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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

L’éducation a besoin  d’un plan d’urgence

2 Septembre 2020, 07:59am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 02/09/2020 par PCF

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Depuis des mois nous savons que la rentrée 2020 ne sera pas une rentrée comme les autres. D’abord parce que le virus circule toujours, et qu’il faut assurer la sécurité sanitaire des enfants, des personnels et de leurs familles ; ensuite parce que les élèves ont été privés d’école pendant près de six mois, et que cette interruption les a éloignés de la culture et des habitudes scolaires, tout en accroissant les inégalités. Pourtant, rien n’a été fait pour répondre à ce double défi.

Le ministre annonce une rentrée « comme les autres » : il préfère ignorer les difficultés plutôt que de donner au service public d’éducation nationale les moyens de les surmonter. C’est irresponsable !

L’impréparation de cette rentrée pousse les familles qui ont le choix vers l’enseignement privé, tandis que le risque de déscolarisation des élèves les plus éloignés de l’école est réel. Le service public d’éducation nationale risque de devenir un service minimal pour ceux qui n’ont pas d’autre choix. C’est la stratégie du choc : le gouvernement prend prétexte de la crise sanitaire pour en finir avec l’ambition d’une école commune à toutes les classes sociales.

Que se passera-t-il dans quelques jours, dans quelques semaines, quand des élèves tomberont malades ? Le ministère s’en lave les mains : aux collectivités locales de décider quand et comment fermer les établissements et d’organiser l’accueil des enfants, aux familles de s’organiser si elles comptent des personnes vulnérables. Le virus sert de prétexte pour en finir avec le cadre national du service public d’éducation : à chaque commune son école ! Dans tel département, les masques seront gratuits, dans le département voisin, les familles des collégiens et des lycéens devront les payer. Les collectivités locales sont mises dans une situation impossible : comment répondre aux attentes légitimes des populations et assurer la sécurité des enfants, sans moyens supplémentaires ? Comment pallier la défaillance de l’État sans faire le jeu de la dénationalisation de l’éducation ?

Pour défendre et renforcer l’école commune, cette rentrée doit être une rentrée de luttes. Face à la crise, l’éducation a besoin d’un plan d’urgence.

L’État doit prendre ses responsabilités : les conditions de l’enseignement doivent être définies et financées nationalement ; la gratuité des masques doit être garantie et un fonds national doit être mis en place pour aider les collectivités locales à faire face aux dépenses nouvelles occasionnées par la crise.

Les programmes scolaires doivent être aménagés pour tenir compte de l’interruption scolaire et permettre un rattrapage progressif. Quand M. Blanquer affirme que le retard sera rattrapé en un trimestre, il se moque du monde ! Élèves et enseignants ont besoin de temps. Cela fait des années que les réformes successives réduisent le temps dédié aux apprentissages. Aujourd’hui il est évident que profs et élèves ont besoin de plus de temps, qu’il faut revenir sur ces réformes et augmenter le temps scolaire.

Pour assurer la sécurité des élèves et pour permettre à toutes et tous de rattraper le retard pris ces derniers mois, les effectifs doivent être réduits. Il faut donc recruter d’urgence des personnels nouveaux : plus d’enseignants, de personnels éducatifs, mais aussi administratifs et techniques, de personnels de santé pour reconstruire une médecine scolaire... Commençons par recruter l’ensemble des admissibles au concours et par titulariser les contractuels, tout en développant la formation continue. Ces recrutements d’urgence doivent s’inscrire dans un plan pluriannuel, appuyé sur une revalorisation des salaires.

Dès maintenant, nous revendiquons le recrutement de milliers de jeunes sous le statut de MISE pour soutenir les enseignants et accompagner les élèves.

La crise révèle à quel point les politiques libérales imposées ces dernières années ont affaibli le service public d’éducation nationale. Au-delà de mesures d’urgence, c’est d’un changement radical de politique dont notre école a besoin. Il faut en finir avec les logiques d’individualisation et de sélection pour construire une école véritablement commune, dans laquelle tous les enfants pourront s’approprier des savoirs complexes et construire une culture commune.

C’est pourquoi nous appelons à un moratoire sur l’ensemble des réformes en cours et à l’ouverture d’un grand débat national sur l’école dont nous avons besoin. Dans les salles des maîtres, dans les préaux, dans nos villages et dans nos cités, il est temps de reprendre la main sur l’avenir de l’éducation et de dessiner ensemble le projet d’une école véritablement commune, qui donnera aux citoyennes et aux citoyens de demain les moyens de maîtriser leur avenir. 

Marine Roussillon, membre du CEN, responsable du collectif Révolution de la connaissance, éducation, enseignement supérieur et recherche.

 

 

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Données françaises de santé : La forfaiture du « petit marquis » d’O

2 Septembre 2020, 07:53am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 02/09/2020 par PCF

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Les données françaises de santé, qu’elles proviennent de la Sécurité sociale, du système hospitalier ou du fichier des causes médicales des décès, sont pour l’instant utilisées essentiellement à des fins administratives ou budgétaires. Mais comme le montre déjà certaines expérimentations et recherches, leurs exploitations informatiques généralisées à des fins médicales pourraient amener d’importants progrès thérapeutiques.

Cependant ce trésor national de données, quasi unique au monde pour leur qualité, excite bien des convoitises de la part de l’industrie pharmaceutique mais aussi des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), des assurances, des banques, et voire des directions des ressources humaines.

Suite aux préconisations du rapport Villani sur l’intelligence artificielle et son corolaire le « big data » (1), la loi de juillet 2019 relative à la transformation du système de santé incluait la création d’une « plateforme de données de santé » rassemblant l’ensemble de celles-ci à partir du « Système national des données de santé » créé par la loi de janvier 2016. Il s’agit des informations de santé des 67 millions de Français incluant entre autres les données cliniques recueillies par les soignants, les pharmaciens, les centres hospitaliers : dates d’entrée et de sortie, diagnostic, traitements administrés, résultats d’examens complémentaires, comptes rendus médicaux, génomique et imagerie médicale,…

Outre un débat réel questionnant la nécessité et le danger de regrouper toutes les données de santé sur une plateforme unique, la constitution de cette plateforme aurait pu être l’occasion d’une coopération fructueuse et d’avenir entre soignants, informaticiens, chercheurs des différentes institutions de santé publique, entreprises (2) et organismes (3) de recherche français travaillant dans les domaines de l’intelligence artificielle, du « Cloud » (4), de la sécurité informatique et des supercalculateurs, avec bien sûr le contrôle de la CNIL (5) et de l’ANSSI (6). On aurait pu, par exemple, s’appuyer sur des plateformes existantes comme Teralab, développée au sein d’un institut de recherche de Mines Télécom, qui peut stocker et analyser de très grandes quantités de données. Ses machines sont à Douai et fonctionnent grâce à des logiciels libres, l’équipe technique est à Rennes et le reste à Paris et elle héberge déjà des données de santé.

Malheureusement, à partir de la loi de juillet 2019, c’est tout le contraire d’une telle démarche qui se mit en place sous la houlette de Cédric O, sous-ministre au numérique et obscur petit marquis de la macronie. La plateforme fut baptisée « Health Data Hub » : tout un programme en soi. Un consortium public-privé nageant dans le conflit d’intérêts fut institué afin de mettre en œuvre la plateforme et proposer les prestataires « techniques » pour la réaliser et l’héberger. Ainsi, le principal architecte du « Health Data Hub », le haut fonctionnaire Jean-Aubert (7), vient de rejoindre la société étatsunienne Iqvia qui est le plus gros marchand de données de santé du monde.

Malgré les très fortes réserves de la CNIL et de l’ANSSI, et en dehors de tout appel d’offre propre à tout marché public, Cédric O a imposé Microsoft comme maître-d’œuvre de la plateforme des données de santé de 67 millions de Français, c’est-à-dire l’hébergement mais aussi les outils logiciels d’analyse et de traitement des données.

Interpellé par le Sénat sur ce choix de confier les données de santé des Français à Microsoft, Cédric O osait se justifier ainsi : « Nous avions le choix entre prendre une solution française, et l’évaluation technique était très claire, qui ne nous permettait pas, et je le regrette, de faire les recherches scientifiques que nous souhaitions faire sur les données de santé (…) Étant donné le retard européen dans le Cloud, nous n’avions pas la possibilité de faire tourner des algorithmes d’intelligence artificielle aussi développés sur une infrastructure française que sur une infrastructure américaine. »

À cet énorme mensonge de Cédric O, la société française « OVH », spécialisée en Cloud et concurrente en la matière de Microsoft, répliquait par la voix de son créateur Octave Klaba : « Comment dire qu’on est « pas capable » alors qu’il n’y a toujours aucun cahier de charge ? Vous avez fini par décrire ce dont vous avez besoin ? [... ] Pas de cahier de charge. Pas d’appel d’offres. Le POC (8) avec Microsoft qui se transforme en solution imposée. Tout ceci à la limite je m’en fous. Mais de là à dire que l’écosystème qu’on représente est incapable de proposer mieux et moins cher, c’est non ! »

Pour défendre sa décision, Cédric O argue que les données seront anonymisées, chiffrées et stockées sur les centres de données de Microsoft en Hollande, donc en théorie sous le régime du règlement européen de protection des données. Il s’agit d’un triple mensonge.

En effet, les données ne seront pas anonymisées mais pseudonymisées, c’est-à-dire qu’on remplace les nom, prénom, numéro de sécurité sociale… d’une personne par un identifiant verrouillé par une clé de cryptage. Or, une étude de l’université de Louvain et de l’Impérial Collège de Londres a montré que sur les données de santé pseudonymisées des États-Unis, il suffisait d’accéder à trois variables pour ré-identifier 83 % des personnes. Le chiffrage des données n’offre aucune garantie de sécurité par rapport à Microsoft car cette entreprise ne se contente pas d’héberger les données, elle en assure l’analyse et le traitement et à donc accès aux clefs de déchiffrement comme l’a révélé l’analyse du Conseil d’État (9). Enfin l’hébergement aux Pays-Bas ne garantit rien car Microsoft étant une société américaine, elle est soumise au Cloud Act des États-Unis qui permet aux autorités des États-Unis d’accéder aux données gérées par une entreprise sur le territoire américain comme à l’étranger en vertu de l’extra-territorialité de la loi américaine. Notons de plus que la Cour de justice de l’Union européenne a annulé le 16 juillet l’accord de protection juridique des transferts de données personnelles entre les États-Unis et l’Europe.

Poursuivant sa fuite en avant au bénéfice de l’entreprise de Seattle, et passant une nouvelle fois outre l’avis de la CNIL, Cédric O, avec son complice Olivier Véran, a profité du régime d’état d’urgence sanitaire en mai pour faire transférer les données du nouveau fichier relatif aux individus infectés par la Covid-19 à Microsoft sans le consentement des personnes concernées.

Cette forfaiture au profit de Microsoft montre le peu de crédit que l’on peut accorder à la communication de Macron et de son gouvernement sur une relocalisation des productions stratégiques de santé. La réalité est loin de la fiction du discours macronien : On paye avec l’argent public le M de GAFAM pour exploiter les données de santé de notre pays.

Heureusement la résistance s’organise, plusieurs associations de soignants, d’informaticiens, de chercheurs, de partisans du logiciel comme InterHop (10), des syndicats s’opposent à cette trahison du gouvernement et proposent des alternatives. Pour sa part, le PCF soutient toutes ces actions et considère qu’un grand service public des données de santé associant expertises des soignants, organismes de recherche public et entreprises nationales, assis sur une renaissance industrielle de notre pays, est nécessaire et qu’il participerait à la construction d’une souveraineté numérique de la France dans le cadre de coopérations européennes et internationales. µ

Yann Le Pollotec, responsable de la commission Révolution numérique du PCF.

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1. En effet le fonctionnement d’un algorithme d’intelligence artificielle nécessite de gigantesques jeux de données et inversement les masses de données que constitue le big data impliquent pour être exploitées des algorithmes d’intelligence artificielle.

2. OVH, Dassault système, Atos…

3. L'Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA) par exemple.

4. Un serveur Cloud, ou serveur nuage en français, est une infrastructure informatique physique ou virtuelle puissante en réseau qui mutualise des capacités de calcul et de stockage et qui exécute des applications et stocke des données.

5. Commission nationale informatique et liberté.

6. Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information.

7. https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/12/24/donnees-de-sante-conflit-d-interets-au-c-ur-de-la-nouvelle-plate-forme_6023918_3244.html

8. POC : La preuve de concept (proof of concept) désigne le fait d'avoir des preuves tangibles qu'un produit ou service potentiel peut fonctionner.

9. https://www.conseil-etat.fr/ressources/decisions-contentieuses/dernieres-decisions-importantes/conseil-d-etat-19-juin-2020-plateforme-health-data-hub

10. https://interhop.org/nous/

 

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