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Contre la guerre économique, des coopérations nouvelles

22 Mai 2020, 07:02am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 20/05/2020 par PCF

Contre la guerre économique, des coopérations nouvelles

La violence de la secousse économique qui s’étend sous nos yeux agit comme un révélateur de grandes questions posées au pays. Parmi celles-ci : la question industrielle. Quelques chiffres : Entre 1980 et 2018, la part de marché mondiale de la France dans les biens est tombée de 6,3 % à 3 %... Derrière les Pays-Bas.

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44 % du PIB de la zone euro sont consacrés aux importations contre 18 % en 1986 (alors que la Chine ou les États-Unis sont restés sous les 20 %). En 1990 la France produisait plus de la moitié de ses médicaments contre 11 % aujourd’hui. Chez Renault, 3,6 millions de véhicules étaient assemblés en France en 2004 pour 2,2 millions en 2019. Voilà pour le constat.

 

 Il est le fruit de choix politiques néolibéraux persistants et de mutations au sein même du capital lui-même avec une valeur actionnariale prenant le dessus sur la valeur ajoutée. La recherche insoutenable des taux de profits à deux chiffres pèse de tout son poids sur le développement humain, social, économique et précipite la planète dans une crise écologique sans précédent.

 

Et le Covid-19 fait apparaître aux yeux du plus grand nombre de grandes faiblesses systémiques : La difficulté d’approvisionnement en masques quand Plaintel en construisait il y a peu dans les Côtes-d’Armor. Les Luxfer dans le Puy-de-Dôme qui produisaient de l’oxygène médical et dont le gouvernement dit désormais timidement chercher un « repreneur européen ».

 

SANOFI dont les États-Unis affirment vouloir la primauté des efforts de recherches sur le Covid avec l’essentiel des laboratoires de recherches installés sur leur territoire national alors que le chiffre d’affaires de l’entreprise se fait à 80 % sur les remboursement de la Sécurité sociale française…

 

Les exemples ne manquent pas, tous autant scandaleux, tous autant inquiétants. Ils provoquent des débats en France et en Europe sur de possibles relocalisations de productions dans une économie toujours aussi interconnectée et confrontée à une défaillance d’ampleur, qu’il s’agisse de la production ou de la fourniture de matières premières.

 

Les communistes proposent un nouveau système de développement articulant industrie et services (notamment les services publics) et de nouveaux pouvoirs à l’entreprise. Il s’agit d’allier relocalisations et coopérations en utilisant comme levier l’intervention politique, syndicale, citoyenne pour garantir et conditionner l’accès à l’argent, qu’il s’agisse de création monétaire, de crédit ou d’aides publiques.

 

Si Bruno Le maire concerte actuellement en réunissant les grandes filières industrielles nationales, nous craignons l’annonce de restructurations d’ampleur, avec suppressions d’emplois, dans l’automobile, l’aéronautique… Au profit d’une prétendue sauvegarde de l’appareil productif national et européen ainsi que d’une réorientation écologique qui n’en aura que le nom.

 

 D’ailleurs, pendant que le commissaire chargé de l’Économie, Paolo Gentiloni, annonce des discussions sur « la possibilité d’intervention d’un outil paneuropéen, également en capital », la BCE achète les titres de 38 entreprises des énergies fossiles. Et l’Union européenne reste profondément inégalitaire comme en témoigne le fait que parmi toutes les aides d’État validées par Bruxelles depuis le début de la crise, 52 % émanent d’Allemagne. Chiffre éloquent qui indique combien de nombreux pays appauvris par des années d’austérité n’ont plus les moyens de faire face dans les conditions actuelles

 

Cela indique l’urgence à construire des coopérations économiques et industrielles nouvelles, réduisant les risques de dépendance dont nous voyons aujourd’hui les effets. D’autant que la tentation nationaliste menace d’ouvrir de nouveaux fronts de guerre économiques. Pour exemple, le Japon vient de débloquer 2,2 milliards en direction de ses entreprises qui quitteraient la Chine pour revenir au bercail, et l’Inde ne ménage pas ses efforts depuis avril pour attirer sur son territoire des entreprises installées en Chine.

 

En France, le pouvoir Macron met en œuvre une politique visant à constituer de grands champions du capital financier (voir son accompagnement des projets Alstom/Siemens ou Fincantieri/Chantier naval de Saint-Nazaire) au détriment du projet industriel, seul juge de paix d’une viabilité économique, sociale, écologique. Un État stratège peut intervenir sur les grandes filières industrielles nationales pour répondre aux enjeux de notre siècle : en conditionnant et en contrôlant tout l’argent public utilisé ; en nationalisant lorsque nécessaire pour faire reculer la domination du capital et non pour collectiviser les difficultés avant de restituer les bénéfices au marché ; en agissant au niveau européen pour une politique monétaire et du crédit garantissant un nouvel essor industriel engageant la transition écologique.

 

 La mobilisation de ces leviers, appuyés par de nouveaux pouvoirs à l’entreprise et sur les territoires, permettront d’engager les relocalisations et coopérations nécessaires.

 

Aymeric Seassau, membre du CEN.

 

 

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Nous proposons d’interdire les licenciements

22 Mai 2020, 07:00am

Publié par PCF Villepinte

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Brigades Covid-19 et libertés

20 Mai 2020, 11:27am

Publié par PCF Villepinte

Communiqué

Brigades Covid-19 et libertés

Le gouvernement a décidé de constituer des « brigades Covid-19 » dans le prolongement de la loi d’état d’urgence sanitaire.

Ces brigades auraient pour rôle 7 jours sur 7, de 8h à 19h, de rechercher et tracer, à partir des éléments communiqués par les médecins, les personnes ayant été en contact avec leurs malades pour leur demander de se confiner pendant 14 jours et de se faire tester.

Cette mission est confiée à la branche maladie de la sécurité sociale, avec des médecins de villes et les instances sanitaires du département.

Il s‘agit de constituer des fichiers de malades et de malades potentiels. Fichiers constitués sans garanties de confidentialité, de sécurité, de durée d’utilisation des fichiers.

Nos organisations s’interrogent :
- Quid du secret médical ?
- Quid du secret professionnel des organismes de Sécurité sociale ?
- Quid du respect et de la dignité des personnes ?

♦ Alors que la participation des médecins libéraux contre une augmentation de leur rémunération nous laisse interrogatifs.
♦ Alors que COG après COG les budgets de la sécurité sociale ont été drastiquement réduits. Laissant la prévention et les centres d’examens de santé à la dérive.

 

Le manque de personnel et de financement pour ce dispositif va entrainer une détérioration des activités essentielles de la sécurité sociale.

La mission de la sécurité sociale n’est pas de tracer les citoyens.

♦ Alors que le gouvernement a sacrifié les stocks de masques, de blouses, de gels, etc., au nom des économies budgétaires, sacrifiant le dépistage de masse et la prévention,
♦ Alors qu’il a procédé à des réquisitions précipitées pour équiper les hôpitaux,
♦ Alors qu’il a laissé dans le même temps les maisons de retraite et les EHPAD se débrouiller seuls,
♦ Alors qu’il a fallu des semaines avant que soit connu le bilan des décès intervenus dans les seuls EHPAD (plus de 9 000 à l’heure actuelle) que le bilan total des décès causés par la pandémie chez les retraités n’est pas divulgué.

 

Voilà que le gouvernement se dirige après le confinement forcé à domicile vers le contrôle des personnes, le « tracking » ou traçage des malades, de leurs contacts et surtout des personnes âgées !
Déjà, de nombreuses voix se manifestent pour souligner les risques pour les libertés individuelles.

 

Un Communiqué de la LDH (Ligue des Droits de l’Homme) s’inquiète « de la constitution d’un fichier sanitaire recueillant des données sensibles relevant du secret médical. A quoi s’ajoute que l’application Stop Covid reste envisagée en dépit de vives critiques portées sur son utilité et ses risques ».
Pour nos organisations, pas question de voir nos noms figurer dans un fichier pseudo-médical ouvert à tous les vents !

 

NON aux brigades Covid-19 !

→Nous voulons pouvoir recevoir et visiter nos familles dans les EHPAD et nos lieux de vie en toute sécurité !
→Nous voulons avoir accès à l’hôpital en cas de problème de santé, quels qu’ils soient !
→ Nous voulons des tests de détection systématiques !
→ Nous voulons des masques gratuits, des gants, du gel hydroalcoolique, des blouses pour nous et les personnels !

C’est cela l’urgence sanitaire, pas la violation du secret médical !

 

 

Paris, le 18 mai 2020


UCR-CGT, UCR-FO,
UNIR CFE-CGC, FSU,
UNIRS-Solidaires, FGR-FP,
Ensemble &solidaires UNRPA, LSR

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reconstruire ensemble un futur, écologique, féministe et social, en rupture avec les politiques menées jusque-là et le désordre néolibéral.

19 Mai 2020, 11:55am

Publié par PCF Villepinte

 

Publié le 18 mai 2020

 

Le 18 janvier dernier Les Amis de la Terre France, Attac France, CGT, Confédération paysanne, FSU, Greenpeace France, Oxfam France, Union syndicale Solidaires, appelaient dans un texte commun à répondre à la double urgence climatique et sociale.

 

La crise sanitaire qui survenait quelques semaines plus tard, loin d’entraver cette dynamique commune, amplifiait ces urgences. Le 27 mars dernier ce sont donc 18 organisations (Amis de la Terre France, Attac France, CGT, Confédération paysanne, FSU, Greenpeace France, Oxfam France, Union syndicale Solidaires, 350.org, Action Non-Violente COP21, Alternatiba, CCFD-Terre Solidaire, Droit au Logement, FIDL, Le syndicat lycéen, Fondation Copernic, Syndicat de la magistrature, UNEF, UNL) qui signaient une tribune commune "Plus jamais ça ! Préparons le 'jour d'après'".

 De nombreuses autres organisations syndicales et associatives ont rejoint depuis cette dynamique, avec le lancement d’une pétition, signée par près de 200.000 personnes, et un appel unitaire aux mobilisations du 1er mai.
A la suite de cette tribune, plusieurs forces politiques (EELV - Ensemble! - FI - GDS - GENERATION S - NPA – PCF – Place publique) ont manifesté leur adhésion tant au constat qu’aux propositions figurant dans la tribune. Les organisations proposent donc à ces forces politiques de se retrouver le mercredi 20 mai prochain afin de dialoguer et de réfléchir dans le respect de l’indépendance essentielle pour les mouvements sociaux.

Nos échanges porteront, entre autres, sur les initiatives qui pourraient exister entre d'une part notre cadre - rassemblant des organisations syndicales et associatives- et d'autre part les forces politiques qui partagent nos idées.
Le but commun que nous leur proposons de viser :
  reconstruire ensemble un futur, écologique, féministe et social, en rupture avec les politiques menées jusque-là et le désordre néolibéral.

Le 18 mai 2020.


 

 

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Il y a urgence ! Le billet du Dr Christophe Prudhomme. Provocation

19 Mai 2020, 09:24am

Publié par PCF Villepinte

 

Christophe Prudhomme est médecin au Samu 93

À la suite du faux mea culpa d’Emmanuel Macron, le ministre de la Santé, Olivier Véran, en revient aux mauvaises habitudes. Premier impair sur la forme, il annonce par voie de presse l’ouverture de négociations avec les syndicats, mais aucun d’entre eux n’est au courant, ni n’a été contacté. Donc rien n’a changé dans le monde de la Macronie, avec une constance dans le mépris des organisations syndicales.

 Sur le fond, le pire des mondes d’avant est de retour, puisque le problème principal pour le ministre, ce sont les 35 heures. Il reprend là l’obsession de Nicolas Sarkozy du «travailler plus pour gagner plus». Et cite même, dans son entretien au JDD, les infirmières qui ont besoin de faire des «ménages» - merci pour l’image! - et davoir un deuxième emploi pour pouvoir vivre décemment. Il est bon de rappeler à ce monsieur - qui dit très bien connaître l’hôpital - que la première revendication, avant même celle sur les salaires, concerne les créations d’emplois, pour diminuer la pénibilité du travail. C’est elle qui fait fuir les personnels et entraîne une crise du recrutement dans les hôpitaux et les Ehpad.

Nous ne le répéterons jamais assez: notre exigence est lembauche massive de personnels dans le cadre dun grand plan emploi-formation qui inclut une revalorisation des grilles de salaires. Ce qui est grave dans cette affaire est votre volonté de poursuivre la politique qui permet de justifier les restructurations et les fermetures de lits et de services du fait du manque de personnel. Cette stratégie d’organisation de la pénurie de professionnels est constante, puisque vient d’être publié le nombre de places ouvertes dans les facultés de médecine pour l’an prochain: on constate le maintien dun numerus clausus à 9300 postes, alors que les générations qui partent en retraite sont plus de 10000 et que les besoins sont estimés à 12000 par an minimum, du fait du vieillissement et de laugmentation de la population.

Donc, nous allons demain encore manquer de médecins en ville et dans les hôpitaux. La mobilisation est donc encore plus à lordre du jour aujourdhui quhier. Il n’y a pas de mea culpa qui tienne. De fait, les pseudo-annonces d’un «grand plan pour lhôpital» sont contredites par la poursuite, sous des faux nez, de remises en cause des acquis sociaux et des services publics.

Le billet du Dr Christophe Prudhomme

hôpital public

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Contre Blanquer, un réquisitoire au vitriol… venu de l’intérieur

19 Mai 2020, 09:23am

Publié par PCF Villepinte

 

L'Humanité Olivier Chartrain

Un groupe de hauts fonctionnaires de l’éducation nationale saisit la plume pour dénoncer, de manière féroce, la politique «conservatrice» de leur ministre et son projet «néolibéral». Une initiative sans précédent dans lhistoire.

«Nous ne pouvons plus nous taire», face à «un système éducatif détourné de ses fondements républicains et de ses valeurs»: voici comment un groupe de cadres et de hauts fonctionnaires du ministère de l’Éducation nationale, qui préserve son anonymat en se faisant appeler «groupe Grenelle», justifie la tribune qu’il a publiée, jeudi 14 mai, sur le site spécialisé du Café pédagogique. Dire de ce texte qu’il est accusateur envers le ministre et la politique qu’il mène depuis 2017 est un doux euphémisme: il sagit dun véritable réquisitoire, dense, précis, dautant plus ravageur quil vient de lintérieur et, plus précisément, de celles et ceux censés faire fonctionner le système éducatif en appliquant la politique voulue par le ministre.

«Immense mensonge» et «management autoritaire»

Que dénonce donc ce groupe Grenelle? Dabord «un immense mensonge». Celui d’un ministre qui promet aux enseignants le «bonheur professionnel», qui a fait de «l’école de la confiance» une quasi-obligation légale, qui promeut le «respecter autrui» comme quatrième pilier du triptyque républicain «Liberté, égalité, fraternité»… et qui fait régner dans son administration «un authentique climat de défiance». Le groupe Grenelle décrit «un management autoritaire, fondé sur la suspicion, la menace, le verrouillage de toute expression qui ne serait pas dans la ligne». Il dénonce la perte d’autonomie des recteurs et directeurs académiques, la «mise au pas» des instances, des inspecteurs «que lon veut caporaliser» ou que l’on somme «de relayer des injonctions paradoxales et de nier la réalité des difficultés».

Une première alerte en février dernier

Secrétaire général du SNPI-FSU (Syndicat national des personnels d’inspection), Paul Devin confirme: «Cest un constat exprimé par nombre de mes collègues, parfois avec amertume, parfois avec colère.» Le syndicaliste pointe «un immense gaspillage de compétences et de travail», qui débouche sur «le sentiment d’une perte de sens». L’alerte avait déjà été donnée en début d’année quand, en février, avait été publié un audit de la Dgesco (Direction générale de l’enseignement scolaire), réalisé à la demande du CHSCT du ministère. Ce rapport pointait de nombreuses situations de souffrance au travail, un «management brutal, infantilisant, pinailleur», voire «humiliant», se traduisant, depuis 2017, par une augmentation des visites médicales et du nombre de postes vacants. 80 % des personnels interrogés y affirmaient connaître des collègues en souffrance. Et l’on sait au moins depuis septembre 2019 et le suicide accusateur de Christine Renon, la directrice d’école de Pantin (Seine-Saint-Denis), que les effets de ce management dévastateur se font sentir jusque dans les écoles.

«Aveuglement scientiste» et «pensée néolibérale sommaire»

«Jai travaillé un an avec ce ministre: cest pour ça que je suis parti», confirme Marc Bablet, responsable de l’éducation prioritaire au ministère de 2012 à 2018, et qui avait démissionné en septembre de cette année-là. «Jaurais pu rester si ça avait été passionnant, poursuit-il, mais il n’y avait pas de réel travail collectif autour des décisions. C’est cette dépossession que traduit aussi le texte du groupe Grenelle. Il n’y a pas de réflexion partagée… mais bien un projet politique, à la fois passéiste – comme si les pédagogies nouvelles n’avaient jamais existé – et néolibéral.» L’ex-haut fonctionnaire rejoint là le second axe du réquisitoire du groupe Grenelle, qui porte sur le fond de la politique mise en œuvre. Dénonçant «un aveuglement scientiste» et des neurosciences «érigées au rang de nouvelle doctrine pédagogique», avec un ministre qui clame que «tout se joue dans le cerveau!», le texte y voit avant tout l’habillage «de mesures idéologiques marquées du sceau dune pensée conservatrice et néolibérale sommaire». Pas besoin d’aller très loin pour en trouver un exemple éclatant: celui du confinement, avec cette fameuse «continuité pédagogique» assurée par un recours massif et désordonné aux outils numériques, aggravant encore des inégalités sociales, territoriales et scolaires profondes. «Le numérique éducatif, écrivent les auteurs du texte, sert de cheval de Troie pour infiltrer les pratiques pédagogiques et offrir l’échec scolaire en marché aux éditeurs numériques et opérateurs privés.»

La réforme du bac, un coup de com’

Et le groupe Grenelle ne s’arrête pas là. La réforme de la voie générale du bac? Elle établit «une culture élitiste qui trie, hiérarchise et sélectionne les élèves, mettant en place la compétition de tous et l’élimination des plus faibles», avec les E3C qui soumettent jeunes et enseignants «à une pression certificative permanente» et une carte des spécialités qui crée «des inégalités territoriales de fait». La voie professionnelle, quant à elle, se voit affaiblie et transformée en impasse pour ceux qui s’y engagent, avec la diminution des enseignements généraux qui «interdit désormais tout projet de poursuite d’études». En favorisant l’apprentissage, il s’agit de «séparer les LP (lycées professionnels) du paysage scolaire français en les arrimant au monde de lentreprise». Ce qui scelle, écrivent les hauts fonctionnaires, la «disparition progressive du lycée professionnel, mis en concurrence avec des organismes de formation privés».

 Pour Paul Devin, il s’agit bien «de renoncer à former les citoyens, pour adapter le futur employé aux exigences de lentreprise», en remettant la formation entre les mains des branches professionnelles. Le tout, conclut-il, «sous un vernis communicationnel de réussite, dexcellence, de talents»… Un «double discours permanent» qui signe la «duplicité chronique» du ministre, écrit le groupe Grenelle. Comme avec la priorité réaffirmée au primaire, tandis que la loi Blanquer, avec l’obligation scolaire à 3 ans, offre une manne d’argent public aux maternelles privées; comme avec l «instrumentalisation de la thématique de l’échec scolaire pour rogner sur les moyens attribués à l’éducation prioritaire».

 Le ministre «na aucune intention de rompre avec les logiques de la reproduction sociale», assure Paul Devin. Il faudrait pour cela «un investissement global» qui irait «du développement des Rased (réseaux daide et de soutien aux élèves en difficulté) à la formation des enseignants». Mais, ajoute-t-il, «un tel investissement nest absolument pas au rendez-vous».

Un ministre qui ne cesse d’être contredit

Ce réquisitoire sans appel intervient à un moment où le ministre, objet d’un rejet croissant de la part des enseignants, a vu sa cote baisser. Dégringolade encore accrue par sa gestion catastrophique de l’épidémie de Covid-19. Depuis trois mois, Jean-Michel Blanquer n’a cessé d’être contredit. Soit par les faits, comme lorsqu’il affirmait que l’école était «prête» pour passer à l’enseignement à distance; soit par le premier ministre ou le président de la République, comme quand ce dernier annonçait le 12 mars la fermeture de tous les établissements scolaires, quelques heures après que le ministre avait assuré qu’il n’en était pas question.

Avec quelles conséquences? Marc Bablet y voit le risque que Jean-Michel Blanquer se pose «en victime des extrémistes, des passéistes». Surtout, il estime qu’au sein de l’éducation nationale, «beaucoup pensent tout bas» ce qu’écrit le groupe Grenelle. Et espère que cette prise de position, venue du cœur même du système, «contribuera à enclencher quelque chose». Le succès de la tribune sur les réseaux sociaux enseignants constitue peut-être un début de réponse…

éducation nationale

jean-michel blanquer

coronavirus covid-19

réforme du baccalauréat

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Turquie : Inacceptables destitutions et arrestations des maires kurdes

19 Mai 2020, 09:21am

Publié par PCF Villepinte

 

Publié le 18/05/2020 par PCF

Recep Tayyep Erdogan n'en finit pas de régler ses comptes avec le nombre croissant de démocrates qui s'opposent à sa politique. Les forces armées spéciales ont ces jours-ci conduit de nouvelles opérations contre les municipalités reconquises de haute lutte, en avril dernier, par le Parti démocratique des peuples (HDP).

Les co-maires de nombreuses villes, dont ceux de Siirt, Kurtulan, Idgir et Baykan, ont été destitués par le ministre de l'Intérieur et remplacés par des administrateurs issus de l'AKP, le parti présidentiel. Au total, 45 maires sur 65 sont aujourd'hui destitués dont 21 incarcérés. A cela, il faut ajouter les parlementaires emprisonnés dont le député Selahattin Demirtas.


Fragilisé par sa défaite retentissante aux municipales dans les grandes villes et une crise économique sans précédent accentuée par la pandémie de Covid-19, R.T. Erdogan n'en poursuit pas moins ses purges et le démantèlement du système municipal kurde. Celui-ci constitue le laboratoire du projet politique kurde au service des habitants. Il impulse des politiques publiques en faveur de la jeunesse, de la culture, de l'environnement, de l'égalité femmes/hommes... véritable alternative à la corruption généralisée, au népotisme et à la prédation capitaliste conduite depuis Ankara par les islamo-conservateurs.


Avec cette violence, R.T. Erdogan tente d'anéantir l'espace politique kurde où la signification des élections est d'emblée entachée de nullité. Un régime qui s'affranchit de la légitimité des urnes bascule inéluctablement dans la dictature.
Le Parti communiste français (PCF) exprime sa totale solidarité avec les maires et les militants du HDP incarcérés. Il est aux côtés des peuples de Turquie qui se tiennent debout face à la dictature. Il appelle le gouvernement de la France et les pays de l'Union européenne, prompts à dénoncer sélectivement des atteintes à la démocratie, à condamner ce nouveau coup de force et à mettre un terme aux complicités avec cette tyrannie.

 

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NOTRE SÉLECTION DE LA SEMAINE : LE SPECTACLE CONTINUE DANS VOTRE SALON !

18 Mai 2020, 09:15am

Publié par PCF Villepinte

 

L'Humanité Dimanche, 17 Mai, 2020

Gérald Rossi

Les salles de spectacle n’ouvrent pas encore leurs portes au public. Sur la Toile, des artistes et des théâtres offrent gratuitement de jolies surprises.

Les portes de certains théâtres vont grincer, s’entrouvrir furtivement dans les prochains jours, pour laisser filer dans les coulisses quelques acteurs, techniciens et metteurs en scène qui vont tenter de renouer les fils de la création brutalement cassés voilà deux mois. Le public, lui, qui cet été pourra çà et là peut-être assister à de maigres festivals maintenus en plein air, devra patienter pour retrouver le spectacle vivant sans écran interposé.

Au théâtre ce soir...

Si certains lieux ont décidé, après plusieurs semaines de présence virtuelle, de cesser leurs diffusions sur la Toile, d’autres ont annoncé poursuivre l’aventure. La Comédie-Française est de ceux-là, qui ce lundi à 20h30 propose le Mariage de Figarode Beaumarchais, dans la mise en scène de Christophe Rauck, avant d’enchaîner le lendemain avec Figaro divorced’Ödön von Horvath, mis en scène par Jacques Lassalle. Les deux spectacles mis ainsi en résonance ont été captés en février et octobre 2008.

Pareillement fidèle au poste, l’Odéon poursuit son opération «Théâtre et canapé», avec une affiche renouvelée, des lectures, des entretiens, des spectacles. L’occasion de découvrir et Rien de moimis en scène en 2011 et 2014 par Stéphane Braunschweig qui, depuis plusieurs années, s’attache à faire connaître l’univers mystérieux de cet auteur norvégien qu’est Arne Lygre. La vie de ses contemporains est chez lui découpée au scalpel afin d’en montrer les zones les plus intimes, les plus fragiles, quand tout un univers bascule.

D’autres découvertes sont possibles, par exemple avec le Théâtre 13 ou les Bouffes du Nord, pour n’en citer que deux. Le théâtre Paris-Villette propose, lui, comme une transition, une petite fiction fantastique: , texte de François Chaffin, avec Céline Liger et Ulysse Chaffin. À savourer. Ailleurs, la comédienne Kelly Rivière, que l’on a pu applaudir à Avignon l’été dernier dans An Irish Story, a tourné avec David Jungman quatre épisodes confinés délirants et drôles autour d’une petite famille au temps incertain de la pandémie.

Autre style avec la Maison de Balzac, à Paris. Son directeur, Yves Gagneux, présente l’exposition «La Comédie humaine, Balzac par Eduardo Arroyo» avec une jolie vidéo sur un site qui lève le voile sur de nombreux musées de la capitale. Le Concert de la loge invite à plusieurs concerts classiques avec le quatuor Cambini et le Concert spirituel ainsi que de superbes solistes, comme les sopranos Sandrine Piau et Karina Gauvin. Et pour terminer ce voyage, pourquoi ne pas faire une halte en Suisse? Avec le Théâtre Vidy de Lausanne, Stefan Kaegi propose «une petite chorégraphie à réaliser soi-même, pour faire de son appartement un théâtre». Une séance en neuf mouvements, pour garder le rythme.

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IL Y A URGENCE ! LE BILLET DU DR CHRISTOPHE PRUDHOMME. MOBILISATION

18 Mai 2020, 09:07am

Publié par PCF Villepinte

 

L'Humanité Lundi, 18 Mai, 2020

Christophe Prudhomme est médecin au Samu 93

Les réactions aux déclarations d’Emmanuel Macron concernant l’avenir de l’hôpital suscitent l’espoir chez certains et le scepticisme chez d’autres. Au-delà de ces appréciations, ce qui intéresse les personnels hospitaliers, c’est que le monde d’avant qui pointe de nouveau son nez ne se réinstalle pas insidieusement dans les semaines qui viennent. N’en déplaise aux optimistes qui sont prêts à faire confiance au président, des signes négatifs s’accumulent ces derniers jours, notamment dans plusieurs hôpitaux psychiatriques, ou encore au CHU de Saint-Étienne. Des premières mobilisations ont été organisées dans ces établissements et dans d’autres, dès le déconfinement. Il va falloir continuer.

L’urgence est à la concrétisation rapide des promesses

La grève à l’hôpital restant un geste symbolique, il est proposé, pour poursuivre le mouvement entamé il y a plus d’un an, l’organisation de rassemblements et d’actions ponctuelles dans et autour des hôpitaux, tous les mardis. Nos collègues belges ont expérimenté l’an dernier avec succès ces «mardis des blouses blanches». Il est ainsi possible que sy associent tous ceux qui nous ont applaudis les soirs à 20 heures. Ce peut être, notamment, loccasion de décorer les murs dans et autour des hôpitaux avec nos revendications nationales et locales. Mais il faut laisser l’imagination au pouvoir pour proposer toutes les initiatives permettant que nous ne soyons pas oubliés.

Il s’agit bien de montrer que l’urgence est à la concrétisation rapide des promesses et qu’il n’est pas question qu’une énième réforme concoctée par les technocrates mandatés par les libéraux nous soit de nouveau imposée. Les meilleurs experts, ce sont les citoyens, qui connaissent très bien leurs besoins, et les personnels qui savent concrètement comment y répondre.

Le billet du Dr Christophe Prudhomme

 

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LA COLÈRE SOCIALE AMORCE SON DÉCONFINEMENT

18 Mai 2020, 09:01am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Lundi, 18 Mai, 2020

Marion d'Allard

Des usines aux quartiers populaires, du privé au public, la crise sanitaire a nourri le sentiment de révolte et légitimé les revendications sociales. À l’heure de la levée de la quarantaine, les colères cherchent à s’imposer face à un pouvoir macroniste qui ne compte pas changer de cap.

En assignant la France à ­résidence, la crise sanitaire a mis en sourdine la colère sociale. Mais, deux mois plus tard, alors que le pays se «déconfine» progressivement, tout indique que la Cocotte-Minute sociale est prête à exploser. La défiance à l’égard du pouvoir confine aujourd’hui à la détestation d’un gouvernement que les deux tiers des Français (66 %) ne jugent «pas à la hauteur» de la situation. Cristallisée par les mensonges sur les masques, elle sest agrégée aux colères existantes, aux exigences de revalorisations salariales et revendications d’égalité, de défense des services publics ou de pouvoir d’achat. Le climat actuel est d’autant plus inquiétant pour le pouvoir macroniste que, si le Covid a interdit un printemps social qu’annonçait la mobilisation historique contre la réforme des retraites, cette trêve forcée, loin d’avoir fait table rase des revendications, les a au contraire confortées.

Voir aussi : 34 % des Français estiment que le gouvernement est "à la hauteur de la situation". Quant aux autres...

Coup sur coup, plusieurs notes – révélées par le Parisien – du service central du renseignement territorial alertaient d’ailleurs, début avril, sur le retour en force de la mobilisation sociale estimant que «le jour daprès () est un thème fortement mobilisateur des mouvances contestataires». Ainsi, «le confinement ne permet plus à la gronde populaire de s’exprimer, mais la colère ne faiblit pas et la gestion de crise, très critiquée, nourrit la contestation», estimaient même les agents du renseignement.

Alors que la reprise se profile, sur les ronds-points, dans les usines, dans les transports, à l’école, dans les hôpitaux ou dans les tribunaux, les signaux repassent peu à peu au rouge. Mais là aussi le Covid aura laissé sa marque, à en croire Frédéric Dabi. «Le pays a constaté, lors de cette crise, quil pouvait moins compter sur les premiers de cordée que sur les métiers qui se sont ­retrouvés en première ligne et qui sont les moins bien payés», note le directeur général adjoint de l’Ifop. Le soutien de l’opinion publique, qui fait si souvent défaut aux luttes sociales, serait-il désormais acquis? En partie, quand «91 % des Français veulent que le pouvoir dachat de ceux qui étaient en première ligne soit revalorisé», poursuit Frédéric Dabi.

«Atteintes graves au Code du travail»

De quoi galvaniser les soignants, gratifiés de leur engagement face à la pandémie à coups de prime et de médaille et qui continuent pourtant d’exiger l’augmentation générale de leurs salaires et des moyens pour l’hôpital public. En grève depuis plus d’un an, ils sont d’ailleurs les premiers à ressortir les banderoles. Les slogans refleurissent aussi aux frontons des écoles. Mobilisé à distance pour assurer la continuité pédagogique lors du confinement, le corps enseignant, mis sous pression, souffre des conditions de la réouverture partielle des établissements scolaires. Pris entre les directives du pouvoir et la crainte des parents, les fonctionnaires dénoncent des décisions unilatérales du ministère, prises au mépris de leur expérience du terrain. Dans une lettre adressée fin avril à Édouard Philippe, Benoît Teste, secrétaire général de la FSU, taclait ainsi «une organisation dont les personnels et leurs organisations syndicales sont convaincus quelle est précipitée».

Voir aussi : Après la tempête, les soignants ferraillent pour un changement radical

Particulièrement éprouvés par la séquence, les agents des services publics finiront par trouver le moyen d’exprimer leur colère. «Tout est une question de ­timing», estime Laurent Brun. Secrétaire général de la CGT des cheminots, il témoigne de la «colère sourde» qui gronde dans les rangs des agents du service public ferroviaire. Car, pour eux, ni prime, ni médaille. Oubliés des grands discours officiels et des honneurs aux «premières lignes», les cheminots rongent leur frein. Rouages indispensables dans lacheminement des matières premières médicales, alimentaires et énergétiques, «60 % des trains de fret ont roulé pendant le confinement, comme 30 % des TER et 7 % des TGV – y compris médicalisés – et des Intercités», rappelle pourtant Laurent Brun. «On a été sur le terrain chaque jour et, aujourdhui, on maintient le gel de nos salaires et on nous promet des suppressions de postes par milliers.» Et même si «l’état desprit est moins à la grève qu’à la lutte pour la sécurité sanitaire dans le cadre de la reprise à plein du trafic», le syndicaliste promet un «retour à lexpression pleine et entière de cette colère». Une colère partagée hors les murs de la SNCF, et renforcée par les menaces sur les 35 heures, les congés, les amplitudes horaires… Cette «théorie du choc», plébiscitée par «les néolibéraux pour répondre à la crise», et que redoute Enora Le Pape, candidate insoumise aux dernières municipales, à Rennes. «La mise en œuvre de politiques régressives et datteintes graves au Code du travail est un danger contre lequel il faut se battre», affirme la responsable politique, qui voit aussi dans ce ­moment particulier l’occasion de trouver à la prise de conscience populaire une traduction politique (lire notre article). «Chacun a vu les mensonges sur les masques, mais aussi la mise en avant de personnes ­méconsidérées, et même si le gouvernement dEmmanuel Macron risque de se servir de la situation pour réprimer les rassemblements et interdire y compris les petites manifestations», il conviendra, poursuit la militante, de trouver «une autre façon doccuper lespace public».

Des grands groupes mettent la pression sur la productivité

D’autant que, de décrets en ordonnances, l’exécutif a pris prétexte du coronavirus pour attaquer les droits des travailleurs. Allongement de la durée hebdomadaire de travail dans plusieurs secteurs – comme dans le transport routier –, offensive sur les congés payés et les RTT, les salariés reprennent le chemin du travail «traversés par un mélange de peur imminente de la contamination, de craintes sur l’avenir de leurs emplois et de colère», explique Fabien Gâche, délégué syndical central CGT du groupe Renault. Lourdement percutée par l’arrêt de la production, l’industrie fait face à un avenir tumultueux. Et si le gouvernement a sorti le chéquier pour renflouer les grands groupes, l’absence de contreparties sociales inquiète les syndicats. «Renault a touché 5 milliards deuros daides publiques et la direction annonce la réduction de 2 milliards deuros de ses coûts fixes», détaille le syndicaliste. «Ils vont faire de cette pandémie une opportunité pour restructurer, mettre la pression sur la productivité, liquider un maximum de contrats précaires, CDD ou intérim», poursuit Fabien Gâche, qui juge la situation particulièrement «explosive».

Cette crise a également montré l’ampleur de la désindustrialisation du pays et les appels de Bruno Le Maire à la relocalisation de la production sonnent plus faux que jamais. De leur côté, les grands groupes n’ont qu’un seul objectif: renouer le plus rapidement possible avec le profit. «La recherche d’économies va repartir de plus belle avec une hausse prévue de 25 % de notre compétitivité», note Michel Chevalier. Et le délégué syndical central du groupe Michelin de poser la question sans ambages: «Quels projets, quels sites, quels salariés vont être touchés? On se demande tous ce qui va nous arriver.»

Chez les robes noires, le calcul est déjà fait. «30 % des cabinets davocats sont menacés», affirme Sophie Mazas, avocate au barreau de Montpellier. ­Fortement mobilisée depuis le mois de décembre contre la réforme des retraites qui promettait la mort de sa caisse catégorielle, «la profession se bat en ce moment pour que la continuité du service public de la justice redevienne une réalité», poursuit l’avocate, membre du Syndicat des avocats de France. Une justice qui ne «peut pas rester confidentielle» ou rendue par le biais de visioconférences. Car, «alors que la colère sociale est de plus en plus grande», l’éloignement des justiciables de la justice n’est plus tenable. Bafoués, les droits de la défense doivent être réhabilités d’urgence pour accompagner, entre autres, la réponse sociale qui s’annonce, avec son lot de manifestations et de répression prévisibles.

«Les gens ont eu le temps de réfléchir à ce quils veulent»

Car, même chez ceux dont la colère a été provisoirement apaisée par le versement d’une prime exceptionnelle de 1000 euros, le chaudron des revendications se remet à bouillir. Cest le cas dans la grande distribution. Invisibilisés et maintenus au bas de l’échelle des rémunérations, les salariés du secteur, tout à coup mis sous les projecteurs, ont traversé ce confinement parfois au péril de leur propre santé. «Lurgence était alors de sauver des vies, d’éviter la transmission du virus. Mais, dans les semaines qui viennent, nous devrons continuer de nous opposer aux restructurations en cours, qui n’ont pas été suspendues par la direction», assure Philippe Allard, représentant de la CGT Carrefour. Ils le savent, la crise économique qui s’annonce risque de les «frapper de plein fouet», prévoit Guy Laplatine, de la CFDT Auchan. Car «en cas de baisse de la consommation des ménages, nous serons en première ligne et cela risque dalimenter les suppressions de postes», explique le syndicaliste.

Dans le privé, dans le public, des entrées des usines aux quartiers populaires où la faim a fait son triste retour, la crise sanitaire a non seulement nourri mais légitimé le sentiment de révolte. «Il existe une grande attente, une détermination, les gens ont eu le temps, en confinement, de réfléchir à ce qu’ils veulent», analyse Aline Guitard, ­secrétaire de section PCF du Rhône. Et la militante en veut pour preuve la réussite d’un 1er Mai inédit qui a fait valoir, malgré les circonstances, des revendications très fortes, de justice sociale et de revalorisation salariale. Ces appels à changer de logiciel, à arracher les conditions d’une vie digne pour tous, à redynamiser la démocratie, qui ont envahi les ronds-points pendant plus d’un an, retentissent de nouveau. Et Inda Bigot, elle, n’a jamais quitté son gilet jaune. Elle affirme que beaucoup sont «prêts à reprendre les ronds-points». Ce samedi, des dizaines de chasubles fluo ont battu le pavé, à Toulouse, à Montpellier, à Strasbourg, à Lyon, à Nantes… «malgré la répression policière et la peur du Covid». Comme un avertissement, une preuve que «la colère sociale nest pas près de retomber».

Marion D’Allard avec les services capital travail, politique et société

 

 

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