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Syndicalistes : les chouchous de la Direction

12 Février 2015, 19:04pm

Publié par PCF Villepinte

Syndicalistes : les chouchous de la Direction

Cela aurait pu s'appeler les faits, la suite.

 

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Comme à mon habitude, je vais prendre la plume de mon second degré pour la plus grande partie de mon article. Ce qui motive cet écrit, c’est la bêtise humaine, dans son sens le plus large. Que vous soyez syndiqué ou non, syndicaliste ou pas, cette lecture devrait vous intéresser. Je ne promets toujours pas de faire court, car personne ne me donne de consigne et je choisis de m’exprimer avec les mots qui sont les miens, pour partager tout mon écœurement (oui, on ne partage pas que de belles choses, c’est moche !)

Je précise que le contenu de cet article n'engage que moi, et je ne parle qu'en mon nom.

Je vais vous parler de Régis, un syndicaliste, un homme que je ne connais pas personnellement, mais que j’ai croisé des dizaines de fois, à qui je dis bonjour, à qui je souris. Même si l’on ne se connait pas personnellement, cela ne m’empêche pas de m’exprimer sur son sujet. Je brandis le drapeau de la liberté d’expression !

Mais c’est quoi un syndicaliste ?

Commençons par le commencement…

 

Source Wikipédia (ce n’est jamais une source 100% fiable, mais là, ça va !) : Le syndicalisme est le mouvement qui vise à unifier au sein de groupes sociaux, les syndicats, des professionnels pour défendre des intérêts collectifs. Le syndicalisme désigne également l'action militante qui cherche à poursuivre les buts d'un syndicat.

Ok, je ne vous ai rien appris. En France, on compte environ 10% de syndiqués, c'est-à-dire 10% de personnes salariées qui adhèrent à un syndicat, quel qu’il soit. (Ils étaient 30% en 1950…)

Après, pour que tout cela fonctionne, il faut des leaders. C’est le principe même des élections professionnelles, qui invitent les salariés à voter pour leurs représentants syndicaux, ceux-là même qui vont être (ultérieurement) directement confrontés à l’employeur (ou plutôt aux « sous-fifres » du Big Boss, certains de ces cadres, simplement salariés, qui se prennent pour des gens de pouvoir, alors qu’eux-mêmes ne font qu’exécuter les ordres d’autres cadres, eux aussi simples salariés), pour faire part des revendications des salariés.

Les syndicats ne sont pas des chiens (pas tous du moins), et ils n’exigent pas que vous soyez « cartés » (comme on dit dans le milieu pour dire que vous avez pris votre carte à CGT, UNSA, FO, Sud Rail ou autre…), pour prendre en charge vos revendications et vous aidez dans vos démarches.

Les bons samaritains

Oui, si le mot est un peu fort, il définit pourtant bien ce qu’est un représentant syndical. En résumé, le type (ou la nana) se démène pour vous, bénévolement, sur son temps libre et /ou sur son temps libéré pour sa fonction syndicale (mais bien souvent, il lui faudra empiéter sur son temps libre).

Si le DS (délégué syndical) n’attend rien de vous en échange, son combat reste intègre et loyal. Un DS (soutenu par sa délégation évidemment) met tout en œuvre pour que les choses soient faites légalement, sans ambiguïté et pour qu’aucun reproche ne puisse être constaté lors d’une quelconque procédure en cours ou à venir.

Il était une fois, Régis…

 

Régis, 40 ans. Cheminot depuis 20 ans, militant depuis 20 ans, délégué du personnel (représentant syndical), membre du CHSCT, conseiller prud’homal depuis 10 ans. Aujourd’hui, Régis a le couteau sous la gorge. La corde est à son cou, le nœud est fait, la lame de la guillotine est aiguisée. Ce n’est pas un suicide qui guette Régis, mais une mise à mort. La mise à mort est organisée par les tout-puissants, les maîtres à penser, les décisionnaires, la Direction, bref l’entreprise pour laquelle il travaille depuis 20 ans. Pourtant, Régis est un agent exemplaire, aucune sanction disciplinaire dans son dossier, inconnu des services de police (ah ah !), un homme sans histoire…

Est-ce que Régis est un con ?

Comment ne pas en arriver là… Vous connaissez tous le fameux « Régis est un con », lancé sur Canal + par les Nuls. On se marrait bien de voir Régis se casser la gueule en essayant de sauter dans une piscine en plastique de 30 cm de profondeur, ou de voir ce même Régis (qui était en fait un autre Régis, et qui en fait, ne s’appelait pas Régis, oui, le mythe est brisé, mais aucun d’entre eux ne s’appelaient en fait réellement Régis) se viander sur ses skis. Bref, Régis est un con, un maladroit, un type qui ne fait que des conneries, qui est toujours filmé quand il en fait une belle et qui subit les ricanements des spectateurs. Seulement dans mon histoire, Régis s'appelle vraiment Régis, Régis n'est pas un con et les gags dont Régis est témoin ne sont pas drôles du tout.

Bref, Régis n’est pas toujours un con, loin s’en faut

Le Régis dont je vous parle, il existe réellement. C’est un type qui bosse pour une grande boite qui tente de faire rouler des trains sur des voies qu’elle loue. Régis, c’est un type qui vit pour son entreprise depuis 20 ans. C’est un gars ordinaire, sans cape de super héros, qui tente, avec son savoir, son bagou, sa bonne volonté, son optimisme et son sens de la camaraderie, de venir en aide à tous les collègues qui font appel à lui.

Il ne fait pas dans la discrimination Régis. Homme ou femme, hétéro ou homo, noir ou blanc, jeune ou vieux, handicapé ou valide, religieux ou agnostique, il s’en fout de ce que vous êtes dans votre for intérieur. Ce qu’il voit, c’est une personne qui appelle à l’aide et il répond présent, comme des centaines d’autres délégués syndicaux, il a pour quête d’accomplir la mission pour laquelle il a été élu et choisi : défendre les intérêts professionnels (et parfois personnels) de ses collègues, lorsqu’ils sont en difficultés dans l’entreprise.

Et ça, les collègues l’ont bien compris ! (formule genre Capital ou Zone interdite, à chier, mais qui passe bien ici)

Oui, les collègues en difficulté dans la même entreprise que Régis, dans le même établissement que lui (parce que l’entreprise dont nous parlons est très grande et se divise entre autre, en établissements) ont bien compris que Régis n’était pas un con.

Régis, c’est même un modèle dans sa catégorie : respect et connaissance des règlements (et il y en a toute une chiée !), franchissement des étapes en toute légalité et avec plein de bon sens (on commence par le dialogue, on tente de démêler des situations tendues en s’autorisant des médiations avant d’intervenir davantage). Il en a sauvé des têtes dans la boite. Des têtes de cons parfois, parce qu’on ne choisit pas la tronche de son « client » (même si parler de client est inappropriée, car rappelons que pour ses fonctions de délégué, Régis, comme tout autre DS, ne touche pas de prime). Alors oui, il a du traiter des affaires tordues, mais il a toujours pris soin de déceler le bon coté des gens (parce qu’il est naïf quand même Régis à défaut d’être con, même s'il sait aujourd’hui qu’il s’est fait manipulé par certains), il a toujours voulu croire que derrière une facette un peu sombre, derrière des reproches professionnels faits par l’entreprise au gars qu’il défend, il y avait nécessairement un petit minois qui méritait d’être soutenu…

 

Alors il a enchainé les « affaires » (comme on dit encore dans le milieu), il a combattu (sans armes et souvent par les mots) pour régler des histoires parfois hallucinantes (classées secret-défense), pour sauver la peau de ses collègues. On a tous droit à notre seconde chance (parfois troisième, quatrième et cinquième pour certains). Mais c’est ça son talent à Régis. Convaincre la boite que l’agent Z, qui a fait appel à lui pour être défendu, mérite toutes ces chances supplémentaires. Il en a du savoir-faire Régis ! Il sait utiliser les bons mots, les bons arguments, les bons référentiels (les textes de loi internes à l’entreprise si vous préférez), les bons alinéas, les bonnes jurisprudences… Bref, Régis c’est pas le con de Canal +, non Régis c’est le « sauveur » pour de nombreux cas, que bien d’autres auraient laissé au placard, tant ils étaient difficiles à défendre.

Mais Régis, ce n’est pas l’avocat du diable, ça non ! C’est surtout, un type qui sait que dans la vie professionnelle, nous sommes tous confrontés, un jour ou l’autre, à une connerie, une bêtise, une erreur, un écart, un excès, volontaire ou involontaire, et il ne peut pas laisser le Big Boss nous mettre au tapis (nous les fautifs) sans nous donner les moyens de nous rattraper. Mais il faut bien admettre qu’aujourd’hui, Régis est contraint de faire un bilan plutôt négatif de ces cas qu’il a défendus : y’avait pas mal de cons parmi eux, et ils ne s’appelaient toujours pas Régis, eux non plus…

Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnait !

Audiard avait bien raison, les cons ça ose tout. Pour preuve, certains agents que Régis a défendus (là on parle des cons), se liguent aujourd’hui contre lui. Mais attention, sous couvert d’anonymat! N’oublions pas que nous avons face à nous des vrais langues de vipère, des témoins avec des perruques, des anonymes masqués, à la voix transformée. Mais par contre, ces types sont de vrais moulins à connerie. Et ils osent tout ! Ils inventent, ils déforment, ils manipulent la réalité, après avoir été eux-mêmes manipulés par leurs gourous.

On n’est pas des salauds, seulement des cadres et des fonctionnaires supérieurs!

C’est l’argument que la boite met en avant, quand elle décide que Régis en a trop fait.

" Oui bon, Régis, écoute, ça va bien là ! Maintenant, tu vas arrêter de nous faire des procès, parce qu’on est quand même ton employeur tu vois ? Jusque là on t’aimait bien, mais les condamnations en justice que t'as obtenues, ça commence à faire trop. Ca fait même tâche, et là, le patron, il a dit STOP ! Donc c’est pas contre toi hein, mais Régis, là on va devoir monter un petit dossier, et on va essayer de te faire dégager de la baraque, parce que t’es en train de nous les briser menues ! Donc je t’explique comment ça va se passer, on a fait une petite liste avec les copains de la Direction pour ne rien oublier, et on a monté une petite histoire qui devrait faire pleurer dans les chaumières du patron et si possible du Tribunal. Ah oui, parce qu’on aimerait bien que tu prennes un peu la place sur le banc des accusés. Chacun son tour vieux, tu nous y as mis combien de fois toi ? Sous prétexte qu’on ne respectait pas le règlement ? Comme si ça suffisait ! Tu sais bien que les patrons ont le pouvoir ! Non, tu savais pas ptêt, bah là, tu vas comprendre… Donc dans notre petite histoire, nous en veux pas, mais on a du inventer pas mal de choses qui ne tiennent pas la route pour que tu n’en réchappes pas (tu sais bien que quand on veut tuer son chien il suffit de dire qu’il a la rage), oui là on veut vraiment que tu dégages et on risque même de te botter le cul pour ça… Alors on disait, l’histoire qu’on va raconter, c’est ça, en quelques points (on te la fait courte, mais on voudrait pas que tu crois que tout ça est directement contre toi, rien de personnel tu vois…)

 

Faire une liste de faux témoignages, mais avec des vrais gens, des gens que tu as défendu de préférence, oui parce que parmi eux, on a trouvé de beaux salauds, faciles à appâter, tu vas pas en revenir de ce qu’ils sont prêts à dire sur toi (de mal évidemment). Par contre, comme ces gens vont mentir, ils préfèrent rester anonymes, tu comprends hein ?

Faire la liste de tous les procès que tu nous as mis aux fesses, avec tes idées de défendre l’agent lambda. Nous mettre face à nos manquements au règlement, ça finit par nous vexer... Heureusement que tout ceci va être mis sous clés ! Nos potes du MEDEF nous ont donné quelques idées précises pour déglinguer les syndicats. Ils s’imaginent sans doute qu’on leur rendra la pareille! Oh, j’te jure Régis, on est vraiment dans un monde où les gens qui croient avoir du pouvoir sont prêts à tout pour sauver leur peau !

Surfer sur la vague bien haute des « mauvais » responsables de la CGT, tu sais avec leurs histoires d’appartement refait à neuf, leur télé géante, et tout le bazar, là, ça colle parfaitement avec notre idée de démonter la CGT. Pour commencer hein! On verra après pour les autres, parce qu’ils sont nombreux ces syndicalistes crédules à s'imaginer qu’ils vont faire de la boite une boite meilleure pour les cols bleus !

 

Faire la liste des gars qui t’ont connu à tes débuts, tu sais ceux qui sont à la retraite maintenant, et qui pensent qu’ils nous doivent tout, parce qu’on a su les couvrir en temps voulu. On a rien dit de leurs extras, si tu vois ce que je veux dire. Eux, c’est dans la poche,. Tu vas être surpris, les gars ont pris un sacré coup de vieux depuis qu’ils sont partis.

Faire une liste de nos « amis » et « connaissances » au Tribunal d’Instance et de Grande Instance. Oui, parce que tu nous as bien niqué sur les deux. Ok, t’as gagné tes procès réglo, mais tu crois quand même pas que ça va suffire ? Bah non Régis…

Essayer de te faire bouffer tout ce que tu nous as fait bouffer : tu te souviens des procès pour harcèlement, discrimination et tout le bordel ? Oui tu t’en souviens, tu les as gagnés ! Bah on a dans l’idée de te faire des procès pour la même chose. Tu noteras notre « fairplay » dans l’histoire. On ne te rend que la monnaie de ta pièce, ni plus ni moins.

Bon on avait dit qu'on ferait court mon Régis, mais on a du mal, tu sais les types comme nous, qui sont payés pour faire croire aux autres que ce qu’ils ont est assez bien pour eux, on a souvent du mal à faire court. On est toujours dans l’argumentation exagérée, dans le surplus d’info et dans le mélange des données, comme ça, on vous embrouille, on sème le doute et on finit par gagner. Tu verras ! On finit toujours pas gagner..."

Cette discussion imaginaire entre Régis et ses détracteurs vous fait sourire? Je pense pourtant que la réalité est proche.

Une sanction qui fout la trouille

Donc, notre Régis a bien entendu essayer de se défendre, soutenu par de nombreux collègues, des organisations syndicales, des syndiqués et des non syndiqués. Mais les arguments de sa défense ont été mis sous silence. Ils ont fait la sourde oreille les Big Boss, chose qu’ils maitrisent parfaitement là haut, quand il s’agit de ne pas ouvrir les yeux sur les aberrations, les mensonges et les rumeurs (sourde oreille, ouvrir les yeux, j’humanise le pouvoir). Oui, évidemment, les témoignages venant controverser les "fausses rumeurs" qui courent librement sur Régis, n'ont pas été entendus. Ils ont été présentés, certes, mais personne n'a jugé utile de les voir, de les lire, de les considérer. Cela aurait pourtant suffi à mettre un terme à toutes ces calomnies. Seulement, l'ambiance n'est pas à la discussion, ni au débat. L'ambiance est à l'anéantissement , au torpillage et à la disgrâce d'un homme, parce qu'il est syndiqué, syndicaliste, parce qu'il a mis à mal son employeur à plusieurs reprises, parce qu'il n'a pas laissé faire tout et n'importe quoi, parce qu'il a agi avec conviction et ferveur, pour défendre des agents en souffrance sur leur lieu de travail, parce qu'il n'a pas voulu taire la discrimination, ni le harcèlement. Un homme dont on veut la tête, parce qu'il est finalement compétent. Ils sont rares les compétents, et ils dérangent les autres, les incompétents. Ils empêchent les cons de tourner en rond, ou de traverser les couloirs avec des dossiers vides sous le bras. Les gens compétents se donnent souvent du mal pour que le monde professionnel évolue dans le bon sens, pour que le respect du salarié soit une obligation, un devoir et plus seulement une forme de savoir-vivre...

Mon pauvre Régis, je suis sûre que si c'était à refaire, tu ferais pareil. Tu aiderais ces mêmes agents qui aujourd'hui crachent à ton visage sans que tu ne puisses voir le leur. Tu passerais des heures entières sur tes jours de repos pour dénouer les affaires les plus sensibles, celles qui t'ont mené au TI ou TGI et celles pour lesquelles tu paies de ta personne aujourd'hui. Tu ne changerais rien, tu mettrais toujours autant de cœur et de conviction pour faire face à une Direction pas toujours tendre, mais qui a su reconnaître ton talent dans ton art syndical, cette même Direction qui aujourd'hui, serre petit à petit le nœud de la corde qu'elle a mis elle-même autour de ton cou. Tu ferais la même chose, car quand on est un homme investi, on le reste.

Mais après tout, le conseil de discipline c’est pas la mer à boire. Hein... ? Si... ? On me dit que Régis risque sa place, on me dit que Régis risque 10 jours de mise à pied ferme (c'est-à-dire 10 jours sans se rendre sur son poste de travail et 10 jours sans être payé). On me dit que c’est le dernier avertissement (et pourtant c'est le premier). Ah bah merde, cela veut-il dire que si un autre incompétent décide de monter un petit dossier contre lui, Régis prendra la porte ? Bah oui, ça veut dire ça. Pourtant, comme je vous le disais un peu plus haut, Régis est irréprochable jusqu’ici. Mais lui, le syndiqué syndicaliste, contrairement aux autres salariés, il n’a droit qu’à une chance. Si l’on peut appeler ça de la « chance »…

Agissons ensemble et luttons contre ces manipulations politiques

Comment laisser une telle mascarade se jouer sous nos yeux? Nous ne le pouvons pas, nous ne le devons pas. Nous devons tous montrer (syndiqué ou non, syndicaliste ou pas, cheminot, enseignant, notaire, médecin, infirmière…) que nous ne sommes pas d’accord pour laisser mettre à mal tout ce que nos aïeux ont cherché à protéger jusqu’ici (quand ils étaient 30% de syndiqués en 1950) : la défense des salariés au cœur même de leur entreprise , autrement dit, le syndicalisme.

Partout où le syndicalisme n’existe pas, le patronat se délecte. Il peut harceler, manipuler et contraindre ses employés, sans tenir compte des réglementations en vigueur. Le MEDEF sait que les syndicats sont des grains de sable de plus en plus gênants dans les rouages de la machine manipulatoire orchestrée contre les salariés.

 

En l'absence de syndicat dans une entreprise, qui défend les intérêts du salarié ? Personne. Il se défend lui-même, ou il ne se défend pas. Il accepte que son salaire n’augmente pas pendant 10 ans ; il accepte que son temps de travail supplémentaire ne soit pas rémunéré à la valeur normale d’une « heure supplémentaire » ; il accepte que ses congés lui soient refusés pendant la période qu'il demande; il accepte que son salaire lui soit versé le 10 au lieu du 2 comme d’habitude ; il accepte de venir travailler avec 40° de fièvre pour arranger son patron…

Dire qu’il accepte, c’est une forme de respect pour lui, ce salarié sans organisation syndicale dans son entreprise, sans bouée de sauvetage, sans gilet pare-balle. Parce que dans le fond, nous savons tous qu’il n’accepte pas, mais plutôt qu’il n’a pas le choix, si ce n’est celui de se rebeller, aux risques de devoir prendre la porte (sans indemnité, licenciement pour fautes graves, et on n’en parle plus !)

Ne laissons pas Régis se faire pousser à la porte de sortie de l'entreprise. Il ne demande pas de médaille, il ne demande pas de reconnaissance de ses pairs. Non, il veut simplement pouvoir continuer l’exercice de son métier, mais aussi perpétuer son engagement syndical auprès des salariés, sans crainte de représailles injustifiées. Alors pas question d’accepter une sanction, quelle qu’elle soit.

Pour manifester leur désaccord avec la sanction encourue par Régis, de nombreux salariés se sont déjà rendus sur les lieux de « l’exécution », les 22 et 29 janvier derniers. Ces mêmes salariés et d’autres encore, sont invités à se rendre à nouveau sur les lieux de la mise à mort, le 11 février 2015.

 

Merci à Arnaud pour son aide, sa relecture, ses idées et ses formules qui sont parfois (je dis bien parfois), meilleures que les miennes !

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La théorie et les faits

8 Février 2015, 09:00am

Publié par PCF Villepinte

La théorie:

Haut Comité du système de transport ferroviaire : un projet de décret en consultation

Anne Lenormand - localtis.info du 03/02/2015

Le ministère de l'Ecologie met en consultation jusqu'au 13 février 2015 un projet de décret précisant la composition du Haut Comité du système de transport ferroviaire, les missions qui lui sont assignées ainsi que son fonctionnement. Créé par la loi du 4 août 2014 portant réforme ferroviaire, le Haut Comité a été conçu comme un lieu de débat sur les grands enjeux du système de transport ferroviaire national. 

"Il veille à promouvoir la concertation de l'ensemble des parties prenantes du système de transport ferroviaire notamment dans les domaines du développement coordonné des différents modes de transport dans une logique intermodale ainsi que de la mise en accessibilité aux personnes handicapées ou à mobilité réduite du matériel roulant, des quais et des gares", précise le projet de décret. Il a aussi vocation à éclairer le gouvernement et le Parlement sur la situation du système ferroviaire national et ses évolutions envisagées ou prévisibles. Le Haut Comité, qui est présidé par le ministre chargé des transports ou son représentant, est composé de 35 membres nommés pour un mandat de cinq ans renouvelable. Il réunit notamment des représentants des gestionnaires d’infrastructure, des entreprises ferroviaires, des exploitants d’infrastructures de service, des autorités organisatrices de transport ferroviaire - un représentant des régions, hors Ile-de-France, et un représentant du Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif)-, des grands ports maritimes, des opérateurs de transport combiné de marchandises, des partenaires sociaux, des chargeurs, des voyageurs, des associations de protection de l’environnement agréées au titre de l’article L. 141-1 du code de l’environnement, de l’État ainsi que deux députés et deux sénateurs et des personnalités choisies en raison de leur connaissance du système de transport ferroviaire national.

 

Les faits :

 

Hier à 19h30, des usagers du TER Lyon-Grenoble demandent au contrôleur du train d’intervenir par rapport à des jeunes qui importunent une jeune fille et sont visiblement éméchés.

Un autre agent SNCF, qui n’était pas en service mais qui utilisait ce train, se propose de l’aider.

S’en suit une agression d’une rare violence puisque l’un des cheminot a le nez cassé et plusieurs lésions faciales (11 jours d’ITT) et l’autre a une côte cassée (8 jours d’ITT).

 

Si le contrôleur avait été seul, il serait peut-être mort !

Et s’il n’y avait pas eu de contrôleur, c’est la jeune fille qui aurait subit les assauts des agresseurs !

 

 La Direction SNCF fait le choix de supprimer les trains

 

Alors qu’elle aurait pu engager le dialogue avec les organisations syndicales hier soir, la Direction a attendu 9h, soit 8h après les premiers droits de retrait de contrôleurs, pour prendre contact avec les représentants régionaux !!!

 

Une réunion a lieu à 11h à la Direction Régionale de Lyon.

Par rapport à la situation et à la multiplication des agressions de plus en plus violentes, les syndicats demandaient des moyens pour la sureté.

Ils demandaient notamment que les trains Lyon-Grenoble soient désormais équipés de 2 contrôleurs et non 1 seul.

Ils demandent également des embauches pour revenir à une situation normale de production. Par exemple, les 18 agents consacrés à la lutte anti-fraude sur la Région, n’ont pas effectués une seule mission de lutte anti fraude depuis l’été dernier parce qu’ils sont tous utilisés en accompagnement classique des trains pour faire face au manque d’effectif !

 

La Direction Régionale demande une suspension de séance à 12h30, jusqu’à 14h. Les syndicats espèrent que c’est un signe positif et qu’une issue rapide va être trouvée.

Mais à 14h, la Direction revient sans aucun moyen !!!

Le directeur ne prend même pas la peine de demander la reprise du travail !!!

 

 Interrogé par la CGT pour savoir si la Direction veut que le trafic reparte, il ne répond même pas ! La Direction nationale a semble-t-il donné son arbitrage : pas de discussion !

La colère et l’incompréhension des contrôleurs est à son maximum !

Leur employeur leur confirme qu’il se moque de leur intégrité physique et qu’il ne prendra aucune mesure pour faire face aux agressions qui se multiplient, notamment les agressions avec arme !

Les cheminots ne peuvent pas accepter de travailler dans ces conditions, d’autant que les agresseurs n’ont pas été arrêtés et continuent donc à circuler librement sur le réseau.

 

Les usagers doivent savoir que la Direction SNCF fait le choix de les laisser sans solution en gare.

 

En effet, il aurait été possible d’éviter le droit de retrait pour les TER avec une négociation hier soir. Mais la Direction n’a pris aucun contact avec les syndicats.

 

Et pour les TGV, le sauvetage était encore possible cet après-midi puisque les trains du matin étaient assurés par des contrôleurs d’autres Régions. Les prises de service des contrôleurs lyonnais commencent à partir de 16h. Mais avec l’absence de négociation, ils vont massivement faire usage de leur droit de retrait, et les TGV seront donc supprimés.

 

En période de départs en vacance et face à des agressions d’une rare violence, cette attitude est IRRESPONSABLE !

 

La CGT reste disponible toute la soirée pour une reprise éventuelle des discussions en vue d’une reprise rapide des circulations, mais rien ne nous laisse penser que ce sera le cas ou même que c’est la volonté de la Direction SNCF.

 
Secteur CGT des Cheminots
> de la Région de LYON
> Tel : 04.26.21.78.63
> Fax: 04.26.21.76.33
 

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Chantiers d'ESPOIR

2 Février 2015, 16:03pm

Publié par PCF Villepinte

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CHANTIERS D'ESPOIR

1 Février 2015, 17:19pm

Publié par PCF Villepinte

CHANTIERS D'ESPOIR

La publication de l’appel « Chantiers d’Espoir » était initialement prévue le jeudi 8 janvier 2015. Les attentats de Paris ont bouleversé la situation politique et le pays tout entier. À l’horreur générée par une telle barbarie a succédé une formidable mise en mouvement citoyenne. Il importe aujourd'hui que cet élan de solidarité ne reste pas sans suites : pire, que ce souffle libérateur ne soit pas anéanti par les préjugés et le racisme dont les musulmans et les juifs sont au cours de cette période les principales victimes et qui montrent à quel point la haine et la peur ont été déverrouillées ; que le repli sur soi et la surenchère sécuritaire ne viennent pas étouffer le débat pluraliste, la liberté d’expression et confisquer la parole citoyenne dans une société où les injustices et la ségrégation n’ont jamais été aussi fortes. Les enjeux du vivre ensemble, de la fraternité, de l’égalité et de la laïcité sont essentiels pour rendre possible une véritable république, une société plus juste et plus démocratique. Une question a émergé avec force des rassemblements spontanés qui ont eu lieu : « dans quelle société voulons-nous vivre ? » De ce point de vue le travail envisagé à travers les « Chantiers d’Espoir » nous paraît plus nécessaire que jamais.

 

 

« Chantiers » parce que nous voulons construire une alternative. « Espoirs » parce que nous sommes convaincus, chacune et chacun, forts de la diversité de nos engagements et points de vue, que cette alternative est possible.

Cet appel et le processus qu'il initie sont nés de l'urgence de reconstruire une perspective commune face aux inégalités qui explosent, à la stigmatisation, au déclassement et à l'abandon organisé de franges entières de la population...

Comment un Président élu avec la force de 17 millions de voix a-t-il pu mettre en œuvre une politique qu’il dénonçait hier ? Comment une partie de la gauche, qui affirmait pourtant un idéal de changement, de progrès social et de justice, a-t-elle pu à ce point tourner le dos aux exigences qui l'ont portée au pouvoir ?

Pour nous, cette sidération s’est transformée en colère. Une colère qui s’est exprimée par de multiples mobilisations sociales portées par des associations, des syndicats, des partis ou des collectifs. Pour d’autres, cette sidération s’est traduite par un désintérêt de la politique et l’abstention, ou pire encore par un vote de repli et de haine.

Nous refusons de laisser les responsables politiques au pouvoir mener notre pays dans le mur. Nous refusons le « il n’y a pas d’autre solution possible » qui sert de prétexte à tous les renoncements. Cette impasse de la soumission renforce le poids des idées de régression, galvanise le Medef, accélère le retour d'une droite revancharde et place l’extrême droite au cœur du débat de société. Nous refusons la logique libérale et productiviste qui détruit nos vies, enferme des millions de gens dans le chômage et la précarité et menace l’avenir de la planète.

Nous croyons aux valeurs d’égalité, de justice et de solidarité dont la gauche a été porteuse historiquement. Nous voulons agir pour redonner goût à la citoyenneté, à la fabrication de la politique et de la démocratie, et inventer les contours d’un projet émancipateur du XXIe siècle.

Nous pensons que le temps est venu que les hommes et femmes de bonne volonté, convaincus qu’il est possible et nécessaire de changer le réel, prennent la parole. Membres ou pas d’une association, d’un syndicat ou d’un parti politique, nous pouvons, nous allons faire renaître l’espoir. Un autre partage des richesses et des ressources est possible. Une transition écologique est urgente. L’égalité entre les individus, quels que soient leur sexe, couleur de peau, origine, religion, sexualité, handicap est une condition de la démocratie. Des réponses au chômage peuvent et doivent être apportées sans attendre un hypothétique retour de la croissance. La vie politique peut s’écrire autrement que par une succession d’affaires financières et juridiques qui détériorent toujours plus l'action publique. Il est temps de construire une démocratie « vraie » dépassant la monarchie élective de la Ve république pour se réapproprier la souveraineté populaire, lui offrir de nouvelles formes d’expression, et créer des institutions qui permettent la participation effective de toutes et tous aux affaires qui les concernent.

Nous voulons dépasser la résignation et proposons d’échanger pour construire ensemble un autre chemin collectif. Un chemin dans lequel le progrès humain sera possible pour nous, pour les générations futures.

Nous mobiliser, ensemble, pour élaborer une alternative politique, sociale et écologiste : c’est l’objet des chantiers d’espoir que nous vous proposons de construire. À travers ce rassemblement inédit, l’objectif est de mettre en mouvement nos concitoyens et bâtir ainsi une majorité d’idées dans le pays, de montrer qu’il est possible de faire autrement en dessinant les mesures urgentes de transformation sociale et écologique que mettrait en œuvre un gouvernement qui ne renonce pas face à la finance.

Dans cette perspective, nous proposons de susciter des rencontres, partout en France, pour tracer un nouveau chemin. Des rencontres, connectées, pour échanger et inventer ensemble le projet et la stratégie à mettre en œuvre pour mettre un coup d’arrêt à l’avancée de la droite et de l’extrême droite. Et de redonner des couleurs, de la saveur et du tranchant aux valeurs d’égalité et de liberté, de faire émerger une alternative à gauche porteuse d’une politique, citoyenne, féministe, écologiste et solidaire.

Pour signer l'appel: www.chantiersdespoir.fr

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Parmi les 500 premiers signataires de l'appel, Annie Ernaux (écrivaine) et Robert Guédiguian (cinéaste), Jean Auroux, ancien ministre du travail, Annick Coupé, syndicaliste, Jean-Pierre Dubois, militant des Droits de l’Homme; Caroline De Haas, militante féministe; les socialistes Frédéric Hocquard et Liem Hoang Ngoc ; Françoise Castex et Isabelle Attard (Nouvelle Donne); Emmanuelle Cosse et Cécile Duflot (EELV); Pierre Laurent (PCF), Jean-Luc Mélenchon (PG) et Clémentine Autain (Ensemble); les économistes Jean-Marie Harribey et Henri Sterdyniak; Roland Gori, psychanalyste, Susan Georges, essayiste, Laurent Pinatel, de la confédération paysanne...

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