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Tour de France 2021. Pogacar, retour à la case suspicion

5 Juillet 2021, 07:49am

Publié par PCF Villepinte

Une traversée des Alpes embrumées, avec cinq ascensions répertoriées. Stéphane Mahe/Reuters

Lundi 5 Juillet 2021

Jean-Emmanuel Ducoin

Dans la neuvième étape, entre Cluses et Tignes (144,9 km), victoire en solitaire de l’Australien Ben O’Connor (AG2R-Citroën). Depuis le coup de force du maillot jaune Tadej Pogacar, samedi, le sillon du doute creuse de nouveau un chemin béant. Hier, il en a remis une couche.

Tignes (Haute-Savoie), envoyé spécial.

Entre pluie incessante, températures automnales (7degrés) et climat de plomb, le Tour poursuivait donc sa traversée des Alpes embrumées, tandis que certains voyaient sagiter des pantins hideux à lhorizon du monde où roulait encore un soleil noir. Partout, les mélèzes voûtés par le poids de l’humidité tiraient vers le bas leurs épines courbées, quand bien même nos forçats de Juillet devraient projeter leurs bécanes par-delà quelques à-pics terrifiants. Cette neuvième étape, entre Cluses et Tignes (144,9 km), ne promettait aucun calme mais bien une nouvelle tempête des cimes sous les crânes.

Tout rincé, le chronicœur dut admettre la vérité: pas facile de dormir contre les hurlements du ciel qui soulèvent peu à peu les haillons hideux de lHistoire. Nous partîmes dailleurs sans deux des principaux acteurs du cyclisme contemporain, Primoz Roglic et Mathieu Van der Poel, qui se retirèrent au petit matin. Le premier, défait et tout cabossé, traînait sa peine sans espoir de rédemption. Le second, héros de la première semaine mais déchu samedi de son paletot en or par un extraterrestre de 22 ans, préféra abandonner afin de préparer les JO et rêver d’un autre or. Arrimés comme on le pouvait à la roche environnante, nous songions déjà à la suite, non sans repenser au Slovène Tadej Pogacar, qui, la veille, doucha la concurrence et frappa les esprits en irritant nos intelligences.

Les souvenirs crépusculaires d’une course à deux vitesses

Allait-il réitérer sa stupéfiante performance, sur un profil propice à son imagination – sans bornes –, avec cinq ascensions répertoriées, dont le redoutable col du Pré (12,6 km à 7,7%, HC), puis linterminable montée vers Tignes (21 km à 5,6%, 1re cat., 2107 m)? Nous nen étions pas là, à nous demander mille fois si le tenant du titre avait tué tout suspense, mais bien à ressasser quelques questions spectrales.

Nous ne fûmes pas les seuls à tracer à grandes expirations le sillon du doute. Bien qu’il ait tenté de laver plus blanc que blanc, le vélo continue d’avancer masqué sous les souvenirs crépusculaires d’une course à deux vitesses. Retour à la case suspicion. «On peut se poser la question dune telle domination, mais je nai pas de réponse», commenta par exemple Julien Jurdie, directeur sportif dAG2R-Citroën. «On va dire que je serai prudent, très prudent», déclara Jean-René Bernaudeau, manager de TotalEnergies. Et Jurdie d’ajouter: «Je ne peux pas vous dire que tout va mal ou que tout va bien. Est-ce que je mettrais ma main au feu? Non, je tiens à ma main.» Une autre membre dun staff français prévenait: «Il ny a aucune preuve. Mais nous savons que les formations étrangères ne sont pas soumises aux mêmes règles. Nous constatons les dégâts.»

Un respect mystérieux pour les non-dits domine toujours

Le dominant excite les mots, d’autant que tous les schémas habituels, quand nous voyions de grosses armadas contrôler les étapes à leur guise, ont volé en éclats. Comme l’an passé, Pogacar n’éprouve aucun besoin d’être épaulé par ses équipiers pour atomiser et creuser des écarts stratosphériques, comme il le montra à maintes reprises depuis le début de sa carrière. Son équipe reste pourtant soumise aux regards en biais. Souvenons-nous, avec la lucidité requise, que le patron de l’UAE Team Emirates s’appelle Mauro Gianetti, dont le pedigree laisse songeur.

Ex-coureur à la réputation sulfureuse, il était jadis à la tête de Saunier Duval quand son leader, Riccardo Ricco, fut contrôlé positif à l’EPO et exclu avec tout son groupe du Tour 2008. Rappelons-nous aussi que le directeur sportif d’UAE, le Slovène Andrej Hauptman, dut renoncer à prendre le départ du Tour 2000 en raison d’un taux d’hématocrite trop élevé. Des témoins à charge. Ce passé renvoie-t-il nos commentaires à leur dérisoire nullité ou jette-t-il sur le présent un discrédit navrant?

Dans ce grand bric-à-brac de misère perpétuelle, où se distillent les pires événements supposés, un respect mystérieux pour les non-dits domine toujours. Mais nous ne sommes plus dix, vingt ans en arrière. Cédric Vasseur, manager des Cofidis, insista au passage sur un anachronisme qui confinait à la schizophrénie: «La faiblesse de Pogacar, cest son équipe. Elle na en rien la force des Sky ou des Ineos des dernières années.» Rajoutons une interrogation à ce sombre panorama: comment qualifier la surpuissance de l’équipe Bahrain, qui truste les victoires depuis Brest, sans parler du dernier Dauphiné ou du Giro?

Visages fantomatiques et corps frigorifiés

Le cyclisme en tant que croyance a disparu, Dieu merci… Nous en étions là, cette fois, quand le maillot jaune dévora la pente vers Tignes – et ses pseudo-dauphins. Depuis le départ, de nombreux échappés (Quintana, Poels, Woods, O’Connor, Hamilton, Higuita...) avaient secoué un peloton supplicié par des conditions dantesques, duquel disparut Wout Van Aert.

Il y eut des visages fantomatiques, des corps frigorifiés, des abandons (Peters, Merlier et De Buyst), des chutes et un valeureux vainqueur parmi les fuyards: lAustralien Ben OConnor (AG2R-Citroën), qui fut un temps paré du jaune virtuel, réalisant un splendide rapproché au général (2e). Pas d’inquiétude pour Pogacar, qui se joua des Ineos. Richard Carapaz plaça une attaque… et le Slovène s’envola, fustigeant d’un regard ses suivants, avant de filer. Deuxième coup de massue aux sommets. À quoi bon? Le chronicœur espéra juste qu’il n’aurait pas, tôt ou tard, à imaginer que le Tour donnait à voir un spectacle inopiné et inachevé, livré à des murmures clos trahis par les circonstances.

Tour de France 2021

 

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La retraite à 64 ans, une mesure inutile, injuste et impopulaire

5 Juillet 2021, 07:44am

Publié par PCF Villepinte

Lundi 5 Juillet 2021

L'Humanité Cyprien Boganda

Emmanuel Macron n’aurait pas renoncé à allonger la durée de la vie professionnelle, malgré l’absence de justification économique. 

EXPLICATIONS

À ce niveau-là, ce n’est plus de l’ardeur mais de l’acharnement. Malgré l’opposition des syndicats et de l’opinion publique; malgré la crise sociale qui menace toujours; malgré les réticences de plusieurs députés de la majorité, la réforme des retraites pourrait faire son grand retour avant la présidentielle. C’est ce qu’affirment certains médias, à la suite des Échos du 28 juin.

DOSSIER Tous nos articles sur la réforme des retraites

Difficile de savoir s’il s’agit d’un énième ballon d’essai ou d’une intention ferme et définitive, mais Emmanuel Macron, qui doit recevoir les syndicats et le patronat ce mardi, hésiterait entre plusieurs scénarios. Première option, un recul de l’âge légal de départ, de 62 ans aujourd’hui à 64 ans. Seraient concernées la génération née en 1961 (qui partirait à 62 ans et demi), puis celles de 1962 (63 ans), 1963 (63 ans et demi) et, enfin, celle de 1964 (64 ans). Gain financier espéré: 14 milliards deuros dès 2026.

Autre option, l’accélération du calendrier de la réforme Touraine de 2014, qui porte progressivement la durée de cotisation pour une retraite à taux plein de 41 annuités et trois trimestres aujourd’hui à 43 annuités en 2032.

Dans tous les cas, c’est bien un allongement de la durée du travail qui serait programmé.

1. Une réforme inutile

Depuis des années, la justification d’un tel recul tient en une phrase: «il faut sauver un régime au bord de limplosion.» Problème: largument ne tient pas la route et c’est le Conseil d’orientation des retraites (COR) lui-même qui le dit, dans son rapport annuel de juin: «Malgré le contexte de la crise sanitaire et le vieillissement progressif de la population, les évolutions de la part des dépenses de retraite dans le PIB resteraient sur une trajectoire maîtrisée à l’horizon 2070.» En effet, le vieillissement de la population serait compensé par la baisse programmée du niveau des pensions rapportée aux revenus d’activité: en clair, ces dernières augmenteraient moins vite que les salaires, du fait des réformes précédentes (indexation des pensions sur les prix et non plus sur les salaires à partir de 1987, hausse de la CSG, etc.).

Résultat logique, le poids économique des retraites dans le PIB diminuerait, passant de 14,7% lan dernier à 13,7% environ dici à 2030, et jusqu’à 11,3% seulement en 2070 (fourchette basse de lestimation) ou 13% (fourchette haute). Autrement dit, même si le déficit du régime sest creusé sous le choc de la crise actuelle, ce trou d’air n’est que temporaire.

2. Une réforme injuste

L’allongement de la durée d’activité entraîne toujours des effets pervers. Il renforce tout d’abord les inégalités liées à l’espérance de vie: les ouvriers vivant en moyenne six ans de moins que les cadres (l’écart est de trois ans chez les femmes), ils profiteront moins de leur retraite.

Par ailleurs, lorsqu’on allonge la durée d’activité, on prend le risque d’augmenter la précarité des seniors, met en garde l’économiste Michaël Zemmour: «Il semble que le gouvernement veuille reculer l’âge légal à un rythme très brutal: six mois de plus par an, cest inédit à ma connaissance. Or, quand on déplace l’âge légal, cela a pour effet daccroître la précarité des personnes âgées. En effet, la moitié des personnes qui prennent leur retraite ne sont plus dans lemploi à ce moment-là, soit parce qu’elles ont perdu leur poste, soit pour des raisons de santé. Elles peuvent alors se retrouver au chômage, au RSA ou en situation d’inactivité, etc.»

La réforme Fillon de 2010 (augmentation de deux ans de l’âge d’ouverture des droits, à raison de quatre puis cinq mois par an entre les générations 1951 et 1955) s’est bien traduite par une augmentation du chômage des seniors. Selon l’Insee, la probabilité de se retrouver sans emploi à 60 ans s’est accrue de 7 points pour les hommes (à 0,11%) et de 6 points pour les femmes (à 0,10%) à lissue de la réforme.

«Le gouvernement veut concentrer ses économies sur les personnes qui se retrouvent aujourdhui aux portes de la retraite, souligne Michaël Zemmour. Ce sont des personnes qui, pour certaines, sont à deux ans du départ et qui seraient condamnées à patienter six mois de plus, alors même qu’elles ont déjà des projets.»

3. Une réforme impopulaire

Pour l’exécutif, la bataille de l’opinion est (très) loin d’être gagnée: 66% des Français se disent toujours opposés à un recul de l’âge de départ à la retraite, dont 72% des 50-64 ans, selon un récent sondage BVA pour Orange et RTL. Quant à lensemble des syndicats, ils continuent de tirer à boulets rouges sur une réforme dici à la fin du quinquennat. «Ce serait une erreur de la part du président de la République, estimait Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, début juin, sur RMC. Il y a d’autres problématiques plus urgentes, les questions d’emploi, de salaire, la question de la jeunesse.» Avant de conclure: «Reculer l’âge de la retraite, cotiser plus de trimestres le résultat est le même, ils veulent nous faire travailler plus longtemps. Donc, il faut rester mobilisés.»

Même son de cloche du côté des autres organisations syndicales. «Nous ne resterons pas larme au pied, prévient Michel Beaugas, secrétaire confédéral de FO. Si le gouvernement décide de persister, nous appellerons à la manifestation sans hésiter.»

 

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UN JOUR, UN JOUR PAR LOUIS ARAGON

4 Juillet 2021, 08:09am

Publié par PCF Villepinte

Tout ce que l'homme fut de grand et de sublime
Sa protestation ses chants et ses héros
Au-dessus de ce corps et contre ses bourreaux
A Grenade aujourd'hui surgit devant le crime

Et cette bouche absente et Lorca qui s'est tu
Emplissant tout à coup l'univers de silence
Contre les violents tourne la violence
Dieu le fracas que fait un poète qu'on tue

Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche

Ah je désespérais de mes frères sauvages
Je voyais je voyais l'avenir à genoux
La Bête triomphante et la pierre sur nous
Et le feu des soldats porté sur nos rivages

Quoi toujours ce serait par atroce marché
Un partage incessant que se font de la terre
Ente eux ces assassins que craignent les panthères
Et dont tremble un poignard quand leur main l'a touché

Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche

Quoi toujours ce serait la guerre la querelle
Des manières des rois et des fronts prosternés
Et l'enfant de la femme inutilement né
Les blés déchiquetés toujours des sauterelles

Quoi les bagnes toujours et la chair sous la roue
Le massacre toujours justifié d'idoles
Aux cadavres jeté ce manteau de paroles
Le bâillon pour la bouche et pour la main le clou

Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche.

LOUIS ARAGON

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DOSSIERS CGT

4 Juillet 2021, 08:00am

Publié par PCF Villepinte

 

FRANCE

La transition écologique : le choix d’une politique de développement humain

CGT PUBLIÉ LE 2 JUIL. 2021

 Le projet de loi "portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets" est en cours d'examen au Sénat.

Selon la procédure accélérée, le projet définitif sera voté à l'Assemblée nationale en septembre prochain.

Quels que soient les éventuels ajustements qui pourraient lui être apportés, ce texte demeure profondément antisocial et largement insuffisant quant à l'urgence climatique.

À la CGT, nous pensons qu'une loi issue des travaux de la Convention citoyenne pour le climat devrait être l'opportunité de bâtir une politique de développement humain durable telle que nous la défendons en tout lieu depuis de nombreuses années.

Une politique de justice sociale élaborée avec l'ensemble des travailleurs qui se fixe comme objectif de revaloriser le travail tant dans son contenu qu’en termes de salaire et de conditions de travail.

Cette loi aura sans aucun doute des effets très concrets dans nos vies quotidiennes ainsi que pour la plupart d’entre nous sur la réalité de notre travail.

Pour aider à mesurer les conséquences de ces choix et permettre à tous ceux qui le souhaitent d’intervenir collectivement pour contribuer à en changer les contour, la CGT porte à votre connaissance une série de fiches qui expliquent le contenu et les conséquences de certains de ses articles et met en débat des propositions concrètes permettant de tracer les contour d’une véritable politique sociale et environnementale.

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Pogacar écrase les sommets

4 Juillet 2021, 07:54am

Publié par PCF Villepinte

Le Grand-Bornand (Haute-Savoie), envoyé spécial.

Un spectre de feuilleton pour passionnés, quand se propageait, tout là-haut, des ondes de souffrances et de vibrations sur des corps élaborés. Nos héros vivants de Juillet, impassibles ou contraints, volontaires ou désabusés, découvrirent un ciel si bas que, à l’horizon, l’hostilité des Alpes se masquaient derrière les nuages en cette huitième étape, entre Oyonnax et Le Grand-Bornand (150,8 km).

De la pluie façon déluge, de l’humidité, du froid à liquéfier les ardeurs, comme si le Grand Départ breton collait à leurs roues en tant qu’épithète. Pour l’entrée officielle dans la haute montagne, le chronicoeur huma l’air frais pour conjurer les mauvais sorts et l’imminence de quelque-chose d’irrationnelle qu’on pourrait nommer «l’appréhension». Un parfum de feuilles tendres flottait et commençait de s’étouffer doucement sous le poids de la vitesse.

Tout de nerfs et de cernes après le parcours dantesque et quasiment historique de la veille vers Le Creusot, le peloton, dès le départ d’Oyonnax, s’étira en lambeaux sur des routes pré-grimpantes et nous voyions clairement à travers depuis un moment. Partis comme des furieux affamés, sur l’asphalte glissant, nous imaginions les dialogues spumescents et hallucinés qui couraient de bouches en bouches, chacun pensant maladroitement à part soi. Sauve-qui-pouvait.

Ce fut un train fou, absolument démentiel dès le kilomètre 0, que seule la quête de gloire ou d’absolu, dans les tréfonds des rares âmes grisées, pouvaient expliquer par sa logique furieuse et ambiguë. Des 177 rescapés, certains manquèrent vite à l’appel ou montrèrent d’inquiétants signes de lassitude, comme Chris Froome, pathétique quadruple vainqueur en pleine tentative survie (mais pour qui, pour quoi?). Ou encore Geraint Thomas, largué et à la peine dès les premiers hectomètres accidentés, ou le Français Pierre Latour, piégé avant même les cols. Sans parler de la «guêpe» Primoz Roglic, à la dérive, à l’agonie, se livrant aux tortures de plus en plus désordonnées de son supplice, de nouveau dépassé par les événements et tétanisé par les douleurs tenaces de sa chute en Bretagne. Seul, dépossédé, il erra en martyr, pour se lover enfin dans le gruppetto. Sans doute pour l’honneur, ultime valeur dont il fut encore capable dans son aliénation.

Après le festival des puncheurs et sprinteurs durant une semaine, les purs grimpeurs laisseraient nécessairement libre cours à leur sublimation. Car la route s’éleva sitôt l’heure du café post-déjeuner, sachant que les grandes difficultés répertoriées allaient s'enchaîner au-delà des 50 kilomètres de course. Profil impitoyable par temps de chien. D'abord les abordables côtes de Copponex (6,5 km à 4,4 %, troisième cat.) et de Menthonnex-en-Bornes (2,7 km à 4,9 %, quatrième cat.). Puis l’alignement assez terrifiant d’un raide triptyque de première catégorie : côte de Mont-Saxonnex (5,7 km à 8,3%), col de Romme (8,8 km à 8,9%) et col de la Colombière (7,5 km à 8,5%). Avant une descente vertigineuse vers le Grand-Bornand, où notre Julian Alaphilippe s’imposa en 2018.

Les images se déposaient en couches fines sur nos rétines dans un vacarme éternel. Pas de doute, il était écrit qu’il s’agirait d’une journée binaire. Survivre par l’exploit ; ou trépasser par la faiblesse. Pas de rhétorique en mode mineur, lorsqu’ils s’enfoncèrent dans l’épique. Dès la côte de Copponex (à 89 bornes du but!), une bagarre de luxe s’engagea et un groupe d’une vingtaine d’unités – parmi lesquels Tadej Pogacar ou Guillaume Martin – alluma une mèche trop peu incandescente sous les ondées. L’armada Ineos de Richard Carapaz, tout comme le maillot jaune Mathieu Van der Poelidor (Alcepin), revinrent d’un coup de pédale alerte.

Juste un prélude. Avant quelque oraison. Autant l’admettre, il fallut dès lors nous frotter les yeux pour tenter de discerner une logique autre que la vérité nue de la montagne sacrée. Car le Belge Wout Van Aert, jadis équipier de luxe de Roglic sur les routes du Tour et désormais leader des Jumbo, montra qu’ils savaient se nourrir de la maturation saccadée des aventures illustres. Il secoua le groupe des cadors, tous soumis à «la dure». Dans ce cyclisme d’audace réinventé, tels ces amoureux au bord d’un précipice, la part du cœur ne se réduisait en rien. Tout au contraire. Le Slovène Pogacar, prêt à contrer chaque velléité, veillait au grain. Son vélo oscillait déjà harmonieusement entre ses jambes, il semblait voler sans heurts et il s’appliquait férocement à dissimuler son aisance afin que personne n’en tirât avantage.

A portée de vue du plateau des Glières et des maquis de la Résistance, nous entrâmes alors dans ces endroits uniques de vérité nue, là où sur les à-pics les escaladeurs laissèrent le fardeau de la vie en commun et pratiquèrent cet art singulier que nos glorieux aïeux nommaient jadis «l’art de grimper». Nulle part ailleurs le Tour surgit à ce point d’une limpide définition. Pas de duperie, pas d’illusion.

A l’avant, suite à plusieurs tentatives, dix-huit fuyards prirent finalement leurs aises, jusqu’à près de sept minutes (Andersen, Henao, Martin, Paret-Peintre, Poels, Cattaneo, Yates, Elissonde, Teuns, Quintana, Castroviejo, Benoot, Woods, Izagirre, Armirail, Peters, Kuss et Juul Jensen). Quelque part entre les groupes, transit par les basses températures et l’ampleur du rideau de gouttes, nous aperçûmes le vétéran Alejandro Valverde se relever et renoncer à jouer la gagne. Dans les lacets détrempés, sur le fil du rasoir, il y eut des chutes en pagailles, commuant le spectacle en peur cadencée. La geste de la Grande Boucle en haute dramaturgie.

Se dressa le col de Romme, maudite montée nimbée dans la pénombre. Nous assistâmes au grand ménage d’été par essorage, sous l’impulsion de l’équipe UAE de Pogacar. A bout de souffle, Mathieu Van der Poel plia définitivement ses ailes jaunes – gloire au petit-fils de Raymond Poulidor. Puis ce fut au tour de Wout Van Aert, Rigoberto Uran, Vincenzo Nibali… et Julian Alaphilippe.

La pénombre se transforma en crépuscule pour les hardis. Dès lors, Pogacar en personne s’envola vers les cimes, suivi un bref instant par l’Equatorien Richard Carapaz (Ineos), le vrai-faux dauphin. Le tenant du titre s’installa dans ce dodelinement fastueux, signant par l’agilité ce moment où la force d’un homme claqua la porte et imposa à sa volonté le divorce d’avec les autres. Du panache, assurément. Faute de mieux, comment l’exprimer autrement?

L’improbable homme-machine, à son faîte, avala ensuite le col de la Colombière sur un rythme identique, usant du grand plateau, écrasant les braquets (53x30) et le Tour avec. Ahurissante impression de performance extrême. Sous les nuages ourlés de plomb, nous en oubliâmes qu’il y avait toujours des échappés à l’avant-garde.

Comme on dit dans le jargon, Pogacar «ramassa tout le monde» dans les pourcentages, sauf le Belge Dylan Teuns (Bahrain), qui, au point culminant, à 1618 mètres, plongea vers le Grand-Bornand. A tombeau ouvert, ce dernier dévala la descente-patinoire et vint quérir une victoire de prestige, en solitaire. Pogacar, flanqué de Woods et Izagirre, coupa la ligne avec plus de trois minutes d’avance sur le groupe Carapaz et Lutsenko, cinq sur Van Aert, près de vingt sur Van der Poel. Un gouffre venait de se creuser entre le Slovène et tous les autres, renvoyés au rang de figurants.

Le chronicoeur, lui aussi tout de nerfs et de cernes devant tant d’orgueil projeté par un frêle bonhomme venu de Slovénie, se força à percevoir la poursuite – ou le début – d’une œuvre élégiaque sur des monts historiques. Alentour, un parfum de feuilles tendres flottait en effet dans le chaos et commençait de s’étouffer doucement sous le poids du « moment » Pogacar.

[ARTICLE publié sur Humanite.fr, 3 juillet 2021.]

Publié par Jean-Emmanuel Ducoin 

 

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Bulles d’Humanité : les 8 finalistes de notre prix de la BD citoyenne

3 Juillet 2021, 08:35am

Publié par PCF Villepinte

Samedi 3 Juillet 2021

L'Humanité Michaël Mélinard

Après «Révolution», de Grouazel et Locard, en 2019, puis «les Deux Vies de Pénélope», de Judith Vanistendael, en 2020, qui remportera le prix de la BD citoyenne? Tour dhorizon des huit finalistes.

Qui succédera à « Révolution », de Younn Locard et Florent Grouazel (Actes Sud, «lAn 2»), et aux « Deux Vies de Pénélope », de Judith Vanistendael (le Lombard), dans cette troisième édition du prix Bulles d’Humanité, récompensant la meilleure bande dessinée citoyenne de l’année? Le suspense demeure mais, déjà, huit finalistes, dont «lHumanité Dimanche» publie tout l’été les premières pages, ont été sélectionnés par le jury.

Comme d’habitude, le prix Bulles d’Humanité est décerné à la Fête de l’Humanité. La remise se déroulera le dimanche 12 septembre, à 15 heures. À l’instar des précédentes éditions, le prix est généreusement doté par le Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS). Ainsi, en plus du trophée, le lauréat se voit remettre un chèque de 1000 euros. Une nouvelle fois, lhistoire occupe une place de choix parmi les finalistes.

L’histoire ouvrière d’abord, représentée dans trois ouvrages, offrant chacun un récit singulier sur l’usine, la répression et l’exploitation. Ainsi, avec «le Pas de la Manu» (Actes Sud, «lAn 2»), Baptiste Deyrail simmisce dans lexistence dun gars de la MAS, la Manufacture darmes de Saint-Étienne, qui, avec les chutes de métaux, construit un bateau. Lintrigue salue le savoir-faire et les traditions de ces ouvriers, mais accueille aussi des échos de la guerre d’Algérie qui éclaire celle-ci sous un nouveau jour.

Alex W. Inker, finaliste l’an passé avec le formidable « Un travail comme un autre » (Sarbacane), est à nouveau en lice avec «Fourmies la Rouge» (Sarbacane), récit dense des heures qui ont précédé le massacre de grévistes, le 1 er mai 1891, dans la ville de Fourmies. L’auteur se concentre sur six personnages avec un sens aigu des dialogues et un travail passionnant autour de la langue et des patois ch’tis.

Cy traverse, elle, l’Atlantique avec «Radium Girls» (Glénat) pour suivre, dans l’immédiate après-Première Guerre mondiale, les autoproclamées Ghost Girls, les filles fantômes. Ces ouvrières d’une fabrique de radium se badigeonnaient les lèvres et les ongles avec cette substance luisante dont elles ignoraient la dangerosité.

L’histoire littéraire, ensuite, avec «Mademoiselle Baudelaire» (Dupuis). Yslaire s’intéresse au destin de Jeanne Duval, danseuse noire, maîtresse et muse du poète Charles Baudelaire dans le Paris artistique du XIX e siècle.

Puis l’histoire de la guerre de Corée dont les résonances continuent d’exacerber les tensions: «lAttente» (Futuropolis) de Keum Suk Gendry-Kim, déjà récompensée par une mention en 2019 avec «les Mauvaises Herbes» (Delcourt), utilise lautofiction pour évoquer le traumatisme des familles séparées par le 38 e parallèle.

Zehra Dogan, une journaliste kurde emprisonnée dans les geôles d’Erdogan, a dessiné depuis sa cellule «Prison n° 5» (Delcourt) un terrifiant récit autobiographique de sa réclusion.

«Une vie dhuissier» (Actes Sud), de Dav Guedin, exhume le journal intime d’un huissier de justice dont l’introspection évoque sa difficulté croissante à assumer son travail rythmé par des expulsions locatives ou des recouvrements de dettes.

Enfin, avec «le Chœur des femmes» (le Lombard), une adaptation du roman homonyme de Martin Winckler, Aude Mermilliod explore les questions de genre et les souffrances gynécologiques avec une jeune interne brillante et revêche confrontée à un médecin atypique, travaillant en marge des consignes de l’institution hospitalière.


 

 

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Sans La Nommer par Georges Moustaki

3 Juillet 2021, 08:21am

Publié par PCF Villepinte

Sans La Nommer par Georges Moustaki

 

Je voudrais, sans la nommer,
Vous parler d'elle
Comme d'une bien-aimée,
D'une infidèle,
Une fille bien vivante
Qui se réveille
A des lendemains qui chantent
Sous le soleil.

{Refrain:}
C'est elle que l'on matraque,
Que l'on poursuit que l'on traque.
C'est elle qui se soulève,
Qui souffre et se met en grève.
C'est elle qu'on emprisonne,
Qu'on trahit qu'on abandonne,
Qui nous donne envie de vivre,
Qui donne envie de la suivre
Jusqu'au bout, jusqu'au bout.

Je voudrais, sans la nommer,
Lui rendre hommage,
Jolie fleur du mois de mai
Ou fruit sauvage,
Une plante bien plantée
Sur ses deux jambes
Et qui trame en liberté
Ou bon lui semble.

{Refrain}

Je voudrais, sans la nommer,
Vous parler d'elle.
Bien-aimée ou mal aimée,
Elle est fidèle
Et si vous voulez
Que je vous la présente,
On l'appelle
Révolution Permanente !

{Refrain}

 

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Van der Poel, ou l’attitude majuscule

3 Juillet 2021, 08:14am

Publié par PCF Villepinte

Même le monde le plus sérieux, le plus rigide, même le vieil ordre cède parfois devant l’exigence de l’audace. Alors nous le regardons vaciller puis s’incliner, au moins momentanément, face à ceux qui forcent les portes et rehaussent leurs propres récits en épousant les pas de la grande Histoire. Le peloton n’avait pas encore parcouru cinquante kilomètres de cette septième étape entre Vierzon et Le Creusot (249,1 km), la plus longue depuis vingt-et-un ans, que, subitement, nous trouvâmes une définition assez parfaite à cette «vélorution» que nous imposent certains cadors es-déconstruction.

Casser les normes, dépasser les frontières: voilà à quoi s’attachèrent, dès le matin, Mathieu Van der Poel, Wout Van Aert et Julian Alaphilippe, partis dans une tentative d’échappée royale. Ce fut la première étincelle, celle qui nous incita à croire que ce vendredi de plein soleil, sur un parcours long, sublime et très accidenté, ne ressemblerait à aucun autre.

Si l’escarmouche des trois puncheurs suscita la réaction des armadas, qui l’étouffa dans l’œuf aussitôt, elle mit le feu aux mollets des 177 rescapés. Car peu après, au kilomètre 45, alors qu’il en restait plus de deux-cents pour rallier l’arrivée, nous dûmes nous frotter les yeux. Car Van Aert en remit une couche, comme par provocation. Ce ne fut plus une flammèche, mais un feu de plaine sur la Grande Boucle qui se courba, avant de bomber le torse en retrouvant ce supplément d’âme des orgueilleux.

D’ailleurs, qui alla cueillir l’impétrant? Van der Poelidor, le maillot jaune en personne. Et le spectacle qui suivit releva de la chronique de l’inattendu. Beaucoup sautèrent dans les roues des deux champions et pas moins de vingt-neuf coureurs en tout s’installèrent dans l’«échappée du jour» – peut-être celle du Tour! – qui dégrafa les certitudes et provoqua dans la caravane cette onde de choc que nous n’imaginions plus possible. 

Imaginez un peu. Parmi tous ces fuyards, que nous ne nommerons pas tous, dix d’entre eux avaient déjà remporté au moins une étape dans leur carrière : Mark Cavendish (32), Vicenzo Nibali (6), Wout Van Aert (3), Simon Yates (2), Soren Kragh Andersen (2), Philippe Gilbert (1), Magnus Cort (1), Jan Bakelants (1), Mike Teunissen (1) et Mathieu Van der Poel (1).

Des noms à rendre jaloux le moindre connaisseur et à ouvrir la boîte aux fantasmes. Vous l’aviez compris, cette fois manquait à l’appel Alaphilippe. Et surtout Tadej Pogacar, piégé avec toute son équipe UAE – contrainte de se mettre durement à la planche toute la journée, bien avant l’heure des cols.

Sur le moment, le chronicoeur se remémora les grands moments d’adrénaline de ses trente-deux Tours, repensant à toutes ces illusions noyées dans la normalité robotisée, biologisée. Et puis, vingt, trente, cinquante kilomètres plus tard, quand l’avance de cette troupe bordée d’expérience dépassa les trois minutes, jusqu’à dépasser les six, il était temps de rouvrir le grand livres des Illustres en se creusant les méninges: quelque chose d’étonnant venait de se produire.

Si étonnant que nous en étions déjà à imaginer l’avenir, les jours prochains, et ce qu’il faudrait comme débauche d’énergie à Pogacar et consorts pour venir à bout de cet étonnant Van der Poel, capable décidément de tout, y compris de se jouer d’une topographie hyper favorable – à la veille des Alpes et la montée vers le Grand-Bornand – en s’octroyant le luxe suprême d’être accompagné dans son aventure épique par quelques-uns des meilleurs rouleurs et des plus durs à cuir du cyclisme moderne. Renversant de cran, de conviction et de cœur!

Nous l’avions déjà écrit, répétons-nous: il n’y a plus que notre champion du monde pour dé-normaliser le vélo. Par son talent, mais aussi par ses manières désinhibées, qui permettent aux foules de se réincarner dans la figure du forçat de chair et d’os, souffrant et courageux, Van der Poel redonne lui aussi du sacré au sacré et propage, depuis qu’il a revêtu le paletot jaune qui a tant manqué à son grand-père Raymond Poulidor, une espèce d’utopie populaire, mélange de traditions racinaires (la lignée familiale) et d’anticonformisme (la prise de risque comme définition à sa façon «d’être» cycliste).

Autant l’admettre. Confronté à une telle félicité de la course, si souvent improbable comme le surgissement de ces événements imprévisibles qui donnent sel et corps à l’existence, le chronicoeur surgissait enfin dans ce Tour d’une parfaite définition: l’onirisme réinventé. Celui qui oblige les acteurs.

Certes, le profil tranchait avec les trois dernières étapes en ligne, en particulier dans les 100 derniers kilomètres. Après Nevers et Château-Chinon, la traversée du Morvan offrait en effet un terrain propice aux baroudeurs, avec un enchaînement de montées et descentes qui pouvaient constituer autant de tremplins à des attaquants inspirés et solides. Il y avait même tout lieu d’imaginer que cet exercice quatre-pattes fournirait des enseignements sur l’attitude que comptaient adopter les perdants du grand coup frappé par Pogacar lors du chrono de Laval.

Cette sorte de Liège-Bastogne-Liège en miniature comportait même cinq côtes classées. Le sommet du Signal d'Uchon (5,7 km à 5,7%), ascension redoutable dotée de bonifications pour les trois premiers au sommet, était situé à 18 kilomètres de l'arrivée, avant une dernière petite côte aux 8 kilomètres. «Il était évident que les puncheurs se régaleraient, dans le final, on enchaîne les difficultés», expliqua Thierry Gouvenou, le traceur-en-chef de l’épreuve, qui précisa que la ville d'arrivée avait précisément été choisie à cause de l'inédit et spectaculaire Signal d'Uchon, appelé «la perle du Morvan». Sorte de prélude à la grande montagne, par l’innovation topographique mêlant étroitesse des routes et beauté des paysages. Rendons grâce aux traceurs de la Grande Boucle.

Sous la chaleur, tout se disloqua. A l’avant, à l’arrière, partout. Magistrale bagarre, à tous les points cruciaux de la course. Parmi les éclaireurs, réduits à 23 avant un écrémage définitif dans les parties escarpées, trois courageux prirent la poudre (Mohoric, Van Moer et Stuyven) et les attaques se succédèrent à la volée. De la frénésie à tous les étages. Le peloton, lui, ressortit du Signal d'Uchon totalement essoré, éparpillé en pièces détachées, à l’image du Slovène Primoz Roglic, à la limite de l’agonie (un débours de quatre minutes à l’arrivée sur Pogacar).

Nous vîmes même Van der Poelidor s’installer dans ce petit dodelinement anxieux qui témoignait de la douleur physique, sinon de ses limites, bien qu’il parvînt à suivre une nouvelle offensive de Van Aert. Un autre Slovène – mais combien sont-ils? – sortit alors de sa boite, Matej Mohoric (Bahrain), 26 ans, qui faussa compagnie à l’avant-garde et s’envola vers une victoire de prestige dans les rues du Creusot, à quelques encablures du vieux Marteau Pilon, transformé en monument, témoin du glorieux passé industriel de la ville.

Restait l’essentiel. Mathieu Van der Poel et Wout Van Aert provoquèrent un beau ménage au classement général, désormais premier et deuxième, avec près de quatre minutes d’avance sur Pogacar. Le maillot jaune néerlandais, héritier de la légende, venait de suivre la vieille coutume du vélo : la meilleure défense se niche parfois dans l’attaque. Notre Van der Poelidor signa d’une attitude majuscule la très haute idée que nous nous faisons du Tour. Et sachez-le. Par un sortilège effarant, les images de cette journée devinrent – déjà – des souvenirs. 

[ARTICLE publié sur Humanite.fr, 2 juillet 2021.]

Publié par Jean-Emmanuel Ducoin 

 

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Balade Des Dames Du Temps Jadis Écrit Par François Villon

2 Juillet 2021, 07:46am

Publié par PCF Villepinte

Dites-moi où, n'en quel pays,
Est Flora la belle Romaine,
Archipiades, ne Thaïs,
Qui fut sa cousine germaine,
Echo, parlant quant bruit on mène
Dessus rivière ou sur étang,
Qui beauté eut trop plus qu'humaine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

Où est la très sage Héloïs,
Pour qui fut châtré et puis moine
Pierre Esbaillart à Saint-Denis ?
Pour son amour eut cette essoine.
Semblablement, où est la roine
Qui commanda que Buridan
Fût jeté en un sac en Seine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

La roine Blanche comme un lis
Qui chantait à voix de sirène,
Berthe au grand pied, Bietrix, Aliz,
Haramburgis qui tint le Maine,
Et Jeanne, la bonne Lorraine
Qu'Anglais brûlèrent à Rouen ;
Où sont-ils, où, Vierge souvraine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

Prince, n'enquerrez de semaine
Où elles sont, ni de cet an,
Que ce refrain ne vous remaine :
Mais où sont les neiges d'antan ?

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Les élue.s du groupe communistes, insoumis et citoyens

2 Juillet 2021, 07:39am

Publié par PCF Villepinte

Les élu.e.s du groupe "Communiste, Insoumis et Citoyen" Seine-Saint-Denis

Présidente du groupe Emilie LECROQ au centre de la photo

Vos nouveau élu-e-s au Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis (de gauche à droite, premier et arrière-plan)

- Silvia CAPANEMA / Canton Stains Saint Denis / Présidente de la deuxième commission Transports...

- Pierre LAPORTE / Canton Canton Trembaly-en-France Vaujours Coubron Montfermeil / Président de la 3ème commission Solidarité , santé, insertion, famille

- Pascale LABBE/ Canton Noisy-le-Sec Bobigny
2ème vice-présidente chargée de l’égalité femmes-hommes

- Abdel SADI / Canton Bobigny Noisy-le-Sec
Conseiller départemental délégué aux relations internationales et européennes

- Emilie LECROQ / Canton Saint Ouen L'ile Saint Denis Epinay / Présidente du groupe / Présidente de la 4ème commission Culture...

- Dominique DELLAC / Canton Trembaly-en-France Vaujours Coubron Montfermeil
8ème vice-présidente chargée du patrimoine culturel, de la mémoire, du tourisme et de l’éducation artistique et culturelle

- Stéphane BLANCHET / Canton Sevran Villepinte
9ème vice-président chargé de l’autonomie

- Belaïde BEDREDDINE / Canton Montreuil 1
5ème vice-président chargé de l’écologie urbaine

- Azzedine TAIBI/ Canton Stains Saint Denis
Conseiller départemental délégué à la lutte contre la fracture numérique

 

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