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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

So subversif

19 Décembre 2021, 09:05am

Publié par PCF Villepinte


Nous ne voulons pas
Une part du gâteau
Nous voulons la boulangerie.

Nous ne voulons pas
De plein emploi
Mais une vie bien remplie.

En fait
Nous voulons tout
Et nous prendrons le reste.

Stéphen Moysan

 

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Ce qu'il ne fallait pas manquer dans l'Humanité

19 Décembre 2021, 08:55am

Publié par PCF Villepinte

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La vie ne vaut rien

18 Décembre 2021, 12:24pm

Publié par PCF Villepinte

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Démocratie. Politiques et médias, rien ne va plus et ce n'est pas un hasard

18 Décembre 2021, 08:04am

Publié par PCF Villepinte

Vendredi 17 Décembre 2021

Naïm Sakhi

Symptômes de la crise démocratique, les charges des politiques à l’encontre de la presse s’intensifient depuis quinze ans. À l’approche de la présidentielle 2022, un nouveau cap est franchi par Éric Zemmour. Des rédactions s’en alertent.

Et le tapis rouge fut déroulé. À l’aube de l’annonce de sa candidature à une réélection, Emmanuel Macron était l’invité de TF1 pendant deux heures, mercredi, dans une émission taillée sur mesure. Vantant le bilan de son quinquennat, le chef de l’État en a profité pour détailler les pistes de son futur programme. Un événement que n’ont pas manqué de dénoncer l’ensemble de ses opposants, accusant la chaîne privée de servir les intérêts de l’actuel président de la République.

Les médias sont ainsi de plus en plus ciblés pour leur manque d’indépendance et de déontologie. Les charges se multiplient d’ailleurs depuis une quinzaine d’années de la part des politiques. Parfois pour dénoncer les concentrations capitalistiques qui étouffent la presse, parfois pour lui cracher dessus alors qu’elle remplit son rôle de contre-pouvoir indispensable de la vie démocratique… «Ils attaquent autant la presse quils ne lutilisent», note Emmanuel Vire, secrétaire général du SNJ-CGT, au point de rendre le travail des journalistes de terrain toujours plus compliqué.

La stratégie du Front national

Un tournant est intervenu en septembre 2006. Lors d’un JT de Claire Chazal, le candidat de l’UDF François Bayrou s’en prend vertement, et à raison, aux propriétaires des médias. «Il y a un problème républicain dès l’instant où des intérêts financiers, industriels sont liés à de très gros intérêts médiatiques, en liaison intime avec l’État», dénonce-t-il. Une référence explicite à l’actionnaire majoritaire de la chaîne, Martin Bouygues, ami intime de Nicolas Sarkozy. Mais pourquoi Bayrou attaque-t-il à ce moment? Majoritairement discrédités aux yeux de lopinion publique après un soutien explicite pour le oui au référendum européen de 2005, les médias dominants et donc les journalistes – sont dans la tourmente. 

«Pour les politiques, il est donc facile de taper sur eux, l’autre grande profession méprisée aux yeux des Français, pour se refaire une bonne image», analyse Baptiste Giron, historien et rédacteur dans la revue Cause commune. De plus, «depuis 2007, une partie du personnel politique a trouvé habile, en imitant les populistes américains, de s’en prendre aux médias en jouant sur l’idée qu’ils cachaient la vérité. C’était d’ailleurs la stratégie de longue date de Jean-Marie Le Pen», poursuit Jean-Yves Mollier, historien des médias.

L’élection présidentielle de 2017 a même marqué un coup d’accélérateur dans ce délitement. La droite, empêtrée dans les affaires, s’en prend à la «meute médiatique». Nicolas Sarkozy d’abord. Alors qu’il est interrogé lors d’un débat de la primaire de la droite sur France 2, l’ancien chef de l’État s’en prend à David Pujadas. «Quelle indignité! Ce nest pas lidée que je me fais du service public. Cest une honte», ose-t-il répondre après une question logique concernant le potentiel financement libyen de sa campagne de 2007.

François Fillon, ensuite, dans la foulée du «Penelopegate». Lex-candidat LR dénonce alors une «attaque médiatique sans précédent sous la V République». Une animosité verbale qui s’est traduite en actes de violence de la part de militants de droite envers des journalistes lors de meetings. Impassible, François Fillon invitait alors «chacun à sinterroger sur ses responsabilités».

Un tournant, l’affaire Benalla

Le mandat d’Emmanuel Macron, pourtant favori de nombre de médias en 2017, marque ensuite une rupture dans les rapports entre la présidence et la presse. «Il a une volonté pour lui de conserver le pouvoir par tous les moyens, note Jean-Yves Mollier, et sans parti politique ni relais historiques, il y a eu une tentation dans son premier cercle de se couper de la presse.» Dès mai 2017, le chef de l’État souhaite sélectionner à l’avance les journalistes qui le suivent lors de ses déplacements, entravant ainsi la liberté des rédactions en la demeure.

En 2018, Emmanuel Macron envisage de transférer la salle de presse de la cour de l’Élysée à un bâtiment annexe afin de l’éloigner. Il se rétracte finalement, tout en refusant de se soumettre à l’exercice de l’interview du 14 Juillet, avant que la situation sanitaire ne l’y oblige en 2020. Plus grave encore: lorsque laffaire Benalla, révélée par le journal le Monde, bouleverse la vie politique à l’été 2018, Emmanuel Macron affirme devant les députés LaREM que «nous avons une presse qui ne cherche plus la vérité». Des propos irresponsables venant d’un président de la République.

À gauche, la défiance à l’encontre des journalistes existe également. Jean-Luc Mélenchon en a même fait un axe stratégique. «Je veux, compte tenu de ce quest mon projet politique, détruire l’autorité des grands appareils qui contraignent à l’idéologie dominante», affirmait-il à raison en 2011. Mais dans sa dérive «populiste», linsoumis a aussi écrit sur son blog en 2018 que «la haine des médias et de ceux qui les animent est juste et saine». Des propos gravissimes, alors même que la haine est malsaine par essence et que tous les journalistes ne peuvent être décemment mis dans le même sac… Ces phrases ont d’ailleurs été écrites au moment où France Inter dévoilait des soupçons sur les comptes de campagne de 2017 de Jean-Luc Mélenchon.

La même année, sa conseillère en communication Sophia Chikirou fonde le Média, un organe indépendant servant l’agenda politique de la FI. «Sil est tout à fait possible de discuter de linformation donnée par les médias dominants», Emmanuel Vire estime que «Jean-Luc Mélenchon a fait fausse route». «Plutôt que dattaquer les propriétaires de ces groupes, il sen prend aux pauvres journalistes, le plus souvent des précaires», déplore le syndicaliste. L’attitude du candidat du PCF Fabien Roussel est par exemple tout autre. «Georges Marchais était virulent, mais sans être agressif et méprisant à l’égard des journalistes, note Jean-Yves Mollier , il leur éprouvait de la sympathie et même une certaine amitié, notamment avec Duhamel et Elkabbach.»

«Refonder un grand service public»

Mais si ces attaques sont rendues possibles, elles le doivent aussi par l’affaiblissement des médias dans leurs fonctions d’autorité morale. «Elles coïncident avec l’arrivée des groupes financiers et industriels dans la presse» depuis les années 1990, relève Jean-Yves Mollier. Pour Baptiste Giron, «cette offensive nest rien dautre que de la rhétorique, de la communication». «Si on regarde les programmes politiques, aucun candidat ne souhaite revoir le statut de la presse de façon aussi ambitieuse qu’à la Libération», estime l’historien Quand bien même le PCF et la FI organisent régulièrement des campagnes pour «libérer les médias», garantir l’indépendance de la presse et «refonder un grand service public de linformation».

Reste, pour l’échéance 2022, le cas très particulier d’Éric Zemmour. Journaliste et polémiste, le candidat d’extrême droite est issu du sérail médiatique, mis en orbite (et soutenu) par le système Bolloré. Lors de son discours de Villepinte, le candidat a tenu un parallèle scandaleux: «Les journalistes veulent ma mort sociale, les djihadistes veulent ma mort tout court.» Durant ce meeting, des journalistes ont d’ailleurs été pris à partie, et même molestés, comme ceux de l’émission Quotidien. Au point que l’AFP réfléchit à inventer un dispositif de sécurité pour ses journalistes et que des rédactions tirent la sonnette d’alarme (voir page 5).

Dans la même veine, dans sa vidéo pour officialiser sa candidature, Éric Zemmour, se présentant en homme providentiel contre le déclin de la France, déclarait «on vous a méprisés, les puissants, les élites, les bien-pensants, les journalistes, les politiciens»«Cette rhétorique et le fait de rendre organique lappel à la haine situent clairement Éric Zemmour dans une stratégie fasciste, ce que le RN navait jamais réellement osé faire à ce point», insiste Baptiste Giron. D’ailleurs, le soir de son annonce, Éric Zemmour avait insulté Gilles Bouleau à la suite d’une interview au 20 heures. Un nouveau cap a été franchi. Il appelle à la mobilisation de tous les démocrates.

 

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Revaloriser les métiers du soins et du lien aux autres, une urgence !

18 Décembre 2021, 08:00am

Publié par PCF Villepinte

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Une mobilisation interprofessionnelle sur les salaires et l’emploi le jeudi 27 janvier 2022.

17 Décembre 2021, 18:47pm

Publié par PCF Villepinte

 

PUBLIÉ LE 17 DÉC 2021

 

Personne ne peut ignorer le contexte social et économique, les augmentations des produits de première nécessité, de l’énergie comme de l’alimentation et, finalement, du coût de la vie pour toutes et tous, jeunes, actifs, demandeurs d’emploi et retraités.

Personne n’ignore que seuls les salaires, les pensions et les aides et allocations continuent de stagner ou même de baisser au regard de l’inflation, de décrocher par rapport aux qualifications, dans le privé comme dans le public.

Si, dans certains secteurs et entreprises, des mobilisations et des négociations ont permis d’obtenir des revalorisations de salaires, trop souvent encore les négociations sont au point mort ou les propositions des employeurs loin du compte.

Les organisations CGT, FO, FSU, Solidaires, Fidl, MNL, Unef et UNL ne peuvent s’en satisfaire et n’entendent pas en rester là !

Sans augmentation du point d’indice et du Smic, il n’y aura aucune avancée pour les salarié.e.s dont les mínima de branche sont actuellement en dessous du salaire de base minimum.
 

Les organisations CGT, FO, FSU, Solidaires, Fidl, MNL, Unef et UNL contestent, dans le même temps, que le gouvernement ait maintenu sa réforme de l’assurance chômage qui aura pour conséquence d’enfermer de trop nombreux salariés dans des emplois à faible salaire, à temps partiel ou en CDD.

Les retraité.e.s, très massivement mobilisé.e.s, attendent toujours une réponse pour une augmentation immédiate de leurs pensions, retraites de base et retraites complémentaires, dont la dernière revalorisation a été plafonnée à un niveau très inférieur à l’inflation.

La jeunesse, confrontée à une grande précarité de vie et de travail, à la pauvreté, accentuées par la crise sanitaire, économique et sociale, doit obtenir une réponse à l’encontre des réformes libérales de l’éducation, de la formation, et de l’assurance chômage décidées par le gouvernement.

Les organisations CGT, FO, FSU, Solidaires, Fidl, MNL, Unef et UNL soutiennent les actions et mobilisations organisées dans les jours et semaines qui viennent pour exiger des augmentations de salaires et défendre les emplois et conditions de travail et appellent à une mobilisation interprofessionnelle sur les salaires et l’emploi le jeudi 27 janvier 2022.

Il est urgent et indispensable d’agir toutes et tous ensemble, par la grève et les manifestations, pour l’augmentation immédiate de tous les salaires du privé comme du public, des allocations pour les jeunes en formation et en recherche d’emploi, ainsi que d’améliorer les pensions des retraité.e.s.

 

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Centimilliardaire(s)

17 Décembre 2021, 18:45pm

Publié par PCF Villepinte

Les projets fous des maîtres du monde.

Capitalisme. Dormons tranquilles, les milliardaires de la tech veulent inventer notre futur… tout en s’occupant de leur présent! Pour eux, il a fallu inventer un nouveau terme, celui de centimilliardaires, afin de les différencier des «petits» milliardaires, tant ils se situent en orbite du capitalisme globalisé. La pandémie a été une période faste pour les trois Américains qui accaparent tous les esprits mondialisés. Même le Figaro le note: «Au cours des vingt derniers mois, leurs fortunes ont atteint des sommets encore plus vertigineux. (…) Aux États-Unis, où la richesse individuelle suscite plus fréquemment l’admiration que la méfiance ou l’envie, leur puissance commence à susciter des critiques.» Les vainqueurs en question de la décennie des crabes, vous les connaissez bien. Elon Musk, le constructeur des automobiles électriques Tesla et des fusées spatiales SpaceX, a vu sa richesse quadrupler et dépasser le PIB de l’Afrique du Sud. Il a ravi à Jeff Bezos, le patron d’Amazon, le titre de personne la plus riche du monde. La fortune de Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, a dépassé les 100 milliards de dollars. Le bloc-noteur ne résiste pas au bonheur de citer cette précision du Figaro: «Des fuites du fisc américain ont révélé que la plupart d’entre eux ne payaient que très peu et parfois pas d’impôts sur le revenu. Même si c’est de façon totalement légale, puisque leur richesse provient de la montée en flèche de la valeur de leurs actifs, comme les actions et les biens immobiliers…»

Moyens. Les polémiques reflètent à merveille le rôle considérable de ce triumvirat de la finance, ainsi que la manière dont ils aspirent à façonner notre à-venir. Entre projets fous et influence sur la société dite «moderne» qui surclasse, et de loin, celle des autres multimilliardaires de la planète, ils sont à la fois visionnaires et pragmatiques, destructeurs et bâtisseurs, mais surtout actifs, à partir de leurs propres projets économiques, des évolutions du capitalisme dont ils détiennent en partie les clefs du futur. Leur pouvoir, ils le détiennent de leur immense richesse qui leur fournit des moyens comparables ou souvent supérieurs à bien des États, renvoyant les Ford et autres Rockefeller au rang d’ancêtres amateurs. Commentaire savoureux du Figaro: «Leur individualisme, leur défense de la libre entreprise et leur hostilité aux impôts les rapprochent des courants conservateurs. Mélange d’idéaux technocratiques et d’utopies libertaires, ils ont en commun une croyance dans le progrès technique pour réparer les dégâts commis par l’industrialisation et répondre aux grandes angoisses eschatologiques de notre temps.»

Horizon. Nous y voilà. Se prêtant le destin absolu d’ingénieurs persuadés de leur vision du monde hyperlogique et hyperbolique, ils rêvent d’offrir un nouvel horizon à l’humanité par la conquête de l’espac ou d’une réalité virtuelle. Elon Musk, à la tête de Tesla et de SpaceX, dit: «L’histoire va bifurquer dans deux directions. L’une d’elles consiste à rester sur Terre pour toujours, et à faire face à un événement dramatique d’extinction de masse. L’alternative est de devenir une civilisation spatiale et une espèce multiplanétaire.» Mark Zuckerberg, qui développe son nouveau monde par la réalité virtuelle augmentée, déclare: «Nos plus grands défis nécessitent des réponses mondiales, comme la fin du terrorisme, la lutte contre le changement climatique et la prévention des pandémies.» Quant à Jeff Bezos qui fournit aussi les puissants serveurs qui stockent près d’un tiers des informations sur Internet aux États-Unis, y compris celles du gouvernement et de la CIA, il ose: «La publicité est le prix à payer pour une pensée incomparable. L’intelligence est un don, la gentillesse un choix.» Ces gens-là veulent nous sauver de nous-mêmes. Sans aucune philanthropie.

[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 17 décembre 2021.]

Publié par Jean-Emmanuel Ducoin

 

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SNCF. Préavis de grève, salaires, concurrence de Trenitalia : les explications de Laurent Brun, secrétaire général de la CGT cheminots

17 Décembre 2021, 12:46pm

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Vendredi 17 Décembre 2021

Stéphane Guérard

Les préavis de grève sur le TGV Sud-Est ont été levés jeudi soir. Les avancées obtenues n’atténuent qu’en partie la colère sociale, les conflits se multipliant localement depuis plusieurs mois, prévient Laurent Brun, secrétaire général de la CGT cheminots.

Laurent Brun, Secrétaire général de la CGT cheminots

Après l’Unsa mercredi soir, la CGT cheminots et SUD rail ont levé jeudi leurs appels à faire grève de vendredi à dimanche sur l’axe TGV Sud-Est après avoir obtenu une prime de 600 euros pour les conducteurs et de 300 euros pour les contrôleurs. Le trafic devrait demeurer perturbé vendredi (un TGV sur deux) avant de revenir à la normale.

Le PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, a parlé de «culture de la grève» et dincapacité des syndicats à accepter le monde qui change, les préavis ayant été déposés le week-end même où le concurrent de la SNCF Trenitalia débute ses liaisons Paris-Lyon. Comment réagissez-vous à ses propos?

LAURENT BRUN Tout cela n’a rien à voir. Les préavis de grève sont d’abord la conséquence des suppressions d’emploi un peu partout, qui ont pour effet d’augmenter la charge de travail sur ceux en poste. Ils sont aussi dus au nouveau plan de transport adopté par la SNCF, qui diminue le nombre de TGV en circulation, donc le nombre de kilomètres parcourus par les conducteurs, donc leurs salaires. Nous avions proposé à la direction de la SNCF une négociation nationale. Elle l’a refusée, renvoyant la balle aux établissements. Celle de la zone Atlantique a accordé une prime de compensation. Pas celle du TGV Sud-Est, avant de proposer jeudi une prime de compensation de 600 euros. Les agents de conduite du TGV Sud-Est ont donc décidé de lever le préavis.

Comprenez-vous l’émoi suscité par ces annonces de grève pour le début des vacances?

LAURENT BRUN Il était possible de régler les problèmes nationalement bien avant les vacances. Mais la direction de la SNCF ne l’a pas voulu. Et selon les établissements, les directions n’ont pas la même attitude. Mercredi, ça a été folklorique: le matin, la direction du TGV Sud-Est nous a contactés. Puis, plus rien. On a appris par la presse que les négociations avaient été infructueuses sans qu’elles aient eu lieu! Ce nest que tard dans la nuit quelles ont commencé. Mais voilà deux mois que les grèves se multiplient localement. Sur lemploi, les salaires, ça craque de partout. Les jeunes sont particulièrement mobilisés. Au moment de la loi de réforme ferroviaire de 2018, on leur a fait miroiter des augmentations pour compenser la fin du statut. Ils n’ont jamais rien vu venir. Si les conflits ont explosé localement en cette fin d’année, c’est aussi parce que c’est la période où les agents peuvent poser leurs reliquats de vacances. Mais, avec les sous-effectifs, ils ne le peuvent pas. Il n’y a là aucune volonté de gêner les vacanciers. Les collègues des Franciliens qui ont déposé un préavis de grève pour jeudi et vendredi n’ont aucun intérêt à les bloquer. Ça fait deux mois qu’ils demandent des discussions. Quant aux contrôleurs et agents de gare à Montpellier, ils continuent de se battre contre la spécialisation des guichets, qui fait qu’il faut faire la queue deux fois pour acheter un billet TGV puis TER!

Deux accords proposés par l’UTP, patronat de la branche ferroviaire, concernant les salaires et les garanties sociales de la future convention collective nationale ont été signés jeudi par l’Unsa, SUD rail et la CFDT cheminots. Apportent-ils des réponses à cette colère sociale?

LAURENT BRUN Ces deux textes sont très loin de la convention collective nationale de haut niveau que l’on nous promettait en 2018. Les signataires se réjouissent par exemple de voir les salaires minimums de branche augmenter de 3 %. Forcément: sinon, ils auraient été en dessous du Smic et l’État les aurait retoqués. Ce n’est qu’un exemple. Nous ferons donc valoir notre droit d’opposition.

Samedi, Trenitalia opère ses premières liaisons Paris-Lyon. Qu’attendez-vous de cette ouverture à la concurrence?

LAURENT BRUN Chaque concurrent de la SNCF a d’abord été concurrencé par la SNCF sur son réseau. Après avoir lancé Telo, Trenitalia s’attaque au sillon sud-est français, ultrarentable. Renfe, concurrencé par Ouigo en Espagne, va faire de même. La concurrence se résume à des opérateurs historiques qui brûlent du capital pour s’agresser. Résultat: la SNCF réduit ses offres sur tous les autres axes. La dégradation du service crée de la colère chez les collectivités locales. Les Hauts-de-France ont annoncé quils refusaient de payer pour les TER. Ça crée de la colère chez les salariés, qui voient leurs salaires et conditions de travail se dégrader. Tout ce que l’on dénonçait en 2018.

 

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Communiste

16 Décembre 2021, 08:19am

Publié par PCF Villepinte

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Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Emmanuel Macron

16 Décembre 2021, 08:11am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Mercredi 15 Décembre 2021

Julia Hamlaoui Florent LE DU

Le président de la République, interrogé mercredi soir sur TF1, a défendu "quoi qu'il en coûte" son bilan pour mieux préparer sa candidature. Tour d'horizon.

Comment, quand on n’est pas encore candidat, occuper la scène de la campagne présidentielle ? En la matière, Emmanuel Macron ne manque pas de ressources.

Après une conférence de presse fleuve sur l’Europe la semaine dernière,  une allocution depuis l’Elysée en novembre essentiellement consacrée à ses projets de réformes, et la multiplication des visites dans « la France des territoires », le président de la République s’est invité pendant près de deux heures sur TF1 ce mercredi 15 décembre. De quoi susciter l’ire de ses adversaires, candidats déclarés pour 2022, dont plusieurs - de Fabien Roussel (PCF) à Valérie Pécresse (LR)  en passant par Yannick Jadot (EELV) ou Jean-Luc Mélenchon (FI) - ont saisi le CSA. Certains exigeant que TF1 consacre une telle émission à tous les prétendants à l’Elysée. 

Et ils ne s’y étaient pas trompés. Sur le plateau, le chef de l’Etat a pris le temps de vanter son bilan pour mieux promouvoir sa candidature, tentant, jusqu’à manier le pathos parfois,  de rompre avec son image méritée de président des riches. «Si la question c'est ''est-ce que vous avez de l'ambition pour le pays au-delà du mois d'avril prochain ?''. Mais bien sûr, d'évidence»a-t-il répondu interrogé sur son souhait de se présenter à un nouveau mandat, tout en réaffirmant son statut de président « dans un moment où il y a beaucoup d'agitation, de ressentiment, des décisions difficiles (à prendre) pour passer le cap de la cinquième vague"»

Satisfecit sur la gestion de la crise du Covid

La première partie de l’émission, intitulée « Où va la France ?», a été consacrée à la gestion de crise sanitaire. Avant de passer au satisfecit, Emmanuel Macron a rappelé les « trois piliers » de la stratégie de l’exécutif : vaccination, renforcement des gestes barrières, et passe sanitaire. Pas de nouvelles annonces pour autant, la vaccination des enfants étant laissée à l’appréciation des parents. 

« Je pense que c’est souhaitable mais c’est le choix des parents. Les enfants ont le virus, ils tournent très vite chez les enfants qui ont rarement des formes graves, même si ces dernières semaines des dizaines » de ces cas ont été recensés, a-t-il tout de même  prévenu. Au-delà de la 3e dose et des suivantes - pour lesquelles il a promis que tout serait fait pour en garantir l’accès-, le chef de l’Etat a également préparé les esprits à une autre forme de rappel : face à des « variants (qui) parfois peuvent résister un peu mieux »« il est vraisemblable qu’on aille » vers «  un autre type de rappel qui s’ (y) adapte »

Mais c’est davantage en regardant dans le rétroviseur qu'Emmanuel Macron a dressé un bilan flatteur. « Nous étions conscients que ce virus était redoutable. La ministre de la Santé nous avait alerté en étant plus alarmiste que l'OMS », a-t-il commencé alors même que Agnès Buzyn déclarait fin janvier 2020 que « le risque d'importation (du virus) depuis Wuhan est pratiquement nul » et que « le risque de propagation est très faible ». Et qu’elle mènera par la suite campagne pour les élections municipales dont le deuxième tour a été annulé en catastrophe.

 Alors qu'état d’urgence conférant de nombreux pouvoirs à l’exécutif et conseils de défense se sont succédés, il a insisté à plusieurs reprises sur les débats au parlement – « je défie quiconque de montrer une démocratie qui a fonctionné aussi intensément que la démocratie française», a-t-il martelé - se gardant de préciser que le confinement, par exemple, n’en avait pas fait l’objet.  Et d’ajouter, interrogé sur les privations de liberté : « je préfère le terme de société de vigilance ou de responsabilité que société de contrôle ». 

Rien à redire, ou presque, non plus sur la gestion des masques qui ont fait défaut au début de la crise. « C’est facile de gagner le tiercé avec le résultat des courses », a-t-il défendu tout en reconnaissant que « nous nous sommes retrouvés démunis ». Une situation dont il a renvoyé la responsabilité aux équipes de gestion sanitaire antérieures et à la mondialisation – avec laquelle, bien sûr, il ne s’agit pas de rompre. 

Quant à l’hôpital au bord de l’asphyxie : « La situation de l'hôpital ne date pas de cette crise. En 2018, je mets fin à 15 années de déflation pour former plus de médecins et repartir en réinvestissant. Je le fais en 2018, sans doute, trop peu, au regard de la crise », a justifié le président, renvoyant aux Ségur pour ce qui est des rémunérations et à sa volonté de s'attaquer à un « hôpital qui s’est bureaucratisé » pour le reste.  Les soignants en manque criant de personnel apprécieront, puisque la clé semble résider pour l’hôte de l’Elysée dans « une organisation plus souple »

Le président des riches tente de se défaire de l’étiquette

Emmanuel Macron s’est également saisi de l'occasion pour tenter de muer en président compatissant et empathique. « Cette crise m'a fait toucher plus directement les inégalités insupportables qui peuvent exister. J'ai vécu des moments très marquants pour moi auprès de nos compatriotes », livre-t-il. La caméra passe alors en gros plan (ne manquait plus que les violons) le temps de deux anecdotes : l’une avec un maire de Seine-Saint-Denis lui disant que si les enfants n'allaient pas à l'école, ils ne mangeaient pas, et l’autre auprès des infirmières de Mulhouse qui n’en pouvaient plus. Le tout pour mieux mettre en scène les décisions de réouverture des écoles et du Ségur.

« Je n'ai jamais été ça (le président des riches). Je sais d'où je viens (citant ses parents médecins hospitaliers et une grand-mère enseignante, NDLR). Mes valeurs ne sont pas celles d'un président des riches », a-t-il également affirmé, aidé par des journalistes lui demandant s’il avait finalement été plus « socialiste que libéral ». Et d'entonner, à l'appui de la démonstration, le refrain que ses lieutenants scandent depuis des semaines : « Nous avons aujourd'hui un taux de chômage qui est le plus bas depuis quinze ans ».

Omettant de préciser que les radiés de la réforme de l'assurance chômage comme les contrats précaires n'y sont pas pour rien. Quant à ses sorties sur le « pognon de dingue »« les gens qui ne sont rien » ou le fait de trouver un boulot en « traversant la rue », « je suis arrivé avec une volonté de bousculer, mais je ne mesurais pas suffisamment deux choses : nous sommes dans une société de la décontextualisation (...) Ensuite, il y a des mots qui peuvent blesser », a-t-il plaidé. 

 Sa politique elle ne ment pas et c’est bien au service des classes aisées qu’il l’a menée.  

Emmanuel Macron n’a cessé de s’en défendre, allant jusqu’à contester les chiffres donnés par ses intervieweurs démontrant une baisse du pouvoir d’achat pour les plus pauvres. Outre des réductions d’impôts, qui n’ont que peu concerné les Français les plus précaires, le président de la République n’a, pour justifier son action auprès « des plus modestes », mis en avant que deux mesures. L’augmentation du minimum vieillesse et celle de l’Allocation adulte handicapé, « de 100 € pour ateindre 900 € par mois » - alors même qu’il promettait en 2017 qu’elle passerait « au-dessus du seuil de pauvreté », aujourd’hui supérieur à 1000 € par mois.

La désindustrialisation ? La faute aux impôts

Se targuant de « très bons résultats économiques », Emmanuel Macron s’est aussi félicité de la casse sociale qu’il orchestre, avec deux réformes emblématiques. Celle de l’assurance-chômage d’abord : « Une réforme qui n’a pas été faite depuis plus de 15 ans qui fait que le travail est plus incitatif. Et on dit il ne faut plus travailler quatre mois mais six mois dans l’année, ce qui change quand même pour beaucoup de monde », a-t-il expliqué au mépris de la réalité de l’emploi et surtout de ceux qui ont perdu leurs allocations.

Quant à la réforme, inachevée, des retraites, le chef de l’État y tient, mais souhaite un nouveau texte, qui repousserait l’âge de départ  : « Il est maintenant clair, tous les rapports objectifs le montrent, qu’il faudra travailler plus longtemps. » S’il dit s’être rendu compte, depuis le printemps 2020 et la suspension de la réforme « qu’on doit adapter ce temps de vie au travail, en fonction des difficultés de certaines tâches », la suppression des régimes spéciaux n’est pas remise en cause.

« On doit produire plus », a conclu Emmanuel Macron, avant d’insister sur son modèle économique : « On n’a pas de grandes nations sans des gens qui investissent dans les entreprises. » Le président de la République a ainsi défendu la suppression de l’impôt sur la fortune : « Nos compatriotes les plus aisés partaient, allaient investir ailleurs, c’est pour cela que notre pays s’est désindustrialisé ». Absolument pas du fait d’un libéralisme rampant dont il a dressé les louanges mercredi soir.

La suppression de l’ISF a d’ailleurs été au cœur d’une des périodes les plus importantes du mandat d’Emmanuel Macron : la mobilisation des Gilets jaunes – qualifiée de « crise » sur le plateau de TF1. Avant de finalement reconnaître une « France qui se sent invisible », le président de la République a d’abord abordé ce sujet uniquement sous le prisme des « violences » commises par certains Gilets jaunes, comme à l’Arc-de-triomphe et au Puy-en-Velay.

« Nous avons vécu un moment où la violence est revenue dans la rue, où la violence a été légitimée. J’ai vu les esprits se dissoudre. Une espèce de désagrégation des valeurs. La violence est là parce qu’il y a du ressentiment, des peurs, que les réseaux sociaux l’ont désinhibée », a-t-il déclaré sans jamais prendre sa part de responsabilité dans cette situation. Une violence que beaucoup de manifestants ont également subie, « parce qu’ils se sont exposés », a estimé Emmanuel Macron.

Sur la sécurité, justement, le chef de l’État a cherché à se départir des accusations de « laxisme » venus de sa droite, en évoquant « plus de policiers qu’il y en avait au début de mon quinquennat ». Des forces de police qui ont par ailleurs été « formées » sur la prise en charge des femmes victimes de violences, « une des priorités de mon quinquennat », sur laquelle il a peiné à afficher de réelles évolutions. Quant à l’affaire Nicolas Hulot, qui en 2018, alors ministre, avait déjà fait l’objet d’accusations de violences sexuelles, Emmanuel Macron a justifié le soutien qu’il lui avait alors apporté : « Il a nié avec beaucoup de forces. Il n’y avait aucune procédure judiciaire en cours. Donc il est resté ministre, quel était l’autre choix que nous aurions pu faire ? »

Les dernières minutes de ce long entretien accordé à TF1 ont été consacrées aux questions de l’immigration – qu’il veut « choisie » - et de l’islam. « Il y a au sein même de la société des femmes et des hommes qui ont appris qu’il fallait haïr cette république et que leur avenir était dans l’obscurantisme. Nous avons mis en place une série d’actions très concrètes. Des contrôles des associations, des mosquées, des écoles. Il faut convertir les esprits, c’est un combat culturel, civilisationnel », a développé Emmanuel Macron, tout en insistant sur la nécessité d’ « éviter à tout prix l’amalgame entre ce projet de division, et l’islam »« Il faut qu’ils puissent vivre dignement et calmement dans notre société », a-t-il ajouté, alors même que certains de ses discours et déclarations de ses ministres, notamment en marge de la loi sur les séparatismes, à l’automne 2020, ont parfois attisé le sentiment de stigmatisation de nombreux musulmans.

Emmanuel Macron a ensuite conclu ses deux heures d’entretien sans annoncer sa candidature à la prochaine présidentielle. Même si cet exercice d’autosatisfecit a démontré que la campagne pour sa réélection avait bien commencé.

 

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