Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Plus d'un jeune sur trois déclare avoir vécu une situation de discrimination ou de harcèlement discriminatoire dans le cadre du travail.

12 Décembre 2021, 10:11am

Publié par PCF Villepinte

PUBLIÉ LE 9 DÉC 2021

 

TEMPS DE LECTURE : 2 MIN.

La Défenseure des droits publie son 14ème baromètre sur la perception des discriminations dans l'emploi. Il est consacré cette année à la jeunesse, confrontée aux discriminations à toutes les étapes de son parcours d'insertion professionnelle.

Plus d'un jeune sur trois déclare avoir vécu une situation de discrimination ou de harcèlement discriminatoire dans le cadre du travail.

Près d'un jeune sur cinq rapporte y avoir été confronté à plusieurs reprises. Ces chiffres sont issus de la 14ème édition du baromètre sur la perception des discriminations dans l'emploi menée par la Défenseure des droits, Claire Hédon, avec l'Organisation Internationale du Travail (OIT) auprès d'une population de 30201 jeunes actifs de 18 à 34 ans.

Les discriminations rapportées ont lieu en premier lieu lors d'un recrutement (pour 34 % des répondants ayant déclaré une discrimination) et dans le quotidien de travail (pour 34 % d'entre eux).

Lors d'un entretien d'embauche, près d'un jeune sur deux a déjà fait l'objet de propos déplacés ou de remarques désobligeantes.

Près de 90 % des jeunes âgés de 18 à 34 ans déclarent avoir déjà connu une situation de dévalorisation au cours de leur vie professionnelle. Ils sont principalement exposés à la sous-estimation de leurs compétences, à la mise sous pression pour faire toujours plus et à la réalisation de tâches inutiles et ingrates.

Plus de la moitié des jeunes victimes de discriminations ont entrepris des démarches à la suite des faits.

La plateforme de la Défenseure des droits antidiscriminations.fr et le numéro de téléphone 3928 sont là pour orienter les victimes de discriminations. 7 juristes sont disponibles du lundi au vendredi de 9h à 18h.

Pour la CGT, le droit à la non-discrimination est globalement satisfaisant. Mais il doit être mis en œuvre de manière efficace.

L'employeur devrait par exemple tenir un registre qui permette aux représentants du personnel de consulter toutes les candidatures à un emploi ou à un stage. Ceci permettrait d'identifier d'éventuelles discriminations.

S'inscrire à la newsletter

 

Voir les commentaires

Éclat(s)

11 Décembre 2021, 13:26pm

Publié par PCF Villepinte

Des mots sur des maux, par Régis Debray.

Rire. «La vie nous joue des tours, à domicile et à tout âge. Finalement, elle est plus drôle qu’on ne croit. Une raison de plus pour la prendre au sérieux.» Ainsi écrit Régis Debray dans Éclats de rire (Gallimard), son dernier livre. Au passage de l’été, le philosophe, médiologue et écrivain a traversé une épreuve physique, sous la forme d’un accident vasculaire cérébral, dont il dit: «Un trouble dans l’hippocampe, et voilà une joyeuse pagaille. Le lien ne se fait plus, la cocasserie s’installe. Cohérence en baisse, trous de mémoire, déséquilibre garantis. Le tout s’en va, les riens remontent.» Et il ajoute: «Le glaneur des deux rives n’en demande pas plus. Et comme un homme se déconstruit en moins de temps qu’il lui en a fallu pour se construire, on peut profiter de sa mise en pièces pour prendre en note l’intempestif.» Le résultat par la plume, «du décousu main», selon sa propre définition, est prodigieux de drôlerie et de profondeur intellectuelle, entre «remembrances, épigrammes, pirouettes, brèves de comptoir», bref, autant de petits énoncés et autres aphorismes ou anecdotes qui se succèdent «sans logique ni protocole» au nom de la vie, de la Raison et de l’esprit, non sans venir titiller les grandes visions panoramiques du monde d’ici-et-maintenant, ce qu’il nomme la «généralité molle». Il précise d’ailleurs: «Pour les idées qu’on se fait du vaste monde, il est conseillé de se rendre sur place, comme pour acheter chaussures et pantalons. La vente par correspondance, pour le on-dit ou la bienséance, est une commodité rentable, mais source d’erreurs graves.»

Solitude. Rendant hommage à Georges Perec, qui lui prêta jadis son appartement parisien, et à Fidel Castro, qui l’adouba côté engagement révolutionnaire, Régis Debray rappelle que tenir tête à la plus grande puissance du monde lorsque nous ne sommes rien d’autre qu’un «trublion périphérique» force le respect, puisqu’«un rien peut faire tomber». Se qualifiant volontiers de «castro-perecquiste», l’homme n’oublie pas, en premier plan collectif, le bon usage d’une nation par la narration, mêlé des rêves d’un Chateaubriand et des chœurs de l’Armée rouge. «Comment sortir du lot dans le tout-à-l’ego ambiant? demande-t-il. En faisant comme tout le monde, c’est-à-dire en montrant n’importe comment, où et quand, qu’on n’est pas n’importe qui. Le cercle vicieux rend fou – ou méchant.» Et puisque le prix à payer d’être soi confine à la solitude, Debray met en garde les imprudents: «Se prendre pour ce que l’on est en fait, sans délire ajouté, c’est le début de la fin. Une dépression assurée, non remboursée par la Sécurité sociale.»

Espoir. Le philosophe au long cours – celui du temps-long et du phrasé permanent pour l’expliquer en détail – n’a jamais caché la nécessité vitale de monter au feu, non sans lucidité, mais en gardant toujours en soi «quelque illusion lyrique». Tout est affaire d’engagement fondamental et de vocabulaire pour l’inciter, malgré l’épuisement spirituel – et contre l’époque de moins en moins épique. Il écrit: «“Décadence” déconsidère. Cela sent par trop le réac, le moisi, voire le facho. “Déclin” est moins compromettant et plus grand genre, cela fait Empire romain (…). “Fin de siècle”? Chaque chose en son temps, on n’est qu’au début du nôtre. “Fin de partie”, c’est rigoureux comme du Beckett, mais cela manque de charité.» Magistrale rhétorique, moins dépourvu d’espoir qu’il n’y paraît. Surtout quand il prévient la jeunesse du monde par ces mots, plaqués sur des maux: «Laissons les irresponsables vanter “la fin des idéologies”. Ils portent atteinte à la morale publique. En tant que permanente incitation au suicide collectif, voir les choses en face, sans conneries ajoutées, devrait relever du Code pénal.» Il cite aussi Julien Gracq, son grand ami: «Le sens de la formule, c’est dangereux. Méfiez-vous. Cela peut tuer.» Et Régis Debray conclut: «Il avait tort: on a survécu. Il avait raison: mais dans quel état!» Du grand art. Et par les temps qui courent, de la pensée sereine.

[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 10 décembre 2021.]

Publié par Jean-Emmanuel Ducoin 

 

Voir les commentaires

Certains reprochaient aux corses de faire voter les maures!

11 Décembre 2021, 13:07pm

Publié par PCF Villepinte

Des électeurs étrangers derrière la victoire de Valérie Pécresse

Pour se qualifier au second tour du congrès LR, Valérie Pécresse avait devancé Michel Barnier, troisième, de 1 209 voix seulement. Plusieurs centaines de ses électeurs ont été amenés par un rabatteur de la communauté franco-asiatique, qui a aussi mobilisé des étrangers. La candidate de droite s’oppose pourtant au droit de vote des étrangers.

Médiapart Antton Rouget

La candidate Valérie Pécresse a pu compter sur le soutien d’électeurs étrangers pour remporter le scrutin interne organisé lors du congrès des Républicains (LR), du 1er au 4 décembre, selon des informations de Mediapart. Ces électeurs, rameutés par un élu francilien de la communauté franco-asiatique, ont pu adhérer au parti dans la dernière ligne droite de la campagne interne, les statuts de LR n’interdisant pas aux étrangers de participer au vote.

Leur proportion reste à ce jour inconnue, le parti de droite ne nous ayant pas communiqué le nombre de nouveaux adhérents de nationalité étrangère, mais leur impact sur le résultat d’un scrutin serré est forcément non négligeable. Au premier tour, Valérie Pécresse, arrivée deuxième derrière le député des Alpes-Maritimes Éric Ciotti, avait devancé son concurrent Michel Barnier de 1 209 voix seulement, avant de triompher au second tour.

Au sein de LR, l’énergie déployée par l’équipe de Valérie Pécresse dans la « bataille des cartes » n’avait échappé à personne. « Tout le monde a essayé de faire adhérer ses réseaux, mais elle a été la meilleure à ce jeu-là », confiait-on récemment dans l’entourage d’un de ses concurrents. Les fédérations d’Île-de-France ont ainsi vu leurs effectifs doubler, jusqu’à représenter 26 % du corps électoral national.

En revanche, l’afflux de ressortissants étrangers parmi les votants surprend les élus ou cadres LR que nous avons interrogés, certains découvrant même, à l’occasion de notre questionnement, cette simple possibilité. En 2016, la primaire de droite était réservée aux Français inscrits sur les listes électorales. Cette année, le passage d’une primaire à un congrès – et la limitation du corps électoral aux adhérents LR – a ouvert, comme une brèche que le parti n’avait pas anticipée, la possibilité de faire voter des étrangers.

Après une campagne d’adhésion, les communautés françaises d’origine asiatique ont apporté plus de 600 adhérents à LR pour voter Valérie Pécresse

Ton-Tona Khul, soutien de la présidente de région

Une cocasserie politique, au sein d’une formation qui a toujours milité pour réserver le droit de vote aux citoyens français à toutes les élections (locales comme nationales). En 2012, Valérie Pécresse elle-même s’était fermement positionnée contre l’ouverture du droit de vote aux étrangers, alors réclamée par des élus socialistes. À l’époque députée d’opposition, elle avait dénoncé les « arrière-pensées » électorales de ceux qui voulaient élargir le droit de vote. « Dans le contexte actuel, ça ne fera que diviser la communauté », pointait-elle, revendiquant « la citoyenneté à part entière » autour de « la fierté d’être français ». 

Depuis 2015, la présidente de la région Île-de-France n’a de cesse de dénoncer le « clientélisme » auquel elle a mis fin en reprenant le conseil régional à la gauche. Une thématique qui lui est chère : le 8 novembre dernier, lors d’un débat entre candidats LR sur LCI, elle reprochait à Emmanuel Macron d’avoir créé le « clientélisme présidentiel ».

Sollicitée sur les conditions d’adhésion de sympathisants franciliens, son équipe de campagne a tenu à rappeler que « chaque nouvelle adhésion aux LR a été validée par le siège des Républicains dans le cadre d’un congrès dont la sincérité du scrutin était contrôlée par une instance présidée par le sénateur Philippe Bas »« Toute personne qui se prévaut d’avoir suscité un certain nombre d’adhésions aux Républicains n’engage qu’elle-même », a aussi indiqué le service presse de la candidate.

Également questionnés, Les Républicains confirment que, depuis leur création, « l’adhésion au mouvement n’est liée à aucune condition de nationalité », sans fournir de précision sur le nombre de ressortissants étrangers ayant rejoint leur rang juste avant le congrès.

Les nouveaux adhérents ont notamment été amenés par Ton-Tona Khul, adjoint à la mairie de Villepinte (Seine-Saint-Denis), engagé aux côtés de Valérie Pécresse depuis plusieurs années. Le 13 novembre, cet élu local, investi aux prochaines législatives, s’était félicité de l’opération dans un message posté sur les réseaux sociaux. « Après une campagne d’adhésion, les communautés françaises d’origine asiatique ont apporté plus de 600 adhérents à LR pour voter Valérie Pécresse », annonçait-il alors.  Le message était accompagné d’une photographie avec Valérie Pécresse et Patrick Karam, incontournable vice-président de la région Île-de-France, chargé de la vie associative et du sport.

Sollicité par Mediapart, l’élu de Villepinte confirme avoir participé à la campagne d’adhésion en activant ses réseaux associatifs. « Je m’occupe depuis très longtemps de la communauté des Français d’origine asiatique, je fais le travail en tant que militant auprès de la communauté », explique ce chef d’entreprise d’origine cambodgienne. « Je suis aussi responsable de l’opposition cambodgienne [en exil]. J’ai appelé à adhérer et à voter Valérie par idéologie commune, parce qu’elle défend la démocratie, etc. Côté cambodgien, c’est une facilité pour moi, les gens me font confiance, et on partage les conceptions et idéaux de Valérie », ajoute-t-il.

Pour trouver de nouveaux adhérents, Ton-Tona Khul a aussi pu compter sur un « apport qui est fait par la communauté chinoise, laotienne, vietnamienne, etc. », selon ses explications. Avec un groupe de personnes qui n’ont pas la nationalité française. « La proportion de non-Français vient plutôt des Chinois, ils ne sont pas très très nombreux parmi les 600 », relativise l’élu.  

Comment Ton-Tona Khul pouvait-il être certain, dès la publication de son message le 13 novembre, que ces 600 personnes voteraient bien pour Valérie Pécresse et pas un de ses quatre concurrents ? « On donne des consignes de vote, on explique, etc. Vous savez, les autres candidats font la même chose, chacun essaye de faire adhérer au maximum ses sympathisants », répond l’élu de Villepinte, tout en rappelant que « chacun vote individuellement ».

Ce n’est pas la première fois que l’adjoint de Villepinte active ses réseaux en faveur de Valérie Pécresse. Comme Mediapart l’avait raconté, l’élu d’origine cambodgienne, qui participe à l’organisation du nouvel an lunaire à la région Île-de-France, était au cœur de l’organisation du meeting Potemkine de l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, à Brive, en août 2019. S’y étaient retrouvés des contingents entiers de faux militants rameutés depuis Paris et issus d’associations communautaires, pour certaines subventionnées par la région.

 

 

Voir les commentaires

TRANSPORT

10 Décembre 2021, 19:26pm

Publié par PCF Villepinte

 

Pour le retour à la normale du nombre de Bus, métro, Tram, RER

MACRON et PECRESSE veulent faire payer la crise Covid aux usagers. Pour informer les usagers les communistes continuent à distribuer leur tract transport

Pour Agir Signez la pétition en ligne du groupe communiste à la région.

 

Pour cela, cliquezPétition · Pour un retour à 100% de l'offre de bus, métro, RER, Transilien et tram en Ile-de-France ! · Change.org 

 

Après la réduction du nombre de bus, tram, RER, métro, l'ouverture à la concurrence des bus avant privatisation de la RATP!  4 bassins concernés par les délibérations pour l'ouverture à la concurrence et sur ces 4 bassins de bus, 2 sont en Seine-Saint-Denis: Neuilly Plaisance et Plaine commune.

Mobilisons pour refuser cette ouverture à la concurrence. Une première victoire de nos élus qui laisse du temps à la mobilisation.

OUVERTURE A LA CONCURRENCE

Les élus Ile de France Mobilités ont gagné le report des délibérations pour l'ouverture de 4 bassins de Bus à la concurrence

 

 

Voir les commentaires

Psittacisme

10 Décembre 2021, 07:51am

Publié par PCF Villepinte

Le modèle suprême pour tout journaliste de catastrophe, qui se respecte, reste le sketch des Monty Python sur les informations pour perroquets :

 

Bonsoir.

Voici les nouvelles pour les perroquets.

Aucun perroquet n'a été impliqué dans un accident sur la M1 aujourd'hui (…).

Un porte-parole des perroquets a déclaré qu'il était heureux qu'aucun perroquet ne soit impliqué. 

 

Voir les commentaires

Disparition de la romancière et journaliste Maryse Wolinski

10 Décembre 2021, 07:45am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Jeudi 9 Décembre 2021

La romancière et journaliste Maryse Wolinski, veuve du dessinateur Georges Wolinski tué dans l’attentat contre Charlie Hebdo en janvier 2015, est décédée jeudi 9 décembre à l’âge de 78 ans, a annoncé à l’AFP son éditeur, le Seuil.

Journaliste à Sud Ouest, au Journal du dimanche, à Elle ou à Le Monde-Dimanche, elle s’est surtout consacrée à la littérature. Le Seuil rappelle que “C’est en 1988 qu’elle s’impose comme romancière à part entière, avec Au diable Vauvert, son premier roman, paru chez Flammarion: l’intimité et le secret, la vie de famille, l’amour (ou le désamour) dans le couple, autant de thèmes qui formeront la matière de ses romans ultérieurs”. Après la mort de son mari, elle lui consacré trois livres publiés par le Seuil, “trois récits poignants: Chérie, je vais à Charlie (2016), Le goût de la belle vie (2018), et Au risque de la vie (2020)”.

Voir aussi : https://www.humanite.fr/wolinski-si-tu-savais-ce-que-maryse-dit-de-toi-5...

En septembre dernier pour une exposition à l’École des beaux-arts de Paris elle avait donné 41 planches de son mari. Des années 1960 aux années 2000, les 41 dessins dresse tout un parcours, qui passa, on le sait, par l’Humanité, conclu par la terrible tragédie, au confluent de la connerie absolue et de la haine des assassins. « Pour Maryse Wolinski, donner ces dessins aux Beaux-Arts, dont il avait été l’élève quelque temps, en architecture, c’était faire en sorte qu’ils vivent, de toute leur insolence, leur force provocatrice, leurs invitations au plaisir et à l’amour » écrivait notre journaliste, Maurice Ulrich. 

Voir les commentaires

Contre-courant

10 Décembre 2021, 07:41am

Publié par PCF Villepinte

Vraiment à droite, la France qui vient? 

A priori, le paysage médiatico-politique des derniers jours ne devrait pas nous inciter à l’optimisme. Entre la désignation de Valérie Pécresse à la droite de la droite LR, qui vient parapher la fin d’une certaine idée du gaullisme (pour peu qu’on y ait jamais cru), et le meeting de l’odieux Éric Zemmour, qui concentra à Villepinte à peu près tout ce que l’extrême droite peut offrir de pire, mélange absolu de haine verbale et de violences physiques mises en pratique, tout l’espace public nous apparaît broyé par les immondices d’une France rance et dégoûtée de sa propre destinée universaliste et républicaine. Soumis à la domination massive de l’émotivité conditionnée, le pouvoir de la Raison semble molesté par la magie du «live» et des thèmes imposés.

À une question près, néanmoins: l’ultradroitisation de notre pays est-elle une réalité si tangible que nous n’y pourrions rien? En somme, à cinq mois d’échéances électorales décisives, les citoyens français sont-ils vraiment hantés par le «grand remplacement» et toutes les thèses indignes scandées par les âmes sombres du poujadisme et du néopétainisme, quand bien même de nombreuses études viennent en contredire l’idée? La France qui vient ne ressemblera sans doute pas à ce que nous promettent les prophètes de malheur…

Ne confondons pas la puanteur des débats proposés par certaines chaînes d’information avec la réalité du corps social environnant, plus divers qu’on ne l’imagine. Si un positionnement «à droite toute» inspire beaucoup d’esprits, n’oublions pas que les «valeurs de gauche», elles, continuent de progresser régulièrement – et de manière très structurée parmi les jeunes générations.

Une récente étude d’EVS (European Values Study) montrait par exemple «une hausse des valeurs de tolérance et d’égalité» en France, tandis que notre société «devient plus permissive, moins conservatrice». Quant à l’attachement à la justice sociale, il demeure essentiel pour plus de 70% de nos concitoyens, sans parler de l’aspiration à la «solidarité», au «partage des richesses», à «l’intervention de l’État», à «la réduction des inégalités», etc.

Une espèce de «socle commun» se trouve là, sous nos yeux, à portée de mains collectives. À contre-courant des idées reçues, les dynamiques de fond de la société française ne sont pas forcément là où la majorité des projecteurs posent leurs faisceaux. 

[EDITORIAL publié dans l'Humanité du 7 décembre 2021.]

Publié par Jean-Emmanuel Ducoin

 

Voir les commentaires

Petite histoire des journalistes et réalisateurs communistes à la radio-télévision (6)

10 Décembre 2021, 07:36am

Publié par PCF Villepinte

Années 80 : se met en place une instance de « contrôle » de la télévision, structure qui changera de nom au fil des ans pour devenir l’actuel CSA, organisme tarabiscoté aux pouvoirs limités.

En août 1982 est nommé parmi les membres de la Haute Autorité (HACA) le réalisateur communiste Daniel Karlin, auteur de plusieurs séries remarquées en collaboration avec le psychiatre Tony Lainé. Le PCF avait présenté l’écrivain André Stil et Daniel Karlin, seul ce dernier est accepté.

De manière générale, l’intégration des journalistes communistes à la radio-télévision s’avère plutôt difficile, même si la situation varie beaucoup d’un individu à l’autre (voir mon article « 1981 : des journalistes communistes à la radio-télévision » dans Les Cahiers d’Histoire n°82, 2001).

« Poursuivis par leur étiquette, note l’historien Jérôme Bourdon, les nouveaux venus n’ont pas la tâche facile. » Une manière de harcèlement les accompagne : comment peut-on être journaliste et communiste ? Leur répète-t-on. Mme Cotta, nouvelle responsable de la Deuxième chaîne, conseille aux nouveaux venus de s’effacer : « L’arrivée de journalistes communistes n’arrange pas nos affaires, même s’ils se comptent sur les doigts d’une seule main. Il faut dire que nous attendions d’eux qu’ils se fondent dans la tonalité générale de l’antenne. » La même, un an plus tard, promue à la tête de la HACA, s’agace de la singularité de Daniel Karlin, « le vilain petit canard qui ne s’amusait pas des mêmes jouets que nous et qui risquait à tout moment de faire s’effondrer nos châteaux de sable » !

Alors que l’opinion de gauche, communiste singulièrement, attendait beaucoup d’une « nouvelle télévision », rien ne change vraiment. D’où une tension entre le PCF et le PS dès le printemps 1982. Moins d’un an après l’arrivée de la gauche au pouvoir, il est significatif que le premier accroc entre ces deux partis concerne l’audiovisuel. Le PCF est insatisfait de la loi sur l’audiovisuel en préparation et parle de s’abstenir. Le ministre Fillioud, cité par l’historienne Agnès Chauveau, écrit dans une note à Mitterrand : « Il n’est pas sûr que l’abstention des communistes sur un texte de cette nature ne soit pas politiquement une bonne chose vis-à-vis de l’opinion. »

Pour l’historien Jérôme Bourdon, « la victoire de François Mitterrand fait naître d’immenses espérances chez beaucoup de professionnels de la télévision ». Ces espoirs seront vite déçus. L’encadrement change peu. La tutelle du pouvoir est moins affichée mais l’audiovisuel demeure le domaine réservé du chef de l’État. La « nouvelle » télévision ressemble finalement beaucoup à l’ancienne. Le divertissement écrase toujours la création. Seul changement notable et redoutable : l’explosion peu après du service public et l’entrée massive du privé. Arrivent à la tête de chaînes télévisées des hommes d’affaires, comme Berlusconi, Bouygues, avec leur logique financière. Nombre de réalisateurs vont alors constater qu’il était, souvent, plus facile de négocier avec la réaction gaulliste qu’avec ce genre de patrons. 


Gérad Streiff

 

Voir les commentaires

Le sens de l'ART et de l'HEURE

9 Décembre 2021, 08:34am

Publié par PCF Villepinte

 

Voir les commentaires

Le parti de l’art

9 Décembre 2021, 08:30am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 08/12/2021 par PCF

Allocution de Fabien Roussel pour l’ouverture de l’exposition « Libres comme l’art ». Extraits.

 

Confronté à un capitalisme brutal, destructeur, mortifère, le communisme a inspiré, par-delà les tragédies du siècle passé, l’engagement d’hommes et de femmes en très grand nombre, qui avaient en commun d’aspirer à un monde plus vivable. 

Bien sûr, quand il s’agit d’art et de communisme, nous avons affaire à des registres distincts. Mais, ainsi que l’assurait le peintre Georges Braque : « L’art s’infiltre partout ! » Et puis, art et communisme n’ont-ils pas eu souvent en commun de pouvoir se conjuguer dans une conception humaniste de l’avenir ?

Du reste, les auteurs du catalogue de Libres comme l’art — catalogue que nous devons aux éditions de l’Atelier, que je salue ici — restituent, racontent, rendent compte de manière éclairante des choix qui ont présidé à cette exposition, « Le Parti de l’art. Trésors donnés. Trésors prêtés ».

Ils rappellent que si « l’histoire du PCF est faite de hauts et de bas, de conquêtes et défaites, de prises de position, ou d’absences de prises de position, qui ont parfois suscité la colère de militants et d’intellectuels », il a « invariablement soutenu les écrivains, les artistes, a permis l’accès à l’éducation, à la culture. Il a créé des revues, des journaux, des maisons d’édition, a aidé à la création de films... »

Parce que nous sommes les héritiers de cette tradition, nous avons résolument la volonté de continuer à prendre le parti de l’art ! 
Car, tout de même, quel parti politique français peut s’enorgueillir d’avoir tant agi au service de la culture et d’avoir compté en son sein parmi les plus grands intellectuels, les créateurs les plus en vue ? (…)

De Charlie Chaplin à Bertolt Brecht pour l’international, de Picasso à Giacometti, de Henri-Cartier Bresson à Willy Ronis, de Jean Ferrat et Juliette Gréco à Cyril Mokaiesh, de Gérard Philippe à Jean-Louis Trintignant, de Stellio Lorenzi à Raoul Sangla, de Frédéric Joliot-Curie à Jean-Pierre Vernant ou encore Maurice Godelier, combien compte-t-on de communistes, de carte ou de cœur ? La liste est si longue que l’on me pardonnera celles et ceux que je n’ai pas cités...

Oui, il y a eu, et il y a aujourd’hui, des artistes, des intellectuels, qui jouent un rôle primordial dans le domaine de la pensée, de la culture, de la création artistique ou de la recherche scientifique, et qui sont militants, qui sympathisent avec nos idées, ou qui cheminent à nos côtés. 
Ceux-là, celles-là se reconnaissent simplement dans cette ambition qui consiste à se mettre au service du peuple de France, de cette majorité d’hommes et de femmes qui n’a que son travail pour vivre et que l’on méprise le plus souvent, quand on ne l’écrase pas.

Quel autre sens donner à l’implication, par exemple, d’un Pablo Picasso qui, après la Libération, règle scrupuleusement ses cotisations au PCF, fait des dons, verse aux souscriptions, ou offre ses dessins aux fédérations du Parti et à ses journaux ?
On m’a rapporté qu’un camarade allait ainsi, de temps à autre, chez le peintre des Demoiselles d’Avignon et de Guernica, et qu’à l’invitation du maître il revenait à chaque fois doté de quelques tableaux dont la vente était destinée à alimenter les finances du Parti. Picasso lui disait simplement : « Choisis ce que tu veux ! »

Dans la préface du catalogue que je citais tout à l’heure, Pierre Laurent souligne que, dès ses premières années d’existence, l’originalité du communisme français fut d’avoir mis l’art au cœur de l’entreprise d’émancipation humaine à laquelle il consacre tous ses efforts. 

Comme le formulait le peintre Ladislas Kijno, né à Varsovie et qui vécut longtemps à Nœux-les-Mines : « Il ne suffit pas de donner un toit et du pain aux hommes, il faut mettre du Gauguin dans les assiettes et Rimbaud dans les verres. »
Cela se sera traduit, entre autres, par le rôle capital joué par notre parti, comme d’ailleurs par la CGT, dans la création du festival de Cannes ou du festival d’Avignon... 

J’ai la faiblesse de penser que cet entrecroisement permanent entre les révolutions artistiques du siècle écoulé et le combat des communistes n’aura pas été étranger à l’exception culturelle française. Une exception qui résiste toujours, en dépit des coups de boutoir que tentent de lui porter les grands groupes marchands et les géants du numérique en prétendant régir la langue et modeler l’imaginaire.
En évoquant cette question, vous comprendrez que je songe à notre regretté Jack Ralite. Qui d’autre peut le mieux symboliser notre attachement à la liberté de création ? (…)

Parler de la relation si singulière des communistes à l’art et à la création m’amène à une réflexion plus générale, que je voudrais vous faire partager.

La politique comme l’art, parce qu’elles sont des créations humaines, tâtonnent, cherchent, se cherchent. Elles peuvent faire preuve de fragilité. C’est Aragon qui disait, en se l’appliquant à lui-même, qu’il convenait d’éviter à tout prix « l’assurance triomphale d’avoir raison ». Convenons toutefois qu’elles ont également en commun — sauf lorsqu’elles sont régies par l’égoïsme ou le besoin maladif de confiscation — la volonté toute humaine d’affirmer la vie.

L’art peut, par ailleurs, se cantonner au constat, à l’approbation, à la célébration, à la dénonciation, à la protestation, être tout cela à la fois. Mais il peut aussi porter une nouvelle représentation de la réalité, qu’il en ait l’intention ou non. Balzac, on le sait, disait écrire « à la lueur de deux vérités éternelles : la religion et la monarchie. » Ce qui n’empêchait pas Victor Hugo de le ranger, indépendamment de ses idées politiques, « dans la forte race des écrivains révolutionnaires, qu’il l’ait voulu ou non ».

L’art est essai, tentative d’atteindre autrui, proposition, promesse, ouverture. Il ne peut se construire que dans un rapport à l’autre. Non seulement il permet de voir ce que nous ne voyons pas, et qui parfois est juste sous notre nez, mais davantage encore, il est en capacité de se situer devant. Par l’émotion, le plaisir, il s’essaie en quelque sorte à ouvrir la voie. 

Pour cela, l’art prend des risques, car il doit impérativement inventer ses propres outils pour saisir le mouvement du réel. À chaque nouveau défi, il se doit de trouver une manière de le relever. Il appartient au mouvement, à la dynamique. Il évoque la part indicible que renferment les choses, en se confrontant à la réalité qui est sans cesse changeante. « On est là pour essayer de trouver les solutions de demain », selon le peintre Hervé di Rosa.  

Ce qui est valable pour l’art ne l’est-il pas pour la politique, surtout quand celle-ci se veut transformatrice ? L’invention prime. Pour avancer, pour bâtir du nouveau, la remise en question est chose nécessaire, et celle-ci n’est évidemment pas l’effacement du passé mais seulement son dépassement. (…)

 

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 > >>