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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

ouh! ouh! Méfions-nous!

3 Mars 2013, 08:00am

Publié par PCF Villepinte

 

 

Malcolm McDowell dans "Orange Mécanique" de stanley Kubrick. Pour le sociologue Laurent Mucchielli, le livre multiplie approximations, exagérations et mensonges.

Politique - le 26 Février 2013

Droite

 

Une mécanique trop bien huilée

 

 

La France orange mécanique, enquête « impartiale » sur la délinquance, est le nouvel évangile de la droite sécuritaire. Et l’auteur, Laurent Obertone, son messie.

C’est une action de promotion très inhabituelle sur le site Internet du Front national qui nous a mis la puce à l’oreille. D’ordinaire, le FN n’y incite pas ses adhérents à lire, mais publie les conférences de presse de sa présidente et les entretiens télévisés des caciques du parti. Cette fois, Marine Le Pen y présente la France orange mécanique, une « enquête » sur « l’ensauvagement d’une nation », la France. « Ce livre, vous devez absolument le lire et le faire lire », expliquait la présidente du Front national, qui depuis ne cesse d’assurer le service après-vente, comme jeudi dernier lors de l’émission de France 2 Des paroles et des actes.

En quelques semaines, la France orange mécanique s’est classée parmi les vingt meilleures ventes d’essais, et parmi les meilleures sur Internet (4e sur Amazon), où un lectorat « décomplexé » a sans doute moins de… complexes à se le procurer. Et si le démarrage en librairie est plus poussif, le bouche-à-oreille d’extrême droite (sites locaux du FN et des Identitaires, Causeur.fr, Atlantico…) a un temps suffi à doper les ventes. « Il faut se battre pour que ce livre devienne une des meilleures ventes », martelait un contributeur de Riposte laïque. Selon l’éditeur Ring, il a fallu faire réimprimer 16 000 exemplaires du livre quarante-huit heures après sa sortie. Depuis, il a été relayé par un conséquent plan médias. Après Marine Le Pen, la droite sécuritaire s’est intéressée à l’ouvrage, lui dressant des louanges : Minute, Valeurs actuelles, le Figaro Magazine, Radio Courtoisie

Rhétorique d’extrême droite

Les médias généralistes (20 Minutes, le Point, les Échos) sont aussi tombés dans le piège. Avec Éric Brunet (sur RMC), Robert Ménard ou Éric Zemmour (sur Paris Première puis sur i-Télé) en poissons-pilotes, ce n’est pas étonnant. « J’ai beaucoup aimé votre livre, je l’attendais depuis longtemps. C’est un livre nécessaire », exultait ainsi Zemmour sur le plateau de Paris Première. Et de reprendre, sourire gourmand aux lèvres, les propos d’Obertone : « Les sociétés multiculturalistes sont plus violentes que les autres. »

La France orange mécanique – le titre évoque l’ultraviolence du film de Stanley Kubrick – décrit, par le biais des enquêtes de victimation, un pays comme au bord de « l’explosion », livré aux bandes, aux violeurs. Des « sous-socialisés », selon lui, « une tribu primitive au sein d’une société développée » que « la désinhibition liée à l’anonymat » pousse à passer à l’acte. Populiste ? « Populaire », répond invariablement l’auteur, qui utilise tout l’éventail de la rhétorique d’extrême droite pour lier cette sous-population violente à l’immigration.

Passons sur le style, férocement inspiré des récits cauchemardesques du Nouveau Détective. Ce « livre choc » est présenté comme un travail scientifique mais qui multiplie approximations, exagérations et mensonges. Alarmé par la multiplication et la sauvagerie des faits divers qu’il traitait, ce « jeune journaliste de vingt-huit ans » aurait « donné sa démission » d’un hebdomadaire de l’est de la France, pour se consacrer à l’écriture de son livre. Ainsi est présenté Laurent Obertone, dans la seule biographie – tronquée ou truquée ? – diffusée aux médias par son éditeur. Invérifiable, car bien qu’il parcoure les médias à visage découvert, il a signé son livre sous pseudonyme (lire ci-dessous). Pas à une demi-vérité près…

L’anonyme n’en était pas à son coup d’essai.  Bien que son patronyme soit imaginaire, Laurent Obertone n’est pas un inconnu de la réacosphère (voire de la fachosphère). Il signe régulièrement des contributions, depuis 2010 au moins, sur le site Internet surlering.fr, dont les liens avec sa maison d’édition apparaissent clairement. Et c’est peu dire que ses diatribes enflammées donnaient le ton de son futur ouvrage. Ainsi s’étonnait-il, en janvier 2012, du classement des personnalités préférées des Français en des termes fleuris : « Les Français ont-ils à ce point une vie de merde pour n’avoir d’autre icône que Yannick Noah ? » Aujourd’hui on se l’arrache sur causeur.fr, Fdesouche. Sur Atlantico, il traite de « bot », soit un logiciel automatique qui se fait passer pour un être humain, une journaliste de Mediapart, dans un long développement de neuf pages qui se termine par la dénonciation des sociologues « bien-pensants » et des médias « complices du système »… Vu ses références, on comprend mieux que Marine Le Pen en ait fait son livre de chevet.

  • Lire aussi :

Laurent Mucchielli, « Un procédé marketing, et pas scientifique »
Unie, la droite teste un infâme brouet

«Il faut continuer d’attaquer les discours tout faits du FN»

Grégory Marin

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Amnistie sociale

3 Mars 2013, 07:55am

Publié par PCF Villepinte

Norbert Gilmez, c'est soixante-quatre ans de combat contre l’injustice

Social-Eco - le 1 Mars 2013

amnistie sociale

 

Norbert Gilmez : "Ne jamais désespérer de la justice, mais savoir se battre"

 

Il est l’un des rares survivants parmi les milliers de mineurs condamnés en 1948 pour fait de grève. Grâce à la proposition de loi communiste adoptée mercredi au Sénat, il sera amnistié et devrait obtenir réparation. Résultat du combat de toute une vie.

«Les mineurs condamnés à l’occasion des grèves de 1948 et 1952 sont amnistiés. Un décret en Conseil d’État définit les conditions d’application du présent article. » C’est l’article 1er A de la proposition de loi sur l’amnistie sociale, déposée par les sénateurs communistes et votée, mercredi, par la majorité de la Haute Assemblée. Deux petites lignes qui valent leur pesant d’or pour Norbert Gilmez, puisqu’elles couronnent soixante-quatre ans de combat contre l’injustice. Norbert, quatre-vingt-onze ans, est l’un des derniers anciens mineurs encore en vie ayant pris part à l’un des épisodes les plus violents de l’histoire de la répression anti-ouvrière : les grandes grèves des mineurs de 1948 et 1952. Après avoir payé un lourd tribut à la résistance au nazisme et avoir répondu, après la Libération, à l’appel à « retrousser ses manches » pour relever le pays exsangue, les gueules noires affrontent le gouvernement, qui tente de remettre en cause des garanties sociales, compensatrices de leurs dures conditions de travail, en particulier un salaire minimum. La répression, organisée par le ministre de l’Intérieur socialiste Jules Moch, sera terrible : la troupe est envoyée, avec des blindés, les brutalités policières font six morts ; deux mille condamnations à des peines de prison sont prononcées. Et trois mille mineurs sont licenciés, sans indemnités, chassés de leur logement, privés du même coup de Sécurité sociale. De surcroît, les Houillères s’emploient à leur barrer la route de l’emploi dans les autres entreprises. Norbert Gilmez, qui sera licencié le 5 décembre 1948 avant d’écoper d’une peine de prison, le dit aujourd’hui et le répète : « Nous avons été victimes de terrorisme d’État. » En 1981, la gauche arrivée au pouvoir donne un espoir en promulguant une loi d’amnistie couvrant notamment les grévistes de 1948. Mais elle ne s’accompagne pas, pour eux, de réparation des préjudices subis. D’où « l’indignation » de Norbert et de ses camarades quand ils apprennent, en novembre 1982, que « les généraux factieux ayant pris les armes contre la France en Algérie étaient, eux, réhabilités et rétablis dans tous leurs droits, pension avec reconstitution de carrière ». Une discrimination d’autant plus révoltante que Norbert n’oublie pas ses camarades qui, « par dizaines », sanction supplémentaire à la suite des événements de 1948, ont été dégradés militairement, alors qu’« ils avaient un grade souvent issu des FTP ».

 

Norbert Gilmez ne lâche rien. Début 2011, il témoigne encore devant le tribunal de Versailles. La cour d’appel condamne alors les Charbonnages de France à verser à 17 mineurs ou à leur famille une somme de 30 000 euros en guise de réparation pour avoir été victimes de « licenciements discriminatoires ». « Le licenciement était triplement illicite, souligne Norbert Gilmez, le droit de grève était garanti par la Constitution, garanti par le statut du mineur, et le licenciement ne pouvait être prononcé que par une commission paritaire qui n’a jamais été réunie. » Mais la haine de classe a la vie dure. Les Charbonnages se pourvoient en cassation. Et ils obtiennent gain de cause, en octobre dernier : la condamnation est annulée. Depuis, le ministère de l’Économie a fait savoir, bon prince, qu’il a « donné instruction » pour ne pas réclamer l’argent versé aux 17 familles. Ces derniers temps, Norbert avait donc repris le flambeau du combat de sa vie. Il vient ainsi, dit-il, d’écrire à Mme Taubira (ministre de la Justice– NDLR) pour « lui donner tous les éléments de ce qui s’est passé en 1948 ».

Le vote, mercredi, d’une nouvelle loi d’amnistie, et l’annonce d’un décret d’application rouvrent, semble-t-il, la perspective d’une réparation complète. « Moi, sans ça, j’aurais eu une vie matérielle au moins trois fois supérieure à celle que j’ai eue », fait valoir Norbert. « Il faudrait qu’on se dépêche, avertit-il. On était encore 300 lors de la loi d’amnistie de 1981, on est 25, peut-être 30 maintenant. Ça ne coûtera pas cher à l’État… » D’après ses calculs, « ça ferait un petit 10 millions d’euros pour l’ensemble de ceux qui restent. À côté des 45 millions accordés à Bernard Tapie pour préjudice moral »… Aucune somme, pourtant, n’effacera l’indignité subie. « Il y a eu tellement de brutalités. Ma femme est restée complètement traumatisée, jusqu’à maintenant », confie l’ancienne gueule noire. « On a été classés “mauvais Français”, déshonorés. On a passé toute notre vie dans le déshonneur. »

Dans un courrier adressé récemment à l’Humanité, Norbert, « au PCF depuis 1944 », plaidait : « Il est grand temps pour le gouvernement de gauche de réhabiliter (les grévistes de 1948), de leur rendre justice par l’application de la loi aux survivants de cette corporation qui a toujours fait passer l’intérêt national avant tout, au prix des plus grands sacrifices, au prix du sang. » Lui qui a « toujours été contre l’injustice, viscéralement », tire cette leçon du combat d’une vie : « Ne jamais désespérer de la justice, mais savoir se battre, être persévérant, obstiné. »

  • Lire aussi :

La proposition de loi sur l'amnistie sociale fait des vagues à droite
Au bout du compte, le Sénat a voté l’amnistie sociale
L'amnistie sociale votée au Sénat : des premiers acquis à consolider (CRC Sénat)

Yves Housson

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Journée de mobilisation le 5 mars

3 Mars 2013, 07:47am

Publié par PCF Villepinte

 

Contester l’accord emploi, une question de démocratie

Social-Eco - le 28 Février 2013

 

Réunis mercredi par l’Association des journalistes de l’information sociale, l’actuel et le futur secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault et Thierry Lepaon, ont détaillé les raisons de la mobilisation contre l’accord dit de sécurisation de l’emploi. 

«On engage le rapport de forces contre l’accord sur l’emploi et nous ne renonçons pas comme ça. C’est dans notre culture. » Le futur secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, a confirmé, mercredi, préparer, avec FO, la FSU et Solidaires, une journée de mobilisation conséquente le 5 mars, veille de l’examen du projet de loi dit de sécurisation de l’emploi, en Conseil des ministres. « Pour nous, cette journée est le début du processus de mobilisation », a ajouté l’actuel secrétaire général, Bernard Thibault.

À quelques semaines du 50e congrès du syndicat, qui se déroulera à Toulouse du 18 au 22 mars, les deux numéros 1 de la CGT étaient invités par l’Association des journalistes de l’information sociale. Et ils n’ont pas mâché leurs mots contre un accord qui, s’il est transposé dans la loi en l’état, va modifier en profondeur le Code du travail. « Les procédures de licenciement vont être accélérées, les délais de contestation raccourcis, les prérogatives des élus du personnel réduits. Le Medef a réussi à rendre moins attaquables en justice les procédures de licenciement », a insisté Bernard Thibault, tandis que Thierry Lepaon invitait à repenser de fond en comble les politiques de l’emploi.

Moins d’un an après le retour de la gauche au pouvoir, la CGT, qui a contribué à l’accession de François Hollande à l’Élysée, se retrouve à devoir appeler à la mobilisation pour que le gouvernement ne valide pas aveuglément un accord favorable au Medef et dont le résultat principal serait de flexibiliser davantage le travail. Qui plus est, ont longuement insisté les deux leaders, cet accord n’a aucune légitimité puisqu’il est minoritaire. Or, ont-ils pointé, en matière de démocratie sociale, le Parti socialiste défend de longue date l’idée qu’un accord est légitime quand il est signé par des syndicats représentant une majorité de salariés. Ce qui n’est pas le cas de l’accord sur l’emploi, ratifié par la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC, organisations qui n’ont récolté que 38 % des voix aux dernières élections prud’homales.

Lors des toutes récentes élections organisées dans les très petites entreprises, ces trois syndicats ont obtenu moins de voix que la seule CGT (28,11 %). « L’actuelle majorité a toujours dit vouloir améliorer le dialogue social, au point de proposer d’en intégrer le principe dans la constitution. Or les deux syndicats qui ne signent pas l’accord, la CGT et FO, ont une influence beaucoup plus forte auprès des salariés que ceux qui le signent », a développé Bernard Thibault. Certes, tant que les nouvelles règles de représentativité ne sont pas entrées en vigueur, les anciennes s’appliquent et disent, entre autres, qu’un accord est valable quand il est signé par une majorité de syndicats. Ce qui est le cas. Mais, rétorque l’actuel secrétaire général, « si cette position est juridiquement juste, elle est politiquement indéfendable ». La pique est directement liée au calendrier. Normalement, la nouvelle mesure de représentativité est attendue pour fin mars. La CFTC va perdre sa représentativité interprofessionnelle et la CFE-CGC ne pourra plus parler qu’au nom des cadres. Si la négociation avait eu lieu six mois plus tard, la CFDT aurait été bien seule à apposer son paraphe.

L’unité syndicale est une constante de la CGT

Pour se tirer de ce mauvais pas et alors que le débat parlementaire sur la transcription de l’accord se profile (début avril), le gouvernement a décidé de retarder les décrets d’application à l’été. La manœuvre monte un cran plus haut la détermination de la CGT à faire entendre son désaccord. Dans ce combat, elle a trouvé une alliée assez inhabituelle, avec le retour de FO dans une démarche intersyndicale, situation qui réjouit Thierry Lepaon. « Il s’agit d’un événement », plaide-t-il, soulignant au passage que la recherche de l’unité syndicale est une constante de la CGT car elle est source d’efficacité pour « rassembler le plus largement possible », résume le futur secrétaire général de la confédération, assurant que son élection va « se passer tranquillement » et s’inscrire dans la « continuité » des orientations de la CGT.

Une direction renouvelée à 40 %. Élu par le comité confédéral national à l’automne, Thierry Lepaon succédera à Bernard Thibault au poste de secrétaire général de la CGT lors du 50e congrès prévu du 18 au 22 mars à Toulouse. Mercredi, il a levé un coin du voile sur la composition de la future direction, qui avait fait débat lors du dernier CCN. Le nouveau bureau confédéral serait composé de dix membres contre huit actuellement. « La responsabilité précise de chaque membre sera identifiée », a-t-il précisé. Quant à la commission exécutive, elle comprendra 56 membres (+ 2), dont 40 % de « nouveaux entrants ». Les deux instances de direction seront paritaires.

  • Lire aussi :

Bernard Thibault : « Non à la régression sociale »
Journée unitaire du 5 mars contre l'accord sur l'emploi : la carte des manifestations

CGT et FO s’unissent contre la flexibilité de l’emploi

Paule Masson

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Cinéma :

2 Mars 2013, 17:09pm

Publié par PCF Villepinte

les choix de l'Humanité

 

 Humphrey Bogart dans "les Griffes jaunes" de John Huston (1945)

Culture - le 2 Mars 2013

 

 

 

Retrouvez, chaque semaine, toute l'actualité cinéma avec les critiques de films de la rédaction.
Cette semaine...

Bestiare de Denis Côté
Zaytoun
d'Enran Riklis
Möbius
d'Eric Rochant
Ouf
de Yann Coridian
Les équilibristes
d'Ivano De Matteo

 

  • Bestiaire, de Denis Côté. Canada. 1 h 12.

Par Dominique Widemann.   D’abord des gros, voire très gros plans, sur des fragments de visages et de mains. Les doigts esquissent au crayon, les yeux, parfois, s’obstruent d’une mèche de cheveux. Mystères de la création. Quelques dessinateurs tentent de capter l’essence de leur modèle, un cerf empaillé. Tout se passe dans un silence qui nimbera le film de bout en bout, travaillé avec science de sons diffus. Extérieur jour : un pan de hangar et partout la neige, le nuage d’une soufflerie, des plans longs d’où naîtront une route, une calligraphie d’arbres noirs. Le cadre suivant sera tout empli d’un troupeau de bêtes à cornes en pelage d’hiver. Des lamas à tête de périscopes vont et viennent dans leurs enclos, en piétinements trop brefs. (...) Le cinéaste canadien Denis Côté a réalisé plusieurs films souvent primés. Son dernier opus, sélectionné dans des festivals du monde entier, explore en poésie l’étrange cohabitaion de l’animal et de l’humain.
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La bande annonce :

 

  • Zaytoun, d’Eran Riklis. Israël. 1 h 50.

Par Dominique Widemann. Tout commence dans le ciel, vu au travers de l’écran de tir d’un avion de chasse. Les cercles blancs des cibles dessinent l’horreur à venir au-dessus d’un magma gris. Au sol, le Liban. 1982. Beyrouth est une ville en état de siège. Dans les rues, une petite troupe de gamins palestiniens s’égaille sous les insultes qui leur sont jetées des balcons. On les somme de « retourner chez eux », dans le camp de réfugiés de Shatila, au-delà des égouts. Nous allons nous attacher à l’un de ces mômes, Fahed (Abdallah El Akal). Par le truchement de sa vie, se lira celle du camp. Le jour, l’école à moitié détruite où l’on s’obstine à enseigner. La nuit, les bombes. Le lendemain, les photos des enfants défunts les remplacent aux pupitres. (...) Eran Riklis compose un conte réaliste réunissant un jeune réfugié palestinien et un pilote de chasse isréalien.
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La bande annonce :

 

  • Möbius, d’Éric Rochant. France. 1 h 43.

Par Jean Roy. Au commencement, le film semble jouer de cartes connues, voire évidentes. Une photo magnifique et très composée, ce dès le plan d’ouverture, une plongée vertigineuse sur le port de Monaco depuis les hauteurs françaises, une insistance, discrète mais quand même, sur les noms de marques qui ont dû contribuer au montage du budget, comme si nous n’allions voir qu’une suite de clips publicitaires, ceux haut de gamme comme on les tourne pour les parfums, le sentiment que nous allons être dans un univers de luxe et donc d’exception comme dans les James Bond. (...) Éric Rochant revient avec son meilleur film depuis les Patriotes. Une histoire écrite par lui, où la froideur de la raison s’oppose à la chaleur du sentiment, avec un parfum hitchcockien.
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La bande annonce :

 

Les choix de Vincent Ostria

Ouf, de Yann Coridian. France, 2012, 1 h 22. Quoique toujours dépressif, après un séjour 
en hôpital psychiatrique imposé en raison d’un comportement explosif et dangereux envers 
ses proches, et notamment 
son épouse, François tente 
de se réacclimater à la vie quotidienne, infantilisé par ses parents. C’est le point de départ d’une errance en quasi-roue 
libre à travers la ville de Lille 
(qui s’avère plus photogénique qu’on ne le pense), au cours 
de laquelle ce vieil adolescent fait la tournée des amis, parents et inconnus, et tente de reconquérir sa femme – remontée contre lui au point 
de l’accueillir avec un fusil. 
Mais François est désarmant. 
Les prémices rappellent beaucoup le pitch du récent Happiness Therapy, mais 
l’issue, quasiment opposée, 
est finalement plus romantique. La beauté de Ouf, outre la folie douce que le titre suggère, provient avant tout de cette errance et de cette liberté 
du héros, tout compte fait moins aliéné par la société que les gens dits normaux. Occasion 
de voir Éric Elmosnino dans un rare contre-emploi d’aquoiboniste bon enfant 
et désinvolte. Bonne idée aussi d’avoir confié le rôle du père 
au rare Luis Rego, qui ressemble étonnamment à Elmosnino. Une trop rare tonalité douce-amère dans un cinéma français cultivant plus volontiers 
le rire gras et le drame que 
les états intermédiaires.

Les Équilibristes, d’Ivano De Matteo. Italie, 2012, 1 h 53. Les affres 
d’un divorcé graduellement réduit à la misère, à l’insu 
de sa famille qu’il a quitté. 
Le dossier de presse (pas le film) explique que sa femme pousse son mari au divorce parce que le bougre a fauté une seule fois avec une collègue. On aurait pu marcher, compatir à la peine 
de ce bon père ayant eu 
un moment de faiblesse, 
qui se transforme en Job moderne… On ne dit pas 
que ça n’existe pas, mais 
le film se contente de bluffer 
en permanence au lieu d’étayer les paliers successifs 
de l’infortune du pauvre 
père trop digne, ruiné par 
les contraintes de la pension alimentaire, qui plonge dans la misère à la vitesse grand V. On ne parle pas de la pirouette finale, qui ne change rien 
à l’affaire. Bref, ce film décrit 
bien une certaine réalité sociale, mais il le fait à l’emporte-pièce, ce qui eût pu être acceptable 
si cela s’accompagnait 
d’une véritable stylisation.

  • Lire aussi :

La chronique cinéma d'Émile Breton : La lutte des classes, sujet de western
Oscars : et le gagnant est… Ben Affleck
La Cinémathèque française, à Paris, propose une exposition intitulée 
« Maurice Pialat, peintre 
& cinéaste ».

 


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Grévistes de PSA Aulnay

2 Mars 2013, 17:05pm

Publié par PCF Villepinte

Un jour de paie exceptionnel 
Six semaines que la grève dure à l’usine PSA d’Aulnay, malgré les pressions et la répression. Nerf de la guerre, la solidarité financière autour des grévistes leur permet de tenir sur la durée. Reportage.

Jeudi 28 février. Dans l’usine, ce jour-là, flotte comme un air de confiance collective. Le cordon de cadres en gilets fluo dépêchés par la direction d’autres sites pour jouer les vigiles a été barricadé derrière un mur de caisses en plastique par les grévistes. Jamais à court d’idées créatives, M’Barek, ouvrier au montage de soixante et un ans et pionnier de la CGT à Aulnay, s’est débrouillé pour dégoter une canne à pêche avec laquelle il asticote les cadres de l’autre côté du mur improvisé. Coiffé d’un chapeau chinois, il mime une grosse prise, provoquant l’hilarité générale. Au bout de six semaines de grève intensive, ce sont des sourires sereins qui jalonnent la longue file d’attente qui se forme quelques mètres plus loin, devant la salle de repos réquisitionnée par les grévistes pour distribuer la « paie » du mois. Grâce à la solidarité qui s’est construite dans et en dehors de l’usine, les salariés en lutte ont déjà recueilli 240 000 euros dans la caisse de grève, à redistribuer aux 502 grévistes. « Il y a eu quelques gros chèques, comme celui de l’union départementale CGT du 93 qui nous a versé 30 000 euros, mais pour l’essentiel, ce sont les dons de citoyens ordinaires, salariés, étudiants, qui ont compté », affirme Farid, membre de la commission de pointage, qui explique le fonctionnement méthodique de la paie.

Un par un, chaque gréviste rentre avec sa carte de pointage pour passer devant un premier bureau, qui vérifie si le nombre de semaines revendiqué est similaire au fichier du pointage. Si celui-ci correspond, le gréviste passe à une deuxième table avec sa fiche de paie PSA qui atteste du montant versé ce mois-ci par l’entreprise – en général, uniquement le paiement en chômage partiel de la semaine de lock-out décrétée par la direction. Puis, si tout est en ordre, le gréviste se voit remettre son chèque à la troisième table. En cas de litiges – peu nombreux –, une commission ad hoc examine le cas à la quatrième table.

La perte de salaire est loin d’être compensée

Avec des sommes allant de 80 à 800 euros pour chaque gréviste, selon la durée de son implication dans la mobilisation, les chèques sont loin de compenser la perte de salaire engendrée par le mouvement, mais il y a de quoi leur remonter le moral, eux qui voient le conflit s’éterniser face au refus de PSA de rouvrir les négociations sur le plan social.

« Ça nous encourage à être déterminés jusqu’au bout ! Quand les gars me voient arriver à l’usine, en ce moment, ils me disent “Mohamed, t’as la pêche mieux qu’avant !” Mais, c’est vrai, je dors comme un bébé, c’est parce que je fais grève avec mon cœur ! » s’enthousiasme ce moniteur en peinture non syndiqué et qui, de son propre aveu, n’avait « jamais fait une grève de (sa) vie » avant janvier. « Même sans chèque, j’aurais continué la grève, mais ça fait du bien de voir la solidarité autour de nous, et puis ça en aide quand même certains à payer le loyer », juge Thierry, mécanicien au service antipollution.

Selon Hassan, syndiqué à SUD, le moral n’est pas forcément aussi haut chez tout le monde. « Les gens commencent à être fatigués… mais les courriers que nous envoie la direction pour nous dire de reprendre le travail, ça nous motive plutôt à continuer la grève ! Et on a la rage contre les syndicats qui sont prêts à signer le plan social », estime l’ouvrier. « Fatigués, mais avec le moral », juge pour sa part Marc Darsy, délégué CGT. « Les journées sont longues, et on est un peu moins nombreux en grève ces derniers temps, mais dès qu’on fait une action à l’extérieur, on arrive à mobiliser plus de monde », rapporte le syndicaliste.

Malgré le temps qui file et les rouages du plan social qui doivent s’amorcer très rapidement, dès que la direction aura convoqué un comité central d’établissement extraordinaire, les grévistes gardent un objectif clair : ramener PSA à la table des négociations pour obtenir de meilleures indemnités et des garanties de reclassement. « Et pour cela, il va falloir faire pression sur le gouvernement pour obtenir un vrai médiateur », explique Marc Darsy. Le facilitateur nommé par le ministère du Travail, il y a deux semaines, Marc Leray, directeur du travail en Seine-Saint-Denis, pour faire une médiation entre la direction et les syndicats, n’aurait pas fait montre d’une grande utilité jusqu’à présent, d’après le cégétiste.

Suspension ou annulation en vue ? Le syndicat SUD a assigné la direction de PSA en référé devant le tribunal de grande instance de Bobigny pour obtenir la suspension du plan social lundi dernier, et pour réclamer, à l’occasion d’une deuxième audience, l’annulation du PSE vendredi pour « insuffisances patentes ». Sur la base de l’arrêt de la cour d’appel de Paris du 28 janvier ordonnant la suspension du plan social pour défaut dans la procédure d’information des représentants du personnel de Faurecia, filiale de PSA, l’avocat de SUD, Me Rilov, a demandé lundi que le plan de restructuration « demeure suspendu » tant que la totalité des instances représentatives du personnel du groupe ne serait pas informée et consultée.

  • Lire aussi :

Perte historique pour PSA : un "effet d'annonce" pour la CGT
Reportage à l'usine Lear de Cergy-Pontoise, fabriquant de sièges pour PSA
Consultez le "journal de la grève" des salariés de PSA Aulnay

  • Solidarité :

Soutenez les salariés en grève de PSA Aulnay

Loan Nguyen

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L'argent!

2 Mars 2013, 16:58pm

Publié par PCF Villepinte

 Mon argent ! L'édito de Claude Cabanes :

 revue médias.com
 
 

 

 

Madame Christine Lagarde, ancienne ministre de l’Économie et des Finances devenue directrice générale du Fonds monétaire international, avait lancé un jour avec assurance : « Est-ce que j’ai une gueule à être amie avec Bernard Tapie ? » Mais oui, Madame, mais oui, vous avez…

Voyez-vous, les amis de Bernard Tapie ne se recrutent pas dans une seule sorte de catégorie de « gueule ». La gamme est très large : du parvenu tout frais en passant par les grands-bourgeois à chaussures italiennes sur mesure ou les présidents de la République de grande ou de petite taille, je veux parler d’étalonnage culturel bien sûr, on est gâtés. Et précisément, certains de ses amis sont aujourd’hui l’objet de la curiosité insistante de magistrats qui cherchent à comprendre pourquoi l’État lui a réglé, rubis sur l’ongle plus, de 200 millions d’euros en juillet 2008. 200 millions. En réalité, il s’agirait de 400 millions dont ont été déduites quelques créances bancaires et fiscales. Nos millions. Notre argent ! Mon argent ! Je veux qu’il me le rende, s’il me l’a volé.

L’affaire est très compliquée. En réalité, elle est très simple : en conflit avec le Crédit lyonnais, à propos de la cession de l’entreprise Adidas, l’ancien ministre et ancien « taulard » a-t-il bénéficié d’un coup de pouce de la plus haute autorité de l’État, autrement dit Nicolas Sarkozy, avec la collaboration active de Madame Lagarde, pour ramasser le jackpot ? Le problème, c’est que, la banque concernée étant à l’époque publique, le jackpot l’était aussi. Décidément, ces temps-ci, cela sent le cloaque…

Un éminent professeur de droit expliquait ainsi hier à la radio que la procédure classique de résolution de ce type de conflit, généralement favorable à l’État, avait été contournée pour aboutir à une décision défavorable à l’État. On connaît le proverbe chinois : le poisson pourrit par la tête… Et ainsi les juges perquisitionnent chez M. Guéant, ancien secrétaire général de l’Élysée, futur ministre de l’Intérieur, personnage clé du système ; ils perquisitionnent chez un ancien patron de France Télécom, investi de la plus haute responsabilité au cabinet de Madame Lagarde, et intime de l’ex- chef de l’État… Ils perquisitionnent chez un ancien président du Conseil constitutionnel ; d’autres encore… Il faut avoir les reins solides pour investir les bureaux et les tiroirs de personnages de cette envergure. 
Ils cherchent à comprendre pourquoi un comité d’arbitres a interrompu le cours de la justice pour lâcher les 400 millions.

Ces magistrats, désignés le plus légalement du monde, ont un regard d’aigle : ils ont ainsi découvert 18 rendez-vous Sarkozy-Tapie entre janvier 2009 et novembre 2010. Certes, les deux hommes fréquentent les tribunes des stades où l’on joue au football, mais enfin la passion pour ce qui se passe dans « la surface de réparation » ne suffit pas à expliquer cette assiduité. Et le juriste, qui enseigne le droit des affaires, à l’université, 
de poser hier la question : à l’Élysée, voulait-on rembourser une dette, de nature financière ou peut-être de nature morale ? On sait que Bernard Tapie roulait pour Nicolas Sarkozy.

Depuis, il a acheté une gerbe de titres de journaux dans le Sud-Est. C’est comme le « retour » de Berlusconi en Italie : on a le sentiment de revivre des pages que l’on croyait à jamais mortes du passé. Décidément, ce qui ne meurt pas, c’est la puissance de destruction et la décomposition de l’argent quand 
il s’accumule à un pôle de la société. L’austérité ? 
De quoi parlez-vous ?

Claude Cabanes

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La coopérative est l’avenir de l’entreprise (REGARDS)

2 Mars 2013, 07:22am

Publié par PCF Villepinte

A l’occasion de la proposition de reprise en Scop par les salariés de Goodyear, nous vous proposons de relire cette tribune publiée dans Le Monde le 7 janvier 2012 de notre directrice, Clémentine Autain, qui retombe à pic...

 

 

 

Là où la SNCF puis Louis Dreyfus Armateurs (LDA) ont renoncé, des salariés de Seafrance imaginent investir leurs indemnités de licenciement pour remettre à flot les navires qui relient la France à l’Angleterre. A l’imprimerie Hélio-Corbeil, dans l’Essonne, on s’apprête à sauver une centaine d’emplois par la reprise de l’activité en société coopérative ouvrière de production (SCOP). Les salariés de Fralib (Unilever), qui fabriquaient le thé Lipton, planchent sur une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC), qui permet d’associer salariés, collectivités publiques et entreprises privées. La coopérative se rêve, se discute, se construit.

L’idée de créer une société coopérative et participative apparaît de plus en plus comme une solution envisagée par les salariés d’entreprises menacées. Ce regain dit à la fois l’esprit de combativité qui résiste à l’air du temps, la soif de démocratie et l’envie de retrouver du sens à la production commune de richesses.

Je comprends que, à Seafrance et ailleurs, certains hésitent. Ces temps de chômage massif et de précarité ne sont pas les plus favorables pour l’élaboration de projets à long terme, ambitieux, collectifs, avec la prise de risque qu’ils comportent. Contrairement aux idées reçues, le néolibéralisme n’est pas l’ami de l’initiative, ni individuelle ni collective.

L’insécurité régnante conforte le repli et la peur ; elle mine la créativité et la mobilité. Je comprends aussi que l’on puisse se demander si les salariés ont à porter seuls un tel poids financier. Je ne juge pas, je n’ai pas de conseils à donner à ces hommes et femmes qui jouent leur emploi, leur argent, leur avenir.

Chacun se demande certainement, au fond de lui-même, si cela en vaut la peine, si le pari peut être gagné. Ils doivent s’interroger : en sont-ils collectivement capables ? Pour investir six mois, un an ou deux de salaire, il faut avoir de solides arguments... Seuls les salariés sauront si le projet industriel et commercial vaut d’être porté.

Comme gérante d’une SCOP, qui fait vivre le mensuel Regards, je veux dire ma conviction que la mobilisation exceptionnelle d’énergie positive toujours suscitée par le projet puis la création d’une SCOP peut, dans bien des cas, constituer une véritable solution.

Un documentaire de Mariana Otero, Entre nos mains, sorti en juin 2010, en a porté témoignage : dans l’industrie textile, des femmes et quelques hommes se sont découvert le courage de porter un projet industriel pour sauver la production de sous-vêtements et leur emploi. Cette découverte d’une capacité à penser ensemble une affaire économique, une entreprise est une révélation. En ces temps où la dignité des travailleurs est si souvent mise à mal, l’idéal de la coopérative - un individu, une voix - est une bouffée d’oxygène. La coopérative est une forme ancienne de société, mais elle trouve aujourd’hui toute sa modernité.

Ce qu’elle met en jeu constitue, en ces temps de crise, une partie de la solution économique, industrielle et sociale. De plus en plus de salariés l’envisagent comme un recours quand leur entreprise est en difficulté ou quand se pose la question de la relève du patron historique - défi imminent pour des dizaines de milliers d’entreprises. Mais la SCOP n’est pas d’abord une solution pour faire face aux crises.

Des fleurons dans le secteur des services aux entreprises (Chèque Déjeuner), dans le secteur industriel (Acome), dans celui de l’ingénierie ou du bâtiment fonctionnent en SCOP, parfois depuis des décennies. Qu’on se le dise : la coopérative est souvent performante économiquement et solide dans la durée. Parce que le capital est majoritairement entre les mains des salariés, les SCOP ne se délocalisent pas. Parce que l’entreprise appartient aux salariés, ceux-ci vivent une expérience inédite, d’un grand intérêt pour eux-mêmes, ce qui donne du coeur à l’ouvrage.

Ce n’est pas un long fleuve tranquille, mais c’est autre chose que de se sentir un pion dans l’entreprise. Parce que chacun compte pour un et que l’avis de tous et toutes est entendu, la SCOP est une forme d’entreprise adaptée aux temps où l’imagination et le besoin d’entreprendre doivent être au plus haut. Quand il faut redéfinir les finalités d’une activité, construire les conditions de sa viabilité, on a absolument besoin de ce partage d’expérience et de responsabilité. La démocratie est le carburant des SCOP : c’est assez loin du fonctionnement traditionnel des entreprises " normales ".

Même si, au quotidien, ce partage de la décision n’est pas une sinécure, bute sur les inégalités de capital culturel, sur les rapports de domination en tous genres, c’est dans cette originalité que réside son intérêt, sa pertinence pour l’avenir. Il faut savoir se défaire des a priori sur ceux qui savent et ceux qui ne savent pas. Quand il faut inventer, réajuster ou redéfinir le projet de l’entreprise, la mobilisation des salariés est un atout inestimable. Coopérateurs, ils y sont incités.

Les SCOP se déploient dans le marché réel. Elles n’ont pas, à elles seules, les réponses à tous les dérèglements du néolibéralisme, de la financiarisation de l’économie, de la concurrence au mépris du bien commun.

Mais elles doivent faire partie d’une politique qui cherche une alternative aux désordres actuels. Car dans les SCOP s’éprouve un autre partage des pouvoirs, des richesses et des savoirs. Nous sommes très nombreux à être très fiers et pleins d’espoir devant l’audace de tous ces salariés qui osent le projet coopératif. Ils méritent notre solidarité et le soutien de la puissance publique.

 Clémentine Autain

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Cochon(s):

2 Mars 2013, 07:16am

Publié par PCF Villepinte

Que doit-on penser du livre de Marcela Iacub?
Sommes-nous prêts à vivre dans une société où la prostitution morale et le profit du papier vite vendu deviennent la règle...

Iacub. La littérature a tous les droits – pas un auteur. La nouvelle affaire DSK s’appelle donc Belle et Bête, livre à vocation médiatique publié chez Stock, dans lequel la juriste Marcela Iacub raconte jusqu’au sordide ses sept mois de liaison avec l’ancien patron du FMI, de janvier à juillet 2012. Jamais le nom de l’ancien ministre socialiste n’est écrit noir sur blanc. Mais pas de doute: «J’étais persuadée que si un autre politique français avait été arrêté à l’aéroport de New York à ta place, tu aurais crié avec la foule.» Le tutoiement pour forme. La vulgarité et le lynchage public comme objection. Car nous lisons, atterrés, la longue chronique d’une passion avec celui qu’elle nomme l’«homme-cochon». Ainsi: «Même au temps où ma passion était si fastueuse que j’aurais échangé mon avenir contre une heure dans tes bras, je n’ai jamais cessé de te voir tel que tu étais : un porc. C’est ma compassion pour ces animaux si dénigrés qui a éveillé mon intérêt pour toi.» Plus précis: «C’est parce que tu étais un porc que je suis tombée amoureuse de toi.»
Ou encore: «La liste de tes conquêtes d’un jour, de tes victimes, de tes putes successives et concomitantes dont la presse ne cessait de s’horrifier et de se régaler montrait un autre aspect émouvant de ta vie de cochon. Ces femmes étaient laides et vulgaires. Comme si en chercher des jolies était déjà une manière d’être plus homme que cochon.» Le but de Iacub, ne plus être une «humaine véritable». Car il lui révèle «à quel point c’est beau d’être une truie dans le rêve interminable d’un porc». Car le cochon aime tout: les grosses, les sales, la souillure, la salissure et même les bouts d’oreille. D’autant que la truie n’est jamais loin. Son épouse l’aurait en effet laissé «se promener» car «il n’y a pas de mal à se faire sucer par une femme de ménage». Stop. Arrêtons-là le récit nauséeux…

Morale. Est-ce de l’art ou du cochon? S’il ne s’agissait que de se dire, comme Fernando Pessoa, que «la littérature est la preuve que la vie ne suffit pas», nous pourrions nous contenter de rigoler en silence sans nous demander de quelle schizophrénie procède ce livre, apparaissant soudain comme une pièce supplémentaire versée au procès dont le visiteur du Sofitel et du Carlton est l’accusé ad vitam aeternam. Sauf que cette schizophrénie se fonde également sur une répartition des rôles de type incestueuse entre la presse et le livre. Six pages laudatrices dans le Nouvel Observateur, trois dans Libération. Et aucune réponse à cette question: sommes-nous prêts à vivre dans une société où la prostitution morale et le profit du papier vite vendu deviennent la règle? Quand le cynisme et le nihilisme tiennent lieu de morale civile, nous préférons citer Flaubert : «Le difficile en littérature, c’est de savoir quoi ne pas dire.»


Marcela Iacub.
Angot. Et puis Christine Angot s’en est mêlée... N’était – pour le coup – l’intelligence du propos, l’affaire serait presque devenue gaguesque. Sauf qu’elle a mis dans le mille. Irritée, choquée et pour tout dire carrément révoltée d’avoir été comparée à Marcela Iacub, la romancière et dramaturge a signé un long texte cette semaine dans le Monde sur le principe du «Non, non, non et non». Contestant l’idée de participer à toute «littérature expérimentale», parce que «l’expérience n’a rien à voir avec la littérature», Angot déclare préférer «la vie oui, la vie vécue, la vie pensée, la vie subie, la vie non pas ‘’traversée’’ mais vécue sans avoir été ‘’calculée’’», ce qu’elle appelle «la corne du taureau qui vient vers vous et pas le contraire», histoire de répondre vertement à Philippe Lançon, qui, dans Libération, évoquait à propos de Iacub «une littérature expérimentale, violente comme ce qu’elle traverse, inspirée par un esprit de risque et de performance, qui cherche à approcher au plus près de la corne du taureau». Christine Angot s’insurge. Elle n’a pas tort. Le bloc-noteur ne redira pas ici tout le mal qu’il avait pensé de son dernier livre, Une semaine de vacances (Flammarion), lecture aussi éprouvante que choquante. Néanmoins, Angot nous donne raison, en quelque sorte, quand elle écrit: «Marcela Iacub jusqu’à présent n’a sauvé personne, malgré ses intentions de départ. Arrêtons de nous prendre pour des nonnes sauvant des hommes perdus, malheureux, faibles comme des petits garçons, arrêtons de nous prendre pour des mamans corrompues, c’est juste dégueulasse.» Pour avoir elle-même abusé de ce mode de narration, Angot le sait mieux que personne : l’imaginaire est délaissé au profit du vrai-vécu par lequel nous ne savons plus éclairer la réalité. Car la frontière est ténue entre l’autofiction et le voyeurisme obscène et racoleur. «Oui, la littérature pense, écrit Angot. Oui, la littérature pense quelque chose.» Voilà pourquoi la littérature a tous les droits. Voilà pourquoi l’auteur ne devrait jamais oublier que la littérature peut mener à tout, pourvu qu’on ne s’en serve pas…

[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 1er mars 2013

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8 mars - journée internationale des droits des femmes

2 Mars 2013, 07:11am

Publié par PCF Villepinte

 

Le 8 mars est une journée emblématique des luttes des femmes pour faire reculer les discriminations, les dominations, conquérir l’égalité des droits.

TRACT - 8 mars 2013 - L'égalité c'est possible maintenant !

Le ministère des droits des femmes, pour lequel nous nous sommes battues, doit maintenant avec le gouvernement de gauche, entendre les voix populaires, les voix des femmes, des hommes, qui, il y a un an et avec raison, congédiaient Nicolas Sarkozy.

 

Il faut donc écrire une nouvelle page dont le fil conducteur est l’égalité.

  • L'égalité professionnelle tant promise, n'est toujours pas appliquée malgré la profusion des lois. Les discriminations, les inégalités salariales, la précarité de l'emploi des femmes sont toujours les normes et l'accord national interprofessionnel (ANI), constitue un recul sans précédent, véritable amplificateur de ce que les femmes, les Licenci'elles, les Sodimédicals, et beaucoup d'autres vivent.

Refusons ce mépris, manifestons contre cet accord et imposons une réelle égalité professionnelle, une loi contre les licenciements boursiers, l'abrogation de la loi sur les retraites avec départ à 60 ans pour toutes et tous. Sanctions judiciaires aux entreprises qui n'appliquent pas les lois sur l'égalité professionnelle.

  • Le droit à la santé pour toutes et tous est une exigence et une urgence, d’autant que la loi Bachelot (loi Hôpital Patient Santé Territoire) continue à s’appliquer entrainant une véritable casse du service public de santé.

Exigeons du gouvernement l'abrogation de la loi Bachelot, un moratoire contre les fermetures détablissements hospitaliers et les regroupements de services.

Demandons la mise en place dune vraie démocratie sanitaire permettant des débats renseignés et sérieux sur toutes les grandes questions de santé publique. Le grand public doit accéder à des informations sérieuses sur l'ensemble des choix contraceptifs. De réels contrôles doivent être organisés sur les médicaments, loin des pressions européennes et de celles des firmes pharmaceutiques.

Les salarié-es du secteur santé doivent bénéficier de droits et de pouvoirs nouveaux.

  • Les violences contre les femmes ne sont hélas toujours pas éradiquées, malgré la loi du 9 Juillet 2010. Souffrirait-elle du manque de moyens et d'insuffisances pour sa réelle application ?

  • Créons les conditions de l’adoption d'une loi cadre, comportant des mesures de prévention, d’éducation et de sanctions avec des moyens humains et financiers pour leurs mises en œuvre.

 

A bas l'austérité, ce remède qui aggrave la crise ! Pendant que les grands groupes du CAC 40 vont toucher 20 milliards d'euros, des milliers de femmes et d'hommes renonceront à leurs besoins les plus élémentaires. Cela suffit.

Nous sommes solidaires de toutes ces femmes qui agissent partout dans le monde contre l'oppresseur quel qu’il soit, partout, les voix des femmes se lèvent pour la liberté, la paix, la dignité et l'émancipation humaine.

 

Il est grand temps de mobiliser l’argent, les pouvoirs dans le sens des intérêts populaires.

Citoyennes, militantes, féministes, rebelles, ensemble, nous sommes une force déterminante pouvant obliger la gauche gouvernementale à ne pas écouter les sirènes de ceux qui méprisent les femmes et les hommes.

Partout, mobilisons- nous pour faire triompher nos espoirs, ceux de toutes les femmes de la planète, créons cette belle chaîne de la sororité, féminin de fraternité.

Nous sommes solidaires de toutes ces femmes qui agissent partout dans le monde contre loppresseur quel quil soit. Tunisiennes, Egyptiennes, Iraniennes, Syriennes, Palestiniennes, Maliennes, partout la voix des femmes se lèvent pour la liberté, la paix, la dignité et l’émancipation humaine.

Les femmes ont été à la pointe de ce que l’on nomme ‘’printemps arables’’ et aujourd’hui encore, elles sont au premier rang pour empêcher les dérives sectaires, autoritaires et obscurantistes qui veulent entraver les mouvements de libération des peuples.

En ce 8 mars 2013, nous tenons à faire entendre nos exigences pour libérer les sociétés du poids de la domination masculine (le patriarcat), pour permettre dévoluer dun pas de géant dans lintérêt des besoins humains.

Alors prenons la parole et participons à amplifier l’aspiration d’un vrai changement.

 

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AFFAIRE FINDUS, BILLET D’HUMEUR

1 Mars 2013, 12:45pm

Publié par PCF Villepinte

 

LE CHEVAL, LE BOEUF ET LE CAPITALISTE

 

PAR GUILLAUME QUASHIE-VAUCLIN

 

Un pauvre et vieux cheval sous le faix de grands ans,

Gémissant et courbé marchait à pas pesants.

Tirant sa triste vie, plaignant sa destinée,

Il se prend à rêver et murmure et maugrée :

Je voudrais être un œuf

Ou même mieux : un bœuf !

Que ne suis-je promis à la belle mâchée,

Que mon corps devienne une heureuse dînée ?

Le malheureux implorait tous les jours

En vain et sans secours.

Lorsque, par les clameurs, enfin émoustillée

Âme capitaliste accoucha d’une idée.

Beau cheval, bel équidé, ne pleure plus voici

Une solution. Tes problèmes: finis!

Tu pourras fondre aussi dans la bouche d e s ê tr e s

Humains. Comme bon bœuf aux gens tu vas paraître.

– Ô nouvel alchimiste ? Où est ton athanor ?

– Ma magie, belle bête, a autre nom : c’est l’or.

Il transforme le sot en expert à deux têtes,

Et du cheval galleux, il fait une autre bête.

Sitôt dit, sitôt fait. Cheval à l’abattoir.

Et dans la grande usine, sou s les coups de hachoir,

La vieille carne chevaline

Devient viande fraîche et bovine.

L’étiquette en sera témoin

Qui a le plus, il peut le moins.

Ce qu’il advint quand un vieux rat

Le même sort fort demanda

Tu imagine la réponse

Tant de kilo et puis tant d’onces.

Quatre plats de ratsagnes vendus à fort bon prix.

Pour le capitaliste, pas de petit profit.

Ainsi va notre monde, plein de nouveaux Ovide

D’infâmes Métamorphoses, auteurs impavides.

Qui veut les destituer, est tôt démantelé :

DGCCRF(1) meurt dans l’austérité.

Capitalistes font ainsi

De notre univers lieu pourri.

Puisse leur règne mortifère

Finir bientôt dans la poussière.

 

1) - Direction générale de la concurrence, de la consommation

et de la répression des fraudes

 

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