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Les révolutions de Miles Davis, trompettiste visionnaire. Fara C.

16 Mai 2020, 07:50am

Publié par PCF Villepinte

 
Miles Davis, génie du souffle et du silence © Don Hunstein/Sony Music Archives
Miles Davis, génie du souffle et du silence © Don Hunstein/Sony Music Archives
Vendredi, 15 Mai, 2020
Les révolutions de Miles Davis, trompettiste visionnaire
L'Humanité Fara C.

Avec un documentaire consacré à l’un des plus grands musiciens de jazz, Miles Davis, Birth of the Cool, et la sortie de la bande originale, on arpente un parcours d’exception, aux côtés de Hancock, Santana, Gréco…

 

En ce mois de mai, Miles Davis aurait eu 94 ans. On boira à sa mémoire jusqu’à l’ivresse, grâce au documentaire de Stanley Nelson  Miles Davis, Birth of the Cool et à l’album de la bande originale, intitulé Music From and Inspired by Birth of the Cool.

 

Un flamboyant bouquet de témoignages (Juliette Gréco, Quincy Jones, Wayne Shorter, Gil Evans, Carlos Santana, Herbie Hancock, etc.) apporte un éclairage sur le légendaire trompettiste, sans en altérer le mystère. Émotion d’écouter les mots du batteur Jimmy Cobb, dernier survivant du chef-d’œuvre Kind of Blue (1959), ou encore d’entendre un héritier de Miles, le trompettiste Wallace Roney, récemment emporté, à l’âge de 59 ans, par le coronavirus. Quatorze brefs extraits de ces entretiens ponctuent l’opus de la B.O., qui contient autant de plages musicales.

Un rendez-vous avec l’Histoire
 

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Vers la semaine de 32h

16 Mai 2020, 07:45am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 15 mai 2020

Temps de lecture : 3 min.

Plusieurs ordonnances ont été adoptées dans le cadre de l'Etat d'urgence sanitaire. L’une d'elles permet de travailler jusqu’à 60 heures par semaine. Dans le même temps, le Medef demande à augmenter le temps de travail pour favoriser la reprise économique.

  Accueil     Notre organisation revendique une baisse du temps de travail avec la semaine à 32 heures

Abandon des RTT ou des congés payés, passage à 37 heures… Avec le déconfinement, la vieille rengaine patronale de l'augmentation du temps de travail se fait entendre sur les plateaux télé. Le Medef, main dans la main avec le gouvernement, demande à augmenter le temps de travail pour favoriser la reprise.

Pour notre organisation, cette solution est la pire chose à faire. « Il y a une grosse inquiétude sur l'emploi. Des plans de licenciement sont déjà en train de se structurer. C'est donc incohérent d'allonger le temps de travail. Il faut une meilleure répartition du temps de travail », note Nathalie Verdeil, secrétaire confédérale.

Une meilleure répartition du temps de travail

Dans l'Aveyron, la direction départementale de la Poste a remis en cause d'accords locaux portant sur les 35 heures, sans dialogue social. « Elle profite de la pandémie, pour demander à l’ensemble des facteurs de changer leur durée de travail journalière, leurs repos, accepter polyvalence et flexibilité. […] Par la polyvalence et la flexibilité, elle supprime ainsi des dizaine d'emplois CDD et intérim et par la même des emplois pérennes », constate Laurence Cahors, secrétaire départementale CGT-FAPT.

Dans un contexte de chômage de masse, favoriser les heures supplémentaires est une absurdité. Déjà en 2018, notre organisation démontrait que les heures supplémentaires représentaient au moins 542 000 emplois à temps plein. 

Augmenter le temps de travail signifie relancer l'économie uniquement dans l'intérêt du patronat. Nous défendons la stratégie inverse. « Dans la période, il y a un écho favorable pour aller vers le bien-être au travail », analyse Nathalie Verdeil.

Pendant le confinement, Airbus a mis ses équipes aux 32 heures. Les ouvriers témoignent être « plus zen », « plus à l'aise », et apprécient d'avoir le temps de former les « futurs collègues » et de « réfléchir à l'organisation de leur travail ».

Face à ces témoignages et aux velléités patronales d'une reprise folle des cadences, la CGT a lancé dans les usines du groupe et des filiales une enquête pour repenser l'organisation du travail et instaurer les 32 heures.

Les avantages économiques de la réduction du temps de travail sont connus 

  • elle contribue à créer directement des emplois (+ 350 000 emplois directs au moment du passage aux 35 heures) ;
  • elle améliore la santé et la productivité des salariés ;
  • elle augmente leurs qualifications.

Qu’on soit clair : réduire le temps de travail ne peut se faire sans politique productive globale (ce qui impliquerait une forme de planification) ni sans investissement public massif dans des secteurs clés du point de vue environnemental.

C’est la seule manière de diminuer d’éviter l’explosion du chômage. C’est aussi à des lieues des dogmes partagés par le gouvernement et le patronat.

La bataille pour la réduction du temps de travail est ancienne, et elle a toujours l'occasion de luttes intenses. Le déconfinement en fait partie.

 

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Un jour d’après écologique et social !

16 Mai 2020, 07:30am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 13/05/2020 par PCF

Le confinement obligé a été le révélateur frappant d’aspects négatifs de nos sociétés sur la préservation de la planète et des écosystèmes. L’obligation de remiser nos voitures au garage a fait fortement baisser les émissions de CO2 ainsi que la pollution de l’air. Même conséquences écologiques pour la forte réduction de l’activité industrielle.

 Le confinement obligé a été le révélateur frappant d’aspects négatifs de nos sociétés sur la préservation de la planète et des écosystèmes. L’obligation de remiser nos voitures au garage a fait fortement baisser les émissions de CO2 ainsi que la pollution de l’air. Même conséquences écologiques pour la forte réduction de l’activité industrielle.

C’est une bonne nouvelle pour la lutte contre le réchauffement climatique. L’amélioration de la qualité de l’air est aussi une bonne nouvelle pour la santé de nos concitoyens (cette pollution provoquant une surmortalité non négligeable). Cependant, il y a fort à parier que ces aspects paradoxalement positifs de la crise sanitaire ne soient que provisoires si le jour d’après ne change pas radicalement nos modèles de sociétés.

Comment doit-on envisager un après écologique … sachant que ne se perpétueront ni un confinement généralisé, ni    une industrie réduite à l’indispensable survie ?

Il convient d’avoir des propositions pour révolutionner notre société, nos modes de production, dépasser un système capitaliste obnubilé par l’argent, sur-exploiteur des ressources naturelles et impliqué dans la dégradation de la planète. Car ce même système capitaliste, mis en accusation par nombre de nos concitoyens, va préparer sa défense, proposer des solutions pour accroitre sa main mise sur la planète et accroitre ses profits, comme il en est capable avec le réchauffement climatique où le droit à émettre du CO2 se négocie sur les marchés financiers.

Ainsi, même un Macron, chaud partisan de l’argent- roi, défenseur du temple capitaliste, empêtré dans les contradictions du système et sa mise en accusation, s’oblige à des entorses aux lois du marché en relocalisant des productions. Je pense aux masques qui ne sont plus que rarement produits en France quand l’essentiel provient de pays à bas coûts salariaux, et, dans ce cas, de la Chine.

C’est un bel exemple de ce qu’il faudrait généraliser demain pour combiner protection de nos concitoyens et de la planète. Relocaliser ! Produire local ! C’est mettre en place des circuits courts. Circuit court ne vaut pas que pour les produits agricoles, l’alimentation. Cela vaut pour l’industriel également : il est indispensable de faire décroître fortement le transport de marchandises sur des milliers de kilomètres, déplacements engendrés par les logiques de délocalisation des productions et de dumping social, fiscal et donc de dumping environnemental.

A titre d’exemple, le caractère ubuesque de la chaîne de valeur qui conduit à faire décortiquer au Vietnam des crustacés écossais, puis les faire fumer à Madagascar pour finalement les vendre dans des magasins en Europe…

 Les circuits courts sont un des moyens de réduire l’empreinte carbone exorbitante que représentent les transports. Cette logique écologique est couplée à des vertus sociales en termes de création d’emplois. Ces circuits courts doivent être combinés à un effort d’investissement, de développement vigoureux dans les modes de transports les plus propres ! Pour le transport des personnes, il faut aller vers une réduction du transport individuel en voiture, en favorisant le ferroviaire, les transports en commun, le co-voiturage, le vélo et la marche à pied. Pour le transport des marchandises, ferroviaire, fluvial et maritime (cargos à voile) doivent être favorisés au détriment du tout camion et des avions.

A l’objectif, idéalisé par certains, d’une société totalement décroissante qui prendrait le risque de ne pas répondre à des besoins fondamentaux des sociétés humaines (vaincre la faim et la pauvreté, améliorer la santé, rénover thermiquement des logements …), il convient de plaider pour une décroissance des activités inutiles et une croissance de ce qui est utile socialement. Il convient de plaider pour des relocalisations, une production agricole et industrielle de proximité, en investissant dans la recherche pour que les process agricoles comme industriels soient respectueux de l’environnement, et n’épuisent pas les ressources. A l’obsolescence programmée, concept certifié capitaliste, destiné à accentuer la vente de nouveaux produits pour faire de nouveaux profits, préférons l’économie circulaire qui implique éco-conception des produits, réparation, économie des ressources pour les produire. Il faut imaginer une société qui produise, si elle se donne les moyens de produire propre et de produire utile.

Voilà quelques pistes de réflexions qui n’épuisent pas le sujet !

Alain Pagano, membre du CEN, responsable de la commission Écologie.

 

 

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Redépartementalisation(s)

15 Mai 2020, 08:47am

Publié par PCF Villepinte

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Eloge de la Révolution... 

 

Carte.

 Puisque le cœur politique possède aussi sa géographie, la réapparition de l’Histoire, avec un grand H, surgit parfois d’où on ne l’attendait pas. Nous constatons, alors, que nous avancions dans l’oublié, l’inexploré ou le dédaigné, quand bien même l’homme en partance soulève la poussière et laisse son empreinte d’argile, creusée de mille fatigues.

Effaçons le remords de nos âmes anciennes et prenons au positif l’un des aspects inattendus de la crise sanitaire toujours en cours: voici le retour des départements et du couple préfet-maire! «Un univers que l’on croyait à jamais englouti a ressuscité», comme l’a écrit une chroniqueuse du quotidien le Monde (tout arrive), quand nous avons découvert sur nos écrans de télévision les cartes indiquant, département par département, l’intensité de l’épidémie de Covid-19.

 Admettons-le, cette cartographie a déclenché un réflexe d’une francité insolente mêlée d’une nostalgie historique autant que géographique. Soudain, cette France redessinait les contours surannés d’un Hexagone de salle de classe, comme une invitation à réciter ce que nos enfants n’apprennent plus: 01 Ain, 02 Aisne, 03 Allier… Ce que la chroniqueuse du Monde résumait finalement d’une formule qu’elle aurait pu nous emprunter: «Déconfinement, ce qu’on doit à la Révolution.» Vous ne rêvez pas…

 Égalité.

 Un peu de mémoire. Si la «nécessité fait loi», selon la célèbre expression proverbiale, et si nous assistons à une sorte de redépartementalisation de la France jacobine, n’oublions pas que ceux qui s’en félicitent désormais sont les mêmes qui, depuis plus d’une décennie, nous annonçaient avec réjouissance la disparition programmée desdits départements, pris en étau entre les régions conquérantes dopées par le modèle libéral européen et les intercommunalités et autres mégalopoles créées à marche forcée.

Rappelons à ce propos que les derniers projets de décentralisation fomentés par Nicoléon, Normal Ier et Mac Macron devaient ni plus ni moins les rayer de la carte. Et là, par la grâce d’un virus sournois, ils redeviennent le point nodal du déconfinement, le territoire à partir duquel réussira ou non la sortie de cette épouvante sanitaire. Cette fois, nous lisons dans le Monde: «À ce stade, un premier hommage doit être rendu à la Révolution française, car c’est elle qui, le 26 février 1790, décida de créer les départements, en lieu et place de la trentaine de généralités qui, sous l’Ancien Régime, servaient à administrer le pays par l’entremise d’intendants impopulaires, agents zélés de l’absolutisme royal.»

L’idée révolutionnaire partait d’un principe d’égalité territoriale absolue: les départements avaient été découpés pour que tout administré puisse se rendre au chef-lieu en une journée au maximum. D’où cette constatation que nous partageons pleinement: «Que, trois siècles plus tard, le pouvoir central en revienne aux sources post-révolutionnaires de l’organisation géographique française en dit long sur l’inventivité de l’époque ou… la faiblesse d’aujourd’hui.»

Espérons que cette mise à l’épreuve des préfectures, bras armés de l’État, et accessoirement du couple préfets-maires, ne soit pas le dernier avatar d’un échec programmé pour de mauvaises raisons, justifiant prochainement de nouveaux magouillages institutionnels. Mac Macron entendait supprimer au moins le quart des départements existants d’ici à 2022, ceux, dans un premier temps, qui jouxtent certaines métropoles (Bouches-du-Rhône, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, etc.), avec, au passage, le sacrifice de 120.000 agents publics, dont 70.000 dans la fonction publique territoriale, sans parler des quelque 10 milliards d’économie pour les collectivités.

C’était avant. Depuis, ces mêmes collectivités sont en première ligne pour rendre solidaire cet État-monarque qui voulait leur faire la peau…

 

[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 15 mai 2020.]

Publié par Jean-Emmanuel Ducoin 

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Il y a urgence ! Le billet du Dr Christophe Prudhomme. Climat

15 Mai 2020, 08:37am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Vendredi, 15 Mai, 2020

Christophe Prudhomme est médecin au Samu 93.

Nous avons tenu, hier, dans mon établissement, la première réunion de la commission médicale d’établissement. Même si elle a perdu de son importance au fil des différentes lois qui ont concentré les pouvoirs dans les mains des directeurs, cette structure consultative qui réunit les médecins dans un hôpital reste un organe d’expression important.

Alors que, depuis des années, j’étais le vilain petit canard qui n’était jamais content et qui critiquait tout, j’ai pu rebondir après l’intervention du président que je partageais totalement. La mobilisation de l’hôpital organisée dans une forme d’autogestion par les soignants a visiblement soulevé le couvercle qui étouffait toute voix discordante, dans le cadre de la pensée unique imposée depuis des années, et qui débouchait toujours sur la nécessité de faire plus avec moins. Même le chef de service connu comme le plus fervent soutien de toutes les réformes libérales est devenu plus critique.

Les plus pessimistes vont me dire attention, ce n’est qu’un feu de paille qui va rapidement s’éteindre. Peut-être. Mais peut-être pas. Tout dépend maintenant de notre capacité collective à alimenter ce feu pour proposer des alternatives pour reconstruire un service hospitalier ayant les moyens de répondre réellement aux besoins de la population. Pour cela, il ne faudra pas laisser les médecins décider seuls. Une des tares de la gestion hospitalière est que les instances représentatives des personnels séparent d’un côté les médecins et de l’autre les personnels non médicaux qui siègent, eux, dans le comité technique d’établissement. À nous de tout faire pour que les convergences se créent afin de pouvoir mobiliser la population en soutien. Cette démarche permettra de construire le rapport de forces pour que nous ne revenions pas au monde d’avant en pire, ce à quoi se préparent activement tous les libéraux.

Nous pouvons nous rassembler sur les valeurs humanistes de la médecine pour un grand service public de la santé financé par la solidarité nationale, ce qui implique tous les citoyens… Y compris ceux qui aujourd’hui profitent des paradis fiscaux pour échapper à l’impôt et aux cotisations sociales.

Son précédent, billet, Insultant et l’ensemble de ses chroniques pour l’Humanité .

Le billet du Dr Christophe Prudhomme

 

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Transport Ile-de-France

15 Mai 2020, 08:33am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 13/05/2020 par PCF

Lundi, la région Île-de-France, qui concentre le principal foyer de l’épidémie due au Covid-19, a été appelée au déconfinement comme le reste de la France malgré son statut de zone rouge et une incapacité à assurer la sécurité des millions de Franciliens.

Le principal problème dans la région capitale tient à un chiffre : 5 millions de salariés prennent les transports en commun pour une moyenne régionale située à 52 minutes. La problématique des transports est donc au cœur de la question sanitaire et de la capacité ou non à faire face à un rebond du nombre de malades.

 

Or force est de constater que les conditions n’y sont pas. Intrinsèquement, la réduction de l’offre de transport (liée à la crise elle-même) et la promiscuité au sein des bus, des couloirs et des rames de métro et de RER en font des lieux de contamination importants.

En appliquant les normes sanitaires de distanciation sociale, seulement un million d’usagers par jour devraient prendre les transports en Île-de-France sur les 5 millions habituels, soit 20 % des usagers franciliens. Que faire des 4 millions de salariés amenés à utiliser un autre mode de transport ?

L’équation est en réalité insoluble en l’état d’impréparation dans laquelle nous nous trouvons. Fait rare, les dirigeants de la SNCF, de la RATP et d’Optile ont écrit au Premier ministre pour dire leur incapacité à tenir des objectifs contradictoires : déplacer le plus de monde possible en en concentrant le moins possible. Mais le gouvernement s’entête et se sent suffisamment l’obligé du Medef pour décider quelques minutes avant l’intervention télévisée du chef du gouvernement que la date du 11 mai serait maintenue pour la région capitale.

La date est maintenue mais les questions demeurent. Qui régulera les flux de voyageurs.ses ? Et comment ? Faudra-t-il exposer davantage pour cela les agents ? Peut-on garantir la distribution massive de masques aux normes FFP2 gratuits aux usager·e·s et agents, la mise en place de distributeurs de gel hydro alcoolique ?

Nous n’avons eu en retour que l’appel à la situation individuelle à un problème collectif. Les Franciliens devront se débrouiller pour les masques, la peur sera leur meilleure motivation et tant pis si tout le monde n’est pas bien équipé ou n’a pas les moyens de s’équiper. Le Conseil d’administration qui aurait dû être convoqué pour valider ou non le plan de transport ne l’a pas été et seule une information a été donnée.

Face aux manquements de l’État et au suivisme de la région, les élus communistes ont fait plusieurs propositions.

Il s’agit en premier lieu de limiter très fortement la demande de transports avec le maintien massif du télétravail, qui doit devenir obligatoire pour tous les salariés qui le peuvent. Si nous contestons les logiques d’exploitation qu’induit le télétravail, nous sommes encore plus inquiets d’une surexposition des salariés à la maladie. Des dispositions réglementaires contraignantes doivent être imposées aux employeurs pour organiser le télétravail et sécuriser la vie des salariés.

Les transports publics et les routes doivent être réservés aux personnes dont la présence est indispensable sur leur lieu de travail. La circulation doit être strictement réservée sous toutes ses formes et aux heures de pointe (qui doivent être étendues) aux travailleurs.

Pour la petite couronne, il parait indispensable d’adapter l’offre de transport pour développer fortement l’offre de RER, au départ des gares de Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne et des Hauts-de-Seine, de manière à éviter la saturation inévitable des trains arrivant de grande couronne.

L’offre de trains doit être lissée sur toute la journée, en diminuant le nombre de trains aux heures de pointe et en rajoutant des trains aux heures creuses, de manière à inciter les usagers et les employeurs à décaler les horaires de travail afin d’éviter les phénomènes d’affluence.   

Pour protéger les salariés qui sont dans l’obligation de se déplacer en transport publics, l’État doit rapidement organiser des distributions gratuites des masques FFP2 aux usagers.

Il faut encourager le développement massif de l’utilisation du vélo de manière à éviter un report vers les véhicules motorisés sur les routes, générateur de dysfonctionnements et de pollution.

Il est également indispensable d’inciter dans le même temps à l’acquisition de vélos par la création d’une aide de l’État de 100 euros pour tout achat de vélo standard en Île-de-France et de 250 euros pour tout achat de vélo à assistance électrique. La TVA sur les vélos doit abaisser à 5,5 %. Cette aide viendrait alors compléter les aides existantes de la Région et des collectivités. Enfin, il nous semble indispensable de réguler le transport de marchandises en interdisant, aux horaires de pointes, l’utilisation du réseau routier aux poids lourds pour soulager le réseau. Cela actualise le combat des communistes pour le maintien de la ligne Perpignan-Rungis et, de manière générale, un grand plan d’investissement pour un service public du fret ferroviaire. Sept milliards d’euros doivent être immédiatement versés au rail pour soutenir et développer l’activité ferrée.

 

Pierre Garzon, membre du CN, responsable national collectif Transports.

 

 

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Il y a urgence ! Le billet du Dr Christophe Prudhomme. Insultant

14 Mai 2020, 09:54am

Publié par PCF Villepinte

 

L’Humanité Jeudi, 14 Mai, 2020

Christophe Prudhomme est médecin au Samu 93.

Un obscur député LaREM du Calvados vient d’avoir une idée de génie pour faire parler de lui. Problème: il a été suivi par cent de ses collègues de la majorité présidentielle. Il s’agit de permettre aux salariés de faire don aux personnels hospitaliers de leurs jours de RTT ou de congé (voir aussi notre article). Immédiatement, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a trouvé l’idée intéressante.

 Ces députés se permettent même de donner des conseils sur leur utilisation. Il n’est pas question que les personnels en bénéficient pour du repos supplémentaire, afin de récupérer après la crise. Du fait des sous-effectifs chroniques dans les hôpitaux, cela mettrait en danger leur bon fonctionnement. Ces jours seraient donc convertis en espèces pour aider les soignants à «soffrir de belles vacances».

Non mais, vous ne croyez pas que vous vous moquez de nous, mesdames et messieurs les députés! On frise linsulte! Ce que nous demandons depuis un an, ce sont des embauches de personnels, notamment pour que nous puissions prendre nos repos et partir en vacances normalement. Nous exigeons aussi des augmentations de salaires immédiates, à savoir 300 euros mensuels. Vous avez déjà refusé en octobre de répondre à notre demande lors du vote de la loi de financement de la Sécurité sociale. Et maintenant, vous demandez que d’autres salariés nous fassent l’aumône…

Ministre de la Santé et ex-rapporteur de cette loi, Olivier Véran nous a promis une «prime» pour solde de tout compte, en remerciement de notre engagement dans la crise. Prime qui ne sera dailleurs pas versée à tout le monde, et pas avant fin juin – on attend toujours les décrets, lesquels peuvent réserver des surprises.

 Cela commence à suffire! Nous allons être clairs: nous ne voulons pas prendre à dautres salariés des jours de congé ou de RTT. Nous vous demandons de voter une loi qui décide d’un plan de formation et de recrutement pour les hôpitaux et les Ehpad, d’augmentations de salaires immédiates et qui enjoigne le gouvernement à engager des négociations sur la revalorisation des grilles de rémunérations des personnels hospitaliers.

Retrouvez le précédent billet du Dr Prudhomme, Amertume, et l’ensemble de ses chroniques.

Le billet du Dr Christophe Prudhomme

 

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Un plan d’urgence pour les hôpitaux publics et les EHPAD

14 Mai 2020, 09:50am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 13/05/2020 par PCF
      https://d3n8a8pro7vhmx.cloudfront.net/pcf/pages/11876/attachments/original/1589376373/visuel-hopital.jpg?1589376373

300 euros d'augmentation pour tous
100 000 emplois dans les hôpitaux et 100 000 dans les Ehpad


Alors que le gouvernement Macron, ses ministres et experts en tout genre, ont fait preuve de non anticipation, d’incurie et de gestion calamiteuse de la grave crise sanitaire qui percute notre pays et sa population, les personnels soignants, médicaux et non médicaux des hôpitaux, des Ehpad et des soins ambulatoires, ont fait face avec responsabilité, compétences et créativité. Sans protection, sans matériels voire médicaments, elles et ils ont pris les affaires en main, notamment en multipliant les lits de réanimation par deux, alors même que notre système hospitalier, affaibli, déstructuré, manquant de tout depuis de nombreuses années n’était pas le mieux préparé à accueillir des milliers de malades de ce virus inconnu jusqu’alors.

Pendant des mois elles et ils n’ont eu de cesse de manifester, réclamer haut et fort des lits, des emplois, une reconnaissance salariale. Le PCF les a entendu·e·s avec un premier plan d’urgence et un projet de loi déposé par ses parlementaires, en novembre 2019.

Face au silence assourdissant du gouvernement, ils et elles n’ont pas cessé leurs actions jusqu’à la démission de 1 200 responsables médicaux de leurs fonctions administratives.

En novembre 2019, le Premier ministre présente en grande pompe avec A. Buzyn, son « plan urgence hôpital » qui ressemble à une habituelle entreprise de communication : comme nous le demandions au début de l’année, le gouvernement s’engage à verser l’intégralité des sommes mises en réserve, soit 400 millions. Il débloquera 260 millions au début de la crise du Covid-19. Il donne « un coup de pouce » à l’Ondam, soit 300 millions pour 2020. Il concède des primes annuelles selon « l’engagement et l’investissement des personnels », et prévoit de reprendre un tiers de la dette globale des hôpitaux sur trois ans, soit 10 milliards.

Cela ne fait pas le compte ! D’autres choix sont possibles et urgents : l’argent existe !

 L’ARGENT POUR L’HÔPITAL, PAS POUR LE CAPITAL !

Cette exigence, reprise par de plus en plus de voix parmi les personnels et la population, entre en résonance avec l’engagement de Macron, le 13 mars dernier, de mettre en place « un vaste plan d’investissement et de revalorisation des carrières » pour l’hôpital. « En même temps », il commandait une note à la Caisse des dépôts et consignations (CDC) qui préconisait de favoriser le secteur privé et la e-santé !!

 Sur le terrain, la mise en œuvre de la loi « ma santé 2022 » se poursuit en pleine crise du Covid-19 : les plans de suppressions de lits et d’emplois, l’opportunité de fermer des services réaffectés provisoirement aux malades du virus, des services d’urgence, de chirurgie, des maternités, des services psychiatriques. Une nouvelle prime de 1 500 euros fait hoqueter de colère les soignants « au front » !

Maintenant et pas le « jour d’après », la démocratie doit s’imposer à tous les niveaux. Les hospitalier·e·s, les élu·e·s dans les villes, les associations, seul·e·s ont fait acte de responsabilité, de prises d’initiatives et de compétences pour faire face au désastre sanitaire. ENSEMBLE, elles et ils sont seul·e·s qualifié·e·s pour faire des propositions à la hauteur des besoins et de l’intérêt général.

Les plans régionaux de santé sont disqualifiés : ils doivent être remis à plat et élaborés démocratiquement, à partir de la réalité d’aujourd’hui, dans toutes les régions et les bassins de vie. Le gouvernement vient de faire adopter une loi de finance rectificative de 110 milliards d’euros, à seul effet de relancer la « machine infernale » de la croissance financière.

Au plan européen, 1 000 milliards sont prévus par la BCE pour soutenir la valeur des titres boursiers.

Les premiers enseignements de la crise sanitaire, avant le déconfinement qui n’a pas d’autre objectif que de remettre tout le monde au travail, nous imposent de créer les conditions du « plus jamais ça ! ».

 Des mesures doivent être prises dès ce déconfinement

A/ Création d’emplois et de formations

• Un plan de création de 100 000 emplois et de titularisation de tou·te·s les contractuel·le·s dans les hôpitaux.

• Un plan de création de 100 000 emplois dès cette année dans les Ehpad pour aller vers un·e salarié·e pour un·e résident·e, soit 300 000 postes à créer en 3 ans.
• Une augmentation de 65 points d'indice pour la fonction publique, pour un équivalent de 300 € net à l'indice moyen. Au-delà et dans le même temps, il est indispensable de réaliser une refonte des grilles indiciaires pour que celles et ceux qui sont sur « la brèche » voient leur rémunération enfin réévaluée en compensation de leur place indispensable dans la société...

• Une augmentation de tous les quotas de formation pour cette rentrée 2020 et un recrutement de 12 000 étudiant·e·s en médecine par an, dès cette année.
• Reconstitution des équipes soignantes, en préservant conditions de travail, de sécurité et de qualité des soins, sur la base d’une collaboration au sein des services et le pouvoir décisionnel des instances représentatives.

B/ Moratoire


• Un moratoire sur toutes les fermetures et restructurations au sein des groupements hospitaliers de territoire (GHT).

• Réinstallation des lits réquisitionnés pour le Covid-19 à leur finalité d’origine et des personnels afférant.
• Maintien des unités de réanimation créées et répartition selon les besoins des territoires.

• Ce moratoire doit permettre une élaboration démocratique de l’évaluation des besoins et des projets médicaux entre organisations syndicales, élu·e·s, et associations citoyennes d’usager·e·s.

C/ Desserrement de la contrainte financière

• Il faut en finir avec les « plans de retour à l’équilibre financier » (PREF), et avec la dette des hôpitaux.
• Reprise de la totalité des 30 milliards de dette hospitalière par la CDC et refinancée auprès de la Banque centrale européenne.

D/ Investissements

La pénurie de masques, de protections, d’appareils respiratoires, voire de seringues révèlent la situation tendue des hôpitaux, aussi bien pour les achats que les investissements courants.

• Reconstitution des réserves hospitalières sous l’autorité des équipes soignantes.

• Par ailleurs, la crise sanitaire a montré l’exigence de reconstituer des filières industrielles pour préserver l’accès en toute autonomie à des biens de santé aussi essentiels que des masques et des appareils respiratoires.
• Evaluation, avec les professionnel·le·s des différentes disciplines médicales, des besoins de production et de contrôle nécessaires au bon fonctionnement de notre système de santé.

E/ Engager la création d’un pôle public du médicament

En lien avec les recherches engagées autour des traitements et du vaccin du Covid-19, il y a urgence à les soustraire à la loi du profit.

Conjointement aux ressources publiques nécessaires (et non pas par des dons des entreprises du CAC 40 !) pour relancer la recherche des CHU, la situation sanitaire d’aujourd’hui et de demain rend indispensable la maîtrise publique et collective de la production et de la distribution des traitements et vaccin utiles à l’éradication du virus. Des choix politiques s’imposent pour engager la création d’un pôle public du médicament au service d’une politique de santé publique.

• Dans l’immédiat, renégociation du prix des médicaments achetés par les pharmacies centrales hospitalières.

Ces premières propositions, imposées par la nouvelle situation sanitaire et pour faire face à l’ensemble des besoins de santé de la population clairement affaiblie, doivent faire l’objet d’un PLFSS 2020 rectificatif et d’un nouveau débat de la loi de finance rectificative portant les besoins de l’économie à 110 milliards d’euros.

Déblocage immédiat de 10 milliards pour les hôpitaux, les Ehpad !

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Le jour d'après de Monique Pinçon-Charlot

13 Mai 2020, 11:07am

Publié par PCF Villepinte

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Déclaration des élu.e.s communistes et partenaires d’Île-de-France

13 Mai 2020, 09:11am

Publié par PCF Villepinte

La manière dont le confinement est en train d’être levé en Ile-de-France fait naître de nombreux doutes et craintes. Les Francilien.ne.s sont inquiet.e.s et particulièrement celles et ceux, parents, qui sont sommé.e.s de décider si leurs enfants retourneront à l’école ou encore celles et ceux qui, pour se rendre sur leur lieu de travail, devront emprunter les transports en commun la semaine prochaine. Notre Région reste le premier foyer épidémique avec un nombre de malades et un niveau de contamination élevés et une tension hospitalière forte. Toute la Région est classée « rouge ».

Pour des raisons sociales et économiques, parce que le confinement est une dure épreuve pour tous et toutes, singulièrement pour les personnes défavorisées, engager progressivement le déconfinement est bien sûr attendu et nécessaire. Mais nous le redisons avec force : il doit se faire en toute sécurité sanitaire pour les Francilien.ne.s, sécurité dont l’Etat doit être le garant. Ce qui n’est pas le cas pour l’heure.

Aujourd’hui, les élus locaux sont aux premières loges pour témoigner de l’impréparation de l’État. Que le Sénat, qui entend ce qui monte des territoires, rejette le plan de déconfinement gouvernemental ; que plus de 300 maires francilien.ne.s s’adressent au Président de la République pour exiger de l’Etat qu’il assume la responsabilité de la réouverture des écoles en garantissant les conditions sanitaires ; que les opérateurs de transports publics s’adressent au Premier ministre pour signifier leur incapacité à assurer le respect de la distanciation physique par manque de moyens… prouve à quel point le gouvernement est déconnecté des réalités du terrain.

Toutes ces alertes, nous les entendons quotidiennement avec nos concitoyen.ne.s. Nos concitoyen.ne.s déplorent le manque de masques, leur prix élevé. Ils pointent avec justesse l’incurie de l’État en la matière, la succession de propos contradictoires quant à l’usage du masque dans l’espace public, la non-volonté étatique de fournir à tou.te.s et partout des masques pourtant nécessaires pour se protéger et protéger les autres. Nos collectivités ont pris leurs responsabilités dès qu’elles se sont rendu compte de la défaillance de l’État, mais la saturation des entreprises de textile et la difficulté d’approvisionnement font qu’il sera difficile de fournir à tous nos concitoyen.ne.s des masques alternatifs en nombre suffisant pour le 11 mai.

 Nous demandons donc, à nouveau, à l’État de garantir à tou.te.s les habitant.e.s l’accès à des masques gratuits de qualité, en saisissant ceux vendus dans la grande distribution et en réquisitionnant les stocks privés. Nous demandons également que toute la transparence soit faite sur les capacités de l’État à fournir des tests, alors que le Premier ministre en a promis 700 000 par semaine pour mi-mai.

Tester les personnes à symptômes, les personnes en contact, les personnes fragiles, les personnels soignants, les personnes en contact avec du public dans leur profession… est nécessaire pour accompagner la levée du confinement. Les tests permettent d’isoler les personnes contaminées et de briser les chaines de contamination. Tester sauve des vies. Nos collectivités ont mis à disposition des lieux pour permettre l’isolement des personnes contaminées, mais ceux-ci sont sous-occupés.

Cela nous alerte sur la volonté réelle de l’État de mettre en œuvre la stratégie « test et isolement » pourtant indispensable pour lever le confinement avec réussite. Nous ne voulons pas que, comme pour l’acquisition des masques, les habitant.e.s de nos collectivités soient mis en concurrence pour pouvoir être testé.e.s. Une étude de l’Inserm indique que pour maitriser l’épidémie en Ile-de-France, il faut être en capacité d’isoler une personne contaminée sur deux et pour cela, il faut tester à hauteur de 20 000 tests par jour. Des tests PCR et sérologiques doivent être disponibles. Une logistique avec les laboratoires doit être mise en place.

Nos collectivités sont prêtes à jouer leur rôle, mais c’est à l’Etat d’organiser un cadre national que pour l’heure nous ne voyons pas venir. Nos concitoyen.ne.s s’inquiètent de la réouverture des écoles et des crèches. Après l’annonce d’une date présidentielle, des calendriers farfelus divulgués, voici désormais que le principe du « volontariat » détermine le retour ou non à l’école, plongeant ainsi les familles dans des affres de questionnements insolubles. Comment peut-on placer ainsi les familles au pied du mur, en les sommant de choisir alors qu’aucune garantie sur les conditions sanitaires n’est donnée ?

 C’est à la fois totalement irresponsable de la part de l’État mais aussi dévastateur pour l’idée même de ce que doit être l’école : un lieu d’apprentissage et de sociabilité pour tous les enfants. En tant qu’élu.e.s locaux, comme de nombreux maires francilien.ne.s, nous refusons la délégation aux collectivités territoriales de la responsabilité de l’ouverture des établissements scolaires alors qu’aucun moyen humain, matériel et financier n’est accordé à nos communes, départements et région pour la mise en œuvre des protocoles sanitaires.

 Faire porter la responsabilité aux familles et aux collectivités pour cacher les défaillances du gouvernement et le temps perdu par un État qui ne veut plus être stratège est lourd de graves dangers. A terme, ce que souhaite le gouvernement est que le libre-choix des individus sur nos communs, sur ce qui nous faisait faire société ensemble, comme l’école, devienne la règle.

Comme élu.e.s, nous le réaffirmons avec responsabilité, si l’ouverture des écoles est une nécessité pour de très nombreuses familles, cela ne peut pas se faire dans la précipitation et au détriment de la santé des enfants et des personnels. Nous exigeons de l’Etat qu’il s’en donne les moyens en fournissant les tests et équipements de protection individuels nécessaires et en annulant toutes les fermetures de classes prévues à la rentrée de septembre. Les Francilien.ne.s s’inquiètent de devoir reprendre les transports en commun pour se rendre sur leur lieu de travail.

Les agents de la SNCF, de la RATP et du réseau Optile s’en alarment également, et disent que les risques sont immenses tant le réseau de transports en commun est un vecteur massif de contamination. Il est évidemment inenvisageable de revenir aux plus de 5 millions d’usager.e.s quotidiens du réseau. Pour garantir le respect de la distanciation physique, il faut au maximum 1 million d’usager.e.s par jour. Les 70% d’offre de transports annoncés sont déjà trop faibles, et ne seront vraisemblablement pas réalisables non plus.

 Tellement peu est prêt. Si peu que la décision de lever le confinement a fait l’objet d’une hésitation gouvernementale jusqu’à la dernière minute, du fait des risques dus aux conditions de transport. Pour éviter de multiplier les risques de contaminations, il faudra éviter les cohues aux arrêts de bus, à l’entrée des gares, des stations, dont un certain nombre resteront fermées ou non desservies et dont les voyageur.se.s resteront à quai les uns près des autres. Qui régulera les flux de voyageur.se.s ? Et comment ? Faudra-t-il exposer davantage pour cela les agents ?

 Les distributions massives de masques gratuits aux usager.e.s et agents, la mise en place de distributeurs de gel hydroalcoolique, seront absolument essentielles. Mais sur tous ces points, le gouvernement n’est absolument pas à la hauteur. Et à l’incurie de l’Etat s’ajoute l’irresponsabilité de la Région qui, en conscience de l’impréparation, dit qu’il faut essayer quel qu’en soit le coût, car l’activité économique doit reprendre à tout prix…

Comme élu.e.s responsables, nous devons le dire : pour l’instant, rien n’est prêt ! Nous proposons un plan global pour limiter au maximum le recours aux transports en commun et éviter une reprise très rapide de la contamination dans notre Région. Un très haut niveau de télétravail doit être maintenu jusqu’à l’été. C’est une solution nécessaire mais qui devra être transitoire, car nous sommes conscient.e.s qu’il peut être facteur de risques de stress.

 Les horaires des transports en commun entre 7h et 9h et 16h et 19h doivent être réservés aux seuls salarié.e.s, avec un système d’information efficace en temps réel sur la fréquentation des lignes. La quantité de salarié.e.s contraint.e.s de prendre les transports doit être maîtrisée en régulant les autorisations de réouverture de certaines activités, en limitant dans chaque entreprise la part du personnel pouvant être physiquement présent et en maintenant les dispositifs de chômage partiel le temps nécessaire. Il faut évidemment exiger de l’État la distribution gratuite, et dans la durée, de masques à tou.te.s les usager.e.s, qui doivent être obligatoires, en arrêtant de culpabiliser les usager.ère.s par une énième sanction.

 Se pose aussi la question d’un retour massif de l’usage des voitures, qui relancerait la pollution atmosphérique, dont on sait qu’elle contribue aux maladies respiratoires aggravant les symptômes du Covid 19. Il faudrait aussi réguler réserver l’usage des routes aux heures de pointe aux seuls salariés afin de ne pas transformer notre Région en embouteillage géant. L’incitation forte à l’usage du vélo, avec l’extension des réseaux cyclables est également plus que jamais nécessaire. Certains départements et villes ont déjà mis en place ces mesures, elles doivent être soutenues et développées rapidement.

Mais toutes ces conditions ne peuvent être remplies qu’avec des engagements concrets de l’État : ce n’est pas le cas aujourd’hui. La très forte fréquentation de certaines lignes et les regroupements très denses dans certaines gares dès cette semaine donnent un aperçu du fiasco que pourraient vivre, à leurs dépens, les usager.e.s francilien.ne.s la semaine prochaine. En tant qu’élu.e.s, nous le disons : l’impératif de reprise économique ne peut se faire au détriment de la santé des Francilie.ne.s. Un déconfinement réussi passe par le rétablissement auprès de nos concitoyen.ne.s de la confiance envers la parole publique et politique. L’État a rompu cette confiance. Comme élu.e.s municipaux, départementaux et régionaux, nous avons le devoir de dire avec vérité quelle est la situation actuelle dans notre Région.

Aujourd’hui, nous alertons sur les conditions désastreuses dans lesquelles s’amorce la levée du confinement en Ile-de-France. Nous agissons pour les éviter, mais nous ne disposons pas des principaux leviers pour le faire. Avec lucidité, nous savons que mal lever le confinement nous placerait tous dans une situation dangereuse humainement, sanitairement et économiquement.

 L’Etat a la responsabilité d’établir un cadre national et de mobiliser les moyens nécessaires, en partenariat et en appui avec les acteurs locaux, pour engager un déconfinement progressif et donc réussi. Le chemin emprunté en Ile-de-France n’est pas celui-ci

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