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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

18 juin 1940

18 Juin 2020, 06:08am

Publié par PCF Villepinte

  

Le général de Gaulle observe une minute de silence le 18 juin 1968 devant la flamme sacrée du Mémorial de la France combattante au Mont Valérien où il préside la cérémonie du 28e anniversaire de l'appel du 18 juin 1940. © STF / AFP

Jeudi, 18 Juin, 2020

ESSAI. 18 JUIN 1940, ÉCHOS D’UN APPEL À LA RÉSISTANCE

Raymond Huard

L’historienne Aurélie Luneau propose un retour sur l’impact à travers les temps de l’appel lancé par le général de Gaulle, le 18 juin 1940.

En 2020, parmi les dates possibles de commémoration du souvenir gaulliste, que ce soit celles de la naissance du général en 1890, de sa mort en 1970, celle de l’appel du 18 juin ( et significativement, il est devenu inutile de préciser), 1940 est sans doute la plus remarquable.

Pour les Français avant tout, l’appel du 18 juin est devenu une date à retenir de la Seconde Guerre mondiale. Si l’événement a été beaucoup scruté, c’est une synthèse alerte sur le fait lui-même et son retentissement dans la durée que présente aujourd’hui Aurélie Luneau, docteur en histoire et productrice à France Culture. Au moment où Pétain va livrer par l’armistice la France aux Allemands, un général de fraîche date, devenu le 5 juin, pour quelques jours, sous-secrétaire d’État à la Défense nationale et à la Guerre, peu connu encore des Français, même s’il a une certaine notoriété dans les milieux militaires, rompant avec le gouvernement du maréchal Pétain, lance à la radio de Londres un appel à continuer le combat.

Sur les ondes de la BBC, le mot magique de «résistance»

Aurélie Luneau montre bien ce qui, dans le parcours personnel de De Gaulle, a pu préparer à cette décision auquel le soutien, d’ailleurs un peu laborieux, des Anglais a donné un plus large écho. L’appel est certes limité aux soldats et travailleurs de l’industrie d’armement – il sera élargi assez rapidement –, mais il contient ce mot magique de «résistance» qui ouvre la perspective exaltante dune victoire finale. Peu de gens sans doute ont entendu l’appel formulé sur la BBC à dix heures du soir, mais il a déjà suscité des ralliements. D’autres appels viendront bientôt le compléter et, surtout, il s’inscrit dans une guerre des ondes qui est, au tout début, une des seules armes réelles de la France libre et se poursuivra jusqu’à la fin du conflit.

Un moment décisif de notre histoire nationale

Aurélie Luneau suit la destinée de l’appel jusqu’à nos jours car, dès 1941, un rituel de commémoration se constitue. Pendant la guerre, l’écho ne peut être qu’assez faible en France, mais il commence à s’implanter dans l’empire colonial français, plus difficilement cependant en Algérie où de Gaulle aura du mal à s’imposer contre Giraud. En 1945, c’est l’apothéose avec un défilé de 50000 soldats et un million de personnes, mais on regrettera que les FFI ne soient pas associés à cette manifestation. En 1946, de Gaulle quitte le pouvoir, devient même un opposant déterminé à la IV e République. Désormais, la cérémonie organisée au Mont-Valérien sera plus discrète. Elle fait un retour en force avec le retour au pouvoir de De Gaulle en 1958, le vingtième anniversaire de l’appel en 1960, l’inauguration du Mémorial de la France combattante au Mont-Valérien. Mais le gaullisme s’use. 1968 voit apparaître les premières tentatives de détournement, de parodie avec l’appel du mouvement du 22 mars, le 18 juin 1968. D’autres suivront, assez dérisoires.

Après la mort du général, en 1970, l’oubli commence. Les efforts des présidents successifs, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande, pour se rattacher tant bien que mal à la légende, relèvent surtout de la communication. Si l’appel du 18 juin demeure un moment décisif de notre histoire nationale, aujourd’hui, c’est plutôt le programme du CNR du 15 mars 1944 qui peut servir de repère pour l’avenir de notre pays.

 « L’Appel du 18 juin », d'Aurélie Luneau. Flammarion, 2020, 351 pages, 21,90 euros.

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L’appel du 17 et 18 juin 1940 était un appel à ne pas se résigner et à résister

17 Juin 2020, 10:42am

Publié par PCF Villepinte

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Publié le 17/06/2020 par PCF

Il y a 80 ans, le 17 juin 1940, Charles Tillon, dirigeant national du PCF, futur chef d’état-major des FTP, lançait un appel à la résistance du peuple français, depuis la ville de Gradignan.

Le lendemain, à Londres, le Général de Gaulle lançait son appel à le rejoindre dans le refus de la capitulation vichyste.

Prolongeant l’engagement des communistes français dans le Front populaire, Charles Tillon dénonçait alors une classe possédante qui venait d’abandonner le pays à l’occupant hitlérien. « Ils ont tout trahi », écrivait-il. « Après avoir livré les armées du Nord et de l’Est, après avoir livré Paris, ses usines, ses ouvriers, ils jugent pouvoir, avec le concours de Hitler, livrer le pays entier au fascisme. »

 Cet appel à ne pas se résigner et à résister allait, quelques années plus tard, inspiré la création et le programme du Conseil national de la Résistance. 

 « Peuple des usines, des champs, des magasins, des bureaux, commerçants, artisans et intellectuels, soldats, marins, aviateurs encore sous les armes, unissez-vous dans l’action », écrivait Charles Tillon.

 En ce jour anniversaire, le Parti communiste français tient à saluer cet appel, comme celui du 18 juin et surtout l’union de tous les mouvements de Résistance. Les communistes ont livré ce combat, dans les années sombres, souvent au péril de leurs vies, pour l’indépendance de la France, pour la justice sociale, pour une République dont les principes se sont en tout temps opposés aux discours de haine et aux falsifications de l’extrême droite.

 Nous rendons aujourd’hui hommage à ce combat, qui nous anime toujours aujourd’hui. Nous continuerons toujours de combattre les idées d’extrême droite qui salissent encore aujourd’hui notre République et divisent nos concitoyens. 

 Le programme  des « Jours heureux », proclamé en 1944 par le gouvernement du général de Gaulle auquel participaient des ministres communistes, répondait aux espoirs de tous les français, dans leur grande diversité.

 

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Publié depuis Overblog

17 Juin 2020, 08:19am

Publié par PCF Villepinte

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Il y a urgence ! Le billet du Dr Christophe Prudhomme. La dette

17 Juin 2020, 08:14am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Mercredi, 17 Juin, 2020

Christophe Prudhomme est médecin au Samu 93.

Du fait de la baisse de l’activité économique, nous devons faire face à une baisse des cotisations versées à la Sécurité sociale. Alors que de nombreux secteurs bénéficient d’aides de l’État, le gouvernement nous fait de nouveau le coup du «trou de la Sécu». Plutôt que de compenser ce déficit, il fait le choix de placer cette dette dans une caisse qui est alimentée chaque année par une partie de nos cotisations, notamment la CRDS et la CSG. La somme que nous devrons «rembourser» dici à 2033 est de 136 milliards deuros. Cela veut dire qu’environ 15 milliards d’euros seront ponctionnés chaque année sur le budget de la Sécurité sociale, qui est déjà insuffisant pour assurer le fonctionnement correct de notre système de santé.

Alors que nous demandons des moyens supplémentaires, le Parlement va réduire encore plus nos budgets. Voilà la raison de l’absence de financement mis sur la table du Ségur de la santé pour répondre aux revendications des personnels.

Emmanuel Macron et le gouvernement se foutent de nous. Ils nous préparent une nouvelle saignée avec des fermetures de lits et d’hôpitaux, une baisse des remboursements et une diminution des effectifs dans les hôpitaux. Ce n’est plus acceptable. Il existe de l’argent pour financer notre système de santé, notamment celui caché dans les paradis fiscaux. Il faut aujourd’hui faire des choix si nous ne voulons pas revenir au monde d’avant, en pire: la question dune nouvelle répartition des richesses se pose avec dautant plus dacuité que la population réclame un financement à la hauteur des besoins des services publics.

Ce qui anime la très grande majorité des personnels du système santé est bien l’attachement aux valeurs de solidarité et d’égalité du service public. Des notions antinomiques avec les soi-disant «valeurs du marché».

Retrouvez son précédent billet,  Colère blanche et l’ensemble de ses chroniques.

Le billet du Dr Christophe Prudhomme

hôpital public

 

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Un programme pour les luttes et pour la France

17 Juin 2020, 08:03am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 17/06/2020 par PCF

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Nous vivons un moment aussi grave qu’exceptionnel. Où la crise sanitaire vient de mettre en évidence le saccage de notre système de santé et de nos services publics. Où les injustices se creusent. Où le chômage va atteindre des records. Où l’inégalité femmes-hommes s’aggrave. Où violences policières et comportements racistes connaissent un regain. Mais où, également, se manifestent le besoin de démocratie et le désir de changer de société. C’est pour y répondre, qu’à l’occasion de son conseil national du 12 juin, le PCF s’est doté d’un programme dont le titre résume l’ambition : « Construisons la France en commun, formons une union populaire agissante ».

Ce travail s’est largement inspiré des apports des différents secteurs d’activité, autant que des propositions de loi défendues par nos parlementaires. Les membres du conseil national ont pu, quant à eux, l’enrichir jusqu’au dernier moment.

Il ne s’agit pas d’une plate-forme électorale, ni d’une esquisse de programme de gouvernement. C’est une autre démarche qui inspire ce document : partir des objectifs et des besoins immédiats que la crise actuelle fait apparaître - en matière de santé, d’éducation, de salaires, de lutte contre la pauvreté ou de l’exigence de droits nouveaux - pour montrer pratiquement que l’on ne peut répondre à ces urgences que par des mesures radicales, qui vont à la racine des problèmes, en l’occurrence la domination du capital, l’utilisation de l’argent, les pouvoirs grâce auxquels la classe possédante impose sa loi à l’immense majorité. À partir de là, il s’emploie à montrer en quoi l’exigence de ruptures immédiates ouvre la voie au projet de rupture avec les logiques dominantes que nous voulons proposer au pays.

Pour le dire autrement, l’originalité de cette démarche consiste à mettre en débat un programme de lutte qui est, en même temps, un programme pour la France. Elle veut nourrir d’un contenu porteur d’espoir les mobilisations immédiatement indispensables pour faire face aux désastres, sociaux et écologiques, que génère le capitalisme financiarisé et globalisé, aidant ainsi à ce que tous ces combats débouchent, de l’échelon territorial jusqu’au plan national, sur des conquêtes changeant concrètement les rapports de force.

L’objectif est de restituer, auprès de celles et ceux qui liront ces propositions, la cohérence de l’action des communistes. Jusqu’à la solution politique pour laquelle ils militent : cette union populaire agissante qui ne saurait voir le jour à partir seulement de débats de sommet ou d’échanges entre organisations, mais doit résulter, si elle veut enclencher une véritable dynamique transformatrice, de l’intervention directe des acteurs du mouvement social, des citoyens, de la jeunesse.

Le plan choisi découle de l’approche. Il décrit d’abord les enjeux du tournant en cours de situation. Puis il développe les solutions d’urgence, exceptionnelles, qu’appellent la situation désastreuse de notre système de santé, une reprise scolaire menaçante pour le devenir même de l’école de la République, des inégalités et des violences qui se sont développées au gré de la crise sanitaire. Il s’efforce enfin de répondre à grands traits à l’exigence d’un autre modèle de développement.

Notre spécificité, dans ce cadre, concerne d’abord la manière dont notre proposition de sécurité-emploi-formation cherche à répondre aux aspirations à la sécurisation de tous les moments de la vie, telles qu’elles montent de la société et des luttes. Ou encore la place centrale que nous donnons aux services publics, comme levier d’un changement global de logique. Ou l’articulation que nous nous employons à construire entre l’indispensable transition écologique, le besoin d’un autre mode de production et de consommation, et la reconquête industrielle si déterminante pour l’avenir. Ou notre appel à restaurer la souveraineté nationale et populaire, non dans une posture de repli nationaliste, mais au contraire pour favoriser de nouvelles coopérations solidaires, en Europe et dans le monde.

Ou les moyens que nous avançons pour prendre le pouvoir sur l’argent, changer les règles de la fiscalité, s’approprier les grands moyens de production et échange à l’aide notamment de nationalisations d’une nouvelle sorte, la constitution d’un pôle financier et bancaire public pour réorienter le crédit au service du développement humain. Ou, enfin, les nouveaux pouvoirs démocratiques qui, de l’entreprise à l’État, doivent permettre aux salariés et aux citoyens de décider enfin du destin collectif. Afin de se débarrasser de toutes les dominations, qu’elles soient patronale, patriarcale ou raciste…

Ce programme a vocation à être défendu dans l’ensemble des échéances politiques de la période qui s’ouvre. Il ne se veut pas toutefois pas un produit achevé. Il est mis en débat et appelle maintenant les enrichissements des communistes autant que de celles et ceux qui souhaiteront y contribuer. C’est d’ailleurs l’objet de la plate-forme numérique qui sera prochainement mise à disposition de chacune et chacun. À nous de nous en saisir, et d’en faire un point d’appui essentiel pour nous tourner vers nos concitoyens, et construire avec eux une société qui mette l’humain et la planète au cœur de tous les choix. µ

Christian Picquet, membre du CEN.

 

 

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Il y a urgence ! Le billet du Dr Christophe Prudhomme. Sport

15 Juin 2020, 06:26am

Publié par PCF Villepinte

Christophe Prudhomme est médecin au Samu 93

Nous avons constaté qu’un des facteurs de risque les plus importants de la maladie Covid-19 était l’obésité. Ce problème devient de plus en plus important dans notre société et les plus pauvres sont les plus touchés par ce qu’on peut appeler «l’épidémie de lobésité». Le confinement na rien arrangé: on estime que la sédentarité imposée aurait engendré une prise de poids moyenne de 2,5 kg. Plus que de sport, il faut parler d’activité physique nécessaire pour la santé.

Au-delà de l’autorisation de la prescription d’activité sportive par les médecins, il est important que tout un chacun puisse discuter avec un professionnel de santé compétent, pour pouvoir améliorer ce qui doit l’être. Il y a un début de prise en compte de cette réalité, avec le développement des applications sur les smartphones comptant le nombre de pas. Mais c’est un véritable changement d’habitudes qu’il faut mettre en œuvre. Ne pas utiliser l’ascenseur sur son lieu de travail, lors des pauses, alors qu’on est resté assis pendant plusieurs heures. Se passer de la voiture pour les trajets de moins d’un kilomètre. Laisser les enfants aller à pied à l’école. Utiliser un vélo. Faire de la marche à pied lors des sorties du week-end,... Ce n’est pas toujours facile, car il y a de bons arguments pour éviter ces changements: la pression du temps soi-disant économisé, la sécurité des enfants, la dangerosité du vélo,...

Les statistiques vous étonneront, car elles montrent que les risques liés à un mode de vie malsain sont bien plus importants que ceux mis en avant pour ne rien changer. Alors, bien sûr, il y a la vogue des salles de sport, du fameux footing du week-end qui remplaceraient ce qui est considéré comme des contraintes quotidiennes inapplicables. Mais, attention: ce qui compte, cest la régularité. Pourquoi pas la salle de sport ? Mais il est rare quil soit possible dy aller quotidiennement une heure. Et le sport intensif, isolé le week-end, peut être dangereux pour la santé, quand certains y recherchent des performances auxquelles leur organisme n’est pas adapté. Croyez-moi, les petits changements dans les routines quotidiennes vous permettront facilement de pratiquer une activité physique simple, au moins une heure par jour, au bénéfice de votre santé. Le sport le soir ou le week-end, ce sera du plaisir en plus!

Retrouvez son précédent billet,  Misère et l’ensemble  de ses chroniques.

Le billet du Dr Christophe Prudhomme

 

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Élysée. Entre méthode Coué et discours de l’ordre

15 Juin 2020, 06:18am

Publié par PCF Villepinte

 

L'Humanité la rédaction

Lors de sa quatrième allocution télévisée depuis le début de la crise, le président de la République a annoncé l’accélération du déconfinement et appelé à travailler plus.

Emmanuel Macron a annoncé dimanche que le pays avait remporté une «première victoire» contre le Covid-19. Lensemble du territoire passe ainsi en zone verte, et le second tour des municipales aura bien lieu le 28 juin. Dès à présent, le président de la République l’assure: il est possible de «reprendre pleinement le travail» et de «retrouver notre art de vivre».

Après avoir vanté le «choix humaniste de placer la santé au-dessus de l’économie», qui a permis de sauver des «dizaines de milliers de vies», après avoir salué tous ceux qui se sont retrouvés en première ligne et, enfin, souligné que «500 milliards deuros» ont été mobilisés dans la période, Macron a évoqué laprès. Car ces milliards «viennent sajouter à notre dette». Or, «nous ne la financerons pas en augmentant les impôts», assène-t-il, écartant tout retour de lISF.

 La «seule réponse», cest de «travailler, de produire davantage», insiste-t-il. «Nous devons le faire alors que notre pays va connaître des plans sociaux et des faillites multiples», pronostique le président, qui souhaite répondre par une reconstruction économique qui devra être «écologique, souveraine et solidaire». Celle-ci sera «préparée tout l’été avec les forces vives de la nation». À voir, tant ces forces ont été écartées depuis le 15 mars. Le président entend aussi donner «des libertés et des responsabilités inédites» aux hôpitaux, universités et maires, avec à nen pas douter un fort risque de rupture de l’égalité républicaine. Une mesure quil cherche à imposer depuis des mois. «Je ne crois pas que relever les défis qui sont devant nous invitent à revenir en arrière», tranche-t-il. «Et cela ne sarrêtera pas.»

Déconfinement accéléré, retour de l’école obligatoireÀ défaut d’acte 3 du quinquennat, les Français ont gagné, dimanche soir, quelques précisions sur l’épisode 3 du déconfinement, après les assouplissements intervenus les 11 mai et 2 juin derniers. Même si «le virus na pas disparu» et « quil faudra vivre encore longtemps avec lui», Emmanuel Macron a annoncé que l’ensemble du territoire, sauf Mayotte et la Guyane encore très touchées, allait passer, dès ce lundi, «en zone verte».

Conséquences: «Une reprise plus forte du travail», «la réouverture des cafés et restaurants en Île-de-France», «la possibilité de se déplacer dans les pays européenssans restriction », et même, à partir du 1er juillet, au-delà du Vieux Continent, dans les États qui parviennent à maîtriser l’épidémie. Surtout, le chef de l’État a répondu à lattente de nombreux parents en rétablissant, «à partir du 22 juin», le principe de l’école «obligatoire», «selon les règles de présence normales», dans les écoles maternelles, primaires et les collèges, sans mentionner toutefois les lycées (lire en p. 4).

 Autre conséquence de cette épidémie contenue, les visites dans les maisons de retraite et les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) seront de nouveau «autorisées» à partir de ce lundi, sans restriction autre que les classiques mesures barrières. Mais les rassemblements de personnes resteront «très encadrés», pour éviter toute seconde vague. «Nous devons nous préparer si l’épidémie revient avec plus de force», a-t-il aussi prévenu.

Autocélébration et généralités. En fait d’annonces fracassantes, le chef de l’État s’est borné à vanter les mérites de sa politique économique, tout en traçant un timide cap pour la suite. «Chômage partiel, prêts aux entreprises, accompagnement aux indépendants Tout a été mis en œuvre pour sauvegarder nos emplois», a-t-il tout dabord énuméré. Avant de renchérir dans lautocélébration: «Plans massifs pour lindustrie automobile, laéronautique, le tourisme Nous avons mobilisé près de 500 milliards deuros pour notre économie. Dans combien de pays tout cela a-t-il été fait?»

Pour ce qui est de lavenir, Emmanuel Macron sest placé dans le droit-fil de son discours du 31 mars dernier, où il avait surpris par ses accents souverainistes. Il va falloir «reconstruire une économie forte, écologique, souveraine et solidaire», a-t-il martelé, appelant à sceller un nouveau «pacte productif». Ce «pacte», aux contours flous, impliquera visiblement des relocalisations, mais seulement «lorsque cela se justifie». Au détour dune envolée, Emmanuel Macron a également laissé entendre qu’il faudra «travailler davantage» – sans reprendre la formule sarkozienne jusquau bout qui précisait «pour gagner plus» – tout en insistant sur la multiplication probable des «faillites et des plans sociaux».

 Une porte ouverte au chantage à l’emploi, qui a déjà commencé à être utilisé par certaines directions d’entreprises? Finalement, la seule annonce tangible tient en un plan de rénovation thermique des bâtiments, sans chiffrage pour autant. Quant aux mesures censées assurer la transition écologique de notre modèle productif, elles se résument à une «industrie plus verte» et à un énigmatique recours à «notre puissance maritime».

Enfin, le chef de l’État a adressé quelques phrases aux personnels soignants, qui ont prévu de descendre dans la rue le 16 juin. Après avoir salué leur courage, il a assuré qu’ils seraient «revalorisés» dans le cadre du Ségur. Les syndicats redoutent que, si les négociations débouchent bien sur une revalorisation de leur traitement, ce rattrapage salarial se fasse au prix d’une nouvelle flexibilisation. C’est ce qu’avait annoncé il y a trois semaines déjà le ministre de la Santé Olivier Véran en expliquant à des soignants de la Pitié-Salpêtrière sidérés: «Nous avons fait le bon diagnostic, nous avons pris les bonnes orientations. Mais nous n’avons été ni assez vite ni assez fort.»

Silence et mépris sur les violences policèresL’intervention du président, silencieux depuis le 2 juin, date à laquelle s’étaient réunis devant le tribunal de Paris des milliers de manifestants à l’appel du comité Adama, était très attendue sur la question du racisme et des violences policières. Au lendemain d’une nouvelle et importante manifestation (lire p. 7), Emmanuel Macron en a d’abord appelé à l’«unité autour du patriotisme républicain». «Nous sommes une nation où chacun, quelles que soient ses origines, sa religion, doit trouver sa place. Est-ce vrai partout et pour tout le monde? Non», a-t-il lucidement constaté, mais pour mieux en appeler à l’égalité des chances.

Le concept favori des libéraux pour cacher la forêt des inégalités. Le chef de l’État a promis «de nouvelles décisions fortes» en la matière après que la porte-parole du gouvernement a plaidé, samedi, la réouverture du «débat autour des statistiques ethniques» et que le ministre de la Ville a annoncé de nouveaux testings en entreprise. Si lhôte de l’Élysée a enjoint à être «intraitable face au racisme, à lantisémitisme et aux discriminations», il na pas eu un mot sur les violences policières dénoncées par des milliers et des milliers de jeunes.

Il a préféré envoyé des gages aux policiers et gendarmes mobilisés depuis jeudi dernier contre les mesures annoncées par Christophe Castaner la semaine dernière, notamment la suppression de la clé d’étranglement. «Ils sont exposés à des risques quotidiens en notre nom, cest pourquoi ils méritent le soutien de la puissance publique et la reconnaissance de la nation», a-t-il déclaré avant de fermer le ban.En revanche, Emmanuel Macron sest fait le pourfendeur des «séparatistes», quitte à stigmatiser lensemble du mouvement mondial qui sest mis en branle depuis la mort de George Floyd.

 «Ce combat noble est dévoyé lorsquil se transforme en communautarisme, en réécriture haineuse ou fausse du passé», a-t-il affirmé, prévenant que «la République neffacera aucune trace, ni aucun nom de son histoire», tout en appelant à «lucidement regarder ensemble toute notre histoire, toutes nos mémoires», «notre rapport à lAfrique en particulier». Un renversement des rôles alors que les jeunes mobilisés veulent précisément faire la lumière sur les pans oubliés de notre histoire.

 

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Penser un monde nouveau.

14 Juin 2020, 07:18am

Publié par PCF Villepinte

 

 

Vendredi, 12 Juin, 2020

«La France doit reconstruire une industrie forte au service de la santé publique », par Jean-Michel Toulouse, Jean-Luc Malétras et Jean-Pierre Escaffre

Sylvestre Rome

Pourquoi, dans le cas spécifique des politiques de santé, une industrie souveraine est-elle primordiale?

Jean-Michel Toulouse. La santé recouvre nos vies personnelles et nos relations sociales, conditions de nos actions. Elle repose fondamentalement, dialectiquement, sur la cohérence des systèmes culturels et de nos moyens matériels à disposition. C’est ce qui conditionne nos autonomies d’action au niveau individuel, et socialement détermine les décisions politiques au niveau d’une nation, ce qui est communément désigné par souveraineté et qui permet une politique cohérente et efficace. Par industrie souveraine, nous désignons à la fois les systèmes culturels et les moyens matériels industriels aptes à créer les conditions de ses conceptions et de ses réalisations collectives, efficientes et efficaces au regard des spécificités des populations diversifiées qui caractérisent la France du fait de sa construction historique. Contrairement à ce qui est fréquemment avancé, il n’existe pas de système de santé universel. Il n’existe donc pas de moyens matériels adaptables partout dans le monde. Par exemple les transnationales ont créé du matériel de radiologie vendu dans le monde entier, et pour cela proposent un grand nombre de fonctionnalités dont les médecins sur place n’utilisent qu’à peine 20 %. Cela coûte cher aux structures hospitalières, d’autant que la maintenance est dès lors compliquée et onéreuse.

« Contrairement à ce qui est fréquemment avancé, il n’existe pas de système de santé universel. »

À quelles dérives conduit ce manque de maîtrise de notre industrie nationale?

Jean-Luc Malétras. Le décrochage ne concerne pas que l’industrie liée à la santé, il concerne toutes nos industries, avec une forte accélération de la destruction à la suite de l’introduction de l’euro. Les raisons d’ordre économique sont bien connues, en particulier la surévaluation de la nouvelle monnaie par rapport aux besoins de nos industries et inversement une sous-évaluation pour les secteurs industriels allemands. Cependant, les raisons géostratégiques sont plus explicatives. Ne nous cachons pas derrière notre petit doigt, ayons le courage de l’admettre: la France a été vassalisée directement par Washington et partiellement par lAllemagne. Cette vassalisation sest fortement accélérée après, à l’ONU, la gifle de Chirac aux propositions agressives américaines sur l’Irak. De nos jours, toutes nos industries stratégiques, y compris militaires, sont sous contrôle américain. Le seul porte-avions français en surveillance à l’est de la Méditerranée a été obligé de revenir à quai… pour cause de moyens matériels médicaux inexistants permettant des soins élémentaires contre le Covid-19.

« Ne nous cachons pas derrière notre petit doigt, ayons le courage de l’admettre: la France a été vassalisée directement par Washington et partiellement par lAllemagne. »

Souveraineté sanitaire inutile? Qui pourrait y croire après les péripéties des masques, des gels antiseptiques, des respirateurs, manques qui ont causé tant de morts dans nos hôpitaux? Dans le domaine de la santé, la Compagnie générale de radiologie (CGR) a été vendue à General Electric, les logiciels de gestion américains ont été imposés par le programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI), les start-up freinées dans leurs développements commerciaux pour absorption dans des firmes essentiellement anglo-saxonnes, etc.

L’immobilier est-il également une problématique centrale pour les hôpitaux?

Jean-Michel Toulouse. La question immobilière est en effet un obstacle nouveau pour les hôpitaux. Il y a une trentaine d’années, ils pouvaient compter sur un financement plus simple pour acquérir des terrains: soit les collectivités locales leur cédaient ces terrains à des prix raisonnables, et ils pouvaient les payer par des subventions (État, Sécurité sociale, régions) et des prêts sans intérêt ou avec intérêts réduits (Caisse des dépôts et consignations, Caisse d’aide à l’équipement des collectivités locales), soit les acquérir avec les mêmes moyens financiers et une part d’autofinancement. Mais, actuellement, l’État ne subventionne que de façon très limitée, les collectivités territoriales sont en crise et ne subventionnent plus rien, la Caisse des dépôts et consignations (CDC) ne joue plus ce rôle. Les hôpitaux eux-mêmes en crise financière et en déficit pour la moitié d’entre eux sont donc obligés de recourir aux marchés financiers avec des taux d’intérêt parfois prohibitifs. Ce sera sans doute un point important à négocier lors de ce Ségur de la santé.

« Les hôpitaux eux-mêmes en crise financière et en déficit pour la moitié d’entre eux sont donc obligés de recourir aux marchés financiers avec des taux d’intérêt parfois prohibitifs. »

Votre livre donne également une large place au démantèlement du système hospitalier public par la finance. Quelle logique y a-t-il derrière cela?

Jean-Michel Toulouse. Incontestablement, la tarification à l’activité (T2A) introduite au début des années 2000 a été un moyen du «new public management» de mettre les hôpitaux à genoux. Cela pour les contraindre de recourir aux marchés financiers. Souvenons-nous quentre 1945 et 1980 les hôpitaux bénéficiaient des subventions et prêts sans intérêt de la Sécurité sociale. Cest ainsi que la France, ruinée après la Seconde Guerre mondiale, a réussi à construire un système hospitalier qui était le plus performant au monde, avec un quadrillage du territoire correct et des centres hospitaliers régionaux et universitaires à la pointe du progrès médical.

« Notre livre exige la suppression de la T2A, le retour à un budget négocié entre les hospitaliers et leurs autorités de tutelle.»

À l’époque, c’était le système du prix de journée qui était en vigueur, c’est-à-dire une négociation directe entre les hôpitaux et leur tutelle. Avec la T2A, on ne raisonne plus en fonction des besoins des hôpitaux mais en fonction des dépenses à la personne, qu’il convient bien entendu de réduire le plus possible, d’où les multiples mesures pour liquider des postes, des lits, des équipements, etc., ce qui explique clairement les 28000 morts du Covid-19. Les besoins demeurant, cela ouvre un immense marché pour les hôpitaux privés appartenant pour la plupart aux capitaux anglo-saxons. Notre livre exige la suppression de la T2A et le retour à un budget négocié entre les hospitaliers et leurs autorités de tutelle, en tirant les leçons des quelques défauts des systèmes du prix de journée et du budget global. Le dernier rapport de la CDC vend d’ailleurs la mèche en voulant généraliser le partenariat public-privé, inégal et qui n’est que le cache-sexe de la privatisation.

Est-ce simplement un manque d’ambition des pouvoirs publics?

Jean-Pierre Escaffre. Non, ils suivent une et une seule ligne, celle dictée par Washington, coûte que coûte, ce n’est pas négociable: pomper les richesses nationales cachées sous les manœuvres idéologiques de leurs chargés de pouvoir dont Sarkozy, Hollande et Macron sont les caricatures. Rien d’étonnant: lUE et la monnaie euro ont été formatées par Washington, résultat des guerres fratricides en Europe. Les traités européens ont été signés de telle manière qu’il n’y ait pas de possibilité de politique industrielle européenne souveraine. L’euro a été créé avec pour seul objectif d’interdire l’inflation (dans le but de maintenir la valeur des épargnes pompées) et qu’il demeure quasi fixé afin que le dollar puisse varier selon les besoins de Wall Street, le tout condamnant l’Allemagne à exporter de plus en plus en fonction des déficits de plus en plus chroniques de la plupart des autres pays de la zone, d’où la maintenance des secteurs industriels outre-Rhin.

« Rien d’étonnant: lUE et la monnaie euro ont été formatées par Washington, résultat des guerres fratricides en Europe. »

Le pompage passe par l’endettement démesuré de l’État avec corrélativement le démantèlement des services publics et des pouvoirs des communes, la destruction de nos protections sociales, l’accaparement des valeurs ajoutées de nos industries qui ne peuvent plus investir, réduisent puis délocalisent leurs services de recherche et développement aux États-Unis.

Dans ces conditions, comment voulez-vous créer une dynamique industrielle, en particulier celle liée à la santé?

Jean-Michel Toulouse. Il y a longtemps en effet que les politiques de santé publique ne se règlent plus avec les personnels de santé. Très exactement depuis le fameux «tournant de la rigueur» de 1983. Non seulement elle nest plus paritaire, mais elle est clairement issue dune politique de «tyrannus ab exercitio», cest-à-dire que le gouvernement sest approprié le pouvoir de fixer les niveaux de lobjectif national des dépenses d’assurance-maladie, sans tenir aucun compte des besoins réels. On a vu les brillants résultats de cette tyrannie.

« Il est temps que le pouvoir bureaucratique soit désarmé. »

Mais, en fait, ce sont toutes les ordonnances et lois de Juppé à Macron-Buzyn qu’il faut abroger, et revenir à une démocratie sanitaire: la suppression de la T2A, celle des agences régionales de santé, le rétablissement des conseils dadministration des hôpitaux avec une majorité absolue des personnels hospitaliers, le rétablissement des CHSCT, et la fusion des commissions médicales d’établissement avec les comités techniques d’établissement, avec pouvoir suspensif de ce nouveau comité d’établissement sur toute décision engageant son avenir. Il est temps que le pouvoir bureaucratique soit désarmé. Toutes ces propositions sont contenues dans notre ouvrage et nous espérons qu’il sera utile aux combats syndicaux. Ces propositions devraient permettre de remettre le soin au centre des préoccupations, avec un conseil d’administration dans lequel les élus locaux et les associations de patients pourront exprimer leur citoyenneté.

Vous avancez également plusieurs pistes pour reconstruire une filière santé-industrie, notamment par l’apport de l’innovation et de la technologie…

Jean-Luc Malétras. Nos propositions sont conditionnées par une nécessité: se débarrasser de la vassalité par rapport aux États-Unis dAmérique, et donc leurs relais politiques internes. Urgence absolue. Ce que nous proposons repose sur deux piliers: la démocratisation profonde du système sanitaire, tout particulièrement celle des établissements hospitaliers, le développement d’une filière recherche-industrie secteur santé. La création de centres de recherches technologiques et de développement industriel dédiés à la santé (CRTDI-DS) allant jusqu’au prototypage (qui n’existe plus en France) devra être supervisée par un comité de pilotage industriel multidisciplinaire sous contrôle parlementaire.

 « Ce que nous proposons repose sur deux piliers: la démocratisation profonde du système sanitaire, le développement d’une filière recherche-industrie secteur santé. »

La France doit se doter des moyens de reconstruire une industrie forte de fabrication de matériels permettant de fournir aux établissements une nouvelle génération d’équipements répondant directement aux besoins spécifiques des soignants, qu’ils soient hospitaliers, urgentistes ou soignants de proximité. Cela passera par la création d’une ossature industrielle et de services: l’émergence par exemple dun Siemens français socialisé ne coûterait que 500 millions d’euros en regroupant 200 start-up (la somme de leurs actifs nets), autour duquel graviteraient les multiples PME intéressées par les grands projets. La création dans chaque hôpital et par volontariat d’un service de recherche et développement détaché de la hiérarchie sera encouragée, en liaison avec le CRTDI-DS de rattachement et les petites entreprises locales.

Vous insistez aussi sur l’importance de sortir de cette logique marchande?

Jean-Pierre Escaffre. Ce n’est pas en soi la logique marchande que nous dénonçons, mais la logique capitaliste dominante. Cette vieillerie d’au moins trois siècles a fait son temps. On connaît les dégâts qu’elle a engendrés. Ne serait-ce que tout récemment avec les stratégies des stocks zéro de médicaments, créant des pénuries programmées, d’où des prix exorbitants aux plus offrants, et de graves pénuries ailleurs, sans humanité, y compris en Europe. Durant la crise du Covid-19, les personnels de soins et de la logistique ont montré la voie ils se sont débarrassés des postures et obligations technocratiques pour se concentrer sur leur mission et leurs métiers. Il est temps de tourner la page. Faisons revivre nos missions sociales dans les relations dans le travail, créons des outils de gestion adaptés à ces missions et détruisons la T2A.

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Un manifeste en coécriture. Jean-Pierre Escaffre est docteur en sciences économiques à l’université Paris-I et maître de conférences honoraire, à Rennes-I. Ancien dirigeant de grands hôpitaux publics, Jean-Michel Toulouse est docteur en droit public. Enfin, Jean-Luc Malétras est ancien responsable de la coordination CGT Thales et du secteur électronique à la fédération des travailleurs de la métallurgie (FTM-CGT). Ils ont coécrit Des soins sans industrie? un manifeste dans le but d’appeler à une convergence entre industrie nationale et santé publique. Il est téléchargeable et à commander sur dessoinssansindustrie.fr.

 

 

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Il y a urgence ! le billet du docteur Christophe Prudhomme. Misère

14 Juin 2020, 07:12am

Publié par PCF Villepinte

Samedi, 13 Juin, 2020

Je vais parler aujourd’hui du manque de matériel et de la dégradation des locaux dans mon service, le SAMU 93. Nous sommes un des plus importants SAMU de France dans le département qui a payé jusqu’à présent le plus lourd tribut au coronavirus. Mais nous sommes aussi un des départements qui possède le plus faible ratio de lits de réanimation rapporté à sa population.

 Au quotidien, nous devons nous battre pour avoir suffisamment de tenues disponibles et, plus grave, nous manquons de matériel essentiel pour la prise en charge des patients dans nos ambulances comme par exemple les pinces de surveillance de la saturation en oxygène dans le sang. Appareils qui sont essentiels pour la surveillance des patients atteints de troubles respiratoires. Il y a quelques jours, nous avons même été obligés d’utiliser un appareil de secours acheté par un de nos infirmiers anesthésistes !

C’est un nouvel exemple de la misère de l’hôpital public français. Oui, vous ne rêvez pas, nous ne sommes pas dans un pays du tiers-monde, mais en Seine-Saint-Denis dans un hôpital de l’Assistance Publique, plus important groupe hospitalier d’Europe. A cela s’ajoute la dégradation de notre bâtiment qui souffre d’un manque d’entretien chronique avec des portes de garage qui ne fonctionnent pas un jour sur deux, des déjections de pigeons devant l’entrée, des douches dans nos chambres de garde dans un état de saleté repoussant, etc.

 Nos cadres qui assument la responsabilité de la gestion des commandes et de la logistique sont désespérés de l’absence de réponse de la direction de l’hôpital qui ne parle que des économies à réaliser. Nous pourrions l’excuser en expliquant qu’elle est soumise elle aussi à des contraintes qui lui sont imposées si elle ne nous envoyait pas des huissiers quand nous manifestons dans l’enceinte de l’hôpital comme je vous l’ai décrit dans un précédent billet.

Retrouvez son précédent billet, contrôle,  et l’ensemble de  ses chroniques  .

Le billet du Dr Christophe Prudhomme

 

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Toutes et tous mobilisés pour renforcer notre service public de santé

14 Juin 2020, 07:06am

Publié par PCF Villepinte

Jean-Claude CHAILLEY Actualités,

 Le Jour d'aprèsSanté 13 juin 2020

https://www.convergence-sp.fr/wp-content/uploads/2020/06/CoroBalcon-2020-03-300x192.jpg

Pour l’Hôpital et l’ensemble de la médecine de proximité, toutes et tous mobilisés pour renforcer notre service public de santé.

Toute la population a été témoin du caractère vital de l’hôpital public. Spontanément elle a rendu hommage au dévouement et à l’efficacité de ses personnels qui ont dû compenser les carences inouïes de l’État. Pour tout remerciement le gouvernement accélère la mise en œuvre de la loi « Ma santé 2022 » contre l’hôpital public, contre les EHPAD publics. Il veut poursuivre la privatisation massive du système de santé, l’extension des complémentaires, des fonds de pension.

Une véritable démocratie sanitaire associant élus, personnels, usagers, est nécessaire. Pourtant le gouvernement impose de boucler les « concertations » (et non négociations) pour mi-juillet, dans l’opacité.

Nos exigences :

  • Stopper immédiatement les fermetures d’établissements, de services et de lits, en ouvrir lorsque les besoins déterminés démocratiquement l’exigent.
  • Créer un service public de santé de premier recours autour des centres de santé.
  • Cesser la marchandisation de la santé, cesser de vouloir « manager » l’hôpital public, qui a une mission de service public, comme une multinationale au service des actionnaires.
  • Embaucher des personnels nécessaires à la qualité de la prise en charge, correctement formés et rémunérés, dans les EHPAD comme à l’hôpital.
  • Revaloriser fortement les salaires (infirmières au 28ème rang de l’OCDE).
  • Préserver le statut de la fonction publique dans l’unité de ses 3 versants : il a montré son efficacité au service des patients.
  • Faire prendre en charge la perte d’autonomie, sans distinction d’âge, par la branche maladie de la Sécurité Sociale. Un grand service public doit être créé. Nous refusons la création d’une « 5ème branche ».
  • Mettre fin aux enveloppes budgétaires fermées. Le budget santé doit permettre de couvrir les besoins des usagers, ce qui nécessite une augmentation de 5 % minimum par an en volume.
  • Développer la recherche publique et la prévention.

En 2005, suite à l’épidémie H5N1, le rapport parlementaire Door-Blandin fait des propositions. Elles auraient permis d’économiser des centaines de milliards, évité beaucoup de morts.

Il faut se préparer pour une 2ème vague ou une autre pandémie.

Prendre pleinement en compte les déterminants sociaux et environnementaux de la santé.

https://www.convergence-sp.fr/wp-content/uploads/2019/11/CarteVerteMedoc-300x145.jpg

La Sécurité sociale aura 75 ans le 4 octobre. Ses fondamentaux « chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins » sont plus modernes d’actualité que jamais.

Les moyens existent pour financer l’hôpital public, les EHPAD, …à hauteur des besoins, pour prendre en charge la prévention et les soins à 100 % par la Sécurité Sociale.

 

  TOUTES ET TOUS MOBILISES LE 16 JUIN

Le « Ségur de la santé » s’annonce comme le « monde d’avant » en pire.

La Convergence services publics soutient toutes les mobilisations le 16 juin dans toute la France et appelle à y participer massivement.

Elle appelle à mener une large campagne sur les services publics, la fonction publique et la Sécurité sociale.

 

 

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