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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Patrick Pelloux, médecin urgentiste au Samu de Paris et Président de l'association des médecins urgentistes de France (Amuf),

21 Février 2022, 09:07am

Publié par PCF Villepinte

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La vieillesse

21 Février 2022, 07:31am

Publié par PCF Villepinte

Poète : René-François Sully Prudhomme (1839-1907)

Recueil : Les solitudes (1869).

Viennent les ans ! J'aspire à cet âge sauveur
Où mon sang coulera plus sage dans mes veines,
Où, les plaisirs pour moi n'ayant plus de saveur,
Je vivrai doucement avec mes vieilles peines.

Quand l'amour, désormais affranchi du baiser,
Ne me brûlera plus de sa fièvre mauvaise
Et n'aura plus en moi d'avenir à briser,
Que je m'en donnerai de tendresse à mon aise !

Bienheureux les enfants venus sur mon chemin !
Je saurai transporter dans les buissons l'école ;
Heureux les jeunes gens dont je prendrai la main !
S'ils aiment, je saurai comment on les console.

Et je ne dirai pas : « C'était mieux de mon temps. »
Car le mieux d'autrefois c'était notre jeunesse ;
Mais je m'approcherai des âmes de vingt ans
Pour qu'un peu de chaleur en mon âme renaisse ;

Pour vieillir sans déchoir, ne jamais oublier
Ce que j'aurai senti dans l'âge où le cœur vibre,
Le beau, l'honneur, le droit qui ne sait pas plier,
Et jusques au tombeau penser en homme libre.

Et vous, oh ! Quel poignard de ma poitrine ôté,
Femmes, quand du désir il n'y sera plus traces,
Et qu'alors je pourrai ne voir dans la beauté
Que le dépôt en vous du moule pur des races !

Puissé-je ainsi m'asseoir au faîte de mes jours
Et contempler la vie, exempt enfin d'épreuves,
Comme du haut des monts on voit les grands détours
Et les plis tourmentés des routes et des fleuves !

René-François Sully Prudhomme.

 

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PREMIER PLAN Perte d’autonomie, le lourd dilemme des familles

21 Février 2022, 07:21am

Publié par PCF Villepinte

Face à la dépendance d’un proche, de nombreuses personnes se retrouvent seules face à un casse-tête administratif et financier. Et culpabilisent parfois des choix qu’elles doivent faire contre l’avis de leur parent. Témoignages.

Publié le Lundi 21 Février 2022 L'Humanité Nadège Dubessay

Le nombre des 75 ans et plus représentera 13,5 % de la population en 2060, contre 9,3 % en 2020. ANDBZ/Abaca

Mal aux articulations. Douleurs aux jambes. Peur de tomber. À 96 ans, Émilienne ne sortait pratiquement plus de chez elle, un appartement au 3e étage d’un HLM de Colombes (Hauts-de-Seine). Son quotidien était ponctué par les allers-retours de la femme de ménage, de l’infirmière et de la kiné. Le gendre ou les filles se chargeaient des courses. La vie devait forcément continuer ainsi.

 «Elle était bien chez elle, depuis soixante-cinq ans quelle occupait lappartement!» raconte sa fille Valérie, 52 ans. Émilienne n’imaginait pas qu’il pourrait en être autrement. Pourtant, l’état de santé de la vieille dame devient de plus en plus problématique. «Elle ne pouvait plus marcher, même avec le déambulateur. Cest à peine si elle mangeait toute seule», se souvient Valérie. S’ensuit une longue et épuisante période où toute la famille – nombreuse – se relaie pour la toilette, les repas, le ménage, les courses… 

«Il est arrivé quelle mappelle en journée, quand j’étais au boulot, pour que je vienne et laccompagne aux toilettes», explique sa fille. La mort dans l’âme, la famille finit par envisager un établissement spécialisé. Même Émilienne, qui culpabilise en voyant ses proches se démener pour elle, s’y résout. Sa kiné intervient justement dans un Ehpad tout proche. La résidence jouit d’une bonne réputation, ce qui rassure tout le monde.

Émilienne emménage en septembre 2021 dans une chambre de 21 m2 à 86 euros la journée, auxquels il faut ajouter la part de dépendance. Soit au total un peu plus de 3100 euros par mois, à sa charge. «Ma mère, entre sa pension et la réversion de son mari, perçoit 1700 euros par mois», précise Valérie. En attendant – six longs mois – de connaître le montant des aides, la famille prend en charge le surplus. Au final, entre l’APA (allocation personnalisée d’autonomie) et les aides sociales, le reste à payer s’établit à 375 euros. Aujourd’hui, Émilienne ne loupe jamais le Loto du jeudi. «Elle a repris du poids et a bien meilleure mine. Je nai plus peur de la chute. Plus peur quand elle ne répond pas au téléphone. Je peux enfin dormir sur mes deux oreilles», souffle Valérie, soulagée.

49 % des résidents d’ehpad atteints de troubles démentiels

Poids de la culpabilité, casse-tête administratif, logistique chamboulée, contraintes financières… Pour les familles, la perte d’autonomie d’un proche représente toujours un cruel dilemme. Sans parler des enjeux symboliques, face à une situation qui renvoie chacun à son propre vieillissement. Alors on attend le dernier moment. Et l’entrée en établissement se fait souvent dans l’urgence. D’autant que les Ehpad, qui constituent l’essentiel de l’offre d’accueil, n’ont pas vraiment le vent en poupe. La tragique affaire Orpea, leader mondial des Ehpad, révélée dans les Fossoyeurs, le livre choc de Victor Castanet, ne fait que renforcer la tendance.

Annette, 70 ans, était au départ plutôt satisfaite de l’accueil réservé à sa mère, dans cet Ehpad public de Chartres (Eure-et-Loir). C’était il y a sept ans. Georgette, alors âgée de 89 ans, ne voulait surtout pas entendre parler d’une assistance pour sa toilette. À l’époque, Marcel, son époux, essayait tant bien que mal de lui venir en aide. Mais une méchante chute lui fracture le col du fémur. Puis une autre. «Mon père voulait soccuper delle jusquau bout. Il fallait pourtant se rendre à l’évidence, même si cela lui brisait le cœur», se souvient Annette.

Il signe pour sa femme un placement en institution. Et meurt trois semaines plus tard. Sa fille, assistante sociale à la retraite, prend la relève. Pour Georgette, la transition se passe plutôt bien. «Elle a retrouvé une vie sociale quelle navait plus.» Mais depuis, le Covid est passé par là. Avec ses conséquences délétères. «C’était épouvantable. Avec mes frères et sœurs, nous navions plus le droit de visite.» Et même lorsque la famille peut de nouveau la voir, «avec le masque, la distance, elle ne pouvait rien entendre».

L’état de santé de la vieille dame, aujourd’hui âgée de 96 ans, s’est détérioré. Annette a vu aussi les conditions d’accueil se dégrader au fil du temps. Comme dans beaucoup d’établissements: la faute au manque de personnel, au turnover important, au manque de formation. «Ma mère ne veut pas qu’on l’aide pour manger. Mais il faut pourtant bien être présent, parce que sinon elle ne mange pas, insiste-t-elle. On arrive en Ehpad en bout de course. Il faut une attention très importante au confort des résidents qui ne sont pas dans une simple maison de retraite, mais pas non plus dans un hôpital.»

Toutes les études concordent. Le nombre des 75 ans et plus représentera 13,5 % de la population en 2060, contre 9,3 % en 2020. Ils seront quasiment 11 millions en 2035, dont 5 millions âgés de plus de 85 ans. En parallèle, le nombre de places en structure d’accueil évolue moins rapidement. Les Ehpad reçoivent une population de plus en plus âgée et dépendante, voire en fin de vie. Selon le rapport des députées Monique Iborra et Caroline Fiat en 2018, 49 % des résidents souffrent de troubles démentiels, pour beaucoup liés à Alzheimer, et 35 % de «troubles chroniques du comportement».

trois enfants, vivant tous à des centaines de kilomètres

Alzheimer. Le mot tant redouté a été lâché, il y a deux ans, sur les maux de Gisèle, 83 ans à l’époque. Bien sûr, ses enfants avaient remarqué qu’elle oubliait plus souvent que d’ordinaire. Rien de bien alarmant. «Elle a toujours eu la mémoire sélective», sourit son fils Fabrice, 59 ans. Surtout, elle était autonome dans sa maison gardoise, les trois enfants vivant tous à des centaines de kilomètres de là. 

«Les voisins me disaient quil fallait la placer. Mais personne n’était prêt. C’était beaucoup trop tôt! Sa maison, cest le projet dune vie. On ne pouvait pas lui infliger ça. Après réflexion, je crois que je faisais aussi l’autruche. Je voulais croire qu’elle resterait autonome.» Cadre informaticien, il prend les choses en main malgré un emploi du temps déjà très lourd. Avec l’aide de sa compagne, il trouve une association de proximité qui assure le ménage. L’APA prendra en charge 250 euros sur les 600 euros que coûtent les prestations.

 «Je ny connaissais rien. Je découvrais un autre monde. Le plus complexe, cest de comprendre le mécanisme. Tout se passe par courriel. Moi qui déteste la dématérialisation!» En parallèle, le gériatre de Gisèle fait une demande de prise en charge à 100 % pour la Sécurité sociale. Et Fabrice crée un groupe WhatsApp qui réunit toute la famille, mais aussi l’infirmière et l’assistante de vie. «Des professionnelles extraordinaires, dit-il , qui s’occupent des gens, vraiment, jusqu’au bout.»

 L’été 2021, les choses se compliquent. «Ma mère a fait une chute et na pas pu se relever. Linfirmière la retrouvée dans le salon, complètement déshydratée», raconte-t-il. Il fallait augmenter le nombre de visites. Cela n’empêchera pas une seconde chute. Bilan: fracture du col du fémur. Gisèle part à lhôpital, puis en rééducation. Deux longs mois. Cest Chrystelle, linfirmière, qui parlera de cette famille d’accueil, à quelques kilomètres de la maison de Gisèle. Sur les trois places pour personnes âgées, une est à prendre. Fabrice se rend sur les lieux. Découvre Laurence, qui a plaqué son métier d’infirmière pour se consacrer aux personnes âgées, dans son mas cévenol entouré de chevaux.

 «La confiance a été immédiate, se souvient-il. C’est un soulagement monstrueux que de savoir sa mère entre de bonnes mains!» Aujourd’hui, il doit de nouveau s’atteler à la paperasse. Réévaluer l’APA et demander une aide sociale. Car les 1500 euros mensuels de retraite de sa mère ne couvrent que la moitié du coût. «Il faudra aussi voir comment gérer la maison, pour quelle ne se détériore pas.» Et chacun croise les doigts pour que Gisèle, encore en rééducation, accepte ce nouveau foyer. Elle qui demande chaque jour quand elle pourra retrouver son chez-soi…

la très grande majorité des personnes âgées souhaitent rester chez elles

Colocation, béguinage (lotissement immobilier pour personnes âgées), famille d’accueil… toutes ces alternatives au maintien à domicile et au placement en Ehpad restent extrêmement marginales. Alors, tant qu’on peut, on repousse le moment du départ. Selon une étude du Crédoc de 2017, la très grande majorité des personnes âgées souhaitent rester chez elles le plus longtemps possible.

Gisèle et Jean (86 et 94 ans) entendent bien continuer à vivre dans la maison léguée par la mère de Gisèle, à La Troche, petit hameau paisible de la campagne yvelinoise. Jean a des problèmes cardiaques et des malaises réguliers. Conduire lui est interdit. Gisèle, après une chute et plusieurs mois à l’hôpital, se déplace le plus souvent en fauteuil roulant. C’est leur neveu qui s’occupe des courses et les conduit à leurs rendez-vous médicaux. Sa compagne s’occupe de la toilette et prépare à l’avance des plats faciles à réchauffer.

Le neveu tient à respecter le choix de ceux qui sont désormais sa seule famille: «Cest une angoisse quand on doit sabsenter. On a toujours peur que lun ou lautre ne soit tombé. Ça nous est arrivé plusieurs fois de devoir revenir en catastrophe… C’est vraiment un gros cas de conscience. Mais on se dit qu’on accepte ce risque pour ne pas les priver, tant qu’ils sont encore tous les deux, de leur cadre de vie.»

 

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Redéploiement des forces militaires : la France doit revoir sa politique de la cave au grenier

21 Février 2022, 07:16am

Publié par PCF Villepinte

C’est une énième décision. Neuf ans après la 42e intervention militaire française en Afrique depuis les indépendances, Emmanuel Macron annonce le retrait du territoire malien des moyens militaires français avec un redéploiement et l’extension de la zone d’intervention aux pays voisins du Golfe de Guinée et d'Afrique de l'Ouest. Il s’agit d’un départ « coordonné », présenté avec l’appui de pays européens, mais pas concerté avec le Mali, et surtout les conditions n’ont pas été préparées pour ce retrait.

On se demande bien sur quelles bases ont été prises les décisions. Ce qui n’a pas fonctionné au Mali, peut-il mieux se passer ailleurs ? Un bilan sérieux et courageux reste toujours à faire. C’est ce que demandent les parlementaires communistes depuis des années, qui ont toujours mis en garde contre les risques d’enlisement et d’échec.

Pourquoi lors de l’opération Serval en 2013 les djihadistes et autres entrepreneurs de violence étaient présents sur 10% du territoire alors qu’aujourd’hui près de 90% est classé en zone dangereuse ? Pourquoi aucune des causes économiques, politiques, conflictuelles, qui ont conduit au désastre n’a été traitée ? Pourquoi depuis des décennies l’Etat français n’a jamais rompu avec un soutien implicite aux mouvements rebelles du Nord du Mali, et dernièrement avec le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) ?

Cette politique déséquilibrée, qui se traduit dans l’Accord d’Alger rédigé sans le peuple malien, ne correspond en rien à une aspiration majoritaire. Elle explique en partie la défiance envers l’Etat français. La dégradation de l’image de la France en Afrique de l’Ouest n’est pas, loin de là, uniquement le fait d’activistes « financés par la Russie » comme le dit M. Macron. C’est bien plus profond que ça et il faut s’interroger sur les causes véritables.

Que cherche la France en se retirant et en étouffant le Mali par l’appui d’un blocus inacceptable qui risque d’aggraver la situation ? Il faut mettre fin aux dangereuses sanctions et reprendre le dialogue.

Le logiciel de la présence française en Afrique doit être revu, de la cave au grenier, tout comme nos déploiements militaires dans le monde, comme le propose le candidat communiste à la présidentielle Fabien Roussel. Un retrait concerté de nos troupes du Sahel devrait aller de pair avec un soutien à leurs armées accompagné d’un transfert de technologie efficace ainsi que d’un nouvel agenda politique, économique et de sécurité pour le Mali et la région.

Après des années d’affaiblissement des Etats imposé par le FMI avec des politiques libérales destructrices, il convient de mener une politique de coopération qui vise à sécuriser les vies humaines d’un point de vue économique, social et environnemental, y compris par la mobilisation des ressources internes.

L’intérêt de la France au Mali, c’est de permettre à ce pays de sortir de l’impasse, de gagner la Paix, de pouvoir exercer concrètement sa souveraineté et faire ses propres choix de développement. Il est toujours temps que notre pays choisisse cette ligne de conduite et mette fin à la politique d’interventions militaires contraire aux intérêts des peuples africains et français.

Parti communiste français
Paris, le 17 février 2022

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Europe orientale : la France doit agir pour une désescalade immédiate !

21 Février 2022, 07:13am

Publié par PCF Villepinte

La situation dans le Donbass se dégrade rapidement, après deux jours de tirs d’obus de part et d’autre de la ligne de front, des explosions à Donetsk et l’annonce de l'évacuation d’une partie de la population civile des républiques autoproclamées vers la Russie.

Le PCF exprime sa plus vive inquiétude face à cette spirale qui peut mener à un embrasement de la région, et condamne ces violations du cessez-le-feu. Comme lors du conflit de 2014, c’est la population civile des deux côtés de la ligne de front qui en paie le tribut.

Le PCF appelle le gouvernement français à agir sans délai pour convoquer une réunion du format Normandie au plus haut niveau pour faire appliquer les accords de Minsk, dont la mise en œuvre totale, par l’ensemble des parties prenantes, est la seule voie pour mettre fin au conflit dans le Donbass.

Il condamne par conséquent fermement la décision irresponsable prise à nouveau par le gouvernement ukrainien de ne pas mettre en œuvre le statut spécial du Donbass. Il s’inquiète des suites qui pourraient être données à la résolution dangereuse votée au Parlement russe appelant à une reconnaissance de l’indépendance des deux républiques autoproclamées.

Il est nécessaire que la France porte lors de la conférence de Munich sur la sécurité l’exigence d’une conférence européenne large, incluant la Russie, de paix et de sécurité collective, afin de négocier chacun des points de tensions et parvenir à un règlement global. La sécurité en Europe ne peut être assurée sans la sécurité de la Russie. Ce qui était possible lors de la conférence d'Helsinki de 1975 et de celle de Paris de 1990 l'est à plus forte raison encore aujourd'hui.

La France peut et doit agir pour une désescalade immédiate, en toute indépendance de l’OTAN et de la politique d’hystérisation des tensions et de renforcement militaire dans la région menée par les États-Unis.

Le langage de la force doit faire place à la force de la diplomatie.

Parti communiste français,
Paris, le 18 février 2022.

 

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ENTRETIEN Jacques Baudrier : « Pécresse engage la démolition de la RATP »

18 Février 2022, 08:50am

Publié par PCF Villepinte

Ce jeudi, le conseil d’administration d’Île-de-France Mobilités engage la privatisation du réseau des bus de la RATP. Une première étape à la libéralisation de tout le réseau francilien. Entretien avec Jacques Baudrier, adjoint à la mairie de Paris (PCF), administrateur d’Île-de-France Mobilités.

Publié le Jeudi 17 Février 2022 Marion d'Allard

AFP

Promue par Valérie Pécresse, présidente de la région et d’Île-de-France Mobilités, l’ouverture à la concurrence des transports en commun franciliens connaît, ce jeudi, une étape fondamentale: la libéralisation, à horizon 2025, des lignes de bus aujourdhui opérées par la RATP.

Quel est l’enjeu du conseil d’administration qui se tient ce jeudi?

C’est une date malheureusement historique, celle de la remise en cause de l’unicité de la RATP. En Île-de-France, l’histoire des transports publics remonte aux premières lignes de train, créées sous Napoléon III dans les années 1850. Pendant près d’un siècle, de nombreuses compagnies privées opéraient en même temps sur le réseau. Les innombrables dysfonctionnements engendrés par cette situation n’ont cessé qu’en 1948, date de création de la RATP sous l’impulsion du programme national de la Résistance. Ce qui se passe est en quelque sorte l’acte fondateur d’un retour au XIX e siècle, au règne de la concurrence totale. C’est comparable à ce qu’a fait Margaret Thatcher avec le transport ferroviaire au Royaume-Uni.

Pour l’heure, seul le réseau des bus est concerné par cette libéralisation. Est-ce le premier acte d’une mise en concurrence généralisée des métros, des RER et des Transiliens?

Il existe effectivement un calendrier allant dans ce sens. Et Valérie Pécresse est pressée de l’appliquer. Dans un premier temps, le réseau de bus va être découpé en douze lots livrés au privé. Suivront les métros, dans la même logique. Quant aux trains de la SNCF, la volonté est de les ouvrir à la concurrence le plus rapidement possible, dès l’an prochain. Nous sommes face à un projet de démolition conjointe de la RATP et de la SNCF.

Qu’est-ce que cette décision implique pour les usagers et pour les salariés?

À terme, les usagers vont connaître ce que les passagers londoniens subissent déjà. Sur certains sites et au même arrêt, vont se retrouver deux lignes de bus opérées par deux entreprises privées concurrentes et qui, éventuellement, mettront en place des stratégies d’entrave mutuelle. Le service va s’en trouver très profondément désorganisé. En parallèle, tous ces opérateurs privés vont chercher à maximiser leurs profits en pratiquant le dumping social. Cela se traduira par une augmentation du temps de travail et une diminution de la rémunération des salariés. C’est d’ailleurs ce qu’a commencé à faire la direction de la RATP.

Catherine Guillouard, présidente de la régie publique, a récemment dénoncé les accords sur le temps de travail des chauffeurs de bus, les soumettant à une augmentation de 190 heures de travail par an. C’est énorme. Cette seule mesure représente 2000 équivalents temps plein qui ne seront pas embauchés. Mais ce nest pas tout, moyennant la suppression de certaines primes, ces mêmes chauffeurs vont perdre 100 euros de rémunération. Les 18000 salariés du réseau des bus vont voir leur travail devenir de moins en moins attractif avec le risque que les démissions se multiplient. Alors que la SNCF, comme la RATP, rencontre déjà des difficultés pour embaucher.

Comment expliquer l’entêtement de Valérie Pécresse à casser le service public?

C’est purement idéologique. Elle-même se définit comme une synthèse entre Merkel et Thatcher. Là, elle est juste 100 % Thatcher. C’est son bâton de maréchal de droite ultralibérale. Pourtant, au Royaume-Uni, ils sont en train de renationaliser les trains tant leur libéralisation a été une catastrophe. Valérie Pécresse a engagé la casse du service public, et elle s’y tient. À terme, 100000 salariés travaillant aujourdhui dans les transports publics en Île-de-France vont être concernés.

L’argument n’est-il pas également économique?

Le but est aussi de faire des économies sur les salaires. Sauf que toutes ces mesures rapporteront, au mieux, quelques dizaines de millions d’euros, alors que le Covid a fait perdre 4 milliards d’euros à Île-de-France Mobilités, dont la dette est chiffrée à 8 milliards d’euros. Les économies réalisées sur le dos des salariés et du service public ne permettront donc même pas de combler le trou. La seule solution, et nous l’avons déjà arrachée à plusieurs reprises, c’est l’augmentation des recettes.

À ce chapitre, les élus communistes proposent d’augmenter le versement mobilité uniquement pour les entreprises implantées dans les secteurs les plus riches comme la Défense. En augmentant son taux de 2,95 % à 3,5 %, l’opération rapporte 400 millions d’euros par an. Sur dix ans, on aura comblé le trou sans faire payer ni les salariés, ni les usagers.

Entretien réalisé par Marion d’Allard

 

 

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Pourquoi ils sont venus au meeting de Fabien Roussel

18 Février 2022, 08:44am

Publié par PCF Villepinte

 

Le candidat communiste à la présidentielle, en meeting à Montreuil mercredi 16 février, a déroulé son programme à la salle des fêtes de l’hôtel de ville. L'Humanité y a recueilli les témoignages de militants, mais aussi d'un nouveau public attiré par le discours de Fabien Roussel.

Jeudi 17 Février 2022

Franck Cartelet

Il est 19h30 quand le secrétaire national du PCF, qui bénéficie ces dernières semaines d'une belle dynamique sondagière, jusqu'à 5% des intentions de vote, fait son entrée dans une salle des fêtes chauffée à blanc par les militants communistes mais aussi de nombreuses "nouvelles têtes".

Une force supplémentaire

"Le PCF est un parti vivant, vivant qui mérite de retrouver sa grandeur car un pays avec un PCF qui fait un bon pourcentage, c'est aussi un moyen d'avoir une force supplémentaire", nous explique Aude, militante et professeur en Seine-et-Marne.

"Ma candidature ne vise surtout pas à enlever des voix aux autres candidats de gauche et écologistes, mais à en conquérir de nouvelles", a-t-il répondu devant 1.500 personnes dans la salle des fêtes de l'hôtel de ville de Montreuil, affirmant aller chercher les abstentionnistes et les électeurs passés à l'extrême droite.

Renforcer la gauche

Le député du Nord a déclarer vouloir viser "additionner, renforcer la gauche pour qu'elle soit de nouveau majoritaire, une gauche sincère, authentique, honnête, une gauche qui ne fait pas dans la langue de bois, qui ne trahira pas".

"C'est sa simplicité et son humilité qui m'ont vraiment plu et il est beaucoup plus réaliste en terme d'écologie que beaucoup d'autres candidats" nous précise Céline, Montreuilloise et sympathisante de gauche.

Enterrer la hache de guerre avec les écologistes

Durant son meeting, il a aussi souhaité enterrer la hache de guerre avec les écologistes, qui lui reprochent sa défense de la seule viande rouge et ses attaques contre les "leçons" d'une certaine gauche des centres-villes. "Ici à Montreuil, sachant où je mets les pieds, je sais tous les efforts pour manger sain et à sa faim", a clamé le communiste.

"C'est la poursuite de ce que j'ai pu voir en ligne et j'avais envie de voir en terme d'incarnation ce que ça pouvait représenter /.../ une manière aussi pour moi de jauger l'audience du Parti communiste", souligne Florian, régisseur à Ivry-sur-Seine.

Selon Fabien Roussel, "il faut manger du sain, du local, du bio": "La bonne bouffe, qu'elle soit à base de viande, végétarienne, vegan, elle doit être à la portée de toutes les bourses, et je les respecte toutes", a-t-il dit.

Il a aussi assumé "les positions prises sur un certain nombre de sujets", par exemple sur le nucléaire, mais "dans le respect de nos différences et de nos appartenances politiques".

Ça peut parler à beaucoup de jeunes

"Ce qui m'a parlé, c'est cette énergie d'optimisme, la joie, les jours heureux, ça faisait longtemps qu'on avait pas eu un discours comme celui là et ça peut parler à beaucoup de jeunes" nous explique Rouba, habitante de Montreuil.

Fabien Roussel a aussi envoyé ce message d'apaisement, mercredi, en pensant aux législatives, où il souhaite "faire gagner le plus de députés à gauche: de communistes et dans l'union la plus large".

 

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Barkhane. Le revers de la politique militariste de la France

18 Février 2022, 08:37am

Publié par PCF Villepinte

Mali Emmanuel Macron a officialisé vendredi le retrait des troupes françaises, qui doivent être redéployées dans les pays voisins. Après neuf ans de guerre, les groupes djihadistes continuent à pulluler en Afrique de l’Ouest.

L'Humanité Publié le Vendredi 18 Février 2022 Pierre Barbancey

 

AFP

Engagée militairement au Mali depuis 2013 (opération «Serval»), la France vient dannoncer son retrait de ce pays. 2400 militaires français y sont stationnés. De même que 15000 soldats de lONU au sein de la Minusma, dont lavenir est désormais en suspens puisqu’elle comptait sur un large soutien de l’opération française.

Après la déstabilisation de toute la région sahélo-saharienne à la suite de la guerre déclenchée en 2011 par la France en Libye, Paris était officiellement intervenu pour enrayer la progression des groupes islamistes radicaux menaçant Bamako. Elle a ensuite mis sur pied une vaste opération régionale, «Barkhane», déployant des milliers de soldats pour lutter contre les franchises locales dal-Qaida et du groupe «État islamique».

Mais, selon le ministère des Armées, «le volet militaire nest quune partie de la réponse qui doit dabord sappuyer sur des progrès politiques, sociaux, culturels et économiques». Malgré des victoires tactiques et l’élimination de chefs djihadistes, le terrain n’a jamais été véritablement repris par l’État malien et ses forces armées.

1. Comment en est-on arrivé là?

«Nous ne pouvons pas rester engagés militairement aux côtés dautorités de fait dont nous ne partageons ni la stratégie ni les objectifs cachés» et qui ont recours à «des mercenaires de la société (russe) Wagner» aux «ambitions prédatrices», a fait valoir Emmanuel Macron lors dune conférence de presse aux côtés des présidents sénégalais, ghanéen et du Conseil européen. En réalité, la crise couvait depuis plusieurs mois.

Un premier coup d’État qui a renversé Ibrahim Boubacar Keïta avait déjà échaudé la France. Mais c’est sans doute la décision prise par l’homme fort de la junte en place, le colonel Assimi Goïta, en mai de l’année dernière d’empêcher un remaniement gouvernemental en faisant arrêter le président et le premier ministre de la transition, puis le report des élections prévues en février 2022 qui ont scellé la rupture entre Paris et Bamako.

«Un coup d’État dans le coup d’État inacceptable», déplorait le chef de l’État français. Dans la foulée, la France dénonçait un accord que les autorités maliennes auraient passé avec la société Wagner, ce qui a toujours été démenti. Emmanuel Macron avait déjà menacé de retirer ses troupes du Mali. Une divergence de fond était apparue. Les militaires maliens au pouvoir avaient décidé de changer de stratégie et de tenter de négocier directement avec les chefs des groupes djihadistes, ce qui pour Paris s’apparentait à un casus belli.

Le pouvoir malien n’est pourtant pas si isolé. Emmanuel Macron ne peut ignorer le sentiment antifrançais qui s’est développé ces derniers mois au Mali, mais pas seulement. «Lancienne puissance coloniale () a beaucoup perdu en influence, explique Marc-Antoine Pérouse de Montclos, expert de la zone pour l’Institut de recherche pour le développement (IRD), à l’AFP. Après s’être vantée d’avoir restauré une démocratie parlementaire au Mali en 2013, elle n’a pas réussi à empêcher des coups d’État à répétition, tout en continuant d’être accusée par les Sahéliens de faire et défaire les gouvernements de la région.»

2. Que va-t-il se passer?

Le Canada et les États européens, qui opéraient jusque-là aux côtés des Français avec des forces spéciales au sein de la task force «Takuba», «estiment que les conditions ne sont plus réunies pour poursuivre efficacement leur engagement militaire actuel () au Mali et ont donc décidé dentamer le retrait coordonné du territoire malien de leurs moyens militaires respectifs dédiés à ces opérations». Paris et ses partenaires souhaitent toutefois «rester engagés dans la région» sahélienne et «étendre leur soutien aux pays voisins du golfe de Guinée et dAfrique de lOuest» pour contenir la menace djihadiste.

«Le cœur de cette opération militaire ne sera plus au Mali mais au Niger», a fait savoir Emmanuel Macron. «Nous comprenons cette décision, a expliqué le président sénégalais, Macky Sall, dans une conférence de presse commune avec le président français. La lutte contre le terrorisme au Sahel ne saurait être la seule affaire des pays africains. (…). Nous sommes heureux que l’engagement ait été renouvelé de rester dans la région et de réarticuler le dispositif.»

Au Sénégal, l’armée française compte 350 hommes et dispose d’une escale aérienne. À Abidjan, la base française de Côte d’Ivoire compte 900 soldats et constitue une plateforme stratégique, «opérationnelle et logistique majeure», selon le ministère de la Défense. 350 soldats sont logés au Gabon. Mais surtout, entre 350 et 400 militaires des forces spéciales sont stationnés près de Ouagadougou, au Burkina Faso. Concrètement, la fermeture des dernières bases françaises au Mali (Gao, Ménaka et Gossi) prendra de «quatre à six mois», selon Macron.

«Pendant ce temps, () nous allons continuer d’assurer les missions de sécurisation de la Minusma (la mission de l’ONU au Mali, forte de plus de 13000 casques bleus NDLR)», qui continuera de bénéficier dun soutien aérien et médical français sur place, avant le transfert ultérieur de ces moyens, a-t-il assuré. «Nous prendrons les dispositions nécessaires pour nous adapter au nouveau contexte en vue de pouvoir poursuivre la mise en œuvre de notre mandat», a fait savoir Olivier Salgado, porte-parole de la Minusma. Le président ghanéen, Nana Akufo-Addo, s’est déjà prononcé pour le maintien d’une force de la paix de l’ONU au Mali.

3. Un revers de la France?

Évidemment, Emmanuel Macron «récuse complètement» cette idée d’échec. Pourtant, force est de constater que le retrait annoncé ressemble fort à une débandade. Car après neuf ans de guerre, les objectifs affichés n’ont pas été atteints. Les groupes djihadistes continuent à pulluler au Sahel et se répandent maintenant dans le golfe de Guinée. La raison en est simple: tout ce qui fait le terreau de Daech ou d’al-Qaida, à savoir le manque de développement économique, la pauvreté grandissante, le manque d’avenir, reste la réalité quotidienne des Maliens.

Les coups d’État successifs au Mali, au Tchad et au Burkina Faso – tous ex-colonies françaises – ont affaibli les alliances ouest-africaines de la France et montré que les accords existants servent plus Paris que Bamako, N’Djamena ou Ouagadougou. Les économies de ces pays ne perçoivent aucun dividende de l’ouverture de leurs richesses minières aux grandes compagnies internationales. En témoignent les milliers de jeunes Africains de l’Ouest qui risquent leur vie dans des voyages migratoires à haut risque. C’est dire si le «volet militaire» ne sest pas appuyé «sur des progrès politiques, sociaux, culturels et économiques», annoncés pourtant comme complémentaires par le ministère des Armées.

Au contraire. Or, cest bien ce qui est en jeu aujourdhui. Malgré cela, Emmanuel Macron reste scotché à sa stratégie. «Il sagit de nous recentrer sur les demandes de nos partenaires là où notre contribution est attendue. (…) Cet appui pourra inclure de l’aide en matière de formation et d’entraînement, de la fourniture d’équipements, voire un appui à leurs opérations contre le terrorisme», a-t-il soutenu. Et donc, très certainement, des ventes d’armes à la clé. Comme si le continent africain avait besoin de ça.

4. Quel avenir pour le Mali?

Le pays est en grande difficulté et la décision française risque de le déstabiliser davantage. Le sentiment antifrançais va très certainement s’amplifier, d’autant que neuf ans de guerre n’ont rien réglé et l’insécurité se poursuit. Et que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) imposent des sanctions économiques au Mali pour le punir de ne pas organiser des élections.

Des sanctions soutenues par la France et l’Union européenne. Les mêmes sont pourtant moins sourcilleux s’agissant de manipulations constitutionnelles en Côte d’Ivoire et en Guinée pour obtenir un troisième mandat présidentiel. Or, ce sont les Maliens qui en subissent les conséquences. Ils ont d’ailleurs dénoncé cette punition en manifestant en nombre dans les rues de Bamako. Ils entendent avoir voix au chapitre. Une revendication que la France ferait bien d’entendre.

 

 

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Peut-on engager la relance sans renégocier les traités européens ?

17 Février 2022, 07:29am

Publié par PCF Villepinte

En vertu de la sacro-sainte « concurrence libre et non faussée », les politiques austéritaires s’appliquent depuis des décennies au sein de l’Union européenne. Et si le verrou sautait ?

Publié le
Mercredi 16 Février 2022

Alors que la Banque centrale européenne a agi pour sauver les banques et les entreprises, une autre politique est possible en créant un fonds de développement social et écologique.

 

DENIS DURAND

Économiste et codirecteur de la revue Économie et politique

 

Il y a deux ans, les gouvernements européens n’ont pas eu besoin de renégocier les traités. Il ne leur a fallu que quelques jours pour décréter la suspension de toutes les règles budgétaires européennes. Entre février 2020 et décembre 2021, 2000 milliards deuros créés par la Banque centrale européenne (BCE) ont coulé à flots pour valider les déficits publics par des rachats de titres et 1600 milliards pour refinancer à taux négatif les crédits des banques aux entreprises.

Cependant, même au plus fort de la pandémie, l’austérité budgétaire n’a jamais été remise en cause. Les coups ont continué de pleuvoir sur l’hôpital, sur l’école, sur tous les services publics!

C’est sur ce point que les règles européennes doivent absolument changer. Elles doivent cesser d’accompagner la fuite en avant des gouvernements dans la concurrence libre et prétendument non faussée sous l’égide du dollar et de Wall Street. L’argent de la BCE doit cesser d’inonder les banques sous la seule condition qu’elles prêtent aux ménages et aux entreprises. Les refinancements «ciblés» à taux privilégié (- 1 % actuellement) doivent être réservés aux crédits répondant à des critères précis en matière demploi, de formation, de lutte contre le réchauffement climatique. Plutôt que la spéculation sur les marchés financiers, la création monétaire des banques centrales doit alimenter un fonds de développement économique, social et écologique solidaire finançant des projets de développement des services publics démocratiquement élaborés, décidés, réalisés et contrôlés dans les différents pays de l’Union européenne (UE).

UN PLAN DE DÉVELOPPEMENT DES SERVICES PUBLICS PEUT ÊTRE FINANCÉ TOUT DE SUITE PAR LA CAISSE DES DÉPÔTS, QUI SE RETOURNERA VERS LA BCE POUR OBTENIR LE REFINANCEMENT DE CETTE AVANCE, COMME LE TRAITÉ DE LISBONNE L’Y AUTORISE.

Faut-il attendre pour engager la bataille dans ce sens qu’une modification des traités soit mise à l’ordre du jour, négociée à 27, conclue et ratifiée dans chaque pays de l’Union? Cela promet d’être long, semé dobstacles, et les urgences sociales et climatiques nattendent pas. Heureusement, comme bien souvent dans lhistoire européenne, le fait peut précéder le droit. En France, un plan de développement des services publics peut être financé tout de suite par la Caisse des dépôts. Celle-ci se retournera vers la BCE pour obtenir le refinancement de cette avance, comme l’article 123, paragraphe 2 du traité de Lisbonne l’y autorise. Au nom de quoi les gouverneurs de Francfort pourraient-ils s’y opposer? Ce type de «relance» conjointe de la demande et de loffre, créatrice demplois et de recettes publiques supplémentaires, nest-il pas le vrai remède à un retour de linflation qui résulte des insuffisances de l’offre (prix de l’énergie, désorganisation des chaînes mondiales d’activité, accès insuffisant des travailleurs à la formation)?

Cette bataille politique, amorcée dans un des plus grands pays de la zone euro et progressivement élargie à tous les peuples de l’UE, qui ont les mêmes besoins et les mêmes attentes, est le vrai moyen de créer les conditions économiques, politiques et finalement juridiques d’un changement des traités.

 

 

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ACTU Rentrée 2022 : coupes claires dans les collèges et lycées

17 Février 2022, 07:26am

Publié par PCF Villepinte

Éducation Les dotations horaires annoncent des fermetures de classes et de dispositifs pédagogiques utiles aux élèves les plus fragilisés par la crise sanitaire.

Publié le Jeudi 17 Février 2022 Olivier Chartrain

En septembre, 440 postes d’enseignants du secondaire doivent être supprimés.

Pas très convaincant, Jean-Michel Blanquer, quand il veut jouer les prestidigitateurs. En décembre 2021, le ministère de l’Éducation nationale sortait triomphalement de son chapeau 1615  «équivalents temps plein supplémentaires» dans l’enseignement secondaire pour la rentrée de septembre 2022. Un lapin blanc franchement miteux apparu grâce à une réforme de la formation initiale des enseignants qui envoie une partie des stagiaires à temps plein devant les classes. Au fond du chapeau: 440 suppressions de postes bien réelles. Depuis fin janvier, larrivée des dotations horaires globales (DHG) dans les collèges et lycées ne fait que confirmer cette crainte et suscite la colère.

Profs et parents se mobilisent

Grèves, blocages, rassemblements ­devant les inspections académiques… Les actions touchent toutes les régions et rassemblent souvent enseignants et parents d’élèves, inquiets des conditions de la prochaine rentrée. Le 11 février, le Snes-FSU, principal syndicat du secondaire, en recensait une cinquantaine. À Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine, le collège Louis-Blériot était en grève le 8 février –80 % des professeurs et 100 % de la vie scolaire, soutenus par les parents délèves. Dans cet établissement, la DHG risque de conduire à la suppression de trois classes: une ­sixième, une cinquième et une troisième. Conséquence: «En sixième, on va passer à 27 élèves par classe au lieu de 24 ou 25 jusqu’à présent», explique Marian Petitfils, professeur de mathématiques dans le collège (et cosecrétaire départemental du Snes-FSU). Et en troisième, «on sera entre 31 et 32 élèves par classe!».

Non loin de là, dans la ville de Gennevilliers, le collège Guy-Môquet est l’un des deux établissements classés REP+ (éducation prioritaire renforcée) du département. Cette classification ne le met pas à l’abri des coupes claires dans ses moyens de fonctionnement pédagogique. Déjà à la rentrée 2021, la DSDEN (direction des services départementaux de l’éducation nationale) voulait y supprimer 60 heures d’enseignement. Mobilisation et négociations avaient permis de regagner, en deux fois, 30 heures.

Rebelote pour la rentrée 2022, où… 30 heures seraient à nouveau supprimées. «Cela nous oblige à choisir entre maintenir les effectifs par classe  ou supprimer une classe – en l’occurrence en quatrième – pour pouvoir préserver des projets comme des demi-groupes en sciences et en français», témoigne Guillaume Auzou, professeur d’EPS dans le collège. Un choix que l’équipe a dû se résoudre à faire car ses élèves les plus fragiles ont besoin de ces dispositifs. D’autant que ces quatre dernières années, le collège a déjà perdu 95 heures hebdomadaires. Ce qui a conduit à la disparition d’une classe spécifique pour les élèves «grands décrocheurs», dune partie des cours en coanimation en français et mathématiques, de cours daide en anglais et en histoire-géographie et – déjà de demi-groupes en sciences et en technologie.

«Un refus de mettre les moyens»

«Partout, on constate que l’éducation prioritaire est particulièrement touchée», relève Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, qui cite l’exemple d’établissements dans l’académie d’Orléans­-Tours que la réduction de leur dotation horaire conduit eux aussi à supprimer des dispositifs similaires. En cause: une modification dans les calculs plus ou moins savants régissant lattribution des heures denseignement qui prend dorénavant plus en compte lisolement et l’éloignement des établissements et moins le niveau social des élèves qui les fréquentent. Mais, précise la syndicaliste, «on ne va pas opposer le rural et l’éducation prioritaire: le problème, cest dabord linsuffisance globale des DHG!» Marian Petitfils, lui, se souvient qu’il a entendu des représentants des autorités académiques expliquer crûment que, «dans les établissements les plus favorisés, il ny a plus rien à gratter, alors cest le tour de l’éducation prioritaire»

«Depuis larrivée de Blanquer, on na eu que des suppressions de postes dans le secondaire», rappelle Sophie Vénétitay. «Mais là, en plus, ils le font alors que depuis deux ans et demi les élèves subissent une scolarité sous Covid, avec une crise sanitaire qui a des conséquences pédagogiques lourdes. Ça signifie qu’on ne veut pas traiter le problème, qu’on refuse de mettre les moyens pour relever les défis de cette crise, et qu’on renvoie aux familles la responsabilité d’aider leurs enfants… si elles le peuvent.» Une réalité que les coups d’esbroufe de ­l’illusionniste de la rue de Grenelle ne ­parviennent plus à masquer. 

 

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