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Populisme de gauche. « Des percées électorales fulgurantes mais éphémères »

28 Décembre 2021, 10:22am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Mardi 28 Décembre 2021

Diego Chauvet

Sociologue à l’université de Liège, Manuel Cervera-Marzal décrit dans un livre la fin du «cycle populiste de gauche», né en Europe en 2015. Mais un rebond reste selon lui possible… Entretien.

MANUEL CERVERA-MARZAL Sociologue à l’université de Liège

Dans le Populisme de gauche, sociologie de la France insoumise (Éd. la Découverte), le chercheur décrit et explique la percée fulgurante puis le déclin tout aussi brutal de mouvements tels que la France insoumise ou Podemos.

Le populisme n’est-il pas contre-nature ou «accidentel» en ce qui concerne la gauche?

Manuel Cervera-Marzal

L’histoire des gauches est composée de plusieurs traditions. Le populisme est clairement l’une d’entre elles. L’oxymore, c’est quand on parle de «populisme de droite». Le RN en France ou Vox en Espagne ne sont pas populistes de droite mais dextrême droite. Quand on fait lhistoire des gauches, on a un peu tendance à oublier cette tradition populiste. Personne parmi les historiens n’a remis en question le fait que le People’s Party aux États-Unis ou les Narodniki en Russie étaient de gauche. Leur projet de transformation de la société était clairement de gauche. Personne en France jusqu’aux années 1990 ne considérait que le populisme ne puisse pas être de gauche. Ce sont des historiens entrepreneurs comme Pierre-André Taguieff qui ont commencé à écrire des articles pour expliquer que le FN n’était plus d’extrême droite mais national­-populiste, puis populiste tout court. Du coup, aujourd’hui, tout est brouillé. Des chercheurs qui travaillent sur l’extrême droite disent travailler sur le populisme.

Vous soulignez que cette stratégie, avec le score de Jean-Luc Mélenchon en 2017, a fait ses preuves. Pourtant, dans votre livre, vous considérez que ce cycle s’achève avec la FI.

Manuel Cervera-Marzal

Quand on regarde ce qu’il s’est passé pour Podemos, Syriza, Jeremy Corbyn, on constate que cette stratégie a permis des percées électorales fulgurantes mais éphémères. Ce sont des forces politiques qui semblent surgir de nulle part en trois ou quatre ans. Mais, à moyen terme, la dégringolade est aussi brutale. Ces forces se sont souvent dotées de mouvements plutôt que de partis. Au moment de leur progression électorale, elles ont fait l’impasse sur la constitution d’un outil et d’un appareil militant. Elles ont pensé qu’avoir un leader charismatique et une base électorale ça suffisait. Or, c’est l’appareil militant qui permet de tenir sur la durée. Sinon, au moindre revers électoral ou à la moindre affaire touchant le leader, les populistes de gauche sont touchés en plein cœur. Pourquoi le PCF et le PS existent toujours malgré les revers électoraux? Cest grâce à leur appareil militant.

Quel est le bilan de ce cycle ­populiste pour les gauches?

Manuel Cervera-Marzal

En dehors du discours, les mouvements populistes ont cherché à s’émanciper de la forme parti, considérée comme obsolète. Le populisme est aussi du mouvementisme. Ces mouvements se sont créés sur une promesse de différence et de démocratisation des organisations politiques, qui n’a pas été tenue. En dehors des échéances électorales, ce sont des coquilles vides. Quand on dissipe le côté «gazeux», lorganisation est très verticale. Sil y a un bilan à tirer, cest celui-ci. La forme parti s’épuise, mais le remède proposé sest peut-être avéré encore pire que le problème qu’il était censé régler. Ce qu’il faut regarder avec intérêt en revanche, c’est la situation du Parti du travail de Belgique. Il existe depuis 1979, et il est passé de 0,5 % des voix au début des années 2000 à 15 % à Bruxelles et en Wallonie. Dans le même temps, ils sont passés de 800 à 20000 militants. Le PTB est peut-être en train de montrer une voie. Il a conservé ses structures de parti, son orthodoxie marxiste, tout en souvrant sur la société, les étudiants, les plus précaires, et en choisissant un discours plus populiste. En France, ni les socialistes ni les communistes n’ont pu reprendre le leadership à gauche. Pour l’instant, c’est toujours Jean-Luc ­Mélenchon qui le tient et qui reste le seul en mesure d’accéder au second tour.

Ce n’est pas contradictoire avec votre théorie sur la fin du cycle populiste?

Manuel Cervera-Marzal

En 2019, quel que soit le pays, la gauche populiste a subi revers sur revers. En 2022, j’observe toujours la décrue. Mais je ne sais pas non plus ce qu’il va se passer dans les prochains mois et les prochaines années. On est dans des conjonctures politiques très ouvertes. Les grands partis de gouvernement de droite comme de gauche sont fragilisés dans la plupart des pays européens. La FI comme d’autres mouvements ailleurs peuvent rebondir à nouveau très fortement.

 

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Nucléaire. 4 questions après la fuite à la centrale du Tricastin (Drôme)

28 Décembre 2021, 10:17am

Publié par PCF Villepinte

La centrale de Tricastin (Drôme), qui a atteint ses 40 ans, âge théorique de mise à l’arrêt, cristallise les débats. Jean-Marie Hosatte/Rea

L'Humanité Mardi 28 Décembre 2021

Emilio Meslet

Des eaux usées contaminées au tritium ont fuité mi-décembre dans une cuve théoriquement étanche. L’Autorité de sûreté nucléaire assure que le risque est nul, la pollution étant circonscrite à l’intérieur du site. Mais comment cet incident a-t-il pu se produire?

Un deuxième incident en deux ans dans la centrale nucléaire du Tricastin. Après une première fuite en novembre 2019 pour laquelle EDF a été critiqué pour n’avoir communiqué qu’en janvier 2020, le site, à cheval entre la Drôme et le Vaucluse, a été le lieu d’une nouvelle fuite de tritium, un isotope radioactif de l’hydrogène.

De quel niveau de radioactivité parle-t-on ?

Le 15 décembre, l’exploitant EDF a signalé un «événement significatif pour lenvironnement» à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) après «la détection dun marquage en tritium de leau souterraine contenue dans lenceinte géotechnique située sous la centrale». Trois jours plus tôt, une quantité anormalement élevée de matière radioactive – 28900 becquerels par litre (Bq/l) – avait été relevée, grâce aux prélèvements quotidiens, alors qu’une mesure de 1000 Bq/l oblige déjà à alerter lASN.

Aujourd’hui, les valeurs observées se placent sous les 11000 Bq/l. Cela signifie que le tritium restera présent, dans des proportions anormales, pendant «quelques mois» encore, dans cette cuve de 12 mètres de profondeur présentée comme imperméable, dont les murs mesurent 60 centimètres d’épaisseur.

L'étanchéité de la cuve contaminée est-elle assurée ?

Une thèse de l’étanchéité à laquelle Bruno Chareyron, directeur du laboratoire de la Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité (Criirad), ne croit pas. Selon ses propos rapportés par Mediapart, l’atome d’hydrogène est très petit et «particulièrement mobile», et pourrait donc traverser les murs de 60 centimètres de béton. Ainsi, il considère que l’enceinte géotechnique «ne peut être considérée comme étanche au tritium».

EDF dément. Dans un communiqué paru le 20 décembre, l’énergéticien explique que «les eaux souterraines (étant) séparées de la nappe phréatique, (elles) ne peuvent en aucun cas se mélanger». Au final, «cet événement est sans conséquence sanitaire», assure encore EDF, ces eaux ne servant «ni pour la production deau potable, ni pour les besoins agricoles ou d’élevage».

«Aucune contamination de la nappe phréatique à lextérieur na été mise en évidence», indique pour sa part l’ASN. Cette dernière classe cette fuite au niveau 0 de l’échelle internationale des événements nucléaires, c’est-à-dire comme un «écart» n’ayant «aucune importance du point de vue de la sûreté».

Comment cet incident a-t-il pu se produire?

Du 25 novembre au 8 décembre, selon l’ASN et la direction de la centrale nucléaire, qui a identifié la source de l’incident, 900 litres d’effluents ont débordé d’un réservoir «rempli au-delà de sa cote dusage» avant de s’écouler vers des caniveaux de récupération d’eaux pluviales. Ces eaux usées ont ensuite contaminé la nappe après infiltration dans le sol. L’ASN, lors d’une inspection le 21 décembre, a repéré «des défaillances des capteurs dalarme de niveaux hauts des cuves dentreposage», qu’il faut donc remettre en état. En attendant, elle demande de réduire les volumes dans les cuves d’effluents.

Cette fuite peut-elle relancer le débat sur la construction de centrales nucléaires ?

Si, d’après les autorités, il n’y a pas de risque sanitaire lié à la fuite de la centrale du Tricastin, cela ne clôt pas la question pour les opposants politiques au nucléaire. Depuis qu’Emmanuel Macron a déclaré vouloir relancer la construction de centrales, il y a quelques mois, le débat s’est cristallisé. Europe Écologie-les Verts et la France insoumise voient dans cet incident le symbole des «dangers» de ce mode de production d’électricité.

Lire la tribune d'Ivan Lavallée, directeur de la rédaction de Progressistes : Après les annonces d’Emmanuel Macron. La filière nucléaire, jeu de dupes ou volonté industrielle ?

Située sur une faille sismique, cette centrale du sud de la France est souvent la cible des antinucléaires. En 2019, elle était même à 23 kilomètres de l’épicentre d’un séisme de 5,4 sur l’échelle de Richter qui ne l’avait pas endommagée. À la suite de la plainte d’un ancien haut cadre de la centrale contre EDF pour une possible «politique de dissimulation» d’incidents de sûreté, les députés insoumis ainsi que l’élu polynésien Moetai Brotherson, membre du groupe communiste à l’Assemblée, ont signé une résolution exigeant la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire. Une demande restée, pour le moment, lettre morte. Mais une chose est sûre: maintenant quelle a atteint ses 40 ans, âge théorique de mise à larrêt, la centrale du Tricastin va continuer à alimenter les débats.

A lire sur le sujet : Gilles Reynaud, puni pour avoir dénoncé le “nucléaire low cost”

 

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LIBERTE

27 Décembre 2021, 09:05am

Publié par PCF Villepinte

 

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Disparition. Desmond Tutu a rejoint l’arc-en-ciel des nations

27 Décembre 2021, 08:52am

Publié par PCF Villepinte

Lundi 27 Décembre 2021

L'Humanité Pierre Barbancey

Figure de la lutte contre l’apartheid, prix Nobel de la paix, personnalité intransigeante et attachante, l’ancien archevêque du Cap est décédé dimanche. Il avait 90 ans.

C’était un rire pur. Un rire franc. Un rire massif parfois tonitruant. Tous ceux qui ont eu la chance de rencontrer Desmond Tutu se souviennent aujourd’hui de ses yeux plissés, espiègles, comme ceux d’un enfant, dès qu’il esquissait un sourire. Plus que de la bonhomie, il y avait chez lui un amour de la vie et une façon unique de raconter des anecdotes. Comme celle-ci: «Un jour à San Francisco, j’étais bien tranquille dans mon coin. Une femme fait irruption devant moi. Visiblement émue, elle me salue dun Bonjour, archevêque Mandela! Deux hommes pour le prix dun». Au mois d’octobre, il avait fêté ses 90 ans. Ce fut sa dernière apparition publique. Celui que tout le monde appelait familièrement par le surnom de The Arch (archevêque se dit archbishop en anglais) s’est éteint, ce dimanche, au lendemain de Noël.

Icon QuoteJe n’ai pas combattu pour chasser des gens qui se prenaient pour des dieux de pacotille et les remplacer par d’autres qui pensent en être aussi.DESMOND TUTU

Une disparition annoncée par Cyril Ramaphosa, président de la République d’Afrique du Sud, en personne. «Des trottoirs de la résistance en Afrique du Sud aux chaires des grandes cathédrales et lieux de culte du monde, en passant par le cadre prestigieux de la cérémonie du prix Nobel de la paix, The Arch s’est distingué comme un défenseur non sectaire et inclusif des droits de l’homme universels», a déclaré celui qui est également à la tête du Congrès national africain (ANC). Une organisation que Desmond Tutu n’a pas craint d’étriller ces dernières années, annonçant même qu’il ne voterait plus en sa faveur, se disant déçu par la corruption, l’état des écoles publiques et la pauvreté persistante. «Je nai pas combattu pour chasser des gens qui se prenaient pour des dieux de pacotille et les remplacer par d’autres qui pensent en être aussi», dénonçait-il.

Tutu est né le 7 octobre 1931 dans la ville minière de Klerksdorp, à l’ouest de Johannesburg. Sa mère était domestique, son père directeur d’école primaire. Il se tourne très vite vers la théologie et devient, en 1978, le premier dirigeant noir du Conseil sud-africain des églises (SACC), qui compte 15 millions de fidèles actifs dans la lutte contre l’apartheid. En 1984, alors qu’il est nommé évêque de Johannesburg et appelle au boycott économique du régime raciste blanc de Pretoria, il est lauréat du prix Nobel de la paix. Albert Luthuli, président de l’ANC de 1952 à 1967, avait reçu ce même prix en 1960. Il sera également décerné à Nelson Mandela et Frederik De Klerk en 1993. Il devient archevêque du Cap en 1986, alors que, dans le pays, la lutte s’intensifie pour mettre à bas l’apartheid, notamment avec le regroupement de toutes les organisations progressistes, civiles, religieuses et syndicales au sein du Front démocratique uni (United democratic front, UDF).

Icon QuotePardonner, ce n’est pas seulement être altruiste. C’est la meilleure forme d’intérêt personnel. Un processus qui n’exclut pas la haine et la colère.DESMOND TUTU

Une lutte dont il est totalement partie prenante, notamment en tant que responsable de l’Église anglicane pour toute l’Afrique australe. Et une épine plantée dans le pied du pouvoir raciste qui ne peut se débarrasser de cette personnalité aux déclarations fracassantes. Ainsi, en juillet 1986, après le refus de Ronald Reagan, alors président des États-Unis, d’imposer des sanctions au régime de l’apartheid, il s’exclame devant la presse: «Plus de 70 % de notre peuple, comme le montrent deux sondages, veulent des sanctions. Mais non, le président Reagan sait mieux que tout le monde. Nous allons souffrir. Il est là, comme le grand chef blanc à l’ancienne, à nous dire que nous, les Noirs, on ne sait pas ce qui est bon pour nous. L’homme blanc sait».

Serviteur d’une Église aux portes grandes ouvertes

En 1995, un an après les premières élections démocratiques qui ont vu l’accession de Nelson Mandela à la présidence du pays, Desmond Tutu est tout naturellement nommé à la tête de la commission Vérité et Réconciliation, chargée d’enquêter sur les crimes commis sous l’apartheid. Il aimait d’ailleurs dire: «Pardonner, ce nest pas seulement être altruiste. Cest la meilleure forme dintérêt personnel. Cest aussi un processus qui nexclut pas la haine et la colère». Au deuxième jour des auditions, il fond en larmes après le témoignage particulièrement insoutenable d’un ancien détenu de Robben Island.

Présidant depuis 2007 The Elders (les Aînés), groupe de personnalités internationales œuvrant pour le règlement de conflits dans le monde, The Arch avait écrit en juin 2016 au comité Nobel pour proposer «la nomination de Marwan Barghouti, dirigeant palestinien emprisonné, pour le prix Nobel de la paix». Il rappelait qu’ «en 2013, une campagne internationale pour la libération de Marwan Barghouti et de tous les prisonniers palestiniens fut lancée à Robben Island (…) depuis la cellule du symbole universel de paix qu’est Nelson Mandela».

The Arch était le serviteur d’une Église aux portes grandes ouvertes pour accueillir ce qu’il a lui-même appelé la «nation arc-en-ciel». Une belle expression qu’il a employée pour la première fois lors de son discours prononcé aux obsèques de Chris Hani, secrétaire général du Parti communiste sud-africain (SACP) et chef militaire de Umkhonto we Sizwe, la branche armée de l’ANC, assassiné en 1993. Une idée si forte que Nelson Mandela l’a reprise le 10 mai 1994, lors de sa cérémonie d’investiture: «Nous prenons l’engagement de bâtir une société dans laquelle tous les Sud-Africains, blancs ou noirs, pourront marcher la tête haute (…), une nation arc-en-ciel en paix avec elle-même et avec le monde».

Desmond Tutu était un peu la conscience de l’Afrique du Sud. Avec lui, disparaît pratiquement le dernier des géants de la lutte contre l’apartheid et des idées progressistes. Parmi ses derniers combats, et contre sa hiérarchie, il a défendu le suicide assisté, le droit à l’avortement et les homosexuels. Avec ce pied de nez qui le caractérisait si bien: «Je ne vénérerais pas un Dieu homophobe. () Je refuserais daller dans un paradis homophobe. Non, je dirais: Désolé! Je préfère de loin aller de lautre côté”».

REPÈRES
7 octobre 1931 Naissance à Klerksdorp, dans le Transvaal.
1961 Ordonné prêtre de l’Église anglicane.
10 décembre 1984 Reçoit le prix Nobel dans le grand amphithéâtre de l’université d’Oslo.
7 septembre 1986 Nommé archevêque du Cap.
1995 Nommé président de la commission de la Vérité et de la Réconciliation.
2005 Nommé par le secrétaire général de l’ONU membre du Haut-Conseil pour l’Alliance des civilisations.
26 décembre 2021 «Le décès de l’archevêque émérite Desmond Tutu est un nouveau chapitre de deuil dans l’adieu de notre nation à une génération de Sud-Africains exceptionnels qui nous ont légué une Afrique du Sud libérée. », Cyril Ramaphosa, président sud-africain.

 

 

Desmond Tutu : « Ubuntu », rien de ce qui est humain ne lui était étranger (PCF)

Le Parti communiste français a rendu hommage à Desmond Tutu dans un communiqué, ce matin, sitôt connu le décès de l'archevêque sud-africain, lauréat du prix Nobel de la paix. « Figure éminente de la lutte du peuple sud-africain contre le régime d'apartheid puis de la "nation arc-en-ciel" post-apartheid, non-raciale et démocratique, Desmond Mpilo Tutu vient de s'éteindre à l'âge de 90 ans, écrit le PCF. Il laisse orphelin le peuple sud-africain tout entier et, au-delà, toutes celles et tous ceux qui, de la solidarité internationale anti-apartheid à l'engagement pour une paix juste et durable au Proche-Orient, ont partagé les combats de sa vie. » 

Pour le PCF, Desmond Tutu était « reconnu, estimé et hautement respecté pour la finesse de son intelligence et sa force de caractère, tout comme son humour et sa joie de vivre, (il) a dédié son sacerdoce à la libération de son peuple et la mise à bas du crime contre l'humanité qu'était l'apartheid. Jusqu'à son dernier souffle, Desmond Tutu aura lutté pour la justice et l'égalité, la fraternité des peuples, la solidarité, le droit et les libertés, contre le racisme et la xénophobie, et les dominations de toutes sortes. "Ubuntu", rien de ce qui est humain n'était étranger à Desmond Tutu ». 

Le PCF poursuit : « Desmond Tutu a présidé de 1996 à 1998 la commission Vérité et Réconciliation (Truth and Reconciliation commission, TRC), chargée de faire la lumière sur les crimes commis entre 1961 et 1994 et d'engager un processus de réconciliation nationale, et de justice réparatrice envers les victimes de l'apartheid. "Ceux d'entre nous qui s’inscrivent dans la tradition chrétienne ont, peut-être, une responsabilité spéciale parce que cette nation a instrumentalisé au cours des années les sources théologiques chrétiennes pour promouvoir l'apartheid", écrira-t-il en 1996 ». 

Le PCF souligne encore que « c'est à partir du milieu des années 1960 que celui qui deviendra près de 25 ans plus tard le premier archevêque anglican noir du Cap et prix Nobel de la paix (1984) s'engagea de façon active contre l'apartheid, pour l'égalité absolue entre tous les Sud-Africains. Fortement influencé par le mouvement de la conscience noire et la théologie africaine, Desmond Tutu épousait les ambitions de la Charte de la liberté, initiée par le Congrès national africain (ANC) d'une Afrique du Sud libre, non-raciale et démocratique. À partir de 1983, il sera l'une des personnalités de premier plan de son pays qui, aux côtés du révérend Allan Boesak, animeront le Front démocratique uni (United democratic front), coalition de plusieurs centaines d'organisations et associations dont le rôle s'est révélé déterminant pour unir et élargir encore la mobilisation populaire anti-apartheid en Afrique du Sud comme au plan international. C'est aussi avec Allan Boesak que Desmond Tutu présidera la TRC pendant deux ans ; une entreprise douloureuse pour les Sud-Africains, trop souvent frustrante mais qui aura contribué à éloigner le spectre d'une guerre civile dans son pays et, au plan international, à l'élaboration d'institutions spécifiques au traitement des violences perpétrées par des régimes criminels ». 

Le PCF conclut par ces mots : « C'est aujourd'hui avec solennité que le Parti communiste français s'incline devant la mémoire de Desmond Mpilo Tutu et exprime à sa famille et au peuple d'Afrique du Sud ses condoléances attristées. Hamba Kahle, Baba ! »

S

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SANTÉ. TIRER LES ENSEIGNEMENTS DE LA CRISE   

27 Décembre 2021, 08:02am

Publié par PCF Villepinte

UCR CGT Déjà en bien mauvais état en 2019, qu’est devenu notre système de santé, deux ans après le début de l’épidémie de Covid-19 et à la veille d’une nouvelle vague de contamination ? État des lieux avec le Dr Christophe Prudhomme.

L’épidémie de Covid-19 s’est déclenchée alors que les personnels de l’hôpital public étaient en lutte depuis quasiment un an, autour de trois revendications : la formation et l’embauche de personnels, l’augmentation des salaires et l’arrêt de la fermeture des lits. Du côté de la médecine de ville, la situation n’était guère plus florissante avec un accroissement des déserts médicaux, une médecine générale sinistrée, confrontée à une baisse du nombre de praticiens qui va s’aggraver jusqu’en 2030.

Mobilisation salvatrice

Malgré cette situation, la mobilisation des professionnels a été exemplaire à tous points de vue. Grâce à un volume d’heures supplémentaires massif, une affectation des étudiants pour remplacer les personnels manquants et un retour d’un grand nombre de retraités sur le terrain, le système a tenu. Cela a été possible du fait de l’inventivité et de l’exonération des contraintes administratives et financières que les personnels ont imposées aux directions et aux Agences régionales de santé, complètement dépassées.

Pour les tests et la vaccination, nous avons pu vérifier l’efficacité de notre Sécurité sociale, avec une gratuité des soins qui a permis d’obtenir des résultats rapides, malgré l’imposition autoritaire d’un passe sanitaire peu adapté et dont, aujourd’hui, l’intérêt en matière de santé publique est largement contesté.
Cet automne, le virus est encore présent, mais le nombre de cas graves a fortement diminué grâce à la vaccination. L’activité des médecins de ville et de l’hôpital reprend son rythme habituel et il est de nouveau possible de prendre en charge efficacement les patients, notamment ceux atteints de maladies chroniques, qui avaient été abandonnés pendant les différentes vagues épidémiques.

La crise a laissé des séquelles

Mais cette crise a laissé des marques. Nous constatons que des médecins de ville épuisés accélèrent leur départ en retraite. À l’hôpital, ce sont les personnels soignants qui démissionnent en masse, notamment dans les grandes villes, voire même qui abandonnent leur métier. Il faut rappeler que ce phénomène n’est pas nouveau, mais a tendance à s’aggraver. Les derniers chiffres connus font état de 150 000 à 180 000 infirmières diplômées qui n’exercent plus leur activité. Il en va de même pour les aides-soignantes dont les écoles peinent à recruter des candidates.

Cette situation n’est pas étonnante. Les libéraux qui nous gouvernent ont vite repris les choses en main, afin que l’espoir de certains en un « monde d’après » meilleur n’ouvre pas de possibilités de changements qu’ils ne souhaitent pas. Ainsi, les services statistiques du ministère de la Santé nous ont appris récemment que 5 700 lits avaient été fermés en 2020. Cela s’ajoute aux 100 000 fermés ces 25 dernières années. Pressé tout de même par un état des lieux qu’il ne pouvait plus cacher, le gouvernement a lancé un « grand chantier » très médiatisé, appelé le Ségur de la santé. Que de ronflements et de roulements de tambour pour accoucher d’une souris. En effet, si les maigres augmentations de salaires sont toujours bonnes à prendre, du fait de la faiblesse des salaires dans le secteur de la santé au regard des qualifications et des contraintes horaires, rien n’a été prévu pour les effectifs, donc les lits, et les conditions de travail à l’hôpital.

En ville, la politique de l’autruche est toujours de mise concernant la régulation de l’installation des médecins et les modes de rémunération à l’acte inflationnistes. Cela ne correspond plus aux besoins d’une population vieillissante, atteinte de maladies chroniques, pour laquelle l’intervention et la coordination entre plusieurs professionnels de santé est indispensable.

Au bord de l’effondrement

Nous sommes donc dans une impasse avec un système de santé au bord de l’effondrement et un nombre croissant de patients qui n’arrivent plus à bénéficier de soins adaptés à leur état. À quelques mois de l’élection présidentielle, la question de la santé semble avoir été oubliée et les applaudissements aux fenêtres à 20h sont très loin. La question de la « sécurité » est instrumentalisée avec des discours choquants pour les professionnels de santé qui sont formés au respect de l’autre et des différences ainsi qu’aux valeurs humanistes et du vivre ensemble, fondements de leur exercice. Mais la sécurité, qui devait être la première préoccupation de tout un chacun, est celle de pouvoir rester dans le meilleur état de santé possible grâce à un système de santé public, financé de manière solidaire par la Sécurité sociale.

Faire les bons choix

Quel beau nom d’ailleurs que celui de Sécurité sociale ! De nos jours, l’urgence est de se réinterroger collectivement sur ces valeurs et de savoir si nous souhaitons poursuivre le glissement opéré depuis de nombreuses années, et accéléré par Emmanuel Macron, vers une médecine devenue un service marchand livré aux investisseurs proposant des services payants, couverts par des assurances privées, pour ceux qui pourront se les offrir. Pour les autres, c’est-à-dire les pauvres, il ne restera plus qu’un service public dégradé dans le cadre d’une charité « chrétienne » bien ordonnée.

Les périodes de crise ouvrent la possibilité de changements radicaux. Mais le changement n’a rien en soi de forcément positif, tout dépend des choix et des objectifs. À nous de nous mobiliser, citoyens et personnels de santé, pour que les véritables enseignements apportés par la gestion de l’épidémie imposent, comme solution évidente, le service public et une Sécurité sociale qui prenne en charge l’ensemble des besoins de santé, de la naissance à la mort.

Dr Christophe Prudhomme

 

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AINSI LE VEUT L’USAGE PAR VLADIMIR MAÏAKOVSKI

24 Décembre 2021, 07:43am

Publié par PCF Villepinte

Tout homme à sa naissance hérite de l’amour –
mais les offices,
les rentes,
et tout le reste,
au fil des jours
ça vous endurcit le terreau du cœur :
Sur le cœur est mis un corps,
sur le corps – une chemise.
Mais c’est pas assez beau !
Quelqu’un –
l’idiot –
imposa les manchettes
et répandit l’amidon sur les jabots.
Avec l’âge, on s’avise.
La femme se met des fards.
L’homme fait le moulin comme Muller le stipule.
C’est trop tard.
Ses plis de la peau se multiplient.
L’amour fleurit
un moment –
puis se flétrit.

Extrait de: 

 Vladimir Maïakovski (1893-1930) – À Pleine Voix: Anthologie Poétique, 1915-1930, Poésie / Gallimard)– traduit par Christian David

 

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Russie. Trente ans après la chute de l’URSS, un pays inquiet pour son avenir

24 Décembre 2021, 07:35am

Publié par PCF Villepinte

Selon un récent sondage, 49 % des Russes préféreraient le système politique soviétique, un record depuis le début des années 2000. Maksim Blinov/Sputnik/AFP

Vendredi 24 Décembre 2021

L'Humanité Vadim Kamenka

En 2021, la Russie n’a plus grand-chose à voir avec l’Union soviétique de 1991. Aujourd’hui, le capitalisme et Vladimir Poutine ont métamorphosé la société. Le mécontentement s’intensifie face aux inégalités et aux rigidités du pouvoir.

Dans deux heures, ce 25 décembre 1991, Mikhaïl Gorbatchev, président de l’Union soviétique, va annoncer sa démission et la fin d’une organisation créée en décembre 1922. Il relit nerveusement son discours avec Andreï Gratchev, son porte-parole, qui nous raconte la scène dans son bureau du Kremlin. Sa décision est prise depuis plusieurs jours. «Je suis inquiet de la perte pour nos compatriotes de la citoyenneté dun grand pays, un fait dont les conséquences peuvent se révéler très graves pour tous», dira-t-il vers 19 heures.

«Incrédulité, inquiétudes et espoirs sentremêlaient, se rappelle Anna, qui était encore étudiante à l’époque. Je m’interrogeais surtout sur la nouvelle Russie qui allait surgir.» De son côté, l’ancien directeur du musée de Moscou Naum Kleiman se souvient que «leffondrement de lURSS fut inattendu, bien qu’étant un phénomène naturel». «Par conséquent, pour les citoyens en général et pour les artistes, ce fut un choc terrible, car personne n’était préparé à un changement sociopolitique et culturel aussi dramatique, poursuit-il . L’euphorie provoquée par la levée de la censure, ou la projection de films auparavant interdits à la distribution ont rapidement été remplacées par de nouvelles conditions de production commerciale, avec un diktat du marché qui s’est avéré aussi dur que le diktat idéologique.»

Trente ans plus tard, qu’en est-il? La société russe na guère profité de l’économie de marché. Les inégalités qui existaient aussi du temps de lURSS avec la nomenklatura et ses privilèges se sont grandement creusées.

Il faut dire que, dans les premières années, le pays a subi une «thérapie de choc» libérale marquée par la fermeture de nombreuses entreprises publiques (industries de défense, chimie, services). Après trois décennies, la part des Russes les plus riches ­représente près de 5 % de la population travaillant dans la haute administration, le privé (banques, commerces, énergie) et au plus haut niveau des siloviki (les forces de sécurité et l’armée). «Ils vivent dans des complexes résidentiels ou des établissements protégés et sont inaccessibles aux chercheurs. Cette couche est la plus prospère de la société, par ses revenus réels, mais aussi par ses privilèges indiscutables qui persistent dans la sphère étatique comme dans le secteur privé: procédures spéciales pour obtenir des logements (en règle générale, de haute qualité, situés dans des quartiers confortables), privilèges dans l’accès à l’emploi des membres de la famille et distribution de marchés publics fédéraux ou municipaux en faveur des entreprises qu’elle possède», constate le sociologue Mikhaïl Tchernych (1).

La pauvreté en hausse constante depuis 2012

En début d’année, selon l’agence russe de statistiques Rosstat, le taux de pauvreté, fixé à 11700 roubles (140 euros), s’établissait à 13,1 % de la population, en hausse quasiment constante depuis 2012. De même, 62 % des Russes ont des revenus qui suffisent seulement à payer nourriture et vêtements. Le salaire médian qui stagne autour de 350 euros, des retraites assez faibles malgré la récente revalorisation participent au mécontentement social. Ce contexte provoque une véritable nostalgie en Russie. Plusieurs sondages révèlent qu’une majorité de citoyens regrettent l’éclatement de l’URSS. Et que les deux tiers (66 %) d’entre eux aimeraient que la Russie soit avant tout «un pays avec un niveau de vie élevé, mais pas lun des pays les plus puissants du monde», selon une enquête du Centre Levada. Cet institut de sondage mesure aussi une mutation profonde: 49 % des Russes préféreraient le système politique soviétique, un record depuis le début des années 2000. Autre record: 62 % des personnes interrogées jugent que leur «système économique préféré est la planification et la distribution étatiques».

«Les difficultés rencontrées par un certain nombre de Russes peuvent expliquer ces sondages qui sentrechoquent avec 1991. Mais au final, si le rêve capitaliste et le rêve européen vendus depuis tant dannées ne sont pas au rendez-vous, retourner à une époque soviétique, aux privations de déplacements et bien d’autres choses, n’est clairement pas imaginable», nous explique Loudmila, une sexagénaire, habitante de Saint-Pétersbourg. Quant à la comparaison établie par de nombreux médias entre la Russie de Vladimir Poutine et l’URSS, elle n’a plus vraiment lieu d’être. «Il ny a plus de censure, beaucoup de choses peuvent sortir, être publiées. Il y a des pans entiers de la littérature russe et mondiale qui sont accessibles. On peut voir nimporte quoi au cinéma ou au théâtre. Mais en même temps de nouveaux tabous apparaissent avec de très fortes pressions sur les médias en ce qui concerne le régime politique et les religions», confirme le géographe spécialiste de la Russie, Jean Radvanyi.

«Pas de modèle de développement socio-économique efficace»

Cette dernière décennie, la confrontation entre la Russie et les pays occidentaux n’a cessé de s’accentuer sur des dossiers diplomatiques stratégiques: élargissement de lAlliance atlantique, Ukraine, Haut-Karabakh, Iran, Mali, Moyen-Orient… À tel point que dans l’Humanité Dimanche du 23 décembre, Andreï Gratchev estime que «le monde fait un bond en arrière» et que «la disparition de lURSS na pas débouché sur un monde plus stable et moins dangereux». Pourquoi? Lattitude russe à l’égard de ses voisins peut lexpliquer, quand les désaccords ont été réglés par Moscou à coups de mises en garde et de restrictions économiques vis-à-vis de la Biélorussie, la Géorgie, lUkraine, la Moldavie ou lArménie par exemple. Mais, pour l’auteur russe, «la grande part de responsabilité revient à lOccident, qui na pas admis la Russie dans la maison commune européenne. Cette dernière en a été en quelque sorte éjectée parce que considérée comme une menace potentielle».

Les événements en Ukraine et autour du Donbass confirment des tensions inédites depuis la fin de la guerre froide entre les États-Unis et la Russie. «Nous ne sommes pas à labri dun incident», prédisent certains diplomates. À l’occasion de sa traditionnelle conférence de presse de fin d’année, Vladimir Poutine, ce jeudi, a été moins véhément que par le passé. Sur le dossier ukrainien, l’exécutif russe, qui a présenté deux projets de traité de paix pour revoir l’architecture de sécurité européenne, a jugé «positives» les premières réactions américaines. «Nos partenaires américains sont prêts à commencer cette discussion, ces négociations, dès le début de lannée à Genève», a déclaré Vladimir Poutine, en rappelant qu’ «il ne doit y avoir aucune avancée de l’Otan vers l’est. La balle est dans leur camp, ils doivent nous répondre.» Ces lignes rouges suffiront-elles? «Le problème fondamental de l’“intégration eurasiatique post-soviétique réside dans lincapacité de la Russie, en trente ans dexistence en tant qu’État indépendant, à trouver un modèle de développement socio-économique efficace qui inspire ses voisins», estime Andreï Kortounov, directeur général du Conseil russe pour les affaires internationales.

(1) «La classe moyenne russe: une observation sociologique», site de lObservatoire franco-russe, le 17 décembre.

Histoire d’un effondrement

L’Union «semblait si solide. Pour nous, elle était éternelle», se souvient l’un des intervenants. Ancien mineur ayant subi la dégringolade de sa catégorie professionnelle, ex-professeure de musique devenue un temps vendeuse sur les marchés, ou ex-athlète aujourd’hui journaliste… Tous ont vécu intensément ces années où la liberté attendue s’est abîmée dans la violence du chacun-pour-soi. Et ils en parlent sans langue de bois dans le documentaire URSS: l’effondrement. À revoir, sur France 5.

 

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Droit du travail. Le système Sepur visé par une enquête

24 Décembre 2021, 07:30am

Publié par PCF Villepinte

Le 27 octobre, à l’appel de la CGT, les salariés sans papiers se sont mis en grève devant leur entreprise pour réclamer leur régularisation. Pierrick Villette

Vendredi 24 Décembre 2021

L'Humanité Marie Toulgoat

L’entreprise de collecte de déchets est accusée d’avoir employé des étrangers sans papiers, d’avoir recouru abusivement à l’intérim et d’avoir racketté ses salariés.

La fin d’une ère dans le monde du ramassage de déchets? Cest en tout cas ce quespèrent les salariés de la société de collecte Sepur. L’inspection du travail, sous la supervision du parquet de Versailles, est en train de diligenter une enquête contre l’entreprise – qui réalise des missions de service public pour le compte de collectivités territoriales d’Île-de-France – pour «emploi d’étrangers en situation irrégulière». Le recours de personnes sans titre de séjour par la société de nettoyage n’était pas un mystère.

À la fin du mois doctobre, 59 employés de Sepur sans papiers, à lappel de la CGT et aux côtés d’autres salariés de la région, s’étaient mis en grève pour réclamer leur régularisation. «Aujourdhui, une quarantaine de ces 59 travailleurs ont obtenu une réponse favorable à leur demande de régularisation. Quelques cas bloquent encore, nous continuons de travailler pour que ces dossiers aboutissent», détaille Jean-Albert Guidou, secrétaire général de l’union locale CGT de Bobigny.

Mais l’enquête de l’inspection du travail, qui a effectué des contrôles sur les dépôts de l’entreprise quelques jours avant que la grève éclate, est l’occasion de mettre en lumière bien d’autres travers du «système Sepur». Non contents de recruter des travailleurs sans papiers, la société s’est appliquée à mettre en place un véritable système d’exploitation, à en croire la CGT.

 «Linspection du travail a certainement dû étudier le recours systématique à lintérim, bien que le ramassage de déchets soit une activité constante. Sepur est même allée jusqu’à demander aux salariés de prendre un alias et de changer d’identité pour pouvoir enchaîner les contrats en passant outre les délais de carence», note Marilyne Poulain, qui pilote le Collectif immigration de la CGT.

Selon l’organisation syndicale, ce recours intempestif au travail temporaire, puisqu’il n’est pas justifié par un surplus d’activité, s’explique plutôt par une volonté de réduction des coûts du travail et de flexibilisation. La stratégie a pourtant ses limites: selon des décisions de justice que l’Humanité a pu consulter, des éboueurs intérimaires, dont certains ont enchaîné plus de quarante contrats de mission en moins d’un an, ont vu leur contrat requalifié en CDI.

Huit salariés sans papiers de l’entreprise ont porté plainte

Mais ce n’est pas tout. En parallèle de l’enquête de l’inspection du travail, huit salariés sans papiers de l’entreprise de collecte de déchets ont porté plainte à l’encontre de leurs chefs d’équipe pour extorsion. Ces derniers n’accepteraient de confier du travail aux salariés qu’à condition de ponctionner une partie de leurs salaires. «On doit parfois payer le chef d’équipe pour quil nous donne du travail. Ça peut monter jusqu’à 200 euros pour être embauché», explique un ancien gréviste (lire notre édition du 28 octobre).

Dans un communiqué, la direction de Sepur se défend d’avoir instauré un tel «système» et rejette la faute sur les sociétés dintérim. «Sepur nest pas responsable des faits qui lui sont reprochés. Au contraire, nous en sommes victimes. Nous avons demandé à nos prestataires, les agences dintérim, de renforcer le contrôle des documents fournis par les candidats à l’embauche», a-t-elle affirmé.

 

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James Webb, le plus puissant télescope jamais conçu à la découverte des planètes

23 Décembre 2021, 16:09pm

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Jeudi 23 Décembre 2021

Après une multitude de lancements reportés, James Webb, le télescope spatial le plus puissant, le plus grand et le plus cher jamais conçu par la Nasa et l’agence spatiale européenne et canadienne, devrait prendre son envol depuis Kourou en Guyane. Stéphane Mazevet, directeur de l’Observatoire de la Côte d’Azur nous explique de quelle manière, ce télescope qui a nécessité plus de 20 ans de travail, va révolutionner la recherche scientifique de l'Univers.

Que va apporter à la recherche scientifique ce télescope de dernière génération ?

Stéphane Mazevet Ce qui est intéressant avec le James Webb Space Telescope, c'est qu'on va pouvoir, pour la première fois, caractériser l’atmosphère de planètes qui sont dans la zone dite habitable.

Ainsi, une planète qui ressemble à la Terre, rocheuse et si elle a le bon goût d'avoir la bonne atmosphère avec de l'eau et du CO2 en bonne quantité, pour avoir la bonne température en surface, comprise entre 0 et 100°, on pourra la qualifier de planète habitable.

Quelles sont les équipes qui ont travaillé sur le développement de ce télescope spatial ?

Stéphane Mazevet Initialement, le James Webb Space Telescope (JWST) devait être lancé en 2007. C’était un programme pour faire des télescopes pas chers, qui devaient coûter 500 millions d’euros donc il va finir par être lancé en 2021, avec une facture à 10 milliards d'euros.

Ce sont des milliers d'équipes qui sont impliqués avec une centaine de pays qui ont travaillé sur différents aspects. C’est un programme porté principalement par la NASA et l’Agence spatiale européenne et canadienne. C’est vraiment un travail collectif à l’échelle planétaire et il y a plusieurs aspects technologiques que je trouve assez fascinant.

Quelle est la particularité du télescope James Webb ?

Stéphane Mazevet Il y a ce fameux miroir qui est caractéristique, couvert de feuilles d'or et qui ressemble à un nid d’abeilles avec ces multiples hexagones. Il y a également cette coiffe qui permet d'assurer une protection au rayonnement du soleil puisqu’il faut éviter d'avoir de la chaleur, qui peut déformer les miroirs. Le télescope en lui-même fait 22 mètres de long sur 10 mètres de large, la taille d’un terrain de tennis.

James Webb sera en orbite autour du soleil à 1,5 million de kilomètres de la Terre donc à cette distance, si on a des problèmes, contrairement à Hubble, où on avait pu envoyer la navette le réparer, là, ce ne sera pas possible. Il faut absolument qu'on réussisse à le manoeuvrer pour le positionner correctement afin de le rendre opérationnel. Il sera probablement prêt pour l'été prochain, donc voilà pourquoi ce challenge technologique représente une aventure aussi incroyable.

En fait, on n'avait jamais fait un instrument comme celui-ci. C’est à dire qu'il va être extrêmement précis, beaucoup plus précis que Hubble. La raison pour laquelle l'infrarouge est utilisée, c'est que cela permet deux choses. Il vous permet de voir plus loin, de voir des objets qui sont plus jeunes dans l'histoire de l’Univers, jusqu'à 13 milliards d'années puisque plus les objets sont loin, plus ils rougissent. C'est pour ça que vous avez besoin d’infrarouge pour voir beaucoup plus loin.

Que peut découvrir ce télescope géant ?

Stéphane Mazevet On espère découvrir la naissance des premières étoiles et des premières galaxies. C'est pour cette raison que cette technologie est aussi compliquée à mettre en œuvre.

Avoir un télescope qui travaille dans l'infrarouge pour vraiment voir beaucoup plus loin jusqu'au premier moment où il y a de la lumière qui est émise. L'infrarouge vous permet aussi de voir des objets qui sont enfouis dans la poussière.

On va pouvoir visionner à l'intérieur de ces nuages de poussière afin d'analyser la possible formation des étoiles que l'on ne voit pas puisqu'elles sont enfouies. Concernant les exoplanètes, on espère analyser leur formation au sein des disque de matière qui sont nés aux premiers instants, une fois que l'étoile s'est formée. On espère découvrir aussi la formation des tous premiers instants de naissance des planètes au sein des disques planétaires.

Quel est votre sentiment avant le lancement imminent de ce télescope ?

Stéphane Mazevet J'ai de l'appréhension parce que c'est vrai que c'est quand même le travail de toute une génération et si les choses ne marchaient pas, je pense que ça mettrait un coup d'arrêt pour ces grands projets dont on a besoin pour faire avancer notre connaissance. J'ai envie que ça réussisse parce que c'est une quête pour la connaissance et le savoir qui est utile. Il faut qu'elle continue, un échec viendrait retarder peut-être de plusieurs décennies le prochain télescope sur lequel on travaille, qui remplacera le JWST à l’horizon 2030 2040.

Ce télescope, il faut lui souhaiter une aussi belle carrière que Hubble qui était parti pour fonctionner 4 ou 5 ans, de mémoire, et il a révolutionné notre façon d’appréhender le monde. J’espère que le JWST aura la même carrière et le même impact sur l’ensemble de la communauté astronomie astrophysique.

 

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23 Décembre 2021, 16:00pm

Publié par PCF Villepinte

Jeudi 23 Décembre 2021

L'Humanité Patrick Le Hyaric

L’engagement de millions de travailleuses et travailleurs en première ligne depuis presque deux ans pour faire marcher la société ne se paye pas de mots. Voilà pourquoi le récent semblant de mea-culpa du président de La République adressé aux salariés ne leur suffira pas. Il leur faut des actes immédiats de reconnaissance. C’est la seule preuve qui attesterait de la sincérité des propos du télé- candidat-président.

Alors que les prix, notamment ceux de l’énergie, flambent, l’augmentation du salaire minimum accordée par le pouvoir pour janvier sera cosmétique.
Celles et ceux que l’on a élevés au rang de « héros », depuis des mois et des mois, ne voient toujours rien venir qui améliorerait leur quotidien, alors qu’ils assistent, sur les écrans, à un incessant défilé de ministres vantant « la reprise » et « la bonne santé de l’économie ».

Tous ces ouvriers, employés, agents d’entretien, chauffeurs, caissières, aides à domicile, ouvriers agricoles ainsi que les petits paysans, les artisans bouchers, boulangers, et aussi les travailleurs de la manutention, de la logistique, des industries agro-alimentaires, du bâtiment et des travaux publics, les soignantes et soignants, dont les horaires sont les plus flexibles, sont aussi celles et ceux qui sont les plus mal rémunérés alors qu’on le sait, on le clame, ils sont indispensables à la bonne marche du pays.  

Pour les reconnaître comme des « héros », le gouvernement doit d’une part augmenter le smic et les bas salaires pour aller vers 300 euros de mieux, et de l’autre mettre tout son poids dans la balance pour obtenir des employeurs des augmentations de salaires.

Les nombreux salariés qui sont entrés en action depuis quelques semaines pour leurs salaires ont raison et Ils commencent à faire bouger la donne.

À la question de l’augmentation des rémunérations, se posent dans toutes les sociétés capitalistes, avec plus de force depuis la pandémie, les enjeux de la finalité du travail, du lien entre conditions de travail et santé. Et plus largement, celles du sens du travail, de son utilité pour la collectivité, de son rôle pour réussir la transition environnementale et son inscription dans un projet d’avenir durable pour toutes et tous.

En effet, la crise de sens du travail et l’aggravation de ses conditions d’exercice conduisent aujourd’hui des salariés de diverses disciplines, des soignants, des enseignants, des aides à domicile, des employés dans la restauration ou le nettoyage à démissionner.

Ce sont toujours des actes individuels réfléchis. Mais, devons-nous nous interroger. Ne serait-il pas  plus efficace d’organiser un mouvement collectif pour changer les conditions de travail, pour intervenir sur le sens de la production et des services dans le cadre de débats dans l’entreprise ou la filière.

 

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