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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Face aux libéraux de la noblesse d'Etat, de la technocratie et de la médiacratie réunies!

3 Avril 2018, 07:45am

Publié par PCF Villepinte

                            Ensemble !
Mardi, 3 Avril, 2018
L'Humanité

La conscience du moment a déjà une vertu : nous savons pourquoi il convient de ne pas se laisser impressionner par le matraquage idéologique. Le début du mouvement historique des cheminots, ce 3 avril, laissait bien sûr entrevoir une offensive d’ampleur de tous les libéraux de la noblesse d’État, de la technocratie et de la médiacratie réunies, qui prêchent le dépérissement de l’État au profit du règne sans partage du marché fou et des logiques du privé. En rabâchant à l’infini les connaissances abstraites et mutilées dont ils se prévalent, ils ne se lassent pas de placer la « modernité » du côté de nos gouvernants et des patrons qui les représentent et les honorent, sachant, évidemment, que l’archaïsme se trouve toujours du côté des syndicats et du peuple. Au fond, on en vient à se demander qui a vraiment peur, depuis les manifestations du 22 mars.

Avec la SNCF, une nouvelle et décisive guerre sociale est engagée par Emmanuel Macron. Les citoyens l’ont bien compris. L’attaque brutale contre les uns ne sert qu’à préparer et favoriser celle contre les autres, pour que, au fil des contre-réformes et des privatisations, la France tourne le dos à son histoire sociale. Ne soyons pas dupes. Pourquoi veulent-ils à ce point humilier les cheminots et entraîner dans cette tentative scandaleuse une partie de l’opinion publique ? Pour ouvrir une brèche, et ensuite atteindre la classe ouvrière, le monde du travail et de la création tout entier…

 

Nous sommes tous concernés par ce mouvement social ; nous sommes tous des usagers. Ce combat, qui s’annonce long et incertain, nous rappelle quelques belles pages dans la mesure où il s’agit d’un combat culturel autant que social : celui des services publics, le pilier de notre civilisation sociale, notre bien commun. Car, les services publics restent la seule richesse de ceux qui n’ont plus rien. Depuis que la grande explication « de texte » a débuté, chacun peut désormais comprendre que les défis auxquels la SNCF est confrontée n’ont rien à voir avec le statut de ceux qui y travaillent et strictement aucune incidence sur la dette du système ferroviaire ou le sous-investissement chronique. Voilà pourquoi cette inédite bataille du rail est la nôtre. Elle ne se mènera et ne se gagnera qu’ensemble, le plus largement possible, tous secteurs confondus. Au nom de l’intérêt général. Et d’une certaine idée de l’à-venir.

Rédacteur en chef

 

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NOTRE SANTE N'EST PAS A VENDRE

3 Avril 2018, 07:07am

Publié par PCF Villepinte

COMMUNIQUÉ DE PRESSE – 02.04.2018

7 avril: Journée européenne d'action « tout pour la santé »

 Lancement de la campagne : une année pour une santé non-commerciale pour tou.te.s !

 

 Chaque année, différents réseaux de syndicats, collectifs citoyens, ONGs et mouvements sociaux organisent une série d'actions dans plusieurs villes européennes pour la Journée Mondiale de la Santé (samedi 7 avril 2018).

 Un cri de ralliement se fera entendre à Madrid, Barcelone, Paris, Lille, Nice, Bruxelles, Milan, Naples, Bologne et encore d'autres villes à travers l'Europe, comme dans le reste du monde (voir la carte des actions ici et des information sur l’événement facebook et dans la brochure).

Dans la semaine du 7 avril le « Réseau européen contre la commercialisation et la privatisation de la santé et la protection sociale » lance une campagne d'une année européenne d'action pour une santé non-commerciales pour tou.te.s

jusqu'aux élections européennes en mai 2019. L'Europe impose une politique d'austérité à ses États membres provoquant des désinvestissements dans la santé et la protection sociale. Ainsi, la commercialisation fait de plus en plus son entrée dans les différents secteurs de la santé créant des inégalités d'accès à des soins de qualité. C'est pourquoi le réseau européen exige le réinvestissement dans des soins de santé de qualité, accessibles à toute la population, libres des opérateurs commerciaux.

 Nous voulons envoyer un message ferme aux institutions européennes et à ses États membres, mettant en lumière:

 1. les conséquences négatives d'une austérité prolongée sur la qualité et l'accessibilité aux soins de santé;

 2. les politiques intérieures, fiscales et commerciales qui favorisent la croissance des assurances et services commerciaux dans le secteur de la santé qui renforcent encore plus les inégalités de santé.

3. La politique des brevets et des accords secrets entre les États membres et l'industrie pharmaceutique qui font exploser le prix des médicaments.

Nous exigeons que ces politiques soient stoppées à cause de leurs conséquences très négatives pour la santé des populations. “Partout en Europe, des millions de personnes expérimentent une diminution de l'accès aux soins de santé, une diminution de la qualité des soins, la fermeture et la privatisation des services de santé, la détérioration des conditions de travail des travailleurs de la santé, une augmentation du prix des médicaments... tandis que les opérateurs commerciaux actifs dans la santé ne cessent d'augmenter leurs marges bénéficiaires.

 Ces politiques ont et auront des effets catastrophiques sur la santé des personnes!” avertit Sarah Melsens, coordinatrice du Réseau européen contre la commercialisation de la Santé.

 Plusieurs manifestations au mois de mars s'inscrivent dans l'esprit du 7 avril:

 · le 8 mars en Espagne, plus de 5,3 millions de femmes ont fait grève pour revendiquer l'égalité des droits sociaux et économiques, notamment l'accès à une santé de qualité.

· le 22 mars en France, 500.000 grévistes des services publics dont les travailleur.euses de la santé (hôpitaux, maisons de retraites, EPHAD, aide à domicile...) ont marché dans les rues des différentes villes françaises

 · durant le mois de mars en Belgique la campagne TAM TAM a dénoncé les politiques néolibérales qui ont un impact néfaste sur l'accès à la santé et favorise les marges bénéficiaires de l'industrie pharmaceutique via des accords ultra secrets.

ACTIONS Plus de 40 actions sont prévues en Europe et dans le Monde, exprimant une inquiétude croissante et une convergence des organisations sociales contre la commercialisation de la santé. Partout, nous appelons les citoyens à montrer leur soutien en faisant pendre un drap blanc à leur fenêtre avec un message s'inscrivant en soutien à #health4all.

CONTACTS En Belgique Sarah Melsens, European Network against Health commercialisation sarah.melsens@gezondheid-solidariteit.be ; +32 499 42 44 48 En France Jean Vignes, SUD Santé Sociaux jvignes@sudsantesociaux.org ; +33 6 58 58 96 06 En Italie Chiara Bodini, People's Health Movement Europe chiara@phmovement.org ; +39 328 7554698 En Espagne Carmen Esbri, MEDSAP - Marea Blanca cesbri1953@gmail.com ; +34 60 900 42 64 Les organisations suivantes soutiennent la mobilisation: Europe : European network against the commercialisation and privatisation of health and social protection - http://europe-health-network.net/, European federation of Public service Unions (EPSU), People's Health Movement Europe, Alter Summit Belgium: Plate-forme d'action Santé et Solidarité - http://www.sante-solidarite.be/ France: Notre santé en danger Italy: Campagna Dico32! Salute per tutte e tutti! - http://setteaprile.altervista.org/ Spain: MEDSAP – Marea Blanca: https://mesaendefensasanidadpublica.wordpress.com/ Marea Blanca Catalana :http://www.mareablanca.cat/ Coordinadora Mareas Blancas Estatales: http://mareablancaestatal@gmail.com Coordinador de Plataformas para la Sanidad Publica de Madrid: coordiplataformas@gmail.com

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Henri LEFEBVRE PASSEUR D'AVENIR

2 Avril 2018, 07:57am

Publié par PCF Villepinte

Catherine Tricot et Philippe Panerai
« Relisons Henri Lefebvre, penseur oublié de Mai 68 et de l’ère urbaine »
Entretien réalisé par Pierre Duquesne
Vendredi, 30 Mars, 2018
L'Humanité

Le Droit à la ville a été publié en mars 1968, il y a cinquante ans. Longtemps sous-estimé en France, Henri Lefebvre est devenu l’un des marxistes français les plus influents dans le monde, rappellent les architectes et urbanistes Catherine Tricot et Philippe Panerai, chevilles ouvrières d’un colloque organisé les 4 et 5 avril sur l’apport de cet essai visionnaire.

« Les Olympiens et la nouvelle aristocratie bourgeoise n’habitent plus. Ils vont de palace en palace ou de château en château ; ils commandent une flotte ou un pays à partir d’un yacht ; ils sont partout et nulle part. (…) Est-il indispensable de décrire longuement, à côté de la condition des jeunes et de la jeunesse, des étudiants et des intellectuels, des armées de travailleurs avec ou sans col blanc, des provinciaux, des colonisés et des semi-colonisés de toutes sortes, de tous ceux qui subissent une quotidienneté bien agencée, est-il nécessaire ici d’exhiber la misère dérisoire et sans tragique de l’habitant, des banlieusards, des gens qui séjournent dans les ghettos résidentiels, dans les centres pourrissants des villes anciennes et dans les proliférations égarées loin des centres-villes ? »

Le Droit à la ville, dont est tiré cet extrait, est achevé d’être publié le 10 mars 1968. Dans cet essai d’une clairvoyance stupéfiante, Henri Lefebvre voit tout, ou presque. Il y annonce l’urbanisation de la planète, l’explosion de la ségrégation sociale et spatiale, l’éviction des classes populaires des métropoles. Après l’ère agraire, l’industrialisation du XIXe siècle, voici venue l’ère urbaine. « En groupant les centres de décision, la ville moderne intensifie en l’organisant l’exploitation de la société entière (pas seulement de la classe ouvrière mais des autres classes sociales non dominantes). C’est-à-dire qu’elle n’est pas le lieu passif de la production ou de la concentration des capitaux mais l’urbain intervient comme tel dans la production (dans les moyens de production). »

Le « néocapitalisme » qu’il pressent superpose à ces centres décisionnels des centres de consommation. Et il ajoute : « La consommation programmée et cybernétisée (prévue par les computeurs) deviendra règle et norme pour la société entière. »

La lutte des classes a un nouveau front, la ville, dont l’essence même est menacée par ces nouvelles contradictions. Seule issue pour les habitants et le prolétariat : se battre pour le « droit à la ville ». Se réapproprier la ville pour se réapproprier la vie. Cinquante ans plus tard, un colloque est organisé, les 4 et 5 avril prochains, pour approfondir l’apport de ce livre à la théorie critique (lire encadré). Entretien avec les architectes et urbanistes Catherine Tricot, membre du laboratoire d’idées la Ville en commun, et Philippe Panerai, directeur de la revue Tous urbains, qui coorganisent cet événement.

À propos de Mai 68, on évoque souvent Althusser ou Sartre. Pas forcément Lefebvre. Le Droit à la ville est publié quelques jours avant le 22 mars, début du mouvement étudiant à l’université de Nanterre, où Henri Lefebvre enseigne la sociologie depuis 1965. Quelle a été son influence ?

Philippe Panerai À cette époque, Lefebvre était une vedette ! J’ai été son élève à l’Institut d’urbanisme de Paris, à partir d’octobre 1967. Il y donnait aussi un cours, qui donnera plus tard la Révolution urbaine. Avec d’autres copains, nous n’étions pas militants ni des gauchistes, et pourtant, quand le mouvement a débuté, nous n’avons pas été surpris. Lefebvre nous disait : « Vous savez, ça ne durera pas comme ça. » Effectivement, cela n’a pas duré. Il a bien perçu que, après 1962 et les mobilisations contre la guerre d’Algérie, il n’y avait pas de grande cause dans le milieu étudiant. Il mettait en cause, de façon permanente et drôle, à peu près tout. Il leur proposait une issue, un changement radical de pensée. Mais surtout, il était le seul, à l’Institut d’urbanisme, à parler de la ville. De la ville habitée. Les autres profs ne parlaient que de techniques…

Catherine Tricot Il faut comprendre que Lefebvre ne commence pas son parcours intellectuel par la question urbaine. Le fil conducteur de ses travaux, c’est la critique de la vie quotidienne. Ce qui va lui permettre d’entrer en résonance avec Mai 68. Cela s’explique aussi par la trajectoire intellectuelle de ce marxiste hétérodoxe (il se rapproche des situationnistes après avoir été exclu du PCF en 1958 – NDLR). Ainsi, son livre commence par une citation de Nietzsche et finit par ces mots : « Paris, centenaire du Capital de Marx ». Dans les années 1960 ont émergé des intellectuels – pas forcément de la rue d’Ulm – qui étaient plus articulés aux sciences humaines et sociales, comme Bourdieu en sociologie, André Gorz, qui va faire une critique du travail en miettes, et Lefebvre, qui va politiser la question de l’espace et faire une critique de la fabrication de la ville technocratique et productiviste. Il observe un phénomène mondial naissant : tout à la fois une urbanisation généralisée et une disparition de la ville, celle dont la nostalgie s’exprime dans les centres anciens piétonisés. La ville qui disparaît est ce lieu séculaire qui concentre à la fois le commerce, la politique, la contestation et la fête. Lefebvre aime cet espace joyeux, transgressif et désordonné. Et ça, la politique et la fête, c’est au cœur de 1968.

Quel est l’apport de ses travaux, aujourd’hui ?

Catherine Tricot Lors de la manifestation du 22 mars, la semaine dernière, un slogan m’a marquée. Il disait : « Paris, debout, soulève-toi. » C’est une évocation claire de la Commune de Paris, chère à Lefebvre. Il a compris ce moment comme celui d’une reconquête du centre par les ouvriers repoussés dans les faubourgs. Les communards n’ont pas voulu reprendre le centre de Paris pour avoir de meilleurs salaires ou de meilleures conditions de travail mais pour retrouver le droit de décider pour le tout. Henri Lefebvre l’affirme : la ville est un enjeu de pouvoir, au moins autant que l’industrie. Le pouvoir ne se définit pas seulement dans les rapports de production, mais aussi dans la lutte pour diriger la ville. Qui décide ? Qui la construit ? Qui la gère ? Lefebvre ne dit pas que le pouvoir économique n’existe pas, il dit que l’enjeu du pouvoir n’est pas seulement celui de la propriété et de la répartition des richesses. Le pouvoir se joue dans la production de la connaissance, de l’information, de la culture. Il prend sa forme dans la ville. Lefebvre avait bien vu que la question de classe est celle de la participation ou de l’exclusion des catégories populaires de cette fabrication. Pour l’instant, le peuple est tenu à l’écart des lieux où se construit la société. Mais l’histoire n’est pas close : un quart des logements de la métropole parisienne sont des logements sociaux. Comme à Lyon, Marseille, Lille… Un des enjeux de la métropolisation est la modernisation des logements sociaux pour remettre les salariés au cœur du chaudron.

Philippe Panerai Il dénonce très vite l’émergence d’un urbanisme technocratique. Il s’en rend compte en analysant le schéma directeur de la région parisienne, au début des années 1960. L’urbanisation fait éclater la ville avec la création de zones monofonctionnelles (zones de consommation, zones d’activité, zones de bureaux…). Il parle de crise de la ville. Cinquante ans après, on y est. Il ne s’est pas trompé. Par ailleurs, Henri Lefebvre revivifie aussi le concept d’habiter. Il a une charge très violente contre les grands ensembles. Les villes communistes soutiennent ces constructions au nom du progrès, de la salubrité et de l’hygiène et sont assez réticentes aux pavillons, vus comme des espaces petits-bourgeois. Lefebvre s’y oppose, car les habitants en pavillon ont le pouvoir d’aménager leur espace, alors que, dans les grands ensembles, ils ont une boîte dans laquelle ils ne peuvent rien faire.

Catherine Tricot Les grands ensembles ont permis d’éradiquer les bidonvilles. Mais ils ont été construits sur des terres agricoles, loin des centres-villes. La classe ouvrière, le prolétariat, comme l’écrit Lefebvre, a gagné en confort mais a perdu en pouvoir, en pouvoir de vivre, en pouvoir politique. C’est cette perte dont il faut prendre conscience. Henri Lefebvre le dit très clairement : la question du logement, réduite à des quantités à bâtir, a masqué l’enjeu plus global de la ville, qui est le véritable enjeu politique.

Vous organisez ce colloque parce que vous estimez que l’œuvre d’Henri Lefebvre est trop méconnu en France. Ce n’est pas le cas à l’étranger, où ses travaux ont été popularisés notamment par le géographe marxiste anglais David Harvey…

Catherine Tricot Si certains livres d’Henri Lefebvre sont introuvables en France et ne sont plus réédités, il est aujourd’hui l’un des marxistes français les plus lus dans le monde. Le Droit à la ville est enseigné dans les écoles d’architecture et d’urbanisme hors de l’Hexagone. Le droit à la ville est devenu un concept universel, discuté lors de la dernière conférence Habitat de l’ONU, à Quito, et repris par des institutions telles que la Banque mondiale, des autorités étatiques ou des associations citoyennes, particulièrement en Amériques du Sud et du Nord.

Philippe Panerai C’est l’objet de la deuxième journée du colloque. Après avoir étudié les conséquences du Droit à la ville sur la théorie critique, nous allons essayer de comprendre pourquoi ce concept, devenant parfois un slogan, est utilisé aussi bien par les mouvements altermondialistes, les associations d’aide aux migrants, les écologistes et est en même temps repris par certaines autorités. À Quito, le droit à la ville a mobilisé parallèlement aux séances officielles de la conférence Habitat III.

Catherine Tricot Trop souvent, la revendication du droit à la ville renvoie à la défense du droit des urbains (transport, logement, espace public, accès aux services publics). Si ces revendications sont légitimes et importantes, Henri Lefebvre insiste, lui, sur la stratégie révolutionnaire. Ce qui est au cœur, c’est le droit à la centralité, expression reprise par Patrick Braouezec, président de Plaine Commune. Cela va au-delà des luttes actuelles.

Ce concept de droit à la ville n’est-il pas une question qui intéresse la petite bourgeoisie intellectuelle qui vit dans les centres des métropoles ?

Catherine tricot Que les classes moyennes et les classes moyennes supérieures des villes aient compris l’enjeu de la ville, celui du cadre de vie, de l’environnement, son impact économique et stratégique, n’est pas en soi un problème. La question est plutôt d’élargir le cercle de ceux qui ont conscience de cet enjeu, à commencer par les catégories populaires évincées des centres des métropoles. En tant qu’architecte, je participe à beaucoup de débats sur la rénovation urbaine. Je constate que très peu de monde se saisit du droit à la ville. C’est aussi parce que ceux qui portent historiquement les intérêts des catégories populaires n’en ont pas vu la portée. Lefebvre se fixait l’objectif de politiser la question urbaine. Il a formulé des bases intellectuelles. Le travail politique reste à faire.

Deux journées pour mesurer l’impact du « droit à la ville » et jeter un pavé dans la métropolisation

Le colloque international qui va se tenir autour de l’œuvre et la pensée d’Henri Lefebvre, les 4 et 5 avril prochains, sera, à n’en pas douter, fertile. La première journée, à l’hôtel de ville de Paris, se focalise sur la genèse et la réception du Droit à la ville. La pensé de Lefebvre, révélant combien l’espace était une projection des rapports sociaux, a irrigué les débats intellectuels, les travaux de sociologie, de géographie et de philosophie. Mark Purcell, de l’université de Washington, et Serge Renaudie évoqueront l’influence laissée aux États-Unis par le penseur né à Hagetmau. Jean-Louis Cohen, professeur au Collège de France, abordera les relations d’Henri Lefebvre avec l’URSS. La deuxième journée, à Saint-Denis (MSH Paris Nord), évoquera les approfondissements et la reprise de ce concept par les mouvements sociaux. Peut-il y avoir un droit au logement dans le droit à la ville ? Comment le travail interpelle-t-il aujourd’hui le droit à la ville ? Ce concept peut-il faire avancer le pouvoir démocratique des métropolitains, pour inventer une démocratie numérique ? Plus d’informations sur 50ansdroitalaville.org

 
 

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Le 3 avril, le train des ripostes accélère

2 Avril 2018, 07:38am

Publié par PCF Villepinte

Manifestation du 22 mars 2018 Solidarité des cheminots belges de la CGSP.

La mobilisation nationale des cheminots du 22 mars a tourné à la démonstration de force. Et la grève, à l’appel de l’intersyndicale CGT, CFDT, Unsa ferroviaire et SUD rail, s’annonce suivie le 3 avril. Le même jour, un débrayage est annoncé à Air France et dans la collecte des déchets, tandis que le 19 avril, la CGT passe à nouveau à l’action. Le gouvernement craint la contagion...

Des pétards qui détonent. Des sifflets de train, des sonos qui hurlent, des manifestants qui s’époumonent en scandant des slogans hostiles à la réforme ferroviaire, à la direction de la SNCF, au patronat, au gouvernement et au « président des riches ». Beaucoup de bruit, mais aussi des sourires et des rires qui traduisent un état d’esprit combatif. Le 22 mars, les cheminots ont massivement répondu à l’appel de la CGT, rejointe par la CFDT, l’Unsa et SUD rail. Ils sont 25 000, selon les organisateurs, à avoir battu le pavé parisien. Ils auraient pu être plus nombreux si la direction, inquiète de ce succès annoncé, n’avait pas annulé plusieurs trains de manifestants. Avec la grève suivie à 35,4 % alors que seuls SUD rail et l’Unsa avaient déposé un préavis essentiellement pour permettre aux manifestants de se rendre à Paris, la mobilisation a tourné à la démonstration de force.
Loin de les assommer, le déchaînement de propagande les désignant comme des « privilégiés » a attisé leur colère. Ce « cheminot bashing », comme le dénonce Emmanuel, strasbourgeois et syndiqué CFDT, a même pour effet de ressouder les salariés entre eux alors que la désunion syndicale et les cloisonnements internes de l’entreprise, fruits des restructurations incessantes imposées par la direction, ont contribué à les diviser ces dernières années. Dans le cortège dominé par les couleurs de la CGT, beaucoup de jeunes et de non-syndiqués à l’image de Laura, guichetière à Paris qui, à 30 ans, défile pour la première fois et dit son « ras-le-bol » d’être désignée « responsable de la situation alors que, nous, subissons la dégradation des conditions de travail ». Les cadres, sur lesquels la direction avait pris l’habitude de s’appuyer pour réduire les effets des conflits en leur faisant remplacer des grévistes, sont aussi très nombreux. « Du jamais-vu, mon service Ingénierie et Développement est en grève à 50 % », témoigne David, syndiqué l’Unsa, « révolté contre la casse de l’entreprise » et « bien déterminé à obtenir l’abandon de la réforme ». Les adhérents des syndicats dits « réformistes » sont au diapason de ceux de la CGT. « Le service public n’est pas négociable », assène ainsi Rémy, conducteur de train, syndiqué CFDT, venu d’Alsace. Les Nancéiens Lucie et Julien, qui dansent en agitant le drapeau de leur syndicat CGT, ne cachent pas leur joie. « Il y a une vraie prise de conscience dans la SNCF. À part la direction, il n’y a plus grand monde pour soutenir le gouvernement », expliquent-ils. Absentes de la mobilisation contre la réforme ferroviaire de 2014, pourtant inspirée par la même logique que celle de Macron, la CFDT et l’Unsa sont, cette fois-ci, partie prenante. « La culture de l’Unsa, c’est la négociation, mais nos mandants sont en colère », explique son secrétaire général, Roger Dillenseger.
Le gouvernement, qui a perdu la bataille idéologique dans l’entreprise, va-t-il remporter celle de l’opinion ? Si, selon un sondage Odoxa paru le 23 mars, 58 % des personnes jugent qu’« une grève reconductible et illimitée n’est pas justifiée », elles sont 50 % à estimer que « le gouvernement doit tout faire pour éviter cette grève, quitte à renoncer à certains points de sa réforme ». Enfin, selon une autre enquête du même institut parue le 21 mars, 55 % des personnes interrogées trouvaient « justifiée » la mobilisation du 22 mars. Malgré le torrent de propagande déversé, rien n’est donc acquis pour le gouvernement, comme en témoignent les prises de position nouvelles en faveur des cheminots. « Depuis le 22 mars, nous recevons de nombreux mails d’usagers nous encourageant », explique Bruno Poncet, de SUD rail, qui, récemment, rapportait au contraire dans « l’Humanité Dimanche » (n° 600 du 8 au 14 mars) des manifestations d’hostilité. Inédit, une trentaine d’écrivains, d’artistes et d’intellectuels, dont Annie Ernaux, Laurent Binet, Étienne Balibar ou encore le cinéaste Robert Guédiguian, ont aussi lancé sur Mediapart un appel à la solidarité financière baptisé « Une cagnotte pour les cheminots grévistes » (www.leetchi.com/fr/Cagnotte/31978353/a8a95db7).
L’état d’esprit combatif des cheminots est-il contagieux ? En tout cas, le secrétaire général de la CGT services publics, Baptiste Talbot, estime que « le fatalisme et le doute sur la possibilité de gagner, nourris par le passage en force de la loi El Khomri et des ordonnances Macron, reculent dans les têtes ». Le syndicaliste en veut pour preuve « une présence accrue des jeunes et non-syndiqués » aux 180 manifestations qui ont rassemblé 500 000 personnes en France (cheminots compris) à l’appel de l’intersyndicale (CGT, CFE-CGC, FSU, FO, Solidaires, FA-FP, CFTC et CFE-CGC). Un nombre en progression par rapport à la précédente mobilisation (400 000, selon la CGT). Le ministère de l’Intérieur a compté, lui aussi, plus de manifestants (323 000, le 22 mars, contre 209 000, le 10 octobre).
Après le succès du 22 mars, le gouvernement assure qu’il ne reculera pas. En déplacement à Bruxelles le jour-même, Emmanuel Macron a affirmé que « l’impact (des mouvements sociaux) n’existe pas » et qu’ils ne sont pas de nature à conduire le gouvernement à revenir sur ce qui a commencé à être mis en œuvre ». Reste que cette sérénité affichée cadre mal avec l’attitude du gouvernement. Ainsi, selon la CGT, l’exécutif a tenté de minimiser la mobilisation dans la fonction publique en faisant « disparaître les grévistes ». Alors que le nombre de manifestants est en hausse, les taux de grévistes annoncés sont en léger recul par rapport au 10 octobre (12,8 % dans la fonction publique d’État, 8,11 % dans la territoriale et 10,9 % dans l’hospitalière). Symptôme de la fébrilité qui le gagne, le gouvernement lâche aussi du lest. Après la « correction » de la hausse de la CSG pour 100 000 retraités, annoncée le 21 mars par le premier ministre Édouard Philippe, le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, a annoncé, le 23 mars, qu’il proposerait « des rattrapages » de salaires aux métiers « mal payés » de la fonction publique.
Ces manœuvres visent à désamorcer la crise sociale qui couve. Le succès de la manifestation nationale des cheminots annonce une grève fortement suivie les 3 et 4 avril prochains. C’est aussi le 3 avril qu’a choisi l’intersyndicale d’Air France pour une nouvelle grève sur les salaires (voir page 19). C’est la même date que les fédérations CGT des transports et des services publics ont choisie pour appeler les éboueurs à une grève reconductible pour « la reconnaissance de la pénibilité ». L’exécutif n’en a pas fini non plus avec les fonctionnaires, dont l’intersyndicale devait se réunir le 27 mars au soir. Enfin, la CGT a annoncé une journée d’action interprofessionnelle le 19 avril prochain pour « les services publics, l’emploi et les salaires ».

 

 

 

 Pierre-Henri Lab Vendredi, 30 Mars, 2018 Humanité Dimanche

 

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ICI EN FRANCE

1 Avril 2018, 18:18pm

Publié par PCF Villepinte

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Nouveau quartier à Villepinte

1 Avril 2018, 18:07pm

Publié par PCF Villepinte

Lors du conseil municipal du 7 avril prochain, en souvenir d'une fameuse opération immobilière menée à Villepinte à la fin des années quatre-vingt, la direction municipale a décidé de baptiser les deux 2 nouvelles rues de ce quartier nouvellement nommé "La Pépinière": Rue des terrains Le Péchoux ( la rue en pente verticale) et avenue de la Sémaville (l'avenue en travers). Nous saluons comme il se doit ce devoir de mémoire

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