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Enjeu de campagne. Le logement, la priorité oubliée du quinquennat

2 Février 2022, 07:36am

Publié par PCF Villepinte

PREMIER PLAN

Dans son dernier rapport, rendu public ce mercredi, la Fondation Abbé-Pierre dresse un bilan critique de la politique de l’habitat menée par Emmanuel Macron. Cinq années caractérisées par le désengagement budgétaire.

Publié le Mardi 1 Février 2022 L'Humanité Camille Bauer

Patricia, retraitée de 70 ans, vit dans un logement de 10 m2 pour un loyer de 680 euros. © Marta Nascimento/Rea

C’est le plus gros poste de dépenses obligatoires, et son augmentation pèse lourdement dans le niveau de vie des Français: les 10 % les plus pauvres y consacrent même 40 % de leur budget. Le logement est pourtant le grand absent de la campagne présidentielle. Il l’était déjà en 2017. À l’époque, Emmanuel Macron, alors candidat, s’était contenté de promettre de «libérer» les contraintes pesant sur la construction et de «protéger» les personnes à la rue. Ce désintérêt a perduré tout au long du quinquennat. «Le logement na jamais été une priorité de lexécutif au cours de ce mandat», souligne le 27e rapport annuel de la Fondation Abbé-Pierre (FAP), rendu public ce mercredi 2 février.

 

À défaut d’ambition, c’est la logique d’économies budgétaires qui s’est imposée. En cinq ans, la part des aides au logement dans le PIB est passée de 1,82 % à 1,63 %, une baisse record. À force de coupes, le secteur est aujourd’hui incapable de répondre aux besoins des 4 millions de mal-logés. Mais, en vingt ans, ses contributions aux recettes de l’État ont néanmoins doublé, pour atteindre 79 milliards d’euros. Malgré la crise sanitaire, qui a rappelé l’importance de disposer d’un logement décent ainsi que la fragilité des locataires les plus pauvres, il n’y a pas eu de changement de cap. Le logement n’a bénéficié que des miettes du plan de relance. Et en dépit de la hausse continue des prix, l’encadrement du marché, contraire à la vision libérale du président, est, lui, resté au niveau minimal.

1. Des attaques multiples contre les APL

C’est une des mesures les plus emblématiques du quinquennat. À l’été 2017, sans concertation, ni préavis, le gouvernement annonce une baisse de 5 euros des aides personnalisées au logement (APL). Cette mesure contre les plus fragiles – le plafond pour bénéficier des APL est inférieur au Smic – va contribuer à forger l’image d’Emmanuel Macron en «président des riches». Elle est larbre qui cache la forêt. «Le gel, puis le quasi-gel des APL entre 2017 et 2019, a davantage diminué les APL que la baisse de 5 euros, note la FAP. Ce coup de rabot a davantage touché les ménages pauvres, puisque leurs APL sont plus élevées.»

L’encadrement du marché, contraire à la vision libérale du président, est resté au niveau minimal.

En 2021, nouvelle attaque. Cette fois, les APL sont «contemporéanisées», c’est-à-dire calculées sur les revenus des mois écoulés, au lieu de ceux perçus deux ans plus tôt. La réforme permet à l’État de faire 1,1 milliard d’euros d’économies. Et fait plus de perdants que de gagnants, générant une baisse sans précédent du nombre d’allocataires (5,7 millions en 2021, contre 6,5 millions en 2020). Au total, l’ensemble des mesures ont, selon la FAP, coûté près de 15 milliards d’euros aux plus modestes.

2. Haro sur les HLM

L’existence d’un secteur subventionné par l’État pour loger les catégories modestes et pauvres colle mal avec l’idéal macroniste de résorption des problèmes par la seule vertu du marché. Le logement social a donc fait l’objet d’une attaque en règle tout au long du quinquennat. L’aide à la pierre, qui avait déjà décru sous les précédents mandats, a été totalement supprimée en 2018, laissant aux bailleurs sociaux et à Action Logement (ex-1 % logement) la mission d’abonder seuls ce fond.

Mais le gouvernement a été au-delà du désengagement. Il a ponctionné le secteur via l’augmentation de la TVA et la création, en 2018, de la réduction de loyers de solidarité (RLS) – un dispositif reportant sur les bailleurs la diminution des APL des locataires du seul parc social –, dont le montant s’élève désormais à 1,3 milliard d’euros par an. «En cinq ans, l’État a pris aux HLM plus de 6 milliards deuros, les privant ainsi de la capacité de produire 200000 logements sociaux», résume Christophe Robert, délégué général de la FAP. Résultat, la production est passée de 124000 logements avant la présidence dEmmanuel Macron à un peu moins de 100000 en 2021. Même la promesse gouvernementale de réaliser chaque année 40000 Plai (prêts locatifs aidés dintégration), la catégorie de HLM aux loyers les plus bas, n’a jamais été atteinte. Les bailleurs sociaux ont aussi été poussés à compenser la baisse des aides de l’État par la vente de logements, au risque de réduire encore un peu plus l’offre, déjà très insuffisante au regard des 2,2 millions de personnes en attente d’un HLM.

À long terme, ces réformes d’apparence technique sont une menace sur la nature même du logement social. La FAP alerte sur le risque que certains organismes, confrontés à un fort endettement et privés de l’aide de l’État, «cherchent à attirer davantage de capitaux privés, au risque dune marchandisation». Parallèlement, le gouvernement a promu le logement intermédiaire, dont les loyers ne sont accessibles qu’ «à des classes moyennes supérieures». Seul geste en faveur des HLM et de la mixité sociale, le gouvernement a défendu la prolongation de la loi SRU, qui impose aux communes 25 % de logements sociaux.

3. Marché privé, une régulation à reculons

Le président n’a jamais caché son scepticisme face à la régulation du marché. Pour maîtriser les prix, il a préféré miser sur la hausse de l’offre. «Force est de constater que le choc de loffre annoncé par le candidat Macron, qui devait libérer la construction et faire baisser les prix, na pas eu lieu. Sous l’effet des coupes budgétaires, le bâtiment a connu des années de baisse, accentuées avec la crise du Covid. Au final, la production s’est affaissée, la pénurie dans les zones tendues a perduré, et les prix de l’immobilier ont continué à grimper», analyse Christophe Robert. En cinq ans, les prix dans l’ancien ont augmenté de 23 %. Les loyers, eux, ont connu en dix ans une hausse de 50 %, quand les salaires restaient plafonnés.

Dans les grandes métropoles surtout, ces tarifs prohibitifs rendent le logement inaccessible pour toute une partie de la population. Face à ces hausses, le gouvernement a opté pour «une politique très timide dencadrement des loyers», estime le délégué général de la FAP. La mesure a été autorisée par la loi Elan et devrait être prolongée dans la loi 3DS, mais à titre expérimental et pour les seules collectivités locales dont la demande a été acceptée par l’État. «Lapplication de la loi repose essentiellement sur les recours de locataires peu avertis et peu enclins à sen saisir spontanément», constate le rapport. L’adoption de sanctions contre les bailleurs contrevenants, légalement possible, reste boudée par les préfectures. Ainsi, à Paris, où plus de 30 % des locations ne respectent pas les plafonds de l’encadrement, le préfet n’a infligé que dix amendes depuis 2018.

Le gouvernement Macron a fait preuve de la même timidité vis-à-vis des plateformes de locations saisonnières. Il  a autorisé les villes à encadrer la pratique, mais de manière limitée. Pis, le gouvernement, en créant le «bail mobilité», «sest adonné à une forme de dumping réglementaire», estime la Fondation. Dans un contexte de rareté, ce contrat, d’une durée d’un à dix mois à destination des précaires, vient, comme airbnb, concurrencer les baux classiques et limiter encore le nombre de logements pérennes présents sur le marché.

4. Sans-logis : grands besoins et petits pas

S’il y a un point sur lequel Emmanuel Macron a pris des engagements, c’est celui de la lutte contre le sans-abrisme, avec notamment la mise en place du plan «logement dabord», qui consiste à fournir un logement pérenne aux ménages à la rue ou en hébergement durgence. Mais, là aussi, le bilan est en demi-teinte. «À la fin de lannée 2022, à peu près 300000 personnes seront passées de la rue au logement. Cela va dans le bon sens. Mais 300000 personnes sont encore sans domicile», rappelle Manuel Domergue, directeur des études à la FAP. Des efforts ont cependant été faits: le nombre de places mobilisées dans le privé, via le système d’intermédiation locative, est passé de 5000 à 40000; davantage de pensions de famille ont été créées, même si seulement la moitié de lobjectif chiffré en début de quinquennat est atteinte; quant à la part de HLM attribués à des SDF, elle est passée de 4 à 6 %.

Mais ces progrès sont court-circuités par d’autres choix politiques: baisse du nombre de HLM, refus dallocations pour les moins de 25 ans, mais aussi expulsions locatives à répétition des habitants de lieux informels, absence de politique de prévention des expulsions, etc. Autant de points qui limitent l’impact de la stratégie du «logement dabord», en faisant grossir les rangs des sans-domicile. Avec, pour résultat, une pression accrue sur le secteur, pourtant coûteux et parfois indigne, de l’hébergement d’urgence. Malgré la pérennisation des places (40000 créées lors de la pandémie) par le gouvernement, ce dernier na toujours pas les moyens de résorber lensemble des demandes de mise à labri des personnes à la rue.

12 millions de personnes sont en situation de précarité énergétique

5. Une rénovation énergétique en trompe-l’œil

Là encore, les promesses étaient ambitieuses. Le président s’était engagé à rénover 500000 logements et à éradiquer en dix ans les 5 millions de passoires thermiques. Mais, à l’heure où 12 millions de personnes sont en situation de précarité énergétique, le gouvernement a préféré une politique d’affichage. Il a choisi «des dispositifs daides qui gonflent les chiffres du nombre de travaux enclenchés en ciblant de simples gestes de rénovation, peu efficaces s’ils restent isolés, au détriment de la performance à long terme», déplore la FAP.

Autre obstacle, les aides sont attribuées sans ciblage, et l’importance du reste à charge pour les ménages (39 % pour les très modestes et 56 % pour les modestes) rend ces travaux souvent inaccessibles. L’accompagnement et l’information, indispensables pour les bénéficiaires confrontés à des aides évolutives et à un secteur de la rénovation encore mal encadré et opaque, ne sont pas non plus à la hauteur. Selon une étude menée par la FAP, début 2021, 40 % des appels au réseau Faire, service public d’accompagnement à la rénovation énergétique, sont non décrochés, et 62 % ne permettent pas d’obtenir des avis adéquats dans les délais requis.

 

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Zemmour contre l'histoire ép.2/ Nicolas Offenstadt. Instrumentaliser les mutins de 1917 pour glorifier la guerre.

2 Février 2022, 07:30am

Publié par PCF Villepinte

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Il y a urgence ! Christophe Prudhomme Médecin au Samu 93

1 Février 2022, 08:48am

Publié par PCF Villepinte

Il y a quatre ans, nous lancions avec Sabrina Ali Benali, Patrick Pelloux et moi-même une pétition sous le titre «Dignité des personnes âgées, des moyens pour nos Ehpad», qui avait recueilli près de 700000 signatures. Elle a déclenché une autosaisine du Conseil économique, social et environnemental, qui a publié un rapport validant la revendication syndicale de la création de 200000 postes, pour obtenir un ratio dun soignant par résident.

Dans le même temps, les députés Caroline Fiat et Monique Iborra s’étaient saisies du dossier et validaient cette demande. Ce qui était déjà décrit à l’époque était un manque criant de personnel qui ne permettait pas de s’occuper dignement des personnes âgées dans les Ehpad. Il était souligné que, malgré un prix moins élevé dans les structures du secteur public, le taux d’encadrement y était légèrement supérieur.

Cela signifiait clairement que le secteur privé lucratif faisait payer plus cher ses prestations pour un service rendu de moindre qualité. Déjà, quelques années plus tôt, nous avions été un certain nombre à nous émouvoir publiquement du fait que le président de la République de l’époque avait embarqué avec lui en Chine des dirigeants de groupes gestionnaires d’Ehpad pour y vendre leurs services.

Nous disions alors que cela n’était possible que grâce aux ­bénéfices faits en France sur le dos de la Sécurité ­sociale, des retraités et de leurs familles. Si nous revenons quelques années en arrière, nous comprenons mieux la situation. En effet, à la fin des années 1980, le vieillissement de la population nécessitait de rénover les maisons de retraite et d’en construire de nouvelles.

Le choix politique fait alors a été d’ouvrir le marché au secteur marchand pour limiter les dépenses de l’État et de la Sécurité sociale. Ainsi a débuté la saga de l’or gris avec la création de groupes qui, très rapidement, se sont développés, se sont internationalisés pour devenir des leaders mondiaux, avec des chiffres d’affaires de plusieurs milliards.

Le scandale d’Orpea était prévisible et il est heureux qu’il éclate aujourd’hui. En effet, l’erreur originelle est de n’avoir pas empêché les libéraux au pouvoir de livrer la prise en charge de la dépendance au marché. Il y a ici une contradiction majeure entre un secteur qui doit relever du service public et de la solidarité nationale, et des investisseurs dont l’objectif premier est le meilleur retour sur leur investissement.

Quand, en plus, ils se comportent comme de vrais prédateurs sans âme, nous obtenons Orpea. La conclusion est simple: le secteur de la dépendance ne peut relever du secteur privé à but lucratif.

Médecin urgentiste

 

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Cyril Hanouna « entrepreneur loyal des idées de Bolloré »

1 Février 2022, 08:41am

Publié par PCF Villepinte

Médias Qu’on le veuille ou non, la présidentielle passe aussi par les plateaux de l’animateur star de C8. Claire Sécail étudie les contenus politiques de Touche pas à mon poste depuis la rentrée. Verdict: lextrême droite y est comme à la maison.

Publié le Mardi 1 Février 2022

L'Humanité Cyprien Caddeo

 

© C8/Philippe Mazzoni

De son propre aveu, il s’est «fait manœuvrer». Jean-Luc Mélenchon et ses équipes ont en travers de la gorge le passage du candidat FI chez Cyril Hanouna dans Face à Baba, le 27 janvier. Ils crient au traquenard, à cause entre autres d’un face-à-face avec Éric Zemmour taillé pour le polémiste, qui a duré une heure dix au lieu des vingt minutes prévues. Surprenant, sur la chaîne de Vincent Bolloré? Pas vraiment, répond Claire Sécail.

La chercheuse au CNRS scrute et répertorie les contenus des émissions de Cyril Hanouna depuis le mois d’août, et notamment le temps d’antenne consacré aux questions politiques (17 % en moyenne). Avec environ 1,5 million de téléspectateurs quotidiens, Touche pas à mon poste ( TPMP) a bien grandi depuis sa création en 2010, où il occupait une obscure case horaire sur France 4.

Douze ans plus tard, TPMP est devenu un espace fréquenté de la bataille culturelle, qui se décline avec les autres shows de Cyril Hanouna: lhebdo Balance ton post et le plus événementiel Face à Baba. Or, selon l’universitaire, ces émissions, sous couvert d’un esprit cool, pluraliste et détendu revendiqué par l’animateur, déroulent le tapis rouge aux idées nationalistes et identitaires.

D’après vos résultats, est-ce qu’on peut conclure que l’extrême droite joue «à domicile» chez Hanouna, comme semble sen rendre compte, un peu tard, la France insoumise?

53 % du temps d’antenne politique de TPMP est consacré à l’extrême droite. Je dis ça, mais il faut noter que sur C8, comme sur CNews, on ne présente jamais les invités comme d’extrême droite, ce qui contribue à banaliser leurs idées. Éric Zemmour a la meilleure part. C’est autour de lui que se construisent les contenus, les débats, comme a pu l’apprendre à ses dépens Jean-Luc Mélenchon dans Face à Baba.

 Cela démontre d’ailleurs qu’il y a une stratégie idéologique au sein du groupe Bolloré dans son ensemble, et non pas seulement sur CNews. Non pas que Cyril Hanouna soit d’accord avec Éric Zemmour. Mais il est le loyal entrepreneur des idées de Vincent Bolloré, qui lui a signé un contrat à 250 millions d’euros sur cinq ans. Hanouna a par ailleurs de bonnes relations avec les insoumis, mais ils ne lui servent qu’à être des contradicteurs idéaux face à la parole d’extrême droite qui, elle, cadre le débat, dans la logique du clash. Cela permet ainsi de faire croire à un pseudo-pluralisme interne.

Et les chroniqueurs, non plus, n’assurent pas la contradiction…

Le 27 octobre, Juliette Briens, influenceuse identitaire, pro-Zemmour, invitée régulière de TPMP, peut tranquillement dire que «grâce à la France libre de Pétain, grâce à Vichy, il y a des juifs qui ont pu s’échapper de France» sans que personne ne la reprenne sur cette énormité historique. Cela tient à la constitution du plateau: les chroniqueurs nont pas les savoirs historiques pour lui répondre, ils sont pour la plupart issus du divertissement ou de la téléréalité.

Il ne faut pas perdre de vue auprès de qui ce discours est diffusé. LAudimat de TPMP est constitué d’un public jeune, issu des milieux populaires, avec un niveau d’éducation moindre qu’ailleurs. C’est redoutable. TPMP, en ce sens, acculture son public, en plus de dévoyer tous les principes traditionnels de production de l’information. Je pense par exemple aux consultations Twitter présentées à l’antenne comme des sondages fiables, qui rythment l’émission. Je ne comprends pas comment des ex-journalistes comme Gilles Verdez ou Isabelle Morini-Bosc peuvent participer à ce dévoiement, tout en se permettant d’accuser en plateau des confrères, comme Élise Lucet, de faire du journalisme à charge…

Quand est-ce que Touche pas à mon poste a muté en émission «politique»?

TPMP s’est politisée par étapes. En 2013, le premier homme politique d’envergure nationale à s’y rendre a été Jean-Luc Mélenchon, alors que l’émission ne s’intéressait pas du tout à la politique. Puis, en 2017, Nicolas Dupont-Aignan était venu se plaindre chez Hanouna qu’il n’était pas invité à un débat sur TF1. Le basculement, c’est la crise des gilets jaunes, qui conduit à la création de Balance ton post (BTP), plus orienté sur les sujets de société. Cyril Hanouna se targue alors d’être le seul à inviter des figures gilets jaunes, ce qui n’est pas vrai, puisque BFM propose des dispositifs similaires.

Comment résumer la ligne éditoriale de Cyril Hanouna?

Le récit qu’entretient Hanouna sur ses émissions, c’est l’idée que lui donne la parole à tout le monde, sous-entendu à ceux qui ne l’ont pas ailleurs. Mais TPMP est surtout la pierre philosophale du populisme. Sous couvert de pluralisme, toutes les questions objectivables y sont présentées comme des opinions, sans vérification des faits. C’est un café du commerce permanent, à l’heure de l’apéro, où on construit une vérité alternative, avec un esprit de communauté – Hanouna et ses «fanzouzes», qui lui sont tout dévoués.

TPMP peut-elle être vue comme l’héritière de ce que Tout le monde en parle était dans les années 2000? Thierry Ardisson aussi a eu des invités peu recommandables, comme Alain Soral ou le conspirationniste Thierry Meyssan.

En partie, à ceci près que cette émission était hebdomadaire et que ce genre d’invités ne constituait pas une ligne éditoriale, mais des coups médiatiques et provocateurs que se permettait, de temps en temps, Thierry Ardisson. Chez Hanouna, cela fait système, au service d’un projet politique qui est clair quand on regarde l’ensemble des chaînes de Bolloré.

En dehors de la FI, la gauche a-t-elle voix au chapitre sur TPMP et consorts?

La gauche représente environ 12 % du temps d’antenne, insoumis compris. La gauche hors FI est soit invisibilisée – c’est le cas du PCF, qui n’existe tout simplement pas, ou des Verts (1,8 % du temps d’antenne) –, soit évoquée de manière systématiquement négative. Anne Hidalgo est victime d’un bashing permanent, en tant que maire de Paris. Cela tranche avec la bienveillance d’Hanouna envers ses invités d’extrême droite, comme Stanislas Rigault, de Génération Z, qu’il contribue à rendre sympathique.

Les propositions de gauche ne font par ailleurs jamais l’objet de débat en plateau, là où le moindre fait politique ou parapolitique autour de Zemmour est commenté. Le 6 décembre, l’émission s’est même mise au service de sa propagande électorale, alors qu’il se lamentait d’avoir du mal à réunir ses signatures. Sa vidéo d’appel aux élus, produite exprès pour l’émission, a été relayée telle quelle.

La majorité, aussi, est un bon client…

Oui, il y a une sorte de bénéfice mutuel entre les macronistes et Hanouna. À partir du «happening» de Macron sur TPMP, pendant l’entre-deux-tours de 2017, va s’enclencher une logique de renvoi d’ascenseur entre Hanouna et le gouvernement. Marlène Schiappa a largement contribué à transformer l’animateur des nouilles dans le slip en un incontournable du débat politique, en allant régulièrement sur son plateau, et en déclarant qu’il devrait animer le débat du second tour en 2022.

Il devient une courroie de transmission de la communication gouvernementale. Prenez Jean-Michel Blanquer. Il ne voulait pas aller sur TPMP par peur de la grossièreté ou d’être trop bousculé. Résultat, son passage s’est tellement bien passé, les questions étaient si inoffensives, que ses équipes n’ont qu’une envie, c’est d’y retourner.

 

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Zemmour contre l'histoire ép.1/ Mathilde Larrère. Salir Simone de Beauvoir pour salir les femmes

1 Février 2022, 08:35am

Publié par PCF Villepinte

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