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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Mouvement social. « Gilets rouges ou jaunes, pour gagner il faut être plus nombreux »

20 Décembre 2018, 07:47am

Publié par PCF Villepinte

Jeudi, 20 Décembre, 2018

Sébastien Crépel

Le secrétaire général de la CGT revient sur la mobilisation qui bouscule le pays. Pour Philippe Martinez, ce mouvement ne s’oppose pas aux luttes syndicales, mais souligne les obstacles à lever sur lesquels bute l’action collective des salariés.

L a crise des gilets jaunes questionne fortement la capacité des syndicats à défendre efficacement les intérêts des salariés. Leur utilité est-elle remise en cause?

PHILIPPE MARTINEZ Ce qui est intéressant dans ce mouvement, c’est qu’alors que l’action collective a été dénigrée par ceux qui nous dirigent depuis des décennies, on voit un corps social qui retrouve le chemin de la mobilisation. Mais celle-ci se construit dans un contexte de mise à l’écart des organisations syndicales par les gouvernements successifs et par le patronat. Trop souvent, quand il y a des mobilisations, ceux-ci font comme si elles n’existaient pas, ou refusent de répondre aux attentes. En 2016, par exemple, il y a eu plus de monde dans les rues pendant quasiment un trimestre entier contre la loi El Khomri qu’avec les gilets jaunes aujourd’hui. Et le soutien de l’opinion publique aux manifestations était comparable. Or qu’a fait le gouvernement de l’époque? Il a fait le choix de jouer la carte de la division des syndicats. Cela ne veut pas dire que nous ne portons aucune responsabilité dans le fait que, parmi les gilets jaunes qui portent des revendications sociales, beaucoup n’ont jamais ou alors rarement croisé des syndicats. Dans ces conditions, il est difficile pour ces salariés de se convaincre de leur utilité. Nous sommes très en retard dans notre déploiement dans l’ensemble du monde du travail. Tant que la CGT ne rayonnera que sur 25 % du salariat, les 75 % de salariés restants ne connaîtront des syndicats que ce qu’on peut leur raconter par ailleurs. Et, en général, ce ne sont pas des compliments.

Comment la CGT appréhende-t-elle ce mouve- ment sans organisation ni coordination?

PHILIPPE MARTINEZ Notre position est claire sur ce mouvement des gilets jaunes. Il est parti d’une révolte contre la hausse du prix de l’essence, que partage la CGT, mais derrière on voyait bien le risque des mots d’ordre du refus de toutes taxes, cotisations comprises. Très vite, cependant, les banderoles ont affiché des slogans pour la hausse du Smic et l’impôt sur la fortune, comme sur les tracts de la CGT. Cela montre qu’on ne prêche pas dans le désert. Même si les jonctions ne sont pas évidentes au premier abord, ce mouvement est un mouvement social, hétéroclite dans sa composition, avec l’existence qu’il faut dénoncer de certains comportements inacceptables en son sein.

Les gilets jaunes ont obtenu des concessions du président de la République que le mouvement syndical a échoué à arracher malgré ses mobilisations ces dernières années. Cela vous conduit-il à repenser votre stratégie?

PHILIPPE MARTINEZ Nous devons constamment nous interroger sur la stratégie la plus efficace pour gagner. Ce que font les gilets jaunes percute d’ailleurs nos débats dans la CGT sur l’efficacité des «journées saute-mouton» (les journées d’action espacées dans le temps – NDLR) et des mobilisations du samedi. Or, si on ne conjugue pas les actions le samedi avec des actions dans les entreprises, le Medef pourra continuer à dormir tranquille. Quant aux manifestations, aux occupations de carrefours ou de péages autoroutiers, elles font partie des formes diverses de l’expression collective du mécontentement que le mouvement syndical a lui-même expérimentées. En 2016, on a connu aussi des occupations, des formes de lutte identiques. J’entends bien la volonté d’une partie des représentants politiques et des médias d’installer l’idée que certains seraient plus efficaces que d’autres. À mon sens, ce que démontre avant tout l’action des gilets jaunes comme celle des syndicats, c’est que l’action collective paie. Mais paie-t-elle à la hauteur des revendications? C’est, me semble-t-il, la question à poser. Dans leur lutte, les cheminots aussi ont obtenu des choses. Mais ils n’ont pas gagné tout ce qu’ils voulaient. De leur côté, les gilets jaunes ont arraché la hausse de la prime d’activité, la prime exceptionnelle dans certaines entreprises, mais ils n’ont pas gagné la hausse du Smic qu’ils revendiquent, ni le rétablissement de l’impôt sur la fortune. Si l’on veut obtenir davantage, il faut donc être encore plus nombreux à se mobiliser, et cela vaut pour tout le monde, gilets jaunes, rouges ou d’une autre couleur. Cela pose aussi la question de notre capacité collective de taper le cœur du système, c’est-à-dire le capital. Et le capital, ce sont les grands groupes, les multinationales.

Le contournement des syndicats n’est-il pas aussi la conséquence de luttes qui ne se traduisent plus par de nouvelles conquêtes?

PHILIPPE MARTINEZ Oui, le monde du travail peine à arracher de nouvelles conquêtes. Il y a eu des mobilisations importantes, mais sur les enjeux nationaux, depuis les 35 heures, nous avons empêché des reculs mais nous n’avons rien gagné de nouveau. Cela pose la question de l’action collective, des formes de lutte. Ce sont des constats que l’on fait nous-mêmes, on est d’accord de ce point de vue.

N’est-ce pas aussi le produit d’une politique qui a visé à casser les syndicats?

PHILIPPE MARTINEZ Depuis une dizaine d’années, le pouvoir a cultivé l’idée que le rôle des syndicats était d’accompagner ses mesures, et que ceux qui s’y refusaient devaient être mis sur la touche. En 2007, Nicolas Sarkozy faisait huer la CGT dans ses meetings. Emmanuel Macron est même allé plus loin en décidant d’écarter tous les syndicats, sans exception. Désormais, il fait son mea culpa tous les six mois. Il l’a fait en juillet, et encore ce mois-ci avec sa grande réunion avec les élus et les représentants syndicaux. Mais c’est de la communication.

Rien n’a donc changé à l’Élysée depuis la crise des gilets jaunes?

PHILIPPE MARTINEZ Le président de la République a-t-il écouté nos revendications après cette réunion? Absolument pas. À part dire qu’il parle trop brutalement, il n’a pas fait de remise en cause sur le fond. Quand le chef de la République en marche (Gilles Le Gendre – NDLR) dit «notre erreur est d’avoir été trop subtils, trop intelligents», cela signifie qu’ils prennent ouvertement les gens pour des idiots. C’est du Macron dans le texte. Et quand le premier ministre déclare qu’une partie des smicards font partie des «foyers les plus aisés», on voit bien que rien n’a changé réellement. La CGT ne leur servira pas d’alibi.

Les divisions du syndicalisme ne participent-elles pas du sentiment qu’il n’est pas au service des salariés dans leur diversité?

PHILIPPE MARTINEZ En effet. Tous les syndicats ont pour rôle de défendre les intérêts du monde du travail: c’est ainsi que raisonnent les citoyens. À partir du moment où ils estiment que ce n’est pas la préoccupation centrale des organisations, on entend sur les ronds-points: pourquoi n’arrivez-vous pas à vous mettre d’accord? Tant que ce sentiment perdurera, notre crédibilité sera entachée.

Les gilets jaunes ne posent pas la question de la lutte à l’entreprise ni ne désignent le Medef comme leur adversaire. Est-ce un obstacle pour réaliser la jonction avec les luttes et les grèves syndicales?

PHILIPE MARTINEZ Pour la plupart, les manifestants sur les ronds-points ne travaillent pas dans les grandes entreprises. Ce sont des chômeurs, des retraités, des salariés de TPE-PME, voire des petits patrons et artisans, ce n’est pas la masse de nos syndiqués. Le capital, le CAC 40, les actionnaires, ils ne les croisent pas dans leur vie. Pour eux, le Medef, qui est le symbole de la puissance de l’argent, c’est lointain. La CGT doit donc être plus précise dans la désignation des premiers responsables de la situation. Le plus heureux des mesures du gouvernement, c’est le Medef: il ne met pas la main à la poche. Geoffroy Roux de Bézieux (le président du Medef – NDLR) affirme d’ailleurs que ce mouvement social ne le concerne pas, puisque les usines ne sont pas occupées et que ses permanences ne sont pas attaquées. C’est le travail de la CGT que de rappeler qu’il y a de l’argent mais qu’il est mal orienté, parce qu’il va aux actionnaires et non aux salariés. La prime d’activité sera payée par les impôts de tous, pendant que ceux qui détiennent le capital vont toucher encore plus d’argent. Les syndiqués à la CGT discutent sur les ronds-points avec les gilets jaunes pour pousser ce débat. Tous les salariés de ce pays sont soumis à la pression des actionnaires, qu’on travaille dans une grande ou une petite entreprise, et même dans les services publics.

Il n’y aura pas de coup de pouce au Smic mais une augmentation de la prime d’activité, que ne toucheront pas tous les salariés payés au salaire minimum. Est-ce une avancée partielle ou bien une supercherie?

PHILIPPE MARTINEZ Quand on n’a rien ou pas grand-chose, 100 euros de plus, c’est toujours ça de pris. Mais la mesure reste une supercherie parce que ce sont les contribuables qui vont payer à la place de l’augmentation des salaires due par les patrons. Et puis, cette prime est inégalitaire, puisque la référence pour la toucher est le revenu du foyer. Comme les hommes gagnent souvent plus que les femmes, une grande part d’entre elles payées au Smic n’auront pas droit à ces 100 euros. C’est scandaleux! On a interpellé le gouvernement pour que s’ouvre une véritable négociation sur l’augmentation du Smic. Une telle hausse permet en effet de faire évoluer tous les salaires, et pas seulement le plus bas. Et, à la différence de la prime d’activité, qui ne génère aucun droit pour la retraite ni pour la protection sociale en général, le salaire produit des cotisations sociales qui comptent dans la rémunération du travail. Au lieu de cela, le gouvernement considère toujours que le travail est un coût et que le capital doit être épargné. Les cadeaux stupides continuent, comme la défiscalisation des heures supplémentaires. Croit-on que c’est en faisant travailler plus ceux qui ont déjà un emploi que ça va permettre à ceux qui n’en ont pas d’en trouver un?

Le gouvernement a annoncé vouloir maintenir le train de ses réformes. Qu’envisage la CGT comme riposte pour le début de 2019?

PHILIPPE MARTINEZ Nous estimons qu’il faut remettre le couvert rapidement, en mobilisant dès le début de l’année sur des questions essentielles comme les salaires et la justice fiscale. Nous sommes à l’initiative pour porter ces revendications avec le maximum d’organisations syndicales de salariés et de jeunesse à l’occasion d’un temps fort après les congés, dans des formes qui restent à définir.

Entretien réalisé par Sébastien Crépel

 

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Best Of Territoires d'Infos - Invité politique : Fabien Roussel (19/12/18)

20 Décembre 2018, 07:29am

Publié par PCF Villepinte

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Willy Pelletier : " Le mouvement des gilets jaunes participe à sauver la démocratie"

19 Décembre 2018, 07:19am

Publié par PCF Villepinte

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Pensions. Les retraités face au mur de Bercy

19 Décembre 2018, 07:10am

Publié par PCF Villepinte

 
Journée d’action des retraités à Paris, le 18 décembre, pour protester contre les choix du gouvernement. Alain Jocard/AFP
Journée d’action des retraités à Paris, le 18 décembre, pour protester contre les choix du gouvernement. Alain Jocard/AFP
 
Le gouvernement n’a pas daigné recevoir hier les organisations mobilisées pour le pouvoir d’achat, qui continue de pâtir de la hausse de la CSG.

Ils devront y retourner. Les retraités mobilisés hier, à l’appel de 9 organisations et syndicats, devant le ministère de l’Économie et des Finances, n’ont obtenu aucune entrevue de la part du ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, ni de l’un de ses conseillers. Quant à la République en marche, ses députés ont consenti à un rendez-vous « en urgence »… dans plus d’un mois. Il leur faudra donc retourner dans la rue pour se battre pour leur pouvoir d’achat et le niveau de leurs pensions.

Les centaines de cheveux gris présents hier devant Bercy y étaient d’ores et déjà prêts, tant l’annonce par Emmanuel Macron, la semaine dernière, d’un petit coup de pouce concernant la CSG sur leurs pensions ne les a pas convaincus. Foi de Muriel Pénicaud, par la grâce d’un relèvement du plafond des ressources, 3,5 millions de foyers fiscaux ayant été touchés par la hausse en 2018 de la CSG sur les pensions ne paieront plus ce surcroît de taxe en 2019. Mais il leur faudra être patients. Le gouvernement a confirmé hier que, par souci technique, les caisses de retraite allaient continuer de prélever cette somme jusqu’à fin juin, puis rembourser le trop-perçu. « Cette exemption est une escroquerie, décrypte Georges Bouchard, du SFRN-FSU. Quand Macron parle d’exonérer les retraités en dessous de 2 000 euros, il ne parle pas du montant de la pension, mais de l’ensemble de leurs revenus. Et le pouvoir d’achat ne va pas s’améliorer, puisque les pensions ne sont toujours pas indexées sur l’inflation. » (La CGT revendique l'indexation sur les salaires)

« Nos pensions, c’est un retour de nos cotisations »

La faible augmentation (+ 0,4 %) du niveau des retraites annoncée pour 2019 a aussi ajouté de l’huile sur le feu. « Ça ne couvre même pas la hausse des prix de cette année, s’indigne Hélène. On nous fait maintenant l’aumône. C’est inadmissible. Nos pensions, c’est un retour de nos cotisations. Ce n’est pas de l’aide sociale ! » À quelques pas de Bercy, Jacqueline, du collectif des retraités CGT de Gentilly (Val-de-Marne), envisage elle aussi très concrètement les demi-concessions gouvernementales : « Ça va être vite fait d’être au-dessus du plafond pour la CSG. Et il faut aussi supporter toutes les autres augmentations des dépenses de la vie courante, comme celle de la mutuelle, qui revient à plus de 1 000 euros de cotisation par an et par couple. Nous, on ne peut pas se le permettre. J’ai travaillé toute ma vie. J’ai cotisé plus de trimestres qu’il n’en fallait. Résultat : ma pension baisse. Tout ce qu’Emmanuel Macron nous annonce, c’est de la poudre aux yeux. »

Stéphane Guérard avec Candice Biriki L'Humanité 19 12 2018
 

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Gilets jaunes/Abandon de mesures d'accompagnement : "une honte !" (Ian Brossat-PCF)

19 Décembre 2018, 07:03am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 18/12/2018 par PCF

Selon une information de l'AFP, le gouvernement s'apprête à renoncer à une partie des "mesures d'accompagnement" annoncées par le Premier Ministre au début du mouvement des "gilets jaunes", notamment l'extension du chèque énergie à 2 millions de foyers de plus.

Cette décision est une honte. Elle est d'autant plus scandaleuse que la France compte 5 millions de ménages en situation de précarité énergétique.

Donner d'une main, prendre de l'autre : telle semble être la devise de M. Macron et du gouvernement.

Plus les jours passent, plus les Français s'aperçoivent que les annonces du Président de la République sont en réalité une gigantesque arnaque.

 

Ian Brossat, porte-parole du PCF

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La vérité sur le pouvoir d’achat des retraités

18 Décembre 2018, 08:42am

Publié par PCF Villepinte

Jeudi, 13 Décembre, 2018

L'Humanité Dimanche Jean-Christophe le Duigou

Fini la parité actifs-retraités. Selon plusieurs projections de long terme, les pensions (1300 euros en moyenne) vont progresser deux à trois fois moins vite que les salaires d’ici à 2060.

«Il faut arrêter d’emmerder les retraités », avait déclaré sur un ton péremptoire Emmanuel Macron. Hélas, la mise en garde ne semble pas avoir eu d’effet. Avec le quasi-gel des pensions, les retraités vont subir une ponction sans précédent sur leurs revenus. Et cela est décidé en toute bonne conscience par un gouvernement qui estime que les retraités seraient plus riches que les actifs. « Inacceptable » a priori dans une société en crise, au sein de laquelle les jeunes peinent à trouver un emploi. Pourtant, la réalité que vivent une bonne partie des 16 millions de retraités est bien différente de cette image qui tient de la caricature.

Certes, la situation des retraités s’est sensiblement améliorée sur une longue période avec l’arrivée à l’âge de la retraite de personnes, essentiellement des femmes, ayant accompli des carrières complètes. Au lendemain de 1968, le niveau de vie des seniors était de 30 % inférieur à celui de la population dans son ensemble. Trente ans plus tard, cet écart est comblé. Le Conseil d’orientation des retraites (COR) a plusieurs fois fourni les données fort complètes, mais qui ont été détournées dans des campagnes visant à enfoncer un coin entre les actifs et les retraités. Retenons deux constats du COR: le niveau de vie des retraités est supérieur de 5,8 points à celui des actifs. Le patrimoine brut médian des retraités est, quant à lui, supérieur de 16 % à celui des actifs.

Notons d’abord qu’il s’agit là de chiffres globaux qui agrègent différentes catégories de revenus et de patrimoines et qui ne reflètent ni les situations diverses des retraités ni celles des actifs. Si l’on raisonne en termes de pensions et non de revenus, la photographie est différente. La pension de droit direct n’est, en moyenne, que de 1300 euros net, soit à peine plus que le Smic, et nettement moins que le salaire moyen qui se situe à 2200 euros. Et que dire des dizaines de milliers de retraités qui doivent vivre avec les 833 euros du minimum vieillesse!

Faut-il ensuite s’étonner de l’importance du patrimoine dans les revenus des retraités? Ce qui pose un problème n’est pas qu’au bout de quarante ans de vie active un ménage de retraités puisse posséder un logement ; la question est celle des inégalités accrues liées à la détention d’un patrimoine financier.

Ces vingt dernières années, le niveau de vie des retraités a évolué comme celui de la population, c’est-à-dire très faiblement. D’un côté, les pensions sont sous-revalorisées. De l’autre, le maintien d’un haut niveau de chômage pèse négativement sur les salaires. Mais ce qu’il faut prendre en compte, c’est la trajectoire sur laquelle les réformes successives ont placé les pensions. Fini la parité actifs-retraités. D’après les travaux du COR, qui a réalisé plusieurs projections de long terme, les pensions vont progresser deux à trois fois moins vite que les salaires d’ici à 2060.

Ainsi, la pension moyenne relativement au salaire va chuter et, avec elle, le niveau de vie moyen. Suivant une hypothèse plausible, le niveau de vie du retraité ne représentera plus que 75% de celui d’un actif dans quarante ans. C’est à la lumière de cette perspective qu’il faut juger le discours sur les «retraités privilégiés» et s’opposer aux mesures gouvernementales inacceptables.

Jean-Christophe Le Duigou, Économiste et syndicaliste

 

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Inégalités. Des maires portent plainte contre l’État

17 Décembre 2018, 08:06am

Publié par PCF Villepinte

Lundi, 17 Décembre, 2018

Aurélien Soucheyre

C’est une première. Plusieurs élus de Seine-Saint-Denis ont décidé d’attaquer l’État en justice pour rupture d’égalité républicaine, face au recul constant des missions régaliennes.

Une nouvelle banderole orne la mairie de Stains (Seine-Saint Denis).

 Elle ne complète pas les décorations de fin d’ année : elle indique que la ville «  porte plainte contre l’État pour rupture d’égalité républicaine ». Samedi midi, une quinzaine d’élus municipaux du département sont montés sur la façade de l’hôtel de ville pour la dévoiler. « C’est une démarche inédite. Si dans le passé des citoyens, des collectifs, des associations ont pu attaquer l’État, c’ est bien la première fois que des maires le font », annonce gravement Azzédine Taïbi.

 Le maire PCF de Stains raconte que « cette bataille est devenue indispensable pour les habitants », à force de « suppressions de services publics » et de « missions régaliennes en recul » sur l’éducation, la sécurité et la justice.

En tout, cinq communes ont décidé de porter plainte. À Stains s’ajoutent Saint-Denis, L’Île-Saint-Denis, Bondy et Romainville. De leur côté, Montreuil, Aubervilliers et Le Pré-Saint-Gervais soutiennent cette action et envisagent de s’y associer.

 « L’État est faible en Seine-Saint-Denis et fait semblant de ne pas le savoir! » assène Sylvine Thomassin, maire PS de Bondy. Les élus présents dénoncent cet abandon depuis quarante ans et ont décidé de passer la vitesse supérieure. Un rapport parlementaire est venu leur prêter main- forte en mai.

 Réalisé par les députés François Cornut-Gentille (LR) et Rodrigue Kokouenko (LaREM), le document pointe un État « inégalitaire et inadapté » et une «  République en échec » en Seine-Saint-Denis. « Les politiques de droit commun ne sont pas respectées et sont bien en deçà de celles mises en place dans le reste du pays  », est-il stipulé. Les faits reprochés sont très graves et ne s’arrêtent pas là, puisque des « sous-effectifs injustifiables à mission égale » sont aussi dénoncés.

« Pourquoi un enfant d’ici aurait moins de droit ? »

Ce département compte par exemple 9 % d’officiers de police judiciaire au sein de ses effectifs de police, contre 12 % dans les Hauts-de-Seine , 15 % dans le Val-de-Marne et 17 % à Paris , alors même que le taux de criminalité y est plus élevé. Les délais d’audience au tribunal de Bobigny y sont de 12 mois, contre 2 mois à Paris. Et l’établissement scolaire le mieux doté de Seine-Saint-Denis reste en dessous du moins bien doté à Paris.

 Qu’ils soient enseignants, policiers ou magistrats, les fonctionnaires y sont très jeunes, avec un taux de rotation record. À Bobigny, un tiers des magistrats du siège quittent tous les ans le tribunal. Et les néo-titulaires qui réalisent leur première année d’enseignement dans des établissements difficiles sont 21 % en France, 41 % dans l’académie de Créteil et 65 % en Seine-Saint-Denis.

« L’État est un témoin incapable et complice. Il est coupable de non- assistance à personne en danger  », relance, combatif, Azzédine Taïbi. Aux yeux du maire, les élus locaux « portent à bout de bras les politiques publiques et ne peuvent plus se satisfaire des miettes ». « On a trop longtemps été considérés comme des invisibles, mais nous sommes indivisibles et on ne lâchera rien », prévient-il. « Personne ne peut expliquer pourquoi un enfant d’ici aurait moins le droit à l’éducation et un adulte moins le droit à la sécurité! » tance à son tour Florian Vigneron.

 L’élu PCF à Montreuil mesure qu’il faut « réaliser des actions extraordinaires pour obtenir de temps en temps autant que les autres » sur ce territoire, citant la récente réquisition de locaux vacants de l’État pour sortir les résidents du foyer Bara de l’insalubrité.

« Le recours, c’est pour dire à l’État: vous n’êtes plus présent, vous êtes défaillant, vous nous avez oubliés », argumente Meriem Derkaoui. La maire PCF d’Aubervilliers précise qu’à population équivalente, cette commune dispose de moins de bureaux de poste, de CAF et de tribunaux que Versailles. À côté de Mohamed Gnabaly, maire (SE) de L’Île-Saint-Denis, David Proult porte la dernière estocade.

« Le plan Borloo pour les quartiers populaires a été enterré. Il portait pourtant une question essentielle : celle de géolocaliser les dépenses de l’État. On en a assez de la charité et des politiques de rattrapage, ce qu’on demande c’est de voir la totalité du budget et l’origine des inégalités », insiste l’élu PCF de Saint-Denis. C’est là-dessus que l’avocat Arié Alimi entend saisir le tribunal administratif contre l’État : « Comment pouvez-vous attribuer les moyens nécessaires sans politique d’évaluation ? C’est la première faute, la première carence de l’État que nous visons. » Avec l’ objectif d’en terminer avec « une terrible injustice et un terrible gâchis pour le pays», selon Marie- George Buffet , députée PCF du département.

Aurélien Soucheyre

 

 

 

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DE LA COLERE A L'ESPOIR

16 Décembre 2018, 19:42pm

Publié par PCF Villepinte

CLEMENTINE AUTAIN

 

INVITATION

REUNION PUBLIQUE

MERCREDI 19 DECEMBRE 2018

 

A 19 H A LA « SALLE DU VERT-GALANT »

7 AVENUE DE LA GARE, VILLEPINTE

ECHANGEONS ENSEMBLE POUR, NOUS AUSSI, FAIRE ENTENDRE NOTRE VOIX DANS LE CLIMAT DE CHANGEMENT SOCIAL QUI AGITE NOTRE PAYS.

 

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Vote du budget : un festival de coups fourrés

16 Décembre 2018, 09:25am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Samedi, 15 Décembre, 2018

Racket des retraités, protection des plus riches et du patronat... l’irruption populaire n’arrête pas l’Assemblée. Douze forfaitures passées en revue.

1  Allocations familiales et logement

Le budget 2019 prévoit une revalorisation plus proche de l’aumône que de la justice: +0,3%. Et ce pour 2019… comme pour 2020! Un chiffre à comparer avec celui de l’inflation: +1,9%, selon le dernier indice de l’Insee. Sont concernées les APL, le complément mode de garde, l’allocation de rentrée scolaire, l’allocation de base de la prestation du jeune enfant (Paje), l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé et la prime à la naissance. La majorité a refusé plusieurs amendements, malgré des débats sur l’indexation de ces hausses sur l’inflation.

 

2  Les pensions de retraite

Le budget prévoit aussi une hausse de seulement +0,3%, loin de l’inflation, en2019 et2020. La baisse de revenu équivaut à 200euros par an en moyenne. Soit, en 2020, une perte de 400euros de pouvoir d’achat. S’y ajoute la hausse de la CSG de 1,7%. Même si la seuil a été relevé à 24000 euros annuels (33000 pour un couple) par le président lors de son allocution, ça reste un véritable racket.

 

3  Le secteur hospitalier

C’est dans le cadre du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), examiné à l’Assemblée, que la majorité et le gouvernement poursuivent leurs coups fourrés. Le budget de la Sécu prévoit une baisse de 910millions d’euros de celui des hôpitaux, qui sont déjà exsangues. Pour l’ensemble de l’assurance-maladie, le PLFSS exige une baisse de 3,8milliards d’euros. L’équilibre de l’ensemble du budget est un trompe-l’œil qui cache donc une nouvelle mise en cause de la Sécurité sociale. Que les députés LaREM ont votée, le 3décembre, comme un seul homme.

 

4  Cumul Cice et cotisations sociales

C’est le symbole de la gabegie du gouvernement, qui gaspille l’argent public à tout-va. Car le Cice est inefficace pour l’emploi, mais la volonté du gouvernement de le transformer en baisse de cotisations sociales pérennes sur les salaires inférieurs à 2,5 Smic entraîne une double dépense en 2019: au total, c’est 42milliards d’euros que les entreprises vont toucher, sans aucune contrepartie! Pour rappel, cela équivaut à près de 3,5 points de PIB! Malgré la bataille menée par la gauche au Parlement, la majorité reste arc-boutée sur cette idée. Et au Sénat, la majorité de LR a voté ces dispositions les yeux fermés, bien entendu…

 

5 IFI-ISF

C’est un des enjeux majeurs du budget, une revendication centrale des gilets jaunes, ainsi que le péché originel de Macron: la suppression de l’ISF. Cet impôt rapportait 4,2milliards d’euros par an, alors que son «remplaçant», l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), ne rapporte que 1,2milliard d’euros. Malgré de multiples amendements venus de toute la gauche, et même l’interrogation de certains ministres, le gouvernement ne veut rien lâcher… pour l’instant. Édouard Philippe a annoncé la création d’un comité d’experts pour évaluer l’utilité de la suppression de l’ISF… sauf qu’une note de Bercy datée de l’année dernière le précise: cette suppression aura un effet d’environ 50000 emplois et 0,5 point de PIB… sur vingt ans. Le tout pour un coût astronomique.

 

6 Flat tax, dit prélèvement forfaitaire unique (PFU)

C’est l’angle mort du débat sur l’ISF: les revenus du capital sont, depuis l’année dernière, tous taxés au taux unique de 30%. C’est cette mesure qui est la plus injuste et enrichit les millionnaires davantage. Suppression de l’ISF et instauration du PFU ont permis au 0,1% le plus riche de gagner 86000euros par an.

 

7 Baisse du taux d’impôt sur les sociétés

Amorcée l’année dernière, la baisse voulue par Macron se poursuit, avec l’objectif de passer de 33% en 2018 à 31% en 2019, puis progressivement à 25% en 2022. Si le dispositif est aujourd’hui favorable aux entreprises dont les bénéfices sont en dessous de 500000euros, ce ne sera pas le cas dès 2020: toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, seront concernées. Le manque à gagner se monte déjà à 2,4milliards d’euros.

 

8  Exit tax

Festival de coups fourrés: le 15novembre, la majorité a fixé à 5 ans le délai après lequel un contribuable expatrié fiscalement peut vendre son patrimoine mobilier (actions, parts d’entreprise) sans rien devoir au fisc… Et encore, le gouvernement voulait 2 ans: une faveur que lui a accordée la majorité de droite au Sénat, le 3décembre. En plein mouvement des gilets jaunes, le gouvernement et la droite ont le sens des priorités.

9 Cumul de toutes les exonérations fiscales du PLFSS

Un chiffre en dit long sur les cadeaux fiscaux au patronat: 71milliards d’euros. C’est le total des exonérations patronales dans le budget de la Sécu, entre le Cice transformé et les allégements de cotisations sur les bas salaires, notamment. Autant de moins dans les recettes de la Sécu.

 

10 Travail dissimulé

La fraude des entreprises au travail dissimulé atteint 25milliards d’euros par an, mais pour la Macronie, pas de problème. Dans le PLF 2019, en cas de sanctions, les employeurs fraudeurs pourront moduler leurs remboursements de cotisations non versées. Et ce, même si les faits sont relatifs à de «l’esclavage moderne»! Une belle incitation… d’autant que, malgré la volonté affichée par le gouvernement, les inspecteurs du travail n’ont pas les moyens de mener à bien leurs missions.

 

11 Gel du point d’indice des fonctionnaires

Depuis dix ans, sauf en juillet2016 et février2017 (+0,6% à chaque fois), le salaire des fonctionnaires est gelé par les gouvernements successifs. Un choix assumé par Gérald Darmanin dès juin dernier, et entériné par le Parlement, malgré de nombreux amendements de la gauche.

 

12 Contrats aidés

Après un premier coup de rabot, l’année dernière (de 401000 en 2016 à 260900 en 2017), l’hémorragie continue: selon la Dares, l’institut statistique du ministère du Travail, le nombre d’emplois aidés signés en 2018 est de seulement 60000, sur 200000 prévus. Dans le budget 2019, 130000 PEC (parcours emploi compétences) sont budgétés. Précision de la Dares: cette diminution a entraîné 77000 suppressions d’emplois et poussé 55000 personnes vers Pôle emploi.

 

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CGT : TOUJOURS MOBILISES LE 18 DECEMBRE

15 Décembre 2018, 11:02am

Publié par PCF Villepinte

 

Publié le 14 déc 2018
 
C’est urgent, c’est nécessaire, c’est maintenant !!!

Pour la CGT, les revendications auxquelles il faut répondre, pour « un état d’urgence économique et social », sont : l’augmentation immédiate du Smic à 1 800 euros, l’augmentation généralisée des salaires, des pensions, du point d’indice dans la fonction publique, plus de justice fiscale, le rétablissement de l’impôt sur la fortune, l’exigence des négociations sur les salaires dans les entreprises, des services publics qui répondent aux besoins, la relance de la politique industrielle.

Les mesures annoncées par Macron ne répondent en rien à l’urgence sociale : plus de 8 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté, et ce ne sont pas quelques euros qui vont leur changer la vie.

Les salariés ne demandent pas l’aumône mais une réelle reconnaissance de leur travail. Les privés d’emploi et les précaires subissent les choix désastreux du patronat.

Une vraie reconnaissance du travail, c’est prendre aussi en compte ceux qui ont travaillés toute leur vie et créés des richesses du fait de leur travail.

Or, l’annulation de l’augmentation de la CSG pour les retraités touchant moins de 2 000 euros de retraite pour l’année 2019, est un simulacre de réponse.

La prime exceptionnelle : elle est au « bon vouloir ». En réalité, beaucoup de salariés n’en verront pas la couleur et, cerise sur le gâteau, les entreprises qui le font déjà bénéficieront d’un effet d’aubaine par une exonération de cotisations sociales compensée financièrement par les salariés.

Macron continue sa politique libérale, ne demande rien au patronat et met en danger la Sécurité sociale en désocialisant les heures supplémentaires.

La France est le pays où les grands patrons ont eu une augmentation de salaire de 10 % en 2017, atteignant en moyenne plus de 3,8 millions d’euros par an.

Sans vouloir, aujourd’hui, revenir sur les 200 milliards d’euros de cadeaux fiscaux donnés au patronat et notamment les grandes entreprises, l’équilibre budgétaire se traduira par la double peine pour les salariés :

  • ils paieront encore plus d’impôts à la place des entreprises et des dividendes versés aux actionnaires ;
  • la réduction de la dépense publique se traduira par la dégradation des services publics, encore moins présents et aggravant les inégalités territoriales et sociales.
Pour la CGT, l’heure est à la mobilisation pour :
  • l’augmentation des salaires, du point d’indice des fonctionnaires ;
  • pour une indemnisation de tous les chômeurs parce qu’on ne choisit pas d’être licencié ;
  • pour la réduction du temps de travail à 32 heures ;
  • pour l’augmentation des pensions, pour un départ à la retraite à 60 ans à taux plein, son indexation sur les salaires, avec un départ anticipé pour la reconnaissance de la pénibilité ;
  • pour l’égalité salariale, il est inacceptable que les femmes perçoivent 25 % de moins que les hommes ;
  • pour le rétablissement de l’impôt sur la fortune et un impôt progressif.

Après  le 14 décembre, la CGT appelle tous les salariés à poursuivre la mobilisation le 18 décembre.

Télécharger le tract en pdf.

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