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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Citoyenneté. Le droit du sol, un acquis constitutif de notre République

16 Décembre 2021, 08:01am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité  Jeudi 16 Décembre 2021

Aurélien Soucheyre

Les attaques de l’extrême droite, suivie par une droite sans boussole, ne trompent pas: sen prendre à ce droit, cest sattaquer à la France républicaine, expliquent juristes et historiens, qui mettent en garde contre une déstabilisation dangereuse.

L’extrême droite répète souvent que «la terre ne ment pas». Et pourtant naître, et grandir, sur le sol de France ne suffit pas à ses yeux pour être français. Ainsi, Éric Zemmour veut «supprimer le droit du sol» et Marine Le Pen souhaite organiser un référendum sur «labrogation du droit du sol» en cas d’élection. À droite, Valérie Pécresse estime, pour sa part, qu’il faut «cesser le droit du sol automatique», et ajouter des conditions pour obtenir la nationalité française lorsque l’on naît en France. Il y en a pourtant déjà plusieurs.

«Je crois quil y a chez ces hommes et femmes politiques une grande méconnaissance du droit à la nationalité en France. Ils simaginent qu’il suffit de naître en France pour devenir automatiquement français. La loi est peut-être ainsi faite aux États-Unis, mais pas chez nous», mesure Fabienne Jault-Seseke.

La professeure de droit à l’université de Paris-Saclay (Versailles-Saint-Quentin) rappelle comment fonctionne notre droit du sol, l’idée générale étant que l’on est citoyen du pays où l’on voit le jour et où l’on est élevé. «Du point de vue du droit, cest plus élaboré. Lenfant né en France de parents étrangers nés à l’étranger devient français à ses 18 ans, à condition d’avoir résidé au moins cinq ans en France. Il peut le devenir dès 13 ans sur demande des parents», expose-t-elle.

Dès 1986, Jacques Chirac passe à l’attaque avant de renoncer

À ses yeux, cette règle est «révélatrice de notre conception à la française: lacquisition de la nationalité se fait parce que lon est né en France et que lon y a été intégré par son cursus scolaire, l’école étant obligatoire». La France dispose aussi du «double droit du sol» qui garantit à une personne née en France d’un parent étranger lui-même né en France de devenir français à la naissance.

Les autres voies d’accès étant le droit du sang (est français tout enfant dont au moins un parent est français), le mariage avec une personne française, et enfin la naturalisation. «Celle-ci est totalement discrétionnaire et peut être refusée même lorsque les conditions sont réunies», remarque Fabienne Jault-Seseke. La fin de l’automaticité du droit du sol pourrait donc déboucher sur son affaiblissement général et le non-respect de ce droit pour nombre de personnes.

«Le droit du sol tel quil a été institué en 1889 na même pas été changé sous Vichy. Cela fait partie des principes de la République», répond régulièrement Patrick Weil dès lors que ce droit est menacé. L’historien estime même que son abrogation entraînerait un grand désordre juridique pour 95 % des Français, puisque la plupart prouvent qu’ils sont français, quand ils ont à le faire, via le droit du sol. «Labolir remettrait totalement en cause l’équilibre de notre système. La nationalité par le sang est beaucoup plus difficile à prouver que celle par le sol», abonde et explique Fabienne Jault-Seseke.

Mais le fond de l’affaire n’est pas là pour l’extrême droite. «Notre droit du sol indique notre façon de concevoir la citoyenneté, et aussi notre façon de concevoir la France comme un pays d’accueil et d’immigration. Et c’est bien cela que visent la droite et son extrême, qui ciblent de plus en plus avec les mêmes mots l’immigration, fustigent l’entrée d’étrangers sur notre sol, veulent augmenter les expulsions et restreindre le regroupement familial», analyse la professeure de droit.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que la droite cherche à s’attaquer au droit du sol. Jacques Chirac, dès 1986, avait finalement renoncé devant les difficultés administratives et la prise de conscience que ce droit concerne bien tous les Français, et non uniquement les étrangers qui naissent sur notre territoire puis le deviennent.

Nicolas Sarkozy a lui aussi songé à supprimer son automaticité à 18 ans, en plus d’évoquer de possibles obstacles tels un casier judiciaire ou des parents en situation irrégulière. Multipliant les hésitations sur la question, l’ex-président a pourtant déclaré que le «droit du sol fait partie de nos traditions», et même que le droit du sang «ne peut pas être suffisant» au motif qu’il y aura toujours quelqu’un pour trouver qu’ «un sang nest pas suffisamment pur».

 «Voilà le danger. Une fois nest pas coutume, c’était un bon jour pour Sarkozy! Mais quil faille se référer à danciennes citations de ce personnage pour défendre le droit du sol est quand même la preuve de la dérive hallucinante de la droite. Il y a aujourdhui une zemmourisation de la droite. Il est pitoyable qu’un parti qui s’appelle “Les Républicains” veuille entamer l’un des fondements de notre République en revenant sur le droit du sol», s’indigne Ian Brossat.

Droit de vote

et régularisation en masse

Le directeur de campagne de Fabien Roussel à l’élection présidentielle défend énergiquement ce droit. «Il y va de la conception de la France. Elle ne se définit pas par une prétendue race ou par son sang, mais par un projet politique et par le respect des valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité». Au sujet de la citoyenneté, le PCF, comme d’autres formations de gauche, est également favorable au droit de vote des résidents étrangers aux élections locales.

Enfin, il souhaite régulariser les travailleurs sans papiers. «Ils travaillent, cotisent, participent à notre économie et n’ont aucun droit, c’est absurde. La régularisation va dans leur intérêt, mais aussi dans celui de l’ensemble des travailleurs. Car maintenir les sans-papiers dans la clandestinité, c’est tirer tout le monde vers le bas, dans une logique de concurrence mortifère», insiste Ian Brossat.

Du nouveau depuis 2016 pour les fratries

Avant 2016, tout enfant né à l’étranger avant que ses parents n’arrivent en France rencontrait de grandes difficultés pour devenir français, même quand ses frères et sœurs nés ensuite sur notre sol accédaient sans problème à la nationalité. Ce n’est plus le cas grâce à l’instauration d’un droit du sol «dérivé», dès lors que lenfant vit en France depuis l’âge de 6 ans et y a suivi sa scolarité, s’il a un frère ou une sœur ayant acquis la nationalité française. Enfin, tout enfant né en France de parents inconnus ou dans l’impossibilité de lui transmettre leur nationalité est automatiquement français.

 

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Anticommuniste

16 Décembre 2021, 07:49am

Publié par PCF Villepinte

Le Figaro glorifie le dernier pamphlet anticommuniste de Thierry Wolton sur une pleine page (8/12). L’idée est d’en rajouter une louche sur cette horreur que serait le communisme.

Mais l’objectif est complètement raté. Citations : « L’idée communiste séduit toujours », ou « Promettre le paradis sur terre donne de l’espoir », ou « Aucune autre idée politique n’a connu autant de défenseurs », ou « L’idée communiste est presque aussi vieille que l’homme au sein de la société », ou « On ne tue pas facilement une utopie ». Ou encore cette sentence : « Les gens croient que le monde peut être meilleur, c’est ce que promet le communisme. » Alors là, on comprend plus bien ce que veut l’auteur : flinguer les rouges ou adhérer au PC ?

Gérard Streiff

 

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Poussée de fièvre revendicative sur les salaires dans tous les secteurs

16 Décembre 2021, 07:39am

Publié par PCF Villepinte

Les revendications salariales émergent avec une force inédite dans de nombreuses professions. Poussée de l'inflation, explosion des prix de l'énergie, non reconnaissance des qualifications et des responsabilités, l'économie censée repartir après deux ans de pandémie se heurte à des obstacles inattendus ; des pénuries de main d'œuvre dans certains secteurs comme le BTP ou l'hôtellerie-commerce-restauration, secteur qui a tant souffert au cours de ces derniers mois.

Lors de la conférence de presse qui se tenait à Montreuil le 13 décembre 2021, Benjamin Amar, responsable du collectif confédéral CGT sur les salaires, s’étonne que le patronat n'ait pas identifié une source évidente du manque d'attractivité de ces professions : « la faiblesse des salaires ». Et selon lui, ce ne sont pas les 100 euros « versés une seule fois, et payés avec les impôts plutôt que par les employeurs » qui vont résoudre le problème.

Et le syndicaliste de rappeler les deux axes majeurs que défend la CGT en matière salariale : le SMIC à 2000 euros et l'égalité femmes/hommes. Un troisième outil est aussi mis en valeur avec la revalorisation automatique des grilles salariales avec l'augmentation du SMIC. En effet, les augmentations successives du SMIC ont conduit a un effet de dépassement des premiers niveaux de qualification dans plusieurs professions, d'où un tassement des grilles témoin de l'importante baisse de pouvoir d'achat.

Un grand succès chez Leroy-Merlin

Présent à la conférence de presse, Romain Cousin délégué syndical CGT de Leroy-Merlin, relate comment les salariés de la chaîne se sont récemment mis massivement en grève avec la prise de conscience de l'augmentation pharaonique des profits du groupe. « Il y a eu quatorze jours de mobilisation chez nous qui sommes les salariés de la deuxième ligne, et ainsi nous avons obtenu des revalorisations significatives, y compris sur la question des grilles puisque le premier niveau de salaire est par exemple passé de 1645 euros à 1710 euros ».

Multiples mobilisations dans l'agro-alimentaire

Autre secteur soumis à l'obligation de continuité de production durant la pandémie, les salariés de l'agro-alimentaire. Maryse Treton, de la FNAF CGT témoigne d'une situation tout aussi alarmante sur les salaires avec des premiers niveaux de qualification eux aussi passés en dessous de la valeur du SMIC dans de très nombreux secteurs de cette industrie où « les salaires sont inférieurs de 20% à ceux des autres industries ».

Et de dénoncer l'incroyable explosion des profits et des stocks financiers engrangés par le patronat durant la crise pandémique dans des métiers où unitairement « chaque salarié crée en moyenne 85000 euros de richesse. » D'où les revendications d'un autre partage de la valeur ajoutée et une liste impressionnante d'entreprises où les actions se multiplient pour les salaires ; Bénédicta, Heinz, Bigard, Bergams, Pasquier, Labeyrie, LDC, Monelez, Tipiak (et d'autres encore) et par exemple Nord'Pain où les salariés ont arraché 65 euros d'augmentation après la création de la CGT et douze jours de grève.

Les cheminots aussi mécontents

Laurent Brun, secrétaire de la fédération CGT des Cheminots devait lui aussi faire part du mécontentement des salariés de la SNCF quant au partage de la valeur ajoutée : et de noter que celle-ci revenait à 78,9% aux cheminots en 2011, contre seulement 63,5% en 2019. « Et nous en sommes à sept ans de gel des salaires » dénonce le leader syndical.

Point gelé dans la fonction publique

Autres laissés pour compte de la soi-disant embellie économique, les salariés de la fonction publique territoriale. Emmanuel Curling représentant du syndicat CGT de la profession dresse un tableau désastreux de dix ans sans hausse du point et de gel des salaires. « On subit une perte de 17% de pouvoir d'achat. La situation est particulièrement désastreuse pour les petits salaires et les agents de catégorie C. Même en passant les concours, nous constatons qu'il n'y a plus d'évolution de carrière possible puisqu'avec l'écrasement des grilles un nouvel arrivant touche le même salaire qu'un salarié ayant 20 ans d'ancienneté. Nous assurons des services de première nécessité, mais nous n'avons aucune reconnaissance. »

Les agents de la Sécu sur le pied de guerre

Manifestation pour les salaires dans les organismes Sociaux devant UCANSS, Montreuil 13 décembre 2021

Parmi les intervenants à la conférence de presse, Nadine Leclerc, secrétaire de la fédération CGT des organismes sociaux pouvait parler aussi de l'extrême mécontentement des 130 000 agents des différentes caisses de Sécurité sociale. Ces derniers étaient précisément en cours d'action dans toute la France pour exiger la revalorisation de leurs salaires.

Au sortir de la conférence de presse, elle s'est immédiatement rendue à l'UCANSS (à quelques centaines de mètres du siège de la CGT), où au moins 300 agents de la région parisienne étaient rassemblés avec tous les syndicats de la Sécurité sociale. Ainsi que nous l'annoncions, l'appel national unitaire à la grève des agents de la Sécu a été fortement suivi dans de nombreuses caisses de la Sécu. Un premier coup de semonce, avertit la CGT qui est désormais entrée de plein pied dans la campagne pour la revalorisation des salaires.

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Petite histoire des journalistes et réalisateurs communistes à la radio-télévision (7)

15 Décembre 2021, 17:21pm

Publié par PCF Villepinte

Publié le 15/12/2021 par PCF

 

Raoul Sangla, qui connaissait par cœur la machinerie télévisuelle, regretta, sur le tard, ce qu’était devenu ce média : « Un grand alambique du consensus, un instrument d’aliénation qui avait pourtant une autre destinée. » La venue du privé, avec sa logique marchande, sa tyrannie de l’audimat, avait finalement dévoyé le petit écran. Quant à l’intégration des journalistes communistes, exigence évidemment légitime, elle aurait été vraiment efficace si elle s’était accompagnée d’une réforme en profondeur du système d’information, ce que le pouvoir mitterrandien refusa.


Placés souvent dans des positions délicates, ces journalistes allaient connaître des sorts différenciés. Ne parlons pas, ou peu, de ceux qui vont tout simplement « tourner casaque », l’exemple le plus frappant étant celui de Jean-Luc Mano, journaliste de l’Humanité, qui intégra en sa qualité de communiste TF1 en 1983 ; il allait se mitterrandiser bien vite et finir au service de « la com des riches », comme l’écrivit un jour le Nouvel Observateur (il conseillera par exemple le prince de Monaco !).


Mais à l’exact opposé, on trouve la figure de Marcel Trillat (1940/2020). Devenu chef du service société sur A2, il participa activement à la rédaction de la chaîne, à l’animation d’un « vrai débat » qui allait durablement marquer le climat de la rédaction. Lors de la première cohabitation (Mitterrand/Chirac), six rédacteurs sont écartés, et Marcel Trillat se retrouva, trois ans, en poste à Rome. Il revint comme directeur adjoint de l’information et se porta volontaire pour aller en Arabie saoudite couvrir la guerre du Golfe. Là, « il sauve l’honneur des journalistes », une expression plusieurs fois entendue dans la bouche de ses confrères.

Ainsi, le 2 février 1991, au journal de midi, il dénonce en direct la mise en scène américaine de la guerre et la mainmise des médias US sur les informations traitant du conflit. Le soir même on lui demande de redévelopper ce thème à l’antenne. Cette question suscita une polémique. Libération consacra une double page à « la courageuse sortie de Marcel Trillat pour qu’enfin l’on sache en France et en direct à quoi s’en tenir sur la qualité des informations transmises depuis le terrain sur le conflit en cours ».

Marcel Trillat fut soutenu par la profession mais critiqué par sa hiérarchie. Il se retrouva ensuite correspondant à Moscou pour deux ans. À son retour à Paris, il collabora essentiellement à l’émission « Envoyé spécial ». Son documentaire « Les prolos » est de 2002. Il fut président de la société des journalistes d’A2. Il prit sa retraite en 2006 et réalisa « Silence dans la vallée » (2007), « L’Atlantide, une histoire du communisme » avec Maurice Failevic (2013) et « Les étrangers dans la ville » (2013).


Ajoutons, pour compléter cette série, une petite bibliographie, très incomplète : Roland Passevant : « Journaliste sous haute surveillance » (1987) et « La mafia du 4e pouvoir » (1989) ; François Salvaing : « Parti » (et sa nouvelle « Le sosie ») ; Michel Strulovici, « Évanouissements » ; Jean-François Téaldi : « Journaliste, syndicaliste, communiste - 37 ans d'un combat dans l'audiovisuel » ; Michel Diard : « Journalistes, brisez vos menottes de l’esprit » et « L’avatar du journalisme ».


Pour finir en beauté, signalons la sortie récente d’un coffret (de quatre DVD) d’un grand moment de la télévision rouge : « Émile Zola ou la conscience humaine », une série de Stellio Lorenzi de 1976 (chez Elephantfilm). 


Gérard Streiff

 

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Fabien Roussel invité du 20h de France 2 - Mardi 14 décembre 2021

15 Décembre 2021, 17:04pm

Publié par PCF Villepinte

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Justice pour les trois militantes kurdes assassinées à Paris

15 Décembre 2021, 11:18am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 14/12/2021 par PCF

Cela fera neuf ans que dans la nuit du 9 au 10 janvier 2013, trois militantes kurdes étaient assassinées dans Paris. L’effroi suscité par ce crime dans l’opinion publique fut à la hauteur de son caractère exceptionnel.

Ces femmes étaient des personnalités de premier plan du mouvement kurde : Sakine Cansiz, fondatrice, aux côtés d’Abdullah Ocalan, du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), cette organisation qui permit aux Kurdes de sortir de la marginalité pour retrouver leur dignité et leur liberté. Fidan Dogan (« Rojbin »), une militante éblouissante de conviction et d’opiniâtreté, alors porte-parole du CDKF, et Leyla Söylemez, dirigeante du mouvement de la jeunesse du Parti.

Ces meurtres furent également exceptionnels par l’extrême violence des exécutions. Chacune d’entre elles reçurent de nombreuses balles dans la tête.

Manifestation le 8 janvier à 12 h, gare du Nord (Paris)

L’auteur de ce crime, Omer Güney, appartenait à la mouvance extra-nationaliste des « Loups Gris ». Il est décédé en prison avant son procès, si bien que l’affaire ne sera jamais jugée. Pour autant, l’enquête poursuit son cours et a permis d’identifier les commanditaires. Omer Güney était missionné par les services secrets turcs (MIT) dont le numéro 2 était Ismaïl Hakki Musa, véritable coordinateur de l’opération sur ordre du président R.T. Erdogan. Ce bourreau a occupé les fonctions d’ambassadeur en France de 2017 à 2021 avant de les quitter opportunément alors qu’il allait être interrogé par la justice.

Désormais, pour que l’enquête connaisse une avancée décisive et soit conduite à son terme, les magistrats enquêteurs doivent avoir accès à tous les documents du dossier, couverts par le « secret défense ». Or le gouvernement de la France et notamment les ministres de l’Intérieur et de la Défense s’y opposent, empêchant ainsi que justice soit rendue. Cette situation est intolérable et indigne pour la mémoire de ces femmes, de leur famille et de tout le peuple kurde.

« Solidarité totale avec la lutte du peuple kurde. »

La France et les puissances occidentales ont pourtant une dette envers les Kurdes. Sur le devant de la scène internationale lorsqu’il s’agissait de lutter contre l’État islamique, encensés pendant quatre ans pour leur courage et leur héroïsme, les Kurdes étaient nos frères d’armes contre la barbarie et l’obscurantisme… mais c’était hier. Dans les municipalités conquises en Turquie, dans le territoire autonome du Rojava de Syrie, ils promouvaient des institutions démocratiques et progressistes, respectueuses de toutes les diversités, expulsant la violence et la mort pour construire des sociétés plurielles, féministes et pacifistes.

Désormais, ils sont abandonnés de tous, sous la menace d’invasions et d’exactions de la Turquie de R.T. Erdogan ainsi que de la duplicité des États-Unis, de la Russie et du régime sanguinaire de Bachar al-Assad. L’impéritie de la France et des Occidentaux prend la forme de plusieurs visages. Ceux des milliers de Kurdes de Turquie, députés, maires, militants du Parti démocratique des peuples (HDP) emprisonnés et torturés. Les co-présidents du HDP, Figen Yüksekdag et Selahattin Demirtas dont la Cour européenne de justice exige sa libération, en sont les figures emblématiques parmi bien d’autres. Ils prennent aussi les visages des Yézidis de la province de Shengal en Irak, qui après avoir échappé au génocide de l’État islamique sont sous les bombes chimiques de R.T. Erdogan. L’un de leurs dirigeants, Marwan Bedel, vient d’être assassiné par un drone turc. Ils portent aussi le visage de ces femmes kurdes de Syrie, notamment du canton d’Afrin (Syrie), annexé par Ankara, et livré aux hordes des supplétifs djihadistes qui les martyrisent.

Quand cette duplicité contre le droit humanitaire et le droit international cessera-t-elle ?

Enfin la France a une responsabilité particulière. Les Kurdes de France, comme Leyla, Sakine et Rojbin hier, sont à nouveau menacés. Plusieurs projets d’assassinats ont été mis à jour, tandis que les nervis de R.T. Erdogan multiplient les violences. Les Kurdes sont surveillés, leurs locaux incendiés, alors que les agressions physiques s’intensifient. Récemment, ce mois de novembre, la tombe de l’écrivain, chanteur et compositeur, Ahmet Kaya, a été profanée au Père Lachaise. Ce sont les démocrates de Turquie, comme la communauté arménienne de France, qui subissent, sur notre territoire, ces pressions, ces intimidations et ces exactions. Au lieu de protéger les Kurdes de France, le gouvernement a multiplié ces dernières années leurs interpellations et les menaces d’extraditions vers la Turquie.

C’est indigne. Alors que le Moyen-Orient est à feu et à sang, que la Turquie se montre agressive sur plusieurs champs d’opération, Paris doit être aux côtés des Kurdes partout où ils se trouvent.

Les communistes appellent à se joindre à la manifestation qui aura lieu à Paris le 8 janvier à 12 h, gare du Nord, pour exiger la justice pour ces trois militantes assassinées et exprimer notre solidarité totale avec la lutte du peuple kurde.

Pascal Torre

secteur international du PCF
 

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" Grande Sécurité Sociale " : un projet dangereux et néfaste...

15 Décembre 2021, 08:06am

Publié par PCF Villepinte

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Démocratie. Fabien Roussel brise le mur du JT de 20 heures

15 Décembre 2021, 08:02am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Mercredi 15 Décembre 2021

Aurélien SoucheyreNaïm Sakhi

Le candidat communiste à la présidentielle était, mardi, l’invité du journal de France 2. Un pas important dans sa stratégie de percée médiatique.

Ce n’était pas arrivé depuis près de quinze ans. Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, a été mardi soir l’invité du journal télévisé de France 2. «Faire le 20 heures, cest évidemment primordial. C’est l’occasion pour des millions de Français de découvrir notre candidat à l’élection présidentielle et ses propositions pour la France. C’est un moment d’exposition unique qui doit nous permettre de défendre nos idées», apprécie son directeur de campagne, Ian Brossat.

L’accueil a cependant été assez agressif et caricatural, avec la diffusion d’un reportage concernant le Parti communiste chinois et cette question: «Si vous êtes élu président de la République, votre exemple sappellera-t-il Xi Jinping?» Fabien Roussel ne s’est pas démonté. «Jappelle au respect des droits humains et de la dignité humaine en Chine. Mais, moi, en coulisses, je ne vais pas délocaliser en Chine», répond le candidat en référence aux usines de production fermées en France pour mieux ouvrir en Asie. «Et je le dis au président chinois, cest fini de vendre nos ports et nos aéroports à qui veut les acheter, que ce soit la Chine ou dautres pays», ajoute-t-il au sujet des privatisations lancées par les derniers gouvernements, y compris d’équipements stratégiques.

Si les journalistes viennent avec leurs questions, et les candidats avec leurs réponses, comme disait Georges Marchais, Fabien Roussel s’est ensuite illustré en présentant son projet pour le pays. À savoir celui de réindustrialiser et de «faire revenir des entreprises chez nous», celui de répondre à la question du pouvoir d’achat par une hausse du Smic à 1800 euros brut en plus dune hausse généralisée des salaires, pour «vivre dignement de son travail», et celui de couvrir nos besoins énergétiques et de contrôler les prix en se basant sur «deux piliers de production»: le nucléaire et le renouvelable.

Un «pacte pour une République sociale, laïque et écologique»

Au sujet du «capitalisme vert», le communiste a estimé que «le problème, ce nest pas la couleur, cest le capitalisme:  et nous narriverons pas à résoudre la crise si nous nattaquons pas le capitalisme qui privilégie les profits à court terme ». Souhaitant «reprendre le pouvoir sur la finance pour répondre aux besoins», Fabien Roussel estime possible de dire adieu au chômage non pas grâce au revenu universel, mais grâce au «travail universel, en sécurisant les emplois de chacun» à travers une Sécurité sociale professionnelle.

à la vue de sondages en deçà des espérances pour l’ensemble des forces de gauche, le communiste a dû répondre aux demandes d’union à gauche qui s’expriment autour d’une candidature. «Le problème nest pas une question de personnalité, ce qui compte cest le contenu et le programme que nous allons présenter aux Français», assure-t-il, écartant tout ralliement hypothétique vers Jean-Luc Mélenchon ou Christiane Taubira. Fabien Roussel a d’ailleurs maintenu le cap d’une candidature PCF choisie par les militants en mai dernier. «Un choix confirmé par le parlement du PCF», le conseil national, ce week-end, rappelle-t-il, tout en tendant la main aux autres formations de gauche avec son «pacte pour une République sociale, laïque et écologique, ouvert à tous les démocrates et progressistes», valable dès à présent et pour les prochaines législatives.

Devant le refus de la Macronie d’adopter sa proposition de résolution visant à encourager l’inégibilité des personnes condamnées pour incitation à la haine raciale, et face au danger de la candidature du polémiste d’extrême droite Éric Zemmour, Fabien Roussel s’est inquiété d’une situation politique «grave», mettant la République «en danger». En outre, à l’instar d’autres de ses concurrents à l’Élysée, le communiste a annoncé avoir lui aussi saisi le CSA au sujet d’une émission visant à vanter les mérites du bilan d’Emmanuel Macron. Il demande d’ailleurs «à TF1 à ce quils puissent consacrer 2 heures d’antenne à tous les candidats déclarés».

«Le choix des militants communistes de se doter dune candidature propre dans la course à l’Élysée est étroitement lié à cette invitation au 20 heures», mesure en tout cas Ian Brossat. Il n’y en avait pas eu depuis 2007. Les membres de la direction du PCF ont ensuite peu à peu été effacés des radars de cette grand-messe télévisuelle.

«Fabien Roussel parle sans détours et veut remettre la gauche au centre du débat politique. Cette invitation vient récompenser son travail. Mais c’est aussi la reconnaissance de ce que représente le PCF dans le pays: 600 maires, 6000 élus locaux et deux groupes parlementaires. Nous sommes enfin considérés pour ce que nous sommes», affirme Ian Brossat. Certes, la candidature du communiste ne décolle pas dans les sondages, qui le donnent entre 2 % et 2,5 % des intentions de vote. Mais comment décoller en étant écarté des débats, sans pouvoir exposer ses combats lors d’un journal télévisé? Cest cet ostracisme médiatique qu’est parvenu à briser Fabien Roussel, en étant chaque jour un peu plus invité sur nombre de chaînes, jusqu’au 20 heures de mardi.

 

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Lily

12 Décembre 2021, 10:23am

Publié par PCF Villepinte

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Présidence française de l'UE : l’Europe martiale, version Macron

12 Décembre 2021, 10:16am

Publié par PCF Villepinte

Emmanuel Macron, lors de sa conférence de presse, à l’Élysée, jeudi 9 décembre. Ludovic Marin/ Pool via Reuters

L'Humanité Vendredi 10 Décembre 2021

Gaël De Santis

La présidence tournante de l’Union européenne sera assurée par Paris du 1er janvier au 30 juin 2022. Le chef de l’État a présenté ses priorités jeudi: défense et immigration.

Emmanuel Macron a les yeux tournés vers 2022. Au 1er janvier, la République française prendra la présidence tournante de l’Union européenne (UE) pour six mois. Elle prendra le relais de la Slovénie, avant de le passer, au 1er juillet, à la République tchèque. En pleine campagne présidentielle, le chef d’État, qui a déjà restructuré le paysage politique français il y a cinq ans, souhaite entamer une restructuration du paysage européen. Il a présenté à la presse, hier en fin d’après-midi, les priorités de sa présidence: «relance, puissance et appartenance».

Car contrairement au faste avec lequel les présidences tournantes sont présentées, ces dernières ne président pas grand-chose. Depuis l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne en 2009, la présidence du Conseil européen est assurée par une personne fixe. Macron ne pourra pas imprimer sa marque comme avait pu le faire Nicolas Sarkozy en 2008 en gérant la crise financière et la guerre en Géorgie. Désormais, les présidences tournantes ne sont plus qu’un exercice technique; elles servent de médiatrices pour faire avancer des dossiers laissés par les prédécesseurs, en accord avec le Conseil, la Commission et le Parlement. En fait, le président accueillera quelques sommets et les ministres présideront les différents conseils des ministres (Agriculture, Transports, etc.), à l’exception de celui des ­Affaires étrangères et de l’Eurogroupe, qui ont un président permanent.

En revanche, cette présidence pourrait servir à Emmanuel Macron à imprimer dans les esprits l’idée de «souveraineté européenne» qu’il défend depuis le discours de la Sorbonne, prononcé en 2017. Les priorités de la présidence française de l’Union européenne (PFUE) énoncées répondent à cette question.

1. Une Europe de la défense… et la fidélité à Washington

Logiquement, pour affirmer cette souveraineté européenne, Emmanuel Macron a relancé l’idée d’une Europe de la défense. Autrefois idée française, cette idée est reprise. Un sommet sur le sujet devrait être programmé en marge du Conseil européen des 24 et 25 mars prochains.

Il reste que si l’objectif macronien était, depuis 2017, celui d’une «autonomie européenne», ce terme n’est plus évoqué, car tous les partenaires du bloc ne le suivront pas. Nombreux sont ceux, notamment dans les pays de l’Est, qui demeurent attachés à la prédominance de Washington pour assurer la défense européenne. Si bien que celle-ci sera adossée à l’Otan. En septembre, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, elle-même ancienne ministre de la Défense d’Angela Merkel, promettait une «déclaration UE-Otan» d’ici à la fin de l’année.

L’une des tâches de la PFUE sera de faire avancer le dossier de la boussole stratégique européenne, qui identifie les «menaces communes et des objectifs communs» de permettre à l’UE de jouer un rôle diplomatique. Une telle vision s’inscrit pleinement dans la logique de blocs mondiaux rivaux en vogue à Washington.

2. Une Europe forteresse… et un sommet pour l’Afrique

Alors que des milliers d’exilés tentent de franchir la frontière entre la Biélorussie et la Pologne et que l’extrême droite est forte partout en Europe et singulièrement en France, Emmanuel Macron était attendu sur l’immigration. Paris l’est d’autant plus sur le sujet qu’il devra faire avancer, à l’occasion de la PFUE, le pacte sur la migration et l’asile. Celui-ci prévoit plus de filtrages et surveillance aux frontières du bloc européen, une évolution du règlement de Dublin (qui prévoit que les immigrés clandestins soient renvoyés vers le pays d’entrée dans l’Union) et un règlement pour gérer les situations de crise.

Avec ce pacte, il n’est pas répondu à l’une des demandes principales des associations de défense des migrants: celle de voies daccès sûres au continent européen, pour éviter les drames en mer. Emmanuel Macron a promis une «Europe qui protège ses frontières» et qui évite que «le droit d’asile (…) ne soit dévoyé». Il annonce vouloir aller plus loin que le pacte sur l’immigration en renforçant l’espace Schengen, pour lequel il faut un «pilotage politique» sur le modèle de l’Eurogroupe pour la zone euro. Il faut, ajoute-t-il, une «réunion régulière des ministres en charge de ces questions».

Pour ne pas apparaître suiveur de l’extrême droite, Emmanuel Macron a proposé, jeudi, que soit mise en place une nouvelle coopération avec l’Afrique . Une manière d’accompagner les reconduites à la frontière d’une perspective d’aide au développement. L’immigration n’est certainement pas la seule préoccupation de Paris à l’heure où, sur le continent africain, la vieille Europe fait face à la montée en puissance de la Chine et de la Russie. Un sommet Union européenne-Union africaine est programmé en février. Les dirigeants africains, qui n’avaient pas été conviés au dernier sommet France-Afrique en octobre, apprécieront…

3. Une Europe un peu sociale… et un contrôle des déficits

À la veille de l’élection présidentielle, un gros cadeau a été fait à Emmanuel Macron. C’est certainement au cours de la PFUE que deux dossiers qui permettent de lutter un peu contre le dumping social pourraient aboutir. Cela lui permettra de s’en attribuer les lauriers et de faire mine que l’Europe n’est pas impuissante dans la mondialisation. Le Conseil des ministres de l’Emploi a adopté le texte abusivement surnommé «sur le Smic européen». En fait, il sagit de réglementer les «salaires minimaux adéquats» dans l’UE en invitant les États à faire couvrir plus des trois quarts de leurs salariés par des conventions collectives. Le texte prévoit également des critères communs aux différents États pour fixer les salaires minimaux dans les 21 pays où ils existent. Cette directive, poussée plus par les syndicats que Paris, sera «au cœur de notre présidence», a promis ­Emmanuel Macron.

L’autre dossier qu’Emmanuel Macron aimerait faire avancer est celui de la réglementation des géants du numérique, les Gafa, sur lequel tant le Parlement européen que le Conseil ont déjà donné leur accord. Les mots d’évasion fiscale ne sont pas prononcés, même s’il annonce que c’est sous la présidence française que sera mise en œuvre la convention de l’Organisation de coopération et développement économiques (OCDE) sur les multinationales, qui fixe un taux plancher d’impôt sur les sociétés. Aucune ambition n’est fixée pour faire cesser la concurrence fiscale entre États membres.

Toujours dans le cadre de la lutte antidumping, il dit vouloir promouvoir un dispositif de «taxe carbone aux frontières» pour éviter que les firmes européennes qui se soumettent aux règles qui servent à la lutte contre le réchauffement climatique ne soient lésées par la concurrence internationale. «Le mécanisme carbone aux frontières ne doit pas servir de distraction à la nécessité dune action ambitieuse afin de réduire dau moins 55 % les émissions de lUE dici 2030», a rappelé hier Oxfam dans un communiqué.

L’une des principales annonces est celle d’un sommet, les 10 et 11 mars, pour «définir le nouveau modèle de croissance européen», qui mise sur l’innovation et la fin du chômage de masse, à l’heure où les économies européennes sortent de la crise du Covid. Cela doit notamment permettre la «construction de filières européennes fortes et intégrées», notamment dans les secteurs clés du numérique, de la santé, de l’espace, afin de «construire la souveraineté technologique de lEurope». Cela appelle, selon lui, à une évolution des «règles budgétaires communes» qui ont été «mises entre parenthèses» avec la pandémie. Ces nouvelles règles doivent permettre des «investissements» et se marier avec une unification des marchés de capitaux dans une «Europe financière totalement intégrée». Autant dire que les services publics ne sont pas au cœur de la politique de relance.

4. Et toujours un manque: la levée des brevets

De nombreuses ONG avaient demandé qu’Emmanuel Macron fasse évoluer la position de Bruxelles sur la levée des brevets sur les vaccins et traitements anti-Covid. Il n’a pas répondu à leurs attentes. Tout juste Emmanuel Macron, dans sa partie consacrée à l’Afrique, a-t-il mis en avant la participation de l’UE aux dispositifs Covax de dons de doses de sérum. Il promet un «transfert de technologie» ainsi que le déploiement de «structures de production» de vaccins… mais sans tordre le bras aux laboratoires qui ne délivrent les licences qu’au compte-gouttes. «Il faut lever les brevets sans tarder sinon ça ne va pas avancer. Si les pays du Sud ne sont pas autonomes, ils ne sont pas près de voir leur population vaccinée», a réagi Michel Limousin, responsable du comité français de la campagne européenne pour la levée des brevets sur les vaccins et traitements anti-Covid.

Un pas vers une Europe transnationale

Lors d’un hommage pour l’anniversaire du décès de Valéry Giscard d’Estaing au Parlement européen, le 2 décembre, Emmanuel Macron a fait siennes les propositions du gouvernement allemand. Il s’est dit favorable, pour «créer un espace démocratique unique au monde», à la mise en place de «listes transnationales» pour l’élection des députés européens, dans le but d’ «unifier ce dèmos européen». Il souhaite, comme Berlin, «la création dun droit dinitiative parlementaire pour le Parlement», sur le modèle de ce qui se passe dans les États membres . Aujourd’hui, seule la Commission peut présenter un texte.

 

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