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Fédération Nationale des Centres de SantéPromouvoir l'accès aux soins pour tousLes centres de santé refusent un amendement en trompe l'oeilcommuniqué de presseLors de la discussion de la loi de finance de la sécurité sociale, le gouvernement a fait adopter un amendement visant à soumettre les centres de santé à une régulation "d’installation". Au prétexte de régulation territoriale, des centres de

8 Novembre 2020, 08:03am

Publié par PCF Villepinte

 

Fédération Nationale des Centres de Santé

Promouvoir l'accès aux soins pour tous

Les centres de santé refusent un amendement en trompe l'oeil

communiqué de presse

Lors de la discussion de la loi de finance de la sécurité sociale, le gouvernement a fait adopter un amendement visant à soumettre les centres de santé à une régulation "d’installation". Au prétexte de régulation territoriale, des centres de santé ne pourront plus s’implanter dans des zones prétendument sur dotées.

Cet amendement est une mauvaise proposition, totalement hors de la réalité. L’ensemble des fédérations de gestionnaires de centres de santé , qui ont été consultées de façon lacunaire, condamnent son adoption. Elles s’interrogent sur une volonté cachée d’affaiblir la progression des centres de santé alors que leur développement actuel montre leur efficacité à répondre au défi de la désertification médicale. Si la régulation semble nécessaire, elle ne peut se faire de la même manière entre un mode d’exercice individuelle et une structure pluridisciplinaire.

Les gestionnaires de centres de santé appellent à prendre en compte les spécificités des centres de santé.

L’ambition de leur mode de gestion n’est pas la rentabilité mais l’efficacité dans l’accès aux soins.

Pratique du tiers payant intégral

Tarifs de secteurs 1 sans dépassement d’honoraire

Médecine d’équipe coordonnée et pluriprofessionnelle

Prise en charge global de la santé des patients et responsabilité territoriale de Santé Publique

Projet de santé adapté aux besoins des populations les plus vulnérables

Nous rappelons que contrairement aux affirmations de l’exposé des motifs de l’amendement du gouvernement, les aides à l’installation des professionnels dans les territoires sous dotés sont moins importantes pour les centres de santé. Ces derniers ne bénéficient pas non plus des dispositifs d’aide comme PTMG, ou PTMR.

Cet amendement ne résout rien face aux menaces de certaines pratiques qui détournent le concept de centres de santé mais par contre il est profondément injuste pour les engagements vertueux des autres. Il menace le développement d’une pratique de centres de santé pluriprofessionnelle en plein essor dans l’offre de soin de ville dont de nombreux territoires se dotent aujourd’hui pour répondre à leurs besoins.

C’est pourquoi les gestionnaires de centres de santé appellent à supprimer cet amendement dans les prochaines lectures de la loi de finance de la sécurité sociale.

Contacts :

Dr Hélène COLOMBANI, Présidente FNCS - Tél. : 06 68 05 94 20

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République/Laïcité : déclaration de Fabien Roussel

8 Novembre 2020, 08:01am

Publié par PCF Villepinte

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"AU PIED DE LA LETTRE" - L' émission littéraire de l'Humanité reçoit Jacques Weber

6 Novembre 2020, 08:14am

Publié par PCF Villepinte

Pour ce cinquième rendez-vous de l'émission des livres de l'Humanité, Vincent Roy reçoit Jacques Weber pour la sortie de son essai "Paris - Beyrouth" (Editions du Cherche-midi). Retrouvez chaque jeudi à 19h une nouvelle mouture de l'émission sur la chaîne Youtube de l'Humanité

Émissions antérieures: 

1. Josyane Savigneau et Philippe Sollers, à retrouver ici

2. Cécile Guilbert, vidéo ici

3. Mohammed Aïssaoui, à retrouver ici.

4. Belinda Cannone, vidéo ici

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Hommage à Jean-Pierre Vincent

6 Novembre 2020, 08:08am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 05/11/2020 par PCF

Jean-Pierre Vincent a été l’une des grandes figures de la mise en scène de ces dernières décennies. Passionné de théâtre depuis le lycée, il s’engagea dans la création avec toute son énergie et dirigea de grandes scènes comme le Théâtre national de Strasbourg, la Comédie Française, où selon ses propres termes, le nuage de poussière que souleva son passage dans la vieille maison en fit éternuer plus d'un… ou encore le Théâtre des Amandiers de Nanterre, où il resta plus de dix ans.

Metteur en scène prolifique (il signa plus de cent créations), aussi bien à l'aise dans la relecture des classiques que dans les textes contemporains, il ne renonça jamais à ses idéaux politiques et sociaux non plus qu’à la haute idée qu’il se faisait de son art. Il fut de toutes les batailles pour le service public de la culture, et pour le plus large partage d'un théâtre populaire et exigeant.

Nous saluons son œuvre, son engagement et sa mémoire.

Pierre Dharréville, délégué national du PCF à la Culture. 

 

 

 

 

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Épreuve(s)

6 Novembre 2020, 08:03am

Publié par PCF Villepinte

Le monde s’agite, la France se fracture. Le pays ne tient qu'à un fil...

https://1.bp.blogspot.com/-oQhSC6HV83U/X6QXX3eFhfI/AAAAAAAAGR0/nc1g-Au86Ww2gNR7bZp_mQSjoOmK442DwCLcBGAsYHQ/s320/30223493-corde-cass%25C3%25A9e-concept-de-tension.jpg

Réalité. 

Un pays qui ne tient qu’à un fil. Le croyez-vous vraiment? Songez-vous à la probabilité même? Les peurs qui nous hantent sexpriment parfois malgré nous. Borges trouvait quil y avait quelque chose de terrible dans la formule de Baudelaire: «Vivre et mourir devant un miroir.» Comme une figure de l’épouvante, continuelle et cristalline présence.

Terrorisme, Covid-19, austérité, paupérisation, atteintes aux libertés publiques, etc. Les chocs et autres catastrophes s’accumulent tels des monstres, tandis que des loups, de moins en moins tapis dans l’ombre, avancent à pas comptés en terrain préparé. À quoi peut bien servir de mettre les peurs à l’épreuve des mots, sinon à instiller critiques et espoirs.

Nous vivons un moment si exceptionnel d’inquiétudes et de tensions que bien des mystères sont là, devant nous, souvent indéchiffrables aux premiers regards. Le mal permanent, la beauté cachée, ce qui fut et sera, toutes les frontières auxquelles l’homme se heurte et devant lesquelles il s’élance ou se résigne. Le monde s’agite, la France se fracture. La réalité ne laisse pas de place au doute: suivre la gestion «des» crises nous donne l’étrange impression de ne plus vivre dans notre propre pays. Où est notre grandeur supposée, sinon dans le labeur de ceux qui servent encore les autres, avec l’assurance de se brûler en tentant de combattre les injustices?

 

Héritage. 

S’agrandir, se hisser, s’engager et se changer pour habiter fraternellement notre République, bref, semer pour demain. Est-ce encore possible? Admettons: nous ne sommes pas citoyens de n’importe quelle nation. Un long héritage nous pousse dans le dos. Si la plupart des révolutions se conjuguent au passé, la Révolution française, elle, n’est pas terminée. Nous sommes toujours assis sur un volcan prêt aux 14 Juillet. La soif d’égalité et de justice nous porte d’autant plus qu’elles nous font cruellement défaut, orphelins de gloires passées, de combats fanés.

Sur l’autel de la République, la devise Liberté-Égalité-Fraternité est bien, depuis les origines, mais plus que jamais, la grande sacrifiée. L’âme du pays s’use et se consume à une vitesse accélérée, face à des hiérarchies illégitimes et un pouvoir de fer et de poudre, issu d’un suffrage devenu censitaire. Même les libéraux l’ont compris: leur libéralisme à tous crins, appliqué à l’art de «la» politique au profit de la seule logique économique, vient de subir des déroutes idéologiques majeures. Tout s’effondre par la crise. Jusqu’à l’absurde. En vérité, le pouvoir vacille. Prenez un seul exemple: l’usage à répétition de l’état d’urgence sanitaire. Sur quoi débouche-t-il? Il achève de saper la légitimité de l’institution.

 

Servitude. 

Souvenez-vous de cette étrangeté. Au tout début du premier confinement, l’Élysée, par un retournement sémantique assez odieux, osait chanter les vertus du Conseil national de la Résistance. Pourquoi, selon vous? Pour tenter de partager le fardeau! Une bouteille à la mer, qui consistait à faire croire que les partis républicains d’ici-et-maintenant uniraient leurs forces pour reconstruire. Mais reconstruire quoi, alors que nous entrons à peine en résistance et que celle-ci sera longue à produire du rêve et de l’espérance, loin des replis, des haines et des obscurantismes.

Reste un élément troublant: ne confondons pas «discipline» et «servitude». Disciplinés face au virus, oui. Serviles, non. Comment, par les temps qui courent, accepterions-nous de nous soumettre volontairement? La Boétie écrivait: «Chose vraiment surprenante (…) c’est de voir des millions de millions d’hommes, misérablement asservis, et soumis tête baissée, à un joug déplorable, non qu’ils soient contraints par une force majeure, mais parce qu’ils sont fascinés et, pour ainsi dire, ensorcelés par le seul nom d’un, qu’ils ne devraient redouter, puisqu’il est seul, ni chérir, puisqu’il est, envers eux tous, inhumain et cruel.» Quoi qu’on en pense, le pays ne tient qu’à un fil… 

 

[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 6 novembre 2020.]

Publié par Jean-Emmanuel Ducoin 

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En Seine-Saint-Denis, un centre de dépistage antigénique et l’espoir d’éviter une nouvelle catastrophe

5 Novembre 2020, 14:59pm

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Jeudi 5 Novembre 2020

Le centre de dépistage antigénique de Saint-Denis, inauguré mercredi, devrait permettre de tester un peu plus la population. Saint-Denis est l’une des cinq premières villes d’Île-de-France à accueillir un tel dispositif et la seule de son département pour le moment. 

REPORTAGE.

Aux alentours de 10 heures, Abdallah Belarbi entre, l’air enjoué, dans un bâtiment anonyme de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Sa fille a été atteinte du Covid-19, il y a deux semaines, et n’est plus positive: il souhaite vérifier que lui aussi est sain en se faisant tester dans le nouveau centre de dépistage antigénique. « C’est simple et c’est à côté de chez moi », explique le Dyonisien qui s’apprête à retourner au travail si son test est négatif. En moins de vingt minutes, il va savoir s’il a été contaminé ou non, sur présentation de sa carte Vitale et sans avoir à payer de sa poche.

Voir aussi : Coronavirus : les 4 choses à savoir sur les nouveaux tests antigéniques

Plus rapides que le test PCR pratiqué depuis quelques mois dans des laboratoires surchargés, les nouveaux tests antigéniques permettent de connaître le résultat rapidement, en dix à trente minutes, indique leur notice d’utilisation.

En près d’un quart d’heure, le résultat se dessine

Saint-Denis est l’une des cinq premières villes d’Île-de-France à accueillir un tel dispositif et la seule de son département pour le moment. Moins d’une semaine après sa fermeture pour cause de reconfinement, l’espace jeunesse municipal a rouvert avec un nouvel aménagement. Des barrières organisent la file d’attente, des salariés de la Croix-Rouge accueillent les patients et les orientent vers deux salles: lune pour les prélèvements, lautre pour attendre les résultats.

Lire aussi notre entretien ave le directeur médical du Samu 93 : Covid-19. «Les soignants ne sont pas prêts à affronter cette nouvelle vague», assure le Pr Frédéric Adnet

Ouvert mardi 3 novembre, le centre ne reçoit pour l’instant pas la même foule que dans les laboratoires PCR. « Les gens ne sont pas encore au courant qu’on est ouverts », décrit Mamie Kamwanya. Infirmière libérale, elle est habituée au maniement des écouvillons dans les centres de dépistage habituels. Lors d’un test antigénique, la manipulation est la même: la professionnelle agite la tige au fond du nez de la personne testée. Le prélèvement est aussitôt soumis à un réactif chimique. Un quart dheure après, pour Abdallah Belarbi, le résultat se dessine. «Une barre: il est négatif. Cest comme les tests de grossesse, explique linfirmière. Quand il est positif, il est considéré comme sûr, quand il est négatif, il lest un peu moins. »

86 % des lits de réanimation du département occupés

Les tests antigéniques détectent les traces de protéines du virus dans l’organisme. En cas de positivité, les personnes contaminées peuvent vérifier avec un test sanguin si elles sont encore contagieuses. Pour l’infirmière, ces nouveaux tests pourraient permettre de désengorger les autres centres, de détecter et d’isoler bien plus de malades que les tests PCR, qui nécessitent au moins 48 heures avant de donner un résultat: « Ça leur permet d’éviter de contaminer tout leur entourage pendant deux ou trois jours. » La soignante espère que ces tests massifs éviteront une situation comparable à celle qu’elle a connue pendant la première vague, même si « pour l’instant, dans les hôpitaux, c’est parti pour se passer comme au printemps ». L’infirmière craint que la situation sanitaire se dégrade autant qu’en mars et avril: « Nous aussi, les infirmières libérales, on a souffert. On a perdu des collègues.» Dans le département où est mobilisée linfirmière cet automne, les habitants ont été particulièrement touchés. Entre le 1er mars et le 19 avril 2020, la Seine-Saint-Denis a enregistré un taux de surmortalité de 134 %. Au 3 novembre, 86 % des lits de réanimation du département étaient occupés.

 

 

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Loïc Pen, médecin urgentiste : "Il y avait des choses à faire pour ne pas en arriver là !"

5 Novembre 2020, 14:58pm

Publié par PCF Villepinte

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BRANCARDIER

2 Novembre 2020, 17:08pm

Publié par PCF Villepinte

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Vous avez dit nation, vous avez dit France

2 Novembre 2020, 12:36pm

Publié par PCF Villepinte

Vendredi 30 Octobre 2020

 

Valère Staraselski

SOUVENIRS - Lorsque j’ai ouvert Géopolitique de la nation France d’Yves Lacoste et de Frédéric Encel qui s’origine dans la série d’attentats que la France a connus en 2015, les souvenirs du militant sont remontés à la surface. Comment dire ? Comment dire ces choses de la vie passée ?...Par Valère Staraselski

Texte ecrit en janvier  2017.


Souvenirs

Lorsque j’ai ouvert Géopolitique de la nation France d’Yves Lacoste et de Frédéric Encel qui s’origine dans la série d’attentats que la France a connus dernièrement, les souvenirs du militant sont remontés à la surface.

Comment dire ? Comment dire ces choses de la vie passée ?... Nous étions avec Jocelyne H dans un bureau du journal l’Humanité, alors installé rue du Faubourg-Poissonnière à Paris. Toute une époque ! La décennie 70 touchait à sa fin, on n’avait pas vingt-cinq ans et l’Humanité se vendait alors par centaines de milliers d’exemplaires... Impressionnés, nous l’étions tous les deux assis côte à côte, face à Georges Wolinski qui, soit dit en passant, n’avait d’yeux que pour elle, Jocelyne. Il faut dire qu’elle était jolie, très, Jocelyne, avenante aussi...

Etudiants à l’université Paris VIII Vincennes, nous étions venus, pour le compte de l’Union des Etudiants communistes, solliciter de ce grand dessinateur de presse une illustration destinée à combattre le déménagement de la fac, engagé à l’époque par la ministre des Universités Alice Saunier-Seïté. Cela faisait grand bruit. « Alice a perdu ses facultés ! » titrait alors le Canard enchaîné... Il avait fallu batailler pour obtenir ce rendez-vous avec Wolinski. Bon, en empruntant la voie militante, celle de l’organisation politique, ça avait fini par payer : Wolinski nous avait reçus !

Lors de cette entrevue, après nous avoir interrogé sur nos desiderata, le dessinateur avait pas mal déliré sur la fameuse ministre Alice Saunier-Seïté et son rapport supposé au bois de Vincennes où se trouvait alors notre faculté construite en urgence après 1968... Bref, tout polis qu’on était, on rigolait un peu jaune avec Jocelyne, on voulait du sérieux, nous ! Il a dû nous trouver un tantinet exigeants et sentencieux, Wolinski. Assurément, on l’était... Il nous a laissé repartir sans rien, pas l’ombre d’un croquis, nous promettant de nous envoyer quelque chose...

On y avait médiocrement cru à sa promesse, jusqu’au jour où nous avons reçu de lui un dessin représentant une chaîne d’étudiants se passant des seaux d’eau pour éteindre l’incendie de notre fac, allumé par la fameuse ministre Alice Saunier-Seïté qu’il avait croquée sous les traits d’une furie. Après le doute voire le dépit de l’attente, joie et gratitude ! On en a tiré une carte postale-pétition à plusieurs milliers d’exemplaires adressée à la ministre...

Plusieurs décennies plus tard, fin d’après-midi, l’été, on boit un verre en terrasse rue du Cherche-Midi avec Cabu et notre éditeur commun, Pierre Drachline. Cabu accepte l’invitation que je lui fais de se rendre à la Fête de l’Humanité pour dédicacer ses ouvrages. Il est doux, Cabu, gentil. Je me souviens de la file des lecteurs devant lui au village du livre de la Fête...

Et puis Charb. Charb de dix ans mon cadet. Tout de suite, l’osmose des militants. Nos conversations sur l’avenir du PCF, nos échanges sur l’Humanité, son désir d’être utile, de servir au Parti. Oui, de servir comme militant. Gratuitement, oui. Une fois, un coup de gueule de ma part contre cette une de Charlie représentant un excrément avec un drapeau FN planté dedans. Absolument contre-productif, combattre sans avilir m’étais-je alors emporté contre lui. Pourtant, il n’était pas gauchiste. Stéphane, provocateur, oui, mais pas gauchiste. Communiste, Charb, un vrai coco en fait ! Le choix du bien commun contre l’égoïsme aux désastreuses conséquences. J’étais allé le chercher pour le journal du comité d’entreprise d’EDF-GDF dont j’étais alors le rédacteur en chef. Il pouvait recommencer plusieurs fois un dessin, il en proposait toujours plusieurs, ce souci de répondre au plus près à la commande politique. Professionnel, humble vraiment, grand travailleur et doué d’un sens politique hors du commun !

Il avait tenu à m’inviter dans les locaux de Charlie-Hebdo (ceux du 3ème arrondissement) afin de me présenter l’équipe au complet que dirigeait alors Philippe Val. Il me présentait toujours quelqu’un, comme s’il avait voulu s’effacer, Babouze à Arras, Patrick Pelloux à la Fête de l’Humanité... Le jour où il a été tué, bêtement je l’ai appelé et j’ai laissé un message. Pour moi, c’était impossible que lui... Comment croire ? Et Tignous, lui aussi voulait travailler.... Et Bernard Marris : toute une soirée à nous entretenir des rapports, pour nous évidents, entre christianisme et communisme...

Ce sont ceux-là que les islamo-fascistes ont visés et assassinés. Oui, les premiers à être tombés sur le territoire français étaient gens de gauche ! Et ensuite, ça a été le tour des Juifs : l’Hyper casher de Vincennes. Et depuis d’autres sans distinction aucune. Et demain...

Alors, lorsque j’ai ouvert Géopolitique de la nation France d’Yves Lacoste et de Frédéric Encel, livre en deux parties avec chapitres s’entrecroisant, je ne l’ai plus lâché tant sa lecture correspondait, répondait à mon désir, à ma soif de comprendre ! Et puis il est vrai, encore des souvenirs...

Il faut dire que dans les années soixante-dix justement, Yves Lacoste avait été mon professeur à la fac de Vincennes quand je préparais une licence d’Histoire-Géo. Lui, le fondateur de la revue Hérodote nous enseignait dès le premier cours que la géographie « ça sert d’abord à faire la guerre ». Curieux, étonnés, surpris, on ouvrait grand nos oreilles. Il nous racontait les chaînes humaines, dont il était, plaquées contre les digues du fleuve rouge, au Vietnam, afin qu’elles ne cèdent pas lors des bombardements aériens américains en amont destinés à provoquer l’inondation des villages à proximité...

Et puis une fois, le cours avait duré la journée afin de réaliser une expérience. Le professeur Lacoste nous avait lâchés en un point de la Vallée de Chevreuse, munis de cartes d’état-major, nous fixant un point de ralliement... que certains ont fini, un peu harassés, par rejoindre à près de minuit... Quand j’allais le « taper » pour les Etudiants communistes, il donnait toujours, Yves Lacoste.

Le livre

Dans Géopolitique de la nation France, le professeur Lacoste dresse d’abord ce constat : pour certains spécialistes de science politique, la nation semble chose dépassée. D’où ses « inquiétudes qui rejoignent celles de nombreux Français ». Puis il rappelle une donnée, somme toute, fondamentale de sa méthode : « la géographie des très grands espaces et des petits territoires est en vérité indissociable de l’Histoire ». Donnée vérifiable dans « les temps longs voire très longs ; mais aussi dans les temps courts ».

Ainsi, Yves Lacoste de rappeler notamment ce fait historique des années 70 : « De nombreux "coopérants soviétiques avaient été envoyés depuis des années en Afghanistan pour aider au développement de ce pays qui, lui, n’avait jamais été colonisé ni un tant soit peu modernisé. Mais les quartiers construits pour les Soviétiques (surtout ceux des républiques d’Asie centrale), notamment à Hérat, furent assiégés par une révolte djihadiste, et c’est afin de dégager leurs compatriotes que l’Armée rouge envahit l’Afghanistan. Les Américains virent là une offensive stratégique vers l’océan Indien, alors que l’Armée rouge ne manifesta aucun signe de tentative en ce sens. Pour y répliquer, la CIA organisa le djihad de musulmans de tous pays contre les athées communistes et favorisa les départs, via le Pakistan, de djihadistes algériens, comme ceux d’autres combattants arabes (dont un certain Oussama Ben Laden). »

On connait la suite. Le retour au pays après que les Soviétiques se sont retirés, particulièrement en Algérie... La création de l’Etat islamique qui affirme sa stratégie après les attentats récemment perpétrés en France et en Europe que résume Lacoste, par ailleurs grand connaisseur du Maghreb, auteur d’un ouvrage sur Ibn Kaldhoun , un penseur maghrébin du XIVème siècle : « cet "Etat islamique" affirme que l’islam doit l’emporter en France, puisque dans ce pays vivent plusieurs millions de musulmans et qu’ils y seraient persécutés en tant que tels. Il s’agit donc bien là d’un projet éminemment géopolitique d’une rivalité de pouvoirs quant à un territoire et cette rivalité commence à se manifester sur notre territoire. »

De la sorte, poursuit le géographe en s’attachant à l’immigration postcoloniale : « Les problèmes géopolitiques de la France ont désormais ceci d’absolument nouveau que les menaces sont internes pour une grande part et qu’elles peuvent surgir au sein de la population officiellement de nationalité française. »

Du reste, le chapitre qu’il consacre à la conquête de l’Algérie pourrait servir, me semble-t-il, pour l’enseignement dans les classes de notre pays. Poncifs, a priori, bref vérités souvent admises à gauche et chez certains anticolonialistes y sont soit réfutés soit relativisés.

Autre exemple, l’esclavage. Lacoste y revient comme l’avait fait, par exemple, Daniel Lefeuvre dans Pour en finir avec la repentance coloniale. (1)

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Quant à la traite des esclaves africains, avance Yves Lacoste, autre grand thème du discours anticolonialiste, on continue de passer systématiquement sous silence le fait que ce n’étaient pas des Blancs (européens ou arabes) qui capturaient les esclaves en brousse, mais des négriers africains (des rois, des chefs de tribus ou des chefs de bande) qui allaient ensuite vendre leurs captifs dans des comptoirs côtiers ou en bordure du Sahara à des commerçants européens ou arabes. Et il poursuit : Aujourd’hui, cette "rectification" historique n’est pas jugée politiquement correcte et ne plaît guère aux dirigeants africains appartenant à des ethnies qui sont encore dominantes, celles qui, jusqu’au milieu du XIXe siècle, ont profité de la traite des esclaves, avant de souvent devenir les auxiliaires des colonisateurs.

L’historien Olivier Pétré-Grenouilleau qui a publié en 2004 un grand livre très documenté sur les Traites négrières (Les Traites négrières. Essai d’histoire globale, Paris, Gallimard, 2004.) a ainsi été accusé par un "collectif d’Antillais, de Guyanais, de Réunionnais" de tenir d’ "insoutenables propos révisionnistes" et a été menacé de procès, avant qu’une mise en garde de nombreux historiens réputés n’atteste de la véracité de ses travaux. »

Frédéric Encel, quant à lui, centre davantage son propos sur « les raisons d’une angoisse collective », indéniable, qui s’est peu à peu emparée d’une partie du peuple de France. Il revient sur ce qui signifie la nation, à savoir « une entité particulière par rapport aux collectifs infra ou supranationaux » et que par conséquent, « elle introduit une altérité. Comme tout type d’identité du reste ». Paraphrasant le philosophe allemand Emmanuel Levinas, il avance que la nation est à la foi « particulière et universelle ». C’est là que concernant les islamistes, le bât blesse, car, écrit-il :

« Les islamistes détestent la nation. Avant d’ajouter : Le concept même, watan en arabe, est considéré comme occidental et antimusulman. D’abord parce qu’il implique nécessairement des frontières. Or, on ne répétera jamais assez que pour l’islam politique, c’est l’oumma qui constitue l’horizon tout à la fois spatial, social, politique et religieux prioritaire à atteindre. Ce concept spécifiquement islamique provient de la racine oum, la mère, et englobe en principe l’ensemble des musulmans, la "communauté des croyants", où qu’ils se trouvent. »

Et de poursuivre : « Pas d’universalité dans l’oumma ; il ne concerne que les musulmans. Certes, des non-musulmans peuvent y vivre, mais en tant que citoyens de seconde zone, comme dhimmi, c’est-à-dire protégés, en réalité durement soumis à des règles sociales, fiscales, militaires et religieuses humiliantes et dévalorisantes. Encore ce statut n’est-il "accordé" qu’aux seuls peuples du Livre, entendre les chrétiens et les juifs, les athées, les animistes et les polythéistes étant pour leur part voués purement et simplement à la mort.

Quant aux chiites dans toutes leurs composantes, ils y sont tout juste tolérés (mais ségrégués) sous la férule de régimes sunnites ultra-conservateurs comme l’Arabie saoudite ou nationalistes prétendument progressistes comme l’Irak de Saddam Hussein (1979-2003). Je rappelle au passage que nombre de leaders nationalistes arabes étaient chrétiens - réalité rédhibitoire pour les Frères musulmans et les wahhabites, deux branches très différentes mais majeures de l’islam politique - à l’image du cofondateur du parti nationaliste panarabe Baath, Michel Aflak, ou encore du chef marxiste palestinien Georges Habache. »

Au contraire, la nation - au sens où l’entend Encel « c’est-à-dire dans son cadre démocratique et dégagée de sa gangue chauvine et excluante - comprend et accueille tous ceux qui, nés sur le sol national ou immigrés naturalisés, souhaitent et se représentent en faire partie ; elle est universelle par essence, non pas au sens de l’altermondialisme bêlant et dogmatiquement hostile aux frontières, mais dans la mesure où elle n’exige pas d’unicité ethnique, religieuse, ou spirituelle ».

D’où sa thèse centrale, « la France a été ensanglantée pour ce qu’elle est et non pour ce qu’elle fait. »

Quand dans sa thèse de doctorat « Chère Algérie, la France et sa colonie » (2), Daniel Lefeuvre a montré que l’Algérie, durant la période coloniale, loin d’être une source d’enrichissement pour la France (mais pas de certains français), a constitué un fardeau économique (en 1959, elle absorbe 20% du budget de l’Etat français), il y eut de vifs débats, mais personne à ma connaissance pour qualifier cet ancien militant communiste d’islamophobe !... Aussi, pourquoi en raison de divergences politiques avec Encel et Lacoste par exemple, disqualifier un travail sérieux en les qualifiant eux-mêmes d’islamo-paranoïaques ?

Le diagnostic est une chose, la médication une autre. Il se trouve que Frédéric Encel, notamment, a le courage de ses idées qui contredisent la doxa d’une large partie de la gauche... Pour mon humble part, le lecteur que je suis considère qu’Encel sous-estime la force destructrice du capitalisme mondialisé lorsqu’il affirme, par exemple, que la mondialisation ne change rien aux représentations identitaires. Il suffit d’observer la déjà ancienne implantation anglo-saxonne dans le domaine du livre, du cinéma (malgré une vraie résistance) dans la « consommation » de nos compatriotes. On est assez loin de la Bataille du Livre d’après la Seconde Guerre mondiale par exemple. Mais ceci est une autre histoire.

Par ailleurs, je ne suis pas tout à fait certain que « réenchanter la nation républicaine », au moment où les couches populaires ont été rayées de l’écran de nos très malnommées élites, puisse faire l’économie d’une analyse de classe un peu poussée. En d’autres termes, travailler à une perspective visant à renforcer la cohésion nationale est impossible sans les premiers intéressés, à commencer par celles et ceux, couches moyennes comprises, à qui le capitalisme triomphant impose un vrai malheur quotidien. Que la démocratie soit déceptive, rien de plus normal. Cependant qu’elle soit excluante à ce point et voici la raison des progrès fulgurants du populisme.

Disons-le, l’apport du livre de Lacoste et Encel consiste à remettre au centre une réalité historique oubliée ou décriée : la nation. Et ce, en s’attachant à un fait d’actualité majeur, lequel ne doit plus être ignoré, refoulé ou sous-évalué mais bien objet de connaissance, à savoir la situation post coloniale de notre pays et les conséquences encore inconnues de l’action du djihadisme sur le territoire national.

Fort heureusement, Yves Lacoste et Frédéric Encel ne sont pas seuls à accomplir ce travail de connaissance, et de compréhension. Ainsi, outre les travaux de l’incontournable Gilles Kepel, l’on peut citer Farhad Khosrokhavar, auteur de l’Islamisme et la mort. Le martyre révolutionnaire en Iran (l’Harmattan, 1995), de l’Islam et les jeunes (Flammarion, 1997). A son sujet, l’historien Michel Wieworka observe qu’il a « dès le début pensé que la catégorie "musulmane" était plus importante que le mot immigré. » Farhad Khosrokhavar, dont un cadre pénitentiaire dit : « il se permet un regard qui avait été autrefois systématiquement taxé d’islamophobe. » (Le Monde, 7 janvier 2017) dirige aujourd’hui l’Observatoire des radicalisations à la Maison des sciences de l’homme à Paris et a rejoint le cercle restreint des quinze chercheurs du tout nouveau Conseil de la stratégie et de la prospective du ministère de l’Intérieur.

Prendre ses responsabilités à la lumière de faits et de leur entendement, voilà à quoi participe sans conteste Géopolitique de la nation France. Donc ouvrage à lire et à faire lire.



 

 

Géopolitique de la nation France Yves Lacoste, Frédéric Encel. 287 pages. 19€. PUF

-1 - Ibn Khaldoun, Naissance de l’Histoire, passé du tiers monde 1966 Maspero. Réédité en 2009.

-2 - Pour en finir avec la repentance coloniale Daniel Lefeuvre. Flammarion (2006), champs actuels, 2008. Voir l’article d’Éric Le-Lann sur le site La Faute à Diderot.

 

 

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Anticapitaliste(s)

2 Novembre 2020, 12:19pm

Publié par PCF Villepinte

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La chasse aux idées révolutionnaires…

Désir. 

Au milieu des fracas idéologiques et pandémiques, nous devons à Slavoj Zizek une information passée totalement ­inaperçue, mais qui, en tant qu’exemple, nous éclaire sur notre présent. Dans une tribune publiée par l’Obs, le philosophe slovène révèle en effet que le gouvernement britannique de Boris Johnson, fin septembre, «a ordonné aux écoles d’Angleterre de ne pas utiliser les ressources d’organisations ayant exprimé le désir de mettre fin au capitalisme».

Soyons précis. La directive publiée par le ministère de l’Éducation à l’intention des directeurs d’établissement impliqués dans la mise en place des programmes classe l’anticapitalisme comme une «position politique extrême» et l’assimile à un «discours contraire à la liberté d’expression, à de l’anti­sémitisme et au soutien d’activités illégales». Vous avez bien lu.

Slavoj Zizek, effaré par ces mots, explique: «Pour autant que je sache, il est inédit qu’un ordre aussi explicite soit donné. Rien de tel n’est jamais arrivé, même dans les heures les plus sombres de la guerre froide.» Comment lui donner tort? D’autant que la formule est savamment choisie: «Un désir de mettre fin au ­capitalisme.» Pas un programme de combats politiques au ­service d’une organisation planifiée, non. Un «désir», juste un «désir», comme on le dirait d’un rêve un peu fou.

Zizek précise: «À cela s’ajoute la mention désormais habituelle de l’antisémitisme, comme si un désir de mettre fin au capitalisme était en soi antisémite. Les auteurs réalisent-ils que leur interdiction est en elle-même antisémite: elle suppose que les juifs seraient pas essence capitalistes?» En creux, nous devons lire une chose simple: non seulement la guerre idéologique contre les idées communistes et marxistes se poursuit, mais elle atteint de nouveau une incandescence si vive qu’elle ressemble à une réaction d’effroi, en un temps où toutes les «vérités» du libéralisme s’écroulent les unes après les autres.

 «Serait-ce parce que la pandémie, le réchauffement climatique et les crises sociales pourraient donner à la Chine une chance de s’affirmer comme la seule superpuissance? s’interroge Slavoj Zizek. Non, la Chine n’est pas l’Union soviétique d’aujourd’hui – le meilleur moyen d’empêcher le communisme est de suivre la Chine.» Et il ajoute: «Si l’Union soviétique était l’ennemi extérieur, la menace qui pèse sur les démocraties libérales vient aujourd’hui de l’intérieur, du mélange explosif des crises qui rongent nos sociétés.»

Dialectique. 

S’appuyant sur l’une des démonstrations célèbres d’Alain Badiou dans ses Logiques des mondes, Slavoj Zizek ­rappelle que nous pouvons classer en quatre moments «l’idée des politiques de la justice révolutionnaire». Primo: le volontarisme, «la croyance que l’on peut “déplacer des montagnes’’ en ignorant les obstacles et les lois “objectifs’’». Secundo: la terreur, «une implacable volonté d’écraser l’ennemi». Tertio: la justice égalitaire, «son imposition brutale, sans compréhension des circonstances complexes qui sont supposées nous convaincre de procéder graduellement». Quarto: la confiance dans le peuple.

En dialecticien hors pair, Slavoj Zizek renverse la problématique en l’appliquant aux puissances libérales. Volontarisme: «Même dans les pays où des forces conservatrices sont au pouvoir, des décisions sont prises qui contreviennent clairement aux lois “objectives’’ du marché, comme les interventions étatiques directes dans l’industrie, les distributions de milliards pour prévenir la faim ou pour des mesures de santé publique». Terreur: «Les libéraux sont légitimes dans leur peur, car les États sont contraints d’adopter de nouveaux modes de contrôle social et de régulation.» Justice égalitaire: «Il est communément accepté, même si en réalité cela est et sera violé, que l’éventuel vaccin devrait être accessible à tous – le traitement est soit mondial, soit inefficace.» Confiance dans le peuple: «Nous savons tous que la plupart des mesures contre la pandémie ne fonctionnent que si les gens suivent les recommandations – aucun contrôle étatique ne peut là prendre la relève.»

 Nous n’avons pas fini d’en débattre… 

[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 30 octobre 2020.]

Publié par Jean-Emmanuel Ducoin 

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