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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Déclaration des communistes de Villepinte

26 Avril 2020, 12:03pm

Publié par PCF Villepinte

 

Déclaration des communistes de Villepinte

 

En ce dernier dimanche d’avril, la section des communistes de Villepinte souhaite honorer la mémoire des 76000 personnes déportées parce qu’elles étaient juives et des 89000 autres déportées pour faits de résistance.

Une pensée particulièrement émue accompagne les 1 175 hommes du convoi dit des «45000» et les 230 femmes du convoi dit des «31000», dont seulement 168 survécurent. Militant.e.s politiques, militant.e.s syndicaux, ces femmes et ces hommes épris de justice sociale ont formé les deux seuls convois de déportés politiques français envoyés au camp d’Auschwitz.

Si la crise sanitaire nous empêche de nous réunir pour nous souvenir ensemble des victimes et des héros de la déportation, il nous faut garder vive la mémoire de ces femmes et de ces hommes, soixante-quinze ans après la libération des camps, pour que de telles abominations ne puissent jamais ressurgir.

Hitler accéda au pouvoir par les urnes et fut nommé chancelier en 1933, surfant sur la crise financière et professant l’idéologie de haine, de xénophobie et d’antisémitisme qui a conduit les déportés, auxquels nous rendons hommage, au cœur du système concentrationnaire nazi.

Si nous ne sommes pas vigilant-e-s, de mêmes mécanismes désignant à la vindicte l’étranger, le faible ou le différent comme responsable de tous les maux, prospéreront de nouveau.

La France est aujourd’hui confrontée à une crise sanitaire, sociale et économique d’une gravité extrême, qui pèse sur des millions de familles à travers le pays, en Seine-Saint-Denis comme à Villepinte.

Alors que de crise en crise, le capitalisme financier prouve son incapacité à répondre aux besoins humains les plus essentiels, que les souffleurs de haine se tiennent en embuscade, l’appel à «des jours heureux» ne peut demeurer une vague formule incantatoire.

A l’image de nos aîné-e-s qui ont su se fédérer au sein du Conseil national de la Résistance, pour élaborer le programme émancipateur qu’ils appelèrent «Les Jours heureux», jetant les bases démocratiques, solidaires et de justice de notre modèle social contemporain, l’urgence est à une révolution de notre mode de développement!

Les communistes de Villepinte sont pleinement engagé-e-s dans la construction d’un monde d’après, plaçant l’humain et la planète au cœur de tous nos choix.

Parti communiste français, section de Villepinte.


26 avril 2020

 

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Reprise de l’École le 11 mai : Le service public de l’Éducation nationale ne doit pas se transformer en garderie !

26 Avril 2020, 07:22am

Publié par PCF Villepinte

 

Publié le 25/04/2020 par PCF

Le Chef de l'État a annoncé que la reprise du 11 mai ne s'adressera pas à tous les enfants, qu'elle variera d'un territoire à l’autre, en laissant le choix aux parents de mettre ou non leur enfant à l’école. Pour les enfants en maternelle et en primaire, il fait peser toutes les responsabilités de la reprise sur le dos des maires, sans leur en donner les moyens. En cas de problème, de contamination, ce sont pourtant les maires qui seront responsables devant la loi !

C’est à l’État de donner les moyens et de définir les conditions d'une réouverture des écoles garantissant de bonnes conditions sanitaires ! Au lieu de cela, il se décharge de ses responsabilités sur les collectivités locales et les personnels de l’éducation, avec les moyens du bord. Les familles devraient ensuite prendre la responsabilité de rescolariser leur enfant - à leurs risques et périls - ou de le garder à la maison ... si elles en ont les moyens. Les personnels de l’Éducation nationale, des régions, des départements, des communes sont concernés par cette reprise: mais qui va leur fournir des masques ? Qui décide d’ouvrir ou pas une école ?

Bref, c’est de nouveau la cacophonie la plus totale. Le 11 mai serait donc la rentrée de celles et ceux qui n'ont pas le choix. Le service public de l’Éducation nationale ne doit pas se transformer en garderie ! Prenons le temps et donnons nous les moyens d’une rentrée pour tous les élèves. Nous demandons de poursuivre les consultations, les concertations, avec les personnels concernés comme avec les élus locaux.

De plus, les rectorats confirment en ce moment des fermetures de classe alors que nous aurons besoin de mobiliser tous les personnels existants, dans nos villes, dans nos villages pour dédoubler les classes et permettre une rentrée sécurisée. Nous demandons un moratoire sur toutes les fermetures de classe pour la rentrée de septembre. Il faudrait également titulariser les personnels précaires ayant fait l'objet d'une évaluation positive, augmenter significativement le nombre de places aux concours dès cette année, et reconstruire la médecine scolaire.

Nous demandons également l'aménagement des programmes et des pratiques pédagogiques pour permettre aux enseignant-e-s de ne laisser personne sur le bord du chemin à l'issue de l'interruption scolaire : cela nécessite une relance de la formation continue, l'aménagement de temps pour la concertation et la réflexion dans le service des enseignants et la reconstruction d'équipes pluri-professionnelles pour prendre en charge la difficulté scolaire.

La crise sanitaire ne doit pas devenir une crise éducative. Il est urgent de rompre avec les politiques libérales d'austérité, de concurrence et d'individualisation qui ont affaibli le service public d'éducation nationale, comme elles ont affaibli  les hôpitaux et tous les services publics.

Nous demandons un moratoire sur les réformes en cours et un plan d'urgence pour l'éducation construit avec l'ensemble des acteurs.

 

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L'interview hypocrite et gênante de Martin Hirsh sur BFM TV. #covid19

26 Avril 2020, 06:53am

Publié par PCF Villepinte

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Signer et Partager la pétition: Monsieur le Président, ce n'est pas à nous de payer la crise !

25 Avril 2020, 07:03am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 22/04/2020 par PCF

Monsieur le Président,

Nous sommes confinés depuis le 17 mars et vous avez annoncé que cela durerait au moins jusqu’au 11 mai.

Beaucoup d’entre-nous voient leurs ressources baisser alors que leurs dépenses alimentaires augmentent du fait de la fermeture des cantines et que la plupart des dépenses obligatoires perdurent. Quand les difficultés financières s’ajoutent au confinement, c’est insupportable, injuste et indigne.

Nous avons besoin d’une aide immédiate et bien supérieure aux premières mesures décidées. Même après le 11 mai, des difficultés vont perdurer car nos revenus sont trop bas.

 

C’est pourquoi nous vous demandons de prendre quatre mesures de solidarité nationale :

- Blocage des prix de l’alimentation, de l’eau, de l’énergie, des télécoms et suppression de la TVA sur les produits de première nécessité

- Gel des loyers et des prêts immobiliers

- Versement d’une allocation exceptionnelle jusqu’à 300 euros par mois pour les 9 millions de français.es qui vivent en dessous du seuil de pauvreté.

- L’indemnisation à 100 % du chômage partiel et l’augmentation du SMIC de 20 % et des plus bas salaires, des minimas sociaux et des pensions en conséquence.

Ces mesures doivent être financées par l’État, les banques et les profits des entreprises.

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Ehpad Qu’ils se taisent et qu’ils agissent !

25 Avril 2020, 06:57am

Publié par PCF Villepinte

RELATIONS PRESSE CONFÉDÉRALES 01 55 82 82 73 / presse@cgt.fr /www.cgt.fr

 COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

Ehpad

Qu’ils se taisent et qu’ils agissent !

 Depuis le début de l’épidémie, les personnels des EHPAD comme du secteur du maintien à domicile alertent. Malgré les annonces télévisées successives, le matériel de protection – masques, gel, surblouses – manquent encore cruellement. Sans même attendre la fin du confinement, empressés de reprendre leur activité économique pour dégager des profits qu’ils ne reversent pas à la solidarité, des patrons de grands groupes, dans des secteurs non essentiels, achètent par milliers du matériel de protection au mépris de ceux qui luttent au quotidien pour soigner et pour protéger les publics les plus vulnérables.

Oui, les annonces télévisées se succèdent et ne se ressemblent pas. Il y a 15 jours maintenant, le gouvernement a annoncé le dépistage systématique des résidents et des personnels en EHPAD, qu’ils soient symptomatiques ou non, mesure jugée indispensable par la communauté scientifique pour freiner la propagation du virus. Les exemples sont nombreux d’Ehpad où lorsque l’épidémie pénètre, elle provoque des décès en cascades, contaminant aussi un grand nombre de personnels.

Des situations tragiques pour les résidents, leur famille et les professionnels Mais, dans les faits, aucun protocole du gouvernement comme des ARS n’a débouché sur la mise en place systématique des dépistages. Aussi, les exemples sont nombreux de directions qui, se rangeant derrière le manque de consignes claires, ne les pratiquent pas !

 Plusieurs arguments sont mis en avant :

 · La non-fiabilité des tests, avec 20 à 30 % de faux négatifs, qui obligerait à renouveler le dépistage pour les personnes ;

· L'impossibilité de donner des perspectives, en cas de dépistage positif, par manque de moyens, soit pour déplacer les résidents dans des secteurs dédiés, soit pour remplacer le personnel alors que les effectifs sont déjà extrêmement tendus ;

· et, toujours, le manque de moyens dont il faudrait disposer pour protéger les personnes à risque, si les personnes porteuses du virus devaient être en grand nombre On préfère alors ne pas savoir et croiser les doigts ! C’est scandaleux ! C’est dangereux ! La CGT exige le dépistage systématique immédiat avec les moyens nécessaires pour protéger les résidents et les professionnels. Dimanche soir, chacun a entendu la dernière volte-face gouvernementale, concernant l’autorisation de visite en Ehpad.

De nombreuses voix s’étant élevées à juste titre sur les risques liés à l’isolement prolongé et la solitude des résidents, le Premier ministre a donc changé d’avis autorisant, dès le lundi, des visites, de manière encadrée. Dès le dimanche soir, les appels téléphoniques de familles désireuses de revoir enfin leur parent se multipliaient, alors que les établissements n’étaient pas préparés à des mesures nécessitant un protocole de sécurité stricte mobilisant de nombreux moyens humains et matériels. C’était nécessaire mais aurait dû être préparé et anticipé et accompagné depuis longtemps déjà.

 Que dire de l’annonce des primes attribuées aux soignants dont un grand nombre de catégories sont exclues et, notamment, en grande partie, celles travaillant dans le secteur des personnes âgées. Il y en a assez du mépris, ce sont des augmentations de salaires pour l’ensemble des professionnels permettant une juste reconnaissance de leur métier qu’il faut mettre en place.

Il est temps que ça s’arrête, Depuis le début, toutes les annonces médiatiques sont marquées d’incohérences et d’injonctions paradoxales, bien souvent non comprises, par la population, comme par les professionnels L’heure n’est plus aux belles paroles mais à dégager les moyens à la hauteur des besoins pour les Ehpad, le secteur de l’aide à domicile et tous les professionnels mobilisés pour soigner et accompagner les personnes âgées.

Cela nécessite un plan d'embauche immédiat pour atteindre, le plus rapidement possible, le ratio d'un soignant par résident, la présence d'une infirmière H24, dans chaque établissement et de médecins salariés prescripteurs.

Montreuil, le 24 avril 2020

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"L'après" sera-t-il comme avant... mais en pire?

25 Avril 2020, 06:55am

Publié par PCF Villepinte

Matrice(s)

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Procès.

 Une question s’impose désormais par anticipation, dans toute sa cruauté, et nous aurions aimé ne pas avoir à la poser: «l’après» sera-t-il comme avant… mais en pire?

Personne ne saurait contester sérieusement que le désastre sanitaire et social que nous vivons en mondovision révèle l’absurdité funeste des modèles de gestion et d’organisation de nos sociétés. Cette crise, historique, ouvre pour beaucoup le champ des possibles et oblige chacun d’entre nous à ne pas rater l’occasion d’en tirer des leçons durables. Néanmoins, méfions-nous des faux-semblants, des postures, des phrases opportunistes la main sur le cœur qui laissent à penser qu’une fois la tragédie surmontée «plus rien ne sera comme avant».

Les «convertis» sont trop nombreux pour être honnêtes. Mac Macron lui-même, jamais avare de détournement de sens, utilise parfois des rhétoriques qui donnent le tournis, tant et tant que, s’il ne s’agissait pas de lui, on croirait entendre parler un commissaire au Plan communiste agissant pour le renouveau de la République après la Libération. Un chroniqueur du Monde a même osé s’interroger, avec sérieux, en ces termes: «La question est de savoir s’il s’agit simplement de la réponse conjoncturelle à un choc économique historique ou bien s’il s’agit de l’amorce d’un de ces changements en profondeur qui ponctuent la vie du capitalisme.»

Et il ajoutait, toujours avec le même sérieux: «Les historiens de l’économie diront s’il a fallu qu’une chauve-souris transmette un sale virus à un pangolin, destiné à finir dans l’assiette de gastronomes chinois, pour qu’on puisse dater le passage d’une ère économique à une autre: la fin de quarante années de néolibéralisme en Europe et aux États-Unis et l’esquisse du début d’autre chose.» Résumons. L’après-Covid-19: à gauche toute? Comment ne pas instruire, d’ores et déjà, un procès en insincérité…


Traces.

 Vous connaissez l’histoire. Une grande espérance suivie d’une brutale ou lente désillusion. En France, telle pourrait être la définition de la gauche au pouvoir. Mais seulement. Depuis près de quarante ans, chaque crise a nourri l’espoir d’une prise de conscience globale et collective, d’un grand coup d’arrêt au capitalisme ensauvagé. Les débâcles boursières allaient stopper les privatisations, les crises financières enrayer la machine à profits.

Souvenons-nous des propos si peu prophétiques de Nicoléon, après 2008, annonçant un changement de paradigme du capitalisme. Et? Rien. Disons même tout le contraire. Tout ne fut qu’accélération, aggravation, accumulation… Les exemples ne manquent pas. Bien sûr, et quoi qu’il survienne dans les prochains mois, la séquence du coronavirus aura constitué – hors guerres mondiales – la première inquiétude planétaire d’ampleur de nos existences, en une époque où le monde vit d’échanges et de transferts d’information en un temps qui défie les lois humaines.

 Cette grande peur universelle laissera des traces: ne négligeons pas la portée de cette potentielle «révolution» anthropologique. Ne doutons pas que, en apparence au moins, les responsables politiques en tiendront compte, histoire de contenir la colère populaire. Sauf que, à l’évidence, ce qui au départ laisse croire à une route pavée de bonnes intentions peut vite déboucher sur la «stratégie du choc» bien connue.

Lorsque Mac Macron évoque des «décisions de rupture» parce que nous devons «interroger le modèle de développement dans lequel s’est engagé le monde», peut-on, doit-on le croire, alors qu’il conviendrait de convoquer, ici-et-partout, une coalition politique anticapitaliste capable de renverser le système?

Même quand il arpente la bonne direction, le mouvement des idées de transformation ne suffit jamais à mettre à terre les matrices infernales. Et mieux vaut alors ne pas s’en remettre, pieds et poings liés, aux gouvernants responsables de la catastrophe…

[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 24 avril 2020.]

Publié par Jean-Emmanuel Ducoin

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Les propos immondes de Muriel Pénicaud à propos d'un inspecteur du Travail

24 Avril 2020, 09:52am

Publié par PCF Villepinte

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Jean-Marie Harribey, économiste atterré : «Le capitalisme se heurte à des limites infranchissables»

24 Avril 2020, 07:02am

Publié par PCF Villepinte

 

Vendredi, 24 Avril, 2020

Jérôme Skalski

Dans le Trou noir du capitalisme, l’économiste se réclamant de Marx, Polanyi et Keynes dresse un tableau critique du capitalisme contemporain et de l'impasse où il se trouve. Il propose aussi trois voies de bifurcation possibles dans lesquelles l’humanité se trouve dans l’obligation de s’engager d’urgence face à la crise sociale, économique, environnementale actuelle.

Que signifie la qualification de «trou noir» pour analyser le capitalisme mondial aujourd’hui?

Jean-Marie Harribey. Je procède à une analogie avec les trous noirs découverts par les astrophysiciens. Un trou noir est un corps astrophysique dont le noyau absorbe toute matière et tout rayonnement lumineux à cause de sa force gravitationnelle. On le dit noir parce qu’aucune lumière provenant de lui ne peut nous parvenir. En ce début de XXI e siècle, le capitalisme mondialisé a porté sa logique d’extension jusqu’à vouloir tout engloutir, de la moindre activité humaine jusqu’aux éléments naturels et tout le vivant, en passant par les connaissances. Engloutir, c’est-à-dire tout soumettre à la loi de la rentabilité, du profit et de l’accumulation du capital.

 Tout est promis à la marchandisation. Et pour cela, des droits de propriété doivent être instaurés sur toutes matières, naturelles ou produites, ou, sinon, sur leur usage, comme celui de l’air pour y envoyer sans retenue des gaz à effet de serre modifiant le climat.

Pourquoi insistez-vous sur le fait que «cest bien le capitalisme qui est en crise» et non pas le «productivisme», en général, ou le «néolibéralisme» en particulier?

Jean-Marie Harribey. Dans la première partie de mon livre, que j’annonce comme résolument marxienne parce que, utilisant les outils théoriques critiques de Marx, je montre que ce qui fait la spécificité de la crise mondiale actuelle, c’est la conjonction inédite dans l’histoire humaine (et donc du capitalisme) de contradictions sociales et écologiques qui minent la rentabilité du capital et donc la dynamique même de l’accumulation.

 D’un côté, malgré l’essor de nouvelles techniques, de l’informatique, de la robotique, le capital ne réussit pas à faire croître significativement la productivité du travail. Pire, cette productivité connaît une progression qui diminue d’année en année partout dans le monde. En moyenne, elle ne dépasse guère plus, dans les pays développés, 1 % par an. Or, au final, c’est toujours la productivité du travail qui commande la rentabilité du capital dans un contexte donné du rapport de forces. D’un autre côté, le gigantisme du productivisme et du consumérisme saccage la planète, épuise ou pollue les ressources et modifie le climat. Le capitalisme se heurte donc à des limites infranchissables. Pour ne prendre qu’un exemple, le taux de retour énergétique (énergie produite par rapport à l’énergie utilisée pour la produire) décline pour toutes les énergies fossiles. Alors, la conjonction de l’impossibilité de pousser l’exploitation de la force de travail jusqu’au point où les marchandises ne peuvent plus trouver suffisamment de demandeurs avec l’impossibilité de pousser l’exploitation de la nature au-delà des limites de la Terre explique le caractère systémique de la crise du capitalisme.

"Le coronavirus a mis le feu, mais la poudre a été répandue par un demi-siècle d’un capitalisme de plus en plus dément, c’est-à-dire conforme à son «idéal type»".

Il ne reste plus à celui-ci que la fuite en avant de la financiarisation, surfant sur le grossissement d’un capital fictif qui est, tôt ou tard, frappé de nullité. La dynamique même du capitalisme est contradictoire avec une responsabilité sociale et écologique parce qu’elle ne peut durer qu’en exploitant les humains et la nature.

C’est dans ce contexte-là que survient la pandémie du Covid-19, qu’il faut prendre comme un déclencheur de catastrophe mais non comme la cause profonde de celle-ci. Le virus a mis le feu à la poudre, mais la poudre avait été répandue par un demi-siècle d’un capitalisme de plus en plus dément, c’est-à-dire conforme à son «idéal type». Nous sommes davantage dans la période du capitalocène que dans celle de lanthropocène qui dédouane la logique du système et qui place abusivement tous les humains à égalité de responsabilité dans la dégradation écologique.

Vous référant à la fois à Marx, Polanyi et Keynes, vous mettez en avant la nécessité d’engager diverses «bifurcationspossibles» pour sortir de limpasse historique actuelle. Quelles sont-elles?

Jean-Marie Harribey. La première partie de mon livre appliquait les concepts de Marx pour comprendre cette réalité. La seconde tire parti de l’avertissement prémonitoire de l’anthropologue Karl Polanyi au milieu du XX e siècle: si le travail, la terre et la monnaie étaient marchandisés, ce serait la mort de la société. Alors, j’esquisse trois voies pour sortir de la nasse et amorcer une grande bifurcation: réhabiliter le travail, instituer les communs et socialiser la monnaie.

 Réhabiliter le travail, cest dire que, parce que le travail est «vivant», il est central dans la vie des individus, pour leur intégration dans la société et par son rôle de médiateur de relations sociales. Il est central aussi, bien sûr, dans la production de valeur économique, et la répartition de celle-ci est un indicateur-clé de l’état du rapport de forces avec le capital. Or, le capitalisme dans sa phase néolibérale, parce que les ressorts de sa rentabilité étaient grippés, n’a eu de cesse que de dévaloriser le travail, amoindrir ses droits et exiger des travailleurs qu’ils adhèrent aux objectifs de l’entreprise pour servir des dividendes aux actionnaires. Il s’ensuit que réhabiliter le travail reposerait sur trois moyens principaux.

 Le premier est que les salaires et les prestations sociales ne progresseraient jamais moins vite que la productivité du travail, une fois que le chômage est drastiquement abaissé par la réduction du temps de travail. Le deuxième moyen est la restauration d’un droit du travail protecteur. Le troisième est l’instauration de la démocratie dans les entreprises, par la création de conseils économiques et sociaux, de telle sorte que le pouvoir de décision du type de production, des investissements, des conditions d’emploi et de travail soit dissocié de la propriété du capital. Les finalités du travail seraient redéfinies pour cerner quels sont les besoins essentiels à satisfaire et les activités vraiment utiles.

"Le capitalisme dans sa phase néolibérale, parce que les ressorts de sa rentabilité étaient grippés, n’a eu de cesse que de dévaloriser le travail."

On rejoint alors le deuxième volet des bifurcations. Celui-ci concerne l’institution des «communs» de façon à mettre en cohérence les objectifs sociaux et les objectifs écologiques de transformation de la société. La notion de commun(s), utilisée au singulier et au pluriel, vise, d’une part, à renouveler de fond en comble la conception traditionnelle des biens publics et des services collectifs.

 Il s’agit de transformer le mode de gestion de ce qui est aujourd’hui réalisé sous l’égide de l’État et des collectivités territoriales pour en faire une chose commune autogouvernée et autogérée par les populations concernées au plus près possible de leur existence. Ce n’est pas une mise en cause de la propriété publique mais c’est la transformer pour qu’elle devienne véritablement sociale. D’autre part, il s’agit de donner le statut de biens communs à tous les éléments essentiels à la vie, qui doivent être soustraits à la marchandisation. Cela concerne les ressources naturelles comme l’eau, l’air, le vivant, tout ce que Polanyi désignait par «la terre», ainsi que les connaissances, les institutions sociales donnant accès à l’éducation, à la protection sociale. L’objectif est donc double: instituer une gestion commune de biens érigés au rang de communs.

Pouvez-vous préciser ce que vous appelez la «socialisation de la monnaie» et nous indiquer ce que seraient ses mécanismes?

Jean-Marie Harribey. Oui, c’est le troisième volet du triptyque de la grande bifurcation. Le capitalisme néolibéral a procédé à une sorte de privatisation de la monnaie, qui est pourtant une institution sociale à part entière. Dans le cadre de la liberté qui a été accordée aux capitaux de circuler dans le monde et du développement sans entrave des marchés financiers, le rôle dévolu aux banques centrales a été, depuis quarante ans, de veiller à la stabilité de la rente financière.

 C’est particulièrement vrai pour la Banque centrale européenne (BCE), rendue totalement indépendante du reste de la société et du pouvoir politique. Ce dogme est en train heureusement de voler en éclats. Aujourd’hui, on peut et on doit resocialiser la monnaie, c’est-à-dire retrouver la maîtrise du crédit et donc de la création monétaire pour financer les énormes investissements de transition écologique. La crise du coronavirus montre à quel point on a besoin d’un pôle bancaire public, d’un contrôle social sur celui-ci et d’une banque centrale qui soit celle de l’ensemble de la société.

"Aujourd’hui, on peut et on doit resocialiser la monnaie, c’est-à-dire retrouver la maîtrise du crédit et donc de la création monétaire pour financer les énormes investissements de transition écologique."

Au lieu d’obliger les États à emprunter sur les marchés financiers soit directement, soit indirectement via le Mécanisme européen de stabilité, la BCE devrait financer directement les dépenses publiques. C’est-à-dire étendre ce que la Banque d’Angleterre vient de décider pour financer les seules dépenses liées au redémarrage de l’économie paralysée par la pandémie. Ainsi, on utilise l’énorme avantage d’une banque centrale qui, seule, a la possibilité de créer à volonté de la monnaie s’il faut effectuer des dépenses et des investissements publics essentiels. Le risque d’inflation est nul lorsque des forces de travail et des équipements productifs sont inemployés et donc disponibles.

Un autre des points sur lesquels vous insistez est le caractère nécessairement démocratique et pluriel que doivent prendre les chemins de l’alternative que vous appelez de vos vœux. Pourquoi?

Jean-Marie Harribey. Parce que les chemins de la révolution aboutissent à des impasses quand elle n’est pas pensée comme un processus démocratique. C’est toute la leçon du XXe siècle. C’est en ce sens que la planification de la transition écologique et sociale peut servir de boussole de transformation. Loin d’une étatisation de l’économie et d’une centralisation des décisions, la planification peut prouver son efficacité si elle s’insère dans le processus de socialisation, c’est-à-dire de remise dans les mains de collectifs de travailleurs et de citoyens des décisions d’orientation de la vie collective.

"Les chemins de la révolution aboutissent à des impasses quand elle n’est pas pensée comme un processus démocratique. C’est toute la leçon du XXe siècle."

L’épidémie du Covid-19 a mis sur la table ce qu’on croyait impossible: distinguer les besoins essentiels des futiles ou nocifs, et donc désigner quelles sont les activités les plus utiles à la société: produire du soin par des soignants ou de la publicité par des agences de com, produire de l’éducation par des enseignants ou de l’e.commerce sur des plateformes, mener de la recherche scientifique ou de la spéculation par des traders? En bref, le confinement vient de prouver que la vraie richesse, ce nest pas la marchandise et sa valeur d’échange, mais la valeur d’usage des biens et services essentiels.

La crise sanitaire mondiale actuelle ne met-elle pas également en évidence la nécessité d’une réponse universelle concrète, en opposition à la dérive mortifère du capitalisme?

Jean-Marie Harribey. La mondialisation capitaliste est en cause. Elle a abouti à un désastre social, écologique, économique et aujourd’hui sanitaire. Et elle nous menace de déflagrations géopolitiques, voire guerrières. Tout ce qu’elle a construit doit être démantelé: circulation effrénée des capitaux, marchés dérégulés, droits fondamentaux de la personne humaine bafoués, notamment ceux des migrants. Lheure est à la construction de solidarités et de coopérations aux échelons régionaux, à la restauration dune régulation internationale sous l’égide de l’ONU, dont les décisions doivent être respectées. Les scientifiques donnent l’exemple d’une coopération pour le «bien commun»: cest le cas des climatologues du Giec, cest celui de tous les virologues qui échangent en ce moment leur savoir librement, hors de toute contrainte de brevets lucratifs.

Entretien réalisé par Jérôme Skalski

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Il y a urgence ! Le billet du Dr Christophe Prudhomme. Des lits

24 Avril 2020, 06:54am

Publié par PCF Villepinte

Vendredi, 24 Avril, 2020

Christophe Prudhomme est médecin au Samu 93.

Alors que la première vague commence à refluer, l’urgence est de reprendre l’activité normale dans nos services afin d’accueillir les patients qui ont vu leur prise en charge reportée du fait de l’épidémie. Oui, mais à l’instar du directeur général de l’ARS du Grand-Est, qui a énoncé clairement que rien n’avait changé au niveau des opérations de restructuration hospitalière et de plans de retour à l’équilibre, la plupart des directions hospitalières n’ont pas changé d’objectif.

 La crise semble être pour elles une simple parenthèse qu’il va falloir refermer sans que soit remise en cause la politique poursuivie depuis vingt ans de diminution du nombre de lits, de fermeture de services et d’hôpitaux. Nos collègues des hôpitaux psychiatriques, comme celui du Vinatier à Lyon, en font brutalement l’expérience ces jours-ci.

 Les services fermés ou transformés en structures d’accueil pour les patients atteints par la maladie du Covid-19 ne retrouveront pas leur mission d’origine et les capacités d’accueil de l’établissement vont s’en trouver amputées. Heureusement, en lutte avant la crise, ils ne baissent pas les bras et, malgré le confinement, ils ont manifesté ces derniers jours dans l’enceinte de l’hôpital pour exprimer leur refus du retour au «monde davant».

Les services fermés soi-disant temporairement le restent trop souvent définitivement

Depuis des années, nous protestons contre le défaut de moyens du secteur psychiatrique et la crise actuelle va encore augmenter les besoins. Les urgentistes le dénoncent crûment: faute de prise en charge, une bonne partie des patients présentant des troubles psychiatriques sont abandonnés dans la rue ou en prison. Le plan durgence pour la psychiatrie est encore plus d’actualité aujourd’hui qu’hier. La psychiatrie n’est pas le seul secteur touché.

Les arguments avancés sont toujours les mêmes: faute de personnel, il nest pas possible de rouvrir tous les lits. Nous connaissons la chanson: les services fermés soi-disant temporairement le restent trop souvent définitivement. C’est la raison pour laquelle nous demandons un véritable plan d’urgence d’embauche et de formation de personnel, toutes catégories confondues. 

En ce qui concerne les médecins, dont la pénurie est souvent l’argument pour fermer des structures, il existe deux solutions immédiates, au-delà de l’augmentation de leur nombre en formation, dont les effets sont à objectif de dix ans: une régulation de leur installation tant en ville qu’à l’hôpital, pour une meilleure répartition sur le territoire, et l’appel à des médecins étrangers, dans le cadre d’un appel d’offres international auquel certains pays, dont Cuba, sont capables de répondre.

Le billet du Dr Christophe Prudhomme

 

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Restrictions de circulation et de déplacements, mise à l'arrêt de la justice prud'homale, verbalisations abusives, usage de la force lors des contrôles d'att...

23 Avril 2020, 08:14am

Publié par PCF Villepinte

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