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Ils sont pas lourds, en février, à se souvenir de Charonne

8 Février 2022, 09:03am

Publié par PCF Villepinte

L’État n’a toujours pas reconnu ses responsabilités dans le massacre du 8 février 1962. De nombreuses organisations l’appellent à le faire soixante ans après les faits. Un communiqué de l’Élysée est attendu dans la journée. Aucun membre du gouvernement ne participera aux cérémonies.

L'Humanité Publié le Mardi 8 Février 2022 Aurélien SoucheyreCyprien Caddeo (AFP)

Il y a soixante ans, la police française assassinait neuf personnes au métro Charonne, à Paris. Toutes étaient membres de la CGT. Toutes étaient membres du PCF, à l’exception d’une. Daniel Féry avait 15 ans, et assurait le routage de notre journal. Suzanne Martorell et Édouard Lemarchand travaillaient eux aussi à l’Humanité. Leur faute? Quavaient-ils bien pu faire pour mourir étouffés dans le métro, matraqués à mort? Pourquoi la police leur a-t-elle jeté les lourdes grilles qui entourent les arbres parisiens? Parce quils étaient venus manifester pacifiquement contre les crimes et les attentats de lOAS, et pour le droit à lautodétermination du peuple algérien.

 «Ils sont pas lourds, en février / À se souvenir de Charonne / Des matraqueurs asser­mentés / Qui fignolèrent leur besogne», chantait Renaud dans Hexagone (1975). Emmanuel Macron s’en souvient-il seulement? Le président de la République, qui est devenu le premier à participer à une cérémonie dédiée aux massacres du 17 octobre 1961, ne fera pas de même pour le 8 février 1962, puisqu’il est en déplacement entre la Russie et l’Ukraine.

L’Élysée assure néanmoins qu’une gerbe sera déposée, et qu’un communiqué officiel de la présidence sera rédigé. Son contenu est attendu de pied ferme. Soixante ans après, la France va-t-elle enfin reconnaître la responsabilité de l’État dans la tuerie de Charonne? Ou bien va-t-elle de nouveau botter en touche, nincriminant que le préfet de police de l’époque, ce coupable idéal qu’est Maurice Papon?

Cest exactement ce qua fait Emmanuel Macron le 17 octobre 2021 au sujet de lassassinat de centaines de travailleurs algériens en Île-de-France en 1961, dédouanant au passage les plus hauts responsables de l’époque, à savoir le président de la République, Charles de Gaulle, le premier ministre, Michel Debré, et le ministre de l’Intérieur, Roger Frey. Ce sont pourtant eux qui ont donné les ordres de réprimer brutalement les manifes­tations d’octobre 1961 et de février 1962.

L’admiration de Debré pour Papon…

«Ce que nous attendons, ce que les familles des victimes attendent, cest la reconnaissance de la vérité, celle dun acte criminel de l’État, avec le but explicite de tuer, coordonné au plus haut niveau entre Maurice Papon et Michel Debré», témoigne Henri Cukierman, président du Comité vérité et justice pour Charonne. Un texte soutenu par de nombreuses organisations invite à ce que la République française regarde pleinement l’histoire en face.

L’appel est signé par Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, et Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, qui participeront tous les deux, ce mardi, à une cérémonie métro Charonne, à 18 heures. Il est également paraphé entre autres par la Ligue des droits de l’homme, le Mouvement pour la paix, le MJCF et l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS.

«Il faut une reconnaissance officielle», affirme Philippe Martinez, qui précise que «la CGT sest toujours mobilisée contre les guerres coloniales et le racisme, et pour le devoir de mémoire». «Dans le climat actuel, se remémorer Charonne, se remémorer la violence de lextrême droite et de lOAS, cest essentiel pour ne pas la banaliser», ajoute le diri­geant syndical. À l’époque des faits, le gouvernement ose pourtant incriminer les manifestants.

Roger Frey les décrit en «groupes organisés de véritables émeutiers, armés de manches de pioche, de boulons, de morceaux de grille, de pavés, doutils divers qui ont attaqué le service dordre». Il va même jusqu’à mettre sur un pied d’égalité l’OAS et le PCF en les qualifiant tous deux d’ennemis de la République. Michel Debré se rend pour sa part dans les locaux de la police parisienne pour «apporter le témoignage de sa confiance et de son admiration», et rend «hommage» à Maurice Papon, soulignant ses «qualités de chef et dorganisateur».

Le 8 février, la police a pourtant chargé alors que la CGT et le PCF venaient d’annoncer la dispersion de la manifestation, comme le rappelle Henri Cukierman, présent ce soir-là. Pourquoi, diable, charger une manifestation non violente? Et ce, alors que la paix et lindépendance de lAlgérie étaient en train d’être discutées? En janvier 1961, 75 % des Français s’étaient dailleurs prononcés par référendum pour le droit à l’autodétermination du peuple algérien… «Cest le comble de labsurde! On a du mal à comprendre cette violence de la police alors que le gouvernement est en pleine négociation avec les représentants algériens pour un accord de paix signé un mois plus tard», observait l’historien Pierre Vidal-Naquet.

Aller au-delà des «petits pas»

«Mais nous étions dans un climat anticommuniste haineux consubstantiel de la naissance de la Ve  République», relève Alain Ruscio. «Il ne faut pas oublier que de Gaulle était au départ favorable à la répression des résistants algériens. Debré et Papon étaient des partisans de l’Algérie française jusqu’au bout des doigts. De Gaulle a cherché, farouchement, à dissocier la colère populaire de la cause algérienne, en la réprimant, car celle-ci risquait d’abîmer son récit», précise l’historien. «Les morts du 8 février auraient servi, assure-t-on au gouvernement , à démontrer à l’armée et à la droite conservatrice que le rempart contre le communisme était assez solidement maintenu par l’État», écrit même Jean Daniel dans l’Express du 15 février 1962.

Un important travail de mémoire a depuis été réalisé sur le massacre de Charonne. Une plaque, avec les noms de toutes les victimes, est fleurie chaque année à l’intérieur de la station. Le 8 février 2007, Bertrand Delanoë, alors maire de Paris, a baptisé une place du 8-Février-1962. Mais une partie du travail historique est encore empêchée. «Les archives de la préfecture de Paris sont officiellement ouvertes, mais de nombreux documents sont inaccessibles, notamment ceux relatifs au rôle de l’État», note Alain Ruscio.

Un État qui n’a toujours pas reconnu ses torts. «L’écriture sereine et dépassionnée de lhistoire coloniale est des plus difficiles. Il y a un lobby de la nostalgie coloniale et la volonté de ne pas égratigner des icônes du roman français, comme de Gaulle», mesure l’historien. «On ne reconstruit pourtant pas une France apaisée en éludant les faits et les responsabilités. Plutôt que dassumer une ligne, une cohérence, Macron tente de ménager un peu tout le monde», regrette Guillaume Roubaud-Quashie, responsable archives et mémoire du PCF.

Ainsi, s’il a su reconnaître la responsabilité de l’État dans les assassinats de Maurice Audin et Ali Boumendjel, le président doit aller au-delà des «petits pas» et se libérer de «conceptions électoralistes», observe Henri Cukierman. Reste à savoir ce que dira le communiqué attendu.

 

 

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Clémentine AUTAIN ESPACES V samedi 12 février à 15 H

8 Février 2022, 08:56am

Publié par PCF Villepinte

 

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Publié depuis Overblog

7 Février 2022, 17:06pm

Publié par PCF Villepinte

 

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A BICYCLETTE

7 Février 2022, 08:28am

Publié par PCF Villepinte

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Qui doit financer les transports collectifs ?

7 Février 2022, 08:25am

Publié par PCF Villepinte

Alors que les sirènes de l’ouverture à la concurrence se font entendre, l’avenir des transports en commun constitue un choix primordial pour les pouvoirs publics et les usagers, en lien avec l’exigence de gratuité.

Publié le Lundi 7 Février 2022 L'Humanité Pierre Chaillan

AFP PHOTO / ERIC PIERMONT

Il faut développer les transports collectifs et leur gratuité. Cela nécessite des investissements financés par les grandes entreprises.

 

JACQUES BAUDRIER

Maire adjoint PCF de Paris, administrateur d’Île-de-France Mobilités

Alors qu’il y a urgence pour sauver le climat et que les transports représentent 31 % des émissions de gaz à effet de serre du pays, un développement très important des transports collectifs et du vélo, modes de transport peu carbonés, est évidemment indispensable.

Atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050 implique une augmentation très forte du nombre de déplacements en transports collectifs. Cela doit évidemment être le cas dans les villes. Un outil privilégié est le passage aux transports urbains gratuits, comme le propose Fabien Roussel. Les élus communistes ont très souvent été à l’origine de la mise en place de gratuité totale ou partielle, comme à Aubagne, Clermont-Ferrand, Nancy ou Paris. Il est temps maintenant de passer à la gratuité totale dans toutes les agglomérations. Le coût de cette mesure est de 7 milliards d’euros par an. Il peut tout à fait être financé par une augmentation du versement mobilité, en particulier pour les grandes entreprises.

«Il nous faut augmenter aussi la part du train dans les transports interurbains.»

Mais il faut aussi investir dans de nouvelles infrastructures. Nous avons su lancer le Grand Paris Express, un projet de 200 kilomètres de métro en Île-de-France. Il faut maintenant s’engager aussi dans l’extension ou la création de lignes de métro dans nombre d’autres grandes villes, comme Bordeaux, Toulouse ou Marseille. Et créer ou étendre les réseaux de tramway et de bus en site propre dans plusieurs dizaines d’autres villes. Les investissements à engager sont au moins de 3 milliards par an supplémentaires à financer, comme le Grand Paris Express, par une mise à contribution des grandes entreprises tertiaires.

Avec la gratuité et la relance des investissements, nous augmenterons de façon importante la part des transports urbains dans les déplacements. Conjugué à une forte augmentation des déplacements à vélo grâce à la création d’un réseau de 100000 kilomètres de voies cyclables à l’échelle du pays, cela doit permettre de réduire très fortement la part de l’automobile en ville. Avec des conséquences très bénéfiques pour le climat et pour la santé publique grâce à une meilleure qualité de l’air.

Et, bien sûr, il faut arrêter le dumping social massif engendré par la mise en concurrence des transports collectifs et le processus de privatisation de la RATP et de la SNCF portés par le duo Macron-Pécresse.

Pour lutter pour le climat, il nous faut augmenter aussi la part du train dans les transports interurbains et réduire celles de l’avion et de la voiture. Cela suppose des tarifs en baisse. Et également un programme d’investissement pour remettre en service et améliorer des milliers de kilomètres de «petites lignes» de train et une accélération des investissements dans le réseau TGV (Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax, Paris-Orléans-Clermont-Lyon, ligne nouvelle Paris-Normandie…). Avec une croissance forte des investissements à hauteur de 5 milliards par an.

Le temps est venu d’instaurer la gratuité prise en charge collectivement. C’est une mesure qui concilie les urgences sociale et environnementale.

 

MONIQUE LADESOU

Coordination nationale pour des transports collectifs gratuits

Le temps n’est plus aux demi-mesures. Les crises sociale, climatique, sanitaire imposent un véritable changement de cap pour réduire l’usage de la voiture individuelle, qui reste aujourd’hui le principal mode de déplacement, renforcé par l’étalement urbain et la concentration de l’emploi dans les métropoles. Pour vivre mieux tout en préservant la planète, en répondant aux besoins essentiels, en retirant du marché ce service public d’intérêt général. La gratuité, c’est un choix de société par lequel la collectivité décide de garantir un droit, le libre accès aux transports en commun.

La Coordination nationale pour des transports collectifs gratuits regroupe des collectifs et des militant.e.s agissant pour la gratuité dans une dizaine de villes (Aubagne, Bordeaux, Chambéry, Clermont-Ferrand, Grenoble, Lyon, Metz, Nancy, Rouen, Roubaix, Strasbourg, Toulouse, vallée de la Thur). Pour désengorger les villes et les métropoles, et lutter contre l’enclavement des territoires ruraux, la coordination propose le développement massif et rapide des transports collectifs de voyageurs (tramway, bus, train), associé à la gratuité, comme un signal fort envoyé à la population pour l’inciter à laisser sa voiture et prendre les transports en commun.

«Lentretien des routes et des parkings grève largement le budget des collectivités.»

La gratuité est une mesure de justice sociale, car les dépenses de transport impactent fortement les foyers les plus modestes, voire les privent de possibilités de déplacements. Or les tarifications «sociales» ou «solidaires» ne remplissent pas leur rôle: un nombre important de personnes renoncent à faire les démarches et les différents tarifs suscitent des discriminations et des tensions.

C’est aussi une mesure pour diminuer les coûts et les nuisances considérables du trafic routier, la pollution de l’air, qui provoque 50000 décès prématurés chaque année en France, les accidents de la route qui causent 3500 morts par an, sans parler de lentretien des routes et des parkings, qui grève largement le budget des collectivités. En réduisant la circulation automobile, elle est aussi un moyen de diminuer les émissions de gaz à effet de serre.

Prendre le train, le tramway ou le bus plutôt que la voiture, cela réduit la pollution, les embouteillages, c’est bon pour la santé et la tranquillité de la vie quotidienne. Tout le monde en profite. Il est juste que ce soit pris en charge collectivement, comme la santé et l’école.

L’instauration de la gratuité des transports en commun est une mesure qui concilie les urgences sociale et environnementale. En cette période d’offensive greenwashing, la gratuité des transports publics est une mesure concrète, efficace. Elle doit devenir un enjeu pour la présidentielle.

Contact: gratuite_tc_contact@framalistes.org

À lire: Un programme unitaire pour le climat. Comment on peut sauver le climat si on s’y met aujourd’hui! de Jacques Baudrier et Alain Pagano, éditions du Croquant, 2020.

 

 

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À Marseille, Fabien Roussel donne un horizon aux jours heureux

7 Février 2022, 08:16am

Publié par PCF Villepinte

PRÉSIDENTIELLE Plutôt que le ruissellement cher à Emmanuel Macron, le candidat communiste a proposé, dimanche, le «roussellement pour lutter contre la vie chère». À commencer par laugmentation des salaires, quil a défendue devant plus de 3500 participants à son meeting.

L'Humanité Publié le Lundi 7 Février 2022 

Julia Hamlaoui Naïm Sakhi Nicolas Cleuet

Le meeting du candidat communiste à la présidentielle n’a pas encore commencé que l’ambiance est déjà survoltée ce dimanche au parc Chanot, à Marseille. L’enthousiasme parmi les plus de 3500 participants fait écho à la progression de Fabien Roussel, avec un premier sondage OpinionWay vendredi qui le crédite de 4 % d’intentions de vote. Il y figure à égalité avec Christiane Taubira et l’écologiste Yannick Jadot, devant la socialiste Anne Hidalgo (3 %), mais derrière l’insoumis Jean-Luc Mélenchon (10 %).

 «Oui, il y a du souffle, ça bouge, nous le sentons tous et nous voyons déjà comment, en quelques semaines, nous avons bousculé le débat», assure, dès son arrivée à la tribune, Fabien Roussel, dont le discours est retransmis en direct sur quatre chaînes télé. Dans l’équipe du candidat communiste, on se réjouit aussi de ce début de dynamique, tout en gardant les pieds sur terre. «On a encore une marge de progression très importante, mais la mayonnaise commence à prendre et cest évidemment satisfaisant», souligne Ian Brossat, son directeur de campagne. Désormais, l’objectif est clair: «élargir, élargir, élargir».

Depuis la scène du Palais de l’Europe, Fabien Roussel commence ainsi par un appel: «Jen rencontre tant qui ont renoncé à voter, qui ont voté un jour pour l’un, un jour pour l’autre et qui n’ont plus confiance. Quels qu’aient été vos choix, vous êtes ici les bienvenus pour peu que nous partagions ensemble l’ambition de renouer avec la France des jours heureux» , lance-t-il.

Peu après, c’est tout sourires qu’il adresse à la foule: «Le ruissellement de Macron, cest terminé, ce que je vous propose pour 2022, cest le roussellement pour irriguer l’économie réelle, lutter contre la vie chère.» Une boutade typique du candidat dont la personnalité n’est pas étrangère à sa dynamique. «Il suscite une proximité, une identification, avec lidée quil nous ressemble, quil est sympathique, souriant, spontané», détaille Frédéric Dabi, le directeur général de l’Ifop. Une carte que celui-ci ne manque pas de jouer. 

«Je suis du Nord, un Chti, je vis dans le bassin minier, tellement meurtri par les fermetures dusines, toutes ces friches industrielles qui laissent derrière elles leur cortège de chômage et de pauvreté», rappelle le député, promettant de bloquer «toutes les délocalisations pour à chaque fois trouver des solutions», comme de créer «de nouveaux droits au monde du travail». «Rendre de la dignité aux gens, cest les faire revenir vers lemploi. Le revenu universel nest pas une solution», approuve dans l’auditoire Nicole. «Lapproche sociale du PCF peut ramener des gens déçus de la gauche», poursuit l’éducatrice de profession.

D’ailleurs, à deux pas du Stade Vélodrome, la surprise du jour vient des personnalités qui annoncent leur soutien. À commencer par la maire du 1er secteur de Marseille et suppléante de Jean-Luc Mélenchon à l’Assemblée nationale, Sophie Camard. Ex-insoumis et plus récemment porte-parole d’Arnaud Montebourg, François Cocq prend également la parole, alors que nombre d’anciens militants du champion du made in France ont décidé de se joindre aux communistes. Le chanteur toulousain Magyd Cherfi, l’un des membres de Zebda, joue aussi les guest stars avec un message vidéo, tout comme le ministre espagnol Alberto Garzon.

« notre pays est riche, riche de votre travail»

Dans la salle, ce sont des syndicalistes qui témoignent. À l’instar de Frédérique, une militante CGT arrivée dans l’un des trois bus affrétés depuis le Vaucluse. Elle a réussi à arracher, avec ses camarades, une augmentation de 85 euros après une lutte de douze jours et a décidé de rejoindre le PCF: «La question sociale est centrale! Malheureusement, la gauche avait arrêté de la porter. La campagne de Fabien Roussel est un point dappui dans nos luttes.»

Un peu avant le meeting, c’est dans le Journal du dimanche qu’une autre bonne nouvelle attend le prétendant à l’Élysée. Selon un sondage Ifop, avec 47 % (+ 11 points en trois mois), il est le deuxième candidat qui représente le mieux la gauche, talonnant Jean-Luc Mélenchon (51 %). «Il a réussi à se distinguer sur un point fondamental, le sentiment quil parle des vrais problèmes», assure Frédéric Dabi. De ce point de vue, la polémique sur «la viande, le vin et le fromage» lui a au final plutôt servi. Et il n’a pas manqué d’y revenir dimanche taclant «ces bien-pensants» qui «ne voient pas toutes ces familles qui vivent à leuro près».

Reste que la gauche, à deux mois du premier tour, est en difficulté, avec un plafond à 10 % qu’aucun candidat ne parvient durablement à franchir. «Face à ce socle beaucoup trop faible, notre obsession est de ramener à la gauche des gens qui en sont partis, pour la grande majorité pas pour voter RN mais pour sabstenir», insiste le directeur de la campagne des Jours heureux. «Quimporte le résultat, cette campagne construit le présent et lavenir. Les avancées sociales de ce pays sont conditionnées au poids du PCF», assure aussi Louis, un Marseillais de 29 ans.

Car des points, le candidat est bien décidé à en marquer de nouveaux. «Si la déprime nourrit la déprime, nous, nous disons que lespoir nourrit lespoir. Et lespoir est là, aujourdhui, dans cette salle», affirme-t-il. Et c’est d’abord sur ce qui fait le cœur de sa campagne que Fabien Roussel entend avant tout jouer le match. «Je veux la France des jours heureux parce que nous savons que notre pays est riche, riche de votre travail, riche à milliards. Et je refuse que des millions dentre nous vivent aussi mal à côté de tant dargent», déroule le parlementaire, rappelant les «137 milliards» qui font de «la France la championne des dividendes»

«Alors je commence par dire où nous allons prendre l’ argent», développe l’élu du Nord, proposant de rétablir et tripler l’ISF, de rendre l’impôt plus progressif, de «priver les fraudeurs fiscaux de leurs droits civiques», ou encore de nationaliser la BNP, la Société générale et Axa. Le tout, pour «sattaquer au coût du capital», afin de «reprendre le pouvoir sur la finance, (d) augmenter les dépenses utiles de lÉtat» mais aussi les salaires.

Ce sera «la première mesure que nous mettrons en œuvre, en commençant par le Smic à 1923 euros brut, soit 1500 euros net», enchaîne-t-il, fustigeant le «gang des arnaqueurs, les Macron, Pécresse, Le Pen et Zemmour, qui prétendent monter les salaires en baissant les cotisations sociales». Et le député d’embrayer sur le «droit universel à lemploi» qu’il veut garantir, «alors que tant de besoins demeurent insatisfaits».

 «Nous voulons éradiquer le chômage en garantissant à chacun un emploi ou une formation, et un salaire permettant de vivre dignement», assure-t-il avec au programme la semaine de 32 heures et la retraite à 60 ans, mais aussi une «écologie des solutions plutôt que des punitions», ou encore des moyens pour les services publics, de l’école à l’hôpital, à commencer par la création de 500000 postes.

«On peut bousculer le scénario établi»

«Il a gagné en notoriété et en distinction en abordant les vrais sujets: travail, pouvoir dachat, vie quotidienne», relève Frédéric Dabi. D’autres sujets, plus sensibles à gauche, comme le nucléaire ou la laïcité – qui a suscité des critiques au sein du PCF notamment du fait de la présence de Caroline Fourest à une initiative de la formation – n’en sont pas moins abordés: «Notre République laïque, qui doit nous permettre de vivre heureux tous ensemble, est régulièrement mise en cause par toutes les formes de fascisme. Cest un vrai combat» pour l’égalité, glisse le candidat. «La France est un pays laïc. Ce qui mattire chez Fabien Roussel, cest quil parle au monde du travail, et nous défend, quimporte nos origines», réagit dans les travées du meeting Aziz, 53 ans, syndicaliste CGT.

Désormais, la prochaine étape consiste à «franchir la barre des 5 %, cest à portée de main dans les prochaines semaines», estime Ian Brossat. «Nous voulons redonner un espoir à la France, et ouvrir un espoir nouveau à gauche pour lui redonner de la force. () On peut bousculer le scénarioétabli», clame à la fin de son discours Fabien Roussel. «On en a encore sous le pied», promet son directeur de campagne. Encore un peu plus de soixante jours pour relever le défi.

 

 

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Grand meeting avec Fabien Roussel - 16 février 2022 à 19h

7 Février 2022, 08:09am

Publié par PCF Villepinte

Grand meeting avec Fabien Roussel -

16 février 2022 à 19h

Ce meeting annoncera un nouveau temps de la campagne, avec la présentation du programme des jours heureux et le lancement d’une série de meeting dans toute la France.

 

 

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Nous les ci-devant damnés de la terre!

6 Février 2022, 08:55am

Publié par PCF Villepinte

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Zemmour contre l'histoire. Ép.4/

6 Février 2022, 08:05am

Publié par PCF Villepinte

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Pour éviter les commentaires malsains, nous faisons le choix de l’information

6 Février 2022, 08:02am

Publié par PCF Villepinte

Comme tous les ans, le ministère de l’Intérieur publie les chiffres concernant l’immigration. À une époque où la droite, l’extrême droite et le gouvernement ne veulent que manipuler les esprits et surfer sur la haine, les interprétations des chiffres sont trop souvent malveillantes et oublient quelques réalités.

La première réalité à remettre en place si l’on cherche les motifs de leur augmentation, elle s’appelle Covid. En effet, les comparaisons sont faites par rapport à l’année 2020, année de pandémie mondiale qui a stoppé toute mobilité et en particulier les migrations lointaines. Les chiffres sont donc juste un retour aux réalités de 2019.

Le seul chiffre qui continue à être très faible est celui du nombre de visas donnés, 733 000 en 2021 contre 3,5 millions en 2019. Mais cette très forte diminution ne fait pas l’actualité car elle gène le monde financier, y compris de droite ou pire. C’est en effet le signe de la non-reprise du tourisme international et en particulier du tourisme venant de Chine et des États-Unis.

Au sujet des demandes d’asile, le chiffre est toujours inférieur à celui de 2019 et cela malgré l’effondrement de l’Afghanistan, malgré la multiplication de pays instables, malgré les catastrophes naturelles dues au réchauffement climatique. Le nombre de statuts de réfugiés délivrés par la France est toujours aux alentours de 35 000. Ce chiffre et celui des expulsions montrent clairement la politique forteresse, la politique de repli sur soi de la France.

Notre pays abandonne l’hospitalité, la fraternité, l’accueil, et refuse le débat sur la liberté de circulation et d’installation.

D’ailleurs certaines voix du monde économique commencent à dire que le nombre de titres de séjour délivrés pour raison économique, en particulier dans les métiers en tension, serait insuffisant.

Autre information qui n’a pas fait la Une des journaux. L’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) appelle la présidence française du conseil de l’Union européenne et la République tchèque qui assurera cette présidence en juillet, à donner la priorité à une meilleure protection des réfugiés en Europe et dans le monde.

Cet organisme international signale que la généralisation des propos xénophobes dans les discours politiques et la multiplication des obstacles physiques et législatifs à l’accès au territoire pour y demander l’asile dans l’Union européenne ont continué à mettre en danger des personnes fuyant la guerre, les conflits et les persécutions.

« Le droit de demander l’asile est un droit humain fondamental. Il doit être préservé, en particulier dans les situations extraordinaires ou en cas d’urgence », a déclaré Gonzalo Vargas Llosa, représentant du HCR pour les Affaires européennes. Elle fustige dans ces propos les pratiques politisées et clivantes qui cherchent à instrumentaliser les mouvements de population et vont à l’encontre du droit international.
Le HCR exhorte les présidences à réaliser des progrès sur des questions clés, telles que la solidarité intra Union européenne, les conditions d’accueil et les procédures d’asile équitables et rapides.

Gonzalo Vargas Llosa explique dans cet appel que le nombre d’arrivées dans l’Union européenne reste largement « gérable » (les chiffres le montrent distinctement). Elle rappelle aussi que près de 90 % des réfugiés vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, et encourage donc les présidences à renforcer la solidarité mondiale envers les personnes déplacées de force.

Voilà une belle leçon à débattre et à faire connaître dans les campagnes électorales actuelles.

Cécile Dumas
responsable adjointe du secteur international du PCF
chargée des questions migratoires

 

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