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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

EN DIRECT - Vivre ensemble - Refonder la République - Forum public à Marseille

10 Décembre 2012, 22:23pm

Publié par PCF Villepinte

 

 EN DIRECT - Vivre ensemble - Refonder la République - Forum public à Marseille

 

 

Rendez-vous le 15 décembre à partir de 14h00 en direct de la station Alexandre à Marseille.

Forum public - Initiative nationale dans le cadre de la préparation du 36e congrès du PCF

Vivre ensemble
Refonder la République
Redonder l'égalité

Programme

14h00 : Ouverture des portes et accueil par Pierre Dharréville, Secrétaire de la fédération PCF des Bouches-du-Rhône

14h30 : Premier atelier « Notre vivre-ensemble en souffrance »

16h00 : Deuxième atelier « Refonder la République »

17h30 : Discours de Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF

 

Initiative à suivre en direct sur pcf.fr / Hastag PCF2013

 

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Il est grand temps de rallumer les étoiles, Ce sont eux qui le disent!

9 Décembre 2012, 17:37pm

Publié par PCF Villepinte

Michel Wieviorka Gestion et sécurité, cela ne suffit pas à la gauche !
Publié le 09/12/2012 à 12h40

Manuel Valls à Montreuil vendredi (Chamussy/Sipa)

Il fut un temps où la gauche, en France, pouvait tenter de s’inspirer de grands modèles eux-mêmes sous tension.

  • le communisme a sombré, malgré les efforts de ses promoteurs les plus ouverts pour proposer dans les années 70 un « eurocommunisme » devant beaucoup à l’exemple italien et à la pensée d« Antonio Gramsci ;
  • la “ deuxième gauche ” syndicale (Edmond Maire) et politique (Michel Rocard) n’a pas survécu aux années Mitterrand ;
  • le social-libéralisme de Tony Blair, Bill Clinton ou Gerhard Schroeder a complètement disparu de notre horizon avec la crise financière et économique.

Reste l’idéal social-démocrate : ne résiste-t-il pas à l’usure du temps, ne peut-il pas encore être invoqué, même s’il s’agit d’une référence en réalité fort abstraite dans notre pays, qui n’a jamais été social-démocrate dans les faits ? François Hollande est-il encore social-démocrate ?

Etat providence + le mouvement ouvrier

La social-démocratie repose sur deux piliers :

  • l’Etat-providence, la redistribution associée à la solidarité ;
  • l’adossement de l’action politique sur le mouvement ouvrier.

De ce deuxième point de vue, les événements récents montrent à l’évidence qu’il impossible de se réclamer, aujourd’hui, à gauche, d’un quelconque esprit social-démocrate.

Le mouvement ouvrier s’est considérablement affaibli depuis une quarantaine d’années, au point que le Front national se fait le champion des “ oubliés ” et des “ invisibles ”, ces ouvriers sans repères ni espoir, sans capacité d’action collective, qui vivent en grand nombre dans des zones périurbaines et qui ont disparu de nos écrans et de nos représentations.

Ce qui subsiste du mouvement ouvrier, avec notamment les superbes “ hommes du fer ” de Lorraine, mène des luttes défensives, pour sauver l’emploi, bien plus qu’il n’est en mesure d’inspirer des contre-projets de société. Et à aucun moment le pouvoir actuel ne semble incarner les attentes et les demandes de ces acteurs. Son inspiration n’a rien à voir avec le souffle du combat des ouvriers de la sidérurgie ou de l’industrie automobile.

S’appuyer sur un autre mouvement social ?

Nous ne sommes plus une société industrielle, et on pourrait imaginer une “ néo-social-démocratie ”, une social-démocratie revisitée, repensée, dans laquelle de nouveaux mouvements sociaux et culturels viendraient prendre la place du mouvement ouvrier pour inspirer l’action politique.

Mais là aussi, le pouvoir semble bien loin d’être porté par les aspirations ou les revendications qui proviennent, par exemple, des mouvements antinucléaires ou écologistes. La construction du réacteur nucléaire nouvelle génération de Flamanville ne semble guère affectée par la contestation, et le gouvernement est assurément sur une autre ligne que les écologistes qui demandent l’abandon du projet de construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes.

Nous étions orphelins du communisme, de la deuxième gauche, de la troisième voie, nous le sommes donc aussi de la social-démocratie. Et nous sommes bien en peine de déceler une inspiration de gauche claire et forte qui structurerait l’action de nos gouvernants.

Bonne gestion et ordre républicain

En fait, deux références principales viennent tenir lieu de colonne vertébrale au pouvoir actuel.

La première est celle de l’expertise et du savoir-faire technocratique : pour sortir de la crise actuelle, ne faut-il pas faire confiance à la raison, à la compétence en matière économique et gestionnaire, un peu comme en Italie, où Mario Monti a su un temps s’imposer au dessus des partis pour mettre en œuvre avec un gouvernement dit “ de techniciens ” une politique de rigueur ?

La cacophonie récente qui vient de discréditer le pouvoir à l’occasion de ses négociations avec Mittal pour tenter de sauver le site de Florange donne à penser que la logique de la compétence est vite débordée par les problèmes concrets : l’appel à la raison technocratique, incarnée par la présence massive d’anciens élèves de l’ENA au sommet des appareils d’Etat, n’est pas une réponse satisfaisante au déficit de structuration politique qui caractérise la gauche au pouvoir aujourd’hui.

Et ce n’est pas parce que le chef de l’Etat s’efforce en permanence de trouver des compromis entre des logiques d’action et des forces politiques conflictuelles qu’il transforme en social-démocratie un mélange de rationalité, de pragmatisme et de sens de la négociation.

Deuxième référence : la République. Le discours, ici, n’est pas adossé sur la compétence économique et gestionnaire, sur la prétendue rationalité des experts, il se fonde sur des promesses républicaines d’ordre et de sécurité. Cette promesse n’a rien de gauche en elle-même, et elle ne dit rien des tensions ou des problèmes économiques, culturels, sociaux qui génèrent l’insécurité.

Elle répond à de fortes attentes qui traversent tout la société, et celui qui l’incarne, le ministre de l’Intérieur, bénéficie bien plus que d’autres d’une image favorable au sein de l’opinion, en général, comme à gauche, en particulier.

La nécessité d’une nouvelle vision

Ni la raison experte, ni la mise en avant de l’ordre républicain ne sont à la hauteur des enjeux politiques d’aujourd’hui, et ni l’une ni l’autre ne sont spécifiquement de gauche. Pire : l’une comme l’autre peuvent susciter de nouveaux problèmes.

  • La première ne peut que créer ici et là d’intenses déceptions, et, de là, des difficultés politiques considérables que le pouvoir actuel croit à tort possible de gérer au cas par cas, au fur et à mesure que les questions deviennent aiguës, et en fonction de la capacité plus ou moins grande qu’ont les acteurs de se faire entendre.
  • La seconde, quand elle n’accompagne pas des mesures à l’écoute des demandes culturelles ou sociales émanant de la société, risque de s’autonomiser pour devenir un mélange inefficace de répression et d’incantation idéologique.

Le pouvoir ne nous tirera pas de la crise actuelle, qui est aussi morale et politique, en se contentant de conjuguer rigueur technocratique et ordre républicain, le tout assorti d’une com’ accompagnant tactiquement ses moindre faits et gestes. Il est grand temps qu’il réfléchisse aux idées générales qui le doteraient d’une vision tendue vers l’avenir.

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Venezuela: Chavez désigne Maduro pour lui succéder

9 Décembre 2012, 17:29pm

Publié par PCF Villepinte

 

 

"Vous élirez Maduro président de la République si vous agissez selon mon sentiment", a demandé samedi soir aux Vénézuéliens Hugo Chavez, qui fait face à à la récidive de son cancer.

Le président vénézuélien a annoncé que cette nouvelle récidive, nécessitait "une nouvelle intervention chirurgicale" à La Havane où il partira dès ce dimanche. Agé de 58 ans et au pouvoir depuis 1999, il a désigné son vice-président Nicolas Maduro comme son successeur.

Intervention chirurgicale

"A cause de quelques autres symptômes, nous avons décidé avec l'équipe médicale de procéder à des examens (...) et, malheureusement, dans ce bilan exhaustif, est apparue la présence de quelques cellules malignes récentes. Il est absolument indispensable que je subisse une nouvelle intervention chirurgicale et elle doit intervenir dans les prochains jours", a déclaré Hugo Chavez sur une chaîne de radio-télévision.

"Si quelque chose arrivait qui me fasse déclarer inapte de quelque manière, Nicolas Maduro est en situation d'assumer, comme l'impose la Constitution, la période" d'intérim avant la convocation de nouvelles élections. "Vous élirez Maduro président de la République si vous agissez selon mon sentiment", a déclaré Hugo Chavez.

Eclipsé de la vie publique

Après avoir été réélu haut la main le 7 octobre dernier, le chef d'Etat s'est éclipsé de la vie publique en raison de ses problèmes de santé qui ont débuté avec le diagnostic d'un cancer mi 2011 et duquel il s'est déclaré guéri à deux reprises. Hugo Chavez était parti à l'improviste à La Havane dans la nuit du 27 novembre pour y suivre des séances d'"oxygénation hyperbare", dont l'objet n'a pas été dévoilé officiellement.

Le président vénézuélien, qui s'est à deux reprises ces derniers mois déclaré guéri de son cancer, était revenu vendredi matin à Caracas. Il n'a pas donné de détail sur le traitement médical qu'il a subi à La Havane, où il a suivi l'intégralité de ses traitements médicaux et opérations depuis juin 2011.

  • A lire aussi:

La France renoue avec le Venezuela et Benoit Hamon rencontre Nicolas Maduro

Pas de chance pour les ennemis de Chavez

Tous nos articles sur le Venezuela et Hugo Chavez

S.G.

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Italie: le Cavaliere Berlusconi veut rester en selle

9 Décembre 2012, 17:26pm

Publié par PCF Villepinte

Silvio Berlusconi, candidat aux législatives en mars 2013

 - le 9 Décembre 2012

 

Mots clés : italie, silvio berlusconi,

 

 

 

Désormais candidat aux législatives, Silvio Berlusconi a entrepris ce week-end un énième come-back politique, en dépit de sondages désastreux, faisant voler en éclats un fragile équilibre politique en Italie.

Un départ sous les huées il y a un an dans un pays au bord de la faillite, une infamante condamnation à la prison pour fraude fiscale, un procès toujours en cours pour prostitution de mineure.... Le Cavaliere appartenait au passé. D'autant que l'intéressé avait annoncé le 24 octobre qu'il renonçait à se présenter à la tête du gouvernement, "par amour de l'Italie", et avait lui-même fixé la date du 16 décembre pour des primaires au sein de son parti, désormais caduques.

Soufflant pendant plusieurs semaines le chaud et le froid sur son éventuel retour en politique, le Caïman -son surnom dans un film de Nanni Moretti- a choisi samedi un terrain qu'il affectionne pour annoncer son retour dans l'arène: le stade de Milanello où il était venu assister à l'entraînement du Milan AC, le club de football qui lui appartient. Il l'a fait à la troisième personne: "Il fallait un leader comme un Berlusconi de 1994 mais nous ne l'avons pas trouvé."

Austérité

S'il tente de faire du neuf avec du vieux, le magnat des medias, 76 ans, promet de "nombreux visages nouveaux" autour de lui, s'il est élu en mars prochain. Des gens du monde de l'entreprise, du sport et de l'université, assure-t-il, mais de noms. Jamais à cours de contradiction pour parvenir au sommet, Silvio Berlusconi a engager la chute du "gouvernement technique" de Mario Monti, fustigeant les mesures d'austérité passées depuis un an. Mais il promet que son Parti de la liberté (PDL) votera bien la très rigoureuse loi budgétaire, en cours d'examen au Parlement, par souci de "grande responsabilité".

"Dramatique"

"Ceci nous ramène dans un climat que nous pensions avoir conjuré", déplorait dimanche le directeur du Messaggero, Mario Orfeo. Alors qu'une grande partie de la presse italienne qualifiait de "dramatique" la dernière "croisade de Berlusconi". Pour Stefano Folli, du journal économique Sole 24 ore, ce n'est pas tant Berlusconi qui fait peur que "la menace d'une campagne entièrement construite contre l'Europe, l'Allemagne, l'austérité économique". Même au sein du PDL, qu'il a créé, le retour de Berlusconi est critiqué.  "On revient vingt ans en arrière", estime Mario Mauro, chef du PDL au Parlement européen.

Les denriers sondages créditent la candidature du Cavaliere de seulement 13,8% des intentions de vote.

  • A lire aussi:

Berlusconi revient et fait chuter Monti

Silvio Berlusconi: son projet politique en prend pour quatre ans ferme

Après le départ du Cavaliere, ce qu'il reste du berlusconisme

S.G.

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Résistant(s) : avec les mots de Jacques Decour

9 Décembre 2012, 17:23pm

Publié par PCF Villepinte

Un livre de recueil des articles de presse clandestins du fondateur des Lettres Françaises. De quoi comprendre où se plaçait l’intellectuel durant les années de plomb...

Decour. «Sans doute devons-nous voir dans cette mort, dans la façon dont il la veut et l’accueille, le point le plus sublime auquel pouvait atteindre ce jeune homme si doué, qui promettait beaucoup trop pour pouvoir tenir, s’il avait vécu.» Lorsque la police française arrêta Jacques Decour pour le livrer aux autorités allemandes, le 17 février 1942, elle réquisitionna un recueil qu’il tenait dans la poche intérieure de sa veste. Sur ces pages figurait cette citation extraite d’un texte admirable sur le Rouge et le Noir dans lequel il évoquait la figure de Julien Sorel. Stendhalien dans l’âme, Decour n’était pourtant pas un adepte des autoportraits dans son œuvre romanesque. Mais de roman il ne s’agit point ici. Grâce aux éditions la Thébaïde et à Pierre Favre, qui a réuni ses écrits avec Emmanuel Bluteau, tous les lecteurs peuvent désormais découvrir, soixante-dix ans plus tard, un ensemble de trente-deux articles de presse clandestins de l’auteur, publiés dans l’Université libre, la Pensée libre et les Lettres françaises, organes clandestins de combattants, rassemblés sous le titre "la Faune de la collaboration" (350 pages), de quoi comprendre au premier coup d’œil où se plaçait l’intellectuel durant les années de plomb (1) pour réveiller la conscience de ses compatriotes face à l’occupation et à l’émergence des «écrivains français en chemise brune».

Lettres. Tous les amoureux-lecteurs des Lettres françaises connaissent bien sûr le nom du cofondateur (avec Jean Paulhan) de cette revue mythique, dirigée par Louis Aragon après-guerre, actuellement par Jean Ristat. Mais savent-ils que Jacques Decour, qui avait adhéré au PCF en 1936, avait la passion de l’Allemagne?
De son vrai nom Daniel Decourdemanche, il avait obtenu, à vingt-deux ans, son agrégation d’allemand (plus jeune agrégé de France) et au lycée Rollin, il professait à ses élèves que le germanisme était un humanisme. Il enseignait l’amour de Heine, Hölderlin ou Nietzsche, il avait traduit Kleist, exalté le Prince de Hombourg, il vantait la littérature et la philosophie d’outre-Rhin et il avait même rapporté d’un long séjour à Magdebourg, un livre visionnaire, Philisterburg (1930). Pourtant, Jacques Decour ne doutait pas que dans ce pays, selon ses propres mots, «la civilisation la plus haute» avait toujours bataillé avec «la barbarie la plus inhumaine». Aussi savait-il à quoi s’en tenir quand il s’inquiétait, deux ans avant l’arrivée d’Hitler au pouvoir, de la montée des idées du national-socialisme et de l’exacerbation de la haine antisémite: «Le nationalisme ne sert à rien, écrivait-il, il engendre la haine, il ne sauvera pas l’Allemagne.»

Écrire. Jacques Decour fut en toute logique l’un des tout premiers intellectuels à entrer en Résistance, à participer à la création de journaux clandestins, sans pour autant cesser d’enseigner. Et il décida d’écrire sa Résistance. Les phrases sont ainsi des actes de courage et d’engagement – comme les armes à la main. Ses ennemis? Les nazis. Et les collabos, quels qu’ils soient. Il rappelait les premiers à leur histoire, Heine (le juif), Kant, Hegel, Goethe, etc., non sans s’étonner qu’elle ait pu produire le mal absolu. Il tançait les seconds sous les traits jaillis de sa plume, les Brasillach, Drieu, Chardonne, Jouhandeau, Bonnard, Fernandez, Fraigneau, etc.: «Vous avez choisi l’abdication, la trahison, le suicide. Nous, écrivains français libres, avons choisi la dignité, la fidélité, la lutte pour l’existence et la gloire de nos lettres françaises.» Dans "le Sage et le Caporal", paru en 1930, Decour lança cette injonction: «Il faut écrire ou vivre.» Il avait trente-deux ans le 30 mai 1942, quand les Allemands le fusillèrent, au mont Valérien, après des semaines d’attente et d’angoisse en prison. Quelques heures avant d’être passé par les armes, dans une lettre fascinante adressée à ses parents, il émit le vœu que ses élèves du lycée Rollin sachent combien il avait pensé, dans sa cellule, à la pièce de Goethe, Egmont, dont l’ultime tirade est: «Pour sauver ce que vous avez de plus cher, je tombe avec la joie, ainsi que je vous en donne l’exemple.»

Céline. Pendant ce temps-là, l’ineffable Patrick Buisson, ex-conseiller de Nicoléon et ancien porte-plume de l’Action française et de Minute, s’est associé à Lorànt Deutsch, pseudo-royaliste tendance histrion, pour publier le "Paris de Céline" (Albin Michel). Mais dans ce livre consacré à Louis-Ferdinand vous ne saurez rien, absolument rien, du Paris de l’Occupation, ni des écrits antisémites du collabo Céline ou encore des raisons qui poussèrent l’écrivain de Bagatelle pour un massacre à l’exil après sa condamnation à l’indignité nationale. Mieux, nos deux missionnaires y glorifient le brave docteur Destouches, toujours prompt à «soigner de son mieux un homme torturé par la Gestapo». Hélas, vous avez bien lu…

(1) Nous regrettons néanmoins les trop rares évocations au fait que Jacques Decour était communiste - son engagement de la première heure n'étant pas sans rapport... 

[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 30 novembre 2012.]

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Reportage: Morsi vacille, les Frères musulmans de plus en plus violents

8 Décembre 2012, 13:57pm

Publié par PCF Villepinte

- le 7 Décembre 2012

 

 

 

 

Le Caire (Egypte), envoyé spécial. Des dizaines de milliers d’Egyptiens manifestent ce vendredi soir devant le palais présidentiel après avoir coupé les barbelés installés par l’armée. Celle-ci ne bouge pas. Le référendum pourrait être reporté. Des affrontements avec les islamistes sont à craindre.

Plus de dix mille manifestants se trouvaient toujours, vendredi soir, devant le palais présidentiel dans la banlieue du Caire, après avoir coupé les barbelés installés par l’armée pour en barrer l’accès. Les soldats n’ont pas tenté d’empêcher la foule de s’avancer, se contentant de se rassembler devant les portes du complexe. Quelques hommes sont montés sur les chars pour fraterniser avec les militaires. Des jeunes ont cependant réussi à escalader les murs d’enceinte et se trouvent à l’intérieur du palais sans que l’on sache s’ils ont été neutralisés. Certains manifestants ont tagué des graffitis sur les murs extérieurs, proclamant « Dégage » à l'encontre du président islamiste.

Reporter le référendum

La foule compacte et pacifique a accueilli avec enthousiasme l’annonce faite par le ministre de la justice, Mahmoud Mekki, qui a indiqué que le président Morsi « pourrait accepter de reporter le référendum » si l'opposition garantit qu'elle ne remettra pas en cause la consultation à venir sur le motif que le scrutin doit se tenir, selon la loi, deux semaines après la présentation du texte au chef de l'Etat. Membre du Front national du salut (FNS), une coalition de partis d’opposition, a fait savoir que le Front allait examiner cette proposition qu’il a qualifiée de « pas positif ». De son côté, Mohamed ElBaradei a exhorté Mohamed Morsi « au nom de la conscience égyptienne » et faisant appel à son « patriotisme », à « retirer immédiatement la déclaration constitutionnelle et à reporter le référendum ». Le vote des Egyptiens de l’étranger, qui devait se dérouler ce samedi, a d’ores et déjà été repoussé au mercredi 12 décembre.

Des feux d’artifice ont été tirés devant le palais ainsi que sur la place Tahrir, où des milliers de personnes se trouvaient toujours. Mais la joie qui s’exprimait ne masquait pas les inquiétudes. Des dizaines de Frères musulmans se dirigeraient vers le palais, faisant craindre des affrontements sanglants, à l’instar de ce qui s’est passé dans la nuit de mercredi à jeudi où sept personnes ont trouvé la mort et plus de six cents ont été blessées. Tout comme aux abords de la place Tahrir, les manifestants ont dressé des barricades sur les routes menant au palais présidentiel, pour prévenir toute tentative des islamistes qui s’étaient rassemblés à quelques kilomètres de là, devant une mosquée du quartier de Nasser City. Des craintes fondées puisque ces mêmes islamistes ont tenté de pénétrer de force dans les studios de la Cité de la production médiatique égyptienne (EMPC), dans une banlieue du sud-ouest de la capitale. Des heurts ont éclaté et la police les a dispersés en tirant des gaz lacrymogènes. Hazem Abou Ismaïl, figure salafiste, avait appelé plus tôt dans la journée sur ses comptes Facebook et Twitter à participer à cette manifestation qui réclame « l'épuration des médias ».

Camouflet

Pour Mohamed Morsi et les Frères musulmans, ce qui est en train de se passer est un véritable camouflet. Jeudi, tard dans la soirée, les télévisions avaient retransmis un discours pré-enregistré du président dans lequel il appelait l’opposition à venir dialoguer ce samedi, tout en réaffirmant que le référendum se tiendrait le 15 décembre comme prévu. Une offre rejetée par l’opposition et le Mouvement du 6 avril des jeunes révolutionnaires. Les islamistes sont même lâchés par les grands imams d’Al-Azhar, principale autorité sunnite, qui ont demandé à Morsi de retirer sa déclaration constitutionnelle du 22 novembre, par laquelle il s’arrogeait les pleins pouvoirs. Les scènes qui se déroulent devant le palais présidentiel ne sont pas sans rappeler les derniers jours du régime de Moubarak. D’où cette question qui commence à parcourir les rues de la capitale: quelle va être l’attitude de l’armée? Certains pensent qu’un coup d’Etat militaire est en préparation.

Plusieurs sièges de la confrérie islamiste ont été incendiés dont le principal au Caire. Toutes les villes du pays sont en ébullition. A Mahallah, ville de l’industrie textile du Delta du Nil qui avait lancé la contestation contre Moubarak en 2008, les opposants auraient pris possession de la mairie. Mardi soir, les Frères musulmans avaient attaqué les manifestants avec des cocktails molotov et des armes, comme l’a fait savoir à l’Humanité.fr Hamdi Hussein, un syndicaliste. Dans cette même ville, une « coalition des ouvriers égyptiens » a été créée, qui se dit prête à suivre un mot d’ordre de désobéissance civile. « Morsi fait comme si nous n’existions pas. Il incite ses partisans à la violence. Maintenant, le sang a coulé », dénonçait Roula, sur la place Tahrir en début d’après-midi. « Nous ne nous battons plus seulement contre la Constitution mais contre Morsi ». Ce dernier va-t-il s’accrocher à son siège ? Il lui est en tout cas difficile de ne pas entendre ce que lui crient des centaines de milliers d’Egyptiens dans les rues du pays : « Dégage ! »

  • A lire aussi:

Les islamistes trahissent la révolution

George Ishaq: "Nous rejetons une constitution coranique"

Pierre Barbancey

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Débat: faut-il un aéroport à Notre-Dame-des-Landes ?

8 Décembre 2012, 13:52pm

Publié par PCF Villepinte

Politique - le 8 Décembre 2012

l'Humanité des débats Face à face

 

 

 

Face-à-face avec Aymeric Seassau, conseiller régional, secrétaire de la fédération du pcf de loire-atlantique. et François de Rugy, président du groupe europe écologie-les verts (EELV) à l’Assemblée nationale.


La controverse autour de la construction d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes a pris une dimension nationale. Qu’en est-il de l’utilité ou non d’un tel équipement pour le développement de la région ?

Aymeric Seassau. Au début des années 2000, la solution d’un aéroport pour le Grand Ouest est préférée à un troisième aéroport parisien. Dans l’opposition ou dans les majorités, les communistes ont construit un positionnement constant en faveur de ce nouvel équipement utile au désenclavement de l’Ouest et à son développement économique. Il permettra d’améliorer la qualité de vie dans une agglomération dynamique aujourd’hui survolée par les avions, puisque l’aéroport de Nantes, arrivant à saturation, sera transféré à Notre-Dame-des-Landes, au nord de la Loire, d’où proviennent trois usagers sur quatre. Avec deux ans d’avance sur les prévisions de trafic de la déclaration d’utilité publique, tout confirme la pertinence du dossier entré dans sa phase de réalisation.

François de Rugy. Des liaisons aériennes sont-elles utiles pour l’économie de l’Ouest ? Oui ! Un nouvel aéroport est-il indispensable pour développer ces liaisons ? Non : il existe, en plus de Nantes-Atlantique, des plates-formes aéroportuaires qui sont sous-utilisées, à Rennes, Angers, Saint-Nazaire… Nantes est le deuxième aéroport français pour les vols charters : de nombreux voyageurs viennent de tout l’Ouest y prendre leur avion pour leurs vacances. Cette spécialisation se fait au détriment des vols réguliers. En répartissant plus volontairement le trafic, c’est-à-dire en ne s’en remettant pas à la concurrence entre aéroports et aux seules règles du marché dictées par les compagnies, on pourrait optimiser l’existant et accompagner le développement du territoire. En période de difficultés économiques, ce devrait être la priorité. J’ajoute que les promoteurs du projet, en envisageant la fermeture de la piste actuelle de l’usine Airbus, jouent avec le feu et fragilisent ce site. Faire de ce débat une opposition caricaturale entre décroissance et développement, c’est mentir aux citoyens.

 

L’impact environnemental du projet polarise le débat. Ce chantier présente-t-il des atouts dans ce domaine ou, au contraire, constitue-
t-il une menace comme l’avancent ses détracteurs ?

François de Rugy. On tente de nous vendre l’idée d’un aéroport « écologique »: Vinci a même mis en ligne des images de synthèse du projet où tout est en vert ! C’est ridicule : la piste actuelle sera très probablement conservée pour Airbus. L’emprise de l’aéroport actuel ne serait donc ni rendue à la nature ni urbanisable ! Et on veut construire un autre aéroport – avec deux pistes ! – en zone humide, au prix d’un nouvel appauvrissement de la biodiversité. On nous dit que l’on va préserver 19 000 hectares d’espaces naturels en compensation. Où va-t-on trouver ces espaces ? Au détriment de l’agriculture ?

Aymeric Seassau. Le transport aérien ne compte que pour 3 % des émissions de gaz à effet de serre. Il ne s’agit pas de le développer à outrance mais de le déconcentrer et de construire la multimodalité avec les transports ferroviaires, fluviaux et maritimes. D’autre part, 2 000 hectares de terre sont consommés chaque année en Loire-Atlantique. Il y a urgence à libérer l’agglomération nantaise de l’emprise aéroportuaire actuelle pour accueillir du logement et de l’activité économique en lien avec la filière aéronautique. Tout en gardant une piste de fret pour Airbus, loger 15 000 personnes de plus dans l’agglomération, c’est économiser deux fois la surface de l’aéroport ! Il consommera certes 1 300 hectares mais, en marge du transfert, 19 000 hectares sont préservés entre Notre-Dame-des-Landes et l’agglomération… quinze fois plus.

 

Le mode de financement et de gestion de ce nouvel équipement est aussi controversé. La concession aéroportuaire pose-t-elle un problème à la collectivité ?

François de Rugy. En échange d’une concession exceptionnellement longue – 55 ans –, les collectivités prétendent ne verser à Vinci que des « avances remboursables ». Comme si Vinci, qui a fait près de 2 milliards de résultat net et distribué 280 millions à ses actionnaires en 2012, n’était pas capable de se financer auprès des banques ! En réalité, comme d’habitude, les risques sont pour le public, et le privé se réserve les bénéfices – garantis !

Aymeric Seassau. Il s’agit d’une délégation de service public d’État renouvelant la concession aéroportuaire, détenue auparavant par la chambre de commerce et d’industrie, et soumise par la loi à un appel d’offres remporté par Vinci. Le pays a besoin de constituer un grand groupe public de construction utile pour ce type d’équipement dont la réalisation et la gestion devraient être sous maîtrise publique à 100 %. Mais cela nécessiterait de sortir du carcan austéritaire de l’Union européenne que le gouvernement PS-EELV accompagne actuellement. Dans ce cadre, les communistes ont obtenu que l’engagement des collectivités se fasse sous forme d’avances remboursables, non révisables même en cas de surcoût, avec un retour sur investissement et un contrôle des comptes d’exploitation. Avec cet engagement responsable – 1 % de la capacité d’investissement des collectivités finançantes –, pas un euro d’argent public ne restera dans la poche de Vinci !

 

La commission du dialogue mise en place par le premier ministre peut-elle permettre de sortir du blocage actuel ?

Aymeric Seassau. La violence est insupportable et les populations de Loire-Atlantique ne veulent pas vivre en état de siège. Il faut retrouver le sens d’un dialogue libre, serein et responsable. Les mobilisations pacifiques sont légitimes, tout comme le sont les choix émis par les vingt-cinq collectivités partenaires où des majorités ont été élues en transparence quant à leur soutien au dossier. Parlons du fond et occupons-nous, par exemple, des 41 millions d’euros (10 % du coût de la plate-forme aéroportuaire) affectés aux mesures conservatoires et compensatoires environnementales.

François de Rugy. Il faut l’espérer, mais cela suppose à mon sens qu’elle travaille en toute transparence, dans le cadre d’une démarche contradictoire, sans tabou : qu’elle rencontre toutes les parties prenantes, quelles qu’elles soient. Que toutes les données de l’enquête d’utilité publique soient revisitées, à la lumière de la réalité d’aujourd’hui. Et, surtout, qu’aucune pression d’aucune sorte ne soit exercée sur la commission. Il faut notamment que les promoteurs du projet – qu’ils exercent des responsabilités locales ou nationales – prennent le recul nécessaire à une expertise menée en toute liberté par la commission.

 

A lire aussi:

Notre-Dame-des-Landes: la commission de dialogue prend son envol

Notre-Dame-des-Landes: les Verts au bord de l'implosion

Tous nos articles consacrés à Notre-Dame-des-Landes

Entretiens croisés réalisés par Sébastien Crépel

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Pierre Laurent : "Nous avons besoin des hauts fourneaux de Florange"

8 Décembre 2012, 13:50pm

Publié par PCF Villepinte

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ArcelorMittal: le rapport qui pousse le gouvernement à nationaliser Florange

7 Décembre 2012, 09:27am

Publié par PCF Villepinte

le 6 Décembre 2012

 

 

 

Rendu par Pascal Faure fin juillet, ce rapport consacré à "la filière acier en France et l'avenir du site de Florange" a servi de base à Arnaud Montebourg pour proposer la nationalisation temporaire de Florange. Ses conclusions sont encore plus d'actualité, après le retrait d'ArcelorMittal du projet Ulcos ce jeudi.

Dans cette étude commandée par le ministre du Redressement productif, Pascal Faure, vice-président du Conseil général de l’économie, de l’industrie, de l’énergie et des technologies, aborde deux scénarios possibles.

  • Dialogue stratégique avec Mittal

Le premier scénario, qui préconise un "dialogue stratégique entre l'Etat et ArcelorMittal pour établir, si possible, les bases d'une convergence d'intérêts", semble désormais dépassé, tant les doutes sont grands sur la faculté de Mittal de tenir les promesses de l'accord signé avec le gouvernement. 

François Hollande a beau assuré ce jeudi soir "ma responsabilité est de faire qu'il y ait un avenir pour Florange et tous les engagements qui ont été pris seront tenus. Ce qui a été engagé aussi pour faire que ce projet Ulcos voit le jour auprès de l'Europe sera mené à bien, j'en fais ici la promesse", on est loin aujourd'hui du plan stratégique décrit par le rapport, qui "devra déboucher sur des engagements en matière d’investissements, en particulier sur le site de Florange, et sur des engagements en matière de R&D et organiser des relations plus étroites et régulières entre l’Etat, les territoires, le groupe et ses salariés."

  • Ou évolution de l'actionnariat

L'étude rendue par Pascal Faure propose dès lors de passer à un second scénario: "Une évolution de l'actionnariat". Soit l'arrivée d'un nouvel investisseur capable de prendre la suite de Mittal, qui s'appuierait "sur un projet industriel de long terme prenant en compte les priorités d’intérêt général", et "non dans une optique spéculative de court terme". Dès fin juillet, le rapporteur note que "des acteurs économiques se sont manifestés auprès des pouvoirs publics pour signaler leur disponibilité à étudier une telle hypothèse".

Les Echos puis le Républicain Lorrain ce mercredi ont révélé que deux "poids lourds" de sidérurgie mondiale, le belge CMI et le russe Severstal, étaient prêts à reprendre le site ArcelorMittal de Florange. Le quotidien lorrain pense que la partie n'est pas finie: "Severstal pourrait prendre sa revanche. En 2006, l’aciériste russe avait échoué à contrecarrer l’OPA hostile de Mittal sur Arcelor. Les cartes pourraient être rebattues si Ulcos n’était pas attribué à Florange le 20 décembre ou si Mittal donnait un coup de canif dans le contrat passé avec Matignon", conclut-il. Ce qui s'est passé ce jeudi.

  • La reprise de Florange

Pour le rapport Faure, une reprise seule de Florange est possible mais est soumise au maintien des liens industriels avec les autres sites d'ArcelorMittal en France. L'étude préconise une reprise de l'ensemble des activités d'ArcelorMittal en France. "Elle impliquerait de construire l’avenir sidérurgique du pays en s’appuyant sur les complémentarités des différents sites de production, notamment Florange, Fos et Dunkerque. Cette solution permettrait ainsi de constituer un groupe autonome à une échelle suffisamment importante: le groupe disposerait en effet d’une capacité de production d’acier brut de 14,3 million de tonnes, ce qui en ferait le deuxième sidérurgiste européen juste derrière ThyssenKrupp (avec 17,5 Million de tonnes)".

"Une telle solution serait soumise en partie aux mêmes aléas qu’une solution impliquant Florange seule (difficultés de commercialisation, achats, etc...), tout en offrant une surface qui facilite leur résolution", souligne le document.

  • Les Etats européens reprennent la main

Le document pointe une troisième solution, jugée plus cohérente. La reprise des activités sidérurgiques d'ArcelorMittal "en Europe ou, au minimum sur un nombre significatif d'Etats européens". "Dans une telle hypothèse, l'option la plus naturelle serait un retour à la situation où les différents Etats étaient présents au capital du groupe. Une telle option laisserait le temps aux Etats concernés de chercher ou de susciter un opérateur industriel commun", note le rapport, qui évoquait déjà, à sa publication cet été, des "travaux d’ores et déjà engagé par le ministre du Redressement productif auprès des gouvernements wallons et luxembourgeois".

Pascal Faure préconise "un dialogue intergouvernemental sur la filière sidérurgique", "préalable indispensable à tout plan d’action à cette échelle. "Si la France, la Belgique et le Luxembourg ont été dernièrement les plus immédiatement affectés, l’ensemble des pays de l’Union Européenne où s’est implanté le groupe pourrait à terme être fructueusement impliqué dans ces discussions (notamment l’Allemagne, l’Espagne, la Pologne, la République Tchèque et la Roumanie)."

 

  • A consulter:

Nationaliser, une solution de plus en plus demandée

Florange: La nationalisation relancée par le retrait de Mittal du projet Ulcos

Stéphane Guérard

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Climat : l’air chaud va-t-il faire griller Kyoto II ?

7 Décembre 2012, 09:22am

Publié par PCF Villepinte

le 7 Décembre 2012

 

  

 

Les négociations climatiques doivent s’achever ce vendredi à Doha. Un sujet enflamme 
toujours les débats : celui des 13 milliards de tonnes de CO2 en surplus sur le marché.

Il devrait être, avec les questions financières, l’une des clés par lesquelles se boucleront (ou pas) les négociations sur la reconduction du protocole de Kyoto (PK). L’air chaud – ou autrement nommé l’enjeu de l’intégrité environnementale – a refait surface à Doha, où la 18e conférence des parties de l’ONU sur le changement climatique (COP18) est en passe de s’achever.

L’air chaud, ce sont tous les permis d’émettre des gaz à effet de serre non utilisés à l’heure où la première période du protocole de Kyoto s’achève, c’est-à-dire maintenant (le 31 décembre 2012 pour être précis). Selon les calculs, il resterait près de 13 milliards de tonnes équivalent carbone (tèqCO2) en surplus, soit 13 milliards de quotas carbone échangeables sur le marché du même nom. La question est : qu’en faire ? Les détruire, comme le préconisent les pays en développement ? Ou les reconduire dans la deuxième période du PK, comme le revendiquent certains pays industrialisés?

Quand, en 1997, fut signé le protocole de Kyoto, c’est la deuxième option qui avait été retenue. Il s’agissait, alors, de promouvoir une action de réductions d’émissions ambitieuse. « Sauf qu’aujourd’hui, ce stock n’est pas le fruit de réductions effectives, mais le résultat d’un jeu comptable », explique Célia Gautier, du Réseau Action Climat France (RAC). Dès le départ, a été attribué aux pays un nombre de crédits correspondant à leurs objectifs de réduction de GES. Mais, dès le départ, ces objectifs étaient bas, voire biaisés. La Pologne, par exemple, s’était engagée à réduire ses émissions de 6 % par rapport à 1988. « Et cela en dépit du fait que, en 1997, ses émissions étaient déjà d’environ 20 % en dessous des niveaux de 1988 », résultat de la désindustrialisation massive survenue après la chute du mur, note ainsi le RAC. Idem pour la Russie, qui détient actuellement 5,6 milliards de tonnes d’air chaud, et revendique de pouvoir continuer à les utiliser… sans pour autant se réengager dans Kyoto.

Objectifs si faibles

Outre qu’un effondrement économique peut difficilement être mis au compte de la lutte climatique, le surplus ainsi engendré pourrait venir plomber l’efficacité – déjà critique – d’une deuxième période du protocole de Kyoto, alertent pays du Sud et ONG. Les objectifs avancés (– 20 % pour l’Europe, – 5 % pour l’Australie, seules prêtes à se réengager) sont déjà si faibles, qu’elle devrait déboucher sur un excédent de 3 à 10 milliards de tonnes de CO2. Ajoutez, donc, les 13 milliards issus de la première période, et le protocole n’aurait plus d’effet (rappelons qu’un crédit carbone = un droit d’émettre 1 tèqCO2). Côté marché, la quantité de crédits serait telle que les États n’auraient plus à mettre en œuvre de politique de réduction de gaz à effet de serre.

Le même problème, en outre, se poserait au moment de s’engager dans le futur accord mondial décidé l’an dernier à Durban (a priori en 2020). Une perspective apte à en faire capoter les négociations, quand les poids lourds que sont la Chine ou l’Inde attendent des signaux forts de la part des pays industrialisés avant de s’engager à des réductions importantes. La Chine avait proposé de constituer, avec cet air chaud, une réserve internationale, utilisable en cas de besoin, par les États les plus ambitieux, et que l’on aurait détruite à l’issue de la deuxième période du protocole de Kyoto. Le compromis a été rejeté. Reste à voir ce qui se jouera au cours des dernières heures de négociations. La Pologne, candidate pour accueillir la prochaine conférence, est attendue au tournant. L’Union européenne aussi, dont on attend, au minimum, qu’elle décide de porter ses ambitions de réduction de gaz à effet de serre à 30 %. Cela aurait deux avantages : limiter les dégâts et donner le fameux « signal fort » tant attendu.

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Le début de la fin pour le protocole de Kyoto?

Marie-Noëlle Bertrand

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