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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Grec(s) : petit rappel à ceux qui ignorent l'Histoire...

11 Juin 2012, 14:46pm

Publié par PCF Villepinte

Jadis, nos maîtres nous hurlaient aux oreilles: «Savez-vous ce que nous devons à la Grèce ? Tout!» Voilà bien le genre de phrase que n’ont pas dû entendre dans leur enfance ni Christine Lagarde ni Angela Merkel...
 Le Parthénon, principal temple d'Athènes.
(A LA MEMOIRE DE JACQUES COUBARD lire ici 
QUI CONNAISSAIT SI BIEN L'ART HELLENE...) 
Grammaire. L’évidage de l’école républicaine, par tous ceux qui la nient ou en dévoient l’universalité, n’est pas sans conséquences: l’absence des classiques et des Illustres provoque fautes de sens et grossièretés historiques. Les valeurs de l’enseignement, dont nous étions jadis autant les débiteurs que les usufruitiers, dispensaient depuis les estrades cet art banal de la transmission qu’aucune contingence extérieure ne venait pervertir. Le «connais-toi toi-même» côtoyait l’«esprit sain dans un corps sain». Et quand il nous arrivait, non par renoncement mais par lassitude, de nous éloigner un peu du chemin triomphant de l’apprentissage des connaissances, les maîtres vous hurlaient aux oreilles: «Grammaire grecque! Grammaire grecque!» Et ils ajoutaient, sûrs d’eux: «Savez-vous ce que nous devons à la Grèce ? Tout!» Voilà bien le genre de phrase que n’ont pas dû entendre dans leur enfance ni Christine Lagarde ni Angela Merkel (pour ne citer que ces deux-là, la liste des salauds patentés étant trop exhaustive), tant leur arrogance et leur haine de la Grèce s’entendent à chacune de leurs interventions. Elles ont oublié que, en 1981, lorsque la Grèce adhéra à l’Europe, un certain Valéry Giscard d’Estaing avait demandé aux Français de l’accueillir telle notre «mère spirituelle». Le coauteur de la Constitution de 2005 s’en souvient-il lui-même, d’ailleurs? À l’époque, convoqués au banquet d’Histoire, nos cœurs battaient à la moindre évocation d’une civilisation vieille de vingt-cinq siècles, cela nécessitant un peu de sublimation. Les noms résonnaient en nous comme autant de mystères à déchiffrer, Homère, Platon, Socrate, Eschyle, Sophocle, Euripide, Thucydide, Aristophane, Pythagore, Aristote, Archimède, Hippocrate, tant d’autres… Alors, que doit-on à la Grèce?

Question plus pertinente que jamais, devant l’affront permanent fait à ce pays, qui n’est pas sans nous rappeler l’attitude des États-Uniens lorsqu’ils envahirent l’Irak, sans savoir qu’ils piétinaient le berceau de la civilisation sumérienne et les prémices de l’écriture… Sachons-le : lorsque nous humilions la Grèce, nous insultons la démocratie, la philosophie, la littérature, les mathématiques, la géométrie, l’astronomie, la médecine, l’histoire, l’art, le théâtre, l’olympisme… Car les Grecs anciens, dits de «l’Antiquité», ont jeté quelques bases de l’humanité sur lesquelles s’adossèrent la plupart des évolutions fondamentales de la vie des hommes en société.
Le théâtre d'Epidaure, l'un des mieux conservés de la Grèce antique.
Ancêtres. Nos souvenirs ne sauraient nous trahir. Les héritages légués et les traces-sans-traces apparaissent à la moindre visite, surtout à Athènes, et nous guident vers cette harmonie consacrée du bonheur possible, en arpentant l’Acropole ou en parcourant les ruines d’Éphèse, en naviguant sur les flots empruntés par Ulysse, voire en domptant notre Œdipe. Nos ancêtres hellènes nous inspirent en tant qu’ils nous semblent «vivants». Et n’en déplaise aux pisse-froid de l’ultralibéralisme globalisé, notre aventure avec les Grecs va continuer. Bien sûr, d’autres esprits élevés firent de la philosophie avant les  Athéniens, mais ces derniers se distinguèrent en étudiant non plus uniquement le cours et les travers de la nature, mais les affaires humaines, inventant, grâce à ce prima, une exigence et des méthodes d’existences communes, même si, nous le savons, il y avait beaucoup d’exclus dans la vie démocratique de la cité – les femmes, les «métèques», les esclaves…

Citoyen. Dans ses Mémoires de la Méditerranée, Fernand Braudel énumérait deux manières d’aborder la Grèce éternelle. Primo, en lui tournant le dos: «Toute confusion entre la civilisation occidentale actuelle et celle de la Grèce antique est un jeu de théâtre à la Giraudoux.» Secundo, en lui ouvrant les bras: «La pensée grecque vole vers nous et elle n’a pas fini de nous atteindre… C’est bien la science, la raison, l’orgueil de notre esprit qui nous rattachent à elle.» Ce que Paul Valéry, dans Variété I, résumait à sa manière par ces mots: «Nous devons à la Grèce la discipline de l’esprit. Nous lui devons une méthode de penser qui tend à rapporter toutes choses à l’homme, à l’homme complet. De cette discipline la science devait sortir, notre science, c’est-à-dire le produit le plus caractéristique, 
la gloire la plus certaine et la plus personnelle de notre esprit.» Avec la Grèce, l’humanité est passée du particulier au général, de l’utilitaire au savoir pur, de la mathématique appliquée à la théorie… Pour Platon, «l’homme est la mesure de toute chose». Pour Thucydide: «Nous considérons qu’un citoyen 
qui ne fait pas de politique n’est pas un citoyen tranquille, mais 
un citoyen inutile.» Il n’est jamais trop tard pour se replonger dans les livres – et ainsi freiner la «déshistorisation» du monde.

[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 8 juin 2012.]

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L'éditorial de Patrick Apel-Muller : L'effet bipolarisation

10 Juin 2012, 22:18pm

Publié par PCF Villepinte

Mots clés : l'humanité, ump, assemblée nationale, jean-luc mélenchon, législatives 2012,
asensi

 

 

Les électeurs ont confirmé leurs choix de l'élection présidentielle en mettant de nombreux candidats socialistes en situation de battre les députés UMP sortants. Les hiérarques de la Sarkozye défaite espéraient une session de rattrapage. ils ne l'ont pas obtenue des électeurs. Tout juste peuvent-ils parier sur le lot de consolation d'un solide groupe d'opposition à l'Assemblée.

La droite, en effet, ne subit pas une déroute et se targue d'être la première force politique. En fait, nous assistons à une très forte bipolarisation, qui a favorisé UMP d'un côté et PS de l'autre. C'est, hélas, l'un des effets de la limitation du mandat présidentiel à cinq ans et la réduction institutionnelle des élections législatives à un scrutin de confirmation. Le présidentialisme forcené conduit à une déformation de la réalité politique du pays, encore amplifié par l'absence de proportionnelle. Le taux d'abstention, qui dépasse les 40 %, témoigne de cette impasse qui dévalorise une Assemblée nationale à laquelle, pourtant, toutes les lois seront soumises. Ce sont en effet les députés qui décideront des réformes. C'est dire combien leur couleur politique comptera. L'abstention exprime aussi sans doute une certaine prudence d'une partie de l'électorat qui craint que les changements espérés ne soient pas forcément au rendez-vous. Ces effets ont été encore amplifiés par un nouveau découpage électoral réalisé sur mesure pour la droite.

Cela conduit à un paradoxe. Alors que le Front de gauche conforte sa place de deuxième force politique de gauche, qu'il progresse nettement sur 2007, même si ses scores sont un peu en retrait sur la présidentielle, il risque de compter moins de députés, en dépit des bons pourcentages recueillis. Á l'heure où nous écrivons ces lignes, l'ensemble des résultats ne nous est pas parvenu. Mais le besoin d'une force active, constructive, indépendante dans l'Hémicycle exige de se mobiliser pour élire partout les candidats du FdG dans les circonscriptions où ils restent en lice. Élus, ils seront une assurance pour les changements, afin que les espérances qui parcourent le pays trouvent une matérialisation. Á Hénin-Beaumont, après un beau combat, un progrès de 8 points et de plus de 1 000 voix par rapport à l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon est dépassé par le candidat du PS. Dimanche, toutes les voix des démocrates se rassembleront pour battre Marine Le Pen, qui a déjà aspiré une grande partie des voix UMP.

Le Front national obtient, avec moins de 14 %, un score trop élevé, haut pour des élections législatives, mais en deçà de ses espérances. Il sera présent dans un nombre limité de triangulaires, sans qu'on puisse exactement les dénombrer à l'heure où ces lignes sont écrites. Hier, Jean-François Copé, en se livrant à un parallèle déshonorant entre le FN et le Front de gauche, a donné un avant-goût de ce que décideront aujourd'hui les instances de l'UMP à l'égard de l'extrême droite. L'ambiguïté sera la règle et augure les recompositions-décompositions de la droite à venir. Á gauche, la mobilisation doit donc être de règle.
Le scrutin est marqué par une bipolarisation qui a favorise PS et UMP. Le Front de gauche progresse sur 2007.

Patrick Apel-Muller

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Le Front de gauche deuxième force à gauche

10 Juin 2012, 22:15pm

Publié par PCF Villepinte

Manifestation du 18 mars 2012 à la Bastille

  

 

 

Malgré l'échec de Jean-Luc Mélenchon dans le Pas-de-Calais, le Front de gauche confirme son implantation avec près de 7% des suffrages, et peut espérer conserver son groupe parlementaire. Une réunion de coordination du Front de gauche se tient ce lundi matin.

La bataille s'annonce rude lors du second tour. Mais malgré le redécoupage de la carte électorale par Nicolas Sarkozy, qui ne favorise pas du tout les candidats du Front de gauche, ces derniers ont bon espoir de peser dans la prochaine Assemblée nationale. "J'espère surtout qu'on aura un groupe du FG pour que la gauche réussisse. Nous avons une volonté d'avoir une démarche très constructive pour aider la gauche à répondre aux attentes populaires", a ainsi lancé Marie-George Buffet , candidate à sa succession en Seine-Saint-Denis, sur France 2 ce dimanche soir.

"Une promesse d'avenir"

Dans un communiqué, Pierre Laurent voit plus loin, estimant que "dans de nombreuses circonscriptions, la dynamique mobilisatrice du Front de gauche a continué de s'enraciner durant la campagne des législatives. Les deux batailles, présidentielle et législatives, menées au cours de ce semestre, constituent une promesse d'avenir et un atout sans lequel la gauche ne pourra réussir."

Malgré la profonde déception de sa troisième place dans la circonscription de Hénin-Beaumont, Jean-Luc Mélenchon reste lui aussi combattif devant les prochaines échéances: "J'ai mené ma bataille, je partais de très loin, elle court devant, je cours derrière et je finirai par la rattraper, c'est une bataille idéologique profonde."

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Rio 20 : Les ressources des océans vendues à la criée ?

9 Juin 2012, 21:13pm

Publié par PCF Villepinte

Environnement - le 8 Juin 2012

Une planète et des hommes

 

 

 

Réchauffement climatique, pollution tellurique, surpêche et brevetage du vivant : les mers seront au menu du Rio + 20. La création d’un instrument juridique est mise en débat.

La mer sera elle aussi au menu du Rio + 20, qui démarre dans quinze jours au Brésil. L’actualité, en outre, nous pousse à nous repencher sur son cas. Car nous sommes le 8 juin, célébré comme la Journée mondiale des océans depuis que l’Assemblée générale des nations unies en a décidé ainsi, en 2009. C’est toutefois en 1992, lors du sommet de Rio (premier du nom), que l’idée fut d’abord évoquée, lequel leur consacrait tout un chapitre de l’Agenda 21 adopté à l’époque. Réchauffement des océans et pollution tellurique (en provenance des terres), déjà, étaient à l’ordre jour, de même que l’érosion des ressources halieutiques, indiquant des difficultés économiques et alimentaires majeures, notamment dans les pays du Sud minés par une surpêche destinée au Nord. Le problème, depuis, reste entier. La FAO estime que 25 % des stocks de poissons et de crustacés sont « plus ou moins gravement surexploités » depuis 1990 et s’inquiète d’un état des ressources marines préoccupant pour les économies locales. En 2010, le coordonnateur du programme Adaptation des politiques de pêche aux changements climatiques en Afrique de l’Ouest (Appeccao) estimait que six cent mille emplois étaient ainsi menacés rien qu’au Sénégal, sous l’effet combiné d’une exploitation industrielle outrancière et du réchauffement.

Ce n’est pas là l’unique préoccupation. La mise aux enchères, si l’on peut dire, des ressources génétiques marines est elle aussi source de tracas. En septembre 2010, une étude publiée conjointement par l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) et le Conseil supérieur de la recherche scientifique espagnol (CSIC) mettait en évidence l’explosion du nombre de brevets déposés sur les organismes marins. Près de 5 000 titres de propriété avaient été apposés sur un gène marin associé à une application médicale, agronomique ou encore génétique. Leur rythme de croissance était estimé à 12 % par an. Le marché généré, lui, se profilait, titanesque. L’étude estimait à 150 millions de dollars par an celui occasionné par une enzyme intervenant dans la production de biocarburant. Elle chiffrait encore à 237 millions de dollars par an les gains issus du Zovirax, un médicament contre l’herpès produit à base d’une molécule, elle aussi tirée d’un organisme marin. Alors que l’on jauge à 2 millions le nombre de ces derniers, le taux de découverte de molécules dites d’intérêt pour l’industrie serait environ 500 fois supérieur à celui des espèces terrestres, rappelait le document, histoire de donner la mesure de la course aux profits dont faisaient l’objet les flots.

Rien, depuis, n’a été opéré qui permette de penser que le mouvement a ralenti. Si la conférence mondiale sur la diversité biologique de Nagoya, en 2010, a porté à 10 % la proportion des surfaces maritimes protégées (contre 1 % précédemment), plus de 65 % de la surface océanique échappent encore à toute législation. La règle du premier arrivé, premier servi continue de faire force de loi.

« L’une des mesures les plus significatives que pourrait avoir à prendre le Rio + 20 pourrait être un accord politique permettant l’ouverture de négociations d’un instrument juridique traitant spécifiquement de la protection de la biodiversité marine », relève l’Iddri (1), qui note, non sans pessimisme, que les discussions préparatoires « montrent des divergences profondes entre les États sur la nécessité d’un tel instrument ». Deuxième espace maritime mondial, la France aura sa part de responsabilités quant à la façon dont tourneront les choses.

(1) Institut du développement durable 
et des relations internationales.

Marie-Noëlle Bertrand

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Pierre Laurent : Des députés pour se donner les moyens du changement

9 Juin 2012, 21:11pm

Publié par PCF Villepinte

le 8 Juin 2012

Législatives

 

 

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, estime que les élus du Front de gauche devront « faire la démonstration, avec des propositions précises, que se donner les moyens d’un changement ambitieux est possible et nécessaire ».

On parle d’une abstention forte aux législatives, beaucoup d’électeurs estimant que le principal objectif – dégager Nicolas Sarkozy – 
a déjà été atteint. Est-ce pour vous un motif d’inquiétude ?

Pierre Laurent. Un haut niveau d’abstention serait regrettable mais serait le résultat direct de l’inversion du calendrier électoral qui, en inscrivant les législatives dans la foulée de l’élection présidentielle, dénature la portée de ce scrutin. Il est volontairement minoré, présenté comme une simple élection de confirmation. Au point que des électeurs se demandent pourquoi il faut voter de nouveau si vite. La défaite de Nicolas Sarkozy, parce qu’elle était tellement souhaitée, peut renforcer encore le sentiment que l’essentiel a été fait. Nous devons au contraire expliquer, jusqu’à la dernière minute, que l’élection législative est décisive. Pendant cinq ans, toutes les lois sans exception vont être votées par l’Assemblée nationale, et non décrétées à l’Élysée, contrairement à ce que laisse croire le système présidentiel. La composition de la majorité parlementaire comptera beaucoup.

Ce relatif désintérêt 
ne témoigne-t-il pas 
d’une certaine résignation 
des électeurs par rapport 
aux changements réels que 
la gauche peut apporter ?

Pierre Laurent. Je ne sens ni désintérêt ni résignation. Les électeurs se sont passionnés pour l’élection présidentielle et ses enjeux, et maintenant, ils seraient plongés dans le désarroi ? Au contraire, que ce soient les salariés de Fralib, ceux d’ArcelorMittal, les retraités, les smicards, les salariés de l’éducation nationale… tous sont très attentifs aux annonces gouvernementales. Le vote à la présidentielle a été marqué par l’espoir d’en finir avec la politique de Sarkozy et par la lucidité sur la limite des engagements de François Hollande. La situation est peut-être un peu en équilibre aujourd’hui, mais elle peut aussi se transformer en vigilance, en action, en pression sur le gouvernement pour obtenir ce qui ne viendrait pas assez vite.

La majorité de gauche pourrait être moins large que prévue 
à l’issue des législatives. 
Le PS s’appuie sur ces estimations pour appeler au « vote utile ». Est-ce justifié ?

Pierre Laurent. La majorité parlementaire sera de gauche. C’est assuré. Les deux questions qui se posent sont de savoir si cette majorité sera large et si elle sera monocolore. Au Front de gauche, nous pensons qu’elle doit être le plus large possible. L’objectif est donc de sortir le maximum de députés de droite de l’Assemblée nationale et d’en barrer la route au Front national. De nombreux candidats du Front de gauche sont les mieux placés pour cela. Et nous pensons que sans une présence importante du Front de gauche dans cette majorité, la gauche sera sur le ring comme un boxeur manchot quand il faudra faire reculer la finance et les intérêts des privilégiés. La bataille sera rude et elle manquera de punch.

L’enjeu des législatives est-il celui décrit par le PS, à savoir de permettre au président d’appliquer son projet ?

Pierre Laurent. Permettre la réussite d’une politique de changement, oui, c’est l’enjeu. Mais cela n’a rien à voir avec une conception présidentialiste des institutions. Un Parlement réduit à une simple chambre de soutien au président ne correspondrait pas à la pluralité politique des électeurs de gauche qui ont permis la victoire. Le Parlement doit refléter la majorité dans sa diversité, être un lieu de débat et d’élaboration pluraliste des lois. Nous entendons être une composante active de la majorité, pas une force satellisée autour du seul projet de l’ex-candidat socialiste.

Vous serez une composante minoritaire de la majorité, comment comptez-vous peser sur le contenu de la politique mise en œuvre ?

Pierre Laurent. La question centrale va être de se donner les moyens de la réussite du changement. François Hollande a limité ses ambitions de transformation en affirmant que les contraintes sont trop nombreuses. Notre travail dans la majorité sera de faire la démonstration, avec des propositions précises, que se donner les moyens d’un changement ambitieux est possible et, de surcroît, totalement nécessaire à la réussite d’une politique de gauche.

Par exemple, le gouvernement annonce le gel de la situation et la nomination d’experts dans les conflits qui opposent les salariés de Fralib et ceux d’ArcelorMittal à leurs patrons. Or si nous ne créons pas très vite un pôle public bancaire et financier pour une autre politique du crédit, aucune relance d’une politique industrielle ambitieuse ne sera possible. Cette proposition du Front de gauche s’imposera de plus en plus à mesure que le gouvernement sera confronté, à la fois, à l’hémorragie annoncée d’emplois industriels, et aux projets concrets que lui présenteront les salariés. En somme, plus le gouvernement sera confronté au problème concret du changement politique, et plus la pertinence de nos propositions sera flagrante. Nos parlementaires auront pour objectif, en travaillant avec le mouvement social, les syndicalistes, avec tous les acteurs de la société qui veulent construire le changement, de rendre ces propositions majoritaires dans l’opinion et incontournables dans la politique gouvernementale. L’idée d’ateliers législatifs pour construire la loi avec les citoyens est une démarche que nous allons généraliser.

Vous avez dit, lors de votre entrevue avec le président 
de la République, lundi, que « la contradiction va grandissant entre la prétention à mener des politiques de croissance et le maintien des politiques d’austérité ». Le gouvernement n’est-il pas aux prises avec ces contradictions ?

Pierre Laurent. Absolument. Le pacte budgétaire européen repose sur trois piliers : la réduction drastique des dépenses publiques, des sanctions automatiques pour les pays qui ne respecteraient pas cette injonction et la limitation de la souveraineté des Parlements nationaux dans l’élaboration de leur budget. Si son fondement n’est pas remis en question, ce pacte limitera toute ambition de changement. La contradiction est là. Prétendre, comme le ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, qu’il sera possible à la fois de se plier aux recommandations européennes et de tenir le cap du changement, c’est au minimum une erreur d’appréciation, au pire un mensonge. Nous voulons mettre en évidence cette contradiction. Non pas pour parier sur l’échec mais pour pousser le gouvernement à tenir bon jusqu’à une véritable renégociation du traité. D’ailleurs, si Syriza et les forces de gauche anti-mémorandum venaient à gagner en Grèce le 17 juin, le gouvernement français devra leur envoyer un signal de solidarité immédiat et créer avec elles un front commun pour imposer la rupture avec les politiques d’austérité.

Est-il possible de tenir les deux bouts de la chaîne, satisfaire les attentes sociales et, 
en même temps, redresser 
le pays, notamment 
en réduisant la dette ?

Pierre Laurent. Nous récusons, depuis le début, que le problème de la dette serait celui d’un excès de dépense publique. La dette a pour origine le détournement croissant des richesses créées dans les pays capitalistes développés vers la prédation financière. C’est cette prédation qu’il faut faire reculer progressivement en consacrant une part plus grande des richesses aux salaires et aux investissements du pays. C’est le seul moyen de retrouver progressivement des finances publiques plus saines. Donc, le problème n’est pas de renoncer à assainir les comptes publics, mais de choisir la voie à suivre. Plus on persévère dans les politiques d’austérité, plus on dégrade la situation économique budgétaire et financière des pays concernés, comme on le voit en Grèce, en Italie, en Espagne. En France, le résultat sera le même si l’on s’engage dans ces politiques-là. La gauche française doit absolument rompre avec la logique du traité Sarkozy-Merkel.

Le Front de gauche 
est critiqué quant 
à sa campagne contre 
le FN qui « contribuerait » 
à le remettre au centre 
du jeu politique. 
Que répondez-vous 
à ces arguments ?

Pierre Laurent. Que ceux qui banalisent le FN depuis un an ne nous donnent pas de leçons. Quand, dans un pays comme la France, un parti d’extrême droite comme le FN récolte 18 % des voix à l’élection présidentielle, la responsabilité de la gauche est de combattre ses idées et de les faire reculer. Le Front de gauche n’a pas attendu la candidature de Jean-Luc Mélenchon à Hénin-Beaumont pour mener cette bataille. Partout, sur le terrain, nous nous attelons à faire reculer le poison de la haine et de la division. Hervé Poly, communiste suppléant à Hénin-Beaumont, mène un combat sans relâche contre Marine Le Pen depuis des mois. La candidature de Jean-Luc Mélenchon, décidée en commun, renforce ce combat et le symbolise de manière forte. Si le Front de gauche remporte la victoire, son retentissement n’en sera que plus important. Ce sera utile à toute la gauche.

La recherche d’un accord à gauche a échoué dans les circonscriptions où le FN est menaçant…

Pierre Laurent. L’absence d’accord est profondément regrettable. J’ai dit et répété que le Parti communiste était prêt à signer. L’obsession du PS et d’Europe Écologie-les Verts de disposer d’une majorité à eux seuls aura pesé d’un poids néfaste dans leur refus.

La droite assume sa ligne de droitisation extrême. Craignez-vous que des ponts s’établissent entre le FN 
et l’UMP ?

Pierre Laurent. La campagne menée par Nicolas Sarkozy va laisser des traces. Certains dirigeants de la droite travaillent aujourd’hui à l’établissement de passerelles avec l’extrême droite. Ce n’est pas sans produire des tensions car certains, dans leur camp, refusent cette dérive. Dans ces conditions, la responsabilité de la gauche est de refuser toute banalisation de l’extrême droite. Une large présence du Front de gauche dans la majorité à venir est, là aussi, une bonne garantie.

Malgré le mode de scrutin 
en vigueur, pensez-vous pouvoir obtenir davantage 
que vos 19 élus actuels ?

Pierre Laurent. C’est à notre portée. Sur la lancée du résultat de l’élection présidentielle, il serait légitime que le groupe Front de gauche voit son nombre de députés sensiblement renforcé. Nous sommes en bonne voix pour confirmer nos progrès dans les élections législatives. Un nombre d’élus qui serait trop éloigné de notre influence réelle dans tout le pays poserait un problème à toute la gauche, à toutes celles et à tous ceux qui veulent réussir le changement.

Indispensable Front de gauche 

En réponse à l’éditorialiste Alain Duhamel, qui écrivait hier dans Libération que « si l’appoint des députés communistes était obligatoire, cela déboucherait sur un blocage, un bras de fer, voire une dissolution dans 1 ou 2 ans », Pierre Laurent dénonce « un argument scandaleux et mensonger ». « Il oublie qu’il n’y aurait pas eu d’élection de François Hollande sans les 4 millions de voix du FDG et qu’aucun député de gauche ne sera élu sans notre contribution. (...) Au Sénat, sans notre groupe il n’y a pas de majorité ». Sans lui, aucune des lois pour encadrer le travail du dimanche, interdire les coupures de gaz et d’électricité, accorder le droit de vote aux étrangers dans les élections locales n’aurait été votée : « Ce n’est pas de nous que viendra le blocage d’une politique de gauche. »

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Retraites : et le courage de la volonté ?

8 Juin 2012, 22:12pm

Publié par PCF Villepinte

LE BLOG DE JEAN-EMMANUEL DUCOIN

 

Le dispositif adopté hier pour les retraites constitue un pas vers la justice réhabilitée. Un pas seulement.
La droite n’aime décidément pas les gestes de justice, quels qu’ils soient, modestes ou symboliquement forts. Hier, il fallait se contenir pour ne pas éprouver des haut-le-cœur en écoutant les réactions des pontes et autres ex-profiteurs de l’État-UMP, après l’annonce par le gouvernement que 110.000 personnes (seulement) allaient retrouver le droit de faire valoir leur départ à la retraite à 60 ans… Déchaîné, Jean-François Copé, déversant sa haine des travailleurs en souffrance: «Je veux alerter sur les folies qui sont en train de se préparer, nous n’avons pas le moindre euro pour financer ces cadeaux électoraux.» Apprécions au passage la délicatesse du langage. Pour le secrétaire général de l’UMP, potentiellement leader de la droite parlementaire, octroyer ou rétablir un droit équivaut forcément à un coup électoral, à un sourd calcul, histoire de caresser dans le sens du poil le bas peuple, qui, comme chacun le sait, n’a ni conscience ni âme pour apprécier par lui-même de quoi il retourne. Dès qu’elle entend «droits sociaux», la droite ferme ses coffres et sort ses flingues. Rien de neuf sous son ciel gris.

Le dispositif adopté hier par décret sur le retour partiel de la retraite à 60 ans pour les salariés ayant commencé à travailler à 18 ans, qui prévoit d’inclure dans la durée de cotisation deux trimestres pour les chômeurs et deux trimestres supplémentaires au titre de la maternité, est une bonne nouvelle pour les citoyens concernés. Penser ou dire le contraire est une infamie intellectuelle au regard de la pénibilité des parcours professionnels en question.
Cette décision du gouvernement constitue donc un pas vers la justice réhabilitée. Mais un pas seulement. Il est en effet bien loin le temps où le Parti socialiste promettait de revenir sur la loi Fillon. Souvenons-nous. En mai 2011, le projet adopté à 95% par les militants stipulait: «Nous rétablirons l’âge légal à 60 ans et l’âge de départ sans décote à 65 ans.» Les mots ont un sens, désormais contourné. Mais ne jouons pas les naïfs. Arguant de la crise, François Hollande avait prévenu durant sa campagne, et les syndicalistes eux-mêmes, reçus à Matignon pour préparer la conférence sociale de juillet, s’attendaient à cette annonce étriquée, comme ils se préparent, déjà, à un petit «coup de pouce» en faveur du Smic…
Le président rencontre les syndicats.
Ce dispositif sur les retraites, très insuffisant, et bien en deçà de ce qui était prévu, rompt néanmoins avec les politiques menées partout en Europe. À quatre jours du premier tour des élections législatives, l’enjeu n’est rien d’autre que d’inscrire cette mesure dans une dynamique de mouvement, telle une brèche, pour imposer le retour aux 60 ans pour tous. La condition ? S’en donner les moyens ! Martine Aubry elle-même ne vient-elle pas de répéter qu’il était urgent de préparer une nouvelle fiscalité qui ne «toucherait pas les classes moyennes et les classes populaires, mais les plus privilégiés» et qu’il n’y avait pas lieu de s’en étonner puisque cet objectif «figure dans le projet de François Hollande»? À bon entendeur…

En politique, la prudence est parfois une vertu ; en période de crise sociale, les demi-mesures deviennent toujours des erreurs. Sortir Sarkozy du pouvoir était une étape. L’essentiel reste à faire, et il consiste à installer une majorité parlementaire de gauche ayant la volonté de ne pas dénaturer l’aspiration au changement. Ne tournons pas autour du pot. Plus nous élirons de députés du Front de gauche au sein de la future majorité, plus nous retrouverons l’impulsion d’une radicalité concrète dans chaque discussion à l’Assemblée, plus le courage de la volonté sera au rendez-vous du peuple, inspirant ou surveillant chacune des lois… La France ne mettra pas un terme au pouvoir des marchés financiers sans le Front de gauche.

[EDITORIAL publié dans l'Humanité du 7 juin 2012

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Législatives. Avec le Front de gauche, «le travail, ça se partage»

8 Juin 2012, 22:08pm

Publié par PCF Villepinte

Joseph Rossignol, au centre, lors de la rencontre de Jean-Luc Mélenchon avec les ouvriers du rail de Villeneuve-Saint-Georges pendant la campagne présidentielle.

Politique - le 7 Juin 2012

 

 

 

 

Joseph Rossignol et Sylvie Altman, candidats du Front de gauche dans la 3e circonscription du Val-de-Marne, étaient mercredi aux côtés des cheminots de Villeneuve pour défendre l’emploi.

Un million de chômeurs supplémentaires sous le quinquennat Sarkozy. L’ex-président est parti, c’est sans doute une bonne nouvelle pour l’emploi. Mais, pour les candidats du Front de gauche aux législatives, le combat doit se poursuivre en mettant à la porte de l’Assemblée un maximum de députés UMP. Dans la 3e circonscription du Val-de-Marne, Joseph Rossignol, maire PG de Limeil-Brévannes, et sa suppléante, Sylvie Altman, maire PCF de Villeneuve-Saint-Georges, relèvent le défi. Avant tout parce que « le travail et les revenus, ça se partage », explique le candidat. Reprendre cette circonscription au maire UMP de Villeneuve-le-Roi, Didier Gonzalez, pourrait être un pari gagnant. « En 2007, cette circonscription a basculé par défaut, ce n’est pas une circonscription de droite », estime de bon matin l’un des militants du Front de gauche venu distribuer des tracts aux côtés du candidat. Les résultats de la présidentielle sont éloquents : plus de 56 % pour la gauche au second tour. Les pots de départ célébrés après le 6 mai ont d’ailleurs « fait un malheur », paraît-il. Tout n’est pas joué pour autant mais Sylvie Altman « espère créer un rassemblement à gauche », à l’image des dernières municipales. En 2008, à Villeneuve-Saint-Georges, « on avait fait le Front de gauche avant l’heure » et emporté la ville. L’ancien maire et actuel candidat aux législatives du PRG, soutenu par le PS, Roger-Gérard Schwartzenberg, avait d’ailleurs renoncé à se présenter.

Un engagement de longue date

« Le changement ne sera réel qu’avec un Front de gauche fort à l’Assemblée », estime le candidat, tandis que sa suppléante voit dans « l’emploi et le développement des activités économiques, en particulier ferroviaires » un enjeu majeur pour le territoire. C’est d’ailleurs en soutien au rassemblement organisé par les syndicats de cheminots de l’ancienne plus grande gare de triage d’Europe qu’ils se retrouvent ce mercredi matin. « En tant que maire de Villeneuve-Saint-Georges, Sylvie Altman a toujours été à nos côtés pour la défense des emplois », souligne Alexandre Boyer, syndicaliste CGT. Un combat partagé par Joseph Rossignol, ancien chef de gare et militant à SUD rail. « Leur présence aujourd’hui est la poursuite d’un engagement de longue date. » Car, sur le site, la bataille fait rage depuis 2009, avec, en tout, plus de 500 emplois supprimés ces dernières années. Le 10 juin, jour du scrutin, les dernières activités de tri, sauvegardées par la mobilisation, prendront fin. « Après avoir viré Sarkozy, l’avenir du service public ferroviaire n’est toujours pas assuré, précise le syndicaliste, parce que le PS a voté avec la droite la libéralisation du rail au Parlement européen. On a toutes les raisons de poursuivre le combat pour défendre nos emplois. »

Alors, ici, les propositions du Front de gauche sur le développement des services publics, la planification écologique, la réindustrialisation prennent tout leur sens. « La population est en grande précarité dans plusieurs de nos villes, rappelle Sylvie Altman. Le Smic à 1 700 euros, la retraite… toutes les urgences sociales appellent des réponses fortes sur la circonscription. C’est donc un véritable enjeu d’avoir un député qui porte ces questions dans nos villes comme à l’Assemblée. »

Le ministre interpellé. Six élus du Front de gauche du Val-de-Marne ont adressé, ces jours-ci, un courrier au ministre des Transports, Frédéric Cuvillier. « Après l’abandon volontaire du trafic par “wagon isolé” et la fermeture des triages, c’est aujourd’hui l’avenir du transport combiné rail-route qui est menacé avec la liquidation possible de Novatrans », estiment Christian Favier, Marc Thiberville, Sylvie Altman, Françoise Baud, Patrick Douet et Joseph Rossignol. « Une catastrophe pour les salariés qui y travaillent, leurs familles mais aussi pour tout le territoire à fort potentiel de logistique et de transport multimodal », précisent-ils, en appelant à renforcer le rôle de service public de l’opérateur et à lui en donner les moyens.

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Julia Hamlaoui

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Législatives: Derniers sondages dans les starting blocks

8 Juin 2012, 22:04pm

Publié par PCF Villepinte

 

 

 

A quelques heures du premier tour des élections, les sondages se disputent sur la question d'une éventuelle majorité absolue en faveur du PS. Malgré sa prédominance, la gauche parlementaire accuse un léger recul des intentions de vote, alors que l'opposition grappille un demi-point.

Dans cette dernière ligne droite avant le premier tour des législatives françaises dimanche, les instituts de sondage mettent un terme à leurs ultimes prédictions. Malgré quelques divergences, la tendance générale est au rose, mais plutôt pâlotte. Deux sondages s'opposent sur une éventuelle majorité absolue en faveur du Parti socialiste. 

Selon la dernière enquête Ipsos-Logica Consulting parue ce vendredi matin, l'ensemble de la gauche obtiendrait bien la majorité, dépassant la barre fatidique des 289 sièges à l'Assemblée Nationale. Mieux, d'après l'institut, elle comptabiliserait entre 292 et 346 places en tout, avec 44,5% des intentions de vote. Mais le bloc accuse là un recul d'un point par rapport à l'enquête de la semaine précédente.
Dans le détail, le PS et ses alliés divers gauche emporteraient entre 243 et 285 sièges, ce qui éclipse pour le parti au pouvoir les chances de remporter à lui seul la majorité.
Le découpage offre une fourchette de 23 à 26 sièges pour le Front de gauche, entre 12 et 15 sièges aux Radicaux de gauche, de 12 à 16 pour Europe écologie-les Verts, et entre 2 et 4 pour le MRC de Jean-Pierre Chevènement.

L'opposition enregistre, elle, une légère hausse de 0,5 point, recueillant 34,5% des voix. L'UMP obtiendrait entre 214 et 262 sièges, le nouveau centre de 16 à 13, le Parti Radical de 7 à 4. Le Front National remporte la troisième place en terme d'intentions de vote avec 15,5%, et obtiendrait entre 0 et 5 places à l'Assemblée. Quant au MoDem de François Bayrou, il est crédité de 2% d'intentions, avec 0 à 3 sièges.
Une autre étude d'Opinion Way-Fiducial publiée jeudi 7 juin, le PS a de bonnes raisons d'espérer la majorité absolue. En comptabilisant les voix des radicaux de gauche, il décrocherait de 326 à 368 sièges. Une progression considérable depuis leur étude précédente, qui leur en prêtait alors entre 310 et 347. Toujours selon Opinion Way, le Front de gauche remporterait, à lui seul, 8% des intentions de vote, lui offrant entre 18 et 22 représentants.

Pourtant, ces chiffres détonnent avec une étude d'Harris Interactive pour la chaîne LCP-Assemblée Nationale parue le vendredi 8 juin. Selon cette enquête, 43% des Français souhaiteraient une alliance entre le PS et le parti de François Bayrou. 30% espèrent que le parti au pouvoir s'unisse au Front de gauche et à Europe écologie- les Verts, et seuls 26% sont pour un majorité absolue du Parti socialiste.

L'abstention, grande inconnue et vrai risque

A 48h du premier tour, les représentants des partis y vont chacun de leur couplet pour tenter de mobiliser leurs électeurs. François Hollande a rappelé hier l'importance du scrutin de ces législatives, demandant une nouvelle fois à l'électorat de lui accorder "une majorité large, solide et cohérente". En face, le secrétaire général de l'UMP Jean-François Coppé préfère jouer la carte de l'alarmisme: "Si la gauche gagne, pendant cinq ans, nous ne pourrons rien faire pour empêcher leur folie" a-t'il prévenu, avant d'ajouter qu'il fallait "élire dès maintenant une majorité de députés de droite à l'Assemblée nationale pour empêcher l'irréparable, pour ne pas anéantir ce qui a été fait".
Marine Le Pen, qui veut assurer la place du FN -arrivé en troisième position des présidentielles- a souligné que le nombre de députés frontistes au second tour "dépend(rait) de la participation". Le score obtenu par le parti d'extrême droite reste l'une des inconnues et des clés du scrutin, et déterminera une éventuelle triangulaire. Un tel scénario risquant d'infliger un revers considérable à la droite, certains de ses représentants cèdent à la tentation d'un rapprochement avec le parti frontiste.

Pour être présent au second tour, un candidat a deux alternatives. Soit faire partie des deux finalistes du premier tour, soit obtenir un nombre de voix égal ou supérieur à 12,5% du nombre d'inscrits. L'abstention risque de jouer aussi un rôle clé dans les résultats du scrutin de dimanche prochain. Selon Ipsos, la participation tournerait entre 57 et 60%. Un taux guère meilleur qu'en 2007. Le 10 et le 17 juin prochains, 46 millions d'électeurs de métropole sont appelés à aller voter.

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Charlotte Helias

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Syndicalisation

7 Juin 2012, 21:58pm

Publié par PCF Villepinte

 

La CGT marque un nouveau progrès

manif 19 oct 2010 025mardi 5 juin 2012, par F. Dayan

L’exercice 2010 est clos. Pour la quatrième année la Cgt enregistre une progression du nombre de ses adhérents.
Pour cet exercice 2010, la CGT recense 681 930 syndiqués soit une progression de 1,87 % par rapport à 2009 (70% des fédérations et 72% des unions départementales sont en progression). Cela représente un progrès de 7,2% en 4 ans.
A titre de comparaison, si la CGT prenait un autre mode de calcul, à savoir 8 timbres adhérents elle aurait, avec 7 034 816 cotisations mensuelles, 879 352 adhérents en 2010.

L’exercice 2011 n’est pas clos, et déjà les versements effectués par les syndicats sont supérieurs de date à date et annoncent une nouvelle progression. Il faut savoir que c’est cet exercice clos de 2011 qui servira de référence pour les voix des syndicats au 50ème congrès du 18 au 22 mars 2013 à Toulouse.

Et vous ? Vous êtes syndiqué(e) ?

Comme de nombreux salariés vous vous posez la question d’adhérer à la CGT. Quelles que soient vos motivations, vous exprimez ainsi la volonté de ne pas rester isolé-e, d’être acteur, actrice de votre avenir, de prendre en main vos revendications.
Pour vous syndiquer, vous pouvez remplir et valider notre formulaire en ligne


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Développement durable, transition écologique et sociale

7 Juin 2012, 21:51pm

Publié par PCF Villepinte

Penser le changement à Rio

Institué en 1992, le sommet de la terre se tiendra en juin prochain à Rio de Janeiro (Brésil). Il s’agit d’examiner les effets des engagements pris par les Etats en faveur du développement durable. Et pour les syndicats et ONG, de porter le besoin d’une transition écologique et sociale juste. Entretien avec Daniel Geneste, représentant de la CGT au sommet de la terre.

Propos receuillis par Christel Jaubert, journaliste à la NVO, le magazine de la CGT, du 6 au 19 avril 2012.

Lire aussi :
- le Blog de la CGT consacré au développement durable et aux conférences de l’ONU
- le communiqué de la CGT

NVO : Quels sont les enjeux généraux de cette conférence ? Quels en seront les sujets principaux ?

Daniel Geneste : En vingt ans, la pauvreté, la vulnérabilité sociale et le chômage se sont aggravés, tandis que les émissions de gaz à effet de serre poursuivent leur rythme effréné de croissance. En parallèle l’utilisation et des conditions d’exploitation de l’énergie et des ressources naturelles sont restées à un niveau insoutenable. plus que jamais les conditions… faites aux travailleurs et les enjeux écologiques sont la variable d’ajustement d’un capitalisme irresponsable, sans complexe et débridé dans des logiques de production à courte vue. La préservation de la biodiversité est compromise et, sans mesures urgentes et conséquentes, la menace d’une catastrophe sociale et écologique mondiale pèse, ouvrant la voie à des conflits majeurs. Le sommet de la terre, c’est le développement Durable dans son ensemble, pas seulement le climat, Rio+20 doit impérativement revigorer et renforcer l’agenda et les mesures au niveau international.

Le contexte de crise systémique actuel confère d’autant plus de responsabilité pour enfin ouvrir la voie à un nouveau modèle économique avec une démocratisation effective de sa gouvernance et garantir l’accès de tous aux droits fondamentaux. Mais, pour l’instant, les Etats orientent le sujet sur la seule gouvernance, le constat et des objectifs d’affichage sans contenu et surtout sans dispositifs contraignants. Cela ne saurait nous satisfaire, ce serait un sommet pour rien, voire qui préserverait la tyrannie des marchés incontrôlés. Or, il faut des prises de décisions cohérentes et des politiques publiques guidées par l’intérêt général et l’intérêt public.

Quelles priorités les syndicats vont-ils porter ?

Daniel Geneste : Avec la CES et la CSI, les feuilles de routes ont été élaborées dans les prolongements des orientations retenues dans les derniers congrès. Validées par les affiliés dont la CGT fait partie, sous forme de contributions elles ont été déposées auprès du secrétariat de l’ONU, dès le début du processus. La CGT a par ailleurs déposé un cahier d’acteur auprès du gouvernement français et de sa diplomatie en charge de la négociation, la CES a de son coté interpellé l’Europe.

L’élaboration d’un socle international de protection sociale et l’arrêt du dumping social, qui met honteusement les salariés en concurrence, constituent, avec la demande de politiques industrielles défaites d’irresponsabilités sociales et environnementales, le fondement du pilier social revendiqué.

L’engagement vers un verdissement de toute l’industrie, des services et des chaines de production doit constituer l’approche d’ensemble vers les emplois verts et non la recherche d’une économie verte comme fraction du système actuel. Cela doit donner lieu à un mandat à l’OIT pour mettre un contenu à une véritable transition juste et au travail décent pour tous.

La mise en application d’une taxe conséquente sur les transactions financières doit dégager des ressources pour financer les politiques publiques et l’accès aux droits fondamentaux et bien communs mondiaux.

Pour la CGT : La transformation de nos économies doit prendre sens sur au moins quatre leviers :

- Promouvoir le verdissement de l’ensemble des activités et des emplois. Cela exige de revoir la finalité, le lieu et les modalités des productions, à fonder sur la réponse aux enjeux et la compatibilité avec un Développement Humain Durable et non plus sur les performances financières immédiates. Cela suppose de grandes politiques publiques en situation de maîtriser la donne et des programmes d’investissements à long terme.
- Organiser les transferts de technologies, dans le cadre d’une maîtrise des politiques industrielles par la collectivité favorisant les coopérations et sous un contrôle fort des dispositifs de conditionnalité sociale et environnementale. En l’absence de cette maîtrise rigoureuse par la collectivité, ils se traduiront, de la part des entreprises avides de faire du développement durable un marché juteux, par des opportunités de délocalisations et pourquoi pas au passage financées par l’argent public des aides au développement ;
- Une formation professionnelle intégrée aux parcours professionnels et de nature à donner aux salariés la maîtrise des évolutions de la technicité fruit d’une recherche renforcée. Elle doit, ainsi, garantir l’appropriation des mutations vers une industrie et des productions de services décartonnés, permettant les localisations judicieuses et harmonieuses des productions en aménageant les territoires.
- Les biens et les activités d’intérêt général doivent être placés sous maîtrise publique et échapper aux contraintes du marché et des objectifs financiers, les services publics réhabilités pour garantir une cohésion sociale et un droit d’accès pour tous. Leur marchandisation est une forme de ségrégation ;

C’est la raison pour laquelle, sur la gouvernance, les syndicats ne se satisfont pas de la simple création éventuelle d’une agence mondiale de l’environnement (OME). Ce qui est indispensable, c’est la mise en synergie de l’ensemble des agences de l’ONU, dont l’OMC et l’OIT, à l’appui d’un contenu et d’orientations transformatrices fortes. Sans cela, RIO+20 ne sera que de l’affichage.

Qu’est-ce que le collectif Rio + 20 ? Quelles exigences met-il en avant ?

Daniel Geneste : Fin 2010, le ministre des affaires étrangères et la ministre de l’écologie ont mis en place un comité Rio+20 pour impliquer la société civile française dans la préparation de Rio+20. Très vite, nous nous sommes aperçus qu’ils avaient aussi l’objectif d’agréger les organisations à leurs objectifs réducteurs. Avec les associations, les ONG et la CFDT (plus de 80 organisations), nous avons constitué, sous l’impulsion l’association 4D (Dossiers et Débats pour le Développement Durable,) un comité Rio+20, apte à faire entendre nos convergences alternatives et de positionnement et à engager des initiatives d’actions. Il exerce, à présent un rapport de force certain, sans pour autant ôter l’identité et le positionnement propre à chaque organisation. Il a produit une déclaration conséquente avec une version synthèse, en août 2011, et une première contribution officielle aux travaux du comité (voir site ). Il vient de rendre publique une tribune, que le bureau confédéral de la CGT a décidé de signer : « une transition maintenant » et qui appelle à un projet de société qui fasse sens. Elle reprend les attentes sociales et industrielles des syndicats, jusqu’à la transformation du travail, l’emploi décent et la sécurité sociale professionnelle… Ce collectif fait la démonstration d’une capacité d’approche intégrée des questions sociales et environnementales comme élément de sortie de crise et vers de nouvelles voies de développement qui impliquent de sortir du business as usual. Le collectif a aussi déposé une contribution officielle à l’ONU sous le titre « la transition de nos sociétés doit commencer ».

La crise économique mondiale ne relègue-t-elle pas les enjeux environnementaux à l’arrière-plan ?

Daniel Geneste : C’est l’alibi utilisé par ceux qui veulent préserver un système antagoniste avec les enjeux et défis, d’où le besoin des rapports de forces et donc l’intérêt de toutes ces convergences et rassemblements créés. C’est par la réduction des inégalités et non par la réduction des budgets sociaux ou l’enfoncement des plus vulnérables dans la précarité croissante que nous devons envisager la sortie, comme l’affirme la tribune du collectif Rio+20. C’est valable à l’échelle nationale comme mondiale. Ceux qui renvoient, au non de la crise, la prise en compte de ces enjeux à plus tard offensent les générations futures et jouent avec l’irréversible.

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