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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Où en est-on de l'histoire des luttes féministes ?

7 Mars 2021, 07:49am

Publié par PCF Villepinte

 Le point avec l'historienne Christine Bard

L'Humanité Samedi 6 Mars 2021

Latifa Madani

Si les luttes des femmes s’affirment, s’imposent et gagnent en force, le contexte reste lourd d’adversité. «Aujourdhui, cest l’éradication des violences masculines qui est en jeu. Un combat qui porte au-delà des cercles militants et ne fait que commencer», explique Christine Bard, spécialiste de lhistoire des femmes et du genre. 

Depuis MeToo, depuis la libération de la parole et son écoute, est-on en train de vivre un moment décisif de l’histoire des luttes des femmes?

CHRISTINE BARD Je le crois. Je n’ai jamais connu une telle intensité militante: les manifestations, les médias, les films, les publications, les collages, les blogs Cest une immense vague une «déferlante» pour reprendre le titre d’une toute nouvelle revue féministe – qui porte bien au-delà des cercles militants, partout dans le monde, avec la force que donnent les réseaux sociaux et l’afflux massif de jeunes activistes. Les études féministes ne sont pas étrangères à cette intensité.

#MeToo a donné un coup d’accélérateur à un cycle de mobilisations qui a commencé dans les années 1970 avec les premières actions contre le viol, des groupes de conscience entre femmes qui abordaient ce «tabou», avec des associations comme le Planning familial. Progressivement, la parole sest libérée, grâce au courage, il faut le souligner, de toutes celles qui ont témoigné à la première personne.

Je pense à Clémentine Autain, notamment. C’était il y a quelques années. Ne les oublions pas. Puis, les «je» se sont additionnés. Ce qui est clairement en jeu, aujourdhui, est l’éradication des violences masculines. Il reste encore beaucoup de blocages.

Dans quels domaines se situent les blocages?

CHRISTINE BARD Ils sont déjà politiques, là où la cause féministe est trop peu représentée, trop peu défendue. Je suis frappée par le contraste entre la force du féminisme comme mouvement social et culturel et sa faiblesse dans les lieux de pouvoir. Quelle place le féminisme aura-t-il, par exemple, dans le jeu électoral qui va nous obséder jusqu’à la prochaine présidentielle?

Je voudrais aussi souligner la frilosité coupable du monde de l’éducation, sans nier les bonnes volontés, souvent trop peu soutenues. L’éducation nationale recule, sous la houlette d’un ministre autoritaire, comme venu d’un autre temps. Il faut changer l’éducation pour espérer changer la société et arriver à plus d’égalité. Or, il ne se passe rien d’important à l’école de ce point de vue. Il n’y a pas de formation des enseignantes et des enseignants dans ce domaine.

L’histoire des femmes est quasi totalement absente des manuels du collège et du lycée. Cela fait quand même cinquante ans que celle-ci existe à l’université! Des milliers de livres, de thèses, pour quels résultats? Le contenu des enseignements ne bouge pas! Dans les programmes en français, combien d’œuvres de femmes étudiées?

Pourtant, la demande est forte, surtout dans les lycées, mais elle reste sans réponse parce qu’il y a un conservatisme persistant, propre au monde de l’éducation. Il y a un verrou en France. Et que dire à propos d’autres pays où les droites réactionnaires, antiféministes, homophobes sont au pouvoir et tentent de museler la recherche et l’éducation sur le genre!...

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Ministres, n’êtes-vous donc pas prêts? Et votre chef?

6 Mars 2021, 12:30pm

Publié par PCF Villepinte

Ariane Mnouchkine pendant la manifestation en soutien à l'hôpital public. Photo Antoine Agoudjian

Nous vous signalons la tribune d’Ariane Mnouchkine, directrice du Théâtre du Soleil, publiée dans le Télérama, qui dit son incompréhension de l’inefficacité du gouvernement concernant la vaccination contre la Covid-19.

Ministres, n’êtes-vous donc pas prêts? Et votre chef? Au bout d’un an de ratages, d’appauvrissement, de pertes, d’humiliations, de souffrances, de morts, vous n’êtes toujours pas prêts?!

Alors qu’en Allemagne et au Royaume Uni, au Danemark, dans toute l’Europe, les campagnes de vaccinations enregistrent des patients par milliers, en France, la patrie de Pasteur, nous comptons à peine quatre centaines de personnes âgées vaccinées. Et deux ou trois médecins, alors que tous les soignants de France et de Navarre devraient l’être avant tout le monde.

Pourquoi? Que se passe-t-il?

À vous écouter les Français seraient trop sceptiques, trop hésitants, bref, trop anti-vaccins.

Avez-vous donc si peur des Français que vous régliez ainsi votre pas sur les plus craintifs ou, plutôt, sur les plus soupçonneux d’entre nos concitoyens échaudés par vos mensonges et qu’aujourd’hui, vous poussez à la crainte par vos bobards obstinés et votre pusillanimité incompréhensible?

Allez-vous vraiment vous abriter longtemps derrière ceux qui, par votre faute, restent indécis? Ne voyez-vous pas que votre tiédeur suspecte nourrit les thèses obscurantistes les plus nocives, les plus vénéneuses.

Que ceux qui ne veulent pas se faire vacciner ne le fassent pas, c’est leur droit, mais en leur nom, allez-vous prétendre empêcher les volontaires de le faire au plus vite alors que, ce faisant, nous protègerions jusqu’aux plus rétifs des anti-vaccins, qui le savent bien d’ailleurs.

Pensez-vous vraiment pouvoir nous rejouer la petite musique de mars contre les masques? Non? Alors, faites votre métier, arrêtez de jouer de la flûte. Faites votre devoir. Organisez cette campagne de vaccination comme il se doit pour que nous, artistes de tous ordres, grands et petits restaurateurs, cafetiers, bistrotiers, boutiquiers, étudiants, professeurs, docteurs, infirmières, brancardiers, pompiers, policiers, caissières, athlètes, personnes âgées, nous puissions faire le nôtre et partager à nouveau ce qui s’appelle le bien commun, pour certains en ouvrant leurs théâtres, leurs cinémas, leurs restaurants, leurs boutiques, leurs bars, leurs gymnases, leurs universités, leurs bras. Pour d’autres, en cessant de surveiller nos cabas, nos déplacements, nos verres, nos fêtes, nos places et nos rues et en retrouvant leurs vraies missions de gardiens de la paix.

Ministres français, vous tremblez? Et votre chef. Alors que, avec une incroyable promptitude, inespérée il y a encore quelques semaines, des savants du monde entier, ont, grâce à leur travail acharné, déposé en vos mains l’arme nécessaire et, bientôt, suffisante, pour vaincre le virus et libérer le pays de cet occupant dévastateur, vous tremblez?! Alors partez. Démissionnez. Nous avons besoin de gens courageux, compétents, respectueux de leurs concitoyens.

Eh bien, qu’attendez-vous? Vous voulez des suicides, des émeutes? Des suicides, il y en a déjà. Quant aux émeutes, elles brûlent dans beaucoup de cœurs. Des cœurs pourtant bien sages d’habitude.

Lire la tribune sur le site de Télérama

Publié le 02/01/21, mis à jour le 09/01/21

Si vous souhaitez co-signer cette tribune, rendez-vous sur le site suivant : https://www.theatre-du-soleil.fr/fr/cosignature

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Yasmina Kettal. La blouse blanche « sauvée » par la lutte

6 Mars 2021, 12:04pm

Publié par PCF Villepinte

© Jacques Demarthon/AFP

L'Humanité Samedi 6 Mars 2021

Cécile Rousseau

Lors de la grève de 2019, cette infirmière des urgences de 32 ans a «frôlé le burn-out». Elle entend désormais recentrer son engagement sur la Seine-Saint-Denis, très impacté par le Covid.

DOSSIER 
Huit Femmes de combats
Vivir Quintana. Un cri du chœur contre l’ultraviolence
Marta Lempart. Dressée contre un état misogyne, l’église et le déni européen
Citlali Souloumiac. Afficher la couleur, c’est libérateur
Ruth Nyambura. L’avenir appartient à l’écoféminisme africain
Yasmina Kettal. La blouse blanche «
sauvée» par la lutte
Alicia Garza. Ses mots d’amour ont fondé le #blacklivesmatter
Aranya Johar. La jeune slameuse indienne s’attaque à tous les tabous
Yosra Frawes. «Les tunisiennes portent toujours la dot sur le dos»

Et aussi
Entretien avec Christine Bard, spécialiste de l’histoire des femmes et du genre
Télévision. Trois documentaires sur l'ascension des femmes, héroïque course d’obstacles

Toujours répondre présent. Le 22 février, Yasmina Kettal assistait au procès de Farida C., cette infirmière traînée devant la justice pour avoir jeté des bouts de bitume sur les policiers lors de la manifestation du 16 juin dernier. Les mots prononcés face au tribunal ont résonné en écho chez sa consœur. «Ce quelle a dit sur la violence vécue à lhôpital pendant le Covid était très fort, raconte-t-elle, encore retournée. Les gens ont été atteints profondément. C’était inhumain.»

Figure du Collectif Inter-Urgences (CIU), la discrète blouse blanche de 32 ans a été contrainte de tomber le masque pour relayer la colère de ses pairs. Mais pas question d’appuyer la martyrologie des soignants. L’infirmière refuse les qualificatifs de «héros». «Sinon, cest comme si tout ce que lon faisait était normal! Avec le Ségur de la santé, la question des salaires a été mise sur la table, mais tout le monde sait qu’il faut aussi des lits et des recrutements.

 

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Face à la crise, les solutions de la gauche pour trouver l’argent

6 Mars 2021, 11:56am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Vendredi 5 Mars 2021

Aurélien Soucheyre

Les formations progressistes appellent à réformer l’impôt et taxer davantage le capital, les profiteurs de crise, les multinationales et les plus fortunés.

Même en temps de crise, les partis de gauche savent où trouver des sous. Le Covid-19 a fait exploser les dettes? Pas pour tout le monde, puisque 10 % des Français les plus riches ont vu leur épargne augmenter de 100 milliards deuros en un an. Communistes, insoumis, socialistes et écologistes proposent ainsi de mettre à contribution les plus fortunés, les multinationales et les «profiteurs de crise» à travers toute une batterie de mesures. Le PCF considère même pouvoir récupérer 102 milliards deuros grâce à limpôt, et ce chaque année.

Supprimer le Cice et rétablir l'ISF

D’abord en supprimant le crédit d’impôt compétitivité emploi (Cice), qui coûte 22 milliards par an. Ensuite en créant un «grand impôt progressif sur le patrimoine net», qui fusionnerait taxe foncière et impôt sur la fortune immobilière, pour un gain de 10 milliards. Le PCF veut enfin rétablir l’ISF et réformer l’impôt sur le revenu, en créant douze tranches progressives, en plus de rétablir le taux d’imposition sur les sociétés de 2018, avec prélèvement à la source pour empêcher la fraude fiscale, comme le défend son secrétaire national, Fabien Roussel.

 

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Colère du monde de la culture : nous avons suivi les manifestants à l'intérieur de l'Odéon

6 Mars 2021, 11:47am

Publié par PCF Villepinte

Vendredi 5 Mars 2021

Dans la foulée de la manifestation parisienne qui a rassemblé des milliers de personnes, jeudi, des manifestants, artistes et techniciens, intermittents du spectacle, du tourisme et de la restauration, ont envahi le Théâtre national de l’Odéon.

Des banderoles ont été déroulées sur la façade de l’édifice parisien. Elles dénoncent un «gouvernement disqualifié», les «chômeurs non indemnisés» et exigent le «retrait des deux lettres de cadrage». "On est en train de crever !"

Voir aussi : Manifestations. La culture exige des solutions d’urgence

Plusieurs milliers de professionnels du monde de la culture ont manifesté ce jeudi 4 mars partout en France, pour de nouveau crier leur ras-le-bol et exiger la réouverture des lieux culturels, un an après les premières mesures de fermeture. Le rassemblement parisien s'est tenu place de la République, à la mi journée avant de s'élancer vers 14h30, en direction de la Madeleine.

Année blanche

Concomitamment, une centaine de manifestants sont entrés dans le théâtre national de l'Odéon, qu'ils comptent "occuper toute la nuit". "Nous ne sortirons pas avant qu'un conseil national des professionnels du spectacle soit convoqué avec Roselyne Bachelot et Jean Castex", a annoncé Karine Huet, secrétaire générale adjointe du SNAM-CGT.

Le gouvernement, qui a fermé fin octobre les théâtres, musées et autres lieux culturels pour lutter contre l'épidémie de Covid-19, n'a donné aucune date de réouverture, attendant le résultat de plusieurs "concerts-tests".

L'année blanche, annoncée en mai 2020, qui correspond à la prolongation des droits d'indemnisation jusqu'au 31 août 2021 pour les intermittents arrivant en fin de droits entre le 1er mars 2020 et le 31 août 2021. Les professionnels de la culture exigent également sa prolongation jusqu'en août 2022.

 

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L'Humanité

5 Mars 2021, 10:29am

Publié par PCF Villepinte

Et si en plus, il n'y a personne comme chante Alain Souchon
Irak. Le pape François va rencontrer le grand ayatollah Sistani
 
De Bagdad à Erbil, le souverain pontife parlera de paix et de tolérance dans un pays soumis aux divisions religieuses et communautaires. Il est particulièrement attendu dans la ville sainte de Nadjaf, où il a rendez-vous avec la plus grande autorité chiite irakienne.
 
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Il y a 150 ans naissait Rosa Luxemburg, figure spartakiste
 
Le 5 mars 1871 à Zamosc, alors en Pologne russe, dans la petite bourgeoisie juive, naissait la militante qui allait fondé avec Karl Liebknecht et Clara Zetkin le Parti communiste allemand. La biographie de référence de Gilbert Badia est rééditée à l'occasion des 150 ans de sa naissance. Retour sur la vie et la postérité de « Rosa la Rouge ».
 
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Toujours plus : les nouvelles faveurs que prépare le gouvernement des riches

5 Mars 2021, 07:32am

Publié par PCF Villepinte

Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, cheville ouvrière de l’idéologie du ruissellement d’Emmanuel Macron. Ludovic Marin/AFP

Vendredi 5 Mars 2021

Pierric Marissal

Aider ceux qui en ont le moins besoin pour relancer l’activité. Après les milliards versés sans condition aux entreprises, le ministre de l’Économie relance la théorie fumeuse du ruissellement et annonce de nouvelles incitations et ristournes en faveur des plus aisés.

Ça ne ruisselle toujours pas. Malgré quatre années du quinquennat consacrées à faire gonfler le patrimoine des riches – fin de l’ISF, flat tax,… – pour qu’il se déverse en consommation et en investissements dans les entreprises, le flux de ces liquidités reste bouché en haut. Depuis le premier confinement, les 10 % des Français les plus riches ont amassé plus de 100 milliards d’euros d’épargne. Bruno Le Maire n’en démord pas. En cheville ouvrière de l’idéologie du ruissellement, le ministre de l’Économie pense à relancer l’économie française en offrant de nouveaux cadeaux à ceux… qui en ont le moins besoin. À charge pour ces derniers de sortir leurs magots. Pour cela, il redouble de largesses. Le régime fiscal de l’assurance-vie (30 % du patrimoine des 0,1 % les plus aisés de France) est déjà bien avantageux. L’hôte de Bercy a annoncé ce jeudi la labellisation de 150 fonds dédiés aux «prêts participatifs». Il sagit, pour ceux qui en ont les moyens, de prêter de largent à des entreprises à taux dintérêt de 5 à 6 %. Une aubaine, quand les assurances-vie atteignent péniblement 1,5 % de rendement. D’autant que le dispositif est garanti à 30 % par l’État. Une baisse des impôts sur les donations et transmissions entre les générations, supérieures à 100000 euros, est dans les tuyaux. Enfin mardi, Bercy annonçait «une souplesse pour le paiement de limpôt sur les sociétés», que seules paient les entreprises bénéficiaires.

 

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Culture : à l'intérieur de l'Odéon occupé, avec des artistes excédés d'être sacrifiés

5 Mars 2021, 07:28am

Publié par PCF Villepinte

Jeudi 4 Mars 2021

Plusieurs milliers de professionnels du monde de la culture ont manifesté ce jeudi 4 mars partout en France, pour de nouveau crier leur ras-le-bol et exiger la réouverture des lieux culturels, un an après les premières mesures de fermeture.

Voir aussi : Manifestations. La culture exige des solutions d’urgence

Le rassemblement parisien s'est tenu place de la République, à la mi-journée avant de s'élancer vers 14h30, en direction de la Madeleine.

Année blanche

Concomitamment, une centaine de manifestants sont entrés dans le théâtre national de l'Odéon, qu'ils comptent "occuper toute la nuit". "Nous ne sortirons pas avant qu'un conseil national des professionnels du spectacle soit convoqué avec Roselyne Bachelot et Jean Castex", a annoncé Karine Huet, secrétaire générale adjointe du SNAM-CGT.

Le gouvernement, qui a fermé fin octobre les théâtres, musées et autres lieux culturels pour lutter contre l'épidémie de Covid-19, n'a donné aucune date de réouverture, attendant le résultat de plusieurs "concerts-tests".

L'année blanche, annoncée en mai 2020, qui correspond à la prolongation des droits d'indemnisation jusqu'au 31 août 2021 pour les intermittents arrivant en fin de droits entre le 1er mars 2020 et le 31 août 2021. Les professionnels de la culture exigent également sa prolongation jusqu'en août 2022.

 

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« C’est une catastrophe lorsque le virus entre dans les prisons »

4 Mars 2021, 12:22pm

Publié par PCF Villepinte

 La maison d'arrêt de Villepinte accueille 1100 détenus au lieu de 550.

Jeudi 4 Mars 2021

Paul Ricaud

Le ministre de la justice, Éric Dupond-Moretti, vient d'annoncer qu'il veut mettre un terme aux remises de peine automatiques. Et le gouvernement ne semble décidément pas prêt à mettre en place les réformes requises pour en finir avec les conditions indignes de détention. Dominique ­Simonnot, contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, fait le point sur la situation dans les prisons françaises, rendue plus difficile encore après un an d’épidémie. 

© Bertrand Guay/AFP

Ancienne journaliste à ­ Libération puis au Canard enchaîné, Dominique ­Simonnot occupe aujourd’hui le poste de contrôleuse générale des lieux de privation de liberté. Depuis sa nomination en octobre 2020, elle a fait de la réduction de la population carcérale une de ses priorités et demande au gouvernement d’aller dans ce sens.

Le ministre de la Justice a annoncé, dans le Point, mettre un terme aux remises de peine automatiques. Pour en bénéficier, un détenu devrait fournir «les efforts de réinsertion nécessaires». Comment recevez-vous cette nouvelle?

DOMINIQUE SIMONNOT Je suis extrêmement surprise. D’après ce que l’on sait pour le moment de cette réforme, elle ne va pas du tout dans le sens de la déflation carcérale que nous réclamons et ne sommes pas les seuls à réclamer. Des remises de peine en fonction des efforts en détention, cela existe déjà sous la forme de la bonne conduite.

Si on demande aux détenus de faire des efforts en matière de travail, de soins et de formation, c’est plutôt au ministère de la Justice de faire en sorte que cela soit accessible à tous. Obtenir un travail est difficile et très mal payé pour ceux qui parviennent à en avoir un (la rémunération minimale est fixée à 1,62 euro de l’heure – NDLR).

Décrocher un rendez-vous avec un psychiatre peut prendre des mois et les cours sont suspendus à cause du Covid. Il y a sans doute beaucoup de détenus qui voudraient être soignés, trouver un boulot ou une formation en prison, mais on ne leur en donne pas les moyens.

 

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Appel à la jeunesse : le 16 mars, refusons d’être la génération sacrifiée

4 Mars 2021, 11:06am

Publié par PCF Villepinte

Jeudi 4 Mars 2021

Par Léon Deffontaines, secrétaire général du MJCF, et Jeanne Péchon, secrétaire nationale de l’UEC.

Léon Deffontaines (MJCF)Jeanne Péchon (UEC)

 Avec la pandémie, la situation des jeunes s’est considérablement dégradée. Ce sont les rêves et les aspirations de toute une génération qui sont en train d’être broyés, non pas à cause de la pandémie mais des choix politiques et de l’inaction du gouvernement. Si la précarité des jeunes n’est pas nouvelle, celle-ci s’est intensifiée.

La précarité de nos formations, tout d’abord. Avant même l’arrivée du Covid-19 l’enseignement en France était malade des politiques libérales: classes et amphithéâtres surchargés, enseignants non remplacés, manque de matériel… Malgré l’investissement des enseignants, la qualité des formations s’est détériorée. À ce manque de moyens s’est ajoutée la multitude de réformes engagées depuis le début du mandat d’Emmanuel Macron, telles que Parcoursup et la réforme du baccalauréat, qui ont mis en place un tri social à l’entrée de l’université pour éviter de devoir investir dans l’enseignement supérieur.

La loi de programmation de la recherche passée en force par le gouvernement vient elle aussi précariser nos formations. En organisant la précarité de nos enseignants, elle aggrave une situation déjà bien présente. Aujourd’hui et selon les universités, 40 % à 80 % des travaux dirigés sont déjà assurés par des enseignants précaires, rendant difficile la continuité des apprentissages.

L’école est aujourd’hui un outil d’aggravation des inégalités sociales. De ces manques de moyens et de la sélection à l’entrée de l’université, les jeunes n’en peuvent plus et n’en veulent plus. Les coupes budgétaires et le manque de suivi ont provoqué un décrochage massif d’élèves et d’étudiants, mettant gravement leur avenir en danger.

La précarité a aussi fortement augmenté dans l’emploi. Ce n’est pas nouveau, la jeunesse se caractérise par un salariat dégradé et fragmenté par de multiples contrats précaires. Les contrats à durée déterminée, intérim, autoentrepreneuriat, ou autres services civiques, contrats temporaires et temps partiels sont massifs dans la jeunesse. Les jeunes sont la tranche d’âge la plus durement impactée par la hausse du chômage. Au dernier trimestre 2020, près d’un jeune sur quatre était au chômage.

Cette précarité de l’emploi précède une précarité de revenus. Avec la crise, le nombre de jeunes et d’étudiantes et étudiants vivant sous le seuil de pauvreté a explosé. De plus en plus de jeunes sont obligés de se tourner vers des organismes d’aide alimentaire. Aujourd’hui, les jeunes sont renvoyés à une solidarité familiale de plus en plus hasardeuse et profondément inégalitaire.

En plus d’être régulièrement pointée du doigt par l’exécutif sur l’avancée de la pandémie, la nouvelle génération pâtit d’un manque d’ambition politique du gouvernement.

Sept mois après son lancement, le plan «un jeune, une solution» ne fonctionne pas. Non seulement il ne propose pas de solution à lensemble de la jeunesse mais, en renforçant une multitude demplois précaires, il vient détériorer encore davantage le salariat des jeunes.

Afin de lutter contre la précarité des jeunes, l’exécutif se contente d’aides ponctuelles et insuffisantes destinées aux étudiants, telles que le repas Crous à 1 euro, annoncé à la suite de la mobilisation massive des étudiants le 20 janvier dernier. Cette mesure, bien que nécessaire, ne permet pas de sortir les jeunes en formation de la précarité.

Enfin, les lycéennes et les lycéens sont les grands oubliés des différentes mesures du gouvernement. Alors que le retard et les inégalités sociales progressent, aucun plan de rattrapage n’a été annoncé. Pire, alors qu’un étudiant sur six est en décrochage, le gouvernement continue la sélection à l’entrée de l’université. Si le calendrier de l’éducation nationale a totalement été repensé, celui de Parcoursup, lui, n’a pas été inquiété.

Pourtant la jeunesse regorge de forces d’innovation et d’ingéniosité qui ne demandent qu’à pouvoir s’exprimer.

Combien de futurs chercheurs, ingénieurs, médecins, enseignants ne seront pas sélectionnés cette année? Combien de jeunes ont vu leur rêve broyé par cette machine à sélectionner et à trier socialement? Combien de jeunes nont pas pu suivre leurs études jusquau bout car ils devaient jongler entre précarité et petits boulots? Alors que nous avons besoin de travailleurs qualifiés dans de nombreux secteurs (transport, santé, éducation, énergie…), combien de jeunes sont aujourd’hui au chômage? Ce sont toutes ces contradictions quil faut dépasser.

La place de la jeunesse est un marqueur de la société. Avec des jeunes laissés pour compte, c’est la société tout entière qui est en danger. Au contraire, si le système permet à chaque jeune de s’épanouir, de trouver sa place, de construire son avenir et de se former, c’est toute la société qui progressera.

Les nouvelles générations ne sont pas le problème mais bien la solution. Notre génération veut se former, se réaliser, être utile à la société. Mais au final, c’est notre dignité à toutes et tous qui est gâchée et sacrifiée sur l’autel du profit par les capitalistes.

Mais, aujourd’hui, nous disons qu’il y en a assez. Assez du chômage et de la précarité. Assez de la casse de nos formations et de la sélection. Assez des politiques libérales.

Alors que la situation des jeunes est enfin mise en avant par les médias et les dirigeants, il est temps de transformer cette prise de conscience et cette colère de la jeunesse en une force politique.

L’enjeu est grand: redonner lespoir à toute une génération. L’espoir que l’engagement politique peut changer les choses, l’espoir d’un avenir meilleur permettant à chaque jeune de se développer librement et de trouver sa place dans la société.

Nous appelons l’ensemble des jeunes à se mobiliser le 16 mars prochain.

 

 

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