Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Pascal Boniface Sarkozy n’a pas une conception d’ensemble du rôle de la France

9 Avril 2012, 06:59am

Publié par PCF Villepinte

Politique - le 6 Avril 2012

L'Humanité des débats L' entretien

 

Le directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), qui vient de publier le Monde selon Sarkozy, déplore que la France soit vue de l’extérieur comme un pays aligné au camp occidental. Elle n’a rien gagné à son retour dans l’Otan. Il souligne les lourdes conséquences de l’aventure militaire en Libye. La France doit renouer avec sa tradition universaliste.

La France de Sarkozy a-t-elle gagné en influence sur la scène mondiale ?

Pascal Boniface. Non, et d’abord pour deux raisons, l’une liée à l’évolution générale du monde. Pendant la guerre froide, la France occupait un créneau particulier. C’était un pays occidental, mais indépendant. Elle pouvait discuter avec l’Union soviétique sans être liée au monde communiste. Elle jouissait d’une situation exceptionnelle qui lui permettait de peser davantage que son poids réel. Le paradoxe, c’est que tous les présidents de la Ve République ont appelé au dépassement du monde bipolaire, mais la fin du monde bipolaire a réduit le rôle de la France car elle a perdu alors sa place spécifique. Le deuxième facteur, c’est que nous assistons à la fin du monopole occidental de la puissance. Comme pays occidental, la France voit son rôle diminuer. Ces évolutions stratégiques majeures s’imposent à tout président. Mais l’erreur qu’a commise Nicolas Sarkozy est d’avoir arrimé trop strictement la France au camp occidental.

La volonté politique a été déterminante. À l’époque de la guerre froide, le choix de l’atlantisme aurait pu l’emporter…

Pascal Boniface. Il y avait deux attitudes possibles : se rallier à la locomotive américaine ou travailler à faire bouger les lignes, mais pour cela il fallait être indépendant. C’est la ligne qu’a adoptée de Gaulle, qui fut poursuivie sous Mitterrand et même plus tard, après la guerre froide, par Chirac, quand celui-ci a refusé la guerre contre l’Irak en 2003. Ce fait est important car il montre que cette ligne gaullo-mitterrandiste n’était pas uniquement liée au contexte de la guerre froide mais pouvait lui survivre. Rappelons-nous le prestige qu’a apporté à la France son opposition à la guerre de George Bush. Quel est l’ADN stratégique de la France ? C’est d’être la voix de ceux qui n’en ont pas, de représenter ceux qui n’ont pas droit au chapitre. La France est forte quand elle représente un intérêt général plus important qu’elle-même, quand elle s’oublie en se dépassant dans l’autre. De la Révolution française à de Gaulle et à Mitterrand, chaque fois qu’elle a porté les aspirations de ceux qui ont du mal à peser sur le cours des choses, la France a toujours eu une influence supérieure à son poids réel. Si nous perdons cela, nous ne pesons plus grand-chose.

Sarkozy n’a-t-il pas marqué une rupture avec cette idée de la France ? N’est-ce pas là la portée symbolique du retour dans le giron militaire de l’Otan ?

Pascal Boniface. Dans la configuration géopolitique actuelle, la France ne peut peser que si son intérêt national est en phase avec ceux des autres nations, des autres peuples. C’était le génie de De Gaulle que d’avoir compris cela. Cette stratégie internationale, le Parti communiste la soutenait alors qu’il s’opposait à la politique intérieure de De Gaulle. À l’inverse, le PS, à l’époque, condamnait la politique extérieure de De Gaulle mais Mitterrand l’a poursuivie quand il est arrivé au pouvoir.

Sur l’arme nucléaire, le « rapport Kanapa » (1), qui marque l’approbation par le PCF de la dissuasion nucléaire, est antérieur au ralliement du PS. Le Parti communiste y voyait un instrument d’autonomie. La situation a changé aujourd’hui, mais à l’époque, la force nucléaire nous donnait des marges de manœuvre vis-à-vis de l’Union soviétique, et surtout vis-à-vis des États-Unis. Mitterrand critique la décision de De Gaulle de quitter le commandement intégré de l’Otan. Mais, sur ce point aussi, il suivra cette ligne d’autonomie.Il sera le premier président qui réclamera que les Palestiniens aient un État. En arrivant au pouvoir, Sarkozy veut opérer une rupture, mais ce n’est pas si facile. La France participait déjà à plusieurs comités militaires, elle était déjà en grande partie réintégrée dans l’Otan sans le dire. La principale question est : est-ce que l’Otan doit devenir l’alliance universelle occidentale, ce que Mitterrand qualifiait, en 1990, de « Sainte-Alliance » ? Devons-nous résoudre tous les défis politiques par des moyens militaires ? Est-ce que le rôle de l’Otan, c’est de s’inventer des missions qui nous font courir de graves dangers car nous apparaissons comme le bras armé du monde blanc contre tous les autres ? Pourquoi sommes-nous toujours en Afghanistan après avoir augmenté nos effectifs ? Parce que Nicolas Sarkozy a voulu plaire aux Américains. Nous mettons en danger la vie de nos soldats et nous ne remettons pas en cause les missions de l’Otan. Malgré la montée en puissance des dépenses militaires russes et chinoises, l’Otan représente 70 % des dépenses militaires mondiales.

La France a-t-elle gagné quelque chose à revenir dans le giron de l’Otan en 2009 ?

Pascal Boniface. Non, la France n’a rien gagné. 
Au début, on nous a dit que la France entrait dans l’Otan en échange de l’européanisation de l’alliance. L’entrée était conditionnée à l’obtention d’un gain en ce domaine. Ensuite, on a changé de discours : « Puisque nous sommes dans l’Otan, nous allons obtenir une plus grande européanisation de l’alliance militaire. » Le problème, c’est le regard que porte le monde sur la France. Nous avons donné le sentiment d’un alignement. Nous étions vus comme un pays indépendant des États-Unis. Nous avons perdu cet atout.

Vous distinguez deux courants en matière de politique extérieure : les gaullo-mitterrandistes et les occidentalistes. À quelle école rattachez-vous Nicolas Sarkozy ?

Pascal Boniface. Quand Nicolas Sarkozy était candidat, il s’est franchement rapproché de l’école occidentaliste. En même temps, il est pragmatique et reconnaît que le monde est multipolaire. Il est dans une grande contradiction. Il a deux ministres différents : Claude Guéant et Alain Juppé. Juppé se situe dans la ligne gaullo-mitterrandiste. Le discours de Guéant est une caricature de l’occidentalisme. Juppé reconnaît le caractère positif des révolutions arabes. Une semaine plus tard, Guéant se rend à Vintimille pour dire que 20 000 réfugiés tunisiens représentent un danger pour l’Europe et pour la France. Il y a un écart terrible, une vision du monde et de la France tellement opposée, antagonique, entre Guéant et Juppé qui, logiquement, ne devraient pas appartenir à la même formation politique.

Qu’est-ce qui fait courir Nicolas Sarkozy ? Une conception, une vision du rôle de la France ? Ne sont-ce pas plutôt la recherche de coups qui lui assurent des succès médiatiques, une mise en scène de son propre personnage ?

Pascal Boniface. Je crains que oui. Il agit comme un avocat. Il prend un dossier, va le défendre brillamment avec beaucoup d’énergie mais n’établit pas de lien entre le dossier qu’il plaide aujourd’hui, celui qu’il plaidera demain ou celui qu’il a plaidé hier. Il n’a pas une conception d’ensemble du rôle de la France dans le monde. On l’a vu avec la Libye. Heureusement qu’Alain Juppé a obtenu une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, car guidé par Bernard-Henri Lévy, Nicolas Sarkozy voulait que la France parte seule sans mandat du Conseil de sécurité. La dernière fois que nous avons fait cela, c’était dans l’affaire du canal de Suez, en 1956, et ce fut une catastrophe politique et stratégique majeure pour la France. Les bombardements en Libye ont duré sept mois, imaginez que cela ait pu se faire sans mandat international, cela aurait été un nouveau Suez. Sarkozy s’est lancé dans cette guerre pour faire un coup. Que voit-on maintenant ? Certes Kadhafi a été renversé, mais quels sont les dégâts de cette guerre ? Une cassure avec l’Europe, car nous avons reconnu seuls le CNT (Conseil national de transition) de façon unilatérale, sans avertir l’Europe. La responsabilité de protéger les civils, élaborée par Kofi Annan, est morte parce que nous l’avons détournée vers une action militaire pour un changement de régime. C’était pourtant un concept juridiquement novateur qui permettait de sortir du débat entre ingérence et indifférence. Maintenant, les pays arabes sont réticents. Si rien ne bouge en Syrie, c’est la conséquence de la Libye ; le coup d’État et le chaos au Mali, c’est une conséquence de l’affaire libyenne. Médecins sans frontières a quitté la Libye parce qu’on y pratique la torture, nous avons mis en place des gens qui ne respectent pas la démocratie, sans oublier le risque d’explosion de la Libye avec la volonté d’indépendance de la Cyrénaïque. Sans parler des événements au Mali qui en sont la conséquence indirecte. La guerre en Libye était très présentable médiatiquement mais le coût diplomatique peut être lourd. Sarkozy a réussi en Côte d’Ivoire. On a empêché le redémarrage d’une guerre civile qui aurait plongé l’Afrique de l’Ouest dans une dangereuse tourmente. Sarkozy en parle moins, il préfère évoquer la Libye.

La nomination de Kouchner au Quai d’Orsay, au début du quinquennat, signe-t-elle cette orientation occidentale et médiatique ?

Pascal Boniface. Au départ, Sarkozy hésitait entre Bernard Kouchner et Hubert Védrine. Les deux sont aux antipodes l’un de l’autre. Kouchner accepte le poste sans conditions. Devenu ministre, il a abandonné tous les principes qui étaient les siens lorsqu’il était dans les ONG et dans l’opposition. Védrine a refusé le poste pour ne pas abandonner ses principes. La nomination de Kouchner a été un coup médiatique. Il était populaire, incarnait l’action humanitaire. Il théorisera ensuite son propre échec et son absence de poids dans la détermination de la politique extérieure de la France.

La France a-t-elle renoncé à faire entendre sa voix pour la reprise du processus de paix au Proche-Orient ?

Pascal Boniface. Sarkozy s’est affiché comme étant très proche d’Israël, mais contrairement aux idées reçues, les hommes qui ont enclenché la rupture avec la diplomatie traditionnelle et active de la France furent Chirac et Villepin. Villepin est arrivé à détacher l’appréciation de la relation bilatérale franco-israélienne de l’action pour la reprise du processus de paix au Proche-Orient. Il était d’autant plus aisé à Nicolas Sarkozy de rebondir sur cette politique. Contrairement à Chirac, qui avait parfois des mots durs à l’encontre des autorités israéliennes sans que cela ne changeât rien à sa politique concrète, Sarkozy multiplie les déclarations d’amitié à Israël, au Crif, mais il critique l’absence de résultats au Proche-Orient. Mais il n’en tire aucune conséquence concrète vis-à-vis du gouvernement israélien.

Le discours de Dakar, en 2007, a laissé des traces d’autant plus terribles qu’il a été suivi de mesures vexatoires à l’égard des Africains. N’est-ce pas l’un des aspects les plus graves de la dégradation de l’image de la France ?

Pascal Boniface. Le discours de Dakar a laissé des traces terribles car il a été jugé insultant par les Africains. Dire que l’homme africain n’est pas suffisamment entré dans l’histoire apparaît comme une marque de mépris. Il y avait dans ce discours d’autres points plus positifs, mais on a retenu la phrase la plus choquante. Il est grave que pour un Malien ou un Sénégalais, il soit plus facile de se rendre aux États-Unis qu’en France. C’est pourtant la réalité. Pour des raisons de politique intérieure, d’affichage, nous perdons ce qui est notre essence et notre capacité de rayonnement. La circulaire Guéant sur les étudiants étrangers a été un instrument de dévalorisation de la France. À long terme, dans un monde globalisé, nous avons besoin de rayonner, d’être acceptés par le reste du monde. C’est la tradition française, et si nous donnons l’impression de la renier, d’être repliés sur nous-mêmes, de refuser l’autre, nous aurons moins de moyens de rayonner dans le monde et d’exister.

Qu’attendez-vous fondamentalement d’une politique extérieure nouvelle et d’un nouveau président ?

Pascal Boniface. Le prochain président devra faire en sorte que la France soit la France, comprenne qu’un pays ne peut être fort que s’il a une tradition universaliste. Je ne suis pas un inconditionnel de la France. Je suis patriote, mais si la France fait la guerre en Algérie, je ne suis pas fier de la France, quand elle fait le discours de Cancun ou de Phnom Penh, j’en suis fier. La France ne peut être elle-même que si elle représente une dimension plus large qu’elle-même. Qu’elle arrête de tenir des discours de stigmatisation et renoue avec sa tradition universaliste.

Une contribution au débat 

Pascal Boniface, directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris) et enseignant à l’institut d’études européennes de l’université Paris-VIII, vient de publier le Monde selon Sarkozy (1). Cet ouvrage fait figure d’exception dans le foisonnement éditorial 
qui accompagne la campagne de l’élection présidentielle, en traitant de la politique étrangère de la France au cours des cinq années qui viennent de s’écouler. Les questions internationales ne sont pas le principal critère du choix des électeurs, elles sont reléguées à la seconde place, derrière les préoccupations de politique intérieure. Cependant, 
la place de la France et son action dans l’arène mondiale à l’époque de la globalisation capitaliste 
en crise sont des enjeux d’autant plus importants que 
le président sortant a voulu se dégager d’une certaine idée de la France qui a marqué notre diplomatie depuis de Gaulle et qui fut à peu près fidèlement poursuivie 
par ses successeurs jusqu’en 2007.

 

(1) Le Monde selon Sarkozy, 
Jean-Claude Gawsewitch Éditeur. 284 pages 18,90 euros.

 

(1) Du nom de l’ancien dirigeant communiste, 
Jean Kanapa.

Entretien réalisé par Jean-Paul Piérot

Voir les commentaires

Loin des exercices traditionnels de chiffrage, donner à voir la possibilité d'une autre logique

9 Avril 2012, 06:52am

Publié par PCF Villepinte

Programme du Front de gauche : « Loin des exercices traditionnels de chiffrage, donner à voir la possibilité d'une autre logique »

Par Yves Dimicoli, Denis Durand, Frédéric Boccara, le 06 avril 2012

Programme du Front de gauche : « Loin des exercices traditionnels de chiffrage, donner à voir la possibilité d'une autre logique » (économistes du PCF)
De prétendus éléments de chiffrage du programme du Front de gauche ont été avancés dans divers journaux, dont « Le Monde ». Très discutables, ils cherchent à accréditer l'idée que ce programme serait irréaliste, voire dangereux.
 
Ils montrent surtout que leurs auteurs font fi de la nouvelle logique sur laquelle la mise en œuvre de ce programme permettrait d'embrayer, rompant avec les cercles vicieux de la croissance financière et du chômage, à la racine de l'emballement des déficits et des dettes.
 
On amorcerait, au contraire, les cercle vertueux d'un nouveau type de croissance tirée par la sécurisation et la promotion de l'emploi, de la formation, des revenus du travail et de remplacement et une grande expansion des services publics, en France et dans ses régions, en Europe.
 
Faisant reculer tous les gâchis de capitaux et écologiques, grâce à l'intervention des salariés et des citoyens pour changer les gestions d'entreprises, elle mobiliserait l'argent des profits, des fonds publics et du crédit bancaire pour réaliser de grands objectifs sociaux et environnementaux novateurs.
 
Le programme du Front de gauche, jamais cité par « Le Monde », déclare précisément : « Nous proposons que la BCE finance par création monétaire un Fonds de développement social, solidaire et écologique européen ».
 
Le produit d'achats de titres de dette publique des différents États de la zone euro par la BCE serait, en effet, affecté, en alimentant ce Fonds, pour une expansion des services publics, différenciée suivant les besoins des divers pays, en vue d’une nouvelle croissance sociale, avec des coopérations de solidarité entre les services publics.
 
De même, il s’agirait de déployer une « nouvelle mission de service public du crédit … au service de l’emploi, de la formation, de la croissance réelle et de la préservation de l’environnement. » Cela concernerait une baisse sélective très forte des taux d’intérêts jusqu’à zéro (voire négatifs, avec une diminution des remboursements) pour un crédit long aux entreprises, avec des taux d’intérêts d’autant plus abaissés que sont programmés et vérifiés de bons emplois et formations, pour des investissements réels, matériels et de recherche et leur efficacité appuyée sur la combinaison des recherches et des formations hardies.
 
Ce nouveau crédit pourrait être organisé à plusieurs niveaux, local, national et européen, de façon diversifiée et coordonnée. Ainsi, au niveau local, nous proposons des Fonds régionaux publics pour la prise en charge, par des fonds publics, de tout ou partie des intérêts, pour des crédits favorisant l’emploi et la formation avec des investissements efficaces pour une nouvelle croissance réelle.
 
Au niveau national, nous proposons l’institution d’un Pôle financier public. Il viserait la mise en réseau des institutions publiques et mutualistes existantes (Caisse des dépôts, Banque Postale, Oseo, Caisses d'épargne, Banques mutualistes) ainsi que certaines nationalisations de banques, comme pour Dexia.
 
Ce pôle contribuerait à impulser des orientations nouvelles, y compris dans tout le secteur bancaire et financier, avec l’avancée de contrôles publics et de dispositions nouvelles, en liaison avec des soutiens publics possibles de recapitalisation des banques. Outre les incitations au nouveau type de crédit, les mesures porteraient notamment contre les activités spéculatives, y compris par la séparation des banques de dépôts et d’investissement, et elles viseraient à conjuguer croissance réelle efficace et progrès social, avec également des taxations dissuasives et incitatives.
 
On pourrait encore, pour renforcer le Pôle public et le soutien des baisses sélectives des taux d’intérêt, utiliser une partie des énormes fonds publics, gâchés et poussant aux bas salaires, comme ceux dévolus aux exonérations de cotisations sociales (28 milliards d'euros annuels).
 
Enfin et surtout, ce nouveau type de crédit pourrait s’appuyer sur un autre financement des banques par la BCE, tout particulièrement pour des crédits à long terme. Cela implique de nouvelles missions prioritaires pour la BCE, pour l’emploi et la croissance réelle, contre la priorité actuelle à l’opposition à l’inflation avec l’objectif principal dit de maintien de la stabilité des prix.
 
Alors que, déjà, la BCE a dû prêter à 1% sur 3 ans plus de 1000 milliards d'euros aux banques, sans aucune condition de critères visant une relance de la croissance sociale, et alors qu'elle a du prendre 217 milliards d'euros de dette publique de pays européens, ce sont donc plusieurs centaines de milliards d'euros qui seraient rendus disponibles pour l'ensemble des pays européens dont la France.
 
Ces propositions ambitieuses et réalistes du programme du Front de gauche permettent d'aller au-delà des propositions de F. Hollande et du PS mettant en cause la finance, tout en précisant l'audace nécessaire.
 
Loin des exercices traditionnels de chiffrage, toujours faux car contredits par les réalités ultérieures, auxquels donnent lieu les élections et qui, aujourd'hui plus que jamais, visent à enfermer la réflexion des citoyens dans le fatalisme face aux contraintes réputées indépassables du capitalisme financier en crise, il s'agit de donner à voir la possibilité d'une autre logique.
 
Yves Dimicoli, Denis Durand, Frédéric Boccara, membres de la commission économie du PCF,
 
Paris, le 5 avril 2012

Voir les commentaires

Le mécanisme infernal européen (On leur fait un dessin, épisode 7)

9 Avril 2012, 06:47am

Publié par PCF Villepinte


Ep. 7 - Le mécanisme infernal européen ("En... par CN-PCF

 

En 2012, on leur fait un dessin ? Episode 7 sur l'Europe, l'austérité, les nouveaux traités et le Mécanisme européen de stabilité.

Tous les épisodes : En 2012, on leur fait un dessin

 

Voir les commentaires

Infamie(s): quand la haine se déverse sur Mélenchon...

8 Avril 2012, 06:50am

Publié par PCF Villepinte

Quand Laurence Parisot et Gérard Collomb attaquent le candidat, on ne sait plus qui parle et à qui l'on a affaire. Un cas typique de mimétisme et de défense du système.
Commun. Jamais le bloc-noteur n’aurait imaginé poser un jour cette question. La voici pourtant: qu’y a-t-il de commun entre Laurence Parisot et Gérard Collomb? Primo: la lecture du Figaro. Secondo: une certaine errance philosophique. Tercio: un goût prononcé pour la conformité langagière et les convenances idéologiques, quand le modèle reste le monde tel qu’il est, avec ses traiders, ses goldens boys, ses publicitaires, ses pitreries télévisuelles, ses réflexes d’autolégitimation du capitalisme, quand la porosité des idées atteint un tel degré de chevauchement qu’on ne sait plus qui parle et à qui l’on a affaire, bref, quand les puissants ne croient qu’en leur propre loi… et quand la gauche dite de «gestion» ne croit qu’en la loi des puissants. Curieux mélange. Étrange transition.

Parisot. Le mimétisme fabrique souvent des stupides. Ainsi, simultanément, Parisot et Collomb se sont singés l’un l’autre jusqu’à l’absurde. À savoir la haine de Jean-Luc Mélenchon et de ses idées. Parisot dans le texte: «Jean-Luc Mélenchon aime laisser entendre qu’il est un vrai révolutionnaire. On aime bien la révolution, il y a des choses sympathiques. Mais je trouve que Mélenchon est beaucoup plus l’héritier d’une forme de Terreur que l’héritier des plus belles valeurs de la Révolution.» Faut-il encore, ici-et-maintenant, répondre à ce genre d’argument avilissant? D’abord, un point de rappel: Jean-Luc Mélenchon ne «laisse» pas «entendre» qu’il se veut révolutionnaire: il l’est! Et puis il est aussi matérialiste, universaliste, républicain, socialiste de la sociale, redistributif, partageux et même, tenez-vous bien, fraternaliste et égalitariste à tout rompre.
Comment répondre à Madame Parisot, sinon en pillant l’Incorruptible lui-même. Robespierre: «Citoyens, vouliez-vous une révolution sans révolution?» Encore Robespierre: «Je ne suis pas le défenseur du peuple, je suis du peuple.» Toujours Robespierre: «Je suis du peuple, je n’ai jamais été que cela ; je méprise quiconque a la prétention d’être quelque chose de plus.» À défaut de la convaincre, souhaitons que de tels mots continuent de faire peur au Medef. Et outre-Manche aussi, du côté de la City. «We are dangerous, very dangerous!»
Collomb. Gérard Collomb, lui, est sénateur et maire socialiste de Lyon. Tellement taillé pour le rôle qu’il n’est pas absurde de se demander à quand remontent ses dernières lectures de Jaurès ou de Blum. Glacé d’effroi par la menace d’un Front de gauche rougissant à mesure que la température électorale monte, ce monsieur bien comme il faut, voulant par là montrer à quel point il se différenciait de son ancien ami du Parti socialiste, a lui aussi utilisé la violence toute personnelle pour exprimer à quel point, lui, se considère comme un modéré (sic). Collomb dans la langue: «Le modèle que défend Mélenchon, on l’a essayé en URSS, au Cambodge, ça ne marche pas.» Apprécions l’intelligence du propos et toute la mesure du mode comparatif. Mélenchon = Pol Pot. Pour le notable des Gaules, le candidat de la révolution citoyenne promet donc au peuple français le massacre de centaines de milliers de personnes. Au lendemain de cette confession de grand penseur, Collomb a évidemment rétropédalé en écrivant sur son blog que Mélenchon était un «démocrate» (ouf !) et un «républicain» (merci pour lui). Mais il a cru bon d’ajouter que son programme n’était «pas fait pour être appliqué mais pour frapper les esprits». Traduction: en plus d’être un assassin potentiel, Jean-Luc Mélenchon et tous les acteurs du Front de gauche sont de fieffés menteurs et osent promettre tout et n’importe quoi, surtout des choses irréalisables… Voilà où en est le débat d’idées avec certains socialistes. Nous pourrions en rire. Mais cette frénésie grotesque et infamante risque de se poursuivre jusqu’au 22 avril. Ne nous laissons pas impressionner.

A Limoges, des milliers de
personnes sont restées dehors...
Jaurès. D’où vient cette rage? L’autre soir, un socialiste de notre connaissance, pourtant «indigné» par les propos de Collomb, décrivait ainsi la situation politique: «Pour s’imposer dans la durée, Mélenchon a intérêt à voir Sarkozy gagner.» Certains n’ont décidément rien compris à l’insurrection civique en cours et à l’une des conditions de sa réussite: que Nicoléon soit archi-battu, pour qu’une brèche s’ouvre dans l’édifice ordo-libéral. Après, que cela plaise ou non à Parisot ou à Collomb (et à tous les autres), nous serons alors dans les pas de Jaurès: «Nous ne proposons pas seulement d’atténuer, de réformer les abus de la société, nous voulons réformer en son fond cette société même, transformer toute la propriété capitaliste en propriété sociale gérée.» Cette ambition s’imposera bientôt à toute la gauche. Car «le peuple en décidera par la force : la force de la loi». Encore Jaurès? Non, Mélenchon

Voir les commentaires

A ceux qui croient au ciel et à ceux qui n’y croient pas

8 Avril 2012, 06:32am

Publié par PCF Villepinte

A ceux qui croient au ciel et à ceux qui n’y croient pas
Au moment de faire partir cette lettre aux croyants, sur laquelle nous réfléchissions depuis plusieurs semaines, une profonde révolte est venue nous étreindre.
Face à la terrible tuerie de Toulouse et de Montauban, l'immense majorité du pays a réagi avec compassion, solidarité, dignité. Aujourd'hui la peine n'est pas tarie et nous n'oublions pas. Le temps est venu pour tous ceux qui refusent les paroles de haine, qui ont été prononcées depuis, de s'unir pour s'y opposer.
L’identité du tueur est désormais en train d’ouvrir les vannes aux discours de haine et de guerre. A la suite du violent climat de xénophobie qui a été soigneusement entretenu ces dernières années jusqu’au plus haut niveau de l’Etat, les amalgames nauséabonds reviennent au galop : immigration, insécurité, terrorisme, misère. Avec ceux qui croient au ciel et avec ceux qui n’y croient pas, nous voulons faire barrage à ce déferlement, nous voulons lancer un puissant message de paix.

Ces évènements dramatiques n’adviennent pas dans un ciel sans nuages. Ces derniers temps, de polémiques dangereuses en stigmatisations malsaines, religion comme laïcité ont été détournées pour essayer de faire avancer la peur de l’autre et le repli sur soi. Chaque geste en ce sens a donné du grain à moudre aux racistes comme aux intégristes, qui au fond se rejoignent et se nourrissent.

- Nous avons dû combattre la course à l’islamophobie engagée par le Président de la République et ses amis avec Marine Le Pen. Aux hommes et aux femmes de confession musulmane, qui ont été violemment montrés du doigt, nous voulons dire qu’ils ne sont pas seuls.
- Nous avons dû dénoncer la façon insultante qu’a eu Nicolas Sarkozy de s’approprier la foi des chrétiens et d’y mêler la République. Subissant de plein fouet sa politique, nombre d’entre eux ont été choqués par les valeurs qu’il a foulées aux pieds, avec la traque des roms, la stigmatisation des chômeurs et le culte de l’argent.
- Nous avons dû démasquer l’imposture de l’extrême droite et les dérives de la droite qui a cherché à réveiller la bête immonde, en ressuscitant l’idée de civilisations supérieures et en montrant du doigt les comoriens, les tunisiens ou encore les grecs. Une droite qui a cherché à réinventer le racisme sur la base des convictions religieuses. L’antisémitisme ne tarde pas à surgir, lorsque la peur et la haine de l’autre grandissent. Il faut s’unir pour les combattre ensemble !
- Nous avons du affronter les fondamentalismes, qui contestent la légitimité de la République et veulent imposer des lois au nom de présupposés religieux. De même que les communautarismes, qui apparaissent pour certains comme des refuges face à la violence du monde, mais en réalité isolent et opposent.
- Nous avons dû, enfin, défendre la laïcité, à qui l’on a bien souvent voulu faire dire des choses qu’elle ne dit pas. Elle établit l’égalité de droits pour tous les citoyennes et citoyens, quelles que soient leurs convictions religieuses ou philosophiques, dans un état indépendant. Cette égalité de droits comprend l’égalité entre hommes et femmes qui demeure dans toute la société un combat essentiel à mener. La laïcité est une grammaire du vivre ensemble.

C’est pourquoi nous refusons cette manière qu’a Nicolas Sarkozy de vouloir dicter aux croyants les cadres d’une religion-pharmacie qui serait chargée de répandre une morale publique d’appoint et de renvoyer dans l’au-delà les attentes d’une vie meilleure. Comme nous refusons une conception de la laïcité qui mène combat contre la religion et cherche à formater des individus dépouillés de leurs convictions dès qu’ils franchissent le pas de leur porte. Les communistes pensent que les croyants ont beaucoup à apporter au pot commun dans la construction d’une société plus humaine.

Nous voyons bien que le pouvoir en place n’a jamais eu qu’une idée en tête : diviser, opposer, désigner des boucs-émissaires. La laïcité est tout l’inverse de cela. Elle doit permettre un débat démocratique apaisé, parce que chacun s’y sent respecté, pour construire la paix.

Notre société est traversée par une crise sociale et économique, mais aussi écologique et démocratique, d’une extrême gravité. Pour nous, il s’agit d’une crise de civilisation qui remet profondément en cause la place et le devenir de l’humain. Elle est le résultat de choix politiques, outrancièrement accentués ces dernières années, qui ont conduit à des régressions majeures et à des renoncements dévastateurs pour la vie quotidienne des hommes et des femmes. Les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité ont été allègrement piétinées. Comment bien vivre ensemble lorsque l’angoisse du lendemain est devenue une obsession lancinante ?

Il y a urgence aussi à arrêter les guerres néo-coloniales insupportables qui servent aujourd’hui de prétexte à des fous et à établir une paix juste en Israël et en Palestine.
La seule solution, la seule perspective qui devrait nous faire vibrer, c’est la fraternité, c’est une humanité dans laquelle chacun est reconnu et respecté.

Avec le Front de gauche, la volonté du Parti communiste français est plus que jamais de construire un changement profond qui conteste le pouvoir des forces de la finance et fasse valoir l’humain d’abord. Ce changement, nous voulons le construire avec notre peuple dans sa diversité. Et pour reprendre à nouveau la formule d’Aragon, avec celles et ceux qui croient au ciel comme avec celles et ceux qui n’y croient pas.

Les vraies raisons de nos difficultés ne sont à chercher ni chez celui qui croit différemment, ni chez celui qui souffre plus encore, ni chez l’étranger qui essaye de survivre à la traque, ni chez le jeune qui ne se voit pas d’avenir.
On les trouvera dans le choix de la concurrence à tout crin, la destruction de l’intervention publique, les atteintes à la démocratie, la marchandisation de tout ce qui pourrait nous unir et nous grandir, les discriminations en tous genres, la recherche effrénée du profit maximum quelles qu’en soient les conséquences, l’accaparement des richesses par quelques uns, les guerres néo-coloniales…
Hommes et femmes du peuple, nous pouvons nous unir dans notre diversité, face aux vraies causes et aux vrais responsables de notre mal-vie.
Nous sommes convaincus qu’il y a besoin d’autres choix politiques, radicalement différents. Des choix politiques qui mettront l’humain au coeur des préoccupations et des enjeux, pour redonner du sens au vivre ensemble.
En prenant garde de ne pas tout ramener aux élections, nous tenions à vous adresser ces quelques mots de respect et d’espoir, après ces années de traumatismes. Ces quelques mots de confiance en ce que notre peuple est capable de construire. Ensemble, prolongeons le débat et poursuivons sur des chemins communs.

Voir les commentaires

Vote par procuration, comment ça marche ?

8 Avril 2012, 06:27am

Publié par PCF Villepinte

Procuration

 

Vous pouvez donner procuration à la personne de votre choix, inscrite sur les listes électorales dans la même commune que vous.

Pour cela, il vous suffit de vous rendre dans votre commissariat, brigade de gendarmerie ou tribunal d’instance muni d’une pièce d’identité pour établir votre procuration.

Vous attesterez des raisons pour lesquelles vous ne pouvez pas être là (vacances, déménagement, etc.) et indiquerez prénom, nom, adresse, bureau de vote, date et lieu de naissance de la personne que vous avez choisie

 

Pour plus de renseignements n’hésitez pas à consulter le site du ministère de l’Intérieur :

http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/elections/comment_voter/vote-par-procuration

Vous ne pouvez pas aller voter le 22 avril ou le 6 mai ?

Si vous ne connaissez personne pour porter votre procuration, les militants du PCF peuvent vous mettre en relation avec un électeur Front de Gauche près de chez vous.

Attention, s'inscrire sur le site ne dispense pas de faire les démarches administratives pour établir la procuration une fois votre mandataire trouvé.

Remplissez ci-dessous le formulaire pour être mis en relation avec un électeur !

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6