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Comment le CAC 40 essaie de tirer son épingle du jeu

10 Août 2012, 07:07am

Publié par PCF Villepinte

Social-Eco - le 8 Août 2012

profits

 

 

Sur les 31 sociétés ayant déjà publié leurs résultats, 29 sont bénéficiaires et 15 affichent des résultats en progrès. Décryptage de leurs stratégies  pour préserver les profits, rémunérer le mieux possible les actionnaires, et leurs conséquences.

« Les groupes du CAC 40 rassurent », titrait hier le quotidien des affaires les Échos. Effectivement, dans un contexte économique tourmenté, marqué par la crise en zone euro, les principaux groupes français parviennent malgré tout, pour nombre d’entre eux, à tirer leur épingle du jeu au 1er semestre de cette année. Qu’on en juge. Sur les 31 sociétés ayant déjà publié leurs résultats, 29 sont bénéficiaires et 15 affichent des résultats en progrès. Le cru 2012 s’annonce certes inférieur à celui de 2011 (34 milliards d’euros pour ces 31 sociétés contre 40 milliards en 2011) mais supérieur à la récolte 2010 (32 milliards). Comme à l’habitude, le groupe pétrolier Total a décroché la médaille d’or des profits avec 5,3 milliards d’euros obtenus au cours de ces six premiers mois. Si son résultat est en recul, c’est en raison notamment de la baisse des cours du pétrole. Certes, en 2011, il avait pu afficher un bénéfice plus élevé, de 6,7 milliards, mais au final, il parvient à obtenir un résultat équivalent à celui des six premiers mois de 2010. Il est suivi par le groupe bancaire BNP Paribas (4,7 milliards), Sanofi-Aventis (3 milliards), EDF (2,8 milliards), Axa (2,6 milliards), GDF Suez (2,3 milliards), France Télécom et LVMH (1,7 milliard)...

Le top du top des progressions est réalisé par le roi du médicament, Sanofi-Aventis, qui accumule un résultat de 3 milliards d’euros, en hausse de 774 millions et de 35 % par rapport à la même période de 2011. Mais cette profitabilité récurrente du géant pharmaceutique tient au fait qu’il prospère sur un marché administré, soutenu par des systèmes publics de santé. Autre groupe qui bénéficie d’un environnement particulier, LVMH, dont le bénéfice croît de 371 millions d’euros et de 28 %. Le luxe résiste bien à la crise !

Attention, cependant, aux sociétés qui affichent des bénéfices en baisse car il y a des reculs très relatifs. Ainsi, chez GDF Suez le bénéfice net part du groupe s’élève à 2,3 milliards d’euros contre 2,7 milliards au 1er semestre 2011, mais celui-ci était « boosté » par 595 millions d’euros de plus-values.

Ces résultats interviennent dans un contexte guère favorable. Toutes les grandes organisations internationales, la Commission européenne, l’OCDE, le FMI s’inquiètent de l’évolution de la croissance dans le monde. À la mi-juillet, le Fonds monétaire international a révisé à la baisse ses prévisions. Il annonce que dans la zone euro « la croissance du PIB (...) devrait être de 0,3 % en 2012 et de 0,9 % en 2013 ». En France, elle stagnerait, n’augmentant que de 0,3 % en 2012 et de 0,8 % en 2013. Phénomène nouveau, le PIB décélère en Chine, en Inde, au Brésil, en Afrique du Sud, même s’il continue de s’afficher à 7, 8, ou 10 %.

Quels sont les « trucs » des cracks du CAC ?

Quels sont donc les « trucs » des cracks du CAC pour tenter de s’en sortir au milieu de cette crise de leur propre système, provoquée par leurs propres choix de gestion et par le soutien que leur accordent les gouvernements des grands pays capitalistes ? lls sont variés mais ont tous un objectif commun : réduire le coût du travail (pressions sur les salaires et réductions d’emplois) afin de redresser la rentabilité des capitaux.

Tous les groupes du CAC essaient d’accroître leurs implantations aux États-Unis et chez les émergents, mais ils s’internationalisent le plus souvent en réduisant leurs activités et leurs emplois en France et en Europe au lieu d’en faire un moyen de développement partagé. PSA Peugeot Citroën et Renault en sont l’illustration la plus éloquente. Hélas, ils ne sont pas les seuls. Sanofi-Aventis a racheté la société américaine de biotechnologies Genzyme pour plus de 15 milliards d’euros et, en parallèle, entend réduire ses effectifs dans la recherche en France.

des stratégies avec des effets désastreux

Fin juin 2012, GDF Suez a finalisé sa mainmise sur International Power, société énergétique britannique en s’endettant et en cédant des filiales. EDF vient de s’emparer de l’italien Edison, Axa se développe à Hongkong, en Chine, à Singapour, au Mexique. Pour réduire une dette contractée à l’occasion d’opérations financières du même acabit, Veolia Environnement veut céder sa filiale de transport, Transdev. Cette stratégie a des conséquences désastreuses en France et en Europe. Les plans de restructuration, les suppressions d’emplois se multiplient. Le gouvernement, la majorité de gauche ont les moyens de s’y opposer. Des projets de loi interdisant les licenciements boursiers sont avancés. Un arsenal législatif peut être mis en place, par exemple en assortissant les aides publiques à des contreparties en matière d’emploi. Beaucoup va cependant dépendre de la mobilisation des salariés et des populations.

Pierre Ivorra

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"Une révolution est culturelle ou ne l'est pas".

10 Août 2012, 07:02am

Publié par PCF Villepinte

Monde - le 9 Août 2012

 

 

 

Chroniques vénézuéliennes, par Jean Ortiz. A deux mois des élections présidentielles, état des lieux du Venezuela treize années après l'arrivée au pouvoir de Hugo Chavez. Aujourd'hui, Poète : vos papiers !

Sauf dans les ministères et édifices officiels, on ne nous a jamais demandé nos papiers... pas plus que le soir devant la télé lorsque nous cherchions parmi la multitude de chaînes (et beaucoup de télé poubelle), les chaînes chavistes... Quelques unes... et encore assez "amateurs".

Nous laisserons donc aux journalistes "neutres et objectifs" le soin d'être fliqués. Je me suis même présenté comme le neveu de Napoléon, vu que le "candidat de la bourgeoisie" se présente comme un descendant de Bolivar... Du cheval peut-être ajoute malicieusement Miriam. Nous avons rencontré beaucoup de poètes, aucun précarisé voire clochardisé... Tous planqués !

Andrés Mejias, profession poète, est payé en tant qu'animateur culturel. Petit et bourru, assez intello, il est entré au PSUV et en est ressorti un peu amer. Pas assez de "définition". Il trouve le moment passionnant, "un moment de radicalisation de la démocratie participative et d'accélération de la mise en place du "pouvoir populaire". Le transfert du pouvoir au peuple. Dans le passé, il a voté communiste. Le "pouvoir populaire", il y croit. "C'est la seule façon de démonter définitivement les mécanismes de l'oppression et de l'exploitation inhérents au capitalisme, de dépasser les formes de l'Etat bourgeois".

Chavez a dit: "Une révolution est culturelle ou ne l'est pas". Donc Andrés et ses copains l'ont pris au mot, mais "la culture en révolution, c'est très complexe !" Le gouvernement permet désormais l'accès massif à la culture, à la lecture (distribution de livres gratuits, ateliers...) 82% de la population lit et comme la presse écrite est à une écrasante majorité hostile... Les Vénézuéliens ne doivent pas apprendre par cœur "La Pravda"!

52% d’entre eux lisent des livres… "de propagande doit-on dire chez vous". "Don Quichotte" et "Les Misérables" ont été tirés à des millions d'exemplaires et offerts gratuitement à la population. Ce bourrage de crâne est insupportable ! "Avant, publier un recueil poétique relevait du calvaire...Aujourd'hui les poètes tirent à 3000 exemplaires minimum". Un processus de transformation culturelle secoue le pays... Il oblige à des remises en question, à bousculer les clichés, la lecture de l'histoire.

A l'intérieur des savanes nous avons assisté à San Juan, à des "joutes poétiques" improvisées, en chanson, par deux  paysans chercheurs, entourés d'une centaine de complices, qui riaient, applaudissaient, chahutaient, sous l'œil bien entendu des commissaires politiques du régime !

Il y des jours où des coups de pieds au cul se perdent!  Bientôt la France, son "référendum révocatoire" comme ici, inscrit dans la Constitution, sa souveraineté nationale (un budget soumis à "l'étranger"...) Nom de Dieu, l'eurocentrisme... "Vous êtes le centre du monde!", sourit Andrés. Il pleut.

Jean Ortiz

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Réforme agraire au Venezuela : "Cette terre, je ne la rendrai pas"

9 Août 2012, 06:38am

Publié par PCF Villepinte

German nous reçoit chez lui

Monde - le 8 Août 2012

 

 

 

 

Chroniques vénézuéliennes, par Jean Ortiz. A deux mois des élections présidentielles, état des lieux du Venezuela treize années après l'arrivée au pouvoir de Hugo Chavez. Aujourd'hui, une rencontre avec un paysan au sein d'une coopérative.

 A Santa Barbara, Etat de Barinas, nous arrivons chez un vieux lutteur paysan, German Gustavo Pernia Vera. La réforme agraire, il l'a payée de son sang et de sa sueur. La révolution bolivarienne ne sort pas du néant. Le bolivarianisme a, au Venezuela, des racines nationales profondes. German se souvient que, lors du Coup d’État d'avril 2002, les putschistes antichavistes suspendirent les droits et les libertés constitutionnels, et enlevèrent le portrait du Libertador du Salon Ayacucho du Palais présidentiel.

German a enfin une petite parcelle de 48 hectares au sein d'une coopérative. Cette terre, il l'a acquise de haute lutte. Ici, les grands propriétaires, encore majoritaires, faisaient la loi. Avec plus de 400 personnes, pendant des mois, German a occupé les terres de "latifundios" improductifs, notamment la propriété "Los Olivos" (1 700 hectares). La lutte fut très dure. Un véritable "bochinche" (elle fit du tapage).
Le gouvernement chaviste a exproprié une partie des terres de la famille Azuaje (3179 hectares sur 9700); il y a installé 16 coopératives, dont celle de German. Aujourd'hui, l'article 35 de la "Loi de la terre" "favorece al campesino" (aide le paysan). German nous reçoit dans sa maisonnette modeste, et a préparé de "l'agua canela" (eau de cannelle) pour les camarades français.

"Chavez tiene mucho que dar todavia" (a encore beaucoup à donner). "Tu sais, il ne part pas d'un dogme, il cherche des solutions, il ose." Le salaire moyen vénézuélien équivaut aujourd'hui à environ 407 $. La nouvelle "loi du travail" (1er mai 2012) interdit le travail contractuel. "Grâce à des crédits à 1%, je peux acheter des semences, les engrais, du matériel. Je souhaite que Chavez soit réélu jusqu'à '2000-siempre' (2000-toujours). Mais, si par malheur, nous perdions un jour les élections, moi, je ne rendrai jamais cette terre. Il faudra venir me déloger à la pointe du fusil. Je la défendrai, avec la 'correa bien puesta' (avec mes tripes). Ici, il n'y aura pas de retour en arrière."

"Je fais partie du 'Comando Carabobo' (Carabobo: victoire de Bolivar sur l'armée colonisatrice espagnole, symbole de l'indépendance du pays) de notre campagne électorale. Je n'oublie pas que la lutte a été et reste dure. Les grands propriétaires ne rêvent que de revanche. Ils proposent de racheter à prix d'or les terres de tel ou tel paysan hésitant. Ils paient des hommes de main. Alors, 'pa'alante!' (En avant!)".

"J'ai appelé ma petite propriété : 'Parcelle La lutte'. Tu comprends?"

Jean Ortiz

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Zebrock, chef d’orchestre 
de projets musicaux et militants

8 Août 2012, 06:27am

Publié par PCF Villepinte

@Patrick Nussbaum

Médias - le 7 Août 2012

fête de l'Humanité 2012

 

L’association s’investit toute l’année pour promouvoir la musique auprès des jeunes Franciliens... et présente ses découvertes 
à la Fête de l’Humanité.

Le zèbre de l’association 
Zebrock dispose de sa propre scène dans la ville éphémère du parc de La Courneuve depuis cinq ans. La programmation combine personnalités connues et artistes émergents. Ainsi, les lauréats du Grand Zebrock, le tremplin pépinière de talents, s’y produisent pour conclure en beauté une année de travail pendant laquelle ils ont été soutenus par l’association. Car le zèbre originaire de Seine-Saint-Denis ne sort pas ses rayures que pour la Fête de l’Humanité.

« Nous sommes avant tout une association d’éducation populaire dans le champ musical », explique Edgard Garcia, directeur de l’association. Militant de l’accès à la culture pour tous, Zebrock construit ses projets selon trois grandes lignes directrices. Avec « Zebrock au bahut », l’association initie chaque année 1 500 élèves de Seine-Saint-Denis et d’Île-de-France à la culture musicale française. Au fil des pages colorées de leur livret pédagogique se déroulent des chansons de Charles Trénet, de Jacques Dutronc mais aussi d’IAM et de 
Dionysos, en passant par celles de Julien Clerc ou de la Mano Negra. Chaque chanson est mise en perspective selon le contexte de l’époque, et textes et mélodies sont décryptés. Se rajoutent à cela des rencontres avec des artistes, la participation des élèves à un site Internet... «Nous cherchons à provoquer des envies musicales chez les collégiens et lycéens, mais aussi à développer une pédagogie innovante pour favoriser la réussite scolaire », souligne Edgard Garcia.

Deuxième axe de travail, le Grand Zebrock : dix jeunes groupes franciliens sont choisis chaque année parmi 250 candidatures. « Ensuite nous les soutenons : ils rencontrent des professionnels de la musique, ils travaillent avec d’autres groupes, ils se créent un réseau », détaille Edgard Garcia. Zebrock crée un terreau fertile à la création musicale et offre la possibilité à des musiciens amateurs de pratiquer leur art dans des conditions professionnelles.

Enfin, Zebrock met en place de nombreux projets militants autour de la musique « qui reste un objet de débats, de discussions et de recherches », rappelle Edgard Garcia. L’association a par exemple initié le tournage du film 93 la belle rebelle, retraçant cinquante ans d’histoire musicale en Seine-Saint-Denis. En 2012, Zebrock a aussi engagé un grand travail autour de Woody Guthrie, le chanteur folk américain protestataire, pour le centenaire de sa naissance. Seb Martel lui rendra d’ailleurs hommage en interprétant ses chansons le samedi 15 septembre à 19 heures sur la scène Zebrock.

Lors de la Fête de l’Humanité, l’association fait logiquement la part belle aux jeunes talents sur sa scène. W.E.T., les lauréats énergiques du Grand Zebrock 2012, joueront dès le vendredi 14 septembre. Les deux autres finalistes, Yas & The Lightmotiv et 3 Minutes sur mer, seront aussi de la partie, ainsi que l’électro woman Madame Dame, prix spécial du Grand Zebrock 2012. Au programme également des concerts de chanson, de hip-hop, de rap... Et Edgard Garcia de sourire fièrement : « J’ai entendu dire que certains habitués de la Fête de l’Huma regardent la programmation de notre scène Zebrock avant celle de la grande scène!»

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Lola Cloutour

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Taubira appelle à cesser l'enfermement à tout crin

8 Août 2012, 06:25am

Publié par PCF Villepinte

Politique - le 7 Août 2012

Justice des mineurs

 

 

La ministre de la Justice Christiane Taubira a exprimé son scepticisme quant à l’efficacité des centres éducatifs fermés, et plus généralement face à la politique sécuritaire et répressive menée par l’ancien gouvernement.

Il faut sortir du « fantasme » selon lequel les Centres Educatifs Fermés (CEF) constituent « la » solution en matière de délinquance juvénile, a déclaré Christiane Taubira  dans un entretien accordé à Libération mardi 7 août. La Garde des Sceaux a par ailleurs indiqué avoir arrêté la transformation de 18 foyers en CEF et avoir lancé une inspection d'évaluation sur ces centres. Elle semble donc s’éloigner de la position du président socialiste qui, lors de sa campagne, avait promis de doubler le nombre de ces centres constituant une alternative à la prison, actuellement porté à 42. Rappelons que cette mesure figurait également, à peu de choses près, dans le programme du candidat Sarkozy (à la seule différence que dans le programme socialiste, les CEF n’étaient pas censés remplacer les autres structures d’accueil).

  • Contre la récidive, enfermer n'est pas la solution

 Christiane Taubira a pointé les effets néfastes du système d’enfermement répressif mis en place par l’ancien gouvernement, en se montrant très critique envers les courtes peines de prison, en grande partie responsables selon elle de la surpopulation carcérale et du taux important de récidive des délinquants. « Il y a des années qu'on sait que la prison sur les courtes peines génère de la récidive, c'est presque mécanique. Il faut arrêter ! Ca désocialise, ça coûte cher et ça fait de nouvelles victimes », a-t-elle fait valoir. Mais contrairement à ses prédécesseurs, elle ne préconise pas, pour résoudre ce problème, d’augmenter toujours plus les constructions d’établissements. Elle appelle plus généralement à la recréation  d’ « une politique pénale qui, sur la base de la lutte contre la récidive, fait de la pédagogie autour de la sanction », et insiste sur la nécessité de  rétablir des effectifs d’encadrement suffisants, notamment dans les SPIP (services pénitenciers d’insertion et de probation), et chez les juges d’application des peines.

  • Réconciliation avec les syndicats du monde judiciaire

Elle rejoint donc les revendications des principaux acteurs du monde judiciaire et pénitentiaire, tels que le Syndicat de la Magistrature et le SNES-PJJ-FSU (Protection Judiciaire de la Jeunesse). Ces derniers ont en effet continuellement dénoncé, ces dernières années, l’inefficacité et les dangers liés aux lois répressives mises en place par la droite au coup par coup et sans concertation, notamment dans le domaine de la justice des mineurs. « Nous souhaitons la disparition pure et simple de ces structures [les CEF, -Ndlr], qui ne sont qu’une solution plus présentable que la prison pour assumer l’augmentation des condamnations liées à la création du tribunal correctionnel pour mineurs », avait confié Michel Faujour, membre du bureau national du SNPES-PJJ, au moment de l’annonce de campagne de Hollande. Si la position de la Garde des Sceaux suscitera sans nul doute quelques réactions dans le camp socialiste, elle aura du moins le mérite de rétablir les conditions d’un dialogue social apaisé.

  • Lire aussi:

Suppression des tribunaux correctionnels pour mineurs : les juges pour enfants soutiennent Taubira

La justice des mineurs doit-elle changer ?

La justice des mineurs réhabilitée

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L’Université au Venezuela et la "déyanquisation" des esprits

8 Août 2012, 06:22am

Publié par PCF Villepinte

Monde - le 7 Août 2012

 

 

Chroniques vénézuéliennes, par Jean Ortiz. A deux mois des élections présidentielles, état des lieux du Venezuela treize années après l'arrivée au pouvoir de Hugo Chavez. Aujourd'hui : "Etudiants en révolution."

La révolution a pris à bras le corps la question universitaire (formation initiale et continue), pour en faire une priorité nationale. Simon Bolívar disait: "un être inculte n'est pas complet". Le chavisme a d'abord multiplié les "missions" (politique d'urgence, qui tend à devenir une politique tout court) et engagé une démocratisation indéniable de l'enseignement supérieur. Selon Andrés Pérez, universitaire et syndicaliste de la centrale bolivarienne, "la démocratisation se heurte encore aux vieilles structures, aux mentalités d'ancien régime (la Quatrième république), et à la résistance de l'opposition forte à l'UCV, Université Centrale du Venezuela, université principale, avec 52 000 étudiants, comme à l'Université Simón Bolívar".

Les étudiants de ces universités gratuites publiques sont encore majoritairement d'origine bourgeoise et petite-bourgeoise. Ils considèrent le chavisme comme une idéologie totalitaire, qui veut laver les cerveaux... plutôt lents dans ces couches.

Nous avons rencontré Ana Acevedo, étudiante en Licence d'anthropologie à l'UCV: "Le recrutement social tend aujourd'hui à s'élargir, et l'origine sociale à devenir plus populaire". L'université publique, selon elle, reste dans l'ensemble dénuée d'esprit critique, et figée sur des programmes cinquantenaires. Ana dispose d'une bourse suffisante pour vivre.

Afin d'optimiser la démocratisation, le gouvernement a ouvert des universités bolivariennes, décentralisées, revendiquant des contenus et un enseignement novateurs. Elles ont fait exploser les inscriptions (augmentation de 300%), et le nombre d'étudiants, de 18 ans à 90 ans, est impressionnant. Pour les "escuálidos" (on appelle ainsi les membres de l'opposition: "les trois fois rien"), Chavez embrigade le pays. La campagne d'alphabétisation en a quasiment fini avec l'analphabétisme. Un premier bilan du fonctionnement de l'UBV (Université Bolivarienne du Venezuela) permet de confirmer la formation d'esprits critiques, une massification irrécusable, mais qui nécessite encore des efforts qualitatifs. Selon Ana, "les jeunes diplômés n'ont pas de problème de chômage et trouvent rapidement du travail". Sortir de l'UBV donne un débouché quasi certain.

L'apport le plus important de ces révolutions éducatives, culturelles, après avoir longuement discuté avec des collègues, nous paraît être la "déyanquisation" des esprits, la réappropriation d'une histoire, l'estime de soi, la fierté recouvrée pour un ancrage national, pour un processus patriotique. Ici, ce mot n'a aucune connotation négative; le processus est inédit, endogène, et ne ressemble à aucun modèle existant ou ayant existé.

Jean Ortiz

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Michelle Demessine appelle à la libération des 95 journalistes emprisonnés en Turquie

7 Août 2012, 07:02am

Publié par PCF Villepinte

Manifestation suite à l'assassinat d'un journaliste turco-arménien abattu à Istanbul

Politique - le 6 Août 2012

 

 La sénatrice Michelle Demessine (PCF) a écrit ce lundi au chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, pour dénoncer les intolérables atteintes à la liberté de la presse en Turquie. L’élue communiste réclame des mesures pour "la libération de 95 journalistes actuellement emprisonnés" dans ce pays.

"Près de cent journalistes sont actuellement emprisonnés dans les prisons turques pour avoir exercé leur métier et bien souvent en voulant rendre compte de la répression en cours dans ce pays à l'encontre du peuple kurde", écrit-elle. Ces journalistes sont détenus dans des conditions indignes, au nom de la loi antiterroriste, puisque dénonçant les crimes commis contre les Kurdes cela fait d’eux les soutiens d’une organisation terroriste.

"Aux portes de l'Europe et a fortiori dans un pays entré dans un processus d'adhésion à l'Union européenne, ce bâillonnement des journalistes (...) est une atteinte inquiétante à la démocratie", ajoute la sénatrice PCF. D’autant qu’Ankara reste sourde aux condamnations répétées de la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour violation de la liberté de la presse... "Je vous prie de bien vouloir m'indiquer Monsieur le ministre, les mesures entreprises par la France notamment au sein de l'Union européenne pour la libération de 95 journalistes actuellement emprisonnés en Turquie", conclue Michelle Demessine.

Le Comité pour la prévention de la torture (CPT), organe du Conseil de l’Europe, a d'ailleurs récemment inspecté plusieurs prisons turques détenant 
des indépendantistes kurdes pour vérifier les dénonciations de leurs mauvais traitements, mais n'a pas encore rendu public ses conclusions.

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Esprit olympique, es-tu là ?

7 Août 2012, 06:56am

Publié par PCF Villepinte

 
Les jeux Olympiques ne sont-ils devenus qu’artefacts et purs spectacles d’un rêve éventé?
«Le sport va chercher la peur pour la dominer, la fatigue pour en triompher, la difficulté pour la vaincre.» Faut-il donc en appeler à Pierre de Coubertin pour se demander si la glorification de la geste sportive consiste uniquement à la soumettre à la nécessité épique des épreuves, à leur indéfectible incertitude, aux exploits insoupçonnés et aux détresses intimes? À chaque déification sportive, démesurément mise en scène par l’hyper-bulle économico-médiatique, nos interrogations ressurgissent. Plus grands? Plus chers? Moins humains? En somme: esprit olympique, es-tu encore là?

A l’heure où va scintiller la flamme des jeux Olympiques de Londres, brûlant tous les feux cathodiques en mondovision, nous aurions toutes les raisons de nous détourner de ce spectacle outrageant de puissance communicative, penser qu’il n’est plus qu’un théâtre désenchanté par l’appât du gain immédiat, l’antre piétiné d’une humanité ayant perdu le sens de son symbole suprême, jadis nommé «monde amateur», renvoyé depuis aux calendes grecques, squatté par des héros qui, pour beaucoup, ne méritent plus notre mythification…

Au stade suprême de l’hyper-spectacularisation des compétitions, le sport a cessé d’être ce terrain d’expérimentation du néolibéralisme qu’il était encore dans les années quatre-vingt, pour se transformer en une puissance capitaliste à part entière! Témoins directs d’une époque de métamorphose des corps et de fabrication d’hommes-machines à performer, soumis au biopouvoir et à la technoscience, nous avons vu le sport se marchandiser à outrance. Là aussi les actionnaires ont peu à peu remplacé les techniciens aux survêts à pattes d’éléphant. Le bien-être physique et collectif des individus s’est progressivement effacé derrière la musculation des investissements financiers.

Les jeux Olympiques ne sont-ils devenus qu’artefacts et purs spectacles d’un rêve éventé? En pleine crise mondiale, les JO coûteront à la Grande-Bretagne la bagatelle de 30 milliards d’euros en tout, très au-delà du budget prévisionnel, mais surtout vingt à trente fois plus que ceux de Barcelone en 1992… L’universalité des Jeux devrait ne pas avoir de prix: elle a un coût. De sorte qu’il nous faut probablement appréhender le sport – même surélevé de son «esprit olympique» – pour ce qu’il est désormais. Une fable à morale ambiguë où la naïveté n’a plus sa place, mais aussi l’expression d’une vaste utopie dévoyée qui nous renseigne sur l’état de nos sociétés. Un peu comme si l’exigence de crédibilité du sport n’était qu’une condition subjective de la confiance commerciale qui repose sur ses épaules ; comme si, des chaînes des usines à la généralisation de la compétitivité, les hommes étaient soumis à un esclavage unique: l’accroissement indéfini de leur productivité. Et plus la productivité est compétitive, plus elle se consomme!

Le sport reste un monde en réduction qui crée des personnages à sa démesure. Et nous, que voulez-vous, hantés par une passion singulière, nous aimons ces hommes et ces femmes, surtout quand ils osent revendiquer une philosophie alternative de leurs pratiques comme l’un des moteurs émancipateurs de l’humanité… Le sport avait-il besoin de la globalisation d’abord, de la marchandisation folle ensuite, pour sombrer dans le produit du modèle anglo-saxon? Ce système artificiel, absurde et inégalitaire, a pour principe la financiarisation de toutes les activités humaines. Le légitime intérêt du public
pour les performances de «nos héros» aux Jeux suppose un affrontement loyal. Les capitaux et la loi des sponsors devraient être exclus de cette histoire universelle

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Les socialistes auront-ils le courage de s’affranchir des contraintes du libéralisme ?

6 Août 2012, 09:51am

Publié par PCF Villepinte

 

Désormais au pouvoir, le PS a une responsabilité considérable
Mots clés : ps, austérité, libéralisme,

Par Yvon Quiniou, philosophe.

 

On ne peut que se réjouir de la large victoire de la gauche : elle met fin au désastre social du sarkozysme et pourrait ouvrir la voie à une politique en direction de cette majorité populaire qui souffre tant de la crise du capitalisme. Mais on ne saurait occulter l’immense risque qui pèse sur cette victoire dans la conjoncture actuelle, qui tient à plusieurs raisons que seules l’inconscience ou la mauvaise foi peuvent entraîner à nier.

 

D’abord, il n’est pas vrai que le PS ait un projet social-démocrate. La social-démocratie a été une forme appréciable du mouvement ouvrier, qui faisait référence au marxisme et au contrôle par l’État de l’économie. Elle a perdu son identité depuis que l’abandon par le SPD allemand de cette référence, en 1959, s’est généralisé à l’ensemble des membres de l’Internationale dite socialiste, au profit d’une doctrine sociale-libérale d’accompagnement plus ou moins humain du libéralisme économique. Cette orientation s’est traduite un peu partout, après la disparition du système soviétique, par un démantèlement de l’État providence, c’est-à-dire des acquis sociaux importants que le monde du travail avait obtenus tout au long du XXe siècle.

Le PS français est-il prêt à inverser cette tendance et croit-il seulement possible cette inversion ? On peut en douter au regard des propositions de F. Hollande qui le situent clairement au centre gauche. Ensuite, ce sont les conditions politiques de cette victoire qui peuvent rendre inquiets ceux qui pensent que le capitalisme n’est pas « l’horizon indépassable de notre temps », pour retourner la formule de Sartre. Le PS peut gouverner seul en raison de la scandaleuse sous-représentation au Parlement du Front de gauche, malgré la force électorale de celui-ci qui en fait la seconde force politique à gauche. Or c’est bien lui qui est porteur de propositions permettant non de freiner mais de mettre fin à la domination des marchés financiers sur les États nationaux et, tout autant, de satisfaire les attentes des couches populaires littéralement abandonnées par la politique et, du coup, l’abandonnant en s’abstenant de voter.

Révision du statut de la BCE, création d’un pôle financier public, politique fiscale visant prioritairement les grandes fortunes, restauration des services publics, voire nationalisations, lutte contre la paupérisation absolue (et non relative !) de pans entiers de la population, etc., ce sont là les seules mesures capables de mettre fin à ce malheur social qui va grandissant et qui mériterait qu’on se souvienne du cri de colère de Rousseau, à la fin de son Discours sur l’inégalité, dénonçant une société où « une minorité regorge de superfluités tandis que la multitude affamée manque du nécessaire » : franchement, et toutes les transpositions historiques nécessaires faites par ailleurs, n’est-ce pas là le miroir critique de ce qui arrive aujourd’hui aux peuples européens et qui menace aussi la France ? Or le Front de gauche, avec les communistes en son cœur, ne pourra guère peser sur la politique du PS si les luttes sociales ne s’en mêlent.

Seules celles-ci pourront l’empêcher de s’enfoncer dans la tentation sociale-libérale à laquelle il a cédé intellectuellement faute de ce courage moral et de cette intelligence critique sans lesquels on ne croit pas possible de transformer le monde. D’où le risque, catastrophique à mes yeux, qui menace l’expérience actuelle si elle s’enferme dans les contraintes du libéralisme : la déception, une fois de plus, des classes populaires, nos « damnés de la terre ». Une fois de plus, car ce fut déjà le cas dans le passé et cela a 
expliqué le retour de la droite au pouvoir (après Mitterrand, après Jospin). Or cette fois-ci, ce n’est pas la droite classique qui risque de revenir en 2017 : c’est, malgré l’échec électoral de son orientation récente, une droite alliée à l’extrême droite et recomposée idéologiquement sur cette base. Car l’abstention énorme aux législatives et, surtout, le succès du Front national dans les zones urbaines et rurales marquées par le déclin économique ou la désertification signifient bien cela : l’influence grandissante des idées d’extrême droite sur fond de crise nationale et internationale, l’un à cause de l’autre, qui fait penser aux années trente du siècle dernier.

L’inaptitude de la social-démocratie de l’époque à résoudre la question sociale avait alimenté la tentation fasciste comme elle l’alimente aujourd’hui, sous une forme plus soft, dans des pays comme la Hongrie ou la Pologne. Or Marine Le Pen sait admirablement jouer des conséquences de la crise pour séduire d’un même mouvement les pauvres en déshérence et les riches hostiles au partage des richesses, réunissant ceux dont les intérêts sont pourtant opposés ! La responsabilité du PS est donc considérable. Saura-t-il affronter la question sociale dans toute sa crudité ? Cela supposerait qu’il abandonne sa grille libérale de lecture de l’économie et sa grille d’analyse de la société qui masque ce que Bourdieu appelait « la misère du monde ». Et qu’il entende le projet alternatif du Front de gauche, seul à même d’éviter le retour, qu’on croyait impossible, de la peste brune.

Yvon Quiniou

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comment s’opposer aux 8 000 suppressions d’emplois chez PS a Aulnay et Rennes ?

6 Août 2012, 09:43am

Publié par PCF Villepinte

Reprise et reconversion des entreprises par et avec les salariés

PSA : une loi s'impose d'urgence!

Evelyne Perrin économiste ex-chargée de mission au plan " urbanisme, construction, architecture " membre du conseil scientifique d'Attac

 

La fermeture programmée de PSA Aulnay (3 000 emplois directs) et les suppressions de 8 000 emplois au total – sans compter les emplois induits – chez PSA posent la question des alternatives concrètes à la fermeture, au moment où le gouvernement fait connaître son plan pour sauver l’industrie française et le secteur automobile. Après les mines, la sidérurgie, leurs combats historiques, le textile, et en même temps que le raffinage, voici que l’un des derniers volets de notre tissu industriel, l’automobile, part sous nos yeux dans les pays émergents à bas salaires et au marché porteur, en Europe de l’Est, au Maghreb et surtout en Inde, Brésil, Chine. Cette destruction de notre tissu productif se fait, avec la complicité des gouvernements de droite précédents, sous la direction d’entreprises devenues des multinationales et qui, dans leur recherche effrénée du profit, n’ont plus aucune considération pour l’intérêt national. Dans le cas de PSA, cette internationalisation a conduit à créer notamment 3 500 emplois en Slovaquie ; la production réalisée en France, passée de 61,6 % en 2003 à 40,8 % au début de 2012, cède la place à celle réalisée à l’étranger (de 38,4 % à 59,2 %), comme le souligne l’Humanité du 23 juillet. Que nous restera-t-il bientôt comme industrie et comme emplois si nous ne résistons pas tous ensemble, avec la détermination la plus farouche, contre les plans sociaux et délocalisations différés par Sarkozy et qui explosent tous comme des bombes à retardement ? Ces plans sociaux, présentés sous le couvert de pertes financières, sont en réalité montés de toutes pièces par ces multinationales : on apprend que PSA, qui a touché de l’État français des milliards sous formes de prêts et d’aides, les réinvestit dans ses nouvelles usines en Russie ou ailleurs, préfère rembourser 1 milliard aux banques (le fameux « désendettement »), et multiplie les filiales dans plus de trente paradis fiscaux. Or il est possible de sauver notre industrie, en la reconvertissant vers des produits innovants, écologiquement soutenables, si nous élaborons des stratégies offensives et mûrement réfléchies. Les salariés des entreprises menacées ou condamnées savent très bien à quel point l’impasse productive dans laquelle leurs directions les ont conduits a été calculée, programmée, froidement, pour justifier les délocalisations. Ils ont en main les éléments de savoir-faire pour bâtir, avec l’aide de chercheurs spécialistes de ce secteur, un contre-projet industriel, à condition de s’unir et de se faire entendre, d’avoir enfin voix au chapitre, c’est-à-dire de prendre le pouvoir, afin de décider collectivement de leur sort avec l’aide des collectivités territoriales et du nouveau gouvernement. Pourquoi ne pourraient-ils le faire quand on sait que des salariés ont repris et reconverti leur entreprise ces dernières années, aussi bien en France que dans d’autres pays, comme les salariés de Continental Mexico, qui aujourd’hui réembauchent ? Ces cas ont été évoqués en octobre 2010 lors de la conférence de Stuttgart « Crise et reconversion de l’industrie automobile », organisée par la Fondation Rosa-Luxemburg, Die Linke (équivalent en Allemagne du Front de gauche) et Attac Allemagne. Pourquoi ne s’en inspire- t-on pas ? Ayant mené moi-même, à l’hiver 2009- 2010, une vaste enquête sur les luttes des salariés contre les fermetures et plans sociaux dans 35 entreprises en France ( Haute Tension : les luttes des salariés contre les plans sociaux 2008-2010 , consultable sur Internet), j’ai pu constater le sérieux des contre-projets de reconversion élaborés par les salariés et leurs syndicats, par exemple à la raffinerie Total des Flandres de Dunkerque, à Philips Dreux, chez Molex. Si ces projets viables n’ont pas vu le jour, ce fut en raison de l’opposition du gouvernement sarkozyste, à la solde de la finance internationale. Or, des luttes importantes ont réussi à retarder ou empêcher des fermetures et des suppressions d’emplois, comme chez Ford Blanquefort, Goodyear Amiens, Freescale Toulouse, pour ne citer que ces exemples… Les cas de reconversion partielle arrachée par les salariés, à Heuliez en Poitou-Charentes, ou à Bosch à Vénissieux, montrent que la reconversion sociale et écologiquement soutenable est possible. Seuls les salariés et leurs syndicats peuvent l’imposer, mais ils doivent être soutenus par l’État et les collectivités territoriales concernées. Des chercheurs se sont depuis longtemps penchés sur l’avenir de notre industrie et sur sa relocalisation, mais aussi sur la nécessité de redonner voix au chapitre aux salariés qui en produisent la richesse (citons le dernier ouvrage de Gabriel Colletis, de l’université de Toulouse, l’Urgence industrielle, paru en 2012 aux éditions Le Bord de l’eau). Je salue les efforts de monsieur Arnaud Montebourg, ministre du si bien nommé Redressement productif, à qui je souhaite de réunir les conditions pour aller jusqu’au bout dans le sauvetage et la reconstitution de notre tissu productif. C’est maintenant ou jamais qu’il faut marquer un coup d’arrêt aux délocalisations et à la destruction de notre industrie et de nos emplois de demain. Sinon, dans vingt ans, nos enfants devront-ils s’expatrier en Chine… et y travailler comme sans-papiers à leur tour ? Je propose donc que ce gouvernement volontariste organise d’urgence un cycle de rencontres de travail entre les syndicalistes de PSA et les chercheurs spécialisés dans le secteur automobile, afin d’élaborer avec les salariés, et avec l’aide des collectivités territoriales concernées, un contre-projet industriel écologiquement soutenable et permettant de garder notre industrie. Car il est bien évident que donner encore des milliards au secteur automobile pour que cet argent – celui du contribuable – soit utilisé aux seules fins d’un capitalisme financiarisé et mondialisé et parte dans les nouvelles usines ouvertes en Europe de l’Est, en Chine ou en Inde, ne nous sera d’aucun secours. Bien entendu, cela suppose que paraissent rapidement les lois et décrets annoncés par ce nouveau gouvernement, permettant aux salariés de reprendre leur entreprise en cas de fermeture et mettant en place un droit suspensif sur les licenciements, ceux-ci la plupart du temps motivés par des stratégies financières internationales, comme le rappelle dans l’Humanité du 26 juillet Mohammed Oussedik, secrétaire en charge de l’industrie à la CGT. De même, toute nouvelle aide de l’État devrait être conditionnée à des engagements de maintien des emplois, quitte à former et reconvertir les salariés. Enfin, aucun projet industriel ne devrait être négocié avec le patronat sans la participation active de ceux qui produisent, les salariés et leurs représentants syndicaux. Il est temps de réagir tous ensemble, salariés, citoyens, chercheurs, élus, car ce combat est aussi celui de l’avenir de nos enfants.

Evelyne Perrin

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