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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Violence(s)

11 Mai 2019, 07:06am

Publié par PCF Villepinte

Violence(s)

https://4.bp.blogspot.com/-M5-r-hxgrOM/XNQuV0w8DjI/AAAAAAAAFyw/uV-NuqxOTzMzTpSQDqKYM9oywYgb7Sb8wCLcBGAs/s320/ob_fafc04_france-telecom-le-salarie-avait-ecrit.jpg 

France Télécom, l’exemple emblématique.

 

Suicides. Certains appellent cela du «management», d’autres «le feu de l’époque», qui témoignait et témoigne encore des souffrances extrêmes du «monde du travail». Comme si nous tendions un miroir spectral sur l’état de nos sociétés et les tréfonds extrêmes de la cruauté.

Le procès France Télécom, qui a débuté cette semaine, est l’illustration de ce monde invisible et pourtant si réel pour peu que nous osions encore regarder derrière les murs de beaucoup d’entreprises, quand la pression atteint le supplice, quand le passage à l’acte devient un acte ultime de résistance – idée insupportable. Le suicide est-il toujours, comme le disait Victor Hugo, «cette mystérieuse voie de fait sur l’inconnu»?

Mettre fin à ses jours révèle, parfois, une sorte d’état de légitime défense. Alors pourrions-nous presque écrire que le suicidé subit le suicide, quel que soit le «mode opératoire», comme le constatent froidement les cliniciens… Chez France Télécom, il y en eut de nombreux. Le bloc-noteur se souvient même d’une immolation par le feu, à Mérignac, sur le parking d’un des sites de l’opérateur. Un «choix» radicalement choquant pour ses proches, pour ses amis, pour chacun d’entre nous en vérité.

Le «choix» d’un homme qui, exténué par des années d’humiliations et d’amères expériences en tous genres, de mission en mission, ballotté ici et là au gré de sa hiérarchie et des instructions managériales imposées par le groupe, avait préféré se retirer de la pire des manières en laissant l’empreinte de sa mort sur un mur à jamais assombri…

 Cet homme se prénommait Rémi. En repensant à l’horreur de son sacrifice absolu, revinrent à notre mémoire les terribles souvenirs de l’ère Didier Lombard, dont la gestion des «ressources humaines» fut dénoncée à la suite de la vague de suicides au sein de ce fleuron national que le monde entier, jadis, nous enviait.

 Travail. Au seuil de la tristesse et du recueillement, quand toutes les frontières de la douleur ont cédé sous les assauts de l’injustice, que dire encore de la course à la rentabilité, des ambiances délétères, du «time to move»? Figure là tout ce que nous connaissons de l’évolution du travail au sein de l’économie dite «libérale», la pression, la précarisation, la subordination, la concurrence entre salariés, l’individualisation croissante des responsabilités, la désaffiliation, la sauvagerie du chacun-pour-soi…

 Les racines du mal sont connues, prêtes à ruiner les êtres les plus solides. Quand le travail tue. Comment expliquer, sinon, la dramatique multiplication des actes désespérés depuis des années, dans tous les secteurs, Renault, France Télécom, HSBC, BNP Paribas, La Poste, EDF, Sodexo, Ed, IBM, etc.? Répétons-le une bonne fois pour toutes: ceux qui se suicident au travail ne sont pas toujours des jean-foutre insouciants ou des bras cassés, des personnes dépressives ou mélancoliques, mais plutôt ceux qui aiment leur travail et se sont dévoués sans compter. Les salariés d’Orange, ex-France Télécom, en savent quelque chose.

 Comment s’étonner que les salariés de cette entreprise soient particulièrement concernés, eux dont les missions de service public s’incarnaient dans le savoir-faire, heureux et fiers de participer à ce bien commun que la République exalte tant. Orange a connu toutes les dérives des nouveaux modes de gestion par le stress, la rentabilité à tous les échelons, les mobilités forcées, la fixation d’objectifs irréalisables, les restructurations, les changements de métiers, sans parler de la détérioration des rapports entre salariés visant à briser tout esprit de corps.

Les remaniements de l’identité exigés, relevant de l’injonction à trahir les règles de l’art puis l’éthique personnelle, ont conduit les salariés, consciemment ou non, à se trahir eux-mêmes pour satisfaire les exigences des directions. Jusqu’au pire: le non-sens au travail. D’où cette question: travailler, est-ce seulement produire de la richesse pour des actionnaires invisibles, sans horizon d’épanouissement ni possibilité de se transformer soi-même, au service des autres?

 

[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 10 mai 2019.]

 

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Les fonctionnaires se mobilisent massivement contre la réforme de leur statut

11 Mai 2019, 06:51am

Publié par PCF Villepinte

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Carton rouge, bulletin rouge

10 Mai 2019, 06:48am

Publié par PCF Villepinte

Le Blanc-Mesnil (93)

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Plus de 250 personnes se sont réunies au Blanc-Mesnil, lundi 29 avril, au meeting de soutien pour la liste « l’Europe des gens contre l’Europe de l’argent » conduite par Ian Brossat. En présence d’Éliane Assassi et Fabien Gay (sénateurs de Seine-Saint-Denis), Marie-George Buffet (députée), Didier Mignot (conseiller régional) et de nombreux autres élus du département, ce meeting a permis de faire clairement entendre les exigences de changements politiques en France comme en Europe qui s’expriment dans le pays.

Loin de l’idée reçue d’institutions européennes éloignées de nos vies, ce moment a permis de démontrer l’impact concret des choix européens sur notre quotidien. Ainsi, pour reprendre les propos d’une intervenante : « Quand une CAF ferme à Bagnolet, c’est pour respecter la règle des 3 % de déficit maximum imposés par le traité de Maastricht. C’est cette même logique qui étouffe les municipalités et le département, rendant de plus en plus compliquées les politiques sociales permettant l’accès aux vacances, à la santé ou à la culture dont nous avons cruellement besoin. »

Tout ceci démontre la nécessité d’inviter largement à se déplacer aux urnes le 26 mai prochain. Il nous faut faire connaître notre ambition pour l’Europe. Loin d’une Europe qui oppose les peuples entre eux, nous voulons une Europe de coopération entre les peuples. Nous voulons une Europe qui œuvre tant pour la transition écologique que pour la paix. Nous voulons une Europe qui soit le moteur de la solidarité, un vecteur de développement des services publics et donc de réponse aux besoins des populations. Pour cela, le nombre de député·e·s issu·e·s de la liste « l’Europe des gens contre l’Europe de l’argent » au Parlement européen qui seront élu·e·s va compter.

                       https://d3n8a8pro7vhmx.cloudfront.net/pcf/pages/10245/attachments/original/1557417408/visuel-blanc_mesnil4.jpg?1557417408

À l’image des députés communistes européens sortants, nous voulons des parlementaires qui s’engagent avec les syndicats, associations et force citoyenne, tant en tant que lanceurs d’alerte que pour travailler avec le plus grand nombre à la construction de propositions alternatives.

Les députés communistes européens ont déjà su démontrer à plusieurs reprises leur efficacité dans la lutte et pour défendre les intérêts de la population. Patrick Le Hyaric, député européen sortant, a fait part, à l’occasion de ce meeting, de ses actions pour maintenir le programme d’aide alimentaire aux plus démunis, ou encore pour la mise en place d’une garantie jeunesse, dispositif d’aide à l’insertion professionnelle pour les jeunes de Seine-Saint-Denis, initialement exclu de ce dispositif.

Grâce à cela, « à Aubervilliers, 55 % des jeunes qui en bénéficient via la Mission locale d’insertion ont un emploi à la sortie ». Pour conclure cette soirée, Ian Brossat a rappelé que les politiques « vendues » par l’Union européenne ou la France « sont les mêmes ». Avec le « bulletin rouge » édité par le PCF pour ces élections, « on doit pouvoir faire coup double pour faire échouer ces politiques au plan européen et au plan national ! » « Carton rouge, bulletin rouge ! »

 

Émilie Lecroq

Membre du CEN

 

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PCF, retour en politique ?

10 Mai 2019, 06:37am

Publié par PCF Villepinte

 

Dans un texto, un très jeune étudiant en journalisme - il n’a pas 20 ans - à qui j’avais préalablement envoyé l’entretien avec Ian Brossat, tête de liste du PCF aux élections européennes, réalisé par le média Le vent se lève et paru le 27 avril dernier, a réagi comme suit : « Enfin une longue interview de Ian Brossat.

La seule que j’avais lue était celle de Politis. Globalement, je suis d’accord point par point avec son discours et je me satisfais que le PCF ait vocation à redevenir un parti proche des classes populaires et moyennes, de reprendre au centre de son projet les rapports économiques et le travail au lieu de tomber uniquement dans les sujets plus sociétaux. » Lisons le texto intégralement : « Mon seul désaccord, très anecdotique, est celui du mot gauche. Je pense - continue-t-il - que pour un grand nombre de gens la classification politique à gauche devient de moins en moins lisible et que ce terme fut sali par les sociaux-démocrates, et donc qu’il n’est plus à mettre en avant.

Et par ailleurs, il n’était pas ou très peu utilisé au début du XXe siècle, comme on peut le remarquer dans les discours de Jaurès. » Pour celles et ceux qui placent leurs espoirs politiques dans le PCF, ils savent bien qu’une hirondelle ne fait pas le printemps... Mais information importante, ce tout jeune homme m’avait, quelques temps auparavant, affirmé très fermement vouloir voter FI car il avait appris la politique en écoutant le chef de file du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, le seul à gauche qu’il admirait. Et lorsque, intrépide, j’osais évoquer le PCF, j’eus droit de sa part à un grand étonnement suivi de cette argumentation : ce parti était en voie de disparition, personne chez ses camarades de promotion envisageaient cette organisation bientôt centenaire comme faisant encore partie du paysage politique français. Quant aux plus cultivés d’entre eux, ils lient ce parti à la seule expérience soviétique.

Alors, je me permettrais de rappeler quelques extraits de cet entretien : « Nous avons voté contre le Traité constitutionnel européen… non par refus de l’Europe mais parce que nous avons perçu très tôt l’ADN libérale de cette Union européenne. Nous avons eu la volonté de représenter le monde du travail sur notre liste… depuis trop longtemps maintenant l’UE est la propriété des banques et de la grande bourgeoisie. Le PCF… est un parti d’une richesse incroyable composé d’hommes et de femmes désintéressés, généreux, qui se battent pour leurs idées, qui ne cherchent pas à faire carrière.

Le PCF peut être utile pour la période que nous traversons. Le PCF s’est longtemps battu autour du slogan Produisons français. J’assume parfaitement ce slogan. Si l’UE est puissante, c’est parce que nos chefs d’État étaient faibles. Ils ne cherchaient même pas à imposer leurs objectifs… » Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement. L’entretien est, bien entendu, disponible sur internet.

 

Valère Staraselski

écrivain

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Privatisation d’ADP : le PCF appelle les Français.e.s à s'emparer du RIP

10 Mai 2019, 06:29am

Publié par PCF Villepinte

Privatisation d’ADP : le PCF appelle les Français.e.s à s'emparer du RIP

Le Conseil constitutionnel a admis la recevabilité du référendum d'initiative partagée (RIP) déposé pour empêcher la privatisation d'Aéroports de Paris.

https://d3n8a8pro7vhmx.cloudfront.net/pcf/pages/10248/attachments/original/1557424325/visuel-adp.jpg?1557424325

Le PCF se félicite de cette décision qui intervient après un engagement de longue date des parlementaires communistes rejoints par de nombreux parlementaires d'autres forces politiques.

Cette privatisation serait un scandale d’État qui profiterait avant-tout aux intérêts privés. C'est la raison pour laquelle le PCF appelle les Français.e.s à s'emparer du référendum d'initiative partagé et contribuera avec ses militant.e.s à la collecte des 4,7 millions de signatures nécessaires au référendum. Nous serons par ailleurs particulièrement vigilants quant à la transparence du processus de collecte organisé par l’État.


Lors de son meeting à Toulouse* ce samedi 11 mai, Ian Brossat, tête de liste du PCF aux élections européennes s'exprimera sur son engagement contre cette privatisation en lien avec son projet européen.


Parti communiste français,

Paris, le 9 mai 2019.

 

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Best of de Fabien Roussel au débat "Quelle France pour quelle Europe"

9 Mai 2019, 12:32pm

Publié par PCF Villepinte

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Une mobilisation rassembleuse pour contester le G7 climat.

9 Mai 2019, 12:25pm

Publié par PCF Villepinte

 A l'occasion du G7 consacré à l’environnement et aux océans se réunissant à Metz les 5 et 6 mai dernier, une marche pour exiger la justice sociale et écologique s’est déroulée le samedi 4 mai et a rassemblé 3500 personnes.

Dès l’annonce de la tenue de ce sommet à Metz, des contacts ont été pris pour aller vers la construction la plus large possible. La déclaration unitaire lue par un dirigeant de la CGT Moselle a rassemblé une quarantaine d’associations, d’organisations et partis politiques. Les contacts unitaires ont été largement facilités par le travail en commun qui existait contre la création d’une plateforme Amazon dans l’agglomération messine depuis maintenant plusieurs mois. Des délégations étaient venues de tout le Grand Est, mais aussi de Belgique, du Luxembourg et d’Allemagne dont Heinz Bierbaum, dirigeant de Die Linke et du PGE. Des militants du Réseau Action Climat, d’Oxfam et de Greenpeace étaient également présents.

L’appel unitaire décrit la contestation du système ainsi que les exigences climatiques et sociales. La mobilisation des gilets jaunes, présents parmi les signataires, a facilité la prise en compte des urgences sociales par les associations et organisations plus mobilisées sur les questions d’environnement et d’écologie. Les associations contestant les projets autoroutiers en Alsace et en Lorraine étaient présentes comme le collectif Bure s’opposant à l’enfouissement des déchets nucléaires. La revendication de la préservation de la biodiversité était forte chez les manifestants. La marche a défilé dans une ville en véritable état de siège. En effet, trois mille policiers ont été mobilisés pour ce sommet. Cette situation n’a pas contribué à faciliter la venue à la manifestation.

Lors des prises de parole, Jacques Maréchal, secrétaire départemental du PCF, est intervenu pour dénoncer le projet de création de la plateforme Amazon en liant les questions sociales, environnementales et fiscales : comment une collectivité locale peut-elle favoriser la venue d’une multinationale dont la marque de fabrique est de pratiquer l’évasion fiscale à grande échelle? il a également souligné les effets néfastes des 300 véhicules/jour supplémentaires prévus pour la plateforme, et les conditions sociales désastreuses pratiquées par l’entreprise.

La déclaration commune énonce notamment: «Une poignée de grandes fortunes, de financiers et d’actionnaires… se gavent à coup de milliers de milliards, organisent l’évasion et la fraude fiscale à l’échelle mondiale avec la complicité de nos dirigeants. Des sommes colossales sont encore aujourd’hui investies dans des projets climaticides, en témoigne la menace de destruction qui pèse maintenant sur l’Amazonie avec l’ami de Trump, le fasciste brésilien Bolsonaro. Et que dire des dépenses militaires mortifères, qui, cette année, plafonnent à 1300 milliards de dollars!»

Les communistes avaient choisi de défiler derrière la banderole: Sauver la banquise, pas les banquiers!

La presse a souligné la très grande diversité des manifestants: Metz était teintée de toutes les couleurs. Démonstration a été faite que la question de la lutte contre le réchauffement climatique peut être l’objet de très larges rassemblements et porteurs de rupture systémique.

Marie Maréchal
Fédération du PCF de la Moselle

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Les Français ne travaillent pas moins que leurs voisins…

7 Mai 2019, 06:29am

Publié par PCF Villepinte

Productivité(s)

https://1.bp.blogspot.com/-8OzYjOLg8Sg/XMrRdMPDmXI/AAAAAAAAFyk/5WtjpvqYqOAxijFB-ggJP9FtXDXXRXobgCLcBGAs/s320/Non-les-Francais-ne-travaillent-pas-tous-de-9h-a-17h.jpg 

Les Français ne travaillent pas moins que leurs voisins…

 

Raisons. Lorsque le peuple s’en mêle vraiment, il arrive parfois que l’or pur se change en plomb vil. Ainsi en est-il, autant de nos institutions que de notre art démocratique républicain d’accommoder ce qu’il subsiste encore de notre «pacte social à la française».

Dans un climat idéologique déjà assez lourd, voilà que nos «élites» en rajoutent dans leur démagogie de vouloir classer les riches et les pauvres, occultant volontairement – et pour cause – les rapports de forces entre le capital et le travail, ce que beaucoup, instruits de Marx et de ses héritiers, n’oublient pas à l’heure des mécomptes du capitalisme.

Mac Macron et ses affidés n’ont donc pas de mots assez durs pour affirmer que les «Français travaillent moins que leurs voisins». Ridicule et déplacée, cette assertion déclinée à souhait par tous les libéraux patentés est d’abord et avant tout un mensonge éhonté, une mystification révoltante. Parodiant la célèbre réplique du chef-d’œuvre la Règle du jeu (Jean Renoir), nous pourrions dire: «Ce qui est terrible sur cette terre, c’est que tout le monde a ses raisons.»

D’autant que nous connaissons parfaitement bien celles de Mac Macron, qui puise ses «références» dans un célèbre institut de recherches économiques proche du patronat, Coe-Rexecode, qui ose évaluer la durée effective annuelle de travail des salariés européens sans tenir compte des temps partiels ni des indépendants, plaçant, de fait, la France dans une position atypique. Un exemple parmi d’autres: aux Pays-Bas, près de la moitié des salariés de 20 à 64 ans sont à temps partiel, contre 21% dans la zone euro, et 19,3% dans l’Hexagone. Même le journal le Monde (eh oui!) signalait cette semaine que les références de Coe-Rexecode étaient trompeuses, titrant sans détour: «Non, les salariés français ne travaillent pas moins que leurs voisins». 

 

Réalité. Ce point de vérité rétablie, et puisqu’il convient de parler des vrais chiffres économiquement démontrés et vérifiables, ceux de l’OCDE s’avéreront incontestables par sa méthodologie, dont nous conviendrons aisément qu’elle s’impose à tous. L’institut français de référence choisit en effet la réalité et retient dans ses statistiques le temps de travail annuel, peu importe que ce soit à temps partiel ou complet, ce qui paraît logique et honnête pour comparer ce qui doit l’être et ne pas se laisser enfermer dans le discours dominant du moins-disant social: «C’est mieux ailleurs.» 

Or, avec l’OCDE, les Français travaillent plus que les Danois, plus que les Néerlandais, et, bizarrement, même plus que les Allemands. Et pas un peu: 12% de plus! Au cas où la démonstration ne suffirait pas, le bloc-noteur ne résiste pas à l’envie de citer un organisme au-dessus de tout soupçon, à savoir Eurostat, l’une des directions de la Commission européenne chargée de l’information statistique.

À moins de qualifier les responsables d’Eurostat de dangereux «déviationnistes gauchistes», il se trouve que ces derniers parviennent à la même conclusion que l’OCDE: les Français, à temps complet et à temps partiel, travaillent 37,3 heures par semaine, plus que la moyenne européenne (37,1 heures), plus que les Néerlandais (30,4), plus que les Britanniques (36,5), plus que les Suisses (34,7), plus que les Allemands (34,9).

Spécificité Comprendre, n’est-ce pas déjà contester et, pourquoi pas, se révolter devant l’infâme propagande déversée du matin au soir? Que n’entend-on pas… «Fainéants» et «privilégiés», les Français? Un peu de sérieux et de dignité! Non seulement nous ne travaillons pas moins, mais nous sommes par ailleurs très productifs. Et de manière frappante. Qu’ils soient salariés ou indépendants, les citoyens travailleurs de notre pays développent un taux de productivité près de 15 points supérieurs à la moyenne européenne: 114,8 contre 100 pour les Vingt-Huit de l’UE, loin devant l’Allemagne (106,3).

Qu’on le sache, cette spécificité nous est jalousée. Le Monde cite opportunément une formule de l’hebdomadaire libéral britannique, The Economist: «Les Français pourraient être en congés le vendredi, ils produiraient encore davantage que les Britanniques en une ­semaine.» Rien à ajouter.

 

[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 3 mai 2019.]

 

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Réforme Macron : un hold-up sur les plus belles années à la retraite

7 Mai 2019, 06:22am

Publié par PCF Villepinte

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Le Premier ministre vient d’indiquer que le projet de loi sur les retraites sera présenté à la fin de l’été. La rentrée de septembre sera donc très fortement marquée par ces enjeux.

Après la cacophonie gouvernementale sur l’âge de départ à la retraite, Emmanuel Macron a fait le choix d’un allongement de la durée de cotisation. L’exécutif et J.-P. Delevoye, le haut-commissaire en charge des retraites, se fixent l’objectif de maintenir un niveau de dépense de retraite bloqué à un plafond, les 14 % du PIB actuel, malgré l’augmentation du nombre de retraités dans les années à venir. Là est le cœur du problème. Tout le reste en découle.

En matière de retraite, quand on regarde de près les dernières enquêtes d’opinion, les citoyens aspirent à une réforme qui puise apporter trois réponses claires pour éviter un véritable hold-up sur les années à la retraite en bonne santé puis, avec le vieillissement de la population, celles où l’aide et l’accompagnement à l’autonomie sera un vrai choix de société. Quel niveau de pension par rapport au salaire de fin de carrière ? À quel âge ? Pour quel niveau de vie ?

La stratégie du macronisme va consister à ne pas apporter des réponses claires à ces trois questions en essayant, comme le chef de l’État l’a fait lors de sa confrérie de presse, de noyer le poisson sur le « travailler davantage », le « différentiel avec nos voisins en termes de créations de richesse », la pseudo égalité avec un système de retraite « par points » sans que personne ne sache vraiment ce que vaudront ces « points »... Il va falloir contre-argumenter et le faire dans le cadre d’une bataille politique et idéologique de grande ampleur dans les mois à venir. Comment ?

D’abord en faisant la lumière sur une réalité : la réforme Macron aurait pour conséquence un effondrement du niveau des pensions de toutes et tous. Nous en ferons la démonstration. Quant à la réversion, elle deviendrait une option facultative. L’essentiel des salariés serait exclu de dispositifs de solidarité. Pour les femmes, c’est à coup sûr la double peine : les inégalités de salaires et de carrières creuseront encore plus les écarts sur le montant des pensions et sur les âges de départ. Avec cette réforme, les retraités seraient condamnés à voir leur pouvoir d’achat marginalisé par rapport à celui des actifs. Enfin, la réforme entraînerait un nouveau recul de l’âge effectif de départ à la retraite. Décaler son départ... mais jusqu’à quel âge ? Selon la dernière étude d’Eurostat réalisée en 2015, si la France se situe parmi les premiers en matière d’espérance de vie à la naissance, ses indicateurs en matière d’espérance de vie en bonne santé sont médiocres, en dessous de la moyenne européenne. C’est pourquoi la réforme Macron serait un véritable hold-up sur les plus belles années à la retraite. Après ce contre-argumentaire, nous présenterons nos alternatives. Nous parlerons des politiques d’austérité, des cotisations sociales, d’emploi et de salaires, du coût du capital que les entreprises payent et font payer à leurs salariés. Une réforme des retraites pose en fait de véritables enjeux de civilisation. Macron et sa majorité parlementaire veulent en finir avec la Sécurité sociale par une accélération libérale, étatique et autoritaire. Il est parfaitement possible de faire face aux défis démographiques à venir par un financement intergénérationnel et solidaire en s’appuyant sur les richesses créées par le travail. En refusant les préjugés sur le « troisième âge », dont le macronisme abuse, et le flot de contrevérités dominantes sur la vieillesse, on peut tout au contraire penser à une vie digne qui vaille d’être vécue jusqu’au bout de l’existence.

Le collectif de travail sur la réforme des retraites proposera différentes initiatives lors de l’université d’été et la Fête de l’Huma pour contre-argumenter, proposer une autre direction et agir dans un cadre unitaire de riposte à Macron. Avec une action en direction de la jeune génération : lors de notre dernière réunion, le collectif a évoqué cette dimension essentielle à la campagne sur les retraites.

Olivier Dartigolles, membre du CEN.

 

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