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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Le PCF s’indigne des inscriptions antisémites tracées sur les murs de Science-Po Paris

16 Avril 2021, 06:46am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 14/04/2021 par PCF

Le Parti communiste français s’indigne des inscriptions antisémites tracées sur les murs de Science-Po Paris

Il s’associe à la direction de Science Po pour "condamner vivement cet acte odieux et lâche », manifestement perpétré par un groupe d’extrême droite.

Après les tags antimusulmans ayant maculé des mosquées, les fauteurs de haine et de division se déchaînent.

La vigilance contre l’antisémitisme, et contre toute forme de racisme, s’impose donc plus que jamais.

Le Parti communiste français demande aux pouvoirs publics de mettre en oeuvre tous les moyens d’identifier les auteurs de ces actes et de les déférer devant la justice.

La République doit appliquer une tolérance zéro à l’encontre des groupes qui bafouent ses principes les plus élémentaires. 

 

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Elite(s)

16 Avril 2021, 06:41am

Publié par PCF Villepinte

 

Emmanuel Macron à l'ENA, promotion 2002-2004. 

Briser l’ENA, oui. Mais pour quoi faire?

Creuset. La «méritocratie» républicaine a-t-elle jamais eu un sens, sinon quand elle était incarnée dans la fidélité absolue au temps long et à un horizon indépassable: le service public, le bien commun, la construction dune France de haute tenue en tant quexemple.

En annonçant de manière quasi divine la suppression de l’École nationale d’administration (ENA), notre prince-président souhaite donc montrer qu’il est résolu à prendre une mesure forte pour remettre en cause la morgue de la haute fonction publique… dont il est lui-même issu. Un tour de passe-passe au profit d’une nouvelle institution élitaire? Sans doute. Qui le croit dailleurs sincère?

Au départ, lENA avait pour but de garantir l’égalité daccès aux carrières publiques et de casser les corporatismes des grands corps; assez vite, le projet a rompu avec son ambition démocratique originelle, devenant au fil des années lun des creusets de loligarchie française, formant ces escadrons de hauts fonctionnaires qui, depuis plus de trente ans, passent par l’Inspection des finances, avant de déserter le service de l’intérêt général pour aller s’enrichir dans la finance ou la grande distribution.

Tous, ou presque, ont activement accompagné la casse sociale historique que nous vivons, attisant la crise morale envers «la» politique et l’administration qui la sert par les sommets. Briser l’ENA, oui, bien sûr. Mais pour quoi faire?

Engagement. 

L’idée d’une école nationale de formation des fonctionnaires destinés à occuper les plus hautes fonctions de l’administration remonte à loin. Évoqué pendant la IIe République, porté sous le Front populaire par le ministre de l’Éducation nationale Jean Zay, ce projet progressiste visait à remplacer un système de recrutement disparate. Idée reprise à la Libération, dans une ordonnance du général de Gaulle mise en musique par le ministre de la Fonction publique, Maurice Thorez.

La création de l’ENA répondit, au cours des années suivantes, à l’objectif originel de démocratisation. Avant la grande dérive… Le bloc-noteur, qui côtoya quelque peu Philippe Séguin, se permettra de citer son livre, Itinéraire (Seuil, 2003), lui, le pupille de la nation: «J’avais choisi l’ENA, donc le service public, parce que cela me paraissait, en toute candeur, valoir une entrée en chevalerie.

Voilà bien ce qu’était la République à mes yeux: la possibilité offerte à des roturiers daccéder à un ordre aussi prestigieux quexigeant, sans avoir de lettres patentes à acheter, mais seulement un mérite à démontrer et, surtout, un engagement à prendre, engagement de consacrer sa vie au service du pays, engagement qui valait adoubement…» 

L’homme de la promotion «Robespierre» écrivait ensuite: «Je ne tarderai pas à déchanter. (…) Le pouvoir qu’on enlève au peuple, aucun autre peuple ni aucune réunion de peuples n’en hérite. Ce sont des technocrates désignés et contrôlés encore moins démocratiquement qu’auparavant qui en bénéficient, et le déficit démocratique s’en trouve aggravé.»

Esprit.

 D’autres que Philippe Séguin ont honoré l’ENA, en toute lucidité. Cette semaine, l’écrivain et avocat François Sureau déclarait, par exemple: «L’ENA avait été créée pour aider à relever un pays que les avocats, les professeurs et les élèves d’une école de guerre, dont on nous vante à présent les mérites, avaient conduit à la pire défaite de son histoire.

Les énarques, cinquante ans durant, y ont pris leur part. (…) Dans les derniers temps, même abandonnés de l’esprit initial, ils me paraissaient préférables aux maniaques du libéralisme économique, aux gourous du laisser-faire, aux Gafa, aux eurocrates. (…) Non, je n’ai pas aimé l’ENA. Mais, au moment où elle disparaît, avec ses fondateurs, ses rêves de boursiers républicains, son arrogance inquiète et le sens de l’État, je voudrais soulever mon chapeau, et n’être pas tout seul.»

 Un monde meurt, de toute évidence. Mais celui concocté par Mac Macron ne promeut que l’idéologie managériale. D’où la question: lENA seule est-elle en cause, ou sagit-il, plus fondamentalement, de l’à-venir de nos services publics?

[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 16 avril 2021.]

Publié par Jean-Emmanuel Ducoin 

 

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La République arabe sahraouie démocratique a sa place à l’ONU L’agenda internati

15 Avril 2021, 07:07am

Publié par PCF Villepinte

L’agenda international place à nouveau au cœur de l’actualité le Sahara occidental. En avril, le Conseil de sécurité débattra de la situation et de la prorogation du mandat de la Minurso. Cette ancienne colonie espagnole est occupée illégalement par le Maroc depuis 1975 et ce en dépit de toutes les décisions internationales.

Que ce soient les résolutions de l’ONU, de la Cour internationale de La Haye, de l’Union africaine ou de la Cour de justice de l’Union européenne, toutes ces institutions convergent pour rappeler qu’il n’y a pas de liens de souveraineté territoriale entre le Maroc et le Sahara occidental. Ce dernier a un statut séparé et distinct du Maroc et il est de ce fait titulaire du droit à l’autodétermination.

À la suite d’un cessez-le-feu entre le Front Polisario, représentant du peuple sahraoui, et le Maroc en 1991, sous les auspices de l’ONU, il avait été convenu conjointement de l’organisation d’un référendum d’autodétermination. Non seulement le Maroc n’a pas honoré ses engagements, mais a avancé la proposition d’une « autonomie sous souveraineté marocaine », une manière éculée de proroger l’occupation coloniale.

La France, avec son soutien aveugle envers Rabat, a joué un rôle déterminant dans cet enlisement, dans le blocage actuel et dans la violation de la légalité internationale. Non seulement Paris a cautionné l’invasion de 1975 et a saboté la mission de la Minurso conduite par Horst Kölher, tout en refusant l’extension de ses prérogatives au respect des droits humains.

De plus, les différents gouvernements qui se sont succédé ces dernières années ont été à la manœuvre pour étendre les tarifs douaniers préférentiels en violation des arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne. Enfin Paris ferme les yeux sur la violente barbarie répressive du Maroc à l’égard des Sahraouis dans les territoires occupés : agressions physiques, destructions de biens, arrestations, enlèvements.

À cela s’ajoute le sort des prisonniers politiques victimes de simulacres de procès, qui subissent de mauvais traitements et se trouvent pour la plupart du temps à l’isolement. L’ultime provocation vient de se produire, puisque La République en marche a annoncé l’ouverture d’une permanence à Dakhla en zone occupée, sous le prétexte fallacieux d’être à l’écoute des Français de l’étranger, dans un territoire bouclé par l’armée et dans lequel les étrangers ne peuvent accéder ! E. Macron, dans le sillage de D. Trump, s’engage dans la voie d’une ouverture d’un consulat, une manière d’entériner cette occupation coloniale en violation du droit international.

Le Front Polisario mène une lutte pacifique, respectueuse du droit international et des principes démocratiques. Cette attitude responsable est un facteur de stabilité dans la région. Ces derniers mois, le Maroc a délibérément violé le cessez-le-feu en s’attaquant à des civils Sahraouis dans une zone tampon.

Il en a profité pour accroître son occupation et pour étendre un mur de séparation miné de 2 770 km. L’assassinat ciblé de dirigeants sahraouis, dont le chef de la gendarmerie Addah Al-Bendir, illustre l’attitude criminelle de ce régime dangereux pour la paix régionale.

Dans ce contexte délétère, amplifié par le deal scélérat noué entre Trump-Netanyahou-Mohammed VI, le Front Polisario vient de prendre une initiative pour faire respecter les droits de son peuple et frayer un chemin vers la paix. La République arabe sahraouie démocratique (RASD) réclame la place qui lui revient dans les institutions internationales avec l’obtention d’un siège à l’ONU.

Cette exigence est légitime et fondée juridiquement. Le Parti communiste français soutient cette démarche et appelle le gouvernement de la France à prendre une initiative dans ce sens. Cela suppose de changer radicalement de posture, pour enfin trouver une issue politique à ce conflit. Les communistes ne ménageront pas leurs efforts pour soutenir les droits inaliénables du peuple sahraoui.

Pascal Torre

responsable-adjoint du secteur international du PCF

chargé du Maghreb et du Moyen-Orient

 

« La RASD réclame la place qui lui revient dans les institutions internationales avec l’obtention d’un siège à l’ONU. »

 

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Numerus clausus

14 Avril 2021, 08:10am

Publié par PCF Villepinte

                                        Dr Christophe Prudhomme

Billet d'humeur de la semaine

Le gouvernement nous a annoncé la fin du numerus clausus afin de pouvoir former plus de médecins. Une nouvelle fois, il a menti. Alors que tous les indicateurs sont au rouge pour le nombre de médecins dans les années à venir, des milliers de jeunes qui sont inscrits pour la première fois en première année des études de santé vont être jetés comme des malpropres au mois de juin.

En effet, pour cette année de transition, des places sont réservées pour les étudiants qui pourront pour la dernière fois redoubler, mais cela se fera au détriment des nouveaux entrants. De fait, près de 90 % des inscrits vont se voir refuser l’entrée en deuxième année. Une des raisons invoquées par les présidents d’université est le manque de moyens pour accueillir plus d’étudiants. Visiblement, le « quoi qu’il en coûte » ne vaut pas pour la formation des futurs médecins.

Des associations d’étudiants et de parents d’étudiants se sont créées pour dénoncer ce scandale, mais ils ne rencontrent que peu d’échos. Il faut les soutenir pour obtenir une augmentation substantielle du nombre de places cette année. Cette situation est d’autant plus révoltante que les directions d’hôpitaux sont bien contentes d’avoir des étudiants à disposition pour remplacer le personnel manquant dans les hôpitaux dans cette période de crise. Sans eux, les hôpitaux ne pourraient pas tenir le choc.

Nous en avons assez des effets d’annonce de ce gouvernement qui sont contredits par les faits. Non, le numerus clausus n’a pas été supprimé. Seule une réforme a modifié les modalités de sélection pour l’entrée dans les études de santé, mais le nombre de médecins formés n’augmente pas suffisamment pour répondre au besoin d’une population qui croît et qui vieillit.

Monsieur Macron, ce ne sont pas les cabines de téléconsultations que veulent nous vendre les Google et compagnie qui pourront remplacer les professionnels de santé sur le terrain. La technique ne peut servir qu’à améliorer la qualité de la prise en charge des patients, mais rien de pourra jamais remplacer le contact humain et le nécessaire rapport de confiance qui doit s’établir entre le soigné et le soignant.

 

 

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Éthique et toc

14 Avril 2021, 07:52am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 14/04/2021 par PCF

Le capitalisme se moralise, c’est ce que nous chante une petite musique en vogue. Fini les rapaces, voici venu le temps des vertueux, celui de l’entreprise durable au service de tous. Info, intox ? La semaine dernière, la société Deliveroo a voulu entrer en Bourse (à Londres). Mais son action a fait flop. Pourquoi ? Parce que, dit la presse économique (Figaro Économie du 31 mars), les investisseurs redoutent que les livreurs changent de statut : « Davantage de protection sociale est synonyme d’une rentabilité moindre. » Bref, le capitalisme éthique, c’est comme la chasse au dahu, ça n’existe pas.

Gérard Streiff

 

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En direct de Bercy, l'action d'Attac pour dénoncer les "profiteurs de la crise".

14 Avril 2021, 06:41am

Publié par PCF Villepinte

Attac a mené une action symbolique à Paris, dans la station de métro Bercy, à l’attention du ministère de l’Economie et des finances. Les militant·e·s ont recouvert des panneaux de publicité par des affiches du « gang des profiteurs », Arnault, Bettencourt, Drahi, Pinault en demandant « Qui doit payer la crise ? ». Selon Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac France, « les récentes déclarations du Fonds monétaire international, favorable à une imposition des entreprises ayant bénéficié de la crise ainsi qu’à une taxation temporaire des plus riches, confirment que nos revendications n’ont rien d’utopiques et ne demandent que de la volonté politique. Attac se félicite de voir que le débat fiscal évolue mais déplore qu’une fois de plus, le gouvernement français refuse toute réforme fiscale, s’e

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Cynique Monopoly

13 Avril 2021, 07:45am

Publié par PCF Villepinte

L’absorption de Suez par Veolia, outre qu’elle n’a aucune logique industrielle, démontre que l’État n’a plus prise sur ces entreprises absolument stratégiques.

Après la tentative d’OPA, la guerre des communiqués durant des mois et d’âpres négociations dans les alcôves du pouvoir, Veolia et Suez ont donc annoncé que leurs conseils d’administration respectifs venaient de conclure sur les conditions du rapprochement des deux groupes. Le communiqué – une sorte de caricature du capitalisme appliqué – ne laisse aucune place au doute: les entreprises se sont mises d’accord sur un prix d’achat de 20,50 euros par action Suez, contre 18 euros que Veolia proposait initialement.

Dans ce grand jeu de Monopoly, le seul intérêt est financier, à court terme. En proposant plus de 20 euros par action, alors que le cours de Suez se traitait à 12,24 euros fin août, Veolia provoque surtout le bonheur des investisseurs spéculatifs, qui n’aiment rien tant que les opérations de fusions et acquisitions permettant d’empocher une prime rapidement…

La main sur le cœur, les dirigeants affirment que ce projet permet la constitution d’un «nouveau Suez», qui devrait constituer un «ensemble cohérent sur le plan industriel et social». Les salariés de Suez, hélas, ne se bercent pas d’illusions sur les conséquences de cette opération capitalistique et savent qu’ils devront lutter pour ne pas devenir la variable d’ajustement des actionnaires.

L’absorption de Suez par Veolia, outre qu’elle n’a aucune logique industrielle, démontre que l’État n’a plus prise sur ces entreprises absolument stratégiques. Entre changement d’époque et accélération du processus ultralibéral, la logique coulait déjà dans les tuyaux: nous passons de la marchandisation à la financiarisation de leau, de la collecte et du traitement des déchets.

Les usagers comme les responsables des collectivités ont de quoi se montrer inquiets, eux aussi, devant tant de pouvoir accordé à un unique opérateur privé – ce qui donne, au passage, du crédit à toutes les municipalités qui remettent en régie la gestion de l’eau. Car, voilà bien l’enjeu: leau est un bien commun de lhumanité.

En France, plus que jamais, elle devrait être gérée par un grand service public, affranchi des magouilles financières. Une simple illustration? Après lannonce des entreprises, les titres Suez et Veolia se sont littéralement envolés. Cynique Monopoly…

[EDITORIAL publié dans l'Humanité du 13 avril 2021.]

Publié par Jean-Emmanuel Ducoin

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Richesses des pays VS milliardaires

13 Avril 2021, 06:33am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Mercredi 7 Avril 2021

REGARD DE CARTOGRAPHE #5

Que représente vraiment la fortune des milliardaires? Les chiffres que l'on annonce dans les différents classements sont tellement faramineux qu'ils finissent par ne plus vouloir rien dire de concret. Dans ce nouvel épisode, Nicolas Lambert, ingénieur de recherche au CNRS en sciences de l’information géographique, nous montre ce que pèsent vraiment les milliardaires et pour cela l'échelle de comparaison et celle du PIB des nations. 

« La lutte des classes existe, c’est un fait, mais c’est ma classe, la classe des riches, qui la mène, et nous sommes en train de la gagner ». Voilà ce que déclarait en substance le milliardaire Warren Buffet en 2005 dans une émission de télévision. De fait, cette maxime devenue célèbre n’a jamais été aussi vraie. Alors que le Monde connaît une crise sanitaire sans précédant poussant une grande partie de la population dans la précarité, certains en profitent pour accumuler des fortunes colossales.

Le nombre de milliardaires français a d’ailleurs augmenté depuis l’année dernière, passant de 39 à 42. Ceux-ci accumulent aujourd’hui une fortune totale de 510 milliards de dollars contre 277 l’année dernière. Quel bond ! Parmi ces nouveaux riches, on trouvera d’ailleurs sans surprise Stéphane Bancel, le patron du laboratoire Moderna…

Au niveau mondial, Jeff Bezos reste l’homme le plus riche du monde. Mieux, il consolide sa première place au faisant grimper sa fortune personnelle de 35%, une accumulation de richesse dont évidemment les salariés d’Amazon, bien mal traités, ne voient pas la couleur… A la seconde place, le très anti social Elon Musk continue son ascension folle. Derrière, on trouvera Bernard Arnault (LVMH), Bill Gates (Microsoft), Mark Zuckerberg (Facebook) et encore le fameux Warren Buffet toujours à la sixième place. Seules deux femmes font parti des 20 premières places.

Mais de quelle sommes parlons-nous en réalité ? Regardons. Les 21 premières fortunes mondiales accumulent à eux seuls 1 810 milliards de dollars. 1,81 billions. 1,81 * 10^12. 181 suivi de dix zéros. On a du mal à imaginer… Pour rendre les ordres de grandeurs perceptibles, la carte présentée ici propose de comparer la richesse de chacune des 21 personnes les plus riches au Monde et la richesse des différents pays.

Pour être plus précis, elle compare la fortune accumulée par les milliardaires aux produits intérieurs bruts des nations, c’est à dire à la richesse produite au cours d’une année par l’ensemble de sa population. Dit autrement, elle compare un stock (une richesse accumulée) et un flux (une richesse produite pendant une année). Si cette comparaison est peu robuste méthodologiquement, elle permet néanmoins d’appréhender les ordres de grandeur.

Que constatons-nous ? Que presque tous les pays d’Afrique sont moins riches que ces multi-milliardaires. Que Jeff Bezos est plus riche que 156 pays, qu’Elon Musk plus riche que 154 pays et que Michael Bloomberg, le maire de New York et dernier de la liste est plus riche que 133 pays. Les inégalités sautent littéralement aux yeux.

Au final, cette carte montre l’indéscence des fortunes accumulées. Elle montre aussi le rapport de force évident qui se joue entre les nations, les peuples et les multinationales. Mais quand on regarde la taille des cercles de plus près, on voit aussi que du fait de leur puissance économique, nombre d’Etats riches sont largement en mesure de s’opposer à ces nouveaux seigneurs. Alors partage ou accumulation ? Il est encore temps de décider.

Sources

Banque Mondiale, 2020 & Forbes, 2021

 

Nicolas Lambert est ingénieur de recherche au CNRS en sciences de l’information géographique au RIATE : https://riate.cnrs.fr. Il est militant communiste et membre du réseau Migreurop. Il anime également un blog , "carnet neocartographique", et est très actif sur les réseaux sociaux sous le pseudo de "cartographe encarté".  Chaque mois, il nous présente une ou plusieurs cartes accompagnées d'un commentaire pour nous aider à comprendre et à appréhender autrement une information, une question de société ou un débat.  Nicolas Lambert a participé à la réalisation de plusieurs ouvrages comme l’Atlas de l’Europe dans le monde (2008), l’Atlas des migrants en Europe (2009 , 2012, 2017), le Manuel de Cartographie (2016, publié en anglais en 2020) et Mad Maps (2019). Il enseigne la cartographie à l’université de Paris.

 

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12 avril 1871, des femmes, encore un étranger, un renégat et une lettre de Londres

13 Avril 2021, 06:28am

Publié par PCF Villepinte

Lundi 12 Avril 2021

IL Y A 150 ANS. 

D’abord Marguerite Lachaise, dont j’ai déjà utilisé la photographie en couverture d’un article ancien et dont avant-avant-hier on lisait le nom dans le Journal officiel:

Aux citoyens membres de la Commune de Paris

Les citoyens soussignés, appartenant au 66e bataillon de la garde nationale de Paris, déclarent que Marguerite Gainder, épouse Lachaise, cantinière audit bataillon, demeurant rue Sedaine 65, a, dans le combat du 3 courant, en avant de Meudon, tenu une conduite au-dessus de tout éloge et de la plus grande virilité en restant toute la journée sur le champ de bataille, malgré la moisson que faisait autour d’elle la mitraille, occupée à soigner et panser les nombreux blessés, en l’absence de tout service chirurgical.

En foi de quoi, citoyens membres de la Commune, nous venons appeler votre attention sur ces actes, afin qu’il soit rendu justice au courage et au désintéressement de cette citoyenne, républicaine des plus accomplies.
Salut et fraternité.

Ce qui est suivi de soixante-treize signatures. La virilité est une qualité appréciée…

Dans un article intitulé « Les héroïnes de la Révolution » du numéro suivant du même Journal officiel, à la suite de différentes « héroïnes » de l’insurrection de juin 1848, sont mentionnées plusieurs cantinières « héroïques » de ces derniers jours, une cantinière qui, frappée à la tête, est revenue au combat, une femme énergique qui a tué plusieurs gendarmes et gardiens de la paix (celle-ci n’est pas nommée mais combattait avec le 61e, un bataillon de Montmartre, et je vous laisse deviner qui elle pouvait être), une autre, cantinière, qui se battait au plateau de Châtillon, celle du 68e qui a été tuée, la citoyenne Eudes, etc., etc.

Comme certainement vous le savez, c’est hier 11 avril que s’est formée l’Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés, mais j’en ai déjà parlé, là, et j’en reparlerai (voir les articles du 24 avril et du 5 mai). Si cette organisation va travailler main dans la main avec Leo Frankel, à la délégation au travail, que nous avons vu accueilli à la Commune bien qu’étranger, c’est d’un autre étranger qu’il est question ici (Journal officiel du 11 avril):

Citoyens,


Nous apprenons que certaines inquiétudes persistent, dans la garde nationale, au sujet du citoyen Dombrowski, nommé commandant de la place. On lui reproche d’être étranger et inconnu de la population parisienne.  En effet, le citoyen Dombrowski est Polonais. Il a été élu chef principal de la dernière insurrection polonaise, et a tenu tête à l’armée russe pendant plusieurs mois.

Il a été général, sous les ordres de Garibaldi, qui l’estime tout particulièrement. Dès qu’il devint commandant de l’armée des Vosges, le premier soin de Garibaldi fut de demander le concours du citoyen Dombrowski. Trochu refusa de le laisser partir de Paris, et le fit même incarcérer.

Le citoyen Dombrowski a également fait la guerre du Caucase, où il défendait, comme ici, l’indépendance d’une nation menacée par un ennemi implacable. Le citoyen Dombrowski est donc incontestablement un homme de guerre et un soldat dévoué de la République universelle.

La Commission exécutive de la Commune

Nous le verrons (dans notre article du 7 mai), celui-là n’a pas toujours marché main dans la main avec les femmes…

Et le renégat? Le mot n’apparaît pas dans la résolution du Conseil fédéral de l’Association internationale des travailleurs, qui  tient séance aujourd’hui 12 avril, mais il est bien dans un article d’Henri Goullé dans le numéro du 16 avril de l’hebdomadaire La Révolution politique et sociale. Voici la résolution:

À l’unanimité le conseil fédéral adopte la résolution suivante

Considérant que le sieur Tolain, nommé à l’Assemblée nationale pour représenter la classe ouvrière, a déserté sa cause de la manière la plus lâche et la plus honteuse, le Conseil fédéral parisien de l’Internationale le rejette de son sein, et propose au Conseil général de Londres de consacrer cette expulsion.

Et quelques extraits de l’article d’Henri Goullé:

[La bourgeoisie] se dit au fond de sa conscience que Thiers est un homme habile; elle compte sur la division dans notre camp elle a gagné Langlois, et un renégat, Tolain. Ce Tolain, soi-disant socialiste, auquel elle croit une grande position auprès du conseil général de Londres.

Nous qui n’entendons rien aux finesses politiques de Thiers, nous comprenons qu’on espère en Tolain comme en un puissant élément de discorde, destiné à égarer les prolétaires dans un socialisme césarien dont il serait le chef.
Chef à la dévotion et sans cesse dans la main de la bourgeoisie. Il est vrai que la bourgeoisie ignore que nous ne reconnaissons aucun chef et que notre seule force consiste à n’en avoir jamais eu.
[…]
Tolain et Langlois, courtisans de la classe riche, ont renié la classe pauvre! 
L’arrêt est prononcé, nous ne les connaissons plus. Sous l’empire nous crûmes à de la faiblesse. Aujourd’hui, nous les voyons à Versailles acceptant, en appointements, le prix de notre sang.

Et bien entendu, le Conseil général de l’Association à Londres a approuvé l’expulsion de Tolain dans sa séance du 25 avril.

Puisque nous sommes à Londres et le 12 avril, je ne résiste pas au plaisir de vous citer un extrait d’une lettre célèbre écrite, justement à Londres, justement ce jour-là.

[…]
Si tu relis le dernier chapitre de mon 18 Brumaire, tu verras que j’y exprime l’idée suivante: la prochaine tentative révolutionnaire en France ne devra pas, comme cela s’est produit jusqu’ici, faire changer l’appareil bureaucratico-militaire de main, mais le briser. Et c’est la condition préalable de toute véritable révolution popu­laire sur le continent. C’est bien là d’ailleurs ce que tentent nos héroïques camarades parisiens.

Quelle souplesse, quelle initiative historique, quelle capacité de sacrifice chez ces Parisiens! Après avoir été, pendant six mois, affamés et désorganisés par la trahison intérieure plus encore que par l’ennemi extérieur, voilà qu’ils se soulèvent, sous la menace des baïonnettes prussiennes, comme si l’ennemi n’était pas toujours aux portes de Paris, comme s’il n’y avait pas eu de guerre entre la France et l’Allemagne! L’histoire ne connaît pas d’autre exemple de pareille grandeur!

S’ils succom­bent, ce sera uniquement pour avoir été « trop gentils ». Il eût fallu marcher tout de suite sur Versailles, une fois que Vinoy d’abord, puis la fraction réactionnaire de la Garde nationale de Paris eurent d’eux-mêmes laissé le champ libre. Par scrupules de cons­cience, on laissa passer le moment opportun. On ne voulait pas déclencher la guerre civile, comme si ce mischievous [je dirais « malfaisant » — la lettre est écrite en allemand, le mot est en anglais dans le texte] avorton de Thiers ne l’avait pas déjà déclenchée en tentant de désarmer Paris!

Deuxième faute: le Comité central résilia ses pouvoirs trop tôt, pour faire place à la Commune. Encore par un souci excessif « d’honnêteté »! Quoi qu’il en soit, l’actuel soulève­ment de Paris, même s’il succombe sous l’assaut des loups, des porcs et des sales chiens de la vieille société — est l’exploit le plus glorieux de notre parti depuis l’insurrection parisienne de juin 48.

Que l’on compare les Parisiens se lançant à l’assaut du ciel aux esclaves célestes du Saint-Empire romain prusso-germanique, avec ses mascarades posthumes et ses relents de caserne et d’église, de féodalité racornie et surtout de bourgeoisie philistine.
[…]

Le destinataire est un médecin de Hanovre, Ludwig Kugelmann, l’auteur est, bien sûr, Karl Marx.

Livres utilisés ou cités

Les séances officielles de l’Internationale à Paris pendant le siège et pendant la Commune, Lachaud (1872).

Marx (Karl) et Engels (Friedrich), Correspondance, Éditions sociales (1985).

Cet article a été préparé en novembre 2020

 

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Publié depuis Overblog

13 Avril 2021, 06:23am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 12/04/2021 par PCF

Le PCF apporte son soutien à Nadiya Lazzouni menacée de mort parce qu’elle est musulmane

La journaliste Nadiya Lazzouni a reçu des menaces de mort, chez elle, parce qu'elle est musulmane et qu'elle porte un hijab.

 

Ces menaces sont totalement inacceptables. Elles sont proférées alors que les actes racistes antimusulmans se multiplient contre des mosquées.

Le PCF appelle les pouvoirs publics, plutôt que d’entretenir dans notre pays un climat nauséabond contre les musulmans, à une réaction rapide et sans ambiguïté.

Les auteurs des actes et menaces racistes de ces derniers jours doivent être identifiés et déférés devant la justice, la journaliste Nadiya Lazzouni doit être sans délai placée sous protection policière.

Le racisme est une atteinte aux principes les plus fondamentaux de notre République laïque. Tous ses citoyens doivent, dans le respect des lois communes, pouvoir pratiquer sans danger leur religion.

La société française doit rester unie face à ceux qui veulent la diviser.

 

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