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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Le Reborn navigue dans des eaux bien troubles

21 Janvier 2013, 08:44am

Publié par PCF Villepinte

Politique - le 17 Janvier 2013

Cactus Les dessous chics

 

 

 

Cactus. Chronique de Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon.

 Pour son Noël 2012, Bernard Tapie s’est offert la 
Provence, quotidien du midi. Tel le Phénix qui renaît de ses cendres, le nouveau patron de presse reprend pied à Marseille, dans l’objectif supposé d’une candidature, en 2014, au poste de maire de la deuxième ville de France. Il y fut le roi du football, il pourrait bien être prince de la Canebière.

C’est donc tout naturellement que Bernard Tapie a demandé à la municipalité de Marseille une place dans le Vieux-Port pour y amarrer son yacht. Celui-ci, délicieusement rebaptisé Reborn, c’est-à-dire renaissance en anglais, mesure 70 mètres de long et occupe le 97e rang du palmarès mondial des yachts de luxe. C’est certainement pour gagner quelques places dans ce classement que Bernard Tapie l’a fait rallonger de 5 mètres. Acheté 60 millions d’euros, en 2010, ce palace des mers a été entièrement rénové avec une piste d’hélicoptère, une piscine à contre-courant, un jardin tropical et huit cabines. Il peut être loué, avec ses 25 membres d’équipage, 600 000 euros la semaine. Il peut accueillir 12 hôtes.

Bernard Tapie a pu acquérir ce magnifique bateau grâce à la générosité involontaire des contribuables. 220 millions d’euros (nets d’impôt) lui ont été offerts par un tribunal arbitral, donc hors du cadre juridique stricto sensu, en 2008. Ce joli chèque lui a été remis en dédommagement des pertes subies en février 1993 à l’occasion de la vente de l’entreprise Adidas par le Crédit lyonnais. Un pactole qui a contribué à ce renouveau du personnage pour lequel il n’y a pas de petits profits. Le Reborn navigue en effet sous pavillon de complaisance, localisé dans une île particulièrement recherchée pour cet usage, Man, située entre l’Écosse et l’Irlande : la fiscalité y est au moins aussi douce que le climat.

Le libéralisme économique, qui ne doit connaître ni contraintes, ni frontières, ni lois, fait bon ménage avec le libéralisme psychique qui ne s’embarrasse plus de culpabilité mais affiche le cynisme, la décomplexion vis-à-vis des valeurs morales et de l’argent.

Le reste du magot perçu serait, sous le sigle GBT (Groupe Bernard Tapie), mis à l’abri dans cette société holding abritée en Belgique, où la fiscalité est tout aussi aimable que les taxes maritimes à Man. Bernard Tapie, le « faiseur de fric » sous François Mitterrand, qui l’a fait ministre de la Ville, a pu rebondir après un passage à la prison de la Santé, grâce à son engagement auprès de Nicolas Sarkozy. Cela valut quelques menaces à Christine Lagarde, qui était ministre de l’Économie et des Finances lors de la mise en place du tribunal arbitral, qui ne pouvait être constitué sans l’accord de l’administration. La saisine de la Cour de justice de la République par neuf députés socialistes, le 1er avril 2011, n’a pas empêché l’ex-ministre des Finances d’être nommée, le 30 juin 2011, directrice générale du FMI, en remplacement de Dominique Strauss-Kahn, favori pour la présidentielle de 2012, mais déchu brutalement de toutes ses fonctions et aspirations. Bien que, le 4 août 2011, la commission des requêtes de la Cour de justice de la République se soit prononcée pour une saisine de sa commission d’instruction visant Christine Lagarde, celle-ci continue, comme si de rien n’était, à diriger les finances du monde libéral.

L’avidité d’un système capitaliste et sa vitalité, dans lequel la politique s’est fondue, se soumettant aux exigences de la finance et des affaires mondialisées, sont en harmonie avec la libération des pulsions et des désirs qui contribuent à la constitution d’une véritable anthropologie libérale. Dernier ouvrage paru : l’Argent sans foi ni loi, conversation avec Régis Meyran, Paris, Textuel, 2012.

monique pinçon-charlot et michel pincon

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HOLLANDE A RENONCE A UN CERTAIN NOMBRE DE SES ENGAGEMENTS

20 Janvier 2013, 08:27am

Publié par PCF Villepinte

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Mobilisation pour le mariage pour tous en province :

20 Janvier 2013, 08:20am

Publié par PCF Villepinte

"Toutes et tous les mêmes droits!"

 

Société - le 19 Janvier 2013  Mots clés : manifestation, strasbourg, droits, toulouse, lille, mariage gay, mariage mixte,

 

 

Avant la manifestation nationale en faveur du "mariage pour tous" prévue dimanche 27 janvier à Paris, la première vague de rassemblements a eu lieu dans une vingtaine de villes de province ce samedi après-midi. Cette première étape est dans l'ensemble un succès, malgré les rigueurs de la météo.

Ils étaient notamment près de 8000 à Toulouse, 5000 à Nantes, 2500 à Lille ou encore 6000 à Strasbourg. Pour les manifestants, l'idée n'étaient pas de réagir à la manifestation des « antis ». "On est là pour apporter un soutien au législateur, pour lui rappeler la promesse faite pendant la campagne présidentielle". Beaucoup de manifestants ont bravé le froid pour dire leur écœurement face à la libération de la parole homophobe de ces dernières semaines.
De nombreuses pancartes rivalisaient encore d'inventivité: "Les lesbiennes sont des parents hors-pères", "François, ne perd pas les pédales", et "Mieux vaut un mariage gay qu'un mariage triste".  Certaines dénonçaient "l'homophobie" et "l'oppression hétéropatriarcale", quand d'autres usaient de contrepétries faisant référence à l'Eglise: "Face à l'homophobie, Jésus crie" pouvait-on lire sur l'une d'elles.
D'autres pancartes encore réclamaient "les mêmes droits que les homophobes, pas leur avis", "Le mariage changera notre vie, pas la vôtre", "Nous aussi on veut s'engager pour le pire" ou encore "Mieux vaut une paire de mères qu'un père de merde".

C'est le premier temps de la mobilisation pour le mariage pour tous, avant la première grande manifestation nationale de dimanche prochain, le 27. Soit deux jours avant le début des débats au parlement.
Des rassemblements ont eu lieu dans une vingtaine de ville de France, à Angers, Angoulême, Avignon, Bordeaux, Cherbourg, Dijon, Lannion, Lille, Le Mans, Marseille, Nancy, Nantes, Nice, Orléans, Quimper, Rennes, Rouen, Saumur, Strasbourg, Toulouse et Tours.
L'appel a été relayé par les syndicats (CFDT, UNSA, CGT, FSU, Solidaires…), par les associations de défense des droits de l'Homme (Ligue des droits de l'Homme, SOS Racisme…) et aussi par les partis politiques (Parti socialiste, EELV, Front de Gauche…).

De nouveaux rassemblements auront lieu à Bayonne, Brest, Clermont-Ferrand, La Rochelle, Lyon et Montpellier le samedi 26 janvier.

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Drame de la clusaz :

20 Janvier 2013, 08:14am

Publié par PCF Villepinte

La mort attendait les jeunes saisonniers dans l’ombre

 

Social-Eco - le 15 Janvier 2013

Précarité Mots clés : saisonniers , incendie, précarité, emploi des jeunes, logement précaire, la clusaz, stations de ski,

 

La Clusaz (Haute-Savoie), envoyé spécial.  

 

Le 3 janvier, un salarié des remontées mécaniques et sa compagne ont péri dans l’incendie 
du camion qui leur servait de domicile. 
Au début de la saison, les autorités locales 
avaient contraint 
les jeunes routards 
comme eux 
à s’installer sur 
un sentier forestier, 
sans eau, ni électricité, 
afin de ne pas gâcher le paysage.

Thomas et Margaux filaient le parfait amour. Ils étaient jeunes : lui, vingt ans ; elle, dix-sept. Ils avaient un chien aussi. Le garçon travaillait aux remontées mécaniques de La Clusaz et sa copine, encore étudiante, l’avait rejoint. Ils étaient sûrs d’être libres comme le grand air du massif des Aravis, en Haute-Savoie, leur département d’origine. Le 3 janvier, en début de soirée, le couple de saisonniers a péri, avec son fidèle compagnon, dans le violent incendie de son petit camion aménagé en logement sur le chemin forestier des Riffroids. Selon la mère de Margaux, on a retrouvé les corps enlacés. La gendarmerie a, elle, ouvert une enquête ; pour l’heure, après les autopsies, tout ce qu’on sait des circonstances, c’est que les décès sont liés au feu, mais, d’après leurs proches, leur matériel de chauffage qui venait d’être acheté n’était pas défectueux. Les parents des deux jeunes ont été orientés par les services municipaux vers la plate-forme téléphonique de SOS Victimes, et leurs copains, une vingtaine de saisonniers qui, eux aussi en camion ou camping-car, étaient les voisins du couple aux Riffroids, ont été déplacés. Les journalistes sont priés de s’adresser à l’office du tourisme : « C’est eux qui gèrent la communication », prévient-on à l’accueil de la mairie.

Une semaine à peine après le tragique accident, le naturel est revenu au galop. À La Clusaz, jeudi et vendredi, la liesse des sports d’hiver repart de plus belle. Devant l’entrée de l’église, une grosse sono crache des rythmes électro ragga pour promouvoir l’événement du week-end, le Radikal Mountain, avec un K comme dans marketing, étape du circuit mondial des champions du hors-piste, ces free-riders libres d’offrir leurs images belles et rebelles aux clips publicitaires de leurs sponsors. La caisse centrale des remontées mécaniques ne désemplit pas : les forfaits s’arrachent à 
193 euros la semaine. Les hôtels affichent complet, il reste quelques chambres à 220 euros la nuit dans un quatre-étoiles. Sur le panneau d’affichage réservé aux petites annonces, près de la mairie, une quinzaine de demandes de logement (studio, chambre, colocation, etc.) rédigées à la main par des saisonniers prennent la poussière. Un peu à l’écart, au milieu du sentier des Riffroids, loin derrière le panneau Décharge interdite, la neige recouvre déjà presque complètement le portrait de Margaux et Thomas punaisé sur un tronc noirci par les flammes. Dans ce chemin de glace enserré par les arbres, la nature reprend ses droits, elle aussi. L’ordre règne.

Dans le village, vendredi matin, une petite troupe finit par attirer l’attention. Ils ont des piercings, des boucles, des casquettes, des capuches, des dreadlocks pour certains… Au fond, ils ne sont pas bien différents des touristes, mais on voit bien derrière les masques d’indifférence qu’ils sont surveillés du coin de l’œil. Dans leurs mains, de petits tracts pour les commerçants qui les reçoivent sans hostilité affichée mais sans grand succès : sur la place de l’église, aucun magasin ne le mettra en vitrine, les affaires sont les affaires. Sur le document non signé, rien d’autre qu’un très sobre appel à participer samedi matin à une « marche blanche et silencieuse » en hommage à Thomas et Margaux. Car oui, ce sont eux, les « routards » ou les « teufeurs », comme les appellent les gens du cru, des saisonniers comme les autres, en fait, sauf qu’ils vivent dans des camions plus ou moins bien aménagés… Ils sont une quinzaine, là, ce sont les amis des deux jeunes décédés il y a quelques jours. Sur le moment, ces invisibles des stations, petites mains précaires du tourisme saisonnier, n’ont pas trop envie de raconter. « On a eu l’autorisation de faire notre marche, ce n’est pas l’heure de revenir sur ce qui s’est passé, même si c’est sûr qu’on a des choses à dire », s’excuse Skippy qui s’improvise porte-parole.

"Aucun d’entre nous ne voulait de cette impasse glaciale"

Très vite, pourtant, les langues se délient parce que tous refusent d’enterrer leurs morts sous la chape de la fatalité. Oui, ils ont choisi de faire les saisons en logeant dans leurs camions, glissent-ils en chœur, mais non, ils n’ont jamais voulu aller sur le chemin des Riffroids, bien cachés dans la forêt, sans soleil, ni eau, ni électricité. Ils y ont été conduits par les autorités locales à leur arrivée, alors que, l’année dernière, ils étaient sur le parking de la Cluse, là aussi à l’écart du village, sur une aire plus ouverte… à l’endroit même où ils sont retournés depuis le drame. « Thomas, il ne voulait pas y aller, aux Riffroids, témoigne Tibo. Aucun d’entre nous ne voulait de cette impasse glaciale. Il n’y avait pas une minute de soleil par jour, nos panneaux étaient inutilisables. On a tous dû acheter des poêles et du pétrole. Je chauffais mon camion jusqu’à deux heures du matin pour arriver à vingt degrés et je me levais à huit heures, avec deux, trois degrés sous le zéro à l’intérieur… On est devenus des bombes. Et derrière Thomas et Margaux, on aurait tous pu y passer ! » D’après ces jeunes saisonniers qui bossent dans les remontées mécaniques, les hôtels et les restaurants de La Clusaz, on les considère comme des détritus. « C’est le maire et le directeur des installations qui ont un jour parlé de nous comme d’une “pollution visuelle”, rapporte Skippy. C’est sûr qu’on ne dépense pas autant d’argent que les touristes, mais sans nous tout s’arrête… Aujourd’hui, ceux qui nous ont cachés dans les bois sans eau ni électricité aimeraient étouffer l’affaire. »

Un peu plus tard, sur le parking où ils sont désormais, entre les pistes de ski et la route, Émilie, l’une des copines de Thomas et Margaux, fait visiter son domicile propret, un gros camion, encore marqué « la Santé au travail », dans lequel elle vit à l’année avec son compagnon et Lula, sa chienne. « Je peux même faire un bon tajine », promet-elle. À l’intérieur, les jeunes décrivent un peu leur vie de précaires nomades : l’hiver dernier, certains d’entre eux étaient en Maurienne, « mais la mentalité était trop bizarre pour y retourner » ; l’été, ils étaient à Mimizan sur la côte landaise. Sur leur travail proprement dit, ils n’ont pas vraiment de récriminations : « On a des patrons très réglos », avance l’une des filles. Ils ne comptent pas les heures ; leurs salaires tournent en moyenne autour de « 1300, 1 500 euros net » pendant la saison, et ça leur convient, insistent-ils. Alors qu’une de leurs collègues, hébergée au foyer des travailleurs (36 places pour 1 200 saisonniers à La Clusaz), se plaint de payer 400 euros par mois pour une piaule sans avoir le droit d’inviter des gens chez elle, l’un des jeunes saisonniers, arrivé de Mimizan, confesse qu’à la différence des autres, comme c’était sa première saison d’hiver en montagne, il aurait bien pris un logement en dur : « Il n’y en avait pas, tout est bouclé longtemps à l’avance et c’est saturé, regrette-t-il. Alors, j’ai été obligé de me débrouiller… »

Dans la petite troupe, aucun de ces saisonniers ne se montre en rupture de ban, mais tous se sentent gommés du paysage. « Dans les documents administratifs, je cherche toujours la case “ saisonnier”, mais elle est rarement là », constate le copain d’Émilie. « On paye des taxes et, pour quelques-uns, des impôts, moi, je me sens appartenir à la société, revendique Skippy, un des seuls trentenaires du groupe, dreadlocks qui tombent jusqu’au bas du dos. Vous savez, il est normal d’être anarchiste à vingt ans, mais il est stupide de l’être encore à trente… Ça, c’est un adage que j’aime beaucoup ! »

"Des immeubles qui brûlent, il y en a aussi à Paris, non ?"

À l’office du tourisme, l’accueil est tout sourire. « Vous prendrez bien un café ? » propose une secrétaire. « Il y a une dimension humaine ici, on n’est pas une station industrielle, les touristes sont nos invités, se gargarise Alexis Bongard, le directeur chargé de gérer la communication. La Clusaz, c’est un village qui vit à l’année où on cherche à fidéliser nos saisonniers en proposant des CDI au bout de deux saisons. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de précaires, mais les raisons sont multiples : il y a la maladie, l’absence de famille… En fait, 80 % de nos saisonniers sont originaires du canton et vraiment, c’est plus facile de se loger à La Clusaz que dans les grandes villes ! » Au sujet de la mort de Thomas et Margaux, en particulier, l’homme au look savamment décoiffé évoque un « grand malheur », avant de se montrer moins affable : « Ce qui est en cause, c’est leur mode de vie qui est inadapté à la montagne. La station de La Clusaz fait beaucoup d’efforts pour dissuader de choisir ce mode de vie, mais la liberté existe en France. Après, des immeubles qui brûlent, il y en a aussi à Paris, non?»

Mais tout de même, est-ce pour éviter la « pollution visuelle » que ces jeunes saisonniers ont été parqués sur un étroit sentier forestier dépourvu de tout équipement ? Alexis Bongard n’accepte ni ne récuse l’expression utilisée, d’après les jeunes saisonniers, par ses patrons avant le drame pour justifier leur déplacement à l’abri des regards : « À l’automne, on a présenté les Riffroids et ils avaient répondu que ça leur allait… Ce sont eux qui ont envie d’être tranquilles, un peu à l’écart ! Après, c’est sûr que leurs dégaines ne les servent pas, mais ils ont des contrats de travail qui sont honorés… On ne tient vraiment pas à ce qu’ils se sentent marginalisés ou qu’ils se marginalisent. »

Samedi matin, le ciel s’est dégagé sur les Aravis. La neige est fraîche et le soleil généreux. Au loin, retentissent les explosions destinées à provoquer les avalanches. Le week-end s’annonce splendide pour la station. Sur la place du village, trois Ivoiriens, venus de Grenoble et employés comme videurs dans les boîtes de nuit, filent boire un petit jus. Devant un bar, un moniteur de ski fait une démonstration d’étanchéité de ses étuis pour téléphone, avant de prendre les commandes. L’heure de la marche blanche en hommage à Thomas et Margaux approche et voilà que quelques-uns de leurs copains arrivent, avec les vingt-cinq roses blanches et la couronne qu’ils ont achetées en se cotisant. Devant la mairie, les visages sont très fermés. La plupart des saisonniers logeant dans des camions sortent d’une rencontre avec le préfet de Haute-Savoie et le maire, mais ils refusent de commenter.

"Ici, les gonzes, il n’y a que le tiroir-caisse qui les intéresse"

Devant la presse, Georges-François Leclerc, le représentant de l’État dans le département, invite à « tirer les leçons » de ce qui s’est passé, mais « avec la tête froide »: «Je ne prendrai pas de mesures sous le coup de l’émotion, avertit-il, mais dans quelques semaines, nous annoncerons des recommandations générales. » À quelques pas derrière le préfet, André Vittoz, maire de La Clusaz, se tient immobile au milieu des saisonniers et des proches de Thomas et Margaux ; il porte une rutilante combinaison de ski bleu-blanc-rouge, siglée France, avec, contre son épaule gauche, sa paire de skis et, dans les mains, ses bâtons chapeautés par ses gants. « Non mais ce n’est pas vrai, mais quelle indécence : pendant qu’on honore nos amis, monsieur le maire part faire du ski », fulmine un des jeunes. Le cortège qui rassemble une centaine de personnes démarre, les cloches de l’église sonnent. Tout le parcours se déroule sans un mot, ni un représentant du village. « Je regarde, mais vraiment, je ne vois personne de La Clusaz », admettra, désolé, le seul habitant qui participe à l’hommage, mais qui préfère rester discret. « De toute façon, ici, les gonzes, il n’y a que le tiroir-caisse qui les intéresse », dénonce-t-il en mimant un bandit manchot.

Sur le chemin des Riffroids, à l’endroit même où les enfants sont morts, ce sont les mères qui prennent la parole avec dignité. « Thomas, il avait choisi cette vie, cet échange, ce partage, avance sa maman. Il avait trouvé sa petite communauté. Il voulait vivre en liberté, Thomas, sans rentrer dans le schéma métro-boulot-dodo. Il voulait vivre intensément, ne pas être captif d’un travail. » Celle de Margaux ajoute : « Au fond, ils ne demandaient pas grand-chose, un peu plus de lumière, du soleil, de l’eau et de l’électricité. Est-ce que deux morts suffiront pour que ça n’arrive plus ? » Collègue de Thomas aux remontées mécaniques et voisin de camion, Thibault laisse remonter sa colère en aparté : « On nous a parqués ici comme des animaux. Un drame est arrivé et ça passe à la trappe. À la limite, on en est à expliquer que c’est de notre faute si certains d’entre nous sont morts… »

Dans quelques mois, les copains saisonniers de Margaux et Thomas emmèneront leurs camions vers d’autres horizons. Pour La Clusaz, parti comme c’est parti, la saison aura été bonne. Les tiroirs-caisses déborderont. Et, sur le sentier des Riffroids, quand la neige fondra, les sédentaires retrouveront une couronne, des bougeoirs, des fleurs fanées dans leur plastique et deux petits anges dorés. Souvenirs d’un fait divers qui n’en était pas un.

« Les saisonniers doivent s’organiser »
Réunis en fin de semaine dernière à Chambéry (Savoie), des délégués CGT 
des remontées mécaniques venus de différentes stations des Alpes 
et des Vosges témoignent de leurs situations. À Chamonix et aux Ménuires, les municipalités ont mis en place des aires aménagées payantes avec accès à des sanitaires, à de l’eau chaude et de l’électricité. Aux Carroz d’Arâches, les saisonniers payent dix euros par jour, mais sans accéder au moindre équipement. À Chatel, ils sont cachés dans la forêt, comme ils l’étaient 
à La Clusaz. « Il y a des endroits où c’est catastrophique, témoigne Antoine Fatiga, l’animateur national de la CGT des remontées mécaniques. On ne peut qu’inciter ces saisonniers en camion à prendre la parole et à s’organiser ! »

Thomas Lemahieu

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Classe(s): extension du domaine de la lutte...

19 Janvier 2013, 08:26am

Publié par PCF Villepinte

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Les Français pensent que la lutte des classes existent. Cahuzac dit qu'il y a jamais cru. Cherchez l'erreur.

Normal Ier. «Le luxe, c’est d’aller lentement», disait Colette à Proust en 1931. Les temps de crise préfèrent l’expéditif. Que devient la pâte humaine quand vitesse et précipitation alimentent le tout-consommable fast-foodisé dans une psychosomatique de style de vie? Et que deviennent aussi les curieux, quand la collision remplace l’imprégnation et que tombent les plumes au profit de la numérisation satellitaire et du zapping intégré à toutes nos actions? Au Palais, où, jadis, 
la compréhension du temps d’outre-tombe était un art en soi et souvent un art de vivre, certains ont une idée précise du moment qui est le nôtre. Non sans humour, voici ce que nous déclarait l’autre jour un conseiller de Normal Ier: «Le luxe, c’est de se savoir où l’on va… mais à son rythme.» Selon notre interlocuteur, la formule conviendrait parfaitement pour définir l’exercice en cours. Alors il y eut notre question: «Mais comment montrer aussi peu d’empressement à agir vraiment “à gauche”, alors que la crise s’accélère et que tout s’effondre autour de nous?» L’homme montra une singulière mais coutumière irritation: «Arrêtons le jeu stupide qui consiste à opposer la gauche réaliste sociale-démocrate à la gauche rêvée marxisante!» Et pourtant.

Cahuzac. L’autre soir, à la télévision, un face-à-face détonant entre Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche en mai dernier, et Jérôme Cahuzac, ministre du Budget, nous a rappelé la pertinence de certains débats durant la campagne électorale, mais également que, à gauche, deux visions continuent de s’opposer assez frontalement quand il s’agit d’imaginer le dépassement rapide de la crise économique et sociale, et surtout de repenser la société de demain sans renoncer à aucune de ses ambitions.
L’un des points emblématiques, et non des moindres, fut la référence à l’existence ou non de la «lutte des classes». Mélenchon en défendait le principe (cela va sans dire), quand Cahuzac reconnaissait «n’y avoir jamais cru» (sic). Comment peut-on ne pas croire en l’existence d’une lutte entre les classes, sauf à nier l’existence même desdites classes comme l’un des moteurs de l’Histoire? En repensant au congrès d’Épinay, aux discours sur le capitalisme et aux maux de l’argent comme domination de nos sociétés, nous nous demandions de quel bois était donc chauffé ce socialiste-là et à partir de quelle formation théorique avait-il fondé ses engagements politiques. Il nous fallut même, comme un ressourcement, nous replonger dans le Manifeste pour nous dire que Marx et Engels avaient eu raison en y écrivant, dès le chapitre 1: «Homme libre et esclave, praticien et plébéien, baron et serf, maître de jurande et compagnon, bref oppresseurs et opprimés, en constante opposition 
les uns aux autres, ont mené une lutte ininterrompue, tantôt dissimulée, tantôt ouverte, une lutte qui, chaque fois, finissait par une transformation révolutionnaire de la société. […] La société bourgeoise moderne, issue du déclin de la société féodale, n’a pas aboli les antagonismes de classes. Elle n’a fait que substituer de nouvelles classes, de nouvelles conditions d’oppression, de nouvelles formes de lutte à celles d’autrefois.»

Obscurs. Monsieur Cahuzac douterait-il que le libéralisme financier (appelons-le comme ça pour simplifier) tire sa légitimité sociale de sa capacité à garantir et à préserver des rentes à des ordres privilégiés et que passer d’un ordre social hiérarchique de droit divin à un ordre social supposé égalitaire n’a pas, à ce jour, éradiqué ni l’existence des classes et encore moins leur conscience! Peut-être a-t-il été étonné à la lecture de notre sondage Ifop exclusif, publié mercredi. Question: «Estimez-vous que, en France, à l’heure actuelle, la lutte des classes est une réalité?» Réponse des Français: «Oui» à 64%. Ils n’étaient que 44% en 1967 à répondre positivement à la même interrogation! Rassurez-vous. Même nous, vigilants à la problématique des confrontations de classes, avons été étonnés par l’ampleur de ces résultats. Est-ce un signe de confrontations sociales postrévolutionnaires à venir ou de conflits plus obscurs laissant entrevoir le meilleur comme le pire? À ce propos, monsieur Cahuzac serait probablement étonné par la lecture de "Emma peut-être" (éditions Le Cherche-Midi), le polar d’Arnaud Molinié. Vous avez bien lu le nom de l’auteur: l’ancien directeur de la stratégie et du développement du groupe Lagardère s’est transformé en narrateur inattendu des travers de l’époque, en ceci qu’il dépeint un nœud de vipères à cru: celui du monde sans foi ni loi de la finance globalisée, bien sûr, celui de 
la corruption et des vanités modernes. En suivant le conseil d’un ami éditeur – «Surtout, n’écrivez que sur les sujets que vous connaissez bien!» –, Arnaud Molinié nous livre un texte instructif, virevoltant et peut-être prémonitoire. Une lecture urgente pour certains ministres et autres conseillers du Palais…

[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 11 janvier 2013

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Mali: début d’une guerre d’usure

19 Janvier 2013, 08:16am

Publié par PCF Villepinte

- le 18 Janvier 2013

Mali

 

Au Mali, on est loin du « coup d’arrêt » à l’avancée djihadiste. Les islamistes armés, mieux entraînés et plus acharnés que prévus selon des diplomates de l'ONU cités par l'AFP ce vendredi, cherchent à ouvrir une multitude de fronts.

Alors que la spectaculaire prise d’otages d’In Amenas confirme les craintes d’une régionalisation du conflit, Paris poursuivait, hier, la « montée en puissance » de son dispositif militaire au Mali. Au septième jour de l’intervention armée, alors que la force ouest-africaine promise par la Cedeao tardait toujours à prendre forme, 1 400 militaires français étaient déployés, contre 800 la veille. Sur le plan logistique, des hélicoptères de combat supplémentaires ont été mobilisés et l’acheminement de vivres et de matériel se poursuivait, avec le soutien d’avions de transport britanniques, danois et belges. Blindés légers et véhicules de transport de troupes venus de Côte d’Ivoire ont également rejoint Bamako par la route.

Sur le terrain, on est pourtant loin du « coup d’arrêt » à l’avancée djihadiste un temps annoncé par Paris. À Konna (centre), d’abord donnée comme reprise aux islamistes armés, de nouveaux accrochages opposent depuis mercredi les soldats maliens aux djihadistes. Dans une vidéo tournée lundi, reçue le lendemain par le site mauritanien Sahara Media, le groupe islamiste touareg Ansar Eddine se mettait en scène avec des chars et des porte-missiles de type Grad, assurant tenir encore des positions dans cette ville. De l’aveu même du ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, cette ville n’a pas été reprise aux islamistes.

Internationaliser le conflit

Plus à l’ouest, dans la région de Ségou, les mouvements des groupes djihadistes, fragmentés en petites unités, ne semblaient pas davantage maîtrisés. Les troupes françaises au sol sont arrivées aux abords de Diabali, ville prise lundi par les islamistes armés, dont la stratégie consiste à se servir des populations civiles comme bouclier.

Des sources militaires maliennes faisaient état de l’envoi de renforts en vue de sécuriser Banamba, à seulement 140 km de Bamako, après que des islamistes armés eurent été signalés dans la zone. L’armée française, elle, a pris position aux abords du pont qui relie les deux rives du fleuve Niger à Markala, à 260 km au nord-est de Bamako. Tout se passe comme si les groupes islamistes armés cherchaient à ouvrir une multitude de fronts propices à la guérilla. Seul en première ligne, Paris cherchait toujours, hier, à internationaliser le soutien à l’intervention militaire, en tirant argument de la tragique attaque d’In Amenas. « Les Français ne sont pas seuls, ils sont les précurseurs », faisait valoir Laurent Fabius hier, à la sortie d’une réunion d’urgence des ministres des Affaires étrangères de l’UE.

  • A lire aussi:

Mali: A Bamako, l'ombre des djihadistes sur les mosquées

Ayrault s'explique au Parlement

Rosa Moussaoui

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La loi devra retoucher l'accord de sécurisation de l'emploi, selon Thibault

19 Janvier 2013, 08:12am

Publié par PCF Villepinte

Bernard Thibault à la sortie de Matignon (archive)

 

 

 

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, s'est dit convaincu vendredi que l'accord social entre le patronat et des syndicats, que sa confédération ne signera pas, ne figurerait pas "intégralement" dans la future loi qui doit le transposer dans la législation.

Le dirigeant syndical a été reçu vendredi après-midi à Matignon par Jean-Marc Ayrault, qui a promis, comme François Hollande, que cet accord signé le 11 janvier par les organisations patronales et trois syndicats --CFDT, CFE-CGC et CFTC-- serait intégralement retranscrit dans un futur projet de loi examiné au printemps.

"Quelque chose me dit que, d'une manière ou d'une autre, ce ne sera pas intégralement le texte de l'accord qui figurera dans la loi", a déclaré le leader de la CGT à l'issue de l'entretien. "On a tendance à beaucoup sous-estimer des modifications du droit (contenues dans cet accord) qui représenteraient, si elles étaient transcrites dans la législation française, des régressions en matière de licenciement, d'accès à la justice", met-il en garde.

Discussions avec Michel Sapin

"Je note avec satisfaction que contrairement à ce qui était indiqué en début de semaine, la CGT aura voix au chapitre.Nous allons avoir des séances de travail très concrètes avec le ministère du Travail pour regarder le texte dans le détail. Le Premier ministre ne peut pas ignorer l'opinion de la première organisation de salariés, même quand elle ne signe pas un accord", a fait valoir M. Thibault.

Il a indiqué aussi que les militants et directions départementales de la CGT allaient "rendre visite aux parlementaires pour leur faire une explication de texte" avant l'examen du projet de loi.

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S.G.

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RUE 89 Licenciement économique :

18 Janvier 2013, 19:36pm

Publié par PCF Villepinte

pourquoi l’accord est une régression

justice

Jean-Louis Borie | Ancien président du syndicat des avocats de France (Commission sociale)
 
Tribune

L’accord national interprofessionnel qui est sur le point d’être signé, constitue un bouleversement en ce qui concerne notamment les procédures de licenciement collectif pour cause économique.

Au cours des négociations, le Syndicat des avocats de France s’était alarmé des positions du Medef.

Certaines des propositions du Medef ont pu être écartées mais l’essentiel demeure, notamment sur la simplification des procédures de licenciement collectif pour cause économique, mais aussi sur les modalités et l’étendue du contrôle du juge.

Moins de temps pour connaître la cause des licenciements

Le syndicat des avocats de France (SAF)
La commission sociale du Syndicat des avocats de France regroupe plusieurs centaines d’avocats qui, pour l’essentiel, interviennent aux côtés des salariés, des syndicats et des comités d’entreprise.

Actuellement, grâce à l’action des comités d’entreprise, des syndicats et de leurs avocats, lorsqu’une entreprise initie une procédure de licenciement pour motif économique, même si ce dernier est inexistant, les comités d’entreprise peuvent prendre le temps nécessaire à l’examen du projet et obtenir les éléments de réponse utiles.

Ces procédures, sans délais stricts, permettent aux élus d’émettre un avis éclairé et éventuellement d’avoir recours au juge si un certain nombre d’informations leur sont refusées, notamment dans des situations où la cause économique n’est pas réelle et où les licenciements ont une pure motivation financière.

Demain, si l’accord est transcrit dans la loi, les procédures de consultation seront encadrées dans de stricts délais, qui varient entre deux et quatre mois, selon le nombre de salariés dont le licenciement est envisagé.

A l’issue de ce délai, le document de consultation et de plan social est transmis à la Direccte – l’inspection du travail – qui dispose d’un délai de trois semaines pour l’homologuer et à défaut de réponse dans ce délai, le plan est réputé homologué.

Si l’employeur ne recourt pas à la procédure de consultation et d’homologation, il peut conclure un accord collectif majoritaire avec les syndicats ayant recueilli au moins 50% des voix au premier tour des élections.

Dans ce cas, l’intervention de l’administration n’est même pas prévue.

Le tribunal administratif avant les prud’hommes

Nos amis du Syndicat de la magistrature partagent notre analyse.

Actuellement, les salariés peuvent saisir le juge judiciaire (conseil de prud’hommes et cour d’appel) pour être indemnisés.

Demain, c’est l’inspection du travail qui interviendra. Ce qui bouleverse les règles de procédure et de compétence : on change de tribunal.

En présence d’une décision administrative, c’est le tribunal administratif qui devra d’abord être saisi avant toute action devant le conseil de prud’hommes.

Ce n’est que si la décision administrative est annulée que le salarié pourra faire valoir ses droits.

Les délais pour saisir le juge sont, enfin, particulièrement raccourcis : trois mois pour contester la validité de l’accord collectif ou de l’homologation par l’administration, douze mois pour saisir le conseil de prud’hommes (au lieu de cinq ans actuellement).

Au bout du compte, ce sont les entreprises qui sont sécurisées aussi bien en terme de délais que de risque judiciaire.

Risque judiciaire réduit pour les entreprises

D’ailleurs, ce risque judiciaire est « barémisé » puisque l’accord prévoit la possibilité du règlement d’une indemnité forfaitaire .

Cette indemnité forfaitaire est de quatre mois de salaire entre deux et huit ans d’ancienneté, alors que, par ailleurs, le code du travail prévoit six mois minimum.

De même, si l’affaire est jugée par le conseil de prud’hommes, le bureau de jugement doit former sa conviction au vu des éléments fournis par les parties alors que le texte actuel prévoyait que le doute profitait aux salariés.

Les entreprises pourront en amont, déterminer avec précision la durée et le coût des licenciements par le biais de l’indemnité transactionnelle forfaitaire.

Licenciement collectif = un investissement

Ainsi, il sera aisé pour les entreprises de calculer, dans une logique purement financière, le délai nécessaire au « retour sur investissement ». Car, vue du le monde de la finance, une procédure de licenciement collectif pour motif économique constitue un investissement.


Laurence Parisot, lors d’une conférence de presse le 15 janvier 2013 à Paris

 

 

 

 

 

Le juge judiciaire sera de son côté en partie écarté du débat.

Les revendications récurrentes du Medef seront satisfaites.

Les signataires de l’accord souhaitent sa transcription directe dans la loi, le Syndicat des avocats de France estime que le législateur doit prendre toute sa place dans l’élaboration de la norme commune et les imprécisions, contenues dans l’accord lui-même, nécessiteront un travail législatif complet auquel le Syndicat des avocats de France saura contribuer.

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L’intervention française au Mali

18 Janvier 2013, 19:27pm

Publié par PCF Villepinte

 

ffa

Monsieur le Président,

Monsieur le Premier ministre,

Chers collègues,

La situation malienne, aussi urgente soit elle, n’est pas un fait nouveau. Depuis un an maintenant, coup d’état et avancée des sécessionnistes de l’AZAWAD menacent l’intégrité du pays.

J’ai une pensée forte pour le peuple malien, ce peuple ami, otage de  l’instabilité et de la terreur imposée depuis des mois par les fondamentalistes islamistes. On décompte plus de 230 000 personnes déplacées. Leurs familles, nombreuses en France, sont inquiètes et réclament une intervention internationale pour rétablir la démocratie. Nous sommes à leurs côtés.

J’ai également une pensée forte pour nos soldats, engagés sur un terrain périlleux. Je pense à la douleur des familles de nos otages. Que devait faire la France face à l’offensive des troupes djihadistes  lancée jeudi dernier?

La position des députés du Front de gauche, communistes et républicains, est claire : abandonner le peuple malien aux fous de dieu aurait été une erreur politique et une faute morale.

La non-intervention aurait été la pire des lâchetés. Une action militaire internationale était nécessaire pour éviter l’installation d’un Etat terroriste.

Les djihadistes du Nord Mali et leurs affidés d’Al-Qaida n’ont qu’un but : imposer à l’échelle de la planète des régimes despotiques, sanguinaires et moyenâgeux. Leur fondamentalisme constitue une forme nouvelle du fascisme.
Ils n’ont qu’une méthode : instrumentaliser l’Islam, religion de paix pour l’immense majorité des musulmans, afin de justifier leurs combats contre la démocratie et les droits des femmes. Mais aussi pour masquer le caractère mafieux de leurs organisations, basées sur le trafic d’armes et de drogues, comme au Sahel, nouvelle plaque tournante.

Les démocraties ne peuvent baisser les bras. Elles doivent soutenir les efforts des progressistes qui en expriment le souhait, comme aujourd’hui au Mali.

Pour autant, nous émettons de lourdes réserves sur l’opération militaire déclenchée, sur sa forme, ses conditions, ses objectifs. Soyons lucides : cette intervention n’apportera pas un Etat malien stable, pas plus que la démocratie, elle n’en est qu’un préalable. La guerre est toujours la dernière des solutions, la moins bonne, la plus incertaine.

Rien ne nous assure que cette intervention ne se termine par un échec, de grande souffrance pour les peuples, des déflagrations en cascade dans l’ensemble du monde musulman. Ne nous laissons pas bercer d’illusion par un consensus rassurant, et par l’enthousiasme des va t en guerre!

Je parlais de réserves sur la forme. Notre Parlement n’a pas été consulté au préalable, nous le déplorons. L’urgence existait, certes, mais le scénario d’une offensive vers le sud malien était prévisible. Comment croire que cette colonne armée se soit constituée en seulement 48h? Cette intervention ne doit pas être la décision d’un Président de la République soucieux d’affirmer son autorité, mais la décision de la France et de l’ensemble de ses représentants.

Nous émettons également des réserves sur ses objectifs.

Monsieur le ministre, il est également impératif de clarifier les buts de cette guerre pour éviter un enlisement que je redoute. Ils sont pour l’heure confus. Assurer la sécurité de nos ressortissants? Lutter contre le terrorisme? Assurer l’intégrité du Mali? Le Président de la République a déclaré que l’intervention durerait “le temps nécessaire”, avant de concéder qu’elle serait limitée dans le temps. Quand considèrera-t-on que la mission de la France est terminée?

Mon intervention pour le groupe GDR sur l’intervention française au Mali

La France doit affirmer clairement l’objectif poursuivi au Mali – appuyer la reconstruction d’un Etat de droit démocratique – et s’y limiter. Gardons à l’esprit les enseignements de la guerre contre le terrorisme lancée après les attentats terrifiants du 11 septembre. Nos troupes reviennent à peine d’Afghanistan, tirant les leçons de cette impasse. La lutte sans faille des démocraties contre le terrorisme est bien entendu vitale. Mais si cette lutte devient une guerre armée, où et quand s’arrêtera-t-elle ?

Saurons-nous y mettre un terme avant qu’elle devienne contreproductive, en nourrissant l’idée funeste du choc des civilisations et en renforçant les ferments d’union de groupes très divers sous la bannière d’Al Qaida ? Saurons-nous prendre le dessus sur les troupes djihadistes sans provoquer leur repli au Niger, en Mauritanie, en Algérie, avec une potentielle déstabilisation de ces pays?

L’acheminement de troupes françaises au sol et de blindés ces derniers jours modifie en profondeur notre engagement. Au risque d’utilisation de boucliers humains sous les frappes aériennes s’ajoute la crainte de nouveaux déplacements de population sur un territoire gigantesque. On décompte 150 000 réfugiés depuis le début l’enlisement du Mali, 30 000 supplémentaires depuis le début de l’opération française. Tout doit être mis en œuvre pour éviter une catastrophe humanitaire et protéger les civils. Si nous partageons la décision de notre diplomatie, nous nous interrogeons sur ses incohérences. La France a soutenu les printemps arabes, bien que trop tardivement, et apportée son concours à l’épanouissement des droits et des libertés, notamment pour les femmes.

Dans le même temps, notre pays entretient des relations troublantes avec certaines composantes du monde arabe. Oui, il faut en finir avec la guerre en Syrie et le régime despotique de Bachar El Assad, mais faut-il pour cela appuyer des mouvances fanatiques ? L’Occident a trop souvent joué aux apprentis sorciers.

Faut-il montrer tant d’indulgence envers les pétromonarchies arabes, au premier rang desquelles le Qatar ? Ce pays, ennemi des droits de l’homme, joue un double jeu infernal en jouant sur les divisions du monde islamique, entre chiites et sunnites. Il n’hésite pas à déstabiliser des régions entières pour appuyer des régimes obscurantistes.

J’en viens aux réserves sur les conditions de déclenchement de cette opération et à la position de la communauté internationale. L’option militaire n’avait rien d’inéluctable, elle n’est due qu’aux faiblesses et aux lenteurs de la communauté internationale et du pouvoir malien lui-même. « En aucun cas, la France n’interviendra elle-même au Mali », affirmait François Hollande en novembre.

Il y a deux semaines encore, la voie politique, de la négociation, était privilégiée.
La résolution 2085 du 22 décembre, selon la lecture même de notre ambassadeur à l’ONU, « n’était pas une déclaration de guerre ». Elle posait de nombreux préalables avant tout recours à la force. D’une part, un effort du pouvoir malien pour répondre à la question touarègue et organiser de nouvelles élections. D’autre part, une préparation militaire conséquente de l’armée malienne et des partenaires africains. Aucune de ces conditions n’est réunie. Nous partons donc en guerre dans la plus mauvaise des configurations, dans l’impréparation, avec les immenses périls que cela comporte.

La résolution onusienne autorisait le déploiement d’une «mission internationale sous conduite africaine», or l’opération «Serval» s’avère être d’abord une «opération franco-française». L’intervention de la France doit retrouver au plus vite le cadre onusien. Les troupes des pays africains doivent prendre le relais de cette intervention. Notre pays a pris ses responsabilités, mais le cavalier seul de la France est préoccupant. En effet, il nous isole sur la scène diplomatique, nous expose en termes de sécurité et nuit à la crédibilité même de l’intervention.

La communauté internationale, nos alliés, font assaut de déclarations pour saluer notre engagement, sans apporter de solidarité en actes. Le soutien unanime masque une lâcheté générale. Cet attentisme est consternant. Quand conforterons le système onusien en réformant les mécanismes de décision qui le sclérosent ?

Je pose également la question : où est l’Union européenne dans ce conflit ? Son inertie illustre l’impasse actuelle de la construction européenne.

Notre intervention militaire dans une ancienne colonie française recueille le soutien de l’opinion africaine et de ses représentants. L’Algérie a ainsi ouvert son espace aérien et fermé ses frontières. Cette coopération relative n’était pas couru d’avance, elle est à mettre au crédit du dégel de nos relations ces dernières semaines.

Elle suscite néanmoins un certain malaise, probablement en raison du deuil impossible et inachevé de la Françafrique. Comment ne pas percevoir le poids de la colonisation dans le conflit actuel et l’héritage de frontières tracées artificiellement ? Au Mali comme sur l’ensemble du continent, les impérialismes ont déchiré des régions, aggloméré des peuples rivaux, afin de préserver leur influence sur ses richesses. Ce temps doit être véritablement révolu, en Centrafrique, au Gabon, au Niger. Des engagements ont été pris, nous attendons des gestes forts, au plus vite.

L’Afrique est la chance de notre planète. Nous devons conforter les efforts de ses peuples pour retrouver leur dignité et assurer leur développement, sans ingérence ni domination.

La solution au chaos et à la déstabilisation du continent africain n’est pas militaire, mais politique, sociale et économique. Les pays du Nord doivent enfin promouvoir un développement partagé de la planète. L’Afrique est une terre de grande richesse. Ses richesses premières doivent bénéficier aux peuples, et non être pillées. Ses richesses humaines et intellectuelles, elles aussi, doivent pouvoir rester dans leur pays et participer au progrès de leur société, et non être contraintes à l’exil en Occident.

Il a beaucoup été question de l’ « homme africain » dans un passé récent. Cet homme africain, la femme africaine, sont pleinement dans l’Histoire de notre temps, ils sont les acteurs du monde de demain. Respectons-les, marchons à leurs côtés ! Nos amis africains attendent de la France cette relation d’égal à égal, soucieuse de leur devenir.

 

intervention de François ASENSI à l'Assemblée Nationale 16/01/2013

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Emploi et Industrie en Seine-Saint-Denis,

18 Janvier 2013, 19:09pm

Publié par PCF Villepinte

le temps du changement est venu !

L'action

Les femmes, les hommes qui travaillent et habitent en Seine-Saint-Denis constituent sa première richesse. Leur dynamisme, leur jeunesse, leur intelligence, leur engagement citoyen sont porteurs de propositions alternatives pour une vie meilleure.

Les jeunes sont les premières victimes de la crise. Nous devons poser les fondations pour qu’aujourd’hui et demain, la jeunesse puisse se construire, s’émanciper loin de la précarité où on veut la vouer. Il est temps de tous les entendre.

Des vagues de licenciements affaiblissent la Seine-Saint-Denis. 15 000 emplois sont menacés dans des secteurs clés de l’industrie. Or, chaque emploi industriel génère trois emplois induits, dans le commerce, la sous-traitance et les services publics. Dans ce département, la crise, les discriminations sociales et territoriales provoquent plus de dégâts qu’ailleurs. Ces discriminations touchent plus gravement encore les salariés sans papiers. La préservation des emplois est un enjeu majeur.

La France et le gouvernement Ayrault s’inscrivent actuellement, dans le sillage de l’austérité européenne, comme le montre le vote du Traité européen Merkozy, qui impose la règle d’or financière avant le respect des droits humains.

Nous nous opposons à ces logiques. Le débat sur la compétitivité, la vieille rengaine du coût du travail, le carcan imposé par des politiques d’austérité budgétaire sont à l’opposé des solutions qu’il convient de mettre en œuvre.

Rassemblés à Bobigny le 1er décembre, NOUS, politiques, syndicalistes, militants associatifs et citoyens convergeons, dans le respect de l’indépendance de chacun, pour appeler à la sauvegarde et au développement de l’emploi, notamment industriel.  Nous demandons un plan d’urgence pour l’emploi, le changement doit être au rendez-vous :

1- Refus des plans de licenciements et maintien des emplois et des sites de production de PSA Aulnay, SANOFI Romainville, Presstalis Bobigny et Air France à Roissy.

2- Par le vote de la loi d’interdiction des licenciements boursiers, déposée par les parlementaires du Front de Gauche, et l’instauration de nouveaux pouvoirs d’interventions et sur les choix stratégiques des entreprises.

3- La mise en place d’une sécurité sociale professionnelle assurant une continuité des droits liés au travail tout au long de la vie (salaire, formation, nouvel emploi)

4- La création d’emplois stables par le maintien du CDI, la fin des contrats précaires, l’augmentation du SMIC à 1700 € et un relèvement généralisé des salaires.

5- La création d’emplois par la réduction du temps de travail sans flexibilité, la ré-industrialisation du pays, la relocalisation des productions et le développement de la recherche. Cela passe par une politique de crédit d’autant plus bonifiée que les entreprises favorisent l’emploi, la formation, l’investissement et le respect de l’environnement.

6- Le développement de services publics, affaiblis par les politiques d’austérité, car ils sont un levier essentiel pour sortir durablement de la crise et pour promouvoir les droits collectifs.

 Rien ne nous sera donné. Nous serons de toutes les initiatives qui permettent de mobiliser toutes celles et tous ceux qui sont  victimes de la politique d'austérité, des suppressions d'emplois. Mobilisons-nous pour la marche pour l’emploi en Seine-Saint-Denis le 17 janvier 2013, et d’autres initiatives à venir, en soutien aux mobilisations contre le chômage et l’austérité.

 

PREMIERS SIGNATAIRES

 

Politiques :Yann ABRAHAM (FASE), François ASENSI (député-maire de Tremblay en France), Eliane ASSASSI (sénatrice), Michel BIDAUX (Gauche Anticapitaliste), Franck BOISSIER (PG 93), Jean BRAFMAN (FASE 93), Hervé BRAMY (PCF 93), Patrick BRAOUEZEC (Président de Plaine Commune), Marie-George BUFFET (députée), Sofia DAUVERGNE (conseillère municipale, Romainville), Claude DEBONS (Gauche Unitaire), Gilles GARNIER (Conseiller général), Riva GHERCHANOC (PG 93), Delphine HELLE (Gauche Unitaire),Miguel HERNANDEZ (maire adjoint Aulnay-sous-Bois), Pierre LAPORTE (Conseiller général), Capucine LARZILIERE (Gauche Anticapitaliste), Martine LASCAR (Convergence et alternative), Patrick LE HYARIC (député européen), Jean-Claude MAMET (Convergence et Alternative), Catherine PEYGE (maire de Bobigny), Nelly ROLAND (Maire de Villepinte), Jacqueline ROUILLON (Conseillère générale, Maire de Saint-Ouen), Nathalie SIMONNET (PCF 93)

Syndicalistes : Jean-Yves BLONDEAU (syndicaliste, fonction publique), Mathieu BRABANT (CGT, éducation) Thomas DANGLOT (FSU PJJ), Michel DOARE (DS SPPS 93), Stéphane GUINOT (ROTOS 93), Ameur HAIMAD (ROTOS 93), Robert HIRSCH (FSU, éducation), Claire HUOT (CGT Territoriaux de Montreuil), Brigitte MORANNE (CGT, Hôpital André Grégoire), Abdallah MOUBINE (syndicaliste PSA), Claire PESSIN-GARRIC (responsable départementale association d’éducation populaire), Suzanno OLIVIER (syndicaliste CGT-ERDF) Hervé OSSANT (CGT 93), Laurent PAGNIER (syndicaliste, IDF), Danielle SANCHEZ (ingénieur, centre d'ingénierie EDF de St Denis), Denise SHOLL (syndicaliste, ex-SANOFI), José TOVAR (syndicaliste éducation), Guy TRESSALET (FSU 93), Juan VICUNA (syndicaliste CGT Sanofi Romainville)

Associations : Jean-François BENET (association de solidarité 93), Elise BOURDIER (militante pacifiste du Mouvement de la Paix), Agnès CLUZEL (militante antiraciste et du droit des étrangers), Michel HERVIEU (responsable fédération de parents d’élèves), Michel LAMBOLEY (ATTAC 93 centre) Jeannick LEPRETRE (militante pacifiste du Mouvement de la Paix), Mouvement des Jeunes Communistes Français 93 (mouvement de jeunesse), Daniel ROME (ATTAC 93 sud), Fabienne TESSIER (association féministe)

NOM :

PRENOM :

VILLE :

ADRESSE MAIL :

SIGNATURE :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(A envoyer au 14 rue Victor Hugo – 93 500 Pantin ou à un militant de votre connaissance. Pour toute information, contacter par mail initiative.fdg93@laposte.net)

 

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