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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

A PROPOS DU NUMERUS CLAUSUS (N.C.) GOUVERNER C’EST PREVOIR !

5 Janvier 2022, 14:28pm

Publié par PCF Villepinte

Contrairement à de très nombreux commentaires, la désertification médicale n’est pas la conséquence de l’imprévoyance coupable de technocrates irréalistes ni de politiques craignant l’inflation de dépenses de santé inutiles, voire dangereuses pour le bienêtre de la population. Elle fut bel et bien délibérément un choix : celui de réduire les dépenses publiques de santé.

 Dès le début des années 1970, la crise chronique de notre économie dite de marché, inaugurée par l’annonce tonitruante de la chute des sources fossiles d’énergie (pétrole et charbon), les gouvernements occidentaux s’alarmèrent de l’accroissement continue des dépenses publiques et principalement des services publics. Celui de la santé constituait, pour eux, l’un des plus inquiétants. Sa part dans les dépenses de l’Etat ne cessait d’enfler démesurément nous dirent-ils et plus grave encore, son financement assuré par la cotisation sociale (part de la plus-value produite par les travailleurs) menacerait nos entreprises désormais soumises à la concurrence internationale (compétitivité).

Des soignants qui ne pensent qu’à soigner !

Mûrit alors dans l’esprit éclairé d’économistes de santé, l’idée fort innovante et apparemment teintée d’un modernisme critique de bon aloi, que les soignants sont les vecteurs principaux de la croissance immodérée des dépenses de santé.

Les médecins plutôt satisfaits de leur statut dont ils se plaindraient cependant volontiers afin de donner le change, aimablement soutenus par les firmes des médicaments, multiplieraient soigneusement leur raison d’être : l’acte médical.

Comme encore et toujours aujourd’hui, il fallait donc impérativement mettre en œuvre « des réformes de structures », ce que l’on fit en commençant par la fermeture des « petits hôpitaux et différentes infirmeries ou centres de santé », mais aussi pour ce qui nous intéresse, en imposant la réduction drastique du nombre de soignants. Faisant passer le nombre d’étudiants reçus au concours de 1ère année de médecine de près de 9000 à 3500 par an.

Nul besoin d’être bien savant pour comprendre qu’une réduction aussi massive sur plus de 30 ans, sachant que nous n’avons toujours pas retrouvé le niveau de 1975, ne pouvait qu’avoir des effets désastreux.

Des besoins de santé qui ne cessent de grandir.

En effet, si la natalité de cette période ne permettait pas à terme le renouvellement des générations, la croissance de la population française ne s’en est pas moins toujours maintenue dans les 250000 nouveaux citoyens par an depuis la Deuxième Guerre Mondiale (plus de 20 millions durant cette période).

Par ailleurs, le progrès des sciences et des techniques n’avait guère de raison de s’interrompre et de ne pas retentir sur la Santé. Et qu’enfin, l’exigence de la population en matière de soins ne pouvait que progresser au même rythme que l’espérance de vie. Nous avions donc en 1975 tous les éléments en mains pour faire obstacle à cette désastreuse « réforme ». Il n’en fut rien. On s’enfonça même dans ce qui n’est pas une absurdité mais un calcul. En 1995, le Gouvernement de l’époque n’hésite pas à proposer une retraite anticipée et confortable aux médecins libéraux à partir de 60 ans, dans un premier temps, puis de 56 ans dans un deuxième temps (MICA : « Mécanisme d’incitation à la cessation d’activité ».

Apparaissent donc alors inévitablement des besoins nouveaux dans le secteur public, en particulier hospitalier, qui ne cessent de grandir, un déficit de recrutement de soignants et l’importation nécessaire (mais « libre ») de médecins originaires de pays dont les besoins sanitaires sont bien supérieurs à ceux de la France.

Ces médecins furent longtemps moins (parfois beaucoup moins) payés dans le secteur public hospitalier que leurs collègues français. Ainsi se révéla la véritable raison de ce qui pouvait sembler une pure ineptie.

Le monde a encore besoin de soignants.

Revenons au Numerus clausus et à la nécessité de le faire disparaître. Il faut rendre accessible cette profession à un plus grand nombre d’étudiants. Il faut, exigence première, former de bons médecins (excellents dit-on dans notre langue superlative). Oui, il faut beaucoup d’excellents médecins, savants, cultivés et dévoués, c’est-à-dire bien formés (cf. Montaigne). Pas de concours sélectionnant « les meilleurs » mais des examens ouverts à tous exigeant un haut niveau de savoir. Impliquant que tous ceux qui arrivent à ce niveau seront acceptés. Ce niveau correspondant le mieux aux besoins multiformes de santé.

Ni sélection sociale, ni réduction arbitraire liée précisément à la volonté de maintenir un haut niveau de revenus, mais un recrutement de professionnels dont le temps d’activité, les garanties sociales et d’emploi, de promotion, seront assurés comme au reste de la population.

 Une société en grand désordre.

 Le phénomène dit de désertification médicale généralisée et les files d’attente interminables autant qu’inhumaines et maltraitantes, à l’opposé de la conception la plus élémentaire du soin, sont en fait l’expression dans la santé des désordres sociaux de tous ordres que nous vivons par ailleurs. La réduction volontaire du nombre des travailleurs de la santé n’est pas seulement désastreuse, elle est d’abord liée à une conception de la vie opposée au respect des personnes, à la solidarité entre les humains, nommée imparfaitement il est vrai, fraternité par notre République.

 L’ensemble des pays occidentaux sont aussi riches qu’inégalitaires. Le soin est une école de l’attention à l’autre. Nous n’aurons jamais trop de soignants, de chercheurs et d’enseignants en santé. Et nous ne manquons pas d’immenses « ressources humaines » prêtes à s’y consacrer.

 Paul Cesbron

Le 23 mars 2015

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Pass vaccinal : pourquoi les propos de Macron ont provoqué le chaos à l'Assemblée

5 Janvier 2022, 08:06am

Publié par PCF Villepinte

 

Alexis Delafontaine, édité par Solène Delinger

 

Il y a 2 heures

L'examen du projet de loi sur le pass vaccinal a été de nouveau suspendu en pleine nuit mercredi en raison du chaos provoqué dans l'hémicycle par les propos du président Macron disant vouloir "emmerder" les non-vaccinés. Les oppositions se sont vivement indignées de cette sortie présidentielle, jugée "indigne" d'un chef de l'Etat. Récit détaillé d'une soirée explosive. 

Un accord pour exonérer les 12-16 ans

Les débats semblaient être bien partis hier soir. Il est 18h quand les discussions sur le pass vaccinal reprennent dans une ambiance très apaisée. Un accord est même trouvé pour exonérer les 12-16 ans de pass vaccinal pour les activités périscolaires… grâce à une concession du ministre de la Santé.

Tout bascule à 21h, quand une bombe apparait sur le site du Parisien. Le président de la République déclare : "Les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder donc j’irai jusqu’au bout" .  Ni une ni deux, l’opposition s’embrase et refuse de continuer le débat sur le pass vaccinal si le Premier ministre ne vient pas immédiatement clarifier la nature du projet de loi. La question des députés est claire : "Est-ce que le pass vaccinal qu’ils doivent voter a pour but d’emmerder les Français ?".

>> Retrouvez la matinale du jour en replay et en podcast ici

La colère des députés

A minuit, la séance est suspendue et, après 1h d’attente, on annonce enfin la venue du Premier ministre à l’Assemblée. Les esprits se préparent donc à questionner Jean Castex. Il faut clarifier la situation. Mais, nouveau coup de théâtre à 2h : la séance reprend sans le Premier ministre, aux abonnés absents.

Certains député laissent alors exploser leur colère. François Cormier-Bouligeon, député LAREM, fonce sur Alexis Corbière, député insoumis . Front contre front, une altercation éclate dans l’hémicycle. Selon plusieurs témoins, les huissiers sont obligés de les séparer avant que la situation ne s’aggrave. A l’Assemblée, les débats sur le pass vaccinal sont donc au point mort et les tensions à leur maximum.

 

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Chants d'ombre, L S Senghor.

5 Janvier 2022, 07:58am

Publié par PCF Villepinte

 

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Robert Guédiguian : « Avec un premier ministre de gauche, on rigolerait enfin »

5 Janvier 2022, 07:49am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Mercredi 5 Janvier 2022

Michaël Mélinard

Ami du journal, cinéaste prisé par nos lecteurs et primé par la critique, Robert Guédiguian a passé la journée à la rédaction. Avec les rires, l’accent et l’engagement.

S’il avait été cycliste, on l’aurait volontiers qualifié de régional de l’étape. Robert Guédiguian est à l’Humanité comme à la maison. Lecteur depuis 1968, membre des Amis de l’Huma depuis des lustres, il est aussi le taulier des rédacteurs en chef d’un jour. Il s’est prêté à l’exercice en 2000 puis en 2016. Jamais deux sans trois, dit-on. Pour la sortie de son nouveau film, Twist à Bamako, le voilà de retour dans nos murs.

À la conférence de rédaction matinale, le cinéaste se montre très impliqué. Au sujet de l’union de la gauche, il avance, dépité: «Sil ny a pas dalliances aux législatives, il ny a qu’à se suicider.» Avant de rêver à une victoire postprésidentielle de la gauche à l’Assemblée: «Si Pécresse ou Macron étaient obligés de prendre un premier ministre de gauche, on se marrerait enfin»

Il pose des questions sur l’événement consacré à la lutte des sous-traitants de La Poste, réclame d’écrire sur le « Temps fort », consacré au protagoniste ivoirien de Traverser, le documentaire de Joël Akafou, exprime ensuite sa volonté d’ «intervenir sur le retard pris par le monde ouvrier autour de la condition féminine». D’ailleurs, lorsque Kareen Janselme, en charge des questions féministes au journal, le sollicite au débotté pour un entretien, il répond présent. #MeToo a-t-il changé quelque chose sur les tournages, l’interroge-t-elle? «Le concept MeToo en lui-même a du bon. Et il na pas provoqué de paranoïa généralisée, de perte dhumour.»

Mais revenons à la conférence. La rubrique « Monde » propose un sujet autour de l’inflation en Turquie, susceptible de déstabiliser Erdogan«Je suis obligé d’écrire sur la Turquie, sinon, Abkarian ne me le pardonnerait pas», en référence au comédien dirigé dans l’Armée du crime.

Le phénomène croissant de concentration au cinéma l’interpelle. «Spider-Man a fait 70 %de part de marché. Les gens qui allaient au cinéma toutes les semaines ny vont aujourdhui quune fois par mois. Est-ce quil ny a pas de nouvelles manières dy réfléchir, d’étendre la durée de la fête du cinéma par exemple? La situation pousse à la concentration sur quelques films.» C’est parti pour l’écriture, avant de finir sur un entretien vidéo autour de Twist à Bamako, en salles aujourd’hui.

 

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Hôpital. Les vraies conséquences du forfait de 19,61 euros aux urgences

5 Janvier 2022, 07:43am

Publié par PCF Villepinte

Va-t-on bientôt demander aux patients leur carte bleue au lieu de leur carte vitale ? Amélie Benoist/BSIP

L'Humanité Mardi 4 Janvier 2022

Loan Nguyen

Conçu pour «simplifier» la tarification des soins et améliorer le recouvrement des impayés, le forfait de 19,61 euros pour les passages aux urgences non suivis dhospitalisation devrait surtout plomber les patients sans mutuelle.

C’est une mesure qui devait entrer en vigueur le 1er janvier 2021, mais qui a été repoussée en raison de l’épidémie de Covid. Il faut croire que la cinquième vague n’aura pas convaincu le gouvernement d’y surseoir une nouvelle fois.

Depuis samedi, les hôpitaux ont pour consigne d’appliquer un forfait de 19,61 euros aux patients dont le passage aux urgences ne serait pas suivi d’une hospitalisation. «Le FPU (forfait patient urgences NDLR) remplace concrètement le forfait ATU (accueil et traitement des urgences) de 27,05 euros, auquel s’ajoutaient, pour former l’ex-ticket modérateur, les coûts des soins, examens et actes prodigués», explique le ministère de la Santé et des Solidarités.

«À ce titre, il rend le montant dun passage aux urgences sans hospitalisation plus lisible pour les patients et les usagers; son paiement plus compréhensible, donc plus automatique, et sa facturation plus simple pour les équipes hospitalières», soutient le gouvernement.

Qui peut en être exonéré ou bénéficier d'un forfait réduit ?

Harmonisation et simplification: le mantra est connu et même rituel dans la bouche de lexécutif quand il sagit de réformer les services publics. À demi-mot, le ministère reconnaît que le but est aussi daméliorer le recouvrement des impayés, espérant ainsi faire rentrer 35 millions d’euros dans les caisses. Tout en soutenant que ce changement sera indolore pour les patients, couverts pour 95 % d’entre eux par une mutuelle qui prendra en charge ce forfait.

Les personnes en accident du travail et en maladie professionnelle (AT/MP) dont l’incapacité est inférieure à deux tiers et celles placées en affection de longue durée (ALD) bénéficieront, elles, d’un forfait réduit de 8,49 euros.

En outre, seront exonérées certaines catégories de patients (femmes enceintes à partir du sixième mois, nourrissons de moins d’un mois, donneurs d’organes pour les actes en lien avec leur don, mineurs victimes de violences sexuelles, victimes de terrorisme, titulaires d’une pension d’invalidité, invalides de guerre et personnes rattachées au régime AT/MP dont l’incapacité est au moins égale à deux tiers).

Règlement immédiat ou différé ?

Les urgences continueront-elles d’envoyer une facture a posteriori aux patients ou exigeront-elles le règlement immédiat du forfait? Sur ce point, le ministère ne semble pas avoir tranché, laissant aux hôpitaux le soin d’organiser leur propre système de facturation.

«Cette mesure va taper sur les plus précaires, cest-à-dire les chômeurs, ceux qui nont pas de mutuelle et qui constituent une grande partie de nos patients», dénonce Frédéric Adnet, chef du service des urgences de l’hôpital Avicenne de Bobigny, également à la tête du Samu de Seine-Saint-Denis.

«Ce genre de réforme laisse aussi à penser quun passage aux urgences non suivi dune hospitalisation serait indu, alors que pour certaines pathologies, comme de la petite traumatologie si vous vous cassez une cheville, par exemple – ou une colique néphrétique, le passage aux urgences est bien justifié, même si on vous laisse repartir après vous avoir soigné», souligne le médecin.

Une offre de soins carencée

«Sur la mise en place pratique, cest une usine à gaz: les personnels administratifs sont déjà en sous-effectif, si on leur demande en plus de faire de la facturation et du recouvrement, ça va coincer», estime Patrick Bourdillon, secrétaire fédéral CGT santé. «Et sur le principe, cest inacceptable: les gens ne viennent pas aux urgences par plaisir, mais parce qu’ils n’ont pas accès à un médecin de ville. On était déjà sur une médecine à deux vitesses, mais ce genre de mesure accélère la transformation du service public vers une logique libérale», déplore le syndicaliste.

Du côté des usagers, on reste vigilant sur l’application de ce forfait. Reconnaissant que ce tarif uniforme de 19,61 euros a le mérite d’être «plus simple et plus lisible pour lensemble des acteurs du système de santé», France Assos Santé, qui regroupe 84 associations de patients, s’est dite «pas opposée au principe de la forfaitisation».

Mais le collectif invite le gouvernement à se pencher «en premier lieu» sur le manque de structures de santé. «Le problème reste () lhétérogénéité, voire la carence, d’offre de soins de premier recours sur les territoires, obligeant parfois les usagers à se rendre aux urgences faute de structure de soins de proximité disponible, a fortiori le soir et le week-end.»

 

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FORFAIT URGENCES. UN NOUVEL OBSTACLE À L’ACCÈS AUX SOINS  

4 Janvier 2022, 14:08pm

Publié par PCF Villepinte

 

La CGT lance une pétition contre la mise en place d’un forfait payant pour les passages aux urgences sans hospitalisation. Une disposition qui, dans un contexte de crise sanitaire et d’explosion de la pauvreté, marque un nouveau recul pour l’accès de tous aux soins.

Alors que toute notre attention est fixée sur la capacité de notre système de santé à absorber le choc de l’épidémie de coronavirus, la loi de financement de la Sécurité sociale de 2021(PLFSS) se donne comme objectif de réaliser plus de 800 millions d’euros d'économie sur l’hôpital.

Une mesure punitive

Parmi les mesures préconisées, le gouvernement met en place, sans concertation, une « participation forfaitaire » pour chaque passage aux urgences dès lors que celui-ci ne serait pas suivi d'une hospitalisation. Sa mise en place va impacter 80% des patients qui passent par les urgences. Il remplace l’actuel ticket modérateur laissant à la charge du patient 20 % du coût de ses soins qui seront pris en charge par la complémentaire de santé… pour ceux qui en ont une.

Double peine

Pour les 5% de français qui n'ont pas de complémentaire santé (... plus de 3 millions de français), cette décision risque d’aggraver un peu plus le renoncement aux soins. Compensant souvent les insuffisances de la médecine de ville, les urgences hospitalières étaient, jusqu’alors, la garantie d’être soigné quelques soient ses moyens. Cette disposition crée un nouvel obstacle à l’accès aux soins et rogne un peu plus sur le principe de solidarité de la Sécurité sociale.

Mauvaise réponse à un vrai problème

Les malades ne peuvent être rendus responsables du manque de médecins de ville ou de recours possibles à des soins de proximité qui les obligent à se rendre dans les services d’urgence. C’est pourquoi, pour la CGT « le gouvernement doit renoncer à la mise en place de ce scandaleux forfait urgence». C’est dans ce sens que la CGT a lancé une pétition contre la mise en place du “forfait urgences” à faire signer et à partager avec les salariés et les usagers.



Signer la pétition :https://www.cgt.fr/petition/non-au-forfait-urgences 

 Non au « Forfait Urgences »

 

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Le retour de la France des héritiers : ces pratiques qui bloquent l'ascenseur social

4 Janvier 2022, 14:04pm

Publié par PCF Villepinte


L 'Humanité Mardi 4 Janvier 2022

Stéphane Guérard

En France, les 10 % les plus riches s’accaparent 60 % du patrimoine total. Les niches fiscales liées aux héritages leur permettent de se transmettre ce grisbi de génération en génération. Des économistes et institutions appellent à une réforme de la fiscalité sur les successions.

Sortez vos capes, gants et hauts-de-forme ou vos robes à corset: la Belle Époque est de retour. Ce nest pas la mode vestimentaire du moment qui le suggère, mais les économistes comme les institutions qui scrutent les évolutions de notre société. Aujourd’hui comme au début du XXe siècle, la France appartient aux héritiers rentiers.

Voir aussi : Fiscalité. Le Covid donne la fièvre aux inégalités

Si le siècle dernier avait corrigé le tir, notamment grâce à l’ascenseur social des Trente Glorieuses, la fin des années 1970 a sonné le retour du patrimoine financier et immobilier comme facteur majeur de structuration de classe, bien plus que les revenus (salaires et revenus du travail).

Une monopolisation des richesses devenue par trop évidente

Ce patrimoine qui pèse de plus en plus lourd – de 300 % du revenu national en 1970, il en représentait 600 % en 2020 – a été progressivement capté par quelques-uns. «En France, les 10 % les plus riches possèdent 60 % du patrimoine total net», soulignait le Rapport 2022 sur les inégalités mondiales, publié en décembre par l’Observatoire des inégalités mondiales.

Cette monopolisation des richesses est devenue à ce point dérangeante que des institutions peu révolutionnaires comme l’OCDE, France Stratégie ou des économistes orthodoxes qui parlent à l’oreille de Macron, tels le prix Nobel Jean Tirole ou l’ex-directeur des études du FMI Olivier Blanchard, s’en inquiètent et appellent à une nouvelle fiscalité des successions et des héritages. Histoire de débloquer un ascenseur social coincé aux étages supérieurs.

1 % des héritiers reçoivent en moyenne 4,2 millions d’euros nets de droits

«Il devient indispensable davoir hérité pour accéder au sommet de la distribution des niveaux de vie», analyse Camille Landais, coauteur du rapport Repenser l’héritage, publié par le Conseil d’analyse économique (CAE) il y a quinze jours. De fait, quand la moitié des Français héritent de 70000 euros tout au long de leur vie (il sagit dune moyenne, nombre dentre eux nhériteront de rien du tout), moins de 10 % récupéreront plus de 500000 euros de patrimoine.

Quant au «top 1 % des héritiers, il recevra en moyenne plus de 4,2 millions deuros nets de droits. Et le top 0,1 %, environ 13 millions», souligne l’étude du CAE. Autrement dit, «le top 1 % des héritiers peut désormais obtenir, par une simple vie de rentier, un niveau de vie supérieur à celui obtenu par le top 1 % des ’’travailleurs’’». De quoi enterrer le mythe du «premier de cordée» et de la méritocratie.

Tigre de papier et niches fiscales

En ces temps de creusement des inégalités sociales, de renchérissement des dépenses du quotidien et d’aspiration des première ou deuxième lignes comme des premiers de corvée à des augmentations de salaires, l’opulence des rentiers relève du scandale alors que la transmission de ces fortunes n’est que faiblement taxée. Elles n’ont rapporté que 12,5 milliards d’euros en 2015, soit 0,56 % du PIB, alors que le flux total des transmissions patrimoniales annuelles pèse 15 % du PIB.

Voir aussi : Rémunérations. Les cinq bonnes raisons d’augmenter le Smic

Tout semble avoir été fait pour que l’administration fiscale ne s’intéresse pas au sujet. Celle-ci ne possède d’ailleurs pas de données fiables. D’autre part, comme l’explique Camille Landais, «nous pouvons avoir lillusion dune progressivité de la taxation des successions, mais c’est un tigre de papier. Dans la réalité, plus les patrimoines sont importants, mieux leurs titulaires connaissent les niches qui permettent d’échapper à leur imposition. Si bien que les plus gros transmetteurs ne sont taxés en moyenne qu’à hauteur de 10 %».

Les ficelles de l’optimisation

Parmi les niches fiscales, citons l’assurance-vie (17,5 milliards répartis entre 45000 bénéficiaires seulement); les pactes Dutreil, qui exonèrent à 50 % la transmission des biens professionnels représentant plus de 60 % du patrimoine des 0,001 % les plus fortunés; la donation en nue-propriété avec réserve dusufruit (2 à 3 milliards de manque à gagner pour le fisc); ou leffacement des plus-values latentes à la succession.

Nous vous conseillons aussi : «Lhéritage est aussi un facteur dinégalité entre femmes et hommes» : les explications de Céline Bessière

À ces mesures de sous-évaluation de l’assiette de la taxation des héritages s’ajoutent les autres ficelles de l’optimisation d’héritage. Par exemple, planifier rapporte gros: trois donations de 100000 euros au cours dune vie ajoutées à un héritage de 200000 au décès de chacun des deux parents coûtent moins cher en droits de succession quun héritage de 700000 euros versé dun coup au décès des ascendants.

Imposer à des taux croissants

Sur tous ces biais, les rapports précédemment cités appellent à revenir dessus. Avec un leitmotiv: assurer une réelle progressivité de la taxation des héritages fondée sur le bénéficiaire tout au long de sa vie. «Les transmissions dun montant total élevé pourraient être imposées à des taux croissants, tout en permettant aux nombreux parents de la classe moyenne de transmettre un patrimoine plus modeste à leurs enfants en franchise d’impôts», note la commission Tirole- Blanchard. Ce qui contribuerait à améliorer la mauvaise image de cette fiscalité, vue comme «une double imposition de l’épargne de parents qui ont “travaillé dur” et qui souhaitaient aider leurs enfants».

Fiscalité : Droits de succession : la gauche affiche sa volonté de réformer

Selon les scénarios proposés par le rapport du CAE, ces mesures dégageraient entre 9 et 19 milliards d’euros. Qu’en faire? De la baisse dimpôts indirects ou directs à la réduction de la dette publique, l’abondement des mécanismes de solidarité et d’égalité des chances jusqu’au financement d’un capital garanti de 120000 euros pour tous dès 18 ans, comme le proposait l’économiste Thomas Piketty, les projets ne manquent pas. Ils relèvent tous dun projet de société dont les candidats à l’élection présidentielle ont la possibilité de s’emparer.

 

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Bonne année !

3 Janvier 2022, 08:57am

Publié par PCF Villepinte

 

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Rémunérations. Les cinq bonnes raisons d’augmenter le Smic

3 Janvier 2022, 08:51am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Lundi 3 Janvier 2022

Cyprien Boganda

2022 commence par un renoncement: celui dun coup de pouce significatif au salaire minimum. La hausse ridicule de 0,9 % au 1er janvier, survenue dans un contexte de flambée des prix, relance le débat autour de la faiblesse des salaires.

Si la scène a des airs de déjà-vu, ce n’est pas un hasard: elle se répète inlassablement depuis 2012. Chaque année, entre novembre et décembre, un groupe d’«experts» nommés par le pouvoir mime un débat dont la conclusion est jouée d’avance: est-il souhaitable daugmenter le salaire minimum au-delà de ce que prévoient les mécanismes de revalorisation automatique (1)? Avant de répondre systématiquement par la négative. Le 1er janvier, le Smic a donc été revalorisé mécaniquement de 0,9 %, après un 2,2 % automatiques en octobre, pour atteindre 8,37 euros net de l’heure… soit quelque 1269 euros net par mois. Service minimum, donc, face à lenvolée des prix du quotidien. Les arguments en faveur d’une franche augmentation ne manquent pas.

1Une question de justice sociale

Emmanuel Macron se sera fait le champion des diagnostics jamais suivis d’effet. «Il faudra nous rappeler que notre pays, aujourdhui, tient tout entier sur des femmes et des hommes que nos économies reconnaissent et rémunèrent si mal!» lance-t-il le 13 avril 2020, en hommage aux travailleurs montés au front pendant le confinement. Huit mois plus tard, un rapport de France Stratégie sur les «seconde ligne» confirme ce constat.

Oui, ces professions sont surreprésentées chez les quelque 3,1 millions de salariés payés jusqu’à 1,05 Smic. Y figurent notamment 567000 aides à domicile et aides ménagères; 307000 caissières; 123000 agriculteurs et éleveurs; 1,3 million dagents d’entretien; 218000 agents de gardiennage et de sécurité… Depuis, le gouvernement a bien incité les branches professionnelles correspondantes à signer des accords visant à revaloriser les salaires, mais seule une poignée a joué le jeu (propreté, commerce de détail, sécurité…), en accordant de maigres augmentations vite rognées par l’inflation.

Comment peut-on féliciter des travailleurs, au nom du caractère «essentiel» de leur tâche, tout en leur refusant ensuite la rémunération qui leur permettrait den vivre décemment? Une augmentation du Smic serait bien le minimum La plupart des syndicats, CGT et FO en tête, en ont fait lune de leurs revendications.

2Pour réduire les inégalités hommes-femmes

Emmanuel Macron entendait faire de l’égalité entre les hommes et les femmes la «grande cause» de son quinquennat. La hausse du Smic, dont il ne veut pas entendre parler, constituerait pourtant un levier de choix. Dans une tribune parue en février 2021 dans Alternatives économiques, l’économiste Rachel Silvera rappelait quelques chiffres marquants: 59 % des salariés concernés par une hausse du Smic seraient des femmes, selon le ministère du Travail, alors quelles ne représentent que 44 % de lensemble des travailleurs du secteur privé. 13 % des femmes vivent avec le Smic, contre 5,5 % des hommes. Même à emploi similaire, la probabilité pour elles d’être rémunérées sur la base du salaire minimum est 1,7 fois supérieure à celle des hommes…

«Entre le niveau du Smic et les salaires dun grand nombre de femmes, le lien est étroit, conclut-elle. Augmenter les bas salaires et lutter contre la pauvreté des travailleurs les moins rémunérés en général, c’est réduire les écarts de salaires entre femmes et hommes. De la même façon, une politique d’égalité salariale entre les genres ne peut se limiter à assurer la présence d’une poignée de femmes au sommet de l’entreprise. Elle passe aussi par une revalorisation sonnante et trébuchante des métie rs les moins rémunérés.»

3Pour rendre plus attrayants des métiers désertés

Depuis des mois, les patrons se lamentent sur leurs difficultés de recrutement. Un problème réel: de plus en plus de salariés boudent les métiers dits en tension dans un grand nombre de secteurs aide à domicile, routiers, serveurs Faut-il s’étonner du fait qu’il s’agisse, bien souvent, de professions sous-payées? Dans une étude parue en octobre 2021, la Direction de lanimation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) identifie un problème dattractivité dans une trentaine de métiers, avant de rappeler cette évidence: «Si les actions damélioration de la formation (initiale comme continue) sont nécessaires pour résoudre les problèmes structurels de compétences, lapaisement des difficultés de recrutement pourrait donc aussi passer par lamélioration des conditions de travail et/ou la revalorisation des salaires dans certains métiers.»

4Parce que c’est viable économiquement…

«Augmenter le Smic détruirait des emplois!» martèlent les libéraux. Même si la question du lien entre «coût» du travail et volume d’emploi continue d’alimenter des débats passionnés entre économistes, l’argument tient de moins en moins. De nombreux pays ont fait le choix d’augmenter franchement leur salaire minimum au cours des trois dernières années (Espagne, Royaume-Uni, Pologne…), sans pour autant ruiner leur économie. Il y a deux ans, le gouvernement britannique a d’ailleurs demandé l’avis d’un des meilleurs spécialistes, Arindrajit Dube. Réponse de l’économiste américain: «Globalement, le corpus de recherche le plus récent aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans d’autres pays développés met en évidence un effet très modéré du salaire minimum sur l’emploi, tandis qu’il augmente de manière significative le revenu des travailleurs faiblement rémunérés.»

Quant à l’autre peur des libéraux, celle d’un effondrement de notre «compétitivité» en raison dune hausse du Smic, elle est encore moins fondée. Dabord, parce que les travailleurs au salaire minimum sont surreprésentés dans des secteurs tels que lhôtellerie-restauration (38 % des effectifs) ou les services à la personne (56 %), par définition très peu exposés à la concurrence internationale. Ensuite, parce que les récentes hausses du Smic décidées à l’étranger (+25 % en Allemagne en 2022, par exemple) donnent du grain à moudre aux partisans d’une augmentation. «Largument de la perte de compétitivité seffondre si tout le monde augmente son salaire minimum, observe l’économiste Dominique Plihon. Or, en Europe et aux États-Unis, les hausses sont considérables.»

5… D’autant que ça soutient la demande

En règle générale, patronat et libéraux considèrent l’augmentation des salaires sous le seul angle de la hausse des coûts pour les entreprises. Mais, si on se place d’un point de vue macroéconomique, il faut tenir compte également des effets positifs d’une hausse du pouvoir d’achat: si la consommation augmente, les carnets de commandes des entreprises se remplissent, et elles embauchent davantage. Par ailleurs, les salariés les moins payés sont aussi ceux qui ont la propension marginale à consommer la plus forte: comme ils nont pas les moyens d’épargner, la quasi-totalité de leurs revenus sont dépensés.

Une étude de lInstitut national de la statistique et des études économiques (Insee), parue en septembre 2020, le confirme: en 2017, le taux d’épargne plafonnait à 2,7 % (du revenu disponible) chez les 20 % des ménages les moins riches, contre plus de 28 % pour les 20 % les plus fortunés. Enfin, la flambée des prix observée ces derniers mois risque de peser sur le pouvoir d’achat des Français. Pour mémoire, entre décembre 2020 et octobre 2021, les tarifs du gaz et des carburants ont grimpé de 41 % et 21 %. Selon l’Insee, le pouvoir d’achat des ménages pourrait être amputé au premier trimestre 2022 (-1 %).

(1) Le montant du Smic est revalorisé automatiquement chaque année à partir de deux indicateurs: inflation constatée pour les 20 % des ménages les plus modestes; moitié du gain de pouvoir dachat du salaire horaire moyen des ouvriers et employés.

Une petite hausse déjà mangée par l’augmentation des prix

À chaque 1er janvier son lot d’augmentations des prix. Celui de 2022 n’échappe pas à la règle avec des tarifs postaux qui flambent (+ 8 centimes pour l’Écopli et le timbre vert, + 15 centimes pour le rouge), un nouveau «forfait patient urgences» à lhôpital fixé à 19,61 euros remboursable par des complémentaires santé dont les cotisations s’élèvent elles aussi de + 7 à + 10 %. Sans compter la répercussion des augmentations des prix des matières premières dans les produits alimentaires, ni le rattrapage des tarifs réglementés de l’électricité et du gaz attendu à partir d’avril, après leur blocage en octobre… À gauche, plusieurs candidats militent donc pour une véritable hausse du Smic, dont Fabien Roussel (+ 20 %, à 1500 euros net) et Jean-Luc Mélenchon (1400 euros net).

 

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Salauds de pauvres…

3 Janvier 2022, 08:48am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Lundi 3 Janvier 2022

 

Ainsi donc, les douceurs hérissées de ce début janvier annoncent déjà des froideurs coupantes pour les plus démunis. Salauds de pauvres: voilà à quoi se résume la pseudo-«revalorisation» du Smic pour la nouvelle année, cadeau amer dun pouvoir exécutif à mille lieues des préoccupations véritables. Alors que les prix continuent de grimper allègrement et que l’inflation s’affiche à près de 3 % en 2021, la hausse automatique du salaire minimum a été fixée à 0,9 %. Pas de «coup de pouce».

Juste une aumône, qui constitue une fois encore un scandale. Doublé d’une honte: pas un mot dEmmanuel Macron sur le sujet, lors de ses vœux aux Français. Plus grave, à en croire le chef de l’État, la France se porterait mieux quil y a un an, deux ans. Mais de quoi parle-t-il, en dressant un bilan panégyrique «à la cavalcade», tentant benoîtement de dessiner un paysage surréaliste d’«optimisme» et de «tolérance» qui tranche tant et tant avec celui quil nous propose depuis cinq ans?

Ah, si! le prince-président, tout hors-sol soit-il, a des lettres, et il le montre solennellement: «Pour ma part, quelles que soient ma place et les circonstances, je continuerai à vous servir. Et de la France, notre patrie, nul ne saura déraciner mon cœur.» À en croire la dernière expression, M. Macron a lu l’Étrange Défaite, de Marc Bloch. Nous aussi. L’historien français et résistant, torturé puis massacré par la Gestapo en 1944, écrivait également: «Tout malheur national appelle dabord un examen de conscience.»

 Non, la France ne se porte pas «mieux» en 2022, et inutile de croire, comme en 1940, que nous disposons de la meilleure armée au monde, avant dassister à son effondrement, pour comprendre que la crise et toutes les crises que nous traver­serons ici-et-maintenant devraient être l’occasion d’une épreuve de vérité. Pour regarder les choses en face.

Car, pendant qu’une grande partie de nos concitoyens crèvent de ne pas boucler les fins de mois, de ne pas se chauffer et de ne pas manger dignement, toute la presse économique vient de sabrer le champagne unanimement. Le CAC 40 a achevé 2021 sur une progression de près de 30 %, du jamais-vu depuis plus de vingt ans. Les 500 plus grandes fortunes françaises détiennent désormais 47 % du PIB national, contre 6 % il y a vingt-cinq ans. Une étrange défaite, assurément. Mais pas pour tout le monde…

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