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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Laurent Cantet: Foxfire "montre les bienfaits de la résistance"

3 Janvier 2013, 10:27am

Publié par PCF Villepinte

Laurent Cantet

 

Foxfire, confessions d’un gang de filles, le nouveau long métrage de Laurent Cantet, sort aujourd’hui en salles. A cette occasion, le cinéaste, palme d’or en 2008 avec « Entre les murs » a accordé un grand entretien à l'Humanité Dimanche, à retrouver dès jeudi en kiosque. Premier volet de la rencontre.

Deuxième volet: Laurent Cantet, "Foxfire assume l'idée d'être un film classique"

Que vouliez-vous dire en abordant la question de la domination sexuelle masculine?

Laurent Cantet. Il y a d’abord l’envie de ne pas hiérarchiser les oppressions. Le sexisme est le point de départ de leur résistance. C’est l’oppression qu’elles ressentent le plus directement dans leur corps, la plus difficile à justifier. Ce sont des gamines. Elles n’ont pas envie d’être violées par des mecs. Le groupe se constitue face à cette violence. A partir de là, les autres formes d’oppressions leur apparaissent. Le sexisme est presque le déclencheur de cette conscience qui se fabrique progressivement.

Je voulais aussi traiter du racisme et montrer comment, dans ces années là aux Etats-Unis, la question du racisme n’était même pas un problème. Il ne venait à l’idée de personnes de questionner l’idée d’un partage entre Noirs et Blancs. Legs a rencontré d’autres opprimés en maison de redressement. Elle veut créer une maison pour toutes les femmes opprimées de la terre. Elle introduit de la complexité dans la façon de voir le monde de ses copines. Mais elle se heurte à une espèce d’évidence historique puisque les autres filles ne voient pas pourquoi elles intégreraient une Noire dans leur bande.

 

Il y a une forme de désenchantement face à l’universalité de l’injustice…

Laurent Cantet. Il y a plein de choses qu’on ne remet pas en cause, plein d’injustices avec lesquelles on a appris à vivre. Le propre des révoltés et des résistants est de les mettre à jour et de les combattre en espérant créer une prise de conscience plus générale. Historiquement malheureusement, à part des moments de vrai basculement, on vit dans une société assez réactionnaire. Elle endosse des valeurs d’hier et les transmet aux générations à venir. On est plus dans ce type de société que dans celle qui se remet à jour et va évoluer de manière tonique. Le film montre aussi les bienfaits de la résistance. Ce n’est pas juste un constat d’échec des mouvements sociaux.

 

Votre film évoque une société de classes dans les Etats-Unis des années 1950. Que révèle-t-il du monde d'aujourd'hui?

Laurent Cantet. J'ai pensé le film comme une histoire qui avait des résonances aujourd'hui. J'espère qu'on les perçoit. J’ai décidé de le traiter dans les années 1950 pour des questions assez techniques de narration. J'avais besoin de la liberté totale dont jouissent les filles. Elles ne seraient plus possible aujourd'hui. Une bande de gamines qui décident à 15 ans d'aller vivre dans une ferme abandonnée serait tout de suite prise en mains par les services sociaux. Le contrôle social s'exercerait beaucoup plus fort sur elles. J'avais besoin de cette époque et des Etats-Unis pour cela, même si on a tourné au Canada. A la lecture du bouquin, les images qui me venaient étaient américaines. A chaque fois que j'ai essayé de les transposer, je ne croyais plus à ce que je racontais. Ce moment est l’époque du grand rêve américain, celle où l'on croit aux lendemains qui chantent. J’avais envie de montrer les laissés pour compte de ce rêve. Ceux qui n’en auront jamais les bienfaits.

Malheureusement, je crains que ce soit encore plus vrai aujourd’hui. Il y a encore plus de disparités entre les espoirs et le bien être des uns et le désespoir et l’absence de perspectives pour les autres. La forme de leur révolte me semble assez contemporaine. Elles sont assez proches des indignés et de ces mouvements spontanés qui, progressivement, se transforment en groupe de luttes. La scène des graffiti où Legs écrit «dollar=merde=mort» face aux autres qui la regardent religieusement faire pourrait se retrouver sur une vitrine à Paris ou à Athènes. On est dans un contexte et dans une sémantique de la lutte comparables

Vidéo: la bande-annonce de Foxfire

Ces dernières années, plusieurs films ont mis en scène des mouvements révolutionnaires avec des acteurs et des actrices aux allures de gravures de mode, introduisant l’idée étrange qu’il fallait être beau pour faire la révolution ou se rebeller…

Laurent Cantet. De manière générale, mes films aiment bien éviter ça. C’est aussi pour cette raison que j’aime bien travailler avec des acteurs non professionnels. On ne va pas chercher la jeune fille la plus glamour, celle que les magazines auront envie d’avoir sur leur couverture. Je vais chercher les gens les plus conformes à une réalité que j’ai envie de restituer assez précisément. Les critères que  j’ai au moment du casting sont assez difficiles à cerner. Même pour moi. Je fonctionne un peu au coup de cœur comme on peut avoir envie d’être ami ou de tomber amoureux de quelqu’un. Heureusement, on ne tombe pas uniquement amoureux des femmes qu’on voit sur les couvertures de magazine. Le maquillage et les costumes contribuent à amplifier le côté papier glacé que peuvent avoir certaines actrices. Je veux l’éviter au maximum. Je m’entoure de gens qui ont accepté l’idée qu’on allait essayer d’être le plus vrai et le plus juste possibles et pas de faire une image glamour. C’est d’abord une position de principe où j’essaie d’être le plus proche d’une réalité quotidienne de gens qu’on croise dans la rue.

 

Comment expliquez-vous ce désir?

Laurent Cantet. En tant que spectateur, je suis souvent attiré par des films qui me permettent de me poser des questions sur ce qu’il se passe autour de moi. C’est vrai que l’espèce de « naturalisme » fonctionne mieux en tant que spectateur. J’aime filmer les personnages dont j’espère qu’ils vont me renvoyer l’image de la complexité de l’humain. Plus on schématise les choses, plus on les lustre, plus on a des chances d’évacuer cette complexité.

Deuxième volet: Laurent Cantet, "Foxfire assume l'idée d'être un film classique"

  • A lire aussi:

Un temps pour vivre, un temps pour mourir, la critique de Jean Roy

Tous nos articles et entretiens consacrés à Laurent Cantet

Entretien réalisé par Michaël Melinard

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Dans l'Humanité ce jeudi: les cinq chantiers où le changement se joue en 2013

3 Janvier 2013, 10:25am

Publié par PCF Villepinte

Politique - le 3 Janvier 2013

 

 

Marché du travail, décentralisation, mariage pour tous, retraite, immigration économique sont quelques-uns des chantiers menés par les ministres de Jean-Marc Ayrault et sur lesquels non seulement ils seront jugés mais où les forces politiques et sociales devront intervenir pour contribuer à dessiner des solutions alternatives.

«Après 2012 où nous avons ensemble engagé le redressement, 2013 sera l’année de la mobilisation de tous pour réussir », déclarait François Hollande lors de ses vœux, repoussant d’un an les signes tangibles des changements que sa ­politique pourrait apporter aux Français. ­Reculer pour mieux sauter : pari plus ­qu’incertain tant les choix de l’austérité budgétaire accompagnent la crise, plus qu’ils ne permettent d’en sortir.

Nombre de dossiers qui sont sur la table en 2013 risquent, si rien ne vient contrecarrer la logique gouvernementale, de déboucher sur des solutions ne répondant pas aux attentes de changement de celles et de ceux qui ont porté la gauche au pouvoir. Ainsi du projet de loi sur la décentralisation qui pourrait être marqué par la volonté de l’État, dans sa course au désendettement à tout prix, de transférer une partie de celui-ci sur les collectivités ­territoriales. Ou des négociations sur le marché du travail, pour lesquelles le gouvernement a fait sienne la ­nécessaire baisse du « coût du travail », comme en témoigne le pacte de compétitivité qui alloue, sans contrepartie, 20 milliards d’euros aux entreprises.

Enfin, l’épineux dossier de la retraite qui nécessiterait de ne pas simplement donner le droit à la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé tôt, mais de revenir à ce droit pour tous. Au-delà des questions sociétales, comme celle du mariage pour tous qui, s’il fait l’objet d’une bataille politique avec la droite, fait consensus à gauche, il n’en est pas de même des questions économiques, sociales et démocratiques… Mais c’est là où, pour l’essentiel, le changement se jouera en 2013.

  • Retrouvez le détail des cinq points dans l'Humanité de ce jeudi
  • Dans votre quotidien également
    Le secteur automobile plombé par la baisse du pouvoir d'achat
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Max Staat

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RUE 89:Face au vide de la pensée politique, les philosophes entrent en scène

3 Janvier 2013, 10:15am

Publié par PCF Villepinte

Pierre Haski | Cofondateur Rue89

Et si la vérité sortait de la bouche des octo et nonagénaires ? Coup sur coup, voici deux de nos plus vieux philosophes qui nous donnent leur diagnostic sur l’état de notre société et qui, chacun à leur manière, montrent un cap, pas exactement celui que nous suivons aujourd’hui.


Une de Rue89 Le Mensuel, février 2011 

Il y a bientôt deux ans, déjà, nous titrions un numéro de notre (défunt) mensuel « Ils nous réveillent, 258 ans de réflexion, toujours révoltés », avec en couverture Edgar Morin, Stéphane Hessel, et Susan George.

Edgar Morin, 91 ans, est de retour, non pas dans les vœux présidentiels comme lorsque Nicolas Sarkozy lui avait « emprunté » en 2008 son concept de « politique de civilisation » pour donner l’impression d’inventer quelque chose, mais dans un long texte publié par Le Monde, et intitulé de manière provocatrice :

« En 2013, il faudra plus encore se méfier de la docte ignorance des experts. »

Deux jours plus tôt, c’était le philosophe Michel Serres, 82 ans, qui, dans une longue interview au Journal du dimanche, diagnostiquait fort justement la situation actuelle :

« Ce n’est pas une crise, c’est un changement de monde. »

Incapables de faire un « diagnostic juste »

L’un comme l’autre, chacun avec sa perspective, ils nous alertent sur notre incapacité à nous doter des clés pour comprendre ce « changement de monde ».


Edgar Morin chez lui à Paris, en janvier 2011 (Audrey Cerdan/Rue89)

Edgar Morin, qui avait participé pendant la campagne électorale à un exercice un peu complaisant avec François Hollande, justement dans Le Monde – le futur président qui dialogue avec le philosophe... –, lance une pique indirecte à l’homme qui, entretemps, est effectivement devenu Président et ne parvient pas (encore ?) à incarner les changements du monde.

Le philosophe souligne notre incapacité à faire un « diagnostic juste » de ce qui se passe aujourd’hui :

« Tout notre passé, même récent, fourmille d’erreurs et d’illusions, l’illusion d’un progrès indéfini de la société industrielle, l’illusion de l’impossibilité de nouvelles crises économiques, l’illusion soviétique et maoïste, et aujourd’hui règne encore l’illusion d’une sortie de la crise par l’économie néolibérale, qui pourtant a produit cette crise.

Règne aussi l’illusion que la seule alternative se trouve entre deux erreurs, l’erreur que la rigueur est remède à la crise, l’erreur que la croissance est remède à la rigueur. »

Il enfonce encore plus précisément le clou :

« Cette docte ignorance est incapable de percevoir le vide effrayant de la pensée politique, et cela non seulement dans tous nos partis en France, mais en Europe et dans le monde. »

« Les illusions de la vieille gauche... »

C’est la gauche qui est visée :

« La gauche est incapable d’extraire de ses sources libertaires, socialistes, communistes une pensée qui réponde aux conditions actuelles de l’évolution et de la mondialisation. [...]

Notre Président de gauche d’une France de droite ne peut ni retomber dans les illusions de la vieille gauche, ni perdre toute substance en se recentrant vers la droite. Il est condamné à un “en avant”. Mais cela nécessite une profonde réforme de la vision des choses, c’est-à-dire de la structure de pensée. Cela suppose, à partir d’un diagnostic pertinent, d’indiquer une ligne, une voie, un dessein qui rassemble, harmonise et symphonise entre elles les grandes réformes qui ouvriraient la voie nouvelle. »

Edgar Morin prône une « réforme de la connaissance et de la pensée par l’éducation publique », qui passe notamment par « la formation de professeurs d’un type nouveau, aptes à traiter les problèmes fondamentaux et globaux ignorés de notre enseignement : les problèmes de la connaissance, l’identité et la condition humaine, l’ère planétaire, la compréhension humaine, l’affrontement des incertitudes, l’éthique ».

L’objectif :

« Ainsi, nous pouvons voir qu’un des impératifs politiques est de tout faire pour développer conjointement ce qui apparaît comme antagoniste aux esprits binaires : l’autonomie individuelle et l’insertion communautaire. »

« Petite Poucette »

Michel Serres, pour sa part, se place dans une autre perspective, celle qu’ouvre la révolution technologique couplée aux formidables bouleversements sociologiques de notre temps.

Du haut de ses 82 ans, le philosophe et historien fait remarquer que, de son vivant, la population du monde est passée de deux à sept milliards, et que la part des agriculteurs en France est tombée de 50% à 1% !

« Dans la même période, l’espérance de vie a triplé. C’est tout cela que l’on ne voit pas. »

Mais notre penseur octogénaire est surtout fasciné par la montée de la génération numérique, celle des trentenaires, qu’il a baptisé « Petite Poucette » (titre d’une conférence puis de son dernier livre, éd. Le Pommier, 2012), celle qui vit « dans » l’ordinateur et pas « avec » comme la sienne.

Et il retrouve Edgar Morin dans la première de ses priorités de ce qui doit être repensé dans notre monde pour s’adapter à la montée en puissance de cette génération et de sa culture, l’éducation :

« Une nouvelle université. Il faut aussi construire une nouvelle chambre des députés, une nouvelle représentation politique, un nouveau droit. Le droit tel qu’il est – il n’y a qu’à voir l’échec d’Hadopi – ne correspond plus à la réalité… Le plus grand effort qu’il faudra faire, demain matin, c’est même assez urgent, est de repenser l’ensemble de ces institutions. »

Il se met à rêver d’une démocratie directe aidée par les moyens numériques généralisés, faisant du monde une grande Suisse où les citoyens ont la parole.

L’historien entre en scène :

« Reprenons l’histoire. En Grèce, avec l’écriture, arrivent la géométrie, la démocratie et les religions du Livre, monothéistes. Avec l’imprimerie arrivent l’humanisme, les banques, le protestantisme, Galilée, la physique mathématique… Il suffit de voir tout ce qui a changé lors du passage à l’écriture et à l’imprimerie. Ce sont des changements colossaux à chaque fois.

On vit une période historique. Petite Poucette n’est pas générationnelle. Ce n’est pas l’héroïne de la rentrée, elle est historique. D’ailleurs, une part de la “crise” d’aujourd’hui vient aussi de cela, de la coexistence actuelle de deux types d’humains… Petite Poucette et ceux de l’ancien monde. Son temps à elle arrive. »

Pas de prêt-à-penser

Ni Edgar Morin, ni Michel Serres, n’arrivent avec un prêt-à-penser à usage des nouvelles générations. Morin se place visiblement dans une perspective de reconstruction longue. Et Serres dit au JDD que si « une nouvelle politique se mettra en place », il ne s’estime « pas assez bon pour le dire, mais [la voit] arriver ».

Mais ils viennent à point nommé nous alerter sur le fait que nous ne pouvons pas seulement analyser la crise actuelle avec nos grilles de lecture traditionnelles ; il faut en inventer d’autres pour éviter de rater le coche des profonds bouleversements de notre temps, en France et dans le monde.

Ça n’est pas nécessairement rassurant – l’inquiétude, mal français... –, mais ce questionnement est salutaire face au discours politique qui tourne de plus en plus à vide et dont les citoyens se détournent sans savoir par quoi le remplacer.

P.S. : Sur Twitter, François Damerval me signale que j’oublie un centenaire, l’économiste Américain Ronald Coase, Prix Nobel qui s’est exprimé le 29 décembre pour appeler les Américains à se méfier ... des économistes.

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Dans l'Humanité, ce mercredi, "ce que nous voulons changer en 2013"

2 Janvier 2013, 12:05pm

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité de ce mercredi 2 janvier 2013

 - le 1 Janvier 2013

 

 

 

Salariés en lutte, élu local, professionnel de santé, défenseur du mariage pour tous, comédien, féministe palestinienne, indigné espagnol... L'Humanité a demandé à dix acteurs des mouvements sociaux et de la vie politique leurs voeux pour cette nouvelle année. Avec eux, prenons date.

A lire dans notre édition

  • 10 voeux par dix acteurs des mouvements sociaux
  • Voeux 2013, François Hollande persiste et signe
  • Les réactions aux objectifs du président de la République
  • L'obstination libérale et austéritaire conduit l'Europe dans l'impasse
  • Nos voeux, par Patrick Le Hyaric, directeur de l'Humanité

A lire aussi

  • Enquête: Terra nova, la fondation est-elle encore le nouveau monde du PS?
  • Bouches-du-Rhône: centres de santé dans la tourmente
  • "Ils m'ont renvoyé comme un chien", le témoignage d'un jeune sans-papier renvoyé au Pakistan lors de la Saint-Sylvestre (écoutez son témoignage ici)
  • Centrafrique: "Le régime de Bozizé n'a plus d'alternative", entretien avec Thierry Vircoulon (IFRI)
  • Les sorties cinéma

Toute l'actualité sur l'Humanité.fr

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Nos vœux, par Patrick le Hyaric

2 Janvier 2013, 12:03pm

Publié par PCF Villepinte

 - le 2 Janvier 2013

Editorial

 

 

Nous adressons à chacune 
et à chacun d’entre vous ainsi qu’à vos proches nos vœux les meilleurs pour l’année nouvelle qui commence. Nous le faisons avec 
la part de rêves et de lucidité nécessaire. Nous savons qu’alors que de toute part on annonce une année 2013 difficile, il faudra s’unir pour agir afin 
de changer les rapports de forces sociaux, économiques, politiques pour que ce soit à gauche que s’oriente 
le changement. En s’enfermant dans le seul projet 
du rétablissement des comptes publics, François Hollande n’a pas créé, lors de ses vœux, l’élan nécessaire à une mobilisation nationale qui permettrait d’endiguer la vague du chômage.

L’ambition ne sera accessible qu’avec 
de la justice, de la solidarité, de nouveaux droits des travailleurs dans l’entreprise, afin de promouvoir d’abord le travail et non plus la rente des grands actionnaires 
et des banquiers, une réforme fiscale et bancaire digne 
de ce nom ou la réorientation de l’Union européenne. Cela se heurte évidemment aux intérêts des oligarchies. Mais la gauche est précisément la gauche parce qu’elle n’est pas 
de ce côté mais de celui 
du peuple. Ce n’est pas 
la recherche d’une sorte 
de compromis historique qui devrait être à l’ordre 
du jour. L’inversion 
de la courbe du chômage 
ne deviendra possible qu’en sortant du carcan 
de l’austérité budgétaire et salariale. Le gouvernement 
a le devoir et le pouvoir de résister aux pressions des droites, des puissances d’argent et des institutions internationales. 
Il ne doit pas s’engager dans les projets de suppression 
du Smic pour le remplacer par un super RSA, ni dans 
un nouveau recul de l’âge ouvrant le droit à la retraite, 
ni dans un système de flexibilisation à outrance du travail, ni abdiquer devant les pressions du Conseil constitutionnel qui voudrait saboter toute réforme vers la justice fiscale. S’il manifestait une volonté affirmée de changement progressiste, le pouvoir réunirait autour de lui toute 
la gauche et l’écologie politique ; une majorité agissante 
et combative pour ouvrir dans l’histoire de la France 
et de la gauche l’indispensable nouvelle page 
du progressisme français.

Les classes dominantes s’appuient sur la crise qu’elles ont elles-mêmes provoquée pour plier encore plus le monde, la vie humaine, l’environnement aux canons de l’ultracapitalisme destructeur. 
Ce pouvoir ne doit pas y prêter main-forte. C’est à un nouveau projet que devraient s’atteler toute la gauche 
et l’écologie politique pour faire face à la nouvelle période historique, où la lutte entre le capital et le travail va considérablement s’aiguiser, où de nouveaux dangers pèsent sur l’environnement, où l’arme nucléaire constitue une terrible menace pour toute l’humanité.

Ce siècle appelle un nouveau mariage entre 
la justice fiscale et sociale, d’autres manières 
de produire et de consommer pour résorber une dette écologique qui peut être mortifère. La coopération entre les êtres humains doit supplanter une concurrence folle, avec un nouvel âge pour la démocratie s’appuyant sur la souveraineté et l’intervention populaire. Rien ne se transformera vraiment sans que la démocratie d’intervention devienne le but et le moyen de tout processus de changement pour inventer l’indispensable « après-capitalisme ». Tel nous semble devoir être 
le chemin d’une vie meilleure, d’un monde solidaire, d’une fraternelle humanité. Bonne année.

S’il manifestait une volonté affirmée de changement progressiste, 
le pouvoir réunirait autour de lui toute la gauche et l’écologie politique.

Par Patrick Le Hyaric

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Voeux Hollande : « Les attentes des français restent entières » (Pierre Laurent - PCF)

2 Janvier 2013, 11:57am

Publié par PCF Villepinte

 

Voeux Hollande : « Les attentes des français restent entières » (Pierre Laurent - PCF)

 Voeux Hollande : « Les attentes des français restent entières » (Pierre Laurent - PCF)

Dans ses vœux pour 2013, François Hollande s'en est tenu à réaffirmer le cap engagé pour 2012 : réduction des dépenses publiques, compétitivité, donnant donnant avec le patronat.

On voit mal, dans ces conditions comment l'inversion de la courbe du chômage, dont il fait l'objectif central, pourrait être atteinte.

 

Les réformes politiques nécessaires pour parvenir a ce résultat restent à faire. Une fois encore elles n'ont pas été annoncées ce soir. Le président de la République a par ailleurs semblé renoncer à toute ambition de réorientation européenne. De la même manière, au plan international, son propos a manqué d'ambition sur le dossier brulant du proche orient et de la Palestine.

Les vœux pour 2013 de François Hollande laissent entières les attentes de changement des français.

 

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, sénateur,

 

Paris, le 31 décembre 2012.

 

 

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