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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

ÉDUCATION. DES DIRECTEURS « MANAGERS » À LA TÊTE DES ÉCOLES ?

22 Juin 2020, 06:15am

Publié par PCF Villepinte

 

L'Humanité Lundi, 22 Juin, 2020

Olivier Chartrain

Une proposition de loi LaREM concrétise un vieux projet de Jean-Michel Blanquer, malgré l’opposition de la profession. Elle doit être soumise au vote des députés mercredi.

Les directrices et directeurs d’école sont épuisés. Depuis l’annonce de la fermeture des écoles, le 12 mars, elles et ils n’ont cessé d’être sur le pont, pour le confinement, la «continuité pédagogique», le déconfinement, exposés à des revirements survenant parfois la veille pour le lendemain

Cest dans ce contexte que lAssemblée doit examiner, ce mercredi, une proposition de loi sur «la fonction de directeur d’école». Porté par la députée LaREM du Val-dOise Cécile Rilhac, ce texte se veut une «reconnaissance» du rôle des directeurs, via la mise en place dun «cadre juridique». Cest déjà elle qui, lors de la discussion de la loi «pour l’école de la confiance», en 2019, avait proposé un amendement retoqué malgré le soutien du ministre créant des «établissements publics des savoirs fondamentaux», où les écoles primaires auraient été placées sous la direction… d’un principal de collège.

 Elle revient aujourd’hui à la charge pour placer à la tête des écoles primaires un directeur-manager doté d’une autorité hiérarchique sur ses collègues: précisément ce dont les professeurs ne veulent pas, comme lavait confirmé l’enquête lancée par le ministère fin 2019. Seuls 8 % des enseignants soutenaient la proposition…

Cécile Rilhac, elle, dit vouloir donner aux directeurs un «emploi fonctionnel». Dans le langage de l’Éducation nationale, cela désigne un poste à responsabilité sur lequel on est nommé par la hiérarchie, avec des objectifs à atteindre. Dès l’article 1, on découvre aussi que le directeur serait «délégataire de lautorité académique». Et habilité, précise un amendement adopté en commission, à «prendre les décisions nécessaires (…) relatives au fonctionnement de l’école dont il a la direction». Il deviendrait notamment linterlocuteur statutaire des collectivités locales. Sil ne participerait pas à l’évaluation de ses pairs, comme il en fut question lors de tentatives antérieures, il pourrait désormais proposer «des actions de formation spécifiques à son école».

Pour faire passer la pilule, le texte offre quelques carottes. Une décharge totale d’enseignement est prévue à partir de 8 classes dans l’école (contre 13 à 14 aujourd’hui), soit 45 % des établissements. L’indemnité de direction atteindrait 150 à 300 euros mensuels, selon la taille de l’école. Les directeurs seraient déchargés de certaines tâches comme l’élaboration des PPMS (plan particulier de mise en sécurité) ou… l’organisation des élections de parents d’élèves lorsqu’une seule liste se présente.

 Une régression démocratique que le passage en commission a transformée en expérimentation du vote électronique. Les directeurs pourraient aussi se voir chargés «de lorganisation du temps périscolaire confiée par la commune», dans la perspective de la pérennisation du dispositif «2S2C» (Sport, santé, culture, civisme). Cela alors que le texte refuse daccéder à la principale revendication des directeurs: le retour de laide administrative, dont ils bénéficiaient jusqu’à sa suppression par ce gouvernement. La possibilité dune «aide de conciergerie ou administrative» est laissée aux bons soins des collectivités. Un facteur supplémentaire d’inégalités.

Pour le Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, ce texte «ne répond pas aux besoins de l’école» et promeut «une tout autre école que celle portée par la profession, fondée sur le travail d’équipe entre pairs». Car, derrière lentêtement à placer à la tête des écoles des «managers» choisis par la hiérarchie, lobjectif réel est bien de venir à bout du fonctionnement collégial, démocratique, qui est celui des écoles primaires. Et qui leur permet souvent dopposer, aux réformes autoritaires et à la maltraitance venue d’en haut, la force du collectif.

Olivier Chartrain

 

 

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ECOLES

22 Juin 2020, 06:13am

Publié par PCF Villepinte

 

LA «MASCARADE» DE LA REPRISE POUR TOUS

«Mascarade», «maltraitance»: les syndicats de l’éducation n’ont pas eu de mots assez durs pour qualifier la préparation de la reprise de ce lundi 22 juin, voulue «pour tous» par Emmanuel Macron – et qui ne le sera (évidemment) pas. Il a fallu attendre mercredi 17 juin pour voir arriver le nouveau protocole sanitaire… avant que celui-ci ne soit modifié le lendemain. Résultat: la distanciation dun mètre dans les classes devient purement optionnelle. Malgré cela, le ministre a dû convenir que l’objectif sera «quil y ait le plus possible d’élèves qui reviennent». Et non plus tous.

Dans ce contexte, trois syndicats (CGT Éduc’Action, Fnec-FP-FO et SUD éducation), rejoints par certains syndicats locaux de la FSU, appellent à manifester mercredi 24 juin devant les rectorats et inspections académiques. Ils dénoncent les «réorganisations brutales du travail depuis le déconfinement», mais aussi le projet de loi sur les directeurs, le dispositif «2S2C» (Sport, santé, culture, civisme) et les créations de postes insuffisantes pour la rentrée. Ils demandent également larrêt de la répression antisyndicale.

 

 

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Ce à quoi peuvent aboutir les propositions de la Convention citoyenne sur le climat

20 Juin 2020, 06:46am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Vendredi, 19 Juin, 2020

Pia de Quatrebarbes

Pendant neuf mois, les tirés au sort de la Convention citoyenne sur le climat ont planché pour élaborer 150 propositions. Ils doivent les voter ce week-end, avant de rendre leur rapport final à l’exécutif. De cette expérience démocratique inédite pourrait naître un plan climat ambitieux. Mais Emmanuel Macron a déjà prévenu: il sera le seul filtre…

Une claque, suivie d’une grosse déprime. Comme une prise de conscience, endeuillée d’un sombre: «On est foutus, on na plus de temps.» Pour beaucoup des 150 citoyens tirés au sort, la première session de la convention citoyenne sur le climat a pulvérisé les croyances. Face à eux, l’urgence climatique. Guy Kulitza a beau avoir 60 ans, cet agent de maîtrise d’Enedis à la retraite reconnaît être sorti de la première séance de travail «avec le cafard et un sentiment dimpuissance». Pour Mélanie B., 36 ans, responsable d’une agence d’événementiel, l’expérience a été presque métaphysique. «Le lundi matin, jai repris ma voiture et ma petite vie, et je me suis dit: à quoi bon, quest-ce que lon peut faire?»

Une nouvelle forme de démocratie directe

Neuf mois plus tard, Mélanie, Guy et les autres «150», comme ils sappellent entre eux, ont élaboré une partie de la réponse. Ils ont travaillé, beaucoup, bousculé leurs certitudes, et délibéré. Ce 19 juin et pendant trois jours, ils seront réunis au siège du Conseil économique, social et environnemental (Cese) à Paris pour voter chacune des 150 mesures «structurantes» qu’ils ont élaborées, afin de «réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre de la France dici à 2030, dans un esprit de justice sociale».

A lire aussi : Un plan climat ambitieux auquel ils ont participé. Témoignages

Ce mandat leur a été confié par Emmanuel Macron, à la sortie du grand débat national, un jour d’avril 2019. Il y a, alors, le feu à la maison. Après six mois de mouvement de gilets jaunes, de marches climat monstres et autres grèves scolaires, le gouvernement assure vouloir «changer les colères en solutions».

«cest par la délibération collective que lon pourra parvenir à opérer les changements profonds nécessaires.»

«Quand on a rencontré le président, en février 2019, il était en difficulté, il cherchait une porte de sortie», se souvient le réalisateur Cyril Dion, «garant» de la Convention citoyenne. Avec les gilets citoyens, un collectif informel composé de militants écologiques, d’élus et de gilets jaunes, Cyril Dion sera l’un des artisans de cette nouvelle forme de démocratie directe, persuadé que «cest par la délibération collective que lon pourra parvenir à opérer les changements profonds nécessaires».

«On lui a proposé une méthode claire», reprend-il. «Une assemblée citoyenne tirée au sort, chargée de faire des propositions donnant lieu à référendum. Car le problème, ce nest pas de connaître les solutions elles sont connues depuis trente ans , c’est de savoir quelles modalités démocratiques peuvent permettre de les mettre en œuvre.»

Une convention inédite dans sa durée et dans son ambition

Depuis dix ans, les ONG ont vu passer le débat national sur la transition énergétique, en 2012; celui sur la programmation pluriannuelle de l’Énergie, en 2018; ou encore le G 400, cette même année, pour lequel 400 citoyens avaient été tirés au sort et débattu le temps dun week-end. « À chaque fois, les solutions préconisées sont bonnes, mais elles ne sont pas mises en œuvre», pointe Anne Bringault, responsable de la transition énergétique au Réseau Action Climat (RAC). «Notre problème, cest linertie des pouvoirs publics», confirme Maxime Combes, porte-parole d’Attac.

L’Assemblée citoyenne permettra-t-elle de renverser la table? Pas sûr du tout, mais en tout cas, elle est «inédite dans sa durée comme dans son ambition», souligne Romain Slitine, professeur à Sciences-Po. Auteur du Coup d’État citoyen, il a suivi de près les débuts de la convention. Les 150 citoyens tirés au sort ont endossé la responsabilité avec beaucoup de gravité. «Comme si javais été juré dassises», résume Mélanie B. Ensemble, ils sont censés être une «France miniature». Âgés de 16 à 82 ans, ils suivent les équilibres de la société française, en termes de catégorie socioprofessionnelle et de géographie.

À l’image du pays, il y a parmi eux, «des climatosceptiques, comme des plus sensibilisés. Mais on a tous acquis une solide connaissance du sujet», explique William Aucant, urbaniste de 33 ans vivant à Nantes. «Certains sujets pouvaient paraître lointains. Mais très vite, on sest rendu compte que tout est lié», pointe pour sa part Guy Kulitza.

«Une sorte dintelligence collective sest mise en branle. Débattre fait parfois ressortir le caractère injuste de certaines mesures et pas immédiatement perceptible»

Dans chacun des cinq groupesde travail se loger, se déplacer, se nourrir, consommer, produire et travailler , aucun sujet na été mis de côté. Ni la publicité, ni la biodiversité, ni aucun grand secteur économique, de celui des transports à celui de l’industrie, en passant par le commerce international ou la fiscalité… et surtout pas la taxe carbone. «Il n’était pas question que lon soit là pour faire accepter une taxe qui avait été refusée par les gilets jaunes, insiste William Aucant, selon qui on ne peut pas piéger les gens, alors qu’ils ont besoin d’une voiture pour aller travailler.»

Lui comme d’autres se sont jetés dans la convention corps et âme. «Une sorte d’intelligence collective s’est mise en branle. Débattre fait parfois ressortir le caractère injuste de certaines mesures et pas immédiatement perceptible», abonde Guy Kulitza.

«Cest sans doute un des plans climat les plus ambitieux quait jamais porté un pays.»

La crise sanitaire leur a aussi fait pousser des ailes. «Pour nous, cest clair, cest une crise écologique», continue Mélanie B. Ils veulent changer la société, individuellement et collectivement. «On a commencé à avoir beaucoup de critiques de la part de députés LaREM disant qu’on allait trop loin… C’est qu’on devait commencer à toucher juste», prédit Guy Kulitza.

En effet, leurs 150 mesures aboutissent bien «à une réduction un peu supérieure au 40 %», révèle William Aucant. L’impact de chaque proposition a été chiffré. «Cest assez rassurant. Quand on fait travailler des citoyens, ils arrivent aux mêmes conclusions que les associations qui travaillent dessus», confirme Anne Bringault, du Réseau Action Climat. Le «garant» Cyril Dion abonde: «Cest sans doute un des plans climat les plus ambitieux quait jamais porté un pays.»

Depuis le début, le gouvernement n’a pas brillé sur le sujet

La seule question désormais, c’est ce qu’en fera Emmanuel Macron? Pendant des mois, le gouvernement a assuré que les propositions seraient reprises «sans filtre». En janvier pourtant, le président avait déjà émis des conditions… Le filtre, finalement, ce sera lui et le financement. Son verdict est attendu début juillet, échéance fixée pour qu’il s’exprime devant les «150».

«La transition écologique n’est pas  l’addition de petites mesures individuelles et collectives, c’est la transformation complète des logiques de notre système économique»

La confiance n’est pas de mise. Depuis la mise en place de la Convention, le gouvernement n’a pas brillé sur le sujet. «Au contraire, les budgets rectificatifs présentés pour les plans de relance déversent des milliards sur les secteurs climato-nuisibles, sans contreparties. Ces plans peuvent nous piéger dans des trajectoires qu’on n’arrivera pas à renverser», prévient Clément Sénéchal, chargé des campagnes climat à Greenpeace.

« 52 % des français estiment que le système économique capitaliste n’est pas compatible avec la lutte contre le changement climatique.»

La transition écologique n’est pas «laddition de petites mesures individuelles et collectives, cest la transformation complète des logiques de notre système économique», rappelle pour sa part Maxime Combes. Un mur, pour le gouvernement et sa doxa libérale. Les Français, eux, le savent bien: 52 % estiment que «le système économique capitaliste nest pas compatible avec la lutte contre le changement climatique», selon un récent sondage. Pour les «150», le mandat s’achève mais pas leur mission: «Nous allons poursuivre dans le cadre dune association afin de porter nos propositions partout, explique Guy Kulitza. Nous voulons en faire un bien commun pour que chacun puisse sen saisir.»

Les députés prêts à la relève. Un tiers des 150 propositions de la convention a été formulé de façon à pouvoir intégrer de futurs textes de loi. «Les citoyens auront besoin dun relais politique, la démarche est inédite, nous nous tenons prêts», commente André Chassaigne. Le député (PCF) du Puy-de-Dôme a signé un courrier à l’initiative de Mathieu Orphelin (ex-LaREM) envoyé en ce sens aux 150 de la convention. Pour le chef de file des députés communistes, «la démarche est intéressante. Mais la transition écologique passera par une appropriation plus large. Salariés, syndicats, collectivités, associations: les propositions doivent venir de partout».

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Il y a urgence ! Le billet de Christophe Prudhomme. La casse continue

20 Juin 2020, 06:41am

Publié par PCF Villepinte

 

L'Humanité Vendredi, 19 Juin, 2020

Le Directeur général de l’ARS Bourgogne-France-Comté en visite à l’hôpital d’Auxerre a annoncé que la fermeture du SAMU restait d’actualité. Après la fermeture du SAMU de la Nièvre, il maintient le plan de transfert de la régulation sur Dijon. Ce monsieur est le successeur du dirigeant de l’ARS du Gand-Est qui a été limogé après avoir annoncé en pleine crise COVID-19 que le plan de suppression de 400 lits au CHU de Nancy était maintenu.

 Nous ne pouvons que constater que son limogeage n’était que de circonstance et que les plans de restructuration reprennent de plus belle.Si le dénommé Pierre Pribille, Directeur général d’Ars nommé en Conseil des ministres, se permet de telles déclarations, c’est bien qu’il est soutenu par le Ministère de la santé. En effet, ce monsieur n’est pas n’importe qui, car il avait été nommé par Agnès Buzyn responsable de l’élaboration d’une partie le loi « Ma santé 2022 ». Nous voyons bien là la duplicité du gouvernement et du ministre Olivier Véran.

Il nous amuse avec les discussions de comptoir du fameux « Ségur de la santé », tout en donnant des consignes aux ARS de poursuivre les opérations de fermetures de services et d’hôpitaux. Il va nous falloir une clarification rapide. Soit le ministre contredit les déclarations de son subordonné, soit il n’intervient pas et alors nous pouvons clairement dénoncer sa duplicité et le qualifier de menteur. Si cela se confirme, à quoi peut bien servir le « Ségur de la santé », si ce n’est amuser la galerie et nous faire perdre du temps.Nous en avons assez des tergiversations, des mensonges et des promesses non tenues. Attention, messieurs Macron et Véran, à la colère qui monte et qui bientôt sera difficilement contrôlable si vous persister dans cette voie. 

Son précédent billet, Incompétences et l’ensemble de ses chroniques.

Le billet du Dr Christophe Prudhomme

hôpital public

 

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Ultra-droitisation(s)

20 Juin 2020, 06:29am

Publié par PCF Villepinte

 

 

 

Mac Macron se réinvente… à droite toute. 

Davantage. Au moins, les choses s’affirment clairement. Les bonnes âmes qui pensaient que le «plus rien ne sera comme avant» de la Macronie allait se traduire par un aggiornamento avec les politiques antérieures savent désormais à quoi s’en tenir. Mac Macron nous avait lui-même annoncé sa nécessité de se réinventer. Confirmation dimanche dernier. À un détail près: il se réinvente… résolument à droite.

L’acte III du quinquennat ressemblera à l’acte II et les crédules, qui s’attendaient à ce que le «nouveau chemin» emprunte plutôt la rive gauche, risquent de se noyer au milieu du fleuve en crue, emportés par le courant libéral. L’épidémie n’a rien changé à l’affaire. L’après sera comme avant, forcément en pire! À quoi donc a servi le «quoi qu’il en coûte», puisque Mac Macron déclare maintenant qu’il faudra bien en payer le prix. Les mots ne furent pas choisis au hasard. Après avoir souligné l’effort «inédit» de 500 milliards d’euros pour sauver les entreprises et les emplois, l’hôte du Palais a rappelé que ces dépenses, justifiées par «des circonstances exceptionnelles», venaient «s’ajouter à notre dette déjà existante».

 Message reçu: du sang et des larmes devront être concédés pour les rembourser. En augmentant les impôts? La France est «déjà l’un des pays où la fiscalité est la plus lourde», répond Mac Macron. En ponctionnant les plus riches, comme le réclamaient toute la gauche et même les dangereux marxistes que sont Richard Ferrand et Laurent Berger? Certainement pas. En imaginant une réforme globale de la fiscalité? Encore moins. Non, le chemin vient ici s’éclairer par la voix du prince-président: «La seule réponse, conclut-il, est de bâtir un modèle économique durable, plus fort, de travailler et de produire davantage pour ne pas dépendre des autres.»


Écho. Après le «travailler plus pour gagner plus» de Nicoléon, voici le «travailler davantage» de Mac Macron pour éponger l’ardoise du confinement contraint, à l’heure où, pourtant, des dizaines de milliers d’entreprises tentent de rester en vie. Mac Macron l’a répété ces derniers jours, lors de quelques déjeuners avec différents éditorialistes triés sur le volet (dont nous ne sommes pas, cela va sans dire): pour lui, une fracture sépare les «insiders» et les «outsiders», salariés protégés d’un côté, précaires de l’autre.

Curieux langage, non, pour porter une parole d’État? Selon cette théorie, les premiers devraient accepter des sacrifices. Entendez bien: les premiers en question sont les fameux «protégés». Mais protégés de quoi, exactement, puisque près d’un million d’entre eux perdront leur emploi d’ici à 2021, si l’on en croit le sinistre de l’Économie en personne? Repartir de l’avant signifie donc: travailler plus, modérer les salaires, réclamer des efforts aux petites mains et aux autres, véritable écho à ce que réclament depuis des semaines les organisations patronales…

 

Pont-levis. En pleine polémique sur les violences policières, cette doxa nicoléonnienne assumée résonne comme l’ultime coup de barre à droite. D’autant que le soutien sans faille aux «forces de l’ordre» – bien nommées pour une fois – révèle un acte d’autorité qui nous éloigne définitivement des prêches de «liberté» de la campagne de 2017. La stratégie s’avère limpide.

 Après avoir siphonné une grande partie de la gauche libérale, Mac Macron allume le deuxième étage de sa fusée, empêcher toute candidature à droite, quitte à ultra-droitiser tous ses choix, à l’image des tractations de second tour des municipales, qui n’ont abouti qu’à des accords avec LR. En vue de 2022, il a en choisi son assurance-vie: Fifille-la-voilà. Sa seule chance, sans doute, d’être réélu. Quitte à baliser la voie à son adversaire préférée, lui dresser un pont-levis. Et à mettre en péril la démocratie, sinon la République elle-même.

 

[BLOC-NOTES publié dans l’Humanité du 19 juin 2020.]

Publié par Jean-Emmanuel Ducoin à 18:38

 

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La VOD de la semaine : The myth of the American sleepover

19 Juin 2020, 09:03am

Publié par PCF Villepinte

L'HumanitéVendredi, 19 Juin, 2020

Vincent Ostria

Pourquoi y a-t'il des teen movies aux États-Unis, mais pas vraiment en Europe ? Tout simplement parce que le cinéma américain, reflet de sa société, est archi-codifié. Avec une flopée de genres et de sous-genres. 

The myth of the American sleepover, titre de ce premier film inédit en salle de David Robert Mitchell, remarqué comme un des plus intrigants nouveaux auteurs yankees avec It follows et Under the Silver Lake, se réfère à un rituel de l'adolescence américaine, le « sleepover », traduit en français par “soirée pyjama”. Quelque chose de bon enfant, malgré un peu d'alcool et de batifolage.

C'est une telle nuit que décrit essentiellement ce film, qui n'a rien de frivole ni de crado. On est loin d’ American Pie. Étonnant de classe et de dignité, ce film ne détaille pas outre mesure ses intrigues psychologiques. L'intérêt du cinéaste se situe ailleurs : principalement dans le filmage d'un écheveau de déambulations et de rencontres au cœur de la nuit dans la banlieue résidentielle de Detroit. Mitchell met en scène la folle grâce de ces ados avec une caméra  fluide qui prélude aux horreurs et mystères de ses films suivants. On suit divers personnages allant de fête en fête, errant dans la nuit, se baignant, explorant des tunnels.

Tout semble en place en place pour un film d'horreur type « Halloween »,  ou pour un thriller — on pense parfois à un étrange film noir adolescent, Brick, de Rian Johnson, où un lycéen mène une sombre enquête dans son école. Ici même une séance de spiritisme se solde par un quiproquo sentimental. D’ailleurs les intrigues amoureuses ne sont jamais abouties. Sur ce plan, le film s'avère d'une grande subtilité. Voir le cas de Rob, garçon plutôt réservé, qui passe une partie de la nuit à chercher une jolie blonde aperçue au supermarché. Lorsqu'il la trouve enfin, il remarque qu’elle a sur le bras deux numéros de téléphone inscrits au stylo. Trop de prétendants ! Cela suffit à faire fuir Rob, qui se rabattra sur une fille moins populaire. Non seulement on ne couche pas, mais il n'est pas si simple d'embrasser.

Ces hésitations, cette délicatesse des uns et des autres,  singularisent  ce premier film incompris par certains critiques. Comme celui de The Observer, Rex Reed,  qui avait écrit : “Ce jeune réalisateur [...] n'a jamais réalisé de fiction et ne montre aucune aptitude dans ce domaine”. On ne pouvait pas mieux se planter. Reed a loupé un des réalisateurs les plus prometteurs de Hollywood, qui démontrait que les faux-semblants et la mélancolie avaient aussi leur place dans l’univers pop et fruité des teenagers.

 

 

The myth of the American sleepover de David Robert Mitchell. États-Unis, 2010, 1 h 33.

A voir en VOD sur universcine.com

 

 

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Les jeunes descendent dans la rue   pour demander justice, égalité et fraternité

19 Juin 2020, 08:58am

Publié par PCF Villepinte

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À la suite de l’assassinat par la police de George Floyd, d’impressionnantes mobilisations ont eu lieu aux États-Unis. Il est devenu le symbole des violences policières et racistes à travers le monde.

Les manifestations ne se sont pas cantonnées qu’aux États-Unis. Partout à travers le globe des centaines de milliers de personnes se mobilisent, non-seulement pour rendre hommage à George Floyd mais également pour dénoncer les violences policières et le racisme au sein de leur propre pays.

 

En France, les violences policières et les actes racistes demeurent trop souvent impunis. Zyed et Bouna, Adama Traoré ou plus récemment Cédric Chouviat - livreur assassiné par les forces de l’ordre en début d’année - sont les symboles les plus tragiques des violences policières.

Celles-ci ne sont pas que de simples bavures. Aujourd’hui, en France, les jeunes des quartiers populaires sont les premières victimes des violences policières. S’ils sont pris pour cible, c’est que la police est une institution de répression au service de la classe dominante. Ce sont donc les populations les plus marginalisées par le système capitaliste qui en sont les premières victimes.

Depuis plus d’une semaine maintenant, des centaines de milliers de jeunes battent le pavé, parfois pour la première fois, pour dénoncer les violences policières et racistes au sein de notre pays.

La nouvelle génération montre sa soif de justice, de vérité, d’égalité et de fraternité. Les mobilisations massives de la jeunesse donnent une belle leçon de ce que sont les valeurs républicaines. Ces mobilisations sont source d’espoir.

De son côté, le gouvernement crie au séparatisme. Pourtant, il ne faut pas rester longtemps au sein des manifestations pour voir que c’est l’exact inverse. Demander l’égalité des droits n’est pas du communautarisme. En dénonçant un affront à la République, l’exécutif essaie d’instrumentaliser ces manifestations pour diviser les Français entre eux. Pourtant, qui bafoue les valeurs républicaines ? Les jeunes sortant dans la rue pour demander l’égalité, ou le chef de l’exécutif qui apporte un soutien aveugle à une police gangrénée par la violence et un racisme endémique ?

L’attitude du gouvernement est tout bonnement inadmissible. L’exécutif se contente d’être l’avocat des forces de l’ordre, pardonnant même certains agissements criminels. Pire encore, lors de la manifestation de samedi dernier, l’attitude du préfet de police de Paris a directement porté atteinte à la République en interdisant le rassemblement et en laissant délibérément la mobilisation se dégrader. Pendant plusieurs heures, les autorités ont laissé un groupuscule fasciste provoquer la foule. Pour finalement les « interpeller » lorsque la situation aurait pu virer à l’affrontement sans pour autant les mettre en garde à vue.   

Ce ne sont pas les manifestants pacifistes qui mettent à mal la République, mais bien le silence complice de la préfecture et du gouvernement aux discours haineux de ces milices d’extrême droite.

Le gouvernement tente de diviser les Français entre eux, mais cela ne parviendra pas à arrêter ce formidable élan républicain émanant des rangs de la jeunesse. 

Léon Deffontaines, secrétaire général du MJCF.

 

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S'il est un chemin nouveau à emprunter, c'est celui d'un partage équitable des richesses produites

19 Juin 2020, 08:53am

Publié par PCF Villepinte

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IL Y A URGENCE ! LE BILLET DU DR CHRISTOPHE PRUDHOMME. PREMIER ROUND

18 Juin 2020, 06:16am

Publié par PCF Villepinte

 

Christophe Prudhomme est médecin au Samu 93.

La journée du 16 juin restera un grand jour pour les personnels de la santé et de l’action sociale. Pour la première fois, des centaines de milliers de personnes ont manifesté en France, pour soutenir leurs revendications et plus largement défendre notre système de santé et de protection sociale. Les appels à transformer les applaudissements en soutien ont été largement entendus, même s’il reste un potentiel important de mobilisation pour les rounds suivants, prévus les 30 juin et 14 juillet.

Après les louanges, l’héroïsation et les annonces de médailles, Emmanuel Macron semble avoir oublié ses promesses et aucune annonce concrète pour les transformer en réalité n’a été faite lors de son discours, par ailleurs très creux, de dimanche soir. Mardi, alors qu’il était en visite dans une usine du groupe pharmaceutique Sanofi, rien de nouveau sur le sujet n’a été avancé, seulement des propos grandiloquents sur la nécessité de «reproduire en France». Banco, monsieur le président, pourquoi ne pas commencer par aider au redémarrage de l’usine de masques fermée par son repreneur en Bretagne? Ou encore relancer lusine Luxfer, en Auvergne, qui produisait des bouteilles doxygène et que son repreneur sest empressé de fermer après avoir récupéré les brevets?

Non, vous avez choisi Sanofi, qui est l’archétype de ce qu’il faut changer dans l’industrie pharmaceutique: une entreprise qui verse plus de dividendes à ses actionnaires que les crédits quelle consacre à la recherche. Dividendes dont le montant, 4,5 milliards deuros, permettrait notamment de couvrir une bonne partie de la somme nécessaire pour répondre à la revendication des personnels hospitaliers d’une augmentation de salaire de 300 euros mensuels. Oui, la question est bien d’aller chercher l’argent là où il est. Car comme vos ministres le disent si bien, «il ny a pas dargent magique». En revanche, il y a de l’argent pour ceux qui ruinent la France, en délocalisant les entreprises et en demandant sans cesse des réductions de «charges» pour augmenter leurs profits, qu’ils défiscalisent ensuite grâce à des montages «légaux», leur permettant de les placer dans des paradis fiscaux.

Retrouvez son précédent billet, La dette et l’ensemble  de ses chroniques.

Le billet du Dr Christophe Prudhomme

 

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LE BILLET DE MAURICE ULRICH. LA BONNE SOUPE

18 Juin 2020, 06:11am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Jeudi, 18 Juin, 2020

Maurice Ulrich

La crise économique? Mais quelle crise économique?

La crise économique? Mais quelle crise économique? Les pages spécialisées dun de nos quotidiens saluaient mercredi «linsolente santé des Bourses», avec ce commentaire, «après le coup de tabac de la semaine dernière, les indices repartent de l’avant, galvanisés par les plans de relance et l’action des banques centrales».

Pour le dire un peu trivialement, pour les investisseurs, c’est un peu «par ici la bonne soupe». Le problème des marchés, ce n’est pas l’état réel du monde, c’est où se trouve le grisbi comme on dit chez les Tontons flingueurs. Et que les salopards n’y touchent pas. D’ailleurs, c’est sans surprise le secteur du luxe qui se porte le mieux. À Paris, Hermès, L’Oréal, LVMH et Kering représentent un quart du total du CAC 40. Commentaire d’un spécialiste : «Celui qui aurait vendu ses titres Hermès en 2008 à 106 euros serait passé à côté dune hausse de plus de 700 %.» La crise, la crise… C’est un truc pour les premiers de corvée.

Retrouvez tous les billets de Maurice Ulrich sur l’Humanite.fr

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