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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

« Il faut des politiques populaires de santé publique », Michel Agier anthropologue

16 Mars 2021, 10:49am

Publié par PCF Villepinte

Michel Agier est anthropologue. Dans son dernier livre, Vivre avec des épouvantails*, il analyse la crise sanitaire et les nombreux effets pervers entraînés par l’exploitation de la peur.

Selon vous, qu’est-ce que la crise de la Covid-19 a changé ?

Cette pandémie nous a fait revivre des peurs ancestrales et prendre conscience de notre vulnérabilité de petits êtres humains à l’échelle du cosmos, alors que la modernité et l’esprit capitaliste nous avaient fait croire à une humanité supérieure dominant la nature. Nous avons eu aussi cette impression -très belle- qu’enfin la vie humaine avait été placée avant l’économie.

Or, ce n’est pas une politique pour la santé qui s’est substituée à l’économique, mais un modèle biopolitique autoritaire. Le risque biopolitique, selon le concept de Michel Foucault se manifeste quand, au nom d’une barrière sanitaire incontestable, un pouvoir contrôle les sociabilités et légitime un regard extérieur et d’en haut sur les vies privées. Ce n’est pas la pandémie en elle-même qui a « fait » l’événement marquant dans la vie sociale et politique mondiale.

Ce sont les réponses qu’elle a suscitées, et la manière dont elle a été vécue, avec les mesures contraignantes de distance physique entre les personnes, de confinement, de fermeture des frontières.

 « LE GOUVERNEMENT N’A PAS MENÉ UNE POLITIQUE SANITAIRE MAIS UNE POLITIQUE SÉCURITAIRE. »

Vous êtes critiques envers la politique menée par le gouvernement durant cette crise ?

Le gouvernement n’a pas mené une politique sanitaire mais une politique de la peur, sécuritaire, infantilisante, destinée à rassurer les Français. Vous craignez le virus ? On vous envoie la police, police qui peut à la fois sanctionner des gens qui ne respectent pas le port du masque et vider un campement de migrants sans le moindre respect des gestes barrières.

Lorsque les gouvernements décident de fermer les frontières pour cause d’impuissance et par manque de masques et de tests, ils ne s’attaquent pas au virus, mais à nos peurs. Ils veulent « rassurer ».

Or, on savait, depuis le début de la crise, en voyant les images des médecins dans leurs habits de cosmonaute, que la vraie frontière c’était notre corps, que le danger, ce n’était pas l’étranger, mais le proche, le cluster, le réseau d’affinités qui va ensuite être utilisé dans le tracing. Je me révolte contre le gouvernement de la peur parce qu’il entraîne des catastrophes, mais pas contre la peur elle-même. Avoir peur est une chose normale.

Que préconisez-vous ?

La mise en œuvre de politiques populaires de santé publique. Pour qu’une politique de santé soit efficace, elle doit mobiliser l’adhésion de tous. Pour plus d’efficacité, il faut que les citoyens soient à l’initiative, qu’ils s’organisent et puissent débattre démocratiquement.

Vous écrivez que, dans l’histoire des hommes, les peurs sont source de créativité. Est-ce le cas aujourd’hui ?

Pour se libérer des usages politiques et idéologiques de la peur, les hommes ont toujours inventé des épouvantails qu’ils agitaient dans les carnavals. L’épouvantail, c’est un artefact qui extériorise les peurs, les rend ridicules, mais permet aussi de critiquer les discours des responsables politiques ou religieux annonçant des déluges ou des catastrophes si les habitants ne se tiennent pas tranquilles. C’est une manière de dire aux puissants : « Ne t’occupe pas de ma peur, je m’en charge. »

Pendant la guerre froide, ces épouvantails ont pris la forme de représentations imagées, dans des romans d’anticipation par exemple, qui décrivaient des dystopies ou des mondes utopiques. La créativité a été foisonnante durant les confinements. Elle va l’être encore. Ce que nous pouvons faire de nos peurs, c’est les transformer, par exemple sous des formes artistiques ou comiques, de sorte à les rendre objectives.

Vous estimez que désormais la résolution des crises ne peut être que mondiale.

La pandémie a démontré qu’elle ne s’arrêtait pas aux frontières. Concernant la santé, le climat, l’économie, la faim, les migrations, les inégalités, la perspective mondiale est indispensable, même si les mobilisations locales le sont aussi. Elle nous donnerait une énergie immense pour affronter les risques et les malheurs communs.

* Ed. Premier Parallèle, 16 €.

Bio

Né en 1953 à Orange, Michel Agier est anthropologue, directeur de recherches à l’Institut de recherche pour le développement et directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales.

De 2004 à 2010 : membre du conseil d’administration de Médecins sans frontières

2013 : La Condition cosmopolite éd. La Découverte, 21 €.

2018 : L’étranger qui vient, éd. du Seuil, 17 €.

 

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L'Humanité

16 Mars 2021, 10:32am

Publié par PCF Villepinte

 
 
Service public. Les agents territoriaux refusent une régression historique
 
Depuis plusieurs semaines, les fonctionnaires municipaux et métropolitains se mobilisent contre l’allongement de leur temps de travail sans compensation financière. À l’appel de la CGT, nombre d’entre eux seront à nouveau en grève dans toute la France, ce mardi.
 
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Covid-19. La France suspend le vaccin AstraZeneca
 
Cette décision a été prise à titre préventif, dans l’attente d’un avis de l’Autorité européenne du médicament prévu jeudi.
 
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Violences policières. Kéziah Nuissier, l’affaire qui secoue la Martinique
 
Ce jeune militant anti-chlordécone devait être jugé ce 17 mars pour violences contre les forces de sécurité. Mais l’affaire a été dépaysée, et il semble qu’il soit bien la victime d’un scandale qui ébranle le territoire.
 
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Syrie. Comment le peuple s’est fait voler sa révolution
 
Le slogan « Dignité et liberté », qui parcourait les premières manifestations il y a dix ans, a été tué dans l’œuf par la répression du pouvoir et les manœuvres des islamistes.
 
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Festival. Trente-trois jeunes photographes pensent le futur
 
Le collectif Fetart a repéré les nouveaux talents européens de l’image. Ils sont exposés dans le cadre de la 11e édition de Circulation(s), à Paris, au Centquatre. Un rendez-vous, cette année numérique, qui reste populaire et exigeant.
 
 

 

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LOGEMENT

16 Mars 2021, 08:04am

Publié par PCF Villepinte

CGT

Plusieurs organisations syndicales, dont notre organisation, et associations appellent à se mobiliser le 27 mars pour le droit au logement, contre les expulsions et le logement cher. Vingt-et-un pays européens se joindront à cette mobilisation. 

Actuellement, deux millions de personnes rencontrent des difficultés pour payer leur loyer et 14 % de la population a connu des difficultés de logement depuis le premier confinement.

La crise économique liée au coronavirus a entrainé une explosion de la précarité et une augmentation du recours aux aides alimentaires.

Pour répondre à l'urgence, Emmanuelle Wargon, ministre déléguée en charge du logement, a annoncé le report de la trêve hivernale en juin. « C'est une bombe à retardement, aucune mesure n'a été prise pour prévenir ces expulsions. Le gouvernement n'a prévu aucune revalorisation du Smic, il ne fait rien contre la multiplication des plans de licenciements, rien non plus pour encadrer les loyers », observe Véronique Martin, référante du collectif logement de la CGT.

En 2020, le prix des logements a augmenté plus vite que l’inflation. Les profits issus du logement cher ont à peine diminué, malgré la crise sanitaire et sociale.

Depuis 2000, la courbe des expulsions n’a cessé de grimper : plus de 169 % en dix-huit ans.

Les expulsions pourraient doubler en 2021 par rapport à 2018 (déjà année record), si le gouvernement reste inactif. Les classes populaires, les femmes, les minorités, les réfugiés, les sans-papiers… sont les plus exposés et doivent, pour sortir de la rue, accepter des sous-logements précaires.

Insuffisantes, les lois censées protégées les locataires (encadrement des loyers, gel du loyer à la relocation, normes de décence, surface réelle, limitation d’Airbnb) sont bafouées par une partie des bailleurs privés et des agence, qui veulent accélérer les expulsions, supprimer la trêve hivernale et criminaliser des sans-logis qui occupent des locaux vides.

Aux côtés de Solidaires, de la FSU et d'associations comme le DAL (droit au logement), notre organisation appelle à une journée de mobilisation pour le droit au logement, contre les expulsions et le logement cher. « On exige la mise en place d'un moratoire sur les expulsions locatives et l'application de la loi de réquisition des logements vides », expose Véronique Martin.

Pour rappel, 3 millions de logements sont vacants en France.

Les organisations revendiquent notamment :

un logement abordable, stable, décent, durable et écologique pour tous, sans discriminations ;

 l'arrêt des coupures d’énergie ;

 la fin de la répression contre les sans-abris et des occupants ;

 le respect du droit au logement opposable, du droit à un hébergement décent jusqu’au relogement ;

 la baisse immédiate des loyers et la réalisation annuelle de 200 000 HLM, de logements étudiants (30 % de HLM dans chaque commune en zone tendue, augmentation des aides à la pierre, arrêt des ventes et des démolitions de HLM) et la revalorisation des APL.

La crise du logement n'est pas inéluctable. Le combat prend une envergure européenne, où les mobilisations se sont multipliées. À Berlin, plusieurs dizaines de milliers de locataires ont manifesté et ont obtenu que les loyers privés ne dépassent pas 6 à 12 € le m2 et que des amendes jusqu’à 500 000 € soient délivrées sans délai par la commune contre les bailleurs fraudeurs.

 

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 « Les jeunes manifestent pour leur avenir ! »

15 Mars 2021, 09:39am

Publié par PCF Villepinte

CGT PUBLIÉ LE 15 MAR 2021

 « Les jeunes manifestent pour leur avenir ! » tel est le mot d'ordre de la journée de mobilisation de demain, mardi 16 mars. 14 syndicats et mouvements de jeunes appellent la jeunesse à se faire entendre. La CGT, FO, FSU et Solidaires « apportent un soutien indéfectible à la jeunesse mobilisée pour son avenir ».

Un plan d'urgence d'1,5 milliard d'euros pour lutter contre la précarité.

C'est la demande immédiate que porteront ceux qui iront manifester demain.
Concrètement, cette aide pourrait passer par :

une augmentation des bourses et des APL,

 l'ouverture du RSA au moins de 25 ans en insertion  

 la suppression des contrats précaires pour aller vers le CDI.

Les syndicats qui apportent leur soutien dénoncent le fait que la « quasi-totalité des étudiants vivent sous le seuil de pauvreté, le taux de chômage des 15-24 ans est de 20 % quand celui de la population est de 9 %, la moyenne d'âge du premier emploi stable est de 29 ans. ».

Les jeunes subissent aujourd'hui les effets des régressions en matière de protection sociale, d'éducation et de formation.

Les réformes sur l'orientation des élèves ont accentué les inégalités.Crise sanitaire, confinement et cours à distance n'ont fait qu'empirer la situation.

L'Unef souligne que les mobilisations étudiantes récentes ont permis d'obtenir de premières avancées, telles que l'accès au restaurant universitaire à un euro, la mise en place d'un chèque santé pour consulter un psychologue ou une aide de 150 euros versée en décembre aux étudiants boursiers.

Cependant ces aides semblent bien dérisoires au regard de la détresse de la jeunesse.

La crise sanitaire a rendu intenable la situation des étudiants, mais aussi des lycéens, des jeunes travailleurs, des privés d'emploi. La CGT, FO, FSU et Solidaires appellent à réagir immédiatement et sur le long terme : « Au-delà de la situation d’urgence à laquelle ce gouvernement se doit de répondre, la première condition pour l’emploi des jeunes est une formation initiale de haut niveau, un service public d’éducation et d’orientation accessible pour toutes et tous, sans discrimination de genre, d’origine qu’elle soit sociale ou géographique. »

 Lire le communiqué de presse

 

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Birmanie. Les syndicats donnent des sueurs froides aux généraux

15 Mars 2021, 09:30am

Publié par PCF Villepinte

Depuis le coup d’État militaire du 1er février, les rues sont de véritables champs de bataille et les scènes de violence se répètent quotidiennement du nord au sud de la Birmanie. © Kaung Zaw Hein/Sopa Images/SPUS/AbacaPress

L'Humanité Lundi 15 Mars 2021

Lina Sankari

Depuis le coup d’État du 1er février, la plupart des rassemblements de travailleurs sont de nouveau illégaux. Après un appel à la grève générale, l’économie est à l’arrêt. Les quartiers ouvriers s’organisent pour déjouer les raids de l’armée.

Ils se tiennent en rang, poing levé et immobiles. Casques de chantier vissés sur le crâne, visages jeunes mais déterminés, ils savent, après un mois et demi de manifestations, que la police et l’armée n’hésitent jamais à tirer à balles réelles. Quelques minutes plus tard, des détonations, des cris, des manifestants qui se lancent à corps perdu dans les rues et un blessé, évacué par ses camarades, laisse une traînée de sang sur le sol.

Depuis le coup d’État militaire du 1 er février, la scène se répète quotidiennement du nord au sud de la Birmanie. Samedi, au moins cinq personnes ont été tuées alors qu’elles défilaient pour commémorer l’assassinat de Phone Maw, un étudiant abattu en 1988 sur le campus de l’Institut de technologie de Rangoun.

Rejoindre la grève peut signifier la mort

«Larmée est dune brutalité sans nom et, tous les jours, nous comptons nos morts. Nos militants sont très courageux mais, malgré leur motivation, ils ont peur. Rejoindre la grève peut signifier la mort», confirme Mya,  une jeune syndicaliste. Il y a une semaine, dix-huit syndicats des secteurs de la santé, de la construction, de l’énergie, des transports, des mines, de l’agriculture et du textile lançaient un appel à la grève générale afin de pousser le rapport de forces avec les généraux qui ont invalidé le résultat des élections de novembre qui virent la Ligue nationale pour la démocratie (LND) d’Aung San Suu Kyi l’emporter...

 

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15 mars 1871, protestations de Blanqui et de Flourens sur les murs de Montmartre

15 Mars 2021, 09:20am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Lundi 15 Mars 2021

IL Y A 150 ANS. 

Mathématicienne et écrivaine, Michèle Audin est aussi passionnée par l'histoire et tient un blog sur la Commune de Paris. Nous vous proposons de retrouver quotidiennement sur le site de l'Humanité, jusqu'au 1er juin, sa chronique "Il y a 150 ans". Au jour le jour donc, Michèle Audin va nous raconter les événements de ces mois de mars, avril et mai 1871. Les plus curieux pourront découvrir que cet éphéméride communard a débuté le 7 mai 2020 avec l'article : 8 mai 1870, le dernier plébiscite bonapartiste

Nous l’avons vu (dans notre article du 10 mars), un conseil de guerre a condamné à mort par contumace les citoyens Blanqui et Flourens pour cause de 31 octobre. Quelques jours après, la presse rapporte que tous deux ont fait afficher des protestations sur les murs de Montmartre, « près de leurs chers canons », dit le Journal des Débats. Et un autre, Paris-Journal, va recopier ces protestations. Je les ai copiées dans Le Messager de Paris (daté du 17 mars). Les citations sont en italique.

Voici le texte de Gustave Flourens:

Citoyens,

En présence du jugement qui me frappe, il est de mon devoir de protester de la façon la plus énergique contre la violation de tous les droits inscrits dans toutes les constitutions.
L’accusé doit être jugé par ses pairs. Tel est le texte de la loi. Or je dénie complètement aux assassins patentés de la réaction le titre de juges. Nommés par un pouvoir qui n’avait encore été reconnu par personne, le 31 octobre 1870, ils ne peuvent puiser leur puissance qu’en dehors de la loi. D’ailleurs, j’ai appris par une longue expérience des choses humaines, que la liberté se fortifiait par le sang des martyrs.
Si le mien peut servir à laver la France de ses souillures et à cimenter l’union de la patrie et de la liberté, je l’offre volontiers aux assassins du pays et massacreurs de janvier.

Salut et fraternité.

G. FLOURENS.

Et voici la proclamation du citoyen Blanqui — envoyée par la poste à un de ses amis? Nous l’avons dit dans notre article du 19 février, Auguste Blanqui se trouve à Loulié, près de Figeac (voir aussi notre article à venir du 17 mars):

Citoyens,

Le 4 septembre, un groupe d’individus qui, sous l’empire, s’était créé une popularité facile, s’était emparé du pouvoir. À la faveur de l’indignation générale, ils s’étaient substitués au gouvernement pourri qui venait de tomber à Sedan. Ces hommes étaient les bourreaux de la République de 1848. Cependant, à la faveur du premier moment de surprise, ils se sacrèrent arbitres de la destinée de la France. Les vrais républicains, ceux qui, sous tous les gouvernements avaient souffert pour leurs croyances, virent avec douleur cette usurpation des droits de la nation. Pourtant le temps pressait, l’ennemi approchait: pour ne pas diviser la nation, chacun se mit de toutes ses forces à l’œuvre de salut. Espérant que l’expérience avait appris quelque chose à ceux qui avaient été pour ainsi dire les créateurs de l’empire, les républicains les plus purs acceptèrent sans murmurer de servir sous eux, au nom de la République.

Qu’arriva-t-il? Après avoir distribué à leurs amis toutes les places où ils ne conservaient pas les bonapartistes, ces hommes se croisèrent les bras et crurent avoir sauvé la France. En même temps l’ennemi enserrait Paris d’une façon de plus en plus inexorable, et c’était par de fausses dépêches, par de fallacieuses promesses que le gouvernement répondait à toutes les demandes d’éclaircissement.

L’ennemi continuait à élever ses batteries et ses travaux de toute sorte, et à Paris, 300,000 citoyens restaient sans armes et sans ouvrage, et bientôt sans pain sur le pavé de la capitale.
Le péril était imminent, il fallait le conjurer. Or, au gouvernement issu d’une surprise, il fallait substituer la Commune, issue du suffrage universel. De là le mouvement du 31 octobre. Plus honnêtes que ceux qui ont eu l’audace de se faire appeler le gouvernement des honnêtes gens, les républicains n’avaient pas ce jour-là l’intention d’usurper le pouvoir. C’est du peuple, réuni librement devant les urnes électorales, qu’ils en appelaient du gouvernement incapable, lâche et traître. Au gouvernement issu de la surprise et de l’émotion populaire, ils voulaient substituer le gouvernement issu du suffrage universel.

Citoyens,

C’est là notre crime. Et ceux qui n’ont pas craint de livrer Paris à l’ennemi avec sa garnison intacte, ses forts debout, ses murailles sans brèche, ont trouvé des hommes pour nous condamner à la peine capitale.
On ne meurt pas toujours de pareilles sentences. Souvent on sort de ces épreuves plus grand et plus pur. Si l’on meurt, l’histoire impartiale vous met tôt ou tard au-dessus des bourreaux qui, en atteignant l’homme, n’ont cherché qu’à tuer le principe.

Citoyens,

Les hommes ne sont rien, les principes sont seuls immortels. Confiant dans la grandeur et dans la justice de notre cause, nous en appelons du jugement qui nous frappe au jugement du monde entier et de la postérité. C’est lui qui, si nous succombons, fera, comme toujours, un piédestal glorieux aux martyrs de l’échafaud infamant élevé par le despotisme ou la réaction.

Vive la République !

BLANQUI.

Ce texte, sous le titre de « Proclamation Blanqui », sera re-publié dans le Journal officiel (qui sera alors celui de la Commune) le 21 mars.

Eh bien les voici, « leurs chers canons ». Je ne sais pas dans quel périodique est parue l’image de couverture, mais elle est aujourd’hui au musée Carnavalet.

 

 

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Le PCF franchit une nouvelle étape vers 2022

14 Mars 2021, 07:54am

Publié par PCF Villepinte

Le secrétaire national du PCF Fabien Roussel @- AFP - CHARLY TRIBALLEAU

L'Humanité secrétaire national du PCF Fabien Roussel @- AFP - CHARL Samedi 13 Mars 2021

Julia Hamlaoui

En vue de sa conférence nationale du mois d’avril, le conseil national du PCF a adopté ce samedi un projet de texte d’orientation pour les élections présidentielle et législatives. La direction de la formation s’est majoritairement prononcée en faveur d’une candidature communiste. Fabien Roussel a confirmé sa disponibilité.

Le PCF prépare activement sa conférence nationale du mois d’avril durant laquelle sa stratégie pour les élections présidentielle et législatives de 2022 sera débattue. Ce samedi, son Conseil national a adopté le texte qui servira de socle à ces échanges. Le document propose une candidature communiste pour la présidentielle et un «pacte dengagements» aux autres forces de gauche en vue des législatives.

Avec un objectif: «contribuer au surgissement du très grand mouvement populaire qui fait défaut au pays depuis tant d’années pour le débarrasser du pouvoir en place, battre la droite et l’extrême droite, créer les conditions du changement tant attendu par des millions d’hommes et de femmes».

«Nous avons une grande ambition pour le pays, nous entendons de toutes nos forces agir en faveur dune politique qui tire jusquau bout les leçons de la pandémie et qui semploie à conjurer la crise dévastatrice qui sannonce dès à présent», résume Christian Piquet, en charge de la commission de rédaction de ce texte.

«Le choix, en 2022, ne saurait se réduire au duo Macron-Le Pen, ni à la nécessité de consentir à des opérations de sommet bâclées, ne permettant pas de répondre aux exigences populaires. Ne nous laissons pas prendre au piège institutionnel qui réduit l’enjeu de la présidentielle à son second tour», invite le texte estimant que «le rôle du PCF est décisif» pour «créer les conditions dune alternative de gauche sappuyant sur le mouvement populaire».

Lançant un «appel» au «monde du travail et de la création, à la jeunesse, à toutes les femmes et à tous les hommes de gauche, à celles et ceux qui sont en colère ou qui attendent des réponses à leurs aspirations», il résume la vocation dune candidature communiste: à savoir «proposer une nouvelle offre politique, enclencher une véritable dynamique de changement à partir de l’élection présidentielle, favoriser ce faisant le rassemblement autour dune perspective de transformation de la société, construire les conditions d’une nouvelle majorité politique de gauche».

Face au piège du présidentialisme, cette candidature irait de pair, propose encore le texte, avec «un pacte dengagements législatifs communs pour une majorité de gauche à lAssemblée nationale» avec «toutes les forces qui sy montreront prêtes, en lien avec le mouvement populaire, et sur la base de mesures remettant en cause les logiques capitalistes». En clair: la candidature communiste, qui sajouterait à celle déjà déclarée de Jean-Luc Mélenchon (FI), à celle à venir d’EELV et à celle plus que probable du PS, ne fermerait pas la porte à un accord pour les élections législatives.

En parallèle, un appel interne à candidature en vue de la présidentielle a été lancé et, pour l’heure, trois prétendants se sont fait connaître: Emmanuel Dang Tran, Grégoire Munk, et Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF.

Ce dernier a également fait part de sa proposition par courrier aux militants communistes. «Je suis prêt. Pas pour une candidature de témoignage. Pas pour faire de la figuration. Mais pour faire le score le plus important qui soit, créer une dynamique. Je suis prêt à m’engager parce que j’ai la conviction que notre pays, la gauche en a besoin, a besoin d’un projet et de propositions révolutionnaires, populaires, à la hauteur de la crise que nous vivons», a-t-il expliqué samedi.

«Je veux pouvoir présenter notre projet aux Français pendant la présidentielle et en même temps, dialoguer avec les autres forces politiques de gauche pour construire avec elles un pacte en vue des législatives car aucune force politique ne sera majoritaire toute seule à l’assemblée nationale», poursuit le député du nord qui estime également que «repousser notre choix au dernier trimestre, cest trop tard pour être en campagne, pour réussir à prendre toute notre place dans le débat, alors même que d’autres candidats seront déjà en campagne depuis des mois».

La décision de la direction du PCF ne va cependant pas sans débat. Tout en saluant un «climat fraternel» après les tensions provoquées par ces questions lors de la dernière présidentielle et du 38 econgrès, «il ny a pas dhomogénéité», a souligné la sénatrice Éliane Assassi qui coordonne avec Christian Picquet la commission en charge de la rédaction du texte d’orientation.

Deux propositions soumises au vote samedi n’ont pas été retenues mais pourraient refaire surface dans les prochaines semaines. La première, défendue notamment par le député André Chassaigne, l’économiste Frédéric Boccara ou la responsable à l’organisation régionale Evelyne Ternant, résout de ne concrétiser la démarche de rassemblement en vue des législatives qu’à l’issue de la présidentielle. La seconde présentée par le président du conseil national, Pierre Laurent, incluait une «clause de revoyure» aux choix opérés, dans l’éventualité où les «conditions politiques le permettent et le nécessitent».

Le document soumis au débat comprend d’ailleurs une «option alternative» sur la stratégie à adopter pour 2022. Celle-ci préconise «le choix dune démarche dalliance et de coalition, dans la clarté dun projet de rupture», dès «le premier tour de l’élection présidentielle, et indissociablement aux élections législatives». «Pour y parvenir, nous nous proposons dinterpeller et de rencontrer forces de gauche et acteurs du mouvement social pour construire une stratégie partagée» autour de «10 mesures majeures» et dune «majorité parlementaire respectueuse de la diversité de la gauche et du mouvement social». 

Puis «sur la base de cette démarche partagée, convenir du nom qui figurera sur le bulletin de vote à la présidentielle». Ses partisans arguent du risque de voir la gauche à nouveau éliminer du second tour et des rassemblements possibles lors dautres scrutins, notamment aux régionales. Minoritaire au sein de la direction communiste, cette option a recueilli 45 voix, contre 68 pour une candidature communiste (et 18 abstentions).

Les deux options s’inscrivent dans un texte qui brosse, outre le contexte politique tel que l’analysent les communistes, une série de «choix de transformations révolutionnaires pour sortir de la crise». Allant d’«un nouvel âge de la Sécurité sociale» à «une révolution du travail et de lemploi, avec en son cœur lidée de sécurité de lemploi et de la formation» en passant par «un nouveau mode de production et de consommation, liant transition écologique, réindustrialisation, nouvelles coopérations internationales», liste, parmi une dizaine de points clés, Christian Picquet.

«Ces objectifs vont de pair avec les moyens permettant de les arracher: la nécessaire prise de pouvoir sur le capital et une refondation de la démocratie, avec de nouveaux pouvoirs pour les citoyens et les salariés, dans la perspective dune VI e République», ajoute-t-il, y voyant «loriginalité de la démarche» communiste pour 2022.

Désormais, ce sont les militants qui ont la main localement. Le texte sera soumis à leur discussion en vue de la conférence nationale des 10 et 11 avril qui doit réunir 1000 délégués, par un système de réunions décentralisées en visio. «Cest loccasion de montrer que la démocratie est bien vivante, quelle peut et doit vivre», espère Fabien Roussel. Cette assemblée se prononcera à son tour mais les militants communistes auront le dernier mot lors d’un vote du 7 au 9 mai.

 

 

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Fonderie de Bretagne : Le gouvernement a laissé Renault construire son projet de cession en catimini (Fabien Roussel)

14 Mars 2021, 07:44am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 13/03/2021 par PCF

Alors que des alternatives crédibles sont mises en évidence par les syndicats pour que le site redevienne rentable à moyen terme, la direction du groupe Renault a annoncé ce 11 mars vouloir céder le site de Caudan et ses 350 salariés, avec la menace habituelle de nouvelles suppressions d’emplois, voire d’activités.

La direction de Renault, en complicité avec les pouvoirs publics et le cabinet Advancy, a ainsi profité de la revue stratégique organisée depuis 8 mois, pour mettre en œuvre le projet annoncé à l’origine par le PDG de Renault, d’abandonner ce site. Avec un objectif : permettre au groupe d’économiser 2 milliards d’euros… essentiellement par une purge massive de l’emploi.

C’est d’autant plus scandaleux que Renault bénéficie dans le cadre du plan de relance d’un soutien de l’Etat à hauteur de 5 milliards d’euros, et qu'il pourrait investir dans des lignes de production conformes aux évolutions du marché automobile.

C’est par ailleurs une trahison, orchestrée  par le groupe, son cabinet d’experts et l’Etat, sous couvert de confidentialité imposée aux élus locaux.

En acceptant que Renault se débarrasse ainsi de la Fonderie de Bretagne, le gouvernement prend la responsabilité d’aggraver encore le lourd bilan d’une crise qui s’est déjà soldée par 700 000 suppressions d’emplois en 2020.

Pour le PCF, il est urgent de mobiliser toutes les forces vives de la région aux côtés des salariés pour sauver le site et ses emplois. Avec une priorité : la démocratie et la transparence ! Que tout soit mis sur la table, qu’il s’agisse des alternatives à la cession du site comme des projets de reprise.

Je serai prochainement aux côtés des communistes bretons et de leurs élus pour soutenir la lutte des salariés qui rassemblera, je l’espère, l’ensemble des élus et forces de gauche, comme l’ensemble des élus locaux.

 

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord,

 

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1 an de pandémie: la conférence de presse

14 Mars 2021, 07:41am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 12/03/2021 par PCF 1 an de pandémie: la conférence de presse 1 an de pandémie : Conférence de presse commune avec - Benoit Teste Secrétaire Général de la FSU - Fabien Roussel, secrétaire national du PCF - Catherine Perret, secrétaire confédérale de la CGT, en charge des retraites et de la protection sociale - Pascale Vatel, secrétaire générale de la fédération des mutuelles de France (FMF) - Michel Jallamion président de la convergence nationale de défense des services publics. ⬇️⬇️ Signez et diffusez la pétition européenne pour faire du vaccin un bien commun de l'humanité! https://noprofitonpandemic.eu/fr/

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Épuration(s)

12 Mars 2021, 10:05am

Publié par PCF Villepinte

Quand on veut tuer l’université, on l’accuse « d’islamo-gauchisme »…

Amalgames.

 Ainsi donc, nos universités seraient gangrenées par toutes les tares idéologiques possibles et imaginables. Professeurs, étudiants, syndicats, tous dans le même sac!

Depuis que la ministre de lEnseignement supérieur et de la Recherche, Frédérique Vidal, a réitéré sa volonté d’une enquête sur «les radicalités», «les études postcoloniales», «l’intersectionnalité» ou encore « l’islamo-gauchisme », nous assistons à un déchaînement politico-médiatique d’autant plus ahurissant qu’il s’abat aveuglément en toute globalité, sans distance ni réflexion, procédant à des amalgames sectaires et grossiers, sans fondement historique, dans le simple but de nuire et de fermer toute possibilité de débat.

 Mais que se passe-t-il dans ce pays pour que ce « procès » en « islamo-gauchisme » atteigne le monde universitaire, après avoir frappé une partie de la gauche? Si lexpression même na rien dinnovant par son caractère définitivement excluant, elle gagne en visibilité depuis quun certain Manuel Valls la utilisée.

 Partant du principe que le supposé islamo-gauchisme « gangrène l’université et toute la société », l’ineffable madame Vidal a ainsi demandé au CNRS de dresser « un bilan de l’ensemble des recherches » qui se déroulent en France, pour distinguer ce qui relève de la recherche académique de ce qui relève du militantisme. Les mots sont choisis, au risque de susciter l’incompréhension de nombreux Marcheurs, le courroux des universitaires, sans parler du recadrage du CNRS lui-même, puisque le Centre national de la recherche scientifique décida finalement de condamner ce qu’il appelait une «instrumentalisation de la science» et «les tentatives de délégitimation de différents champs de la recherche», avant d’asséner le coup de grâce: « L’islamo-gauchisme, slogan politique utilisé dans le débat public, ne correspond à aucune réalité scientifique. »

Conflit. 

Fin de partie? Pas du tout. La polémique gronde, enfle tant et tant que « l‘ennemi intérieur » est désigné à longueur dantenne: luniversité. Effarant moment, celui qui consiste à lancer dans ces lieux du savoir une campagne d’épuration en ramassant « dans un caniveau idéologique une épithète aux sinistres résonances, comme l’écrivait cette semaine dans Libération le philosophe Étienne Balibar. 

On peut se désoler – c’est mon cas – de voir les porte-parole de la “qualité de la science française’’ vouloir interdire à nos étudiants de participer à de grands courants internationaux d’innovation et de pensée critique, censés attenter aux valeurs républicaines, nous enfermant ainsi dans le provincialisme et le chauvinisme ». 

Celui-ci ajoute:« Le conflit fait partie des lieux du savoir. Quel rapport y a-t-il, dans le champ desdites sciences humaines et sociales, entre la nécessité de prendre parti et celle du savoir pour le savoir – le seul qui mérite ce nom en vérité?» Étienne Balibar, à contre-courant, se veut formel: luniversité doit, plus que par le passé encore (malgré une riche histoire depuis Mai 68), «ouvrir ses portes et ses oreilles à l’extérieur de la société ou, mieux, de la cité», assumant ainsi des sujets «irréductiblement conflictuels », puisque ces conflits existent et devraient nourrir les idées jusque dans les «enceintes réservées aux discours», là où, précise-t-il, « l’idéologie est toujours déjà dans la place sous une forme plus ou moins “dominante’’ ».

Le philosophe démontre ainsi à quel point le savoir parvient au concept non pas en se protégeant de la conflictualité, mais en l’aiguisant, en l’intensifiant autour de grandes alternatives « ontologiques ». Et il prévient, par ces mots: « L’histoire de la vérité n’est pas dans la synthèse, même provisoire, mais dans l’ascension polémique, vers les points d’hérésie de la théorie. » 

Islamo-gauchisme, militantisme, pourquoi pas communisme et marxisme: pour noyer son chien, on laccuse de tous les maux. La caste supérieure prépare-t-elle la liquidation des départements de sciences sociales, et bien au-delà?

[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 12 mars 2021.]

Publié par Jean-Emmanuel Ducoin 

 

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