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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Cessons de dévoyer la laïcité

26 Octobre 2019, 07:56am

Publié par PCF Villepinte

 

Publié le 23 oct 2019

Temps de lecture : 3 min.

La banalisation des idées, comportements et attitudes racistes ou antisémites dans notre quotidien est une réalité.

Récemment, la tentative d'instrumentalisation des questions liées à l'immigration par Emmanuel Macron, qui a voulu un débat sans vote au parlement, a exalté une parole raciste et xénophobe, décomplexée et assumée par une partie de la classe politique et même de certains médias.

Par ailleurs, les polémiques autour du voile sont venues raviver un sentiment de rejet auprès d'une partie des citoyen·ne·s français·e·s de confession musulmane. 

L’ampleur du mal dépasse le seul vote d'extrême droite, pourtant déjà très inquiétant. Ces idées d’exclusion et de repli traversent, plus ou moins, tous les groupes sociaux, tous les collectifs de travail, toutes les communautés. Elles font surface souvent de façon insidieuse.

La CGT a décidé de s’attaquer à ce qui gangrène les relations entre les salariés au travail et de traquer toutes ces petites choses qui y font le lit du « racisme ordinaire ».

Alors que le concept de laïcité chère à notre pays est sans cesse dévoyé, il est utile d'en rappeler les principes fondamentaux.

La laïcité n’a pas pour objectif de restreindre les libertés, mais au contraire de les garantir.

La CGT est très attachée aux libertés, individuelles, de conscience, d’expression ou syndicales. Nous ne devons pas  renoncer à faire vivre les principes laïques, ni les appliquer à géométrie variable, selon les situations.

La laïcité est une qualité conférée à la République française par la Constitution : « La France est une République […] laïque […]. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction […] de religion. Elle respecte toutes les croyances. » En ce sens, c’est une notion juridique à deux versants indissociables : d’un côté la neutralité de l’État, de l’autre la liberté religieuse dans la cité et notamment dans l’entreprise.

La laïcité est liée aux valeurs de la République :

  • la laïcité permet la liberté de conscience, la liberté de croire ou de ne pas croire et la liberté d’expression de ses choix (religieux, philosophiques, politiques…) ;  
  • la laïcité assure l’égalité de tous les citoyens devant la loi, notamment dans l’accès et l’usage des services publics quel que soit le choix des personnes ;  
  • la laïcité favorise la vie en commun, la fraternité dans la société entre des personnes aux choix différents.

L’entreprise doit-elle, comme l’État, se concevoir comme laïque, avec les devoirs de neutralité qui s’imposent ?

Cette question a été tranchée par l’autorité judiciaire : l’État est laïc, pas les personnes ni les sociétés privées, et le droit du travail ne préconise pas de neutralité religieuse. Pourtant, bon nombre de directions veulent encadrer le fait religieux dans l’entreprise par des chartes ou des règlements intérieurs. Sur quelle base le syndicat peut-il se positionner et agir tout en travaillant à l’unité des salariés autour de leurs revendications ?

Ce livret n’a pas vocation à répondre à toutes les situations rencontrées. Il pose cependant les principes et les enjeux de la laïcité et donne des outils juridiques utiles aux militants.

 

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Que répondez-vous aux inspecteurs du travail qui recommandent le retour des contrôleurs dans les trains ?nspecteurs du travail qui recommandent le retour des contrôleurs dans les trains ?

25 Octobre 2019, 09:33am

Publié par PCF Villepinte

Droit de retrait des cheminots -

Par Éliane Assassi  / 23 octobre 2019

Groupe Communiste Républicain Citoyen et Écologiste

« Le travailleur alerte immédiatement l’employeur de toute situation de travail dont il a un motif raisonnable de penser qu’elle présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé ainsi que de toute défectuosité qu’il constate dans les systèmes de protection. Il peut se retirer d’une telle situation. » Telle est, monsieur le Premier ministre, la définition exacte du droit de retrait, droit reconnu par le code du travail dans son article L. 4131-1.

C’est précisément ce qu’ont fait valoir les cheminots à la suite de l’accident ferroviaire survenu le 16 octobre, l’avant-veille des congés scolaires. (Murmures sur plusieurs travées des groupes Les Indépendants, UC et Les Républicains.)

M. François Grosdidier. Quel rapport avec les TGV ?

Mme Éliane Assassi. Pour rappel, un autorail TER a percuté un convoi routier, faisant onze blessés. Cet accident grave, et qui aurait pu l’être davantage encore sans l’esprit de responsabilité exemplaire du conducteur, pourtant blessé, a déclenché le droit de retrait de 17 000 cheminots sur les 23 000 conducteurs et contrôleurs, soit plus de 73 % d’entre eux. (M. François Grosdidier s’exclame.)

Ces agents ont considéré que les conditions de sécurité n’étaient pas ou plus assurées. Or ni le Gouvernement ni l’entreprise n’ont répondu à leur inquiétude légitime, préférant, par un écran de fumée, relancer un énième débat sur le droit de grève.

Monsieur le Premier ministre, votre gouvernement n’a pas eu de mots assez durs : « grève sauvage qui mérite des poursuites judiciaires », avez-vous dit ; « mouvement social choquant », a déclaré la ministre des transports ; « grève injustifiée et illégale », a affirmé le président de la SNCF.

M. Claude Malhuret. Ils avaient raison !

M. François Grosdidier. C’est vrai !

M. Pierre Louault. Honteux !

Mme Éliane Assassi. La pédagogie de la répétition peut avoir des vertus ; mais elle les perd quand elle consiste à asséner des contre-vérités. En l’occurrence, on ignore l’avis de l’inspection du travail, qui a considéré que le droit de retrait était caractérisé et justifié et rappelé que l’entrave à celui-ci constituait un délit, ce qui semble déplaire à Mme la ministre du travail.

Monsieur le Premier ministre, en tant qu’actionnaire unique de la SNCF, que répondez-vous aux inspecteurs du travail, qui recommandent le retour des contrôleurs dans les trains, dans l’attente d’une évaluation complète des risques ? (Applaudissements sur les travées du groupe CRCE, ainsi que sur des travées du groupe SOCR.)

M. le président. La parole est à M. le Premier ministre.

M. Édouard Philippe, Premier ministre. Madame la présidente Assassi, vous m’interrogez sur le mouvement, la perturbation très forte, l’accident…

M. Claude Malhuret. L’abandon de poste !

M. François Patriat. Scandaleux !

M. Édouard Philippe, Premier ministre. ... survenus à la fin de la semaine dernière et pendant tout le week-end.

Ils ont suscité l’interrogation et l’inquiétude d’un certain nombre d’agents de la SNCF sur les conditions de sécurité, mais aussi un mécontentement et une incompréhension très grands de la part d’usagers de la SNCF qui, un jour de grand départ, se sont trouvés sans aucune information ni prise en compte des problèmes parfois compliqués qui leur étaient posés par ce mouvement non annoncé. Les usagers qui ont subi ces désagréments, vous ne les avez pas évoqués, madame la sénatrice, mais je sais que, au fond de vous-même, vous pensez également à eux… (Sourires et applaudissements sur les travées des groupes LaREM, Les Indépendants, RDSE et UC, ainsi que sur des travées du groupe Les Républicains. – Exclamations sur les travées du groupe CRCE.)

M. Pierre Ouzoulias. D’autant plus que nous prenons les transports tous les jours…

M. Édouard Philippe, Premier ministre. La question de la sécurité est prise au sérieux par les agents de la SNCF, les cheminots en général, par l’entreprise dans son ensemble, direction comprise, et par tout le monde ici. D’ailleurs, sitôt l’accident connu, l’entreprise et le Gouvernement ont pris les décisions qui devaient l’être : lancement d’un audit interne et saisine du bureau d’enquêtes sur les accidents de transport terrestre, pour déterminer exactement ce qui s’est passé, quelles procédures ont été ou non mises en œuvre et quelles conclusions doivent être tirées pour améliorer à l’avenir le niveau de sécurité. C’est ce qui se passe à chaque fois et c’est ce qui a été fait, parce qu’on ne transige pas avec la sécurité…

Mme Laurence Cohen. Dans ce cas, il faut plus de personnel !

M. Édouard Philippe, Premier ministre. … et parce que chaque incident est une façon d’apprendre et d’éviter sa reproduction ou la survenue d’autres problèmes qu’on n’avait pas anticipés. Cela sera fait systématiquement.

À la suite de cet accident, plus de 15 000 conducteurs et personnels de la SNCF ont fait valoir ce que le droit prévoit sous le nom de droit de retrait. Il se trouve, madame la sénatrice, que nous n’avons pas la même appréciation de la façon dont s’applique le droit de retrait.

Personnellement, sans être nullement un spécialiste, j’ai du mal à comprendre comment, alors que l’accident intervient dans un contexte particulier et sur un type de trains particulier, des conducteurs d’autres matériels à d’autres endroits pourraient considérer que le même problème est susceptible de se poser à eux. (Applaudissements sur les travées des groupes LaREM, Les Indépendants, RDSE et UC, ainsi que sur des travées du groupe Les Républicains.)

M. Pierre-Yves Collombat. Peut-être parce qu’ils rencontrent les mêmes problèmes !

M. Édouard Philippe, Premier ministre. J’ai beaucoup de mal à comprendre pourquoi les conducteurs de Ouigo et ceux de TGV ont estimé que, sur leur ligne, les mêmes problèmes se posaient. (Applaudissements sur les mêmes travées.)

Mme Éliane Assassi. Un accident, cela ne prévient pas !

M. Pierre-Yves Collombat. Monsieur le Premier ministre, quelle mauvaise foi !

M. Édouard Philippe, Premier ministre. Monsieur le sénateur, j’essaie de répondre, avec passion certes, mais dignement, à la présidente de votre groupe ; permettez que je poursuive…

Pourquoi un conducteur de TGV ou de Ouigo estimerait-il qu’il y aurait pour lui ou pour les passagers une menace grave et immédiate, alors que la question posée porte sur des lignes non affectées à la grande vitesse et intéresse exclusivement les conducteurs de TER ?

M. Pierre-Yves Collombat. Parce que c’est partout le même problème !

M. Édouard Philippe, Premier ministre. Mon analyse et celle de la direction de la SNCF, c’est que, à ce moment précis, dans le contexte de l’entreprise, quelque chose qui relève du détournement du droit de retrait a été fait.

M. Pierre Laurent. Par 15 000 personnes en même temps, vraiment ?

M. Édouard Philippe, Premier ministre. Si un tel détournement du droit de retrait est utilisé pour ne pas respecter les obligations d’information en matière de grève dans les services publics, alors c’est en effet inacceptable – ce sont les mots que j’ai employés –, parce que cela fait peser sur les usagers, sur les familles, sur l’ensemble de notre pays des contraintes qui ne sont pas acceptables.

Je le dis calmement et sans rien méconnaître des impératifs de sécurité, mais aussi clairement : parce que nous ne pouvons pas accepter que ce droit individuel de retrait, qui existe et que je respecte, soit détourné de son objet pour provoquer un désordre maximal. Un désordre qui, vous le savez comme moi, peut être interprété de façons très différentes, dans le contexte de l’entreprise et même dans celui de discussions où les organisations syndicales ont des positions à faire valoir.

Telle est la position que je réaffirme, madame la sénatrice, tout en répétant que les questions de sécurité sont essentielles et que nous partageons cet impératif !

 

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CSA - Zemmour : "Cette apologie délibérée du crime de masse est un appel au meurtre"

25 Octobre 2019, 07:36am

Publié par PCF Villepinte

 

Publié le 24/10/2019 par PCF

Monsieur Roch-Olivier Maistre

Président du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel

Monsieur le Président,

Dans un précédent courrier, j'attirais votre attention, sur le problème que constituait, au regard des valeurs de notre République et des lois en vigueur, la complaisance de certaines chaînes d'information en continu envers Monsieur Eric Zemmour.

Je vous interpellais plus particulièrement sur l'heure d'antenne quotidiennement octroyée par CNews à ce personnage par deux fois condamné pour provocation à la discrimination et pour provocation à la haine religieuse.

A ce jour, je n'ai pas obtenu de réponse de votre part, et Monsieur Zemmour occupe désormais chaque jour le plateau de CNews, où il peut tranquillement se livrer aux saillies qui lui valent d'être de nouveau poursuivi pour les propos racistes, antimusulmans, xénophobes, homophobes tenus le 28 septembre devant une assemblée baptisée « Convention de la droite ».

Il se trouve que Monsieur Zemmour, se considérant sans doute intouchable, vient de se livrer à une nouvelle surenchère innommable. Le 23 octobre, sur le plateau de CNews, il a ainsi proféré les propos suivants : « Quand le général Bugeaud arrive en Algérie, il commence à massacrer les musulmans, et même certains juifs. Eh bien moi, je suis aujourd'hui du côté du général Bugeaud. C'est ça être Français. »

Cette apologie délibérée du crime de masse est, de fait, un appel au meurtre contre ceux de nos compatriotes dont Monsieur Zemmour et ses semblables nient l'appartenance à la nation française. Parce qu'elle tombe clairement sous le coup de la loi, elle ne peut être laissée sans réaction de la part du régulateur que vous êtes.

Vous n'êtes, au demeurant, pas sans savoir à quelles exactions sanglantes ce genre de propos ignobles a mené aux États- Unis, contre des mosquées ou des synagogues.

En n'intervenant pas pour mettre un terme à la dérive de chaînes d'information en quête d'audience à n'importe quel prix, vous prendriez une responsabilité considérable dans l'aggravation du climat très dangereux qui s'est installé dans notre pays. C'est même l'autorité de votre institution que vous mettriez en cause.

Je vous demande donc, une nouvelle fois, de rappeler à la direction de CNews qu'en agissant comme elle le fait, elle endosse la responsabilité des propos ignobles d'un personnage qui ne peut se prévaloir du titre de journaliste dès lors qu'il se fait le propagandiste constant de la haine.
Je vous demande, plus particulie
̀rement, d'examiner les sanctions auxquelles son comportement expose la chaîne CNews.

Plus généralement, il me semble impératif que votre institution s'exprime sur les devoirs déontologiques qui s'imposent à l'ensemble des chaînes d'information en continu, au regard des lois et principes de la République.

En espérant une réponse de votre part,
Je vous prie de croire, Monsieur le Pre
́sident, en l'assurance de ma haute considération.

Fabien ROUSSEL

Secrétaire national du Parti communiste français

 

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Municipales : Des villes numériques pour l’humain

25 Octobre 2019, 07:28am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 22/10/2019 par PCF (extraits)

Les expressions de ville intelligente, de smart city, de ville numérique fleurissent avec la promesse de nombre de services censés faciliter la vie et rendre l’espace urbain plus interactif, plus participatif, plus mobile, plus écologique, et plus sûr.

Au-delà des belles promesses d’un avenir radieux, il y a une réalité : nous sommes et nous serons de plus en plus connecté·e·s et entouré·e·s de capteurs (objets du quotidien connectés, smartphones, véhicules connectés, géolocalisation, mobiliers urbains, caméras, puces RFID, implant corporel…) qui collectent en permanence des milliards de données sur notre vie et notre environnement.

L’enjeu est de savoir si les politiques publiques de demain seront élaborées et mises en œuvre par les habitant·e·s avec leurs élu·e·s, où si elles seront dictées par IBM, Cisco, Siemens, huawei et les grandes plateformes du capitalisme global.

Une politique communale de la donnée devient nécessaire. Il s’agit de considérer que l’ensemble des données recueillies par les différents services communaux et propres aux compétences de la commune, et par les différents capteurs urbains installés sur la voie publique et les bâtiments municipaux forme un Commun de la ville qui doit être placé sous gouvernance municipale.

Deux scénarios d'avenir

En matière de sûreté des personnes, deux scénarios d’avenir sont possibles : soit une ville sécuritaire où chacun est surveillé en permanence par divers capteurs et sera noté en fonction de son comportement, soit au contraire ces capteurs sont mis au service d’une conception solidaire de la ville, afin de protéger les personnes en situation de fragilité et d’isolement, et ainsi pouvoir anticiper sur les risques et dangers qu’elles courent, et afin aussi de rompre l’isolement par une mise en réseau de toutes et tous. Les plateformes sociales participatives peuvent jouer un rôle de médiateur afin d’établir des liens de confiance et de solidarités : garde et accompagnement à l’école d’enfants, récupération de courrier et de colis en absence, accompagnement pour des opérations ambulatoires, petits travaux, prêt de matériels…

L’objectif ne doit pas être de dématérialiser les services publics municipaux mais de bâtir des systèmes d’information qui fassent sens par rapport au projet de service public de la ville.

Le fait qu’une commune dispose d’une masse considérable de données permet d’avoir une vision globale de la ville, de ses évolutions et d’anticiper sur les besoins sociaux, sanitaires, culturels, écologiques, éducatifs, d’urbanisme et de mobilité. Mettre tous ces éléments à disposition de la population pour décider ensemble et simuler différents scénarios d’avenir de la ville devient un véritable acte de démocratie et d’écologie participative.

Nos concitoyens et concitoyennes n’ont pas besoin de ville technologiquement intelligente, mais de ville politiquement intelligente, où l’humain est la solution et non le problème. C’est ce à quoi œuvrent les communistes et leurs élu·e·s.

Yann Le Pollotec

Responsable national à la révolution numérique

 

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La réforme du gouvernement sur les retraites est une honte (Fabien Roussel)

24 Octobre 2019, 07:12am

Publié par PCF Villepinte

 

Publié le 23/10/2019 par PCF

Le gouvernement nous fait des leçons sur la dette qu'on va laisser à nos enfants tout en proposant que la réforme des retraites s'applique seulement à ces mêmes enfants. C'est honteux!

Fabien Roussel invité de la matinale de Public Sénat le 23 octobre 2019

 

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Santé / Hôpitaux : un plan d'urgence

24 Octobre 2019, 07:03am

Publié par PCF Villepinte

 

Publié le 22/10/2019 par PCF (Extraits)

Suite aux multiples initiatives et rencontres réalisées dans le cadre du “Tour de France des hôpitaux”, les parlementaires communistes ont co-élaboré avec les syndicats, les associations d’usagers, les comités de luttes une proposition de loi portant « Mesures d’urgence pour la santé et les hôpitaux ».

Ils ont remis ce texte au ministère des Solidarités et de la Santé le mardi 15 octobre. Cette proposition de loi se décline en plusieurs parties : le financement de la santé et de l’hôpital public ; le renforcement du secteur public hospitalier ; l’amélioration de l’accès aux soins et la lutte contre les déserts médicaux ; le renforcement des Ehpad pour répondre au défi de la perte d’autonomie ; l’instauration d’une véritable démocratie sanitaire ; la reconstruction d’une psychiatrie humaine. Extraits de l’exposé des motifs.

Le 10 janvier 2018, à l’invitation des parlementaires communistes, plus de cent personnes étaient réunies pour une rencontre autour du thème « Hôpital en danger, politique à refonder ». Des dizaines et des dizaines de témoignages de souffrance terriblement poignants se sont succédé, livrés par un personnel hospitalier qui, à bout de souffle et à bout de bras, fait encore se tenir debout nos hôpitaux et Ehpad publics.


Face à cette détresse, les parlementaires communistes ont décidé de transformer ce temps fort en un « Tour de France des hôpitaux et des Ehpad ». Cette initiative a donné lieu à la visite de 150 établissements aux quatre coins de l’hexagone et dans les territoires d’Outre-mer, et permis de rencontrer des milliers de personnes : agentes et agents hospitaliers, chef·fe·s de services, syndicalistes, usagers, membres des directions.

De ces visites et ces échanges, les mêmes constats ressortent : celui de la souffrance et de l’impression de mettre en application une logique de devoir « toujours faire plus avec moins ».

C’est dans ce contexte que le gouvernement a présenté, en septembre 2018 le plan « Ma santé 2022 », qui a abouti à l’adoption d’une loi en juillet 2019. Cette énième réforme, sans financement nouveau, ne répond pas à la crise aigüe et urgente qui frappe le monde hospitalier.

Aussi, parce qu’il est plus qu’urgent d’agir face à ce désarroi, les député·e·s du groupe GDR ont décidé de présenter un plan d’urgence pour répondre au plus vite aux besoins en santé de nos concitoyennes et concitoyens ainsi qu’à la souffrance hospitalière. La présente proposition de loi est donc l’aboutissement d’un travail collectif, fruit de nombreuses rencontres et, d’échanges avec les personnels sur le terrain, et d’auditions avec les actrices et acteurs du monde de la santé et de l’action sociale.

L’ambition de ce texte est de mettre en œuvre des mesures d’urgence, applicables rapidement, pour garantir des soins de qualité à nos concitoyennes et concitoyens et renforcer les capacités d’actions du service public hospitalier et des Ehpad. Il s’agit également et surtout de proposer des financements nouveaux pour l’assurance maladie et le système public de santé. Si ces mesures ne prétendent pas à l’exhaustivité, elles constituent le premier volet d’une réforme plus globale de notre système de santé que les député·e·s de notre groupe entendent poursuivre dans les prochains mois.

 

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Rapport sur l’industrie : l’État prête à des entreprises en difficulté à des taux usuriers

22 Octobre 2019, 08:30am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 21/10/2019 par PCF

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Nous présentons ce mardi 22 octobre à 18h en commission des affaires économiques et le lendemain mercredi à 15h en commission des finances un rapport sur les crédits « Industrie » du projet de loi de finances 2020. Notre rapport fait particulièrement le point sur les dispositifs destinés à accompagner les entreprises en difficulté. Il montre que plusieurs budgets sont en baisse, alors qu’ils devraient être maintenus, voire augmentés.

 

l révèle aussi que l’Etat, via le Fonds de développement économique et social (FDES), prête à des taux usuriers, de 10 à 20%, à des entreprises qui sont déjà en difficulté. La raison d’une telle aberration tient aux règles européennes. L’Etat doit en effet prêter aux mêmes conditions que les prêteurs privés impliqués dans le tour de table. Or en France, les banques font défaut, laissant toute la place à des fonds vautours qui prospèrent sur le dos des faillites d’entreprises.

C’est pourquoi nous proposons dans notre rapport trois pistes pour faire émerger de véritables investisseurs industriels :

  • création d’un label identifiant les fonds de retournement « responsables », c’est-à-dire ceux qui respectent des conditions strictes en matière de sauvegarde de l’emploi, de responsabilité environnementale et de maintien de l’activité en France;
  • création d’un fonds public-privé de retournement, abondé par l’Etat, les grandes entreprises et le secteur bancaire;
  • création de fonds spécialisés par filière, à l’image du fonds de modernisation des équipementiers automobiles, créé en 2009 et qui s’est avéré très utile pendant la crise.

Notre rapport insiste ainsi sur la nécessité d’élaborer une stratégie industrielle offensive, permettant l’identification de filières structurantes pour l’avenir de l’industrie française.

 

Sébastien JUMEL, député de Seine-Maritime,

Fabien ROUSSEL, député du Nord et secrétaire national du PCF

 

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Notre avenir, nos choix, l’éducation est un droit !

21 Octobre 2019, 08:15am

Publié par PCF Villepinte

 

                        Léon Deffontaines, secrétaire général du MJCF.

Publié le 16/10/2019 par PCF

Les jeunes communistes s’attaquent aux réformes de l’éducation.

Une des deux campagnes pour cette rentrée porte sur les enjeux d’éducation, en plus de la contestation des réformes en cours dans l’éducation, celle-ci s’inscrit en positif autour de revendications concrètes pour l’éducation.

Les conséquences des réformes dans l’éducation

Depuis près de deux ans maintenant, le gouvernement enchaîne les réformes en lien avec l’éducation : sélection à l’entrée de l’université ; loi ORE ; réforme du bac général ; réforme de la filière professionnelle ; réforme de l’apprentissage ; augmentation des frais d’inscription à l’université... Toutes ces réformes se mettent en place sur fond d’austérité dans l’ensemble des services publics. Celles-ci ont des conséquences désastreuses sur la qualité de l’enseignement.

Toutes ces politiques sur l’éducation s’inscrivent dans une même logique : celle du libéralisme, à savoir organiser une mise en concurrence entre les élèves, les étudiant·e·s, les établissements. Cette concurrence accentue la reproduction sociale. C’est également la reproduction des inégalités liées au genre et plus largement la multiplication des décisions discriminantes et vexatoires. Ces réformes ont également pour vocation d’ouvrir de nouveaux marchés, comme en témoigne le dynamisme des établissements privés d’enseignement supérieur.

Tous les efforts d’enfumage du gouvernement sont vains quand ils se heurtent aux faits. Face à ces réformes, la colère et le désarroi ne cessent de grandir chez des millions de jeunes, vis-à-vis de leurs conditions d’études présentes ou à venir, mais aussi plus largement vis-à-vis de leur droit à construire sereinement et dignement leur avenir. En d’autres termes, la politique du gouvernement en matière d’éducation entre en contradiction directe avec les besoins et les aspirations des jeunes.

Le MJCF pose un contre-projet à ces réformes

Au-delà de la simple contestation de ces réformes, le MJCF s’inscrit en positif en posant directement un contre-projet à ce qui est fait actuellement. Pas nécessairement un programme complet pour l’éducation, alternatif à ce qui se fait aujourd’hui, ni pour autant la seule opposition à la dernière attaque législative. Il s’agit de prioriser une ou quelques propositions, rassemblées derrière ce mot d’ordre unique et percutant : « Notre avenir, nos choix, l’éducation est un droit ».

La campagne est bien lancée. Dès les premiers jours de la rentrée le MJCF était présent devant les lieux d’enseignement pour dénoncer les différentes réformes et présenter ses revendications. Cette campagne a eu un très bon écho sur le terrain et a permis au MJCF de se renforcer sur les lieux d’enseignement. Il s’agit désormais de réfléchir à poser des perspectives de mobilisation.

Partir des réalités des jeunes

La deuxième phase de la campagne va débuter après les vacances d’octobre. L’objectif de cette phase est de partir des problèmes concrets que rencontrent les jeunes face à ces réformes pour ensuite monter en généralité et poser des perspectives de mobilisations. Pour ce faire, les jeunes communistes ont débuté un travail de recensement des problèmes concrets liés aux réformes de l’éducation (absence de spécialités dans des établissements, chevauchement d’emplois du temps, incertitudes autour de l’organisation des épreuves de contrôle continu, etc.). Le recensement de ces problèmes locaux doit permettre d’être des points d’appui par la suite pour lancer des mobilisations autour de revendications locales.

Cette campagne permet de toucher une grande partie de la jeunesse, à savoir les jeunes scolarisé·e·s. Cette campagne permet de partir des problèmes concrets que les jeunes rencontrent au quotidien et de leur faire prendre conscience que ces problèmes sont communs à de nombreux jeunes dans le pays et sont le résultat des politiques austéritaires. 

Léon Deffontaines, secrétaire général du MJCF.

 

 

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SERVICE PUBLIC FERROVIAIRE. L’ÉTAT ET LA SNCF FONT LE CHOIX DE LA LIGNE DURE

21 Octobre 2019, 08:08am

Publié par PCF Villepinte

 

Lundi, 21 Octobre, 2019

L 'Humanité Sébastien Crépel

En menaçant de sanctions les cheminots exerçant leur droit de retrait, accusés de mener une grève illégale, Édouard Philippe et Guillaume Pepy portent une lourde responsabilité dans la paralysie du trafic ce week-end.

Pas question de porter le chapeau. Ce dimanche, au bout du fil, le secrétaire général de la CGT cheminots, premier syndicat de la SNCF, se fait accusateur: «Un droit de retrait, ça se règle en quelques heures, normalement. Sauf qu’il y a eu intervention politique, et elle a verrouillé complètement les discussions.» Même si le trafic ferroviaire devrait revenir à peu près à la normale à compter de ce lundi, la page ouverte par le bras de fer qui a opposé, durant trois jours, les cheminots et leurs syndicats, d’un côté, et la direction de la SNCF et le gouvernement, de l’autre, n’est pas près de se tourner. Pour Laurent Brun, la responsabilité du premier ministre est clairement engagée dans la paralysie du trafic ferroviaire qui a gagné la plupart du pays, au cours de ce week-end de départ en congés de la Toussaint, à la suite de l’accident qui s’est produit mercredi 16 octobre, entre un train express régional (TER) et un convoi routier sur un passage à niveau de Saint-Pierre-sur-Vence (Ardennes).

En cause, dans le durcissement très rapide du conflit, le choix d’Édouard Philippe, samedi, soutenu et même devancé sur ce point par le PDG de la SNCF, Guillaume Pepy, de menacer de sanctions, y compris judiciaires, les cheminots accusés de détourner le «droit de retrait» pour mener une «grève» injustifiée et illégale. Une façon, pour le chef du gouvernement, de prendre la tête de la gigantesque campagne de dénigrement et d’intimidation des cheminots par médias et réseaux sociaux interposés qui a démarré, vendredi, dès que les perturbations ont franchi le périmètre de la région Champagne-Ardenne, et que le dirigeant de la CGT relie au blocage de toute avancée dans les réunions de concertation.

Car, si le caractère massif du «droit de retrait» des cheminots a surpris, entraînant de très importantes annulations de trains (la totalité des TGV Ouigo, la moitié des TER et de très nombreux Intercités et trains franciliens étaient immobilisés, samedi), c’est bien une problématique de sécurité qui en est la cause: celle de l’«équipement agent seul» (AES). En clair: la présence du conducteur seul à bord, incompatible, estiment les organisations syndicales de cheminots, unanimes sur ce point (CGT, Unsa, Solidaires, CFDT, ou même encore FO, non représentative), avec les impératifs de sûreté élémentaires, surtout quand les équipements de sécurité tels les transmetteurs radio dysfonctionnent, comme on l’a observé sur certains TER. Imposée depuis une vingtaine d’années sur les lignes RER, cette politique de l’AES, qui conduit à supprimer la présence de contrôleurs dans les rames, a été étendue aux lignes TER, en dépit des alertes syndicales et des accidents qui ont montré sa dangerosité. La collision qui s’est produite dans les Ardennes est un cas d’école, le conducteur, lui-même blessé, ayant été contraint de descendre de son train après une probable panne radio pour sécuriser les voies afin d’éviter un choc avec les trains suivants, au détriment de l’assistance à la dizaine de blessés dénombrés parmi les passagers.

Pour Laurent Brun, il y a d’abord eu «du retard à l’allumage du côté de la direction de la SNCF», qui n’a pris la mesure du problème qu’à partir de jeudi soir. Un message de la direction de la communication de l’entreprise, qui a fuité dans la presse, révèle même qu’elle a tenté de minimiser voire d’étouffer l’accident de Saint-Pierre-sur-Vence, en donnant la consigne suivante aux cadres de la SNCF: «Pas de prise de parole ni ce soir ni demain, sauf polémique le sujet va s’éteindre.»

La CGT ne veut pas tomber dans la provocation gouvernementale

La situation aurait cependant pu rentrer dans l’ordre dès vendredi, lors de la réunion avec les organisations syndicales, estime le responsable cégétiste. Mais l’intervention gouvernementale a rebattu les cartes. «Vendredi soir, quand on est entré en négociation, la solution était proche. Une annonce d’emplois et de mesures précises était presque sur la table. Mais, en cours de soirée, il y a eu intervention politique et à partir de là, c’était: ‘‘On ne lâche rien, on ne discute plus, nous voulons des sanctions’’, rapporte le dirigeant syndical. Et là, on en prend pour trois jours, au lieu d’une journée. C’est le gouvernement qui a pris la responsabilité de prolonger la situation.» À cette attitude, une explication: pour Laurent Brun, la stratégie du pouvoir est «que ça dure et que ça pourrisse, car il a en tête d’autres échéances, comme les sujets qui touchent à la réforme ferroviaire en fin d’année, ou celui de la réforme des retraites». Bref, aux commentateurs qui ont accusé dans la presse la CGT d’instrumentaliser le problème de sécurité pour faire passer un «message» au gouvernement sur les réformes à venir, le syndicat renvoie le compliment sur le gouvernement.

Dans ces conditions, pour la CGT, prolonger davantage le droit de retrait ferait courir le risque de tomber dans la provocation du gouvernement. «Ils (la direction de la SNCF et le gouvernement – NDLR) font le choix de verrouiller toute discussion. La seule façon de débloquer la situation serait de poursuivre les droits de retrait plus longuement. Mais cela empêcherait d’autres sujets revendicatifs que ceux liés aux dangers graves et imminents», explique la fédération CGT dans une lettre d’information rédigée samedi soir.

Pour autant, le syndicat ne veut pas «en rester là». Et d’appeler, dans une autre déclaration, à un «conflit généralisé». «Ce gouvernement craint les cheminots. Il cherche à les épuiser à chaque conflit plutôt que d’en sortir rapidement par la négociation. Les cheminots et leur fédération CGT ne tomberont pas dans le piège tendu», affirme le communiqué, qui appelle les agents à faire grève «massivement» le 5 décembre – jour de mobilisation interprofessionnelle contre la réforme des retraites – «sur les sujets d’entreprise, notamment la sécurité, ainsi que (les) conditions sociales».

L’inspection du travail valide le droit de retrait

De son côté, l’Unsa ferroviaire, deuxième syndicat de la SNCF, estimait dimanche que certaines «avancées» ont été consignées par écrit par la direction à la suite de la réunion de vendredi: «Nous notons que la direction a pris en compte le fait que les engins en circulation sont vulnérables, mais nous maintenons le principe de précaution», a déclaré Didier Mathis, l’un des responsables du syndicat. L’Unsa tiendra des réunions à partir de lundi «pour décider de la stratégie à adopter». «La direction reconnaît qu’il y a un souci, mais il n’y a pas de mesures concrètes. Ce n’est pas fini, on va continuer», a réagi pour sa part Julien Troccaz, de SUD rail, troisième syndicat chez les cheminots.

Reste l’épineuse question des sanctions qui pourraient s’abattre sur les cheminots. La CGT promet d’être vigilante afin de n’en laisser passer aucune. Pour elle, le droit de retrait s’est justifié «par de multiples situations de danger identifiées dans chaque région» et est bordé juridiquement. L’inspection du travail du Grand Est (la région où a eu lieu l’accident des Ardennes) a en effet estimé que le danger grave et imminent était bien «caractérisé», et le droit de retrait des agents «justifié». Elle a même, selon une source syndicale, accepté d’accompagner aux prud’hommes les cheminots qui contesteraient une sanction. Laurent Brun se veut confiant: «Dès lundi, on va montrer les dossiers juridiques pour montrer que nous sommes dans notre bon droit. On a déjà affronté ce genre de situation sur les retenues de salaire opérées lors de la grève de 2018, et on a eu gain de cause. Le premier combat se mène régionalement et localement pour obtenir qu’il n’y ait pas de sanction.»

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Les cheminots face à une guerre de communication acharnée contre leur sécurité

20 Octobre 2019, 13:52pm

Publié par PCF Villepinte

 

Samedi, 19 Octobre, 2019

Sébastien Crépel

Le trafic ferroviaire était fortement perturbé, vendredi et samedi, à la suite d'un accident dans les Ardennes qui a déclenché un droit de retrait des cheminots dans toute la France. Mais la demande des agents de ne plus se trouver seuls à bord des trains se heurte à une violente campagne de la SNCF et de l'Etat de banalisation du risque, et de criminalisation de leur action. 

C’est l’accident de trop pour les cheminots. Douze blessés, dont le conducteur de la rame, dans la collision qui s’est produite, mercredi, entre un convoi traversant les voies de chemin de fer et un train express régional (TER) à la hauteur d’un passage à niveau de Saint-Pierre-sur-Vence (Ardennes). Le sur-accident a été évité de justesse, c’est-à-dire le choc entre un autre train et le convoi ou la rame à l’arrêt, grâce au sang-froid du conducteur. 

Des trains sans contrôleur

Parti des cheminots de Champagne-Ardenne, l’exercice du « droit de retrait » (c’est-à-dire le fait, pour un travailleur, de se retirer d’une situation « qui présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé », article L4131-1 du Code du travail) s’est depuis étendu à la plupart du territoire national, vendredi et samedi, perturbant fortement le trafic ferroviaire en ce week-end de départ en congés de la Toussaint. Selon la SNCF, on ne comptait qu’un TER sur deux en circulation samedi, aucune circulation des TGV à bas coût Ouigo, un trafic Intercités (grandes lignes hors TGV), Transilien et RER (lignes B, D, H et R en Île-de-France) « très perturbé ». Seuls les Hauts-de-France et le réseau des TGV ordinaires (9 sur 10 en circulation) semblaient épargnés. 

Pour les cheminots, la politique de l’« équipement agent seul » (EAS), qui consiste à faire circuler les trains avec un seul agent à bord, en l’occurence le conducteur, sans la présence d’aucun contrôleur dans la rame, met en danger le personnel et les voyageurs. Dans le cas de l’accident des Ardennes, le conducteur, « blessé, a dû partir de la rame pour installer des dispositifs de sécurité » sur la voie, a expliqué la CGT cheminots. « Etant dans un train sans contrôleur, les usagers ont été laissés seuls à bord », alors qu’on comptait onze blessés sur les 70 passagers. Et le syndicat d’indiquer, jeudi midi, que « les conducteurs de la région Champagne-Ardenne refusent de conduire les trains depuis le début de la matinée (de jeudi - NDLR) car ils n’acceptent plus d’être seuls et exigent le retour de la présence d’au moins un contrôleur dans chaque train ». 

La SNCF n'a pas réagi à temps

La situation aurait-elle pu être désamorcée à ce moment ? Dans les heures qui ont suivi, et faute de réaction appropriée de la SNCF, « le bouche-à-oreille » a en tout cas fonctionné, et le droit de retrait était « en train de s’étendre à tout le pays », jeudi soir, a alerté la CGT cheminots. Plutôt que de reconnaître la gravité du problème, la direction de la SNCF et le gouvernement ont lancé l’offensive sur le thème de la « grève » injustifiée et illégale, en tentant d’instrumentaliser le désarroi des voyageurs coincés dans les gares. Dans sa communication officielle en direction des usagers, la SNCF évoque ainsi depuis vendredi une « grève sans préavis » pour expliquer leurs désagréments. « Ce n’est pas une grève, c’est un droit d’alerte qui est utilisé par les agents, a rectifié le secrétaire général de la CGT cheminots, Laurent Brun, invité sur BFMTV vendredi matin. La vérité, c’est que la direction de la SNCF a négligé l’impact que pouvait avoir cet accident sur les collègues, et donc elle n’a pas pris de mesure. Nous avons déposé une alerte sociale hier matin (jeudi - NDLR), il n’y a pas eu plus de réaction, et ce n’est qu’hier soir (jeudi soir), quand l’entreprise a vu que, par le bouche-à-oreille, les agents (…) se mettaient en droit de retrait que là, elle a commencé à s’inquiéter. » 

Négociations et coups tordus

C’est en effet une véritable guerre de communication qui a alors été lancée dans les médias et sur les réseaux sociaux, pendant que de premières réunions de concertation se tenaient, sans résultat. « Négociations tendues et postures tordues », a résumé vendredi la CGT cheminots, au sortir d’un premier rendez-vous avec la direction de la SNCF. A l’issue de 4h30 de réunion, le relevé de décisions actait « quelques maigres ouvertures » et la tenue de « tables rondes en région » mais dont « les premiers retours ne sont pas à la hauteur », notait le syndicat. « Parallèlement, les mêmes dirigeants déploient sur le terrain des dizaines de cadres pour faire pression sur les agents qui refusent de prendre le service et leur remettre des ‘‘mises en demeure’’. Ils veulent provoquer des incidents pour détourner l’opinion publique des sujets que nous mettons en avant », mettait en garde la CGT. Effectivement, le directeur de la communication de la SNCF attaquait sur Twitter : « Pas de danger imminent = pas de droit de retrait. C’est une grève inopinée. Les mots ont un sens ». Le secrétaire d’Etat aux Tansports, Jean-Baptiste Djebbari, franchissait un pas supplémentaire en parlant d’une « grève surprise, (…) hors du cadre légal ». Une interprétation immédiatement relayée à droite sur le réseau social : « Je déplore le mouvement social sans préavis des cheminots (…). Les voyageurs ne peuvent pas être pris ainsi en otage », lançait la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse (divers droite, ex-LR). Quant au député LaREM Florent Boudié, il déplorait des « perturbations XXL » et « un sens des responsabilités taille S » des cheminots… « Toujours la même stratégie, mentir pour cacher le fait que la vie des usagers n’intéresse pas une direction qui ne pense qu’à l’argent », a répliqué le cheminot CGT Thomas Portes. 

Des précédents inquiétants

La posture de la direction de la SNCF est d’autant plus délicate qu’elle avait parfaitement connaissance des risques inhérents à la politique du conducteur seul à bord, depuis un rapport préventif de la CGT sur le sujet. Daté du 2 mars 2017, ce document, remis aux dirigeants du groupe ferroviaire et au ministère des Transports, prévenait noir sur blanc : « Le conducteur n’a pas les capacités matérielles et réglementaires d’assurer et garantir la sécurité des voyageurs et garantir la sécurité des circulations. Psychologiquement et humainement, c'est insoutenable. Les réponses managériales consistant à demander au conducteur (…) de gérer les voyageurs alors qu’il se trouve dans une situation d’urgence dont il connaît les conséquences dangereuses pour les circulations et pour les voyageurs, sont inacceptables ».

D’autres accidents ont d’ailleurs déjà eu lieu, comme l'a souligné Fabien Guillaud-Bataille, conseiller régional PCF et administrateur d’Île-de-France Mobilités, l’autorité francilienne des transports : « En Île-de-France, deux autres accidents sérieux ont également eu lieu récemment sur le réseau Paris Sud-est. (…) A chaque fois, les conducteurs, seuls personnels à bord des trains, se sont retrouvés isolés pour traiter, sans dispositif de communication efficient, de multiples procédures réglementaires et la situation des usagers en état de choc. Ce n’est plus tenable ». 

Le choix du pourrissement

Vendredi soir, une nouvelle réunion s’est tenue avec les organisations syndicales. Toutes - CGT, Unsa, Solidaires, CFDT, mais aussi FO (non représentative) - étant favorables au retour des contrôleurs à bord des trains. Sans plus de résultat, aux dires de la CGT : « Six heures d’enfumage, écrit la fédération dans un communiqué. Si, en début de soirée, les négociateurs laissaient penser qu’il pourrait y avoir du concret, (les discussions) n’ont abouti qu’à un verrouillage grandissant au fur et à mesure de la réunion ». Au cours de celle-ci, la SNCF a annoncé que la direction chargée des audits sécurité et le bureau enquête-accident étaient saisis, cependant, « ces deux structures n’étant pas indépendantes, la fédération CGT relativise l’intérêt de leurs conclusions et (s’en tiendra) à l’analyse des cheminots de la région ». Quant à remettre en cause la politique de l’EAS, l'entreprise campe sur son refus. Pour la CGT, « la direction prend donc la responsabilité de pourrir un peu plus la situation ». 

Menaces contre les cheminots 

Un peu plus tard, samedi, sur BFMTV, le PDG de la SNCF, Guillaume Pepy, a évoqué l’option de traîner les cheminots devant les tribunaux pour « faire juger » leur action et sanctionner une « grève sauvage ». Le premier ministre Edouard Philippe s'en est pris de son côté à un « détournement du droit de retrait » à « l’impact inacceptable ». Des déclarations contradictoires avec celle du secrétaire d’Etat aux Transports, vendredi soir, qui semblait soudain vouloir faire baisser la tension, en reconnaissant « une inquiétude parmi les personnels de l’entreprise qui s’est exprimée par des exercices de droit de retrait ». Pour Jean-Baptiste Djebbari, « la SNCF a pris les mesures d'urgence en interne pour assurer la sécurité de ses personnels et analyser les circonstances de l’événement. (…) De multiples échanges sont déjà intervenus entre la direction de l’entreprise et les représentants du personnel hier et aujourd’hui (jeudi et vendredi - NDLR). Ils se poursuivront dans les prochaines heures et les prochains jours ». Le secrétaire d’Etat annonçait également l’ouverture d’une enquête sur l’accident des Ardennes. 

Sébastien Crépel

 

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