Pascal Crépey, enseignant-chercheur en épidémiologie, qui pointe néanmoins qu’un «retour à lautomne» est prévisible. 

«Ce nest pas raisonnable de lever ces mesures maintenant», juge en revanche Dominique Costagliola, épidémiologiste, qui regrette que l’annonce même de la date du 14 mars ait été faite «indépendamment de toute référence à un indicateur sanitaire». «Si lon voulait prendre des mesures sur la levée des masques, il aurait fallu travailler sur des dispositifs à court et moyen terme pour améliorer la qualité de lair intérieur», insiste-t-elle, pointant à la fois la nécessité de généraliser les capteurs de CO2 mais également de créer des normes d’aération dans les nouveaux bâtiments. «Là, on condamne les personnes fragiles, qui ne sont pas immunisées malgré la vaccination, à lisolement.»

#OuiAuMasque et #JeGarderaiLeMasque

«On ressent une inquiétude chez nos adhérents», confirme Pierre Foucaud, président de Vaincre la mucoviscidose, qui déplore l’accès toujours restreint des malades aux traitements par anticorps monoclonaux préventifs. «Il y a certes de moins en moins d’hospitalisations et de décès, mais on a l’impression de faire face à un déni collectif alors que plusieurs dizaines de personnes continuent de mourir chaque jour du Covid et que ces personnes-là sont des personnes vulnérables», précise-t-il, estimant que les décisions gouvernementales poussent les patients atteints de mucoviscidose à l’ «autoconfinement».

Même son de cloche du côté de France Rein, qui accompagne les malades souffrant d’insuffisance rénale. «On comprend que la levée des restrictions sanitaires soit une bonne chose pour la majorité des gens, mais il va falloir appeler au civisme de chacun», souligne Cécile Vandevivère, présidente de l’association. Sur les réseaux sociaux notamment, des appels de citoyens à garder le masque dans les lieux clos par solidarité pour les personnes immunodéprimées circulent depuis plusieurs semaines sous les mots-dièse #OuiAuMasque et #JeGarderaiLeMasque.

«Quest-ce quon va faire des 300000 personnes immunodéprimées? On les enferme?» tempête Jérôme Marty, médecin généraliste et président de l’Union française des médecins libéraux, qui estime qu’ignorer l’impact de la levée des mesures sanitaires constitue un pari dangereux. Mais, au-delà de l’impact pour les personnes fragiles, le praticien s’inquiète de l’invisibilisation des patients atteints de Covid longs. «Depuis un mois et demi, les Covid longs représentent 15 % à 20 % de ma patientèle. Certains sen sortent avec uniquement de la fatigue mais dautres gardent des séquelles neurologiques sept mois après et même au-delà.»

Contaminations le monde n’est pas sorti d’affaire

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a rappelé, le 9 mars, que la pandémie de Covid-19 était «loin d’être terminée» et «ne sera finie nulle part si elle nest pas finie partout». LOMS relève une forte croissance dans le Pacifique occidental.  Au niveau mondial, le nombre de décès a baissé de 8 %.  Dimanche, la Chine faisait état du triplement du nombre quotidien de contaminations par rapport à la veille et procédait au confinement ou au semi-confinement des villes de Shenzhen, Jilin, Changchun et Yanji. En Europe, les autorités allemandes indiquent également que le pays se trouve dans une «situation critique», malgré limpression partagée dans la population, selon laquelle la pandémie serait «maîtrisée».

 

 

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Rappelle-toi, Barbara !

13 Mars 2022, 08:20am

Publié par PCF Villepinte

« Quelle connerie la guerre ! », Prévert

Publié le 14 décembre 2016

Rappelle-toi !

Rappelle-toi, Barbara !

Les bombes détruisent allégrement Alep, Palmyre, Kobané et Homs( et Kiev) …Elles ont détruit Brest lors de la deuxième guerre mondiale.

L’humanité ne retient donc pas les souffrances du passé ? L’antimilitarisme n’a donc été remplacé que par l’indifférence ?

Jacques, toi le poète, à quoi peut donc servir ton poème ? Tu as dénoncé la guerre, les morts civiles. Tu as chanté l’amitié entre inconnus, le respect pour l’amour que chacun porte en soi. Vois, comme tu es écouté !

De ta poésie, n’a-t-on retenu que la pluie qui se déverse dans les rues ? de « dénudé », es-tu donc devenu un poète rhabillé ?

 

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Les droits des femmes ne sont pas une affaire de goût

13 Mars 2022, 08:07am

Publié par PCF Villepinte

Barbara Cassin

Stéphane de Sakutin / AFP

 

 Barbara Cassin   L'Humanité Publié le Samedi 12 Mars 2022

 

Le 8 mars, c’est la Journée internationale des droits des femmes, la journée de la femme.

L’Ukraine, hommes femmes enfants (il faut en général des hommes pour faire des enfants), maternités écoles hôpitaux maisons usines paysages et monuments, rues et campagnes, tout ce qui fait la vie d’aujourd’hui, centrales atomiques incluses, souffre. Des femmes et leurs enfants fuient, résistent et meurent.

Il est et n’est pas fou, Poutine, agent complaisant de la guerre, paranoïaque vivant à guichet fermé au bout d’une table de six mètres à laquelle on accède via des tunnels désinfectants. Des dirigeants fous, ou presque, il y en a beaucoup aujourd’hui: en Corée du Nord, en Inde, au Brésil, sans parler de l’à peine ex-Trump: diriger trop grand pour ce quon est, même habile, ça rend fou ou/et ça plaît aux fous. Être borderline, est-ce tout à fait évitable pour un dirigeant? Un métier qui veut ça?

Je voulais écrire une chronique qui soit à côté, à côté de l’horreur politique, mais j’ai beaucoup de mal à m’extirper de la tristesse, de la colère et de l’angoisse de l’instant.

J’ai pourtant sous les yeux «le Journal du dimanche», une double page qui na rien à voir avec langoisse. Elle est signée, sobrement en bas à droite en caractères bâtons, Louis Vuitton. Ils ont parrainé avec une extrême élégance mon costume dacadémicienne, dessiné par un styliste adorable et talentueux qui dirige Patou, et brodé par une association de femmes corses et migrantes.

C’était la première fois que j’allais chez un grand couturier, que je faisais de vrais essayages, que je voyais la mode en ordre de marche, et j’en ai éprouvé un plaisir et une reconnaissance infinis. Tout à coup, on est autrement femme et, comment dire: immémorialement.

Sur la double page que j’ai sous les yeux s’allonge une femme. Elle coche toutes les cases de la beauté, de la diversité, sublimée par la sérénité du luxe.

Indonésienne peut-être, métisse sans doute, yeux en amande, indifférente mais non boudeuse, bras nus, ventre nu un peu visible au-dessus du nombril, entre jeans et blouse blanche à dentelle dissymétrique au bord droit du col, peau parfaite, épilée à l’aisselle, poignets graciles, ongles subtils peints d’un vernis translucide s’affirmant violets au bout du bout, boucles d’oreilles souples pourtant carrées, auréole de cheveux noirs. Et: sous la courbe longue de la hanche, le sac à chaînette et monogramme doré, les deux lettres VL croisées en triangle juste à l’endroit du pubis.

Cette image d’une simplicité parfaite m’a mise, non tant en fureur qu’en total malaise. Poutine, prévenait Merkel, est déconnecté du réel. Cette image de femme aussi. Elle est déconnectée du réel. Ce n’est pas que la connexion fasse plaisir: je pense à cette autre affiche de femme dun âge certain avec ventre celluliteux et seins tombants, joyeuse pourtant, frontale, en petite culotte et soutien-gorge. Une publicité anti-trop belle ciblant vous et moi, aperçue sous un abri d’autobus. Ça fait du bien de voir plutôt pire, dommage que cette tranche d’âge soit une clientèle à prendre. Trop belle trop moche.

Heureusement que les droits des femmes ne sont pas une affaire de goût, mais de justice à l’ordre du jour d’aujourd’hui.

 

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Pour une solidarité responsable avec l’Ukraine

13 Mars 2022, 08:02am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Publié le
Samedi 12 Mars 2022

Rien de plus insupportable que le sentiment d’impuissance face à une agression militaire meurtrière comme l’est la guerre de Poutine contre l’Ukraine.

On ne peut, dès lors, s’étonner que s’élèvent, sous les bombes, des voix bouleversantes réclamant une implication dans le conflit toujours plus forte des États européens et occidentaux en général, à même de forcer Poutine à arrêter sa guerre.

Peut-on, dans ces conditions, être légitimement conduit à dire non à certaines de ces demandes, alors même que le peuple ukrainien nous impressionne tous et toutes par sa résistance intrépide face à l’armada russe? Oui, hélas: cest difficile, et pourtant nécessaire dans une série de cas.

Cela peut même s’avérer un devoir de solidarité, quand la réalisation de ces exigences ferait courir des risques incommensurables aux Ukrainiens, à coup sûr, en premier lieu, et, au-delà, à l’Europe tout entière, voire au monde. Plusieurs cas de ce type se sont présentés ces derniers jours. Ainsi, il est crucial, vital même, que les pressions en faveur de l’établissement d’une «zone dexclusion aérienne» sur le territoire ukrainien ne finissent pas par entraîner lOtan dans une fuite en avant fatale!

Car, interdire le survol de lUkraine suppose dabattre tout avion ennemi bravant linterdit, quitte à déclencher lengrenage dun affrontement militaire Otan-Russie! La même mise en garde vaut pour les avions de guerre de l’ère soviétique que Washington tente toujours de faire livrer à lUkraine par la Pologne. Un tel projet impliquerait, là encore, des États membres de lOtan, au risque de fournir à Poutine un prétexte pour étendre le conflit. Une solidarité pour le moins à double tranchant.

Même l’idée d’une adhésion «sans délai» de lUkraine à lUnion européenne est hautement contestable, ne serait-ce quen raison de lexistence, dans les traités européens en vigueur depuis 2009, d’une «clause de défense mutuelle» qui recèle des dangers similaires à ceux du fameux «article 5» de lOtan – toutes choses qui mériteraient d’être clairement explicitées lorsquon évoque une éventuelle entrée de lUkraine dans l’UE.

Quant aux sanctions économiques – si elles sont évidemment nécessaires –, elles appellent elles-mêmes plus de discernement que celui dont ont fait preuve plusieurs de nos ministres.

Quand Clément Beaune, le secrétaire d’État aux Affaires européennes, prétend que «nous pouvons imposer nos intérêts» à la Russie car celle-ci dépend de lEurope pour ses exportations de gaz, il semble oublier que la réciproque est vraie: il serait aussi peu aisé pour lEurope de se passer de son fournisseur russe que pour la Russie de remplacer ses clients européens. Le degré d’interdépendance qui caractérise le monde actuel est tel que le Fonds monétaire international (FMI) prévient que les sanctions «auront un impact substantiel sur l’économie mondiale».

Lorsque Bruno Le Maire promet – avant de se raviser face au tollé suscité – «une guerre économique totale à la Russie», il ignore cet autre avertissement du FMI: une escalade du conflit aurait des conséquences économiques «dévastatrices» au niveau mondial. La seule solidarité qui vaille est celle qui ne se retourne pas contre le peuple ukrainien et le monde dans son ensemble.

 

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Macron 2 ?

13 Mars 2022, 07:58am

Publié par PCF Villepinte

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Départ à 65 ans : Macron parti pour accélérer la casse sociale

12 Mars 2022, 08:02am

Publié par PCF Villepinte

La majorité a présenté, jeudi 10 mars, sa future réforme en cas de second mandat. Avec un report de l’âge légal de départ à la retraite – comme le proposent Valérie Pécresse et Éric Zemmour – affiché comme indispensable pour faire face à des «difficultés de financement» et à lallongement de lespérance de vie. Des arguments fallacieux.

LHumanité  Florent LE DU   Publié le Vendredi 11 Mars 2022

Thomas SAMSON / AFP

Cinq ans de plus pour finaliser la destruction de notre modèle social. Deux ans après avoir renoncé à sa réforme des ­retraites pour cause de crise sanitaire, le président-candidat promet aux travailleurs un scénario encore plus sombre en cas de second mandat: attendre 65 ans pour partir à la retraite à taux plein. Exit la proposition de fin 2019 dintroduire un «âge pivot» qui n’avait pas valeur de couperet à 64 ans, le chef de l’État veut bien repousser au-delà de 62 ans l’âge légal de départ, comme Valérie Pécresse (65 ans) et Éric Zemmour (64 ans).

«Cest une réforme de responsabilité et de justice», a osé le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, jeudi. Les arguments fallacieux ne manqueront pas pour défendre cette «réforme prioritaire» qui doit se faire progressivement, jusqu’à 2032. Le 9 novembre, Emmanuel Macron avait ainsi prévenu qu’il faudrait «travailler plus» afin de «préserver les pensions de nos retraités». 

Comme ses concurrents de droite et d’extrême droite, la majorité présente le report de l’âge de départ comme le seul moyen «d’équilibrer lensemble du système», comme l’a soutenu Richard Ferrand, président de l’Assemblée nationale.

Mais réformer le financement des retraites est d’abord une question de choix politique. «Les difficultés dont parle la majorité sont dues aux critères capitalistes qui dictent notre gestion de l’économie en voulant toujours faire baisser le coût du travail et des cotisations pour laisser plus de place aux profits», explique l’économiste communiste Denis Durand.

Pour Jean-Marie Harribey, ancien coprésident d’Attac, «la droite veut faire oublier que dautres solutions existent, comme augmenter les volumes des cotisations en augmentant leur part dans le salaire brut, en embauchant davantage, en augmentant les salaires, en stoppant les exonérations accordées aux plus riches .»

Le chef de l’État entend toujours supprimer les régimes spéciaux

Selon la majorité, ce «sauvetage» du système des retraites permettrait à terme 14 milliards d’euros d’économies annuels. Mais d’après l’économiste François Ecalle, pourtant favorable au recul de l’âge de départ, la réforme ne rapporterait que 3,75 milliards d’euros par an en 2032, en prenant en compte les prestations sociales qu’induit le report (chômage, invalidité, RSA).

Des économies qui ne pourraient suffire qu’à financer la hausse des montants minimaux des pensions à taux plein: 1100 euros pour Emmanuel Macron et Éric Zemmour, 1230 euros pour Valérie Pécresse. Et donc ne pas résoudre les fameuses difficultés de financement du système. De quoi justifier d’ici là une accélération de la mesure ou un nouveau report de l’âge?

D’autres différences existent entre la réforme avortée en 2020 et le projet présenté par les soutiens d’Emmanuel Macron. Fini la retraite par points, système plébiscité par Valérie Pécresse pendant la primaire LR. Tandis que, si le chef de l’État veut toujours supprimer les régimes spéciaux, il prévoirait désormais «trois grands régimes» pour les fonctionnaires, les salariés du privé et pour les indépendants.

Reste une conséquence pouvant bouleverser durablement notre modèle social: faciliter la retraite par capitalisation. La majorité prévoit quau-delà de 120000 euros de revenus bruts par an, les plus riches ne cotiseraient qu’à hauteur de 2,81 % (au lieu de 6,90 %), sans ouvrir de droits à la retraite. «Un manque à gagner qui en plus ouvre un boulevard aux fonds de pension privés pour récupérer leurs cotisations», anticipe Jean-Marie Harribey.

Un quart des travailleurs les plus pauvres meurent avant 62 ans

Quant à l’âge légal, la Macronie adopte désormais le même argument que «Les Républicains », qui réclamaient déjà son report en 2019: «Parce que nous vivons plus longtemps, il nous faudra partir à la retraite plus tard», déclarait Emmanuel Macron en juillet 2021. Une drôle de vision du progrès social.

 «Pourquoi est-ce quon vit plus longtemps? Aussi parce quon a baissé l’âge de départ à la retraite, commente Ian Brossat, directeur de campagne de Fabien Roussel (PCF). Dans le même temps, les richesses produites ont augmenté de manière considérable. Est-ce que ces gains de productivité ne doivent pas aussi profiter au monde du travail?» L’argument selon lequel «nous vivons plus longtemps» est factuellement discutable: selon lInsee, depuis 2016, lespérance de vie en France stagne, tandis que lespérance de vie en bonne santé commence à baisser. Elle se situait en 2020 à 63,7 ans mais fluctue en fonction des catégories sociales: pour les ouvriers, elle se situe entre 55 et 59 ans.

Repousser l’âge de départ à la retraite ­continuerait d’accroître ces inégalités sociales. Économiquement, avec des difficultés d’embauche des plus de 60 ans et la tentation de prendre une ­retraite anticipée avec une pension revue à la baisse. Du point de vue de la santé également alors que, toujours selon l’Insee, 25 % des travailleurs les plus pauvres meurent avant 62 ans, contre 5 % des plus riches.

Mais la majorité sortante a tout prévu. Selon Richard Ferrand, la ­réforme «doit permettre, dès l’âge de 40 ans, dinvestir dans les formations et de faire en sorte quon soit en capacité physique, intellectuelle de se réorienter et dembrasser dautres tâches dans sa deuxième partie de carrière». Plutôt que de prendre en compte la pénibilité de certains métiers et des carrières, la Macronie exhorte les Français à s’adapter, anticiper. Défense de vous plaindre si à 60 ans le travail ronge votre santé: vous naviez qu’à y penser avant.

 

 

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Conséquence(s)

12 Mars 2022, 07:42am

Publié par PCF Villepinte

La sale guerre de Poutine redessine les équilibres géopolitiques.

Date.

«Tu n’en reviendras pas toi qui courais les filles/Jeune homme dont j’ai vu battre le cœur à nu/Quand j’ai déchiré ta chemise et toi non plus/Tu n’en reviendras pas vieux joueur de manille/Qu’un obus a coupé par le travers en deux.» Ainsi poétisait Louis Aragon, en 1956 (la Guerre, et ce qui s’ensuivit, in le Roman inachevé).

 Alors que le chaos du fer et du feu progresse et que les mots semblent impuissants à traduire notre sidération et nos colères conjuguées, voilà donc le retour de l’Histoire par sa face la plus tragique, capable de menacer tous les équilibres du monde. Nous vivons un point de bascule considérable, un tournant historique que certains jugent aussi important, sinon plus, que le 11 septembre 2001 en tant que modification en profondeur des paradigmes qui pourraient conduire l’Europe et bien des institutions à renouer avec le primat du politique.

Les conséquences s’avèrent d’ores et déjà incalculables en vérité et susceptibles de bousculer les imaginaires, les représentations et sans doute les mentalités. La pandémie avait écrasé les corsets budgétaires; la sale guerre de Poutine redessine les équilibres géopolitiques. À tel point que le 24 février 2022 restera une date charnière du XXIe siècle, tel le surgissement de l’événement imprévisible – et si prévisible pourtant.

Ampleur.

 Sinistre stratège, ce Poutine! L’homme fort du Kremlin, quels que soient ses buts de guerre et ses raisons héritées du passé, aura en effet réussi à obtenir, en un temps record et au prix de milliers de morts et de destructions épouvantables, des résultats à l’opposé de ce que nous pouvions imaginer, voire de ceux qui étaient à l’origine recherchés.

A-t-il divisé l’Europe? Non. A-t-il éloigné l’Ukraine de l’UE? Non. A-t-il renforcé le sentiment «russe» sur les territoires conquis? Non. A-t-il tué dans l’œuf le nationalisme ukrainien? Non. A-t-il hâté la fin de l’Otan? Non.

En quelques jours de guerre fratricide, Poutine a relancé les sirènes de l’atlantisme: comment, en pleine guerre, la France pourrait-elle désormais assumer de sortir de lOtan et du commandement intégré? Le bloc-noteur lui-même ladmet: cette perspective est devenue caduque, au moins pour un temps long. Par ailleurs, Poutine voit donc sa Russie mise au ban de la communauté internationale, comme cela s’est rarement vu depuis la Seconde Guerre mondiale – et pour une durée impossible à maîtriser. Tôt ou tard, les sanctions économiques, par leur ampleur, porteront leurs fruits.

Désastre.

 Sous le fracas des bombes, que rien ne justifiera jamais, il devient presque difficile de réfléchir en toute sérénité pour trouver le chemin d’un cessez-le-feu et d’une paix durable, comme tente par exemple de le faire Dominique de Villepin, l’un de ceux qui appellent à la désescalade et rappellent l’engagement formel, en 1991, des pays occidentaux de ne pas étendre l’Otan «au-delà de l’Elbe», comme l’atteste un document exhumé des archives britanniques et récemment publié par Der Spiegel.

Sommes-nous audibles, à parler encore et encore des genèses? Devant ce désastre absolu, seuls les marchands de mort se frottent les mains. À un détail près: eux non plus ne savent pas ce qu’il adviendra demain, dans quelques mois, quand un paysage politique et mental nouveau, dont nul ne soupçonnait la possibilité jusqu’alors, aura franchi une nouvelle ligne d’horizon.

Par la brutalité extrême, le continent européen redécouvre le tragique de l’Histoire, mais aussi, paradoxalement, une idée de puissance politique, alors qu’il se rêvait en vaste supermarché insouciant et postnational. Fallait-il des morts pour en arriver là? Et Aragon, toujours: «Déjà la pierre pense où votre nom s’inscrit/Déjà vous n’êtes plus qu’un mot d’or sur nos places/Déjà le souvenir de vos amours s’efface/Déjà vous n’êtes plus que pour avoir péri.»

[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 11 mars 2022.]

Publié par Jean-Emmanuel Ducoin

 

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Jean-Luc Mélenchon : un « avenir en commun » soumis… à la bonne volonté du capital ?

11 Mars 2022, 14:16pm

Publié par PCF Villepinte

14 février 2022 Denis Durand ActualitéPoints de vue, débats et controversesPrésidentielle 2022 2

Oubliés le « bruit » et la « fureur » ! Désormais, Jean-Luc Mélenchon brandit avec fierté un brevet de respectabilité décerné par le président du MEDEF : « vous êtes prêt à gouverner », lui a confié Geoffroy Roux de Bézieux devant deux millions de téléspectateurs.

Gouverner, mais pour quoi faire ? Le programme du leader des « Insoumis » contient un grand nombre de propositions sociales et écologiques mais – à la différence du programme La France des jours heureux de Fabien Roussel qui consacre un chapitre entier aux moyens financiers d’atteindre six grands objectifs sociaux, écologiques et féministes – il est fort peu explicite sur les moyens de les réaliser.

Faute d’indiquer comment seront produits plusieurs centaines de milliards de richesses supplémentaires, la lecture de L’avenir en commun laisse le sentiment que ce programme n’est pas financé, qu’il s’agisse des dépenses publiques, de celles de la Sécurité sociale mais aussi de celles des entreprises. Pour y voir plus clair, on a consulté un document publié le 7 février sur le site melenchon2022.fr et intitulé Comment nous allons atteindre le plein emploi, qui a nourri le discours sur les questions économiques prononcé par le candidat en meeting à Montpellier le 13 février.

C’est en effet « le plein emploi » que vise le programme de Jean-Luc Mélenchon, et non pas un projet de sécurité de l’emploi et de la formation rendant effectifs le droit universel à l’emploi, jusqu’à l’éradication du chômage. Le document est explicite sur ce point : « le plein emploi ne veut pas dire que toute forme de chômage disparaît. Les périodes de chômage continueront d’exister, entre deux contrats » (p. 13). De fait, le plein emploi, en France, correspond à un taux de chômage de 7 % ou davantage, soit plusieurs millions de personnes.

La stratégie économique adoptée pour y parvenir est très clairement assumée : c’est un « choc de demande » avec ses deux composantes traditionnelles. La première d’entre elles est une relance de la consommation : « dégel » non chiffré du point d’indice des fonctionnaires et « hausse du SMIC à 1 400 euros net, qui impacte tous les salaires jusqu’à 2 000 euros, et représenterait, d’après ce même document, un coût de 1,8 milliard d’euros par an pour l’État ».

Cette dernière indication est particulièrement énigmatique. Cela veut-il dire que l’État, et non les entreprises, prendrait à sa charge le coût de la mesure pour en faire cadeau aux employeurs ? Mais ce coût, compte tenu de la distribution actuelle des salaires dont beaucoup se retrouveraient sinon en-dessous du nouveau SMIC, est en réalité bien supérieur, de l’ordre de 20 milliards, soit dix fois plus.

Ou faut-il comprendre que la somme d’1,8 milliard correspond à une baisse des cotisations sociales, qui permettrait d’augmenter le salaire net sans augmenter le salaire brut comme le préconise, par exemple, Valérie Pécresse ? Ce serait cohérent avec l’instauration d’une progressivité de la CSG en 14 tranches, préconisée par le programme L’avenir en commun et ouvrant la voie à sa fusion avec l’impôt sur le revenu, même si, contrairement à sa version de 2017, le programme actuel de Jean-Luc Mélenchon est prudemment muet sur ce dernier point.

L’autre composante du choc de demande serait « un plan de 200 milliards d’euros d’investissements (publics) écologiquement et socialement utiles, qui rempliront les carnets de commande des entreprises pour des années, leur donneront de la visibilité et leur permettront à la fois d’investir et d’embaucher ».

Laisser les patrons « faire leur métier » ?

Mais qui nous dit que les entreprises décideront effectivement d’embaucher ? C’est précisément ce qu’elles ne font pas aujourd’hui quand elles sont inondées d’aides publiques. Dans son dialogue avec Jean-Luc Mélenchon, le président du MEDEF a eu beau jeu d’annoncer, au nom de la « liberté » des chefs d’entreprises, qu’en cas de victoire de son interlocuteur « ils vont arrêter d’embaucher, ils vont arrêter d’investir ».

Et même s’ils investissent, le feront-ils pour embaucher, ou bien pour supprimer des emplois et baisser le coût du travail ? Non seulement les emplois, les salaires et les recettes publiques promis par les « Insoumis » ne seront pas au rendez-vous mais la gauche sera discréditée pour longtemps, comme elle l’a été après l’échec de 1983, après celui de 1997 et après celui de 2012.

Comment Jean-Luc Mélenchon prétend-il les faire changer d’avis ? Par une « planification écologique » qui « donnerait de la visibilité » aux chefs d’entreprises et stimulerait leur appétit de produire et d’embaucher : bref, le grand retour du « Plan réducteur d’incertitude » qui avait fait merveille au service de la rentabilité des grands groupes privés, de Jean Monnet à Georges Pompidou, avant que le capitalisme monopoliste d’État n’entre dans la crise où il se débat encore aujourd’hui.

En un mot, le « keynésianisme » traditionnel et fort peu révolutionnaire dont se réclame très explicitement le programme « insoumis » ignore une réalité : le capital, ses exigences de rentabilité et la loi qu’il fait régner sur la gestion des entreprises. Rien – ni pouvoirs d’intervention et de décision des salariés sur les choix d’investissements et de production, ni nationalisation des grandes banques et de grands groupes stratégiques, ni action concrète pour réorienter le crédit bancaire et la création monétaire de la BCE, ni mobilisation des acteurs économiques dans des conférences pour l’emploi, la formation et la transformation productive et écologique – n’est prévu dans ce programme pour opposer au capital une autre logique, matérialisée dans d’autres critères.

Le mot « nationalisation » ne figure nulle part dans L’avenir en commun, sauf à propos de la branche énergie marine d’Alstom et de la branche éolienne offshore d’Areva. La création d’un « pôle public » du médicament ne comporterait pas la nationalisation de Sanofi. Le « pôle public bancaire » ne reposerait pas sur la nationalisation des banques privées mais sur une « socialisation » des « banques généralistes » dont on lit pourtant au paragraphe précédent qu’elles disparaîtraient sous l’effet d’une séparation entre les banques d’affaires et les banques de détail.

Tout au plus la « modulation de l’impôt sur les sociétés pour encourager l’investissement en France et pénaliser le versement de dividendes » garde-t-elle une trace de l’alliance de Jean-Luc Mélenchon avec le PCF aux temps lointains du Front de gauche. Lorsqu’il est question de « poser un cadre aux entreprises en termes de salaire minimum, d’écarts de salaire maximum, d’impératif de protection des travailleur·ses », il s’agit seulement de « mieux partager des richesses qui existent déjà » (p. 23 du document cité plus haut). On ne saurait être plus clair.

« Garantie d’emploi » : après l’« État providence », un État ambulance ?

Dès lors qu’on renonce à agir à la fois sur la demande et sur l’offre, sous prétexte que « nous ne pouvons pas compter sur l’arbitraire du CAC 40 pour être utile au bien commun et créer les millions d’emplois dont nous avons besoin », il ne reste plus qu’à proposer à 1,8 million de chômeurs de longue durée une « garantie d’emploi » qui consiste à les embaucher aux frais de l’État et des collectivités territoriales, non dans un statut de fonctionnaires assorti des formations nécessaires à l’exercice de véritables emplois (en particulier pour des pré-embauches de jeunes soignants ou enseignants), mais dans un statut qui ne soit ni public ni privé, pour des durées hebdomadaires « comprises entre 20 et 35 heures » et avec une enveloppe budgétaire de 18 milliards d’euros qui correspond à une rémunération moyenne de 833 euros bruts par mois.

En un mot, en renvoyant toute l’application du programme à l’État et aux finances publiques, tout en s’en remettant, conformément à sa doctrine constante, aux choix des patrons, donc du capital, pour l’offre et la création de richesses, Jean-Luc Mélenchon ne prévoit rien pour échapper au scénario que nous avons déjà connu sous Jospin et sous Hollande : une dénonciation enflammée de « la finance » et des inégalités sociales, des tentatives d’augmenter les impôts en début de mandat, vite balayées par la résistance d’un patronat trop content de mettre, sur ce sujet, la population de son côté, et finalement un ralliement sans gloire aux politiques d’austérité et de baisse du coût du travail.

Éviter la répétition de ces enchaînements désastreux pour la gauche en donnant de la force à une autre logique économique, à une prise de pouvoir des travailleurs et des citoyens sur l’utilisation de l’argent des entreprises et des banques : c’est précisément là l’utilité de la campagne de Fabien Roussel, du programme dont il est porteur, et de l’influence que pourront lui donner les millions d’électeurs qui manifestent désormais leur intérêt pour sa candidature.

 

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Macron pousse les feux d’une défense européenne

10 Mars 2022, 07:28am

Publié par PCF Villepinte

UE  Dans le cadre de la présidence française, un conseil européen informel se tient à partir de ce jeudi à Versailles. L’ordre du jour, bousculé par la guerre en Ukraine, portera principalement sur la défense et l’énergie, avec, en ligne de mire, une plus grande autonomie vis-à-vis du gaz russe.

  Gaël De Santis L'Humanité Publié le Jeudi 10 Mars 2022

Selon Roland Nivet, porte-parole du Mouvement de la paix : « La boussole stratégique de l’Union européenne n’est orientée que vers la direction de l’augmentation des moyens militaires. » ndreea Campeanu/Getty Images/AFP

Le château voulu par Louis XIV sera le symbole de la politique extérieure de Jupiter, du début à la fin de son mandat. Le 28 mai 2017, quelques jours après avoir été intronisé chef d’État, Emmanuel Macron recevait Vladimir Poutine sous les dorures de la galerie des Glaces.

L’objectif était alors de renouer avec le président russe pour porter la voix d’une France qui parle à toutes les puissances et affirme le principe d’une souveraineté européenne qui prendrait ses distances avec la tutelle américaine. Cinq ans plus tard, à l’occasion de la présidence française du conseil de l’Union européenne, c’est un sommet informel qui se tient dans le chef-lieu des Yvelines ces jeudi 10 et vendredi 11 mars.

À l’origine, il avait pour objet «le modèle européen de croissance et d’investissement pour 2030». Autant dire que l’invasion de l’Ukraine par les troupes de l’ancien hôte du château, le 24 février, a rebattu les cartes. À cet enjeu s’ajoute, selon la lettre d’invitation du président du Conseil européen, Charles Michel, l’objectif de «faire un pas pour construire notre souveraineté, réduire notre dépendance».

Voilà le concept de «souveraineté européenne» cher à Macron profondément transformé. Il n’est plus question de s’émanciper de Washington, mais de Moscou. Quitte à s’aligner sur le grand frère américain. Quand il était encore président, Donald Trump avait fait pression sur ses partenaires de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan) afin qu’ils relancent la course à l’armement en consacrant 2 % de leur PIB à la défense.

Une juteuse affaire pour les marchants d’armes états-unien, auprès desquels s’approvisionnent les pays du bloc, notamment ceux d’Europe orientale. L’ex-président est entendu comme jamais. Si la réponse à la crise du Covid a été un plan – certes libéral – d’investissement de 750 milliards d’euros dans les infrastructures et la transition énergétique, l’issue de la crise en Ukraine est l’ouverture du portefeuille pour acquérir des fusils, des missiles, des missiles antimissiles et des avions de chasse.

L’Allemagne a choisi d’investir 100 milliards d’euros dans un fonds de défense, ce qui l’amènera à redevenir l’une des principales puissances militaires du continent, statut perdu à la fin de la Seconde Guerre mondiale (lire notre article page 4). La Pologne, parmi les champions européens en matière de dépenses militaires, avec 2,2 % du PIB consacrés à la défense, emprunte le même chemin.

Jaroslaw Kaczynski, le président du parti ultraconservateur au pouvoir, a annoncé que le budget serait porté à 3 % du PIB! En la matière, Varsovie fera mieux quAthènes (2,8 %), dont le budget sexplique par les contentieux territoriaux avec le voisin turc. Le gouvernement social-démocrate danois est sur la même longueur donde. Dès 2024, Copenhague atteindra l’objectif des 2 %. Le royaume nordique avait choisi, voilà trois décennies, de ne pas participer à la politique de défense de la CEE puis de l’UE. Un référendum va être convoqué pour mettre fin à cette exception.

Avec la crise ukrainienne, l’Europe de la défense, chère à Emmanuel Macron, pourrait continuer de prendre forme. Lors du sommet informel de Versailles, les chefs d’État et de gouvernement vont se pencher sur le «renforcement des capacités de défense» de l’UE. Selon le projet de conclusions obtenu par le média Contexte, les Vingt-Sept s’accorderaient pour «augmenter substantiellement les dépenses de défense» et «développer les capacités de défense dune façon collaborative». Par ailleurs, l’ «industrie de défense» devrait être renforcée et développée .

Couper tous les ponts avec la Russie

Si l’Europe de la défense «devient une réalité», après avoir «longtemps été un sujet de colloque», selon les termes utilisés en 2018 par la ministre de la Défense, Florence Parly, sa finalité évolue avec la crise ukrainienne. Dans l’esprit de ses concepteurs, elle servait à s’autonomiser de Washington, parrain de l’Alliance atlantique. Pour rassurer les pays de l’Est, qui comptent avant tout sur l’allié américain pour assurer leur défense, elle avait fini par être conçue comme un « pilier» complémentaire de l’Otan. Avec l’affaire ukrainienne, toute velléité d’indépendance européenne s’évanouit.

Lors d’une conférence de presse au Parlement européen, mercredi, la première ministre estonienne, Kaja Kallas, a appelé «chaque pays à accroître ses dépenses darmement, parce que si chaque armée dun pays de lUE est plus forte, nous sommes plus forts ensemble». Mais l’UE n’est pas le périmètre de la dirigeante balte. «Nous devons débattre de lEurope de la défense. Je ne veux pas dalternative à lOtan pour la construire, parce que 90 % du territoire européen est un territoire de lOtan», a-t-elle déclaré.

Certains pays, aujourd’hui neutres, envisagent une adhésion à l’Otan: la Suède et la Finlande, où, pour la première fois selon les sondages, une majorité de citoyens est favorable à lintégration à lAlliance atlantique. Lancien espion russe Vladimir Poutine s’avère être le meilleur agent de l’Otan, dont Macron avait décrété l’ «état de mort cérébrale» en novembre 2019…

En fait d’indépendance, ce sommet européen est marqué par une volonté de couper tous les ponts avec la Russie. Le deuxième volet du sommet vise à «réduire nos dépendances énergétiques», tout en conservant l’objectif d’une «neutralité climat pour 2050». Est notamment mis en avant le besoin de «diversifier les routes dapprovisionnement». En d’autres termes: dépendre moins de Moscou, qui fournit 48 % des importations européennes de gaz et 30 % de celles de brut.

Les Vingt-Sept veulent également augmenter leurs stocks dhydrocarbures. En tournant le dos aux Russes, les Européens risquent fort de se jeter dans les bras des pays qui, comme les États-Unis ou l’Algérie, exploitent les gaz de schiste. Par ailleurs, les Européens multiplient les sanctions: fermeture de lespace aérien, déconnexion de la Russie du système financier mondial avec le refus d’accès au système bancaire Swift.

Cette politique tranche avec la mythologie officielle de l’UE, selon laquelle les interdépendances économiques, politiques et démographiques créées par la construction européenne depuis 1957 ont permis d’assurer la paix sur le Vieux Continent. C’est exactement l’inverse que proposent les participants au sommet de Versailles.

Aucune initiative diplomatique n’est pour l’instant annoncée. «La boussole stratégique de lUnion européenne nest orientée que vers la direction de l’augmentation des moyens militaires», déplore Roland Nivet, porte-parole du Mouvement de la paix. Il faudrait au contraire «engager une négociation portant sur la paix et la sécurité commune en Europe», estime le pacifiste.

 

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La question du logement

10 Mars 2022, 07:24am

Publié par PCF Villepinte

Retour sur le discours de Montreuil où Fabien Roussel évoquait la question du logement.

 

« Je voudrais, à ce propos, dire un mot sur un sujet majeur. Il touche à notre portefeuille, et pas qu’un peu, et pourtant c’est un grand absent de cette élection présidentielle. Je veux parler, ici, du logement, de ce qu’il coûte et de ce qu’il implique pour bien des familles.

Une majorité des Français consacrent désormais, grosso modo, 30 % de leurs revenus à leur logement quand ils sont dans le parc privé, parfois plus encore. Très concrètement, 30 %, cela veut dire quoi ? Ça veut dire que 30 % de notre temps de travail sert à payer le loyer ! Cela veut dire que nous travaillons chaque semaine, du lundi 9 heures jusqu’au mardi 16 heures, pour payer son loyer ou pour payer la banque et le prêt. Deux jours en somme, un tiers de notre temps de travail pour payer le loyer !

Mais ce n’est pas tout : Pourquoi, dans les zones tendues, dans les métropoles, vous payez plus cher votre café en terrasse ou vous payez plus cher vos courses au supermarché ? Parce que dans votre tasse de café comme dans votre caddie, vous payez, là encore, de l’immobilier ! Car il se trouve que le propriétaire du bar comme le propriétaire du Leclerc, eux aussi, doivent faire face à des loyers plus élevés. C’est un cercle vicieux qui plombe notre pouvoir d’achat ! Voilà les vraies charges qui pèsent sur notre économie – et ce ne sont pas nos cotisations pour notre retraite ou pour notre santé !

Le candidat Macron a un bilan terrible en la matière. Sa responsabilité est énorme. Il termine son mandat avec les pires chiffres de pouvoir d’achat et en matière de logement, le pire bilan. Il assume d’entretenir la spéculation immobilière pour son électorat, comme il a assumé de baisser les APL des plus modestes de 5 euros, en même temps qu’il supprimait l’ISF pour les plus riches. La crise du logement, c’est pourtant la crise de la dignité. Et l’on ne devrait jamais l’accepter !

Notre pays, sixième puissance économique du monde, compte près de 300 000 sans-abri. 300 000 femmes, hommes, enfants. Cela veut dire que, chaque soir, l’équivalent d’une ville comme Nantes ou Nice dort dehors ou dans une voiture. 300 000 personnes à la rue, c’est l’équivalent de la 5e ville de France.

Pour cela, je formule trois propositions : D’abord la création de 1 000 pensions de famille, des structures d’environ 25 logements qui permettront à des personnes dans la rue d’avoir non seulement un toit, mais aussi un accompagnement social de qualité; Deuxième proposition : relancer immédiatement la construction de logements sociaux pour atteindre 200 000 nouveaux logements par an, soit plus du double de la production actuelle. Cette proposition doit s’accompagner d’une loi pour l’encadrement des prix des loyers afin de le généraliser à toutes les communes. Vous faites d’ailleurs ici la démonstration que c’est possible.

Je propose aussi d’augmenter l’aide à la pierre des bailleurs sociaux, de leur rendre le milliard et demi par an que Macron leur a pris ; mais j’augmenterai aussi l’aide à la pierre pour construire des logements à loyers modérés dans les villages de moins de 3 500 habitants. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour eux ça veut dire beaucoup ! Ça veut dire qu’ils pourront offrir des logements à loyer modéré, en réhabilitant une ferme, une grande bâtisse et permettre à des jeunes, à des familles venant des villes, de pouvoir s’y installer et y vivre. C’est aussi comme cela que nous dégonflerons la spéculation immobilière.

La France des jours heureux, c’est démétropoliser la France tout en défendant un vrai droit à la ville pour tous. C’est redonner du pouvoir aux communes au lieu de le concentrer dans ces métropoles qui phagocytent tout. C’est revitaliser nos campagnes et réinstaller des services publics de qualité partout. C’est répartir l’activité économique sur tout le territoire.

Franchement, faut-il construire encore et encore des tours à La Défense ? Ne faudrait-il pas mieux développer d’autres pôles d’activités tertiaires ailleurs en France ? Ne faudrait-il pas réfléchir à déplacer des ministères en dehors de Paris et en profiter pour les renforcer plutôt que de les affaiblir ? Le ministère de la Mer n’aurait-il pas un sens au Havre, à Marseille ou dans l’un de nos ports ? Tout cela permettra d’abaisser le coût du logement dans notre porte-monnaie et donc de dégager du pouvoir d’achat. »

 

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