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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Commémoration de l’abolition de l’esclavage : A quand les actes ?

10 Mai 2018, 08:54am

Publié par PCF Villepinte

 

 

Le 10  et le 23 mai, nous, commémorons l’abolition de la traite négrière et de l’esclavage mais aussi la souffrance des esclaves, cet asservissement humain hideux reconnu,désormais, crime contre l’humanité.

Emmanuel Macron, dans une déclaration, pour le 170ème anniversaire de la 2ème abolition de l’esclavage, a eu des morts forts : « … pour ne pas éroder la force des mots, il faut leur donner l’épaisseur des actes... je souhaite que l’Etat prenne enfin sa part pour inscrire pleinement cette mémoire dans notre récit national… »

Au-delà des effets de style, il y a les paroles et les actes :

L’annonce de la fondation de la mémoire de l’esclavage à l’hôtel de la Marine à Paris n’est en fait que la preuve que les engagements pris par son prédécesseur il y a 2 ans vont être tenus. Nous n’attendions pas moins d’un président qui veut donner de l’épaisseur aux actes  et inscrire la mémoire de l’esclavage dans notre récit national.

Par contre Emmanuel Macron était attendu sur le projet du 1er musée de l’esclavage sur le territoire métropolitain, le conseil municipal de Paris s’était prononcé favorablement à ce projet, sur proposition des élus communistes, le 27 septembre 2017, une décision saluée par les associations.

Le Parti Communiste Français estime  choquant que le président, pour  refuser le projet de musée, oppose ce dernier au Mémorial Acte, en Guadeloupe, centre caribéen d’expressions et de mémoire de la traite et de l’esclavage.

La traite européenne a arraché à l’Afrique 12 à 13 millions d’êtres humains. La France porte la responsabilité de la déportation d’1,2 millions de personnes dont 80 % furent destinés à Saint-Domingue mais aussi à la Martinique et à la Guadeloupe.

Le travail de mémoire et d’éducation ne concerne pas que les départements et les territoires d’outre-mer, il ne concerne pas que les descendants d’esclaves, il concerne tous les français. Il y a un déficit historique à combler pour que la France regarde son passé colonial. IL y a 12 000 musées en France mais toujours pas de Musée consacré à la mémoire de l’esclavage, toujours pas de musée consacré aux luttes d’émancipation des esclaves, toujours pas de musée pour faire connaître les grandes figures abolitionnistes françaises comme RobespierreToussaint Louverture ou Victor Schoelcher.

Le devoir de mémoire, la reconnaissance des crimes coloniaux, la lutte contre le racisme sous toutes ses formes exige que ce musée voit le jour, à Paris, avec le soutien de l’Etat. Ce serait comme le dit si bien Emmanuel Macron donner de l’épaisseur à ses actes.

 

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3 mai des Amis : libérez la télévision !

10 Mai 2018, 08:48am

Publié par PCF Villepinte

Charles Silvestre, Vice-président des Amis de l’Humanité
Mercredi, 9 Mai, 2018
Humanite.fr

Rendez-vous au cinéma Max-Linder le dimanche 13 mai à l’invitation des Amis de l’Humanité autour du film 1er mai à Saint-Nazaire.

Le film qui ouvrira la séance organisée par les Amis de l’Humanité, le dimanche 13 mai, à Paris, au cinéma Max-Linder est historique à un double titre. 1er mai à Saint-Nazaire, préfigure, en 28 minutes, mai 68. Dans cette révolte ouvrière des chantiers navals, de Sud-Aviation, menée « jusqu’au bout », il y a déjà la puissance de la grève généralisée de l’année suivante, sa libre détermination qui fera sa force. La haie d’honneur des uns qui salue la rentrée victorieuse des autres se fait en chantant : « Ce n’est qu’un au revoir mes frères »…

Mais les auteurs  de ce remarquable documentaire adressent, aussi, à travers le temps, un autre message : l’appel à une télévision libérée de ses tutelles. Marcel Trillat et Hubert Knapp sont des historiques  de cette émission restée dans les mémoires : Cinq colonnes à la Une. Ils sont partis à ce titre en Loire-Atlantique. Et ils en sont revenus avec un document tout de rigueur éthique et professionnelle. Pas de problèmes pour les producteurs, les trois Pierre : Desgraupes, Dumayet, Lazareff. Mais un interdit est prononcé sur le champ par l’homme de la censure gouvernementale.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, ce film produit par la télévision française n’a toujours pas été, cinquante et un an plus tard, diffusé par une chaîne de télévision en France ! Même pas prévu pour ce cinquantenaire ! Le rendez-vous du 13 mai prendra aussi ce sens : libérez 1er mai à Saint-Nazaire de l’interdit de fait qu’il subit.

Le rendez-vous du Max Linder aura aussi, le sens d’une protestation d’actualité

Marcel Trillat, en l’absence d’Hubert Knapp, aujourd’hui disparu, et en hommage à ce remarquable réalisateur, dira le 13 mai prochain ce qu’a été la chape de plomb quand la radiotélévision s’appelait l’Office de Radio Télévision Française (ORTF) ? Et comment ses personnels révoltés en mai 68 se verront infliger une vague de licenciements pour l’exemple…

La question qui se pose pour ce cinquantenaire, dans ce domaine, est évidente : l’ORTF est morte, depuis déjà longtemps, mais qu’est devenue la télévision publique ou privée, aujourd’hui, face aux conflits sociaux ? La façon dont ont été traités les cheminots, leur entreprise publique, leur statut, en dit long. Ce n’est certes plus le black-out qu’a subi, en 1967, le reportage sur les grévistes de Saint-Nazaire,  mais l’esprit est le même : le pouvoir en place, celui d’Emmanuel Macron, donne le la des commentaires. L’alignement est encore à l’ordre du jour. Le rendez-vous du Max Linder aura aussi, le sens d’une protestation d’actualité.

Les Amis de l’Humanité vous invitent à fêter le cinquantenaire de mai 68 le dimanche 13 mai de 10h30 à 13h30 au Cinéma Max Linder-Panorama en assistant à la projection du film « 1er mai à Saint-Nazaire », avec la participation de son réalisateur Marcel Trillat, de Jean-François Kahn, journaliste, de Danièle Linhart, sociologue, et de Pascale Fautrier, auteur de Les Rouges (Seuil).

Inscriptions par tel au 01 49 22 74 17, par mail à :

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SNCF : le gouvernement fait le choix du passage en force

8 Mai 2018, 12:16pm

Publié par PCF Villepinte

Engagé dans un objectif de destruction de l'unité syndicale, le 1er ministre a invité les syndicats à déposer des amendements concernant le transfert des contrats de travail, la dette et la convention collective nationale, laissant ainsi croire à de possibles négociations.
En réalité il n'existe aucune marge sur ces sujets. La seule boussole guidant le gouvernement est celle du pourrissement du conflit. Rien ne change sur le fond comme sur la forme.

Nous ne pouvons que déplorer un changement de méthode sans pour autant changer de cap : la volonté de détruire l'entreprise historique reste leur leitmotiv. Le ferroviaire ne serait plus au service de la nation mais au service de la rentabilité d'une poignée d'actionnaires.

Le gouvernement occulte totalement la mobilisation massive des cheminots de toutes catégories. Alors que depuis le 3 avril, 1 cheminot sur 2 s'inscrit dans la grève, le gouvernement fait le choix de l'autoritarisme et du mépris social. C'est irresponsable. Le gouvernement refuse également la tenue de tables rondes tripartites. Sur la question du fret ferroviaire, nous sommes face à un silence assourdissant.

Cette réforme, technocratique et dogmatique, ne répondra en rien au besoin de mobilité des usagers et à l'urgence écologique.

Le PCF porte l'idée d'un grand Service Public ferroviaire du 21ème siècle, au sein d'une entreprise unique et intégrée, permettant à chacune et chacun de se déplacer quel que soit son lieu de résidence sur le territoire, tout en assurant des conditions de travail décentes pour les cheminotes et les cheminots. 

Le PCF réaffirme son soutien et sa solidarité à l'égard des cheminotes et des cheminots en lutte,  lutte qu'il faut élargir au delà des portes de la SNCF. Pour répondre à cette nécessité, le PCF appelle à faire du 26 mai une grande journée de mobilisation rassemblant usagers, citoyens, syndicats et partis politiques afin d'exiger du gouvernement un changement rapide de cap. 

 

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PCF vendredi 4 mai et samedi 5 mai, se sont tenue les assises nationales de l’écologie

6 Mai 2018, 08:35am

Publié par PCF Villepinte

 Parmi les sujets abordés, celui du couple écologie et industrie.

Entretien avec Yann Le Pollotec

 

0405 08C PollotecVous affirmez que le développement industriel est compatible avec l’écologie. Comment est-ce possible ?

Non seulement il est compatible mais nous avons besoin du développement industriel pour résoudre les problèmes écologiques. Sinon on va être obligé de s’en remettre à de grands groupes qui répondent à leurs intérêts financiers et industriels mais pas à une politique globale. Prenons l’exemple concret des panneaux photovoltaïques. Si on n’a pas toute la filière, on aura un panneau utilisé en France mais produit en Chine et qui va consommer pour sa production plus d’énergie qu’il en produira dans toute sa vie, et de l’énergie carbonée. Quand il aura fini sa durée de vie, ce panneau sera recyclé ou démanteler dans un autre pays. On aura donc l’air d’être vertueux en France en produisant une électricité propre mais on exporte en fait les problèmes chez les autres.

Quid des activités très polluantes - raffinerie… - et que proposer aux salariés ?

Tout d’abord il y a des processus qui peuvent limiter les aspects négatifs en terme de pollution. Ensuite, il faut réfléchir à la manière d’utiliser toutes ces compétences d’autant que l’on aura toujours besoin d’une partie de la chimie du carbone. Ceci posé, il faut bien sûr travailler à la sécurité emploi/formation et réfléchir dans le long terme à des reconversions industrielles de grande échelle. Des reconversions qui seraient de toute façon nécessaires indépendamment de la question écologique puisque l’on sait qu’on arrivera un jour à la dernière goutte de pétrole.

Ces réserves fossiles, dont l’Agence internationale de l’énergie dit qu’elles doivent rester dans le sol pour ne pas dépasser les 2°C de réchauffement ?

Il faut effectivement les laisser le plus possible dans le sous-sol. Il faut donc poursuivre cet objectif mais sans mettre les gens dans une situation où ils n’auraient plus d’électricité. Je rappelle que sur les 7 milliards que nous sommes sur terre, la moitié n’a pas l’électricité et que quand on n’a pas l’électricité, on n’a pas accès à grand-chose.

Les communistes sont souvent taxés de productivisme...

On l’a été à un moment de notre histoire. Aujourd’hui, on part de l’idée qu’il faut répondre aux besoins humains mais en limitant au maximum notre empreinte écologique. D’où toutes les idées autour de la lutte contre l’obsolescence programmée, de l’économie circulaire, de retravailler à des unités de production qui soient plus décentralisées…

Nous ne sommes pas sur une conception de la décroissance notamment parce que tous les besoins humains sont loin d’être honorés, qu’il va y avoir de nouveaux besoins du fait du vieillissement de la population.

Marx disait que le capitalisme épuise l’homme comme la nature. Est-il pertinent pour aborder l’écologie ?

Je ne pense pas que Marx connaissait le mot écologie mais il a eu beaucoup d’intuition y compris parce qu’il a été témoin des ravages de l’industrialisation de masse et accélérée sur la nature. Il y a eu une réflexion un peu méconnue parce que la préoccupation écologique n’est arrivée sur le devant de la scène qu'à partir de la fin des années 60. Mais les gens qui ont commencé à travailler sur ces questions sont souvent partis de la critique du capitalisme que faisait Marx. On voit bien aujourd’hui que l’on a une planète finie et le capitalisme trouve ses propres limites sur cette question des ressources de la planète.

Entretien réalisé par Angélique Schaller

 
 

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Bicentenaire de la naissance de Marx : Une œuvre d’une actualité saisissante

6 Mai 2018, 07:04am

Publié par PCF Villepinte

04/05/2018 - PCF

               

A l’occasion du bicentenaire de la naissance de Karl Marx à Trèves, le PCF réaffirme son attachement à la contribution du philosophe et à son rôle majeur, avec Friedrich Engels, à l’élaboration d’un projet et d’une organisation au service de l’émancipation des classes exploitées. Leurs travaux ont ouvert une nouvelle étape dans le mouvement des idées par leur volonté non pas d’interpréter le monde mais de le transformer. Leur contribution a été décisive à la naissance d’un mouvement ouvrier structuré et organisé autour d’un manifeste politique à visée universelle. A l’heure d’un capitalisme hyper mondialisé, du défi écologique lié notamment à la prédation d’un 1% de la population, leur analyse garde toute sa pertinence.

Si le capitalisme a connu des bouleversements majeurs, imposés notamment, par des luttes sociales qui ont contribué à son évolution, sa nature profonde n’a pas changé. Les avancées théoriques de Marx restent d’une brûlante pertinence : accumulation, exploitation capitaliste, rapports sociaux de production… sont encore des concepts opérants pour comprendre notre société. En Europe, comme sur l’ensemble des continents, des milliers de chercheurs contribuent à renouveler cette pensée critique.

A travers le monde, des milliers d’initiatives et de publications marquent ce bicentenaire. En France, la jeunesse montre un intérêt renouvelé pour les écrits de Marx. Les communistes français saluent ce mouvement utile pour tous ceux qui recherchent un chemin d’émancipation.

Les communistes français, dans les conditions d’aujourd’hui, portent et renouvellent cette ambition de transformation sociale par la mise en mouvement des hommes et des femmes à travers les pays. L’avenir de l’Humanité dépend de sa capacité à dépasser les logiques de mise en concurrence, de domination et d’exploitation. Il est urgent d’élaborer des réponses nouvelles de partage de richesses, de coopération et de développement partagé. Partout, dans des conditions spécifiques, des millions de femmes et d’hommes œuvrent dans cette perspective. Cette recherche d’un nouveau mode de développement et de production est aujourd’hui un hommage à l’œuvre de Karl Marx.

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4 & 5 mai 2018, Paris - Assises communistes de l'écologie

5 Mai 2018, 09:12am

Publié par PCF Villepinte

 
Un événement politique et environnemental

C'est à partir des engagements militants et citoyens, des réalisations des élu-e-s que nous voulons conforter et actualiser nos parti-pris écologiques et développer les mobilisations.

Car chacun-e pressent bien que l'avenir de l'humanité se joue, aujourd'hui, en très grande partie, sur la relation qu'entretient l'humain à la planète, en interaction, plus ou moins affirmée, à la problématique traditionnellement identifiée de lutte de classes. 

C'est un nouveau monde qui cherche, avant tout, à se développer non pas sur la concurrence, de tou-te-s contre tou-te-s, mais sur la coopération, la solidarité et la préservation des ressources naturelles. À ce monde-là, qui émerge au travers d'une multitude d'actions, de mobilisations, de savoir-faire, nous voulons conforter notre contribution en renforçant nos partis pris écologiques.

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L'avenir d'Air France passe par un nouveau décollage social (Pierre laurent)

5 Mai 2018, 08:24am

Publié par PCF Villepinte

 

 

Je salue le courage des salariés d'Air France qui malgré toutes les pressions ont dit non au chantage, oui à l'augmentation des salaires.

 

Plus de 80 % des salariés d'Air France se sont exprimés sur le référendum proposé par son PDG.

55,44 % d'entre-eux ont répondu non aux propositions de Jean-Marc Janaillac.

Les salariés disent donc OUI aux propositions de l'intersyndicale qui sont défendues par les parlementaires communistes à l'Assemblée nationale et au Sénat.

 

Je prends acte de la décision de Jean-Marc Janaillac de démissionner de son poste de PDG, suite à ce résultat. C'est tout à son honneur.

Maintenant, il revient à l'actionnaire principal, l'État, de prendre la main et de mettre fin au conflit d'Air France en donnant satisfaction à celles et ceux qui font la richesse de cette entreprises, c'est-à-dire les salarié·e·s.

 

Pierre Laurent
Secrétaire national du Parti communiste français

 

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La corde bis

5 Mai 2018, 08:05am

Publié par PCF Villepinte

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1968-2018 : même(s) combat(s) ?

4 Mai 2018, 19:22pm

Publié par PCF Villepinte

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Une part de la société « se désolidarise des quartiers » Rapport Borloo suite

3 Mai 2018, 12:04pm

Publié par PCF Villepinte

Au nombre des inégalités dont sont victimes les quartiers populaires et favorisant leur isolement, le rapport de Jean-Louis Borloo compte moins de transports publics. Hervé Boutet/Divergence

Les réactions suscitées par le rapport Borloo témoignent d’un durcissement et d’une aggravation de la discrimination vis-à-vis des banlieues, estime le chercheur Thomas Kirszbaum.

« Je vous invite tous à lire une tribune publiée il y a quelques jours dans un quotidien du soir. C’est une tribune de 30 imams. A la fin de cette tribune, il était écrit quoi ? Vive la République, vive la France ! ». C’est par ces mots que Jacques Mézard, ministre de la Cohésion territoire, a achevé ce qui fut la première réaction officielle du gouvernement, jeudi, suite à la diffusion du rapport Borloo. Ce document, d’une soixantaine de pages, décrit cliniquement le désengagement de l’Etat et des services publics dans les quartiers populaire ? Jacques Mézard conclut son discours devant des maires de banlieue, jeudi après midi, en citant un texte de responsables religieux contre le terrorisme, les crimes antisémites et des pratiques subversives de l’islam qui « sévissent dans la communauté musulmane ». Une prise de position salutaire, certes, mais qui n’est pas au cœur du rapport Borloo. Loin de là. « Le repli identitaire et communautaire ne doit pas être nié, il doit tenir sa juste place », explique ce rapport qui veut « faire revenir la République» dans les 1500 quartiers prioritaires au regard de la politique de la ville, en développant des programmes des politiques d’éducation, d’emploi, d’éducation populaire, etc. Mais non, parler des quartiers pauvres, pour le ministre en charge du dossier, revient irrémédiablement à parler religion, islam et radicalisation.  

Des villes avec 30 % de capacité financière en moins

Jean-Louis Borloo a pourtant pris soin « tordre le cou » à d’autres idées reçues. A commencer par celle largement partagée que trop d’argent aurait été déversé pour les quartiers sans résultat. « Faux », écrit Jean-Louis Borloo. Dans les quartiers prioritaires (QPV), les communes ont « plus de besoins mais moins de ressources : elles disposent de 30 % de capacités financières en moins, bien que leur taux d’imposition deux fois plus élevé et que leurs besoins soient 30 % supérieurs» ; «le droit commun recule : 113 policiers au commissariat de Sevran il y a 17 ans,  79 aujourd’hui» ; «moitié moins de pédiatres, dentistes et gynécologues et les rares crèches ne sont pas occupées par les enfants de ces quartiers.» ; « 2/3 des logements sont des logements sociaux, plus anciens qu’ailleurs, construits avant 1970, pour 1983 en moyenne pour les autres» ; « 2 fois moins de lycéens en filière générale.» «2 fois moins de licenciés sportifs, 3 fois moins d’équipements sportifs»...

Peine perdue. C’était sans compter sur certains journalistes stars de médias dominants. Alors que Jean-Louis Borloo présente son travail au 20 heures de France 2, plusieurs heures après la publication de son fameux rapport, Jean-Michel Aphatie, journaliste officiant sur le service public dégaine, sur twitter : « Agaçant Borloo sur France 2. Nous sommes champions de l’OCDE de la dépense publique, des milliards ont déjà été dépensés pour les banlieues, il dit que la situation est catastrophique. Mais où est passé l’argent depuis 20 ans ?» Même question formulée par Arlette Chabot sur LCI, qui n’a pas non plus lu la deuxième page de l’introduction du rapport Borloo…  Il ne s’agit pas seulement d’abus de langages de la part de journalistes et d’éditorialistes parlant de sujets qu’ils ne connaissent pas.

Ce même message est aussi bien relayé par Rachida Dati que par le FN. «Le fil conducteur de ce plan, c'est encore des milliards supplémentaires à fonds perdu pour de l'assistanat », déplore la première, quand le parti d’extrême droite voue aux gémonies un rapport qui « reprend en réalité toutes les vieilles lunes des anciennes politiques». «Ce rapport porte la marque de l'ingéniosité et de l'esprit de Jean-Louis Borloo, mais il est voué, comme tout ce qui a été entrepris précédemment, à un échec profond», balaie Malek Boutih. Selon cet ancien député PS, c’est une « erreur » de penser que la banlieue dysfonctionne « sur l'encadrement, le social, l'économie », alors que dans ces territoires, il y a d’abord besoin de «l’ordre républicain social». Mais, dans son esprit, c’est l’ordre avant le social. « La police est donc une priorité, une condition sine qua non au lancement de tout processus », déclare-t-il, à l’Express. Malek Boutih n’est plus député depuis un an. Il n’est plus président de SOS Racisme depuis quinze ans. Il s’est officiellement retiré de la vie politique. Cela n’empêche nullement France Inter d’en faire l’invité de son émission politique du dimanche et l’Express d’en faire un spécialiste des banlieues...

Le polémiste d’extrême droite Eric Zemmour achèvera le travail sur RTL, déclarant à propos de Jean-Louis Borloo : « Ce type, sur une page entière d’interview dans Le Monde, arrive à parler de la banlieue sans prononcer les mots immigration et islam, c’est très fort, je lui tire mon chapeau ». Ces obsessions sont aussi relayées par Guillaume Roquette, patron du Figaro Magazine, qui dénonce, sur LCI, une «communautarisation des banlieues», un «monde clos», créé par «une immigration beaucoup trop massive, non maitrisée, sans assimilation (...) avec à la fois des règles religieuses musulmanes très strictes, une délinquance très forte».

Durcissement de la stigmatisation des quartiers

Plus alarmant encore, ces fausses évidences sont démultipliées sur les réseaux sociaux, note Thomas Kirszbaum, sociologue urbain, associé à l'ISP (ENS Cachan). «On assiste à un courant de désolidarisation massive d’une partie de l’opinion par rapport à l’idée même qu’il faille faire quelque chose pour ces quartiers, avec des commentaires du type : «Pourquoi les aider alors qu’ils n’aiment pas la France ?». Une «altérisation radicale», voire un « racisme latent » qui présente une partie de la population «comme étant inassimilable ou venant contredire nos mœurs, nos modes de vie, radicalement autre, comme étant un corps étranger à la Nation.» La stigmatisation des quartiers populaires, des faubourgs, des classes laborieuses et des exploités n’est pas nouvelle, rappelle le chercheur. Mais il note «un durcissement» depuis les attentats de 2015. « Il y a une forme de réification des quartiers, décrits comme étant des espaces homogènes dominés par des islamistes en proie à des phénomènes communautaristes.» La phrase de Patrick Kanner, ex-ministre de la ville expliquant qu’il y aurait une « centaine de quartiers en France » présentant des « similitudes potentielles avec Molenbeek » a eu de graves séquelles, comme le message, inlassablement répété par Manuel Valls et les activistes du Printemps républicain, selon lequel les habitants des quartiers populaires n’étaient « pas Charlie ». A cela s’ajoute un discours politique opposant les quartiers populaires et la France dite périphérique, basé sur les thèses contestable du géographe Christophe Guilluy.

La perception des quartiers populaires s’est « dégradée » ces dernières années, alerte aussi  un autre rapport, remis au mois de mars au ministre de la Cohésion des territoires par le groupe de travail sur l’image de quartiers, lancé suite à l’appel de Grigny et au discours d’Emmanuel Macron à Tourcoing. Ce texte cite une étude du Credoc publiée en 2015 qui révèle un dénigrement croissant des grandes cités populaires. Si 78 % des personnes interrogées se disaient préoccupées par leur situation, ils étaient 85 % lors d’une précédente étude en 2009. « Si une faible majorité des Français (51 %) pensent que la solidarité est forte au sein des quartiers, cette dimension perd 7 points ». « Le regard sur les jeunes issus de ces quartiers se dégradent avec une perte de cinq points» entre 2009 et 2015, révèle aussi cette étude… réalisée avant les attentats meurtriers de Charlie Hebdo, de l’Hyper Cacher, du Bataclan et de Saint-Denis. Depuis, la situation s’est encore aggravée.

20 propositions pour changer le traitement médiatique des quartiers populaires

Ce rapport avance une vingtaine de propositions pour changer le traitement médiatique des quartiers populaires. Ils suggèrent, par exemple, de développer des résidences de journalistes dans les quartiers populaires, de mettre en place, à côté du CSA, « une instance d’observation du traitement médiatique », composée de journalistes, qui remettrait un rapport annuel sur le sujet. Autres idées : permettre de saisir le Défenseur des droits pour des situations « de maltraitance médiatique », créer un temps d’antenne dédié aux quartiers dans l’audiovisuel public (5 % par mois du temps d’antenne, aux heures de grande écoute), améliorer la formation des journalistes et créer un fonds partenarial « de soutien des initiatives journalistiques indépendantes qui ont vocation à raconter les quartiers avec une juste représentation ». Un fonds de soutien d’informations sociales et de proximité a été créé en 2016 par le ministère de la Culture, mais ses fonds ne vont pas toujours aux médias des quartiers populaires, déplorent les auteurs du rapport.

Toutes les mesures destinées à « changer l’image » des quartiers, aussi bonnes soient-elles ne suffiront pas. « Car les quartiers verront leur image changer quand sociologiquement ils changeront, quand leur taux de chômage ne sera plus trois fois supérieur à la moyenne nationale ou quand les résultats scolaires ne seront plus aussi faibles », écrivent encore les auteurs de ce rapport qui doit, comme celui de Jean-Louis Borloo, alimenter la réflexion du président de la République dont les arbitrages doivent être rendus au mois de mai. Changer l’image des quartiers supposera de changer radicalement, aussi, les termes du débat politique.  

Maître de conférence à l’université Paris-Est Créteil Val-de-Marne et auteur de recherches sur le traitement médiatiques des banlieues, Alexandre Borrell livre une analyse similaire. « Après les attentats de 2015, un certains nombres de discours, portés notamment par des personnalités comme Malek Boutih, semblent exiger de ces quartiers « qu’ils s’intègrent à la République». C'est un discours ancien mais qui contraste, selon le chercheur, avec les images que l’on a pu voir lors des émeutes de 2005 pendant lesquelles c’étaient plutôt les jeunes des quartiers populaires qui « brandissaient, devant les caméras, leurs cartes d’identité pour être reconnus comme français à part entière ». Mais cela suppose, évidemment, qu’ils « bénéficient des mêmes droits et que la société les reconnaisse comme des citoyens à part entière ». Or, ce discours a peu à peu disparu des sphères politiques et médiatiques.

Un « plan des ressources humaines »

Même le rapport Borloo, s’il fait le constat d’une rupture de l’égalité républicaine, utilise d’autres arguments pour pousser le gouvernement à agir. «Jusqu’au milieu des années 2000, les justifications mises en avant pour mettre en œuvre les différents plans banlieues, c’était des notions de solidarité, voire de justice sociale quand le gouvernement était de gauche. La cohésion sociale a fini par remplacer la notion de solidarité. Mais cette notion de solidarité a complètement disparu», analyse le sociologue Thomas Kirszbaum.

L’investissement massif et le retour des politiques de droit commun ne doit pas se faire au nom d’une demande d’égalité mais « dans une logique de valorisation de capital humain de ces quartiers, qui ne seraient finalement qu’une somme de talents qui ne demandent qu’à s’épanouir si on leur en donne les moyens via des actions de parrainage, de tutorat, de promotions de la diversité, etc. » Jean-Louis Borloo lui-même parle d’un « plan des ressources humaines ». Ce plan est avant tout présenté comme un « investissement social qui permettra à la collectivité de dépenser moins demain ». Outre cette petite musique libérale, qui parlera à n’en pas douter au pouvoir macronien, Jean-Louis Borloo met aussi en avant le risque d’explosion et de radicalisation pour obtenir les 50 milliards nécessaires à la mise en œuvre de son plan.   « Redevenons une puissance d’actions, une grande puissance éducative, économique, scientifique, républicaine, fraternelle, dans le respect des rêves et des différences de chacun, en faisant coïncider notre grandeur avec le rêve républicain. A défaut, « fermenteront loin des yeux, le recroquevillement identitaire et le repli communautaire», prévient l’ex-ministre de la ville.

Pierre Duquesne Journaliste

 

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