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Joachim Du Bellay Les Regrets

8 Juillet 2021, 10:14am

Publié par PCF Villepinte

 

Joachim Du Bellay

 

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cettui-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !
 
Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m’est une province et beaucoup davantage ?
 
Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux :
Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine,
 
Plus mon Loire Gaulois que le Tibre Latin,
Plus mon petit Liré que le mont Palatin,
Et plus que l’air marin la douceur Angevine.

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Un second projet de réforme des retraites, paramétrique, électoraliste et explosif

8 Juillet 2021, 10:03am

Publié par PCF Villepinte


NVO  1 juillet 2021 | 

 

Pour des raisons électoralistes à dix mois de la présidentielle, Emmanuel Macron tente une nouvelle réforme des retraites. Estampillée «de droite», contestée par tous les syndicats, elle repose sur le recul de l'âge de départ à la retraite et pourrait être explosive, car inutile et injuste.

 

Et c'est reparti! Un nouveau projet de réforme des retraites se profile à l'agenda du gouvernement, estampillé de droite. Exit, les textes de loi instaurant un système de retraite universel par points votés début mars 2020 et remisés en raison de la crise sanitaire. Cette réforme systémique ne pourra pas «être reprise en l'état» d'ici la fin du quinquennat, car elle est «trop ambitieuse, extrêmement complexe, (…) porteuse d'inquiétude» avait expliqué Emmanuel Macron lors de sa visite dans le Lot, début juin.

Mais il avait aussi annoncé des «décisions difficiles» en même temps que des gestes en faveur des «petites retraites». Nous y sommes. Les incertitudes quant aux conditions de sortie de la crise sanitaire ne sont pourtant pas plus favorables à une nouvelle réforme des retraites qu'à celle de l'assurance chômage, recalée pour l'heure par le Conseil d'État après avoir fait l'unanimité des organisations syndicales contre elle.

Qu'à cela ne tienne. Si un tel projet peut encore voir le jour d'ici à la fin du quinquennat, il ne sera vraisemblablement mis en œuvre qu'après le scrutin présidentiel d'avril prochain, ce qui en fait donc d'abord un argument électoral. Car en s'attaquant aux retraites le déjà candidat Macron espère couper l'herbe sous le pied des Républicains, relativement requinqués par leurs résultats aux élections régionales.

Séduire à droite avec une réforme paramétrique

Si le chef de l'État doit s'exprimer avant le 14 juillet sur les dix mois restants de sa présidence, son ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, pose les premiers jalons concernant ce très explosif projet de réforme des retraites.

Ce mardi 29 juin, sur la chaîne CNews, il s'est ainsi dit favorable à ce que le gouvernement repousse l'âge de départ à la retraite. Le quotidien Les Échos avance un recul de l'âge légal de départ à la retraite à 64 ans, certains observateurs affirmant que ce serait à partir de la génération née en 1961.

Autrement dit, alors que le pays n'est même pas encore sorti de la crise sanitaire inédite due à la pandémie de Covid, que les conséquences de la mise sous cloche de l'économie pendant plus d'un an sont encore palpables, l'exécutif n'a d'autre priorité que de séduire l'électeur de droite, toujours très sensible aux signaux de «sérieux budgétaire».

D'ores et déjà, Bruno Le Maire affiche sa volonté de faire faire des économies à l'État (sur le dos des Français) pour enclencher rapidement une trajectoire de redressement des finances publiques. Grand classique, l'opération commence par les retraites, identifiées comme l'un des postes les plus dispendieux. Sur le sujet, d'autres chevaux de bataille traditionnels pourraient ressurgir : la suppression des régimes spéciaux ou encore la nécessité de remettre les Français au travail, au motif que leurs voisins européens travailleraient plus longtemps qu'eux ou que l'espérance de vie augmente.

Des arguments frappés au coin du bon sens claironnent leurs tenants, qui passent sous silence l'injustice d'un tel projet pour les personnes qui ont commencé à travailler très jeunes ou occupent des emplois pénibles. «C'est l'intérêt des Français et l'intérêt de la France que tout le monde, globalement, que notre pays, travaille davantage», a ainsi poursuivi Bruno Le Maire sur CNews, comme si l'emploi courait les rues et qu'il ignorait que plus de 6 millions de personnes sont inscrites à Pôle Emploi.

S'il a concédé qu'«il n'y a que le président de la République qui peut évaluer» le calendrier d'une telle réforme, «moi, mon expérience, c'est qu'on n'a jamais intérêt en politique à remettre à demain ce qu'on peut faire aujourd'hui.», a-t-il tout de même ajouté.

Les syndicats sont vent debout contre le recul de l'âge de départ à la retraite et pour 75 % des Français la relance économique est la priorité avant la présidentielle de 2022

Chasser sur les terres de la droite est une chose. Envisager d'engager une réforme des retraites, sans débat politique, quelques mois avant l'élection présidentielle en est une autre. L'idée est rejetée par 55 % des Français (sondage OpinionWay pour Les Échos et Radio Classique) et provoque la levée de boucliers des organisations syndicales.

«J'en ai marre qu'on fasse de ce sujet, comme de celui de l'Assurance chômage, un objet électoraliste déconnecté du réel» a résumé, excédé, Yves Veyrier, le secrétaire général de FO. Sur RMC, lundi 7 juin, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT a quant lui estimé que «ce serait une erreur de la part du président de la République de remettre ça sur la table (…) Il y a d'autres problématiques plus urgentes, les questions d'emploi, les questions de salaires, la question de la jeunesse. Ça, il faudrait s'en occuper rapidement». Laurent Berger (CFDT) ou François Hommeril (CFE-CGC) ne disent pas autre chose.

Tous sont excédés au plus haut point par le scénario d'une réforme paramétrique au moment où ils veulent inscrire la question de l'emploi à l'ordre du jour de la prochaine conférence sociale (manque de visibilité et risque de défaillances pour de nombreuses entreprises, explosion de la précarité, etc.) 75 % des personnes sondées par OpinionWay jugent d'ailleurs que la relance économique est prioritaire d'ici à l'élection présidentielle d'avril 2022, contre 32 % (surtout LREM et LR) qui se positionnent en faveur d'une réforme des retraites.

«Les retraites sont un sujet d'inquiétude, note l'institut de sondage, mais elles ne sont pas prioritaires.» Reste que la retraite à points avait jeté des centaines de milliers de manifestants dans les rues jusqu'en 2020. Même groggy suite à la crise sanitaire, les Français ne sont certainement pas prêts à se laisser imposer le report de l'âge de départ à la retraite avec lequel Emmanuel Macron entend clôturer son quinquennat.

Une multitude de scénarios sont sur la table gouvernementale pour réformer les retraites, mais tous relèvent l'âge de départ à la retraite

Depuis plusieurs mois, Laurent Pietraszewski, le monsieur retraite du gouvernement, planche sur divers scénarios : accélération de la réforme Touraine qui porte doucement la durée de cotisation à 43 annuités en 2032 et rapporterait un demi-milliard par an d'ici à 2025; suppression des régimes spéciaux dont l'avantage serait plus politique que financier puisque seuls les nouveaux entrants seraient concernés comme à la SNCF; relèvement de l'âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans à des rythmes plus ou moins rapides, sachant que plus il est effréné (par paliers de 6 mois par an par exemple, en commençant par les personnes nées en 1961 qui partiraient à 62 ans et 6 mois), plus il permet de faire des économies importantes.

La Cour des comptes et les économistes Olivier Blanchard et Jean Tirole ont également apporté leur écot à la réflexion. Dans leur rapport «Une stratégie de finances publiques pour la sortie de crise» remis le 15 juin, les magistrats financiers préconisent eux aussi, outre le renforcement de la croissance, de relever l'âge de la retraite, élément clé, selon eux, de la baisse des dépenses publiques. Rien de neuf.

Quant aux deux éminents économistes, auteurs d'un rapport sur les grands défis économiques, remis à Emmanuel macron le 23 juin, ils verraient bien une relance de la réforme par points couplée à un relèvement de l'âge moyen de départ à la retraite, «en renforçant les incitations à travailler au-delà de l'âge minimum de départ». De plus, ils exhortent le gouvernement à «aller vite». Sur ce point, ils pourraient être suivis. Voulant prendre de vitesse les opposants au projet, les partisans d'une réforme rapide et coûte que coûte, tels que Bruno Le Maire, pressent le Président de la République d'introduire un report de l'âge légal de départ à la retraite à 64 ans dans le prochain projet de loi de finances de la sécurité sociale (PLFSS).

Le COR n'est pas alarmiste : si le déficit des régimes de retraites est de 13 milliards d'euros en 2020, ce n'est que conjoncturel

Paradoxalement, les constats recueillis par l'exécutif sont tous plus alarmistes les uns que les autres, alors que les analyses du Conseil d'orientation des retraites ne le sont pas. Et pour cause, le déficit de 13 milliards affiché en 2020 par les régimes de retraites — qui devrait passer sous la barre des 10 milliards d'euros en 2020 — résulte de cotisations non perçues pendant la crise sanitaire : le chômage partiel n'entraîne pas de cotisations, des retards de paiement, liés aux reports, vont forcément être rattrapés et des emplois ont été perdus engendrant des pertes de cotisations. Concrètement : l'activité a chuté de 8 % en 2020 ce qui a mécaniquement provoqué une chute des recettes en cotisations alors que les dépenses (versement des pensions de retraites) sont restées stables.

Or, sauf à penser que la crise sanitaire est structurelle et non pas conjoncturelle, l'activité va repartir et venir peu à peu renflouer le déficit. Rien donc qui puisse valablement justifier autant de fébrilité autour des retraites et d'une réforme, in fine inutile.

Cela d'autant moins que le relèvement de l'âge de départ à la retraite n'a jamais été le paramètre pertinent pour réduire la dépense publique : les mesures d'âge font bien baisser le déficit des retraites, mais comme elles créent du chômage (les emplois ne se libèrent pas) elles font augmenter celui de l'assurance chômage. Mauvais calcul quand le financement des retraites nécessite une relance de l'activité capable de créer des emplois correctement rémunérés.

De tous les grands pays, la France a en effet le plus faible taux d'emploi des jeunes et des séniors dû à un déficit en matière de formation, notamment tout au long de la vie. Autant de problèmes bien français qui pourraient être réglés si les pouvoirs publics y portaient au moins autant d'attention qu'à la réduction de la dépense publique. Las! Investir dans l'intérêt général étant de moins en moins leur fort, il est attendu de chacun qu'il se prenne en charge.

C'est en quelque sorte ce qui se produit avec le projet de réforme qui est dans les tuyaux puisqu'en fait si l'exécutif s'acharne à trouver de l'argent du côté des retraites (et donc des actifs), c'est surtout pour financer d'autres dispositifs comme ceux qui pourraient concerner le grand âge ou encore la revalorisation des petites pensions. Ou comment déshabiller Paul pour habiller Jacques. Un autre grand classique.

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Jovenel Moïse assassiné : stopper la spirale de la violence !

8 Juillet 2021, 09:46am

Publié par PCF Villepinte

Cela fait maintenant des mois et des mois que le peuple haïtien affronte violence politique, autoritarisme, inégalités sociales et économiques sous un silence « complice » de l’Europe et des États-Unis.

Aujourd’hui, le président Jovenel Moïse, fortement contesté depuis des mois a été assassiné dans sa résidence privée d’après une information donnée par son Premier ministre par intérim, Claude Joseph, qui n’aura tenu ce poste que quatre mois.

Ce pays traverse une crise d’une violence inouïe depuis des mois où kidnappings, enlèvements avec demandes de rançon, assassinats, disparitions se multiplient. Elle a touché aujourd’hui le sommet de l’État.

Cet assassinat illustre l’extrême dégradation de la situation dans ce pays et le chaos qui y règne.

Le Parti communiste français condamne toutes les formes de violence et exprime sa profonde inquiétude sur la situation qui pourrait découler de cet acte odieux.

Il est évident que le peuple haïtien a besoin encore plus aujourd’hui de solidarité internationale, de coopération permettant démocratie, lutte contre la corruption, justice sociale, paix, lutte contre la pauvreté et sûrement pas du chaos de la violence.

Parti communiste français
Paris, le 7 juillet 2021

 

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La mort du loup Alfred de Vigny

7 Juillet 2021, 07:33am

Publié par PCF Villepinte

Les nuages couraient sur la lune enflammée
Comme sur l’incendie on voit fuir la fumée,
Et les bois étaient noirs jusques à l’horizon.
Nous marchions sans parler, dans l’humide gazon,
Dans la bruyère épaisse et dans les hautes brandes,
Lorsque, sous des sapins pareils à ceux des Landes,
Nous avons aperçu les grands ongles marqués
Par les loups voyageurs que nous avions traqués.
Nous avons écouté, retenant notre haleine
Et le pas suspendu. — Ni le bois, ni la plaine
Ne poussait un soupir dans les airs ; Seulement
La girouette en deuil criait au firmament ;
Car le vent élevé bien au dessus des terres,
N’effleurait de ses pieds que les tours solitaires,
Et les chênes d’en-bas, contre les rocs penchés,
Sur leurs coudes semblaient endormis et couchés.
Rien ne bruissait donc, lorsque baissant la tête,
Le plus vieux des chasseurs qui s’étaient mis en quête
A regardé le sable en s’y couchant ; Bientôt,
Lui que jamais ici on ne vit en défaut,
A déclaré tout bas que ces marques récentes
Annonçait la démarche et les griffes puissantes
De deux grands loups-cerviers et de deux louveteaux.
Nous avons tous alors préparé nos couteaux,
Et, cachant nos fusils et leurs lueurs trop blanches,
Nous allions pas à pas en écartant les branches.
Trois s’arrêtent, et moi, cherchant ce qu’ils voyaient,
J’aperçois tout à coup deux yeux qui flamboyaient,
Et je vois au delà quatre formes légères
Qui dansaient sous la lune au milieu des bruyères,
Comme font chaque jour, à grand bruit sous nos yeux,
Quand le maître revient, les lévriers joyeux.
Leur forme était semblable et semblable la danse ;
Mais les enfants du loup se jouaient en silence,
Sachant bien qu’à deux pas, ne dormant qu’à demi,
Se couche dans ses murs l’homme, leur ennemi.
Le père était debout, et plus loin, contre un arbre,
Sa louve reposait comme celle de marbre
Qu’adoraient lesRomains, et dont les flancs velus
Couvaient les demi-dieux Rémus et Romulus.
Le Loup vient et s’assied, les deux jambes dressées
Par leurs ongles crochus dans le sable enfoncées.
Il s’est jugé perdu, puisqu’il était surpris,
Sa retraite coupée et tous ses chemins pris ;
Alors il a saisi, dans sa gueule brûlante,
Du chien le plus hardi la gorge pantelante
Et n’a pas desserré ses mâchoires de fer,
Malgré nos coups de feu qui traversaient sa chair
Et nos couteaux aigus qui, comme des tenailles,
Se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles,
Jusqu’au dernier moment où le chien étranglé,
Mort longtemps avant lui, sous ses pieds a roulé.
Le Loup le quitte alors et puis il nous regarde.
Les couteaux lui restaient au flanc jusqu’à la garde,
Le clouaient au gazon tout baigné dans son sang ;
Nos fusils l’entouraient en sinistre croissant.
Il nous regarde encore, ensuite il se recouche,
Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche,
Et, sans daigner savoir comment il a péri,
Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri.

II

J’ai reposé mon front sur mon fusil sans poudre,
Me prenant à penser, et n’ai pu me résoudre
A poursuivre sa Louve et ses fils qui, tous trois,
Avaient voulu l’attendre, et, comme je le crois,
Sans ses deux louveteaux la belle et sombre veuve
Ne l’eût pas laissé seul subir la grande épreuve ;
Mais son devoir était de les sauver, afin
De pouvoir leur apprendre à bien souffrir la faim,
A ne jamais entrer dans le pacte des villes
Que l’homme a fait avec les animaux serviles
Qui chassent devant lui, pour avoir le coucher,
Les premiers possesseurs du bois et du rocher.

Hélas ! ai-je pensé, malgré ce grand nom d’Hommes,
Que j’ai honte de nous, débiles que nous sommes !
Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,
C’est vous qui le savez, sublimes animaux !
A voir ce que l’on fut sur terre et ce qu’on laisse
Seul le silence est grand ; tout le reste est faiblesse.
– Ah ! je t’ai bien compris, sauvage voyageur,
Et ton dernier regard m’est allé jusqu’au coeur !
Il disait :  » Si tu peux, fais que ton âme arrive,
A force de rester studieuse et pensive,
Jusqu’à ce haut degré de stoïque fierté
Où, naissant dans les bois, j’ai tout d’abord monté.
Gémir, pleurer, prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le Sort a voulu t’appeler,
Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler.  »

 

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Disparition. Axel Kahn, le courage, l’humanité et le combat jusqu’au bout

7 Juillet 2021, 07:26am

Publié par PCF Villepinte

Axel Kahn, le 5 avril 2016 à Bordeaux. Le médecin aura fait de sa vie une lutte au service des autres. © Constant Formé-Bècherat / Hans Lucas via AFP

Mercredi 7 Juillet 2021

L'Humanité Anna Musso

Le généticien, médecin humaniste et brillant essayiste est mort à l’âge de 76 ans, des suites d’un cancer incurable, qui s’était récemment aggravé. Retour sur son chemin de vie exemplaire, jusqu’à la fin.

Ce matin, le loup a desserré ses mâchoires. Axel Kahn, «Axel le loup», comme il signait ses derniers messages sur les réseaux sociaux, en référence au bouleversant poème d’Alfred de Vigny, s’en est allé à l’âge de 76 ans. Se sachant atteint d’un cancer incurable qui s’était récemment aggravé, le scientifique de renom, humaniste et engagé, avait choisi la compagnie de cet animal totem pour arpenter «  cette dernière phase de (son) itinéraire».

 « Tant que mes mâchoires pourront mordre le cancer, lui faire mal, protéger les personnes, elles ne se desserreront pas. Après ma mort, d’autres mordront avec plus de rage encore», postait-il le 11 mai, au moment où il annonçait le retrait prochain de ses fonctions de président de la Ligue contre le cancer.

Icon QuoteTouché par ses mots, son humilité, sa sincérité, je veux saluer l’humanisme d’Axel Kahn. Merci infiniment.  FABIEN ROUSSEL, SECRÉTAIRE NATIONAL DU PCF

Un homme exemplaire jusqu’au bout

Quinze jours plus tard, il publiait une bouleversante lettre d’adieu qui forçait l’admiration: «Je vais mourir, bientôt. Tout traitement à visée curative est désormais sans objet. Reste à raisonnablement atténuer les douleurs. Or, je suis comme jespérais être: dune totale sérénité. () Il a fallu pour cela que je réussisse à “faire mon devoir”, à assurer le coup, à dédramatiser ma disparition. (…) Alors, souriant et apaisé, je vous dis au revoir, amis.» Exemplaire jusqu’au bout, médiatisant son combat contre le cancer, le médecin aura même fait de sa fin de vie une lutte au service des autres malades.

Dès l’annonce de sa mort, une pluie d’hommages lui a été rendue, tant par les centaines de témoignages chaleureux des Français sur les réseaux sociaux que par de grands scientifiques et des responsables politiques. «Axel Kahn nous a accompagnés, challengés, critiqués, fait bouger et il était toujours disponible pour travailler avec les équipes de la Ligue contre le cancer pour préserver la prise en charge et le dépistage des cancers tout au long de la crise», a salué par exemple le directeur de l’agence régionale de santé d’Île-de-France, Aurélien Rousseau.

De son côté, Ian Brossat, porte-parole du PCF et maire adjoint de Paris en charge du logement, a rappelé: «Il y a six semaines, dans une lettre pleine de dignité, Axel Kahn expliquait son combat et nous disait au revoir. Il nous quitte pour de bon aujourd’hui, et c’est à notre tour de lui rendre hommage, à lui et à son intelligence lumineuse.»

Vulgarisateur lumineux, homme d’éthique et de devoir

Randonneur infatigable, travailleur acharné, l’homme de devoir et de transmission a rempli toutes ses missions, guidé par une profonde bienveillance et par l’amour d’autrui. Sans relâche, il a œuvré jusqu’au bout, en tant que président de la Ligue contre le cancer, une responsabilité qu’il assume de façon bénévole depuis sa nomination en juin 2019. Il a lutté inlassablement contre la pandémie du Covid, appelant à la solidarité internationale et à la coordination de la production de vaccins menée sous l’égide de l’OMS, pour les rendre accessibles à tous. 

Le médecin n’a pas économisé son énergie pour peser de tout son poids sur les choix politiques, dont ceux d’Emmanuel Macron de ne pas reconfiner le pays en début d’année. Il avait d’ailleurs accordé à un grand entretien, le 4 décembre dernier, dans lequel il critiquait certaines décisions gouvernementales et appelait à des mesures constructives de prévention et de vaccination pour tous.

Icon QuoteJ’ai besoin de l’autre pour être moi-même, et il a besoin de moi pour être lui”, Axel Kahn. Un grand médecin, un grand chercheur, un grand humaniste vient de nous quitter. Courageux et engagé, jusqu’à la fin.OLIVIER VÉRAN, MINISTRE DE LA SANTÉ

«Arrivé au bout du chemin», le généticien, l’essayiste, le vulgarisateur lumineux, l’amoureux de la nature, l’homme d’éthique et de devoir n’a jamais courbé l’échine. Jusqu’au bout, il a mené ses combats. Même «rattrapé par la patrouille» comme il l’écrivait avec humour… les Français l’ont suivi avec émotion, quand il bataillait sans relâche dans les médias, pour que les malades du cancer ne soient pas les grands oubliés de la pandémie . Qu’il soit hospitalisé ou lors de son ultime retour au foyer familial, il a continué à œuvrer pour la Ligue et pour les milliers d’inconnu·es confronté·es à une mort programmée par une maladie incurable.

Généticien et hématologue de renommée internationale

Benjamin d’une fratrie composée de Jean-François, l’aîné devenu journaliste, et d’Olivier le cadet chimiste, décédé en 1999, Axel Kahn est né le 5 septembre 1944 dans un petit village du sud de la Touraine, Le Petit-Pressigny. Il est élevé durant cinq ans par une nourrice avant de rejoindre ses parents à Paris. Entouré de brillants esprits, un père philosophe, un frère étudiant en histoire et un autre en chimie, Axel, le petit dernier, décide ne pas se mettre en concurrence avec ses aînés et choisit par élimination la médecine, «une science semi-molle».

Il démarre sa carrière de médecin comme interne des hôpitaux de Paris, avant d’obtenir, en 1974, un doctorat en médecine, avec une spécialité en hématologie, puis un doctorat ès sciences en 1976. Très vite, il délaisse la pratique de la médecine pour s’intéresser à la recherche scientifique.

Icon QuoteJe voudrais exprimer comme beaucoup ma profonde tristesse et ma reconnaissance pour l’exemple de compétence et d’humanité qu’il nous a donné. Sa fin de vie a été comme sa vie, digne, lucide et responsable. Merci.  JEAN LEONETTI, MAIRE LR ET MÉDECIN

Généticien et hématologue de renommée internationale, ses recherches portent notamment sur le cancer (hémopathies, hépatocarcinomes, cancers coliques), le contrôle des gènes, les maladies génétiques, la thérapie génique et la nutrition. Il publie près de 500 articles originaux dans des revues scientifiques internationales, ainsi qu’une trentaine d’ouvrages de vulgarisation scientifique et de réflexions éthiques et philosophiques, parmi lesquels Être humain, pleinement (Stock, 2016), Jean, un homme hors du temps (Stock, 2017), Chemins (Stock, 2018), l’Éthique dans tous ses états, en collaboration avec Denis Lafay (l’Aube, 2019), ou Et le bien dans tout ça? (Stock, 2021) .

De prestigieuses responsabilités dans le monde scientifique et académique

Et ce n’est pas tout. Axel Kahn a exercé de nombreuses et prestigieuses responsabilités dans le monde scientifique et académique: directeur de recherche à lInserm, directeur de lInstitut Cochin, membre du Comité consultatif national d’éthique, président de luniversité Paris-Descartes, président de la Ligue contre le cancer. Excellent vulgarisateur et pédagogue, il est connu du grand public pour ses engagements et ses prises de position sur des questions éthiques et philosophiques ayant trait à la médecine et aux biotechnologies, notamment contre le clonage thérapeutique et les OGM.

Un homme engagé à gauche

Homme de gauche, ancien intellectuel communiste, il a été vice-président d’honneur de la Société des amis de l’Humanité de 2003 à 2007. En 2013, il alerte à plusieurs reprises sur les difficultés financières de l’Humanité et publie dans nos colonnes son soutien: l’Humanité

En effet, c’est à l’âge de 16 ans, en 1962, en pleine guerre d’Algérie, que le lycéen parisien rejoint le Parti communiste. Alors qu’il était très croyant, il perd la foi. Un tournant dans sa vie. Pour un monde plus juste, il se tourne alors vers la politique et milite pendant six ou sept ans chez les étudiants, jusqu’à être élu au bureau national de l’Union des étudiants communistes. Jusqu’en 1977, il sera actif dans les rangs du Parti communiste français, avant de se rapprocher du Parti socialiste et de s’impliquer dans l’élection présidentielle aux côtés de Martine Aubry en 2012.

À partir de 2013, Axel Kahn se met à parcourir seul la France à pied. Des milliers de kilomètres, de montées et de descentes, des genoux douloureux, une épaule déboîtée. Un voyage vers les autres et soi-même. Marcher n’était pas une activité pour Axel Kahn, c’était une manière d’être. Il se définissait d’ailleurs comme un homme qui marche, un chemineau de la vie.

Dans son dernier ouvrage, Et le bien dans tout ça?, Axel Kahn prend à nouveau position sur les grands sujets d’actualité et évoque ses derniers instants avec son père Jean qui, avant de se donner la mort, lui avait laissé ces quelques mots: «Sois raisonnable et humain!» C’était en 1970. Dans son dernier essai, Axel le loup se demandait s’il avait bien suivi cette injonction. Exemplaire jusqu’au bout, il l’a suivie à la lettre. grand chercheur, un grand humaniste vient de nous quitter. Courageux et engagé, jusqu’à la fin.»

 

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Rapport du Haut Conseil pour le Climat : arrêter la procrastination climatique et agir !

7 Juillet 2021, 07:21am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 05/07/2021 par PCF

Le Haut Conseil pour le Climat vient de sortir son rapport annuel visant à évaluer les politiques climatiques de la France et émettre des recommandations. Nous voulons tout d'abord saluer le travail des scientifiques de cet organisme indépendant, véritable juge de paix concernant le respect des objectifs de l'accord de Paris de 2015.

Comme les années précédentes, il est très critique vis-à-vis des politiques gouvernementales, et constate que les objectifs de baisse des émissions de gaz à effet de serre ne sont pas respectés. Ainsi, de 2015 à 2018, la France a émis près de 65 millions de tonnes de CO2 au-delà de ce qu'elle avait prévu dans sa première stratégie nationale bas carbone (SNCB1). Plus grave, ces émissions en excès, doivent être compensées par des efforts accrus reportés pour les autres périodes de références (de 2019 à 2023 et de 2023 à 2027). Ainsi, à partir de 2021, les émissions devront baisser à un rythme environ 3 fois supérieurs que la période précédente (une baisse de - 3% /an contre - 1,1% constaté pour la période 2015-2018) : la marche est donc très haute !

Le gouvernant est maintenant au pied du mur et doit cesser cette procrastination consistant à renoncer systématiquement aux efforts, pour mieux les reporter aux décennies futures, s'ajoutant ainsi aux efforts déjà programmés : c'est un cercle vicieux. Au contraire, il doit prendre ses responsabilités et engager dès maintenant les transformations structurelles profondes pour dé-carbonner les secteurs clés du bâtiment et des transports, qui progressent très peu, au lieu de capituler face aux profits à courts termes et aux habitudes bien établies et confortables des entreprises.

Aussi, comme le pointe le rapport, l'objectif de neutralité carbone d'ici 2050, bien qu'ambitieux ne se limite qu'aux émissions territoriales et ne tient pas compte de l'empreinte carbone qui reflète vraiment les émissions totales de la France (incluant le différentiel de carbone contenu dans les produits et service importés, ainsi que les émissions du transport maritime et aérien international).

50% de notre empreinte carbone provient de biens importés. Si nos émissions de gaz à effet de serre ont bien diminué entre 1995 et 2019 (-25%), les émissions issues de biens importés ont considérablement augmentés ( + 72% ).

Le PCF vise l'objectif ambitieux d'une empreinte carbone nulle d'ici 2050, et rejoint ainsi les recommandations du rapport d'accorder plus d'importance à cet indicateur.

Dans les mois qui viennent, le Parti communiste veillera à ce que les préconisations de ce rapport soient vraiment entendues et appliquées, en particulier son appel à des transformations profondes de tous les secteurs de l'économie par un investissement public ambitieux. Le PCF propose d'ailleurs pour réussir une telle transformation, une réorientation des financements des entreprises par les banques sur des critères favorisant les mesures efficaces pour le climat.

C'est avec cet ambition que nous pourrons espérer limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré d'ici 2100.

 

Fabien Roussel, député du Nord, secrétaire national du PCF,

 

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Les pauvres gens Victor Hugo

6 Juillet 2021, 07:48am

Publié par PCF Villepinte

Les pauvres gens

Victor Hugo

Elle songe, elle rêve, -- et tant de pauvreté !
Ses petits vont pieds nus l'hiver comme l'été.
Pas de pain de froment. On mange du pain d'orge.
-- 0 Dieu ! le vent rugit comme un soufflet de forge,
La côte fait le bruit d'une enclume, on croit voir
Les constellations fuir dans l'ouragan noir
Comme les tourbillons d'étincelles de l'âtre.
C'est l'heure où, gai danseur, minuit rit et folâtre
Sous le loup de satin qu'illuminent ses yeux,
Et c'est l'heure où minuit, brigand mystérieux
Voilé d'ombre et de pluie et le front dans la bise
Prend un pauvre marin frissonnant et le brise
Aux rochers monstrueux apparus brusquement. --
Horreur ! l'homme, dont l'onde éteint le hurlement,
Sent fondre et s'enfoncer le bâtiment qui plonge;
Il sent s'ouvrir sous lui l'ombre et l'abîme, et songe
Au vieil anneau de fer du quai plein de soleil !

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Sécurité. « La justice ne se résume pas à mettre des gens en prison »

6 Juillet 2021, 07:38am

Publié par PCF Villepinte

Manifestation du 11 mars 2020, à Paris. Benoit Tessier/Reuters

Mardi 6 Juillet 2021

L'Humanité Paul Ricaud

Confrontés à un manque de considération, magistrats, avocats et personnels administratifs répondent aux attaques politiques et dénoncent leurs conditions de travail.

Dans un recoin de la salle des pas perdus du tribunal judiciaire de Paris, une poignée de juges et avocats en robe s’attardent autour d’une petite table. Le long du mur, quelques drapeaux syndicaux posés sans être déployés et des feuilles A4 scotchées.

En noir et blanc, on y distingue des dessins de masques de super-héros et une inscription: «Nous ne sommes pas des justiciers, nous sommes un pilier de la démocratie.» Ce 29 juin, les discrets rassemblements de ce type, partout en France, incarnaient la journée de mobilisation des personnels de justice, à l’initiative des syndicats de magistrats, avocats, greffiers et personnels administratifs, ainsi que de la Conférence des bâtonniers et du conseil national des barreaux.

Une journée «Justice portes ouvertes» pour échanger avec les visiteurs sur le fonctionnement de l’institution et donner à voir ses dysfonctionnements, attribués à un manque chronique de moyens. Tour à tour accusée d’être trop ou pas assez sévère, la justice entend rétorquer aux attaques des politiques de tous bords, comme celles de Nicolas Sarkozy et ses partisans, empêtrés dans l’affaire des comptes de campagne. Elle veut aussi réagir aux polémiques successives entretenues par le gouvernement lui-même autour de décisions de justice.

Aux abords du rassemblement, pas de caméras de chaînes de télévision, d’habitude promptes à restituer la parole des syndicats de police. Un mois plus tôt, la manifestation des organisations policières donnait lieu à une couverture médiatique hors du commun pendant vingt-quatre heures. Les porte-parole des syndicats policiers avaient alors désigné la justice comme «le problème de la police».

Il est question de ce «laxisme», autour de la table du tribunal de Paris, ce 29 juin. Robes noires et badges syndicaux dun côté, quelques rares curieux en tenue civile de l’autre, l’objectif de l’événement étant de répondre aux critiques de la justice par la pédagogie.

 «Dans le cas dun type accusé de se frotter à une femme dans le métro, on na pas toujours toutes les preuves pour montrer qu’ils n’étaient pas juste serrés dans la rame», explique la juge de la liberté et de la détention Nathalie Rubio à une jeune étudiante en droit, en faisant le lien avec la surcharge des dossiers à traiter, qui pourrait compromettre la bonne tenue d’une enquête. Pour les professionnels mobilisés, les torts souvent reprochés à la justice ont deux principales explications: manque dinformations auprès du grand public et trop peu de moyens injectés dans leur service public. Ces manquements ninfluent pas seulement sur les conditions de travail des fonctionnaires et des avocats. 

«Ce sont les justiciables qui en font les frais», regrette Élodie Lefebvre, membre du Syndicat des avocats de France et du conseil de l’Ordre. Elle dénonce les retards dans la réception des dossiers qui empêchent ses confrères d’étudier et de défendre la situation de leurs clients. Du côté des juges, ne pas disposer de tous les éléments peut mener à prendre des décisions biaisées. «Prononcer un divorce ou fixer une pension alimentaire quand on n’a pas toutes les pièces, ça se répercute sur la vie des enfants», prend-elle en exemple.

L’obligation pour la justice de traiter les dossiers à la chaîne s’illustre dans les comparutions immédiates, procédure rapide qui fait le quotidien des tribunaux correctionnels, où sont jugées les affaires considérées comme les moins graves. Dans ces cas où les interpellés sont jugés immédiatement après leur garde à vue, la conséquence directe du débordement de la justice se matérialise par de nombreuses incarcérations.

 «Ce temps est tellement court quon ne peut pas préparer de défense de qualité, dénonce l’avocat David Van Der Vlist. Les prévenus ont peur d’aller en détention provisoire, donc ils acceptent d’être jugés sur le moment. Mais les condamnations en comparutions immédiates sont plus lourdes que dans le reste du tribunal correctionnel.» En comparution immédiate, les procès ne mettent pas plus d’une demi-heure ou une heure, selon les cas, à décider de la culpabilité d’une personne et à la condamner.

Les décisions prennent de tels retards qu’elles perdent de leur sens

Parmi les robes noires mobilisées, Cyril Papon détonne par son gilet jaune CGT et sa longue barbe en désordre. Secrétaire général de la CGT chancelleries et services judiciaires, il représente les surnommées «petites mains» des tribunaux. Dans leurs services aussi, les fonctionnaires se retrouvent surchargés, confrontés au manque de personnel. 

«Pour la droite, la justice se résume à mettre des gens en prison mais dautres peines ne peuvent même pas être effectuées, faute de moyens», pointe le greffier. Au palais de justice de Bobigny (Seine-Saint-Denis) où il travaille, les murs décrépis et les toilettes hors service tranchent avec le décorum du nouveau tribunal de Paris. Ici, pas de salle d’audience au design moderne conçue par un architecte renommé, mais une entrée de parking cassée, des imprimantes hors d’usage et des téléphones fixes obsolètes.

Une juge, également vice-présidente du tribunal, ouvre la porte de son bureau. «Les dossiers ne sont pas tous là, je travaille le plus possible de chez moi. Soirées, week-ends et jours fériés compris», soupire-t-elle. Pour elle comme pour ses collègues, la charge de travail est massive et les décisions prennent de tels retards qu’elles perdent de leur sens. «Dans des dossiers de succession, ça arrive que les héritiers eux-mêmes décèdent au cours de la procédure. Dun dossier avec six personnes, on se retrouve avec quinze et cela ajoute encore de la complexité. Là, je viens de clôturer des dossiers de 2015. Leurs plaidoiries sont fixées en octobre. Vous imaginez pour les gens? Cest horrible», déplore la magistrate, «lessivée».

«Lactivité judiciaire est en constante augmentation»

De sa carrière, elle a beau chercher, elle ne retient aucun souvenir d’un garde des Sceaux ayant semblé entendre la souffrance de sa profession. «Ce quil faut, cest injecter de lhumain. Mais on nous propose des logiciels et des agents administratifs en contrats courts pour rattraper le retard. Pendant ce temps, les contentieux se multiplient. L’activité judiciaire est en constante augmentation.»

 Dans la juridiction de Bobigny, où la solidarité entre fonctionnaires est connue, il n’est pas rare que ces derniers acceptent des tâches supplémentaires: de longues heures de rédaction, des audiences prises en remplacement dun collègue absent, du travail pendant les arrêts maladie pour éviter de prendre trop de retard. «La justice est une mission régalienne de l’État. Cest incroyable que les moyens ne suivent pas!» tempête une greffière, «heureuse de travailler ici» malgré tout.

Dépourvue de ses ressources humaines et matérielles, l’institution judiciaire semble ne tenir que par la bonne volonté de fonctionnaires épuisés. À cet état de fait quasi permanent s’ajoute le mépris des responsables politiques, qui pointent du doigt le travail des fonctionnaires pour créer des polémiques sécuritaires et feindre de répondre aux problèmes par des textes successifs: réforme de la justice en 2019, celle des mineurs cet hiver, loi de confiance pour la justice aujourd’hui.

Cet été, un nouveau texte fourre-tout pourrait reprendre les mesures de la loi de sécurité globale censurée par le Conseil constitutionnel et y ajouter une réforme sur la responsabilité pénale des auteurs d’infractions atteints de troubles psychiques, en réaction à l’affaire Sarah Halimi. «On légifère sous le coup de l’émotion, en créant des lois qui répondent à des enjeux de communication mais pas du tout à des diagnostics», déplore Katia Dubreuil, présidente du Syndicat de la magistrature.

Malgré l’actualité dense qui touche en continu l’institution, les magistrats et les fonctionnaires peinent à unir leurs forces pour se faire entendre. «Ils consacrent tout leur temps aux dossiers pour répondre aux besoins des justiciables, acquiesce la syndicaliste. L’acmé de la protestation chez les magistrats reste le rassemblement devant le tribunal entre midi et deux, pour ne pas perdre trop de temps.»

 

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CGT Retraites: Le retour des régressions?

6 Juillet 2021, 07:33am

Publié par PCF Villepinte

Voilà le retour des annonces gouvernementales avec, en tête, les déclarations d’Emmanuel Macron sur la question des retraites. La crise sanitaire terminée ou pas, il anticipe pourtant sur les économies qu’il voudrait faire sur le dos des actifs et des retraités.

Ainsi, si sa réforme à points version 2020 paraît définitivement hors-jeu, la question de l’équilibre financier du système donc de nouvelles régressions réapparaît et le président de la République prépare le terrain pour les annonces qu’il envisage durant l’été.

Au menu, il pourrait être question d’augmenter la durée d’années de travail, notamment par une hausse de la durée de cotisation pour bénéficier d’une retraite à taux plein et le report de l’âge réel voire légal de départ en retraite à 64 ans.

Ainsi, l’accélération de la précédente réforme Touraine exigeant 43 années de cotisations en 2032 pourrait être faite par le gouvernement actuel à travers un simple ajout dans le PLFSS (Projet de loi de financement de la Sécurité Sociale) dès fin juillet et entériné fin octobre 2021.

Il est même question d’attaquer à nouveau spécifiquement aussi les régimes spéciaux.

Parallèlement, le patronat ouvre une négociation au pas de charge sur la retraite complémentaire des salariés du privé, avec l’ambition sans nul doute d’imposer de nouvelles régressions pour les retraités actuels comme pour les actifs.

Pourtant, le récent rapport de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DRESS)  atteste  qu’un Français sur deux est parti en retraite avec des trimestres de décote !

Plus d’un Français sur deux n’est plus en emploi à 60 ans, soit au chômage ou en invalidité.

Les travailleurs se sont mobilisés, en 2019 et 2020, pour faire échec au projet de réforme systémique voulue par le président de la République. Très majoritairement, ils avaient compris que les seuls objectifs du passage aux points étaient d’accélérer les baisses de pensions, de faire disparaître les spécificités professionnelles et les acquis sociaux, rendant la retraite de plus en plus lointaine.

La CGT agit  avec eux depuis des années pour la défense et l’amélioration du système de retraite par répartition et par annuité solidaire.

Ce dernier a démontré, malgré les attaques qu’il subit depuis 1993, sa solidité et sa fiabilité sur le long terme.

La CGT a porté, dans le débat public, de nombreuses propositions en ce sens, accompagnant celles-ci de mesures de financement crédibles visant à consolider et pérenniser notre  protection sociale.
Propositions qu’elle va remettre au centre du débat public immédiatement.
Ces mesures doit être assises sur la production des richesses des travailleurs et travailleuses et constituent un véritable choix de société. 

Elles permettraient notamment de rétablir le droit au départ dès 60 ans et de généraliser de nouveaux droits à tous les salariés, notamment par des dispositifs de départ anticipé pour celles et ceux qui ont des métiers pénibles.

Pour la CGT, les annonces gouvernementales démontrent, une nouvelle fois, le peu de cas qui est fait des exigences des citoyens majoritairement opposés au projet de régression sociale ; ce qui a été démontré par les mobilisations sociales professionnelles et interprofessionnelles massives l’an dernier.

L’urgence, en 2021, est bien de plus et mieux protéger la population et, pour cela, d’arrêter l’inflation des exonérations sociales qui affaiblissent la sécurité sociale et de refonder son financement à partir du salaire socialisé.

L’urgence est de conditionner les dispositifs d’aides aux entreprises, particulièrement celles qui continuent de verser des dividendes même en période de crise sanitaire. Il est indiscutable que les mesures tels le crédit impôt recherche ou la transformation du CICE en allégements de cotisations sont mises à l’index pour leur inefficacité.

Le président de la République entend, encore une fois, s’en prendre aux travailleurs et travailleuses de ce pays plutôt qu’à la finance et aux places boursières.

La CGT avec le monde du travail ne le laissera pas faire et prépare la mobilisation nécessaire pour s’opposer à de nouveaux mauvais coups et porter l’exigence d’un système de retraite solidaire par répartition avec de nouveaux droits.

 

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«Jaurès» Jacques Brel

5 Juillet 2021, 07:54am

Publié par PCF Villepinte

Ils étaient usés à quinze ans
Ils finissaient en débutant
Les douze mois s'appelaient décembre
Quelle vie ont eu nos grand-parents
Entre l'absinthe et les grand-messes
Ils étaient vieux avant que d'être
Quinze heures par jour le corps en laisse
Laissent au visage un teint de cendres
Oui notre Monsieur, oui notre bon Maître

 

Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

 

On n'peut pas dire qu'ils furent esclaves
De là à dire qu'ils ont vécu
Lorsque l'on part aussi vaincus
C'est dur de sortir de l'enclave
Et pourtant l'espoir fleurissait
Dans les rêves qui montaient aux yeux
Des quelques ceux qui refusaient
De ramper jusqu'à la vieillesse
Oui not'bon Maître, oui not'Monsieur

 

Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

 

Si par malheur ils survivaient
C'était pour partir à la guerre
C'était pour finir à la guerre
Aux ordres de quelque sabreur
Qui exigeait du bout des lèvres
Qu'ils aillent ouvrir au champ d'horreur
Leurs vingt ans qui n'avaient pu naître
Et ils mouraient à pleine peur
Tout miséreux oui not'bon Maître
Couverts de prèles oui not'Monsieur (*)

 

Demandez-vous belle jeunesse
Le temps de l'ombre d'un souv'nir
Le temps de souffle d'un soupir

 

Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

 

 

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