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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Le CAC 40 n’oublie jamais de profiter d’une bonne crise

22 Mars 2022, 08:09am

Publié par PCF Villepinte

L’année fiscale se clôt et les entreprises ont publié leurs résultats record, annonçant des distributions de dividendes tout aussi exceptionnelles en 2022.

L'Humanité Publié le Lundi 21 Mars 2022 Pierric Marissal

@ une «Les Echos» 21 mars 2022

Il n’y a pas de quoi se réjouir. Le journal les Échos a compilé, lundi, les 38 résultats cumulés disponibles des multinationales du CAC 40. Les bénéfices enregistrés en 2021 atteignent un montant record de 160 milliards d’euros, qualifié d’«historique» ou encore d’«exceptionnel» par le quotidien financier. Des qualificatifs élogieux que ne partage pas Maxime Combes. «Le précédent record de profits comparable était en 2007, juste avant l’éclatement de la crise financière. Ce n’est pas vraiment de bon augure», insiste l’économiste de l’Observatoire des multinationales.

 Nombreuses aides publiques touchées par ces multinationales

Dans l’ensemble, ces grands groupes font valoir le rattrapage de l’activité de 2020, ralentie par la pandémie, pour expliquer leurs résultats indécents. Dans les faits, ces multinationales n’ont pas souffert du Covid, à quelques exceptions près, comme Renault, qui était mal en point avant, ou Airbus.

 «Au contraire, ces entreprises sont restées fidèles à leurs principes: ne jamais oublier de profiter dune bonne crise en sabrant dans leurs coûts et dans leurs effectifs», assure Maxime Combes. Ainsi les seules entreprises du CAC 40 se sont saisies du prétexte du Covid pour supprimer 60000 emplois dans le monde, dont près de 30000 en France.

La sous-traitance a aussi été saignée: toutes les fonderies françaises des constructeurs automobiles sont par exemple menacées. «Le gouvernement affirme que les profits de 2021 sont les emplois de 2022. Ce nest pas vrai! Les suppressions demploi de 2020 sont les profits de 2021 et seront les dividendes de 2022», corrige l’économiste, qui n’oublie pas non plus de regretter les nombreuses aides publiques massivement touchées par ces multinationales, alors qu’elles n’en avaient pas besoin.

 « Avec la guerre en Ukraine, les cours s’envolent »

Cette logique dure encore aujourd’hui. Air Liquide – 2,6 milliards de bénéfices – touche 200 millions d’euros de subvention pour installer une usine près de Rouen. Total – 14,2 milliards de profits – reçoit une aide publique pour une «gigafactory» de batteries Sans oublier le crédit impôt recherche dont profitent proportionnellement plus les sociétés du CAC 40, ni les rachats de titres de dettes de ces entreprises par la Banque centrale européenne. «Et ce nest pas fini, car, avec la guerre en Ukraine, les énergéticiens voient les cours senvoler, leurs profits aussi», renchérit Maxime Combes.

 « La question d’une taxation exceptionnelle de ces bénéfices »

Pour 2021, Vivendi, détenu par Vincent Bolloré, affiche les plus gros profits, avec 24,7 milliards d’euros: des revenus exceptionnels liés à la vente dUniversal. Derrière, TotalEnergies, habitué des premières places qui lui aussi bat son record de 2007, devance Stellantis, ArcelorMittal et LVMH, entre 13 et 14 milliards de bénéfices chacun. La BNP et Axa s’approchent des 10 milliards. Sanofi fait un peu pâle figure avec «seulement» 6,2 milliards, loin des 12,3 accumulés en 2020 au cœur de l’épidémie.

«En ces temps de calamités, il faut poser la question dune taxation exceptionnelle de ces bénéfices, conclut Maxime Combes. La pandémie n’est pas finie. L’hôpital est au plus mal. On n’a toujours pas de purificateur d’air dans les écoles. Il y a une guerre et des réfugiés qu’il faut accueillir. Sans parler d’une transition énergétique à mener à bien… Et ces entreprises se permettent de cumuler 160 milliards de bénéfices en contribuant si peu à l’effort collectif. »

 

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PREMIER PLAN L’extrême droite et Poutine, entre intérêts et admiration

22 Mars 2022, 08:02am

Publié par PCF Villepinte

Nationalismes Depuis l’accession au pouvoir du chef de l’État russe, la galaxie de l’extrême droite française, à commencer par Marine Le Pen et Éric Zemmour, a développé avec le régime des liens profonds, politiques, idéologiques et financiers.

L'Humanité Publié le Mardi 22 Mars 2022  Benjamin König

Gilles BASSIGNAC

Le 4 juin 2018, à la Douma, la chambre basse russe, invité à un fumeux Forum international du développement du parlementarisme, Stéphane Ravier, alors sénateur RN, pose fièrement avec Bruno Gollnisch. «À linvitation de la Douma, je participe à Moscou au Forum international, aux côtés de Bruno Gollnisch, Nicolas Bay et Louis Alliot», écrit-il sur Twitter.

 «Démocratie parlementaire, sécurité, identité, développement économique: le soleil se lève à lEst!» poursuit-il dans un éloge du régime de Poutine. Car ce raout d’influence russe est organisé par le président de la Douma, Viatcheslav Volodine, qui reçoit ses amis, avec en guest star Sergueï Lavrov, le puissant ministre des Affaires étrangères. Le RN n’est pas la seule force politique française à avoir fait le déplacement.

Sont également présents les ex-députés LR Nicolas Dhuicq et Thierry Mariani (qui ont depuis rejoint Éric Zemmour et Marine Le Pen). Mais certains assument moins ouvertement ces liens: le 23 juin 2017, Nicolas Bay (qui a, lui, rallié Zemmour) se vante d’avoir rencontré «Ivan Melnikov, le vice-président de la Douma». Or, si son post Facebook est toujours référencé, il a disparu de la page de l’eurodéputé.

Depuis le début de l’invasion ukrainienne, Marine Le Pen et Éric Zemmour sont mis en difficulté par ce que l’on décrit superficiellement comme des «positions pro-Russes». Avec en guise de symbole lemprunt bancaire du FN contracté en 2014 (et renégocié en 2020 avec le créancier) à une banque russe. Ou bien ladmiration déclarée d’Éric Zemmour pour Vladimir Poutine et la rencontre de ce dernier avec Marine Le Pen.

Au début de l’année, le RN a fait imprimer un tract de 8 pages à 1,2 million d’exemplaires: y figure la fameuse photo de la cheffe du RN serrant la main de Vladimir Poutine en 2017. Le tract a fini au pilon: la proximité avec le président russe fait aujourdhui mauvais genre, bien quune partie des cadres RN aient assuré assumer.

 «Un modèle de gouvernance verticale»

Cette proximité est parfois mise sur le même plan que celle, supposée, de candidats de gauche, Fabien Roussel ou Jean-Luc Mélenchon. Rien n’est plus fantaisiste tant, a contrario de la gauche, l’extrême droite française – et une partie de la droite – est profondément liée au régime poutinien. 

«Le problème est dabord politique», décrypte Jean-Yves Camus, spécialiste des extrêmes droites et auteur d’un rapport sur «Les partis politiques français et la Russie», publié en 2018 par le Carnegie Council, une ONG basée à New York. Pour lui, «parler des liens dargent, cest prendre le problème à lenvers: la démarche du FN n’était pas daller chercher de largent russe dailleurs, le prêt est à des conditions peu avantageuses , mais d’être en contact car il existe une certaine fascination, un intérêt pour le modèle russe».

Ainsi, estime le politologue, la question serait davantage: «Que trouvent nos nationalistes au modèle russe?» Et de répondre: «Un modèle de gouvernance verticale, de démocratie illibérale, la conservation des valeurs européennes traditionnelles perdues comme la religion, la famille traditionnelle, le patriotisme fondamental. Mais aussi un rempart à l’expansion indéfinie de l’Otan et de l’UE.» 

L’historien Nicolas Lebourg décrit également des relations «plurielles et fonctionnant en réseau» dans un autre rapport en 2018 pour le Carnegie Council intitulé «Les extrêmes droites françaises dans le champ magnétique de la Russie». Ces liens sont anciens en ce qui concerne Marine Le Pen: «Dès mars 2011, elle a explicitement reconnu souhaiter rencontrer Vladimir Poutine», explique le chercheur. Lors de son premier discours de la campagne de 2012, elle affirme aussi vouloir «une alliance stratégique poussée avec la Russie fondée sur un partenariat militaire et énergétique approfondi»

En 2015, elle est reçue à la Douma, où elle affiche son soutien à la politique de la Russie en Ukraine. D’après «une dépêche de Sputnik non traduite en français, la rencontre porte également sur la négociation d’un prêt», précise Nicolas Lebourg. Le fameux emprunt russe, dont l’architecte côté FN est l’ancien eurodéputé Jean-Luc Schaffhauser, élu en Alsace, qui aurait touché, selon le Canard enchaîné, 450000 euros pour cette mission.

Jean-Yves Camus pointe aussi les liens anciens «entre la Russie et la droite gaulliste», dont les meilleurs exemples sont Thierry Mariani et François Fillon, dont les liens d’affaires avec plusieurs entreprises d’État russes (Zarubezhneft et Sibur) sont solidement établis. L’ex-candidat à la présidentielle a dû démissionner de ces conseils d’administration le 25 février avec «tristesse». 

Quant à Thierry Mariani, élu député européen sur la liste RN en 2019, son association Dialogue franco-russe est aujourd’hui financée à 80 % par des entreprises proches du pouvoir,Novatek (gaz), Rosatom (nucléaire) ou RZD (chemins de fer russes), dont le président dhonneur nest autre que loligarque Vladimir Iakounine, un proche de Poutine.

Lancien ministre sarkozyste est un intime du très puissant Leonid Sloutski, vice-président de la Douma, chef de la commission des Affaires étrangères. Jean-Yves Camus parle d’un «tropisme pro-Russes» pour Thierry Mariani et ses proches de la droite populaire, Jacques Myard, Nicolas Dhuicq ou Philippe Meunier, et rappelle qu’en 2015, lors d’un voyage en Crimée pour légitimer le référendum, «dix parlementaires de droite avaient rencontré à Moscou Sergueï Narychkine, alors président de la Douma et aujourdhui directeur des services du renseignement extérieur».

 «Zemmour se voit en miroir de Vladimir Poutine»

Vladimir Iakounine avait également tissé sa toile auprès d’une autre personnalité, un certain Éric Zemmour, identifié comme un «relais dinfluence». Selon l’ONG Dossier Center, un déjeuner entre les deux hommes s’était tenu à Moscou en 2015, à la suite duquel l’ancien dirigeant des chemins de fer russes s’était réjoui «davoir trouvé en lui une personnalité politique influente dont la Russie a tant besoin en ce moment». Éric Zemmour aurait également été invité, en 2019, à l’ambassade russe à Paris pour rencontrer Sergueï Lavrov.

Ce lien relève d’abord d’une fascination personnelle, selon Jean-Yves Camus: «Zemmour se voit en miroir de Vladimir Poutine, il y a un élément psychologique important.» Le chercheur rappelle aussi qu’on a vu «plusieurs fois Marion Maréchal se rendre à Moscou, à Saint-Pétersbourg». En avril 2019, elle participait à un forum économique qui rassemblait oligarques et personnalités favorables au régime russe, à Yalta en Crimée.

Autre proche de Zemmour, lié lui par des liens financiers et idéologiques: Philippe de Villiers. Selon Jean-Yves Camus, il a bâti un «pont» avec la Russie, «construit avec Jean-Frédéric Poisson () autour dun axe civilisationnel inspiré par le christianisme». Il est l’un des rares à avoir eu le «privilège» de rencontrer le chef de l’État russe, en 2014, dans la résidence d’été de Yalta pour la confirmation dun contrat portant sur la création de parcs «historico-patriotiques» sur le modèle du Puy-du-Fou.

Des parcs financés par le groupe Tsargrad de Konstantin Malofeev, magnat de la finance et des médias et l’un des hommes les plus proches de Poutine. L’entourage du candidat en matière diplomatique compte deux autres personnalités liées à la Russie: Caroline Galactéros et Jean-Bernard Pinatel, collaborateur de la revue Méthode, dont la rédactrice en chef Elena Sydorova, liée au secteur gazier, est la directrice de l’Institut franco-russe.

Sur le fond, ces liens relèvent bien de la proximité politique, comme l’analyse Jean-Yves Camus dans son rapport de 2018: «Dans un contexte où la droite revendique la réhabilitation de lautorité, le modèle russe () est un de ceux vers lesquels il est possible de se tourner.» La même année, Éric Zemmour, alors polémiste, déclarait «rêver dun Poutine français».

Le 7 février dernier, en tant que candidat, il défendait encore au micro de France Inter les positions du régime: «Poutine est un patriote russe. Il est légitime quil défende les intérêts de la Russie.» Ses livres donnent un bon aperçu des raisons qui sous-tendent cette adhésion. Dans Un quinquennat pour rien (Albin Michel, 2016), il écrivait que «Poutine est le dernier résistant à louragan politiquement correct () qui détruit toutes les structures traditionnelles – famille, religion, patrie».

Et si les liens d’affaires, voire politiques vont se «distendre dans les années à venir», selon Jean-Yves Camus, la fascination du modèle autoritaire poutinien sur l’extrême droite française demeure bien ancrée.

 

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ACTU Les Français plébiscitent la lutte contre les discriminations

21 Mars 2022, 08:18am

Publié par PCF Villepinte

RACISME En ces temps de surenchère anti-immigrés, un sondage montre que le soutien des Français aux mesures contre les inégalités basées sur l’origine supposée ne faiblit pas.

L'Humanité Publié le Lundi 21 Mars 2022 Camille Bauer

Cela peut paraître contre-intuitif, au regard de la teneur de la campagne électorale: les Français demeurent très majoritairement favorables à des actions plus volontaristes contre le racisme.

À 84%, ils soutiennent ladoption de sanctions juridiques contre les employeurs coupables de discriminations liées à l’origine, la nationalité, la couleur de peau ou la religion, selon le sondage annuel Harris Interactive pour la Fédération des Maisons des potes, rendu public ce lundi 21 mars. Ils sont également très nombreux (84%) à vouloir un salaire et une retraite égal, quelle que soit la nationalité. 79% soutiennent les actions collectives en justice (class actions) sur ce thème et 75% sont favorables à une anonymisation des CV lors des embauches.

«Ce qui est frappant, c’est que le fait de parler d’égalité et de lutte contre les discriminations est vu de manière positive, et cela de manière assez stable depuis plusieurs années», souligne Jean-Daniel Lévy, le directeur délégué de l’institut de sondage. Quoique moins massif (61%), le soutien à lintégration des étrangers dans la fonction publique reste également fort.

 «On voit pourtant, par exemple, des enseignants étrangers qui, faute de pouvoir être titularisés, travaillent comme vacataires. Ils nont pas les mêmes caisses de retraite, pas de stabilité de l’emploi et pas le même salaire que leurs collègues», rappelle Samuel Thomas, délégué général de la Fédération des Maisons des potes.

«500000 sans papiers exploités, sans le moindre droits»

Les Français semblent bien conscients que les préjugés font obstacle aux promesses d’égalité de la République. Dans son dernier rapport sur le sujet, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) notait d’ailleurs que «de façon systématique, et malgré le principe d’égalité entre citoyens, les membres de certaines minorités visibles se retrouvent plus souvent discriminés dans l’accès à l’emploi, plus souvent contrôlés par la police, moins bien logés, sous ou mal représentés dans les médias».

Plus surprenant: à rebours dune idée couramment admise, la régularisation des travailleurs sans papiers se voit soutenue à 59%. «Ce nest pas un sujet de campagne parce quil y a un discours qui dit que, si on régularise, on fait un appel dair. Mais donner des droits à ceux qui sont là ne veut pas dire ouvrir les frontières tous azimuts.

Il y a, d’après le ministère de l’Intérieur, 500000 travailleurs sans papiers. Ils sont en situation dexploitation, sans le moindre droit. En les maintenant dans cette situation, on les empêche de sortir de la précarité et on tire le droit du travail vers le bas» rappelle Samuel Thomas. Quant au droit de vote des résidents étrangers aux élections municipales, promesse aujourd’hui délaissée par toute une partie de la gauche, il est encore soutenu à 56%.

C’est pourtant bien dans l’électorat de gauche que, sans surprise, ces propositions sont le plus plébiscitées. Chez les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, par exemple, les mesures contre la discrimination dans l’emploi recueillent plus de 90% dapprobation. 

«Malgré tout, le clivage traverse aussi une partie de l’électorat de droite et dextrême droite», nuance Jean-Daniel Lévy. Ainsi, les électeurs de Valérie Pécresse sont 84% à vouloir une rémunération et une retraite égales, quelle que soit la nationalité, et 73% sont en faveur des CV anonymes. «La façon dont on pose les questions induit les réponses, explique le sondeur. Si vous parlez de migrants ou si vous mettez en avant l’angle discrimination, vous n’obtenez pas la même chose.»

La justice est un autre maillon faible de ce combat

Alors pourquoi ce thème populaire n’est-il plus évoqué par les politiques ou les médias? «Les forces politiques de gauche sont démobilisées sur ces sujets. Elles sont silencieuses parce qu’elles pensent que défendre des étrangers ne va pas séduire les Français, mais aussi parce que les enfants d’étrangers, les gens des quartiers, ne votent pas beaucoup», estime Samuel Thomas.

Le militant regrette qu’au fil des ans la gauche ait fini par se contenter d’une posture défensive, au lieu de porter le débat et d’amener des propositions concrètes, qui seraient soutenues par leur électorat, soucieux d’égalité. Fabien Roussel, le candidat communiste, devrait d’ailleurs se prononcer sur ce thème lors d’un prochain meeting.

La justice est un autre maillon faible de ce combat. Bien qu’en principe dans l’obligation de faire respecter la loi de 1972, sanctionnant les comportements racistes et les discours de haine, l’appareil policier et judiciaire se montre frileux. «Au lieu de leur demander dagir, on a créé des autorités adminis­tratives indépendan­tes, comme le Défenseur des droits et la Haute Autorité pour la lutte contre les discriminations et pour l’égalité. On les a déresponsabilisés. Or, seule la justice a le pouvoir de sanction», rappelle Samuel Thomas.

Face à l’inertie des parquets, qui cette année n’ont ouvert aucune poursuite sur ce thème, son organisation va déposer aujourd’hui une centaine de plaintes. Elles visent toutes des entreprises qui exigent, sans aucune base légale, que les candidats à l’embauche, de l’informaticien au laveur de carreaux, disposent de la nationalité française

 

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BILLET Angoisses

21 Mars 2022, 08:12am

Publié par PCF Villepinte

Publié le Lundi 21 Mars 2022 Maurice Ulrich

 

À trois semaines de la présidentielle, il y a ceux qui s’inquiètent de possibles catastrophes. Éditorialiste du Point, penseur de plateaux télé, Franz-Olivier Giesbert a peur de l’abstention qui pourrait un jour amener au pouvoir, dit-il, «Jean-Luc Mélenchon… ou Nathalie Arthaud». Ajoutons Fabien Roussel pour ne pas être en reste.

Horreur, des politiques qui pourraient contester les régressions sociales, toucher aux dividendes… De quoi faire des cauchemars. Pour d’autres, c’est plus terre à terre mais pas moins angoissant.

Des députés s’inquiètent des ralliés à Macron susceptibles de leur piquer leur place. Les petits arrangements méritent de grands cadeaux. Jean-Michel Blanquer, lui, cherche un terrain où se parachuter pour les législatives. Il aurait déjà essayé les Yvelines, la Seine-et-Marne, les Hauts-de-Seine et le Val-d’Oise. «Depuis laffaire Ibiza, il nest plus très bankable.» 

Pas très vendable, donc, commente un habitué des allées du pouvoir. Mais il n’est pas sans avenir, avec une occasion unique de mettre en pratique sa vision éducative. On a besoin de profs dans les écoles difficiles.

 

 

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ACTU L’Ukraine se transforme en vitrine pour les marchands d’armes

21 Mars 2022, 08:00am

Publié par PCF Villepinte

Défense Depuis vendredi, la Russie emploie des missiles hypersoniques. Une façon de vanter son avance technologique en la matière. Certains matériels fournis par des pays de l’Otan prennent également la lumière à l’occasion du conflit. En Bourse, les industriels du secteur cartonnent.

L'Humanité Publié le Lundi 21 Mars 2022 Gaël De Santis

Cette image fournie par le ministère de la Défense russe montre un missile de croisière hypersonique Kinzhal chargé sous un chasseur MiG-31K lors de l’exercice Grom-2022. Ministère russe de la Défense / AFP

AFP

Le ministère russe de la Défense a annoncé avoir utilisé des missiles hypersoniques de type Kinzhal. Testée en 2018, cette classe d’engins – pour laquelle Moscou dispose d’une avance technologique – est employée pour la première fois dans des conditions réelles.

Vendredi, un hangar souterrain où étaient entreposées des armes dans l’ouest de l’Ukraine a été détruit. Dimanche, le ministère a annoncé qu’un entrepôt de carburant a été pulvérisé près de Mykolaïv, dans le sud-ouest du pays. Il s’agirait de «la principale source dapprovisionnement en carburant des véhicules blindés ukrainiens».

Tiré depuis un chasseur Mig, le missile Kinzhal, long de 8 mètres et pouvant porter une charge (y compris nucléaire) de 480 kg, peut être propulsé à une vitesse de 6000 km/h, soit cinq fois celle du son. Il peut atteindre des cibles à 1000, voire 2000 km de son lieu de lancement. Difficilement interceptable, il pose un problème à Kiev.

Les États-Unis entendent lui procurer des systèmes de défense antiaérienne de longue portée. Mais les soldats ukrainiens ne sont pas formés aux systèmes américains Patriot, mais aux systèmes russes, S-300. Aussi, les pays de l’Est, notamment la Slovaquie, pourraient donner les leurs à l’Ukraine, à mesure que ceux en leur possession seront remplacés par l’équipement états-unien. «Malheureusement, l’Ukraine est devenue un terrain d’essai pour tout l’arsenal russe de missiles», s’est plaint le porte-parole ukrainien des forces aériennes, Iouri Ignat, sur le site Ukraïnska Pravda.

Kiev n’est pas en reste et utilise aussi des armes récentes. Une partie des difficultés de l’avancée russe s’explique par une bonne utilisation des armes antichars portables. Parmi celles-ci, outre le Javelin américain, on trouve le NLAW, moins lourd que le premier. Touchant sa cible à 800 mètres, il est conçu par le suédois Saab et est fabriqué à Belfast par Thales Air Defence.

Londres en a fourni des centaines à l’Ukraine. Ce conflit est l’occasion pour les fabricants de faire connaître leurs produits, mais aussi de promouvoir une «culture de guerre» favorable aux ventes d’armes. Ainsi, la presse britannique regorge d’articles disant que les Ukrainiens crient «God Save the Queen!» (Dieu sauve la reine) en lançant leurs missiles. Un hommage au pays donateur.

Plusieurs matériels font l’objet d’une sorte de culte sur les réseaux sociaux. Le ministère ukrainien de la Défense célèbre même le drone turc Bayraktar avec une chanson, traduite cette semaine en anglais. Le véhicule autonome peut rester une journée dans les airs. S’il n’empêche pas la maîtrise du ciel par la Russie, il effectue des missions de surveillance et a pu, grâce aux missiles transportés, cibler des colonnes de chars et des véhicules russes.

Il permet, qui plus est, de diffuser les images d’explosion sur les réseaux sociaux. L’an dernier, ce drone, aujourd’hui symbole de lutte contre l’envahisseur, avait été utilisé par l’Azerbaïdjan pour attaquer l’Arménie au Haut-Karabakh.

Cette guerre fait les affaires des marchands d’armes. En un mois, l’action des français Thales et Dassault a augmenté de 35 % et 16,4 %, celle du suédois Saab, de 61 %, celle du britannique BAE Systems, de 22 %, et celle de l’italien Leonardo, de 36 %.

 

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Valérie Pécresse va-t-elle couler la droite ?

19 Mars 2022, 10:32am

Publié par PCF Villepinte

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CHRONIQUE Le « plein-emploi » version libérale

19 Mars 2022, 10:29am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Publié le Vendredi 18 Mars 2022

Jean-Christophe le Duigou

Jean Christophe le Duigou

Le « retour au plein-emploi », voilà le chantier qu’Emmanuel Macron entend ouvrir avec sa candidature à un second mandat. Cela fait trois ans que le Président rappelle que son but est de ramener le chômage à 7% à la fin de son premier mandat, une étape par rapport à un deuxième objectif, celui « d’arriver au plein-emploi en 2025 ». Si l’échéance est de fait reculée de deux ans, à 2027, l’objectif demeure. Le rebond de la croissance après la grande pandémie permet d’afficher 380 000 créations nettes d’emplois depuis 2019, de quoi crédibiliser le discours présidentiel !

L’objectif affiché de « plein-emploi » peut paraitre consensuel. Illusion ! Le discours cache une volonté de poursuivre la restructuration régressive du statut salarial :  après les réformes du Code du travail et de l’assurance chômage, le cap est mis sur une flexibilité accrue de l’emploi, le recul de l’âge de la retraite, le conditionnement des droits sociaux, de nouvelles exonérations de cotisation pour les entreprises… Autant de mesures destinées à « inciter au travail » dans une optique libérale.

Ce discours relève de la duperie. On est loin d’un « droit universel à l’emploi ». Selon la conception macronienne le plein-emploi ne veut pas dire « la fin du chômage » mais « une situation où le nombre des places vacantes est supérieur au nombre de candidats à un emploi »[1]. Resteraient le chômage entre deux contrats de travail et le chômage lié à des changements de structures économiques.

Parions que le Président de la République, lorsqu’il évoque le plein-emploi à l’horizon 2027, imagine probablement un taux de chômage aux alentours de 5 à 6%. Du moins pour le chiffre officiel ! Les statistiques du Ministère du travail ne décomptent déjà que la moitié des 6 millions de personnes à la recherche d’emplois, oubliant les précaires, les jeunes, les exclus…

Quelles que soient les fluctuations du nombre –officiel- des privés d’emploi, le fonctionnement du marché du travail demeurerait intact. Une « armée salariale de réserve », même réduite pesant sur les salaires et les conditions de travail constituerait toujours un moyen de pression brutal et inégalé pour faire régner les lois de la rentabilité.

 Aller au-delà du plein emploi est LA révolution attendue. Si les transformations du travail et des technologies supposent de mettre l’individu et le travail au cœur du dispositif de recherche d’efficacité, protéger et développer comme jamais les capacités humaines demeurent des nécessités.

Lorsque l’on parle de « sécuriser les parcours professionnels », ce n’est pas seulement le droit à un revenu garanti qui est visé mais un nouveau statut de l’emploi. D’où la nécessité de s’attaquer à la manière dont se crée la richesse, de s’attaquer au déséquilibre actuel dans le partage de cette richesse, et donc de réévaluer la place faite au travail et aux travailleurs dans l’entreprise.

Le moment est venu de renverser la table.

Créer les conditions d’une dynamique des emplois et des innovations, une dynamique fondée sur une réponse aux immenses besoins sous-estimés de formation qualifiante et reconnue est une priorité. La formation, aujourd’hui parent pauvre des politiques de l’emploi, doit devenir un besoin tel que sa mise en œuvre entrainera la suppression du chômage. Il est urgent d’organiser au travers d’une « sécurité sociale professionnelle d’emploi », la sécurité collective nécessaire accompagnant le nouveau projet social et écologique de développement dont le pays a besoin.

[1] Jean Pisani-Ferry, Plein emploi, Conseil d’analyse économique, décembre 2000

 

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LE DÉBAT Idées. « Les algorithmes d’Internet, une arme de manipulation massive »

19 Mars 2022, 10:20am

Publié par PCF Villepinte

Dans «Agora toxica», Stéphanie Lamy, spécialiste des stratégies de désinformation, montre comment une «société incivile» déploie son influence politique sur la Toile pour saper nos démocraties et nos libertés.

Elle appelle à interroger le modèle économique des médias sociaux, et pointe les algorithmes de mise en relation : «le cœur du réacteur».

L'Humanité Publié le Samedi 19 Mars 2022 Nicolas Mathey

 

Connaissez-vous le questing, l’astroturfing, le dogwhistling, le backlash?

Ces termes désignent les types de manipulation de l’attention sur Internet. Dans «l’infosphère», les vérités, même partielles, ne font plus autorité, l’exactitude est dans le flou. D’où l’enjeu d’une éducation aux usages d’Internet, comme y invite Stéphanie Lamy dans son dernier ouvrage.

D’où aussi la nécessité d’interroger le modèle économique des géants du numérique. Et d’inviter à s’engager dans la défense des acteurs civils, comme s’y emploie l’association Danaïdes dont elle est cofondatrice, qui a conçu un système de communication ultrasécurisé et adapté à chaque mobilisation collective.

Votre ouvrage commence par l’évocation de Mohammed Nabbous, une figure du printemps arabe libyen en 2011. Cette rencontre a-t-elle motivé votre engagement dans le domaine des enjeux informationnels?

Ce citoyen journaliste a impulsé en moi la prise de conscience de l’importance des mobilisations civiles et des techniques de communication dans les zones de conflit. Mon engagement auprès de la société civile libyenne a fait l’objet d’un article dans la MIT Technology Review, ce qui m’a mise sur la voie de la chaire de cyberdéfense de l’école militaire de Saint-Cyr-Coëtquidan et de l’association Internet sans frontières. Cela m’a poussée à enquêter sur les usages d’Internet délétères pour nos démocraties.

Comment définiriez-vous «l’infosphère»?

Dans mon essai, je conceptualise l’espace informationnel ou « infosphère » comme l’interstice entre notre cerveau et les technologies de communication. C’est un champ de bataille qui, depuis l’arrivée massive des nouvelles technologies et surtout depuis celle du bouton « like » de Facebook en 2010, a servi à lier toutes les sources médias, et suscité des mobilisations massives.

La fonction de mise en relation est devenue le cœur du modèle économique des grands acteurs des médias sociaux. La structure même de cette infosphère, ou Agora, n’est donc pas neutre, puisque les acteurs qui bâtissent ce pendant technologique de l’interstice cerveau-machine y défendent leurs intérêts, peu compatibles avec les mobilisations en défense des droits et libertés des individus.

Qu’est-ce que «la société incivile» qui, selon vous, intoxique nos sociétés?

L’anglicisme «Uncivil Society» a d’abord été utilisé dans la recherche sur les organisations terroristes ou le crime organisé. Cette notion de société incivile, je l’étends à des organisations qui empruntent les modes d’action des organisations de défense des droits et des libertés mais en faisaint croire qu’elles seraient les « véritables victimes » d’une lente marche vers l’égalité, au point de pouvoir en appeler à l’appareil sécuritaire des États pour défendre leurs privilèges. Dans « Agora toxica », j’explore la relation mutuellement bénéfique entre acteurs qui bâtissent l’infosphère et la société incivile.

En quoi l’équipement matériel relatif à Internet a-t-il son importance?

C’est un des grands non-dits concernant Internet. L’illusion même est de faire croire que tout est dématérialisé. En fait, Internet mobilise une grosse infrastructure, avec des bâtiments en dur, des serveurs, des câbles. Les entreprises privées d’Internet voudraient nous faire croire l’inverse, ce qui est commode pour faire oublier les externalités négatives de cet outil de production. Internet, c’est massif, ça pollue, ça fait du bruit, ça prend de la place, en somme c’est un véritable « territoire » qui échappe en grande partie à une gouvernance démocratique.

Pourquoi préférez-vous l’expression d’«opération sémantique» à celle de désinformation?

L’outil de production qu’est Internet peut être représenté comme ayant trois couches interconnectées: la couche matérielle, celle des logiciels et enfin celle qui fait l’interface entre nos cerveaux et la machine. C’est une manière de vulgariser un système complexe. Cette représentation permet aussi de mieux situer à quel endroit se déroulent les « opérations sémantiques », terme que je préfère à ceux de fake news ou de désinformation, puisque ce sont des chaînes de production et de diffusion, des tactiques mises en œuvre par divers acteurs et qui sont à la limite de la légalité, voire dans l’illégalité.

Quelles sont les principales «opérations sémantiques» que vous décrivez?

Avec le questing, les gens sont dirigés dans une quête vers un tas de données. Des mots-clés orientent vers des sources qui confirment des thèses complotistes. Un exemple de questing est le départ en mer de l’association Génération identitaire et son questing relatif aux secours des migrants en Méditerranée.

Pour lutter contre le questing, je suggère de ne pas fact-checker les désinformations individuelles, mais de déplacer le récit vers la manière dont la quête est construite.

Autre opération, l’astroturfing, très utilisée en ce moment avec la campagne présidentielle. Ce mot vient de la marque de gazon artificiel Astroturf. Ce sont des mouvements qui veulent passer pour des mobilisations populaires. On le voit avec Zemmour, mais aussi avec la campagne de certains militants d’Emmanuel Macron collant «Avec vous» pour faire croire à un certain engouement populaire.

Pour lutter contre cet astroturfing, il convient de débusquer qui parle, et le nombre de personnes réellement représentées, avant que l’opération piège une masse critique de personnes.

Le backlash, quant à lui, est un mouvement corporatiste qui vise à contrôler les corps et la parole des minorités politiques pour préserver le monopole attentionnel qui est accordé aux majorités politiques. Quand Darmanin appelle, en direct à la télévision, Apolline de Malherbe au calme, il s’agit d’un backlash masculiniste.

C’est en ce sens que le hashtag #BalanceTaPouffe a répliqué à #BalanceTonPorc. Le dogwhistling, en anglais «sifflement de chien», consiste en un appel à l’action via des mots en apparence anodins. Par exemple, quand un policier lance #HaineDesFlics, toute sa corporation, par hypersensibilité à la critique, est conditionnée à agir.

La plupart de ces «opérations sémantiques» sont-elles le fait d’États illibéraux?

Les opérations sémantiques peuvent être menées par des acteurs étatiques ou non étatiques influencés par des États. L’objectif du Kremlin, par exemple, est d’étendre sa sphère d’influence, y compris en France. Dans «Agora toxica», je décris comment la mise en œuvre de ce projet s’articule au sein de la société incivile en France, même en dehors des périodes électorales, et ce pour imposer un modèle sociétal fondé sur un « ordre naturel » illibéral qui est Poutine-compatible.

Vous analysez également le cas des «masculinistes», ces hommes antiféministes qui militent pour le maintien du patriarcat...

J’ai rencontré ces militants sur les réseaux sociaux puis sur le terrain, et j’ai été très étonnée de leur virulence. Les mobilisations masculinistes prennent diverses formes, dont ces associations de pères séparés qui sont peuplées d’hommes mis en cause dans des affaires de violences conjugales, ce qui explique pourquoi ils sont « privés de leurs enfants ».

Ils utilisent l’astroturfing et la manipulation des biais de genre pour attirer l’attention sur leur supposée souffrance et justifier leur violence. Pour contrer ce type de tactique, je suggère, entre autres, de renforcer la déontologie journalistique lors du traitement de ces sujets, afin que les mères concernées soient également interrogées.

Comment aider les citoyens à s’orienter dans le flot d’informations qui les submergent?

C’est une vaste question. La commission Bronner, lancée fin septembre 2021 par le président Macron pour rendre compte des «désordres informationnels», était supposée s’en occuper… mais à trop vouloir aborder le problème sous un angle « universaliste » qui dépolitise les rapports de forces entre groupes sociaux, cette commission ressemble surtout à une farce. Donc, en attendant une véritable prise de conscience, il s’agit de mieux savoir ce sur quoi on porte notre attention, qui est une ressource limitée et convoitée. Hasard heureux, ce livre sort après la diffusion sur Netflix du film « Don’t Look Up », qui, au-delà d’être divertissant, est une bonne introduction au thème de la manipulation de l’attention.

Nous pouvons aussi revoir nos modes d’action militants en choisissant des moyens de communication qui sont plus favorables à la protection des droits. Je crois aussi beaucoup dans le pouvoir qu’ont les enfants de former leurs parents sur l’usage des nouvelles technologies et je pense qu’on devrait investir davantage dans l’éducation de la jeune génération. Les enfants ont beaucoup à nous apprendre sur le numérique.

La modération sur les réseaux sociaux n’est-elle pas un enjeu démocratique primordial?

La modération par les Gafam et son impact sur nos démocraties sont des sujets abordés essentiellement à travers la modération des contenus et la liberté d’expression. Concernant la modération, les Gafam sont prêts à faire quelques concessions pour à la fois préserver leurs intérêts et réduire certaines formes d’expression illégales. Le problème n’est donc pas tant les contenus problématiques, ces armes sémantiques individuelles, mais leur amplification par les algorithmes de mise en relation.

Pour effectuer ces mises en relation, les entreprises privées d’Internet nous catégorisent, nous assignent des identités à partir de nos données privées qu’elles surveillent pour mieux nous regrouper. Et là, on touche au cœur du réacteur. Il s’agit d’un véritable outil de domination pour manipuler la mise en relation entre contenu et personnes, voire, entre personnes, quitte à normaliser des comportements collectifs déviants, voire violents.

Cette manipulation suit des logiques capitalistes car, pour augmenter leurs revenus publicitaires, elles ont tout à gagner à choyer les groupes sociaux privilégiés, qui, eux, lorsqu’ils se mobilisent, le font pour préserver leurs intérêts et même réduire les droits des femmes et des minorités. Donc, le sujet central, essentiel pour nos démocraties libérales, n’est pas tant la modération des contenus en eux-mêmes que le modèle économique dominant des sociétés du numérique, qui se fonde sur la manipulation de notre liberté de réunion.

 

Profil

Militante féministe et spécialiste de la communication dans les zones de conflit, Stéphanie Lamy a cofondé, en 2017, l’association Danaïdes pour développer des technologies de l’information sûres pour les acteurs civils. Elle enseigne à Sciences-Po Toulouse dans le cadre d’un module «Sociétés civiles et organisations internationales».

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L’Alliance atlantique donne des signes de vie

18 Mars 2022, 09:29am

Publié par PCF Villepinte

L’Humanité Publié le Vendredi 18 Mars 2022 Gaël De Santis

 La guerre de Vladimir Poutine en Ukraine secoue une Otan qui se cherchait, depuis la chute de l’URSS, une motivation pour exister et redevenir «attractive». Si la coalition militaire ne sengage pas officiellement sur le terrain, les alliés soutiennent Kiev de diverses manières.

L’autocrate Vladimir Poutine semble avoir réveillé l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan). Pourtant, en 2019, Emmanuel Macron déplorait dans un entretien au magazine The Economist «la mort cérébrale de lOtan». La première coalition militaire au monde était alors tirée à hue et à dia.

 «Vous navez aucune coordination de la décision stratégique des États-Unis avec les partenaires de lOtan et nous assistons à une agression par un autre partenaire de lOtan, la Turquie, dans une zone où nos intérêts sont en jeu, sans coordination», décrivait-il. D’un côté, l’hôte de l’Élysée déplorait que les États-Unis de Donald Trump fassent jouer le principe «lAmérique dabord». On apprendra même plus tard de la part de son conseiller à la sécurité, John Bolton, que le président républicain envisageait… que son pays quitte l’Otan s’il était réélu!

Trump n’était pas seul en cause: depuis le mandat de Barack Obama, lEurope nest plus une priorité pour Washington, qui a opéré un «pivot asiatique» rassemblant ses alliés contre la Chine. De l’autre, la Turquie pilonnait les Kurdes syriens, alliés des Occidentaux dans la lutte contre les djihadistes de l’«État islamique». Parallèlement, en Europe, sachant ne plus trop pouvoir compter sur le grand frère américain, certains pays poussaient pour l’Europe de la défense. L’Otan se cherchait.

Au menu du sommet de juin à Madrid, la coalition devra définir son nouveau concept stratégique qui recense les menaces de sécurité. Les travaux devaient porter sur les menaces «non conventionnelles» (le terrorisme,...). La guerre de haute intensité va y retrouver une bonne place suite à linvasion de lUkraine par la Russie, qui a déjà fait plusieurs milliers de victimes civiles et militaires.

 

1. Une Otan qui se renforce

Même si l’offensive russe empêche durablement l’Ukraine de rejoindre l’Otan, Poutine ne remplit pas l’un de ses principaux objectifs: affaiblir lAlliance atlantique. Des pays longtemps neutres tels que la Suède et la Finlande envisagent aujourdhui une adhésion. À Helsinki, la perspective atlantiste, portée par des personnalités telles que l’ancien premier ministre conservateur Alexander Stubb, progresse.

Selon les sondages, la volonté d’adhésion est même passée de 19 % en 2017 à 53 % aujourd’hui. Une initiative citoyenne a recueilli 50000 signatures, et elle va contraindre les parlementaires finlandais à débattre de la question. La première ministre sociale-démocrate Sanna Marin a dit quadopter une décision prendrait du temps. Mais dores et déjà, Helsinki n’est plus neutre et envoie des armes à Kiev.

Partout en Europe, le vœu de Donald Trump, à savoir que chaque État de l’Alliance consacre 2 % de son PIB à la défense, est en passe d’être atteint: lAllemagne, le Danemark annoncent des hausses vertigineuses des budgets consacrés à leur armée. Autant de dizaines de milliards d’euros d’achats d’armements qui abonderont les caisses du conglomérat militaro-industriel états-unien. L’intervention poutinienne va également freiner le retrait des troupes US du Vieux Continent amorcé avec Donald Trump.

De plus, en réponse à l’agression russe, des bataillons s’installent sur le flanc oriental de l’Alliance; parmi eux, 700 soldats français vont être stationnés près de la frontière ukrainienne et russe en Roumanie et en Estonie. Un revers pour Poutine, qui exigeait encore en décembre 2021 l’interdiction de stationner, pour les troupes de l’Otan, dans les pays ayant adhéré après 1997.

 

2. Des alliés actifs sur le terrain ukrainien

Cette guerre conduit la coalition à s’activer sur le terrain ukrainien. Avant même l’invasion, des instructeurs occidentaux formaient les éléments de l’armée ukrainienne. Cela explique en partie la résistance de cette dernière face à l’offensive de Poutine. Ces formateurs étrangers seraient officiellement partis fin février. Depuis le début du conflit, divers pays européens livrent des armes, aidant l’Ukraine à faire face aux chars et à l’aviation russe. Ces fournitures s’accélèrent.

Mercredi, tout en refusant une confrontation directe, Joe Biden, le président des États-Unis, a annoncé 800 millions de dollars (720 millions d’euros) d’équipements supplémentaires. Ceux-ci prendraient la forme de vingt millions de munitions, 7000 armes légères, 9000 systèmes antichars, 800 systèmes antiaériens, ainsi que d’une centaine de drones. Cette aide permet aux Ukrainiens de résister sur le long terme à la très lente avancée russe.

Le 1er mars, sur MNSBC, l’ancienne cheffe de la diplomatie américaine Hillary Clinton proférait: «Rappelez-vous, les Russes ont envahi l’Afghanistan en 1980. (…) Cela n’a pas bien fini.» L’invasion de ce pays d’Asie centrale est l’une des causes de la chute de l’URSS. «Les Américains pourraient être tentés de transformer lUkraine en Afghanistan bis pour la Russie», confiait le 10 mars dans nos colonnes l’historien Andreï Gratchev. Une telle stratégie permettrait aux États-Unis d’affaiblir à petit feu le régime russe sans engager ses soldats. Cela conduirait Moscou à envoyer davantage de conscrits.

D’autres pays de l’Alliance jouent le rôle de boutefeu et misent sur une atlantisation du conflit. Une délégation des premiers ministres tchèque, polonais et slovène a demandé «une mission de paix de lOtan», mardi à Kiev. «Il nest pas question de déployer des troupes de lOtan, ni des avions en Ukraine», a rétorqué le secrétaire de l’Alliance, Jens Stoltenberg, qui, comme le président Biden, cherche à éviter une confrontation directe avec la Russie, une puissance nucléaire.

 

3. Quel rôle dans l’après-conflit?

Le nouveau mandat de Joe Biden est marqué par une volonté de souder le «monde libre» et de ressusciter une logique de blocs. Les 9 décembre 2021, la Maison-Blanche a convoqué un «sommet des démocraties» pour unir ses alliés contre son rival chinois. Le vote contre l’intervention russe à l’ONU, avec plusieurs puissances (Chine, Inde) et de nombreux pays du Sud (en Afrique notamment) qui s’abstiennent, illustre une logique d’affrontement.

Les Occidentaux prônent un isolement quasi total de Moscou. En déconnectant la Russie des marchés financiers en lui coupant l’accès aux transactions bancaires via le système de paiement Swift, ils renforcent l’idée de deux blocs bien distincts au nom de la lutte pour la démocratie. C’était cette dernière qui, depuis 1949, légitimait l’existence de l’Otan. Celle-ci reste un instrument des logiques impériales et guerrières des États-Unis et de leurs alliés européens.

Pour rappel, en intervenant sans respecter les Nations unies en Libye en 2011, l’Otan a plongé toute l’Afrique de l’Ouest dans une guerre qui est encore loin d’être finie.

 

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PREMIER PLAN Rétif au débat, Macron monologue sur son programme

18 Mars 2022, 09:09am

Publié par PCF Villepinte

Présidentielle Retraite à 65 ans, conditionnement du RSA, suppression d’impôts pour les entreprises… Le président sortant a dévoilé ses propositions, toutes aussi antisociales que les précédentes, lors d’une interminable conférence de presse.

L'Humanité Publié le Vendredi 18 Mars 2022 service politique

 

Aux Docks d’Aubervilliers, Emmanuel Macron a gratifié la presse d’un cours magistral ronflant, quatre heures durant. Quelque 200 journalistes ont été conviés, ce jeudi 17 mars, dans la ville de Seine-Saint-Denis pour un dévoilement officiel du programme du président-candidat (à vingt-quatre jours du premier tour, il était temps). Une conférence de presse? Plutôt un soliloque, avant de répondre enfin aux questions.

Lexercice a dailleurs ressemblé davantage à un discours de politique générale du président – à l’image de la présentation de «France 2030» en octobre 2021 qu’à une communication du candidat. Preuve en est la première partie consacrée aux questions de défense, où Emmanuel Macron a clairement campé le chef de guerre. Et proposé­ une généralisation du service national universel, un doublement du nombre de réservistes dans l’armée, la police et la gendarmerie et un plan de recensement des compétences des Français volontaires pour être mobilisés en cas de crise grave.

Dans son monologue, Emmanuel Macron n’a qu’à peine évoqué la présidentielle, se projetant d’emblée dans un second mandat comme si celui-ci était acquis, et l’élection une formalité. À noter une attaque, sans les nommer, envers Marine Le Pen et Éric Zemmour, tenants d’un «projet de repli, de nostalgie».

 Sinon, le chef de l’État a empilé les antiennes de la Macronie, se drapant dans la bannière du «progrès», de l’«émancipation», de l’«humanisme» et de l’«optimisme de la volonté», dans la droite lignée de sa campagne de 2017. Un vernis rhétorique qui masque mal l’essence antisociale de son projet: retraite à 65 ans, suppression dimpôts sur les entreprises, conditionnement du RSA à 15 ou 20 heures de travail hebdomadaire…

 

1. Retraites Travailler jusqu’à la tombe?

C’est confirmé: le candidat Macron souhaite reculer de trois ans l’âge légal de départ à la retraite pour le porter à 65 ans. Faudra-t-il travailler jusqu’à la tombe? Le projet sinscrit dans le cadre d’un paquet de «réformes du marché du travail» visant notamment à simplifier les «mécanismes de cumul emploi-retraite». «Les retraités continueront d’être de plus en plus pauvres», dénonce Céline Verzeletti, secrétaire confédérale de la CGT, «et reculer l’âge légal de départ va encore plus pénaliser ceux qui sont déjà dans des situations précaires, en particulier les femmes», ajoute-t-elle, tout en rappelant les difficultés que rencontrent déjà les travailleurs pour cumuler toutes les annuités nécessaires pour partir à taux plein.

Second levier du programme pour atteindre le plein-emploi en cinq ans, Emmanuel Macron souhaite transformer Pôle emploi en guichet unique – rebaptisé «France Travail» regroupant les compétences des régions, départements, communes et missions locales. Pour rappel, les employés de Pôle emploi n’ont cessé de dénoncer durant l’actuel quinquennat la dégradation de leurs conditions de travail…

 

2. Pauvreté Le RSA conditionné

Alors que le prix à la pompe dépasse allégrement les 2 euros, en matière de pouvoir d’achat, les recettes du candidat sont les mêmes que celles du président. D’un côté, les baisses d’impôts à hauteur de 15 milliards d’euros (quitte à sacrifier les services publics), dont la moitié pour les ménages avec la suppression de la redevance et une modification… des «droits de succession» via un «abattement» à hauteur de 150000 euros. De lautre, la «prime Macron» (sans cotisations donc), quil entend multiplier par trois. La principale nouveauté repose sur «la solidarité à la source pour les plus précaires»: une fusion des aides sociales (RSA, prime d’activité, APL, allocation familiale…) annoncée sans détails.

Reste à savoir s’il ne sera pas question de réaliser des économies sur le dos des bénéficiaires. D’ailleurs, pour ceux qui touchent le RSA, la note a déjà été présentée. Sous couvert de «reconnaître la dignité de chacun», il s’agit d’imposer «quinze à vingt heures par semaine» de travail. «Derrière se cache lidée selon laquelle les allocataires des minima sociaux seraient des “assistés” qui “profitent du système”», résume ATD Quart Monde.

 

3. Fiscalité Tout est dans la continuité

Emmanuel Macron entend continuer sa politique d’aide aux entreprises pour 30 milliards d’euros dans les secteurs d’avenir: biomédicaments, nucléaire, numérique, semi-conducteurs À ces subventions sajouteront des baisses dimpôts. En particulier la suppression de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, une taxe sur les grosses entreprises qui finance les collectivités locales. «C’était une demande du Medef, reprise par tous les candidats de droite, pointe Raphael Pradeau. 

Tous proposent aussi une baisse des droits de succession, alors qu’entre 85 et 90 % des Français n’en paient pas», poursuit le porte-parole d’Attac. Clin d’œil aux plateformes numériques, Macron annonce aussi une baisse des cotisations pour les indépendants autour du Smic. «Bon courage aux Zemmour, Pécresse et Le Pen, qui disent quils sont les meilleurs obstacles à Macron alors qu’ils ont le même programme économique», résume Raphael Pradeau.

 

4. Sécurité Un «pacte» fourre-tout

Le chef de l’État s’est, comme souvent, félicité de son bilan, citant les 10000 postes de policier créés, les voitures neuves, la lutte contre les «séparatismes» avec la fermeture de «650» établissements, de «22» mosquées, de nombreuses associations… Dans la foulée, Emmanuel Macron promet de continuer dans la même voie sécuritaire avec, pêle-mêle, la création de «200 brigades» de gendarmerie, le doublement de la présence policière sur le terrain, la généralisation de l’amende forfaitaire, le «triplement» du montant de l’amende «antiharcèlement» dans le cadre de la future loi d’orientation et de programmation du ministère de l’Intérieur (lire l’Humanité du 17 mars).

 

5. Immigration Toujours plus d’expulsions

En matière d’immigration, le «projet» d’Emmanuel Macron s’appuie sur deux axes: plus de police et de contrôles aux frontières, dun côté; des expulsions plus nombreuses et plus rapides, de lautre. Il sengage dailleurs à augmenter le nombre de personnes expulsables en réduisant les possibilités de recours aux décisions de refus d’asile, en rendant plus difficile l’accès au titre de séjour et en se positionnant pour la double peine. «Emmanuel Macron ne comprend pas le monde dans lequel nous vivons, a immédiatement réagi la secrétaire générale de la Cimade, Fanélie Carrey-Conte. Les migrations sont une réalité et le seront de plus en plus à l’avenir. Au lieu de garantir le respect des droits fondamentaux et l’accueil inconditionnel des personnes exilées, il fait le choix du tout-répressif. Pour lui, une bonne politique migratoire s’évalue au nombre d’expulsions réalisées. Pour la Cimade, c’est inacceptable.»

 

6. Éducation La concurrence pour tous

Emmanuel Macron entend parachever son projet pour l’éducation. Il faut «changer le mode de fonctionnement» de l’école: autonomie pédagogique et de recrutement pour les établissements, qui seront classés (et donc mis en concurrence) selon leurs résultats aux évaluations; «nouvelles missions» pour les enseignants, qui devront assumer les remplacements de leurs collègues, le suivi individualisé des élèves…

Un «engagement» qui conditionnera, individuellement, l’évolution de leurs salaires. «Mieux connaître les métiers» dès la 5e annonce le retour à une orientation précoce. Il y aura aussi une (nouvelle) réforme du lycée professionnel qui devra «changer de logique» en allant vers l’apprentissage et l’alternance. Pour la co­secrétaire générale du Snes-FSU Sophie Vénétitay, c’est «un modèle d’école libérale et de mise en concurrence» que promet le candidat-président.

 

7. Santé Un grain de sable dans le désert

Actant que le Ségur de la santé n’a pas réglé tous les problèmes, le président-candidat propose, pour remédier à une «crise de sens», de décloisonner les structures publiques et privées pour permettre aux agents hospitaliers publics d’exercer en parallèle une activité libérale et aux soignants libéraux d’avoir accès aux infrastructures hospitalières publiques.

Insistant sur la problématique des déserts médicaux, Emmanuel Macron entend généraliser la présence d’assistants médicaux et d’infirmiers dans les zones les moins dotées pour permettre aux médecins de prendre plus de patients et souhaite déployer des internes en 4e année dans ces territoires. «Ça ne correspond pas du tout à l’urgence de la situation!» déplore Christophe Prudhomme, médecin au Samu 93, qui rappelle que la priorité est de «recruter massivement pour rouvrir des lits» et de favoriser l’émergence de centres de santé publics, avec des médecins salariés pour stopper la désertification médicale.

 

8. Environnement Loin des objectifs

Passé l’autosatisfecit sur son bilan – alors que la France est le seul pays de l’UE à ne pas avoir atteint ses objectifs 2020 en matière d’énergies renouvelables –, le président-candidat a confirmé son objectif d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Confirmés aussi, le lancement «immédiat» de six réacteurs nucléaires et huit autres dans la foulée, la multiplication par dix de la puissance solaire, la création d’une cinquantaine de parcs éoliens en mer et la rénovation énergétique de 700000 logements par an.

Côté industries, le candidat met sur la table une «planification» par secteurs. «L’État aura à reprendre en main la régulation» des tarifs de l’énergie, a précisé Emmanuel Macron, qui, sans plus de détails, a annoncé la «reprise de contrôle capitalistique de plusieurs acteurs industriels». En outre, une loi de programmation pour «lindépendance agricole» aidera à l’installation des nouveaux exploitants.

 

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