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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Jean-Luc Mélenchon: "On a bien travaillé"

21 Avril 2012, 06:36am

Publié par PCF Villepinte

Jean-Luc Mélenchon

 

 

 

Pour la presse étrangère qui couvre l'élection présidentielle française, le candidat du Front de gauche est le phénomène de la campagne. Rendez-vous était donc pris entre Jean-Luc Mélenchon et une cinquantaine de reporters, ce vendredi matin, à l'Usine. L'occasion pour Jean-Luc Mélenchon d'affirmer avoir "bon espoir" pour le premier tour et de décliner ses appréciations sur les sujets internationaux. Revue de détail.

  • Objectifs pour dimanche et pour l'avenir

Nicolas Sarkozy. "Si on met par-dessus le tapis (Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen, ndlr), nous aurons changé le cours de l'histoire. Pour lui, la présidentielle doit permettre de "faire perdre" Nicolas Sarkozy: car alors, "nous effondrons l'axe "Merkozy" et il ne nous restera plus qu'à faire de même en Allemagne" aux élections de 2013. "Aussi, en moins d'un an, nous aurons réussi à mettre par terre tout le dispositif" car "les politiques de contraction des budgets de l'Etat ne mènent qu'à la récession".

Marine Le Pen. Le second objectif est de passer devant la candidate du Front nationale: "Si on est devant elle, nous aurons accompli un véritable exploit politique" après "la honte que nous avons subie en 2002 et ensuite."

François Hollande. Le troisième objectif a trait au Parti socialiste et à son candidat, François Hollande. "Notre stratégie n'est pas de peser sur les socialistes mais de prendre le pouvoir nous-mêmes. Nous ne sommes pas des participants à un congrès du PS, nous sommes autonomes, indépendants et exigeants." Et, "le moment venu, nous instrumentaliserons les socialistes du mieux que nous pourrons pour accélérer le processus vers la révolution citoyenne."

  • Politique étrangère

L'exemple de l'Amérqiue du Sud. "Les processus révolutionnaires en Amérique du Sud sont une source d'enseignement pour nous", a dit l'eurodéputé, s'adressant particulièrement au président équatorien Rafael Correa à qui il a emprunté son "que se vayan todos" pour le titre de son best-seller "qu'ils s'en aillent tous".

Revenant sur le Venezuela, ce "témoin des campagnes de mobilisation" a dit avoir "gardé à la maison comme un souvenir plaisant un paquet de nouilles vendu dans une épicerie sociale sur laquelle étaient inscrits des articles de la Constitution", déplorant qu'on traite Hugo Chavez de "dictateur" lui qui "a gagné 12 élections sur 13".

"Chez nous", ceux qui "trahissent le peuple" comme l'a fait Nicolas Sarkozy en "passant à côté du référendum de 2005" sur le traité européen, ne sont "jamais traités de dictateur", a-t-il lancé.

Etats-Unis. Jean-Luc Mélenchon s'est à nouveau dit "hostile" à l'Otan qui aligne les pays sur les "Etats-Unis d'Amérique, une puissance dangereuse" qui est "sur le déclin".

La Chine et le Tibet. Sur la Chine, il a jugé que la France avait de "nombreuses connivences intellectuelles et culturelles" avec ce pays qui n'est "certainement pas une menace", soulignant notamment la "prise de conscience chez les dirigeants chinois de l'impératif écologique".

Interrogé sur le Tibet par une journaliste indienne, il a dénoncé ceux qui veulent le faire passer pour un "diable rouge méprisable", rappelant sa position : "J'ai toujours été hostile à tous les régimes théocratiques fussent-il aussi sympathiques que ceux que nous connaissons par les aventures de Tintin au Tibet".

Cuba. Le candidat Front de gauche a rappelé son "attitude double" à l'égard de l'île, mêlant "beaucoup de sympathie et d'admiration pour la Révolution cubaine contre l'empire américain" et un désaccord sur la façon dont la politique est organisée là-bas "étant attaché au pluripartisme". Mais "on ne peut parler de rien à propos de Cuba aussi longtemps que Cuba sera assiégée par les Etats-Unis d'Amérique", pense-t-il, se disant "pleinement solidaire pour condamner l'embargo".

  • A lire:

Présidentielle: ne pas se tromper de vote utile

Le meeting du Front de gauche Porte de Versailles en textes et images

L'Amérique du Sud lâche Obama

Toute la campagne du Front de gauche sur Humanite.fr

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Le meeting du Front de gauche Porte de Versailles, en textes et images

20 Avril 2012, 11:41am

Publié par PCF Villepinte

Politique - le 19 Avril 2012

 

 

Le Front de gauche a investi le Parc des expositions de la Porte de Versailles, à Paris, pour son dernier grand meeting de campagne, devant plus de 60 000 militants. La rédaction d'Humanite.fr vous faire vivre et revivre ce grand évènement, en textes et en images.

Appel de fin de meeting de Jean-Luc Mélenchon : "Camarades, je ne sais pas de quoi sera fait dimanche soir. Mais vous savez quel est votre camp ! Le Front de gauche est votre outil. Il est devenu petit à petit le Front du peuple lui même, il est plus grand que nos drapeaux, que nos partis, que notre programme lui même. C'est le peuple, et s'il comprend qu'il est en mouvement, rien ne peut lui résister ! Sur mon honneur, jamais je me dédierai du drapeau que vous m'avez confié. Ni a vendre, ni à acheter, ni à domestiquer ! J'appelle tous mes amis, et tenons nous par la mains, comme nous le faisons lorsque nous chantons l'Internationale ! Résistance !"

Vers 19h45, et écouté avec attention, Jean-Luc Mélenchon prend la parole. Éclats de rire quand il est dit "les rats quittent le navire, c'est l'appel de la gamelle" en référence aux ralliements des ex-soutiens de Sarkozy. Applaudissements, lorsque le candidat du Front de gauche affirme: nous créons un chemin nouveau qui balaie les tenants de l'austérité"

"La France s'est réveillée, un monde va s'écrouler, le feu a pris à la plaine et leur grille les fesses !  Le peuple qui a voté non en 2005 est encore là et réclame son du ! Le peuple qui a défendu bec et ongles son immense conquête, cet acquis de civilisation qu'est la retraite à 60 ans et qui ira la récupérer avec des fourches s'il le faut.

Il faut comprendre ce que nous sommes en train de faire. Ce n'est pas seulement un peuple qui veut se débarrasser d'un dirigent. Ce n'est pas que pour nous que nous nous battons. En nous débarrassant de Sarkozy, nous allons aussi débarrasser l’Europe de l'axe Merkozy, qui a pris les peuples à la gorge. Ça commence par nous, et l'an prochain ce sera au tour des Allemands ! Nous allons ouvrir tous ensemble un chemin nouveau qui balayera l'Europe des souffrances et de l'austérité. Et vous êtes l'avant-garde de ce mouvement.

Quelque soit le prochain président de la république, la finance est prête à attaquer. Face à cette agression il n'y a que deux possibilités : résister ou capituler. Nos frères et nos sœurs grecs se sont serrés la ceinture, ils ont tout vendu, tout perdu et au final, Rien : Il faut résister, rendre les coups ! Comme disait Makiavel : « la meilleure forteresse des tyrans, c'est l'inertie des peuples », alors il faut nous battre ! Et nous devons commencer par nous débarrasser de Nicolas Sarkozy. Mais surtout il faut faire sauter le verrou des LePen ! Qui bloquent le débat politique par la peur ! C'est l'union du peuple autour d'une direction politique et autour des mouvements sociaux qui peut vaincre."

"Nous avons la possibilité de financer l'intégralité du programme Humain d'abord. L'irréalisme est de l'autre côté. L'argent y est ! Avec les 1000 milliards prêtés aux banques privées par la BCE, il y avait de quoi solder plusieurs fois la dette grecque.

Partout en Europe on regarde ce que va faire la France. Si vous nous donnez les moyens de passer devant le Front National, vous ferez une bonne action non seulement pour la France, mais aussi pour toute l'Europe. A ceux qui hésitent, je le dis, c'est nous qu'il faut aider. J'adjure tous ces journaux qui se disent de gauche, d'imiter plutôt l'Humanité que l'Express, et d'arrêter de nous tirer dans le dos ! Le vote utile, pour soi et pour toute l'Europe, c'est le Front de Gauche. Et le niveau du vote du Front de Gauche, c'est l'indicateur du trouillomètre de la droite ! Et plus la droite a peur, plus ils en lâchent ! Plus nous serons forts dans les urnes, plus vous serez forts dans votre entreprise !

Quand on est de gauche et qu'on arrive au pouvoir, on commence par augmenter les petites payes. Parce que survivre, ce n'est pas un projet de vie ! Partout en Europe l'espérence de vie diminue ! Ici en France, l'espérance de vie en bonne santé a baissé d'un an ! Voilà le bilan de Sarkozy et des larbins du capitalisme !"

 

Camarades, je ne sais pas de quoi sera fait dimanche soir. Mais vous savez quel est votre camp ! Le Front de gauche est votre outil. Il est devenu petit à petit le Front du peuple lui même, il est plus grand que nos drapeaux, que nos partis, que notre programme lui même. C'est le peuple, et s'il comprend qu'il est en mouvement, rien ne peut lui résister !

Sur mon honneur, jamais je ne me dédierai du drapeau que vous m'avez confié. Ni a vendre, ni à acheter, ni à domestiquer !"

 

Pierre Laurent, secrétaire général du PCF, président du conseil national de campagne du Front de gauche : "Je veux dire, ce soir, à toutes celles et à tous ceux qui font la force de cette campagne, sa belle et magnifique énergie, je veux leur dire bravo. A tous du fond du cœur, je vous dis bravo. [...] Allez voter tels des citoyens libres et égaux en droits. Allez voter pour vos idées ! Allez voter pour reprendre le pouvoir. Allez voter, libres, en femmes et en hommes libres, dimanche pour Jean-Luc Mélenchon. [...] Oui, prenez le pouvoir, nous l'avons voulu, vous l'avez fait. Et aujourd'hui, grâce à vous, tout a changé. Une à une, nous avons ouvert les portes à des propositions que les autres candidats voulaient ignorer. Des propositions que pourtant la grande majorité des Français met en tête de leurs priorités. C'est vous qui avez imposé l'ordre du jour de cette campagne ! Oui, je l'affirme, rien ne se fera sans vous ! Vous avez commencé à reprendre la main, eh bien maintenant, ne lâchez rien ! Oui, amis et camarades, poussez les portes du changement, ouvrez-les les plus grandes possibles pour que le 22 avril tout ne s'arrête pas mais que tout commence ! Vive le Front de gauche ! Vive ce nouveau Front populaire qui rendra le changement irréversible ! "

Martine Billard, co-présidente du parti de gauche a pris ensuite la parole :
"
Il nous faut une 6ème République, sociale, écologique avec une nouvelle constitution, où seront inscrits de nouveaux droits : droit à l'IVG remboursé, droit de mourir dans la dignité, le refus du racisme et de toutes les discriminations, de nouveaux droits pour les travailleurs : interdiction des licenciements boursiers et droit de veto pour les CE. Mais aussi le refus de la compétition entre les régions et cela nécessite que la loi s'impose de la même façon à tous les citoyens, dans toutes les entreprises, dans tous les territoires, que ce soit en droit du travail ou pour la laïcité. Nous avons aussi besoin d'une 6ème République qui en finisse avec la monarchie présidentielle et l'affairisme de Sarkozy et sa bande. [...] Il faut remettre l'Humain au centre, l'Humain d'abord. Et pour cela, dimanche On vote convictions On vote Mélenchon !"

Christian piquet, animateur de la coordination nationale du Front de gauche, accueille les spectateurs. "Grâce au Front de gauche, la gauche, est en train de redevenir le camp du travail et des travailleurs. Grâce au Front de gauche, parce que nous faisons progresser la gauche tout entière, il va être possible de dire, le 6 mai, à Monsieur Sarkozy : Vous et vos petits marquis de l’UMP, du balai !"

En fond de salle, un drapeau tricolore est brandi par des gens venus du 93, "sans carte ni parti", venus montrer que "la France c'est nous"

18h50 : le meeting va commencer

Nombre de familles sont venues écouter le meeting

18h30 : Flot incessant à l'entrée du parc des expositions. La plupart des gens croises viennent d'ile de france mais certains viennent de plus loin, comme Michel, du Var.

18 heures : ouverture des portes
(vidéo à lire en 240p si problème) 

 

 

 

 

 

Dans les coulisses du hall 1, le pôle vidéo du Front de gauche qui diffuse les images du meeting, à voir dès 19h sur humanité.fr

Des distributeurs de pancarte "pour une VIe république attendent l'ouverture des portes.


Sur les côtés de la salle, quelques centaines de chaises. Mais la foule du Front de gauche sera debout, comme à Marseille, Toulouse, Vierzon, Limoges, Nantes, Lille ... 

17h30, avant l'ouverture des portes du parc 1 : 60 000 personnes pourront vivre le meeting.

17 heures : les portes du Parc de Versailles n'ouvrent que dans une heure. Mais déjà les premiers participants au meeting font la queue devant les grilles

 

Textes et images, Pierric Marissal, Raymond Kargar et Stéphane Guérard

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Présidentielle: ne pas se tromper de vote utile

20 Avril 2012, 11:35am

Publié par PCF Villepinte

     

     

     -

     

    A deux jours du premier tour de la présidentielle, les derniers sondages sont tombés, qui installent tous François Hollande en tête des intentions de vote, avec une avance confortable sur un Nicolas Sarkozy qui dévisse. De quoi remettre en cause les appels nourris du Parti socialiste à "voter utile", donc pour leur candidat.

    • Hollande devant dans tous les sondages

    Ce vendredi, les instituts donnent tous le candidat socialiste devant le président sortant au premier tour:

    1. 30% contre 26,5%, pour l'institut BVA, dans une enquête publiée par Le Parisien-Aujourd'hui en France
    2. 28% contre 25%, dans un sondage CSA pour BFM-TV, 20 Minutes et CSC
    3. 27,5% contre 26,5%, pour Harris Interactive, VSD et LCP
    4. Seul Sofres-Sopra Group pour I>Télé donne du 27-27%

    Si tous ces instituts soulignent la marge d'erreur, qui varie de 1,5% à 4% selon la taille des échantillons, pour le premier tour, tous sont encore plus formels pour la tendance au deuxième tour en cas de duel Hollande-Sarkozy. Le premier compte une dizaine de points d'avance sur le second (de 55%-45% pour TNS Sofres à 14 points (57%-43% pour BVA).

    • Le Front de gauche affronte le Front national

    En revanche, l'incertitude est totale pour la troisième place, entre le candidat du Front de gauche et celui du Front national. Si BVA les place à égalité à 14%, les autres instituts donnent l'avantage à la fille de Jean-Marie Le Pen (17% contre 13% pour TNS Sofres, 16%-12% pour Harris, 16%-14,5% pour CSA). Avec, là encore, toutes les précautions d'usage sur les marges d'erreur.

    •  
    • Les deux façons de voter utile selon Mélenchon

    De quoi donner encore plus de force à l'appel aux indécis de gauche de Jean-Luc Mélenchon pour l'aider à passer devant l'extrême droite, et "faire avancer le niveau des exigences" de la gauche. "Le vote utile (...) c'est le vote pour le Front de gauche, et le niveau du vote du Front de gauche est l'indicateur du trouillomètre de la droite", a-t-il expliqué jeudi soir lors de son dernier meeting avant le premier tour au Parc des expositions de Paris.

    "Il faut bien comprendre ce que nous sommes en train de faire, ce n'est pas seulement un peuple qui règle ses comptes avec un dirigeant (...) nous ne nous battons pas que pour nous-mêmes. Nous allons briser sur le Vieux continent l'axe Merkozy, c'est-à-dire le cœur de l'Europe "austéritaire", a ajouté le porteur du Programme partagé.

    "Plus vous mettez de bulletins, plus ils lâcheront"

    Pour Jean-Luc Mélenchon, le vote utile est aussi celui qui permet de porter des exigences bien ancrées à gauche. Assurant être du côté du réalisme, le candidat Front de gauche a de nouveau défendu le relèvement du Smic à 1.700 euros brut, l'une des mesures phares de son programme. Il s'est réjoui de l'évolution, sur ce sujet, de la position de François Hollande. Après avoir parlé de "coup de pouce", le candidat PS a dit son intention d'opérer un "rattrapage" du Smic s'il est élu le 6 mai

    "Allez-y", a lancé à ses électeurs potentiels celui qui se targuait récemment d'une "mélenchonisation des esprits". "Plus vous mettez (de bulletins de vote), plus ils lâcheront, allez." Et de conclure: "Nous serons, et pour toujours, la force autonome, indépendante, exigeante qui ne se marchande pas".

    • A lire:

    Grand meeting de Mélenchon: pourquoi ils étaient là

    Le meeting du Front de gauche porte de Versaille, en textes et images

    Toute la campagne du Front de gauche sur Humanite

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Front national: ce chien de garde

19 Avril 2012, 11:30am

Publié par PCF Villepinte

 
Combattre Le Pen, en tous lieux et en toutes circonstances, est une fonction autant qu’un honneur ! Un honneur pour la gauche.

Souvenons-nous… Dans le système désenchanté que nous imposait la politicaillerie médiacratique, tout s’organisait au profit d’un statu quo d’autant plus cynique qu’il inoculait, tel un venin, le nihilisme en politique. D’un côté, les puissants dictaient leurs lois, celle du monde marchand, non libres et faussées. De l’autre côté, les gestionnaires – ou aspirants – calquaient leurs idées sur les impératifs de l’austérité et de l’accompagnement vers l’inexorable déclin de l’égalité républicaine. Et au milieu? Le chien de garde du capitalisme, grâce auquel tout se trouvait paralysé: le Front national. Il attisait la haine de l’autre par temps de crise en ethnicisant la politique, il imposait ses thèmes et maintenait un climat de peur légitimant le réflexe du vote utile… Seulement voilà, depuis le début de la campagne du Front de gauche, ce modèle a explosé en plein vol!

La ligne anti-FN de Jean-Luc Mélenchon, outre qu’elle a redonné à la gauche son rôle historique dans le dispositif républicain, a permis de dénoncer l’imposture de la famille Le Pen, de meeting en meeting, prenant un à un ses arguments pour mieux les démonter, tandis que les militants, partout, contestaient souvent bruyamment la présence de fifille-nous-voilà et de ses gros bras, pour ne plus céder le moindre mètre de terrain aux représentants de l’obscurantisme.
Non seulement le Front de gauche affirme être le pire ennemi de Le Pen, mais, en la combattant, il combat la division, les islamalgames, rassemble les victimes, les dominés, et réorganise l’idée même de solidarité… On voulait assigner les ouvriers à résidence d’un vote xénophobe et propatronal ? Échec sur toute la ligne! La bulle, essentiellement médiatique, ne pouvait résister à l’intrusion d’une confrontation brutale. N’oublions jamais la séquence primitive de Le Pen sur France 2, qui, opposée à Jean-Luc Mélenchon, préféra la fuite et le mépris à l’usage du débat démocratique en pleine ferveur électorale. Le Front national venait de baisser les yeux. Souhaitons que la dérobade se transforme bientôt en débandade.

Combattre Le Pen, et pas seulement la dénoncer, en tous lieux et en toutes circonstances, est une fonction autant qu’un honneur! Le Front de gauche a réussi à enrayer les pitoyables tentatives de banalisation et de différenciation du père auxquelles aspirait Le Pen, aidée qu’elle était par le chef de l’État. Rappelons en effet que Le Pen a trop longtemps profité du tapis rouge que Sarkozy a déroulé sous ses pieds: du pseudo-débat sur l’identité nationale aux politiques de l’immigration, sans parler de l’écrasement progressif de l’esprit d’égalité, jamais depuis la fin de la guerre d’Algérie l’État français n’avait à ce point engendré une logique de bouc émissaire. En désenclavant les thèses lepénistes, le futur ex-prince-président porte une responsabilité historique!

Ne cachons pas l’enjeu du scrutin du dimanche 22 avril. Placer Marine Le Pen loin derrière Jean-Luc Mélenchon est l’un des piliers de la stratégie d’insurrection civique en cours. Car enfin, imaginons un instant ce que serait la vie républicaine sans les Le Pen! Pensons à la libération démocratique que cela constituerait pour les classes populaires ! Celles-ci n’aspirent qu’à une chose: en finir avec la plus formidable rage de destruction sociale depuis la Libération. La crédibilité des propositions du Front de gauche fait aussi reculer le FN. Or, faire reculer le FN désenchaîne la politique, réenclenche l’espoir, réactive les mots, les symboles, l’imaginaire et même une possible suprématie culturelle et idéologique. Faire reculer le FN, c’est faire progresser le peuple.

[EDITORIAL publié dans l'Humanité du 18 avril 2012.]
 

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Le Front de Gauche plaide pour une ville démocratique et participative

19 Avril 2012, 11:27am

Publié par PCF Villepinte

Politique - le 18 Avril 2012

 

 

 

Jean-Luc Mélenchon ne cesse dans ses discours d'inscrire les problématiques de mise au ban de certains quartiers dans un enjeu qu'il estime bien plus large : une politique du droit commun dans l'ensemble des quartiers de France.

Le déplacement du candidat au cœur de la Grande-Borne (lire La Grande Borne accueille Mélenchon), cité populaire de la ville de Grigny, la conférence de presse à l'Usine sur la ville et le logement qui a suivie en sont la suite logique.
Pour Clémentine Autain, le socle commun se retrouve dans l'appel pour une mutation urbaine radicale. « Cet appel a été soutenu par 80 élus, praticiens de la construction et de la ville, par des enseignants-chercheurs et militants du droit au logement et à la ville, souligne-t-elle en préambule. Il nous est nécessaire de rappeler que notre organisation s'efforce de dépasser une conception fractionnée de la question urbaine au profit d'une conception globale ».

Plusieurs « idées forces » ont été lancées par la porte-parole de Jean-Luc Mélenchon : « rompre avec la logique de concurrence entre territoires ; rompre avec une logique spéculative pour que le logement devienne accessible à tous. Cela implique une rupture avec les politiques d'austérité actuelles. Si l'égalité passe par l'enjeu des salaires, il passe aussi par l'accès à la ville ». La ville en tant que telle semble intéresser bien peu de candidats.

« La ville ne doit plus être un privilège »

Et Pierre Mansat, conseiller de Paris et adjoint PCF au maire de Paris chargé de Paris Métropole, ne se prive pas de le remarquer : « Sarkozy n'en parle pas et Hollande ne parle que de rénovation urbaine. Or, 77 % des français vivent en ville. On ne peut pas ignorer les questions de discriminations et d'inégalités. C'est une faute politique majeure que d'ignorer ce sujet. La ville ne doit plus être un privilège pour certains. Pour lutter contre la ségrégation, il faut restaurer une justice spatiale ». Mais le droit à la ville n'est pas une incantation, précise l'élu. Ce droit se décline en propositions concrètes, comme la construction du service public national et décentralisé du logement, de l'habitat et de la ville. A ce titre, le Front de Gauche envisage la suppression du ministère de la ville, qui ne fait que « saupoudrer les quartiers pauvres d'aides ponctuelles » critique Clémentine Autain, sans régler les problématiques sociales de fond liées à l'éducation, l'emploi, la santé publique, les transports, la culture et le sport.

De son côté, Stéphane Peu adjoint (PCF) à Saint-Denis insiste sur l'aspect volontariste d'une politique publique du logement : « On ne peut pas laisser faire le marché. Depuis cinq ans, c'est une France de propriétaires que Sarkozy a voulu créer. Alors, oui, beaucoup sont devenus multipropriétaires mais tellement peu au regard d'une majorité de familles modestes qui n'y ont pas accès. Le logement coûte trop cher. Pour acheter un studio à Paris, il faut compter en moyenne quinze années de SMIC. Il faut réaffecter le 1% logement, augmenter les plafonds du livret A. Ce sont des mesures simples mais qui marqueraient le retour de l'investissement public ».

Pour une mutation urbaine radicale

Paul Chemetov, architecte de renom, et soutien du Front de Gauche, a signé l'appel  pour une mutation urbaine radicale. Il s'en explique en insistant sur l'approche globale de la question du logement par le Front de Gauche : « Cette approche, détaille-t-il, forme la condition politique de la question sociale du 21ème siècle. Même si le nombre de logements augmente reste la centrifugeuse qui projette encore plus loin les moins bien lotis. L'investissement dans ce domaine ne peut être inflationniste car on ne peut pas délocaliser la production de la ville. L'investissement massif dans ces territoires-là est déterminant pour l'avenir des citoyens et pour la possibilité d'exercer leurs droits ».

Le droit à la ville, c'est aussi la place des habitants dans les projets urbains. La rénovation urbaine lancée en 2003 par Borloo est un exemple de non concertation. Clémentine Autain revient sur la nécessité impérieuse de « faire avec les habitants », sans quoi quel que soit le projet se heurtera aux mêmes réticences : « Il est tout de même symbolique qu'un des critères pour accéder aux mannes de l'ANRU soit celui de la démolition. Vous imaginez le message envoyé aux populations ? » , s'emporte-t-elle. Sur ce point, Maurice Charrier, ancien maire (PCF) de Vaux-en-Velin, ville de l'agglomération lyonnaise, concède un bilan « mitigé » de la rénovation urbaine. « Il faut renverser les choix de société et faire du foncier un patrimoine universel. La politique de la ville, si elle ne s'inscrit pas dans une politique de progrès social ne peut pas réussir. Réformer la fiscalité, sans doute cela sera nécessaire, renforcer la loi SRU aussi. Mais attention, les propositions naissent du territoire et cela va de pair avec un nouveau regard porté sur les quartiers populaires ».

Ixchel Delaporte

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Hollande tente de siphonner l'électorat du Front de gauche

19 Avril 2012, 11:24am

Publié par PCF Villepinte

François Hollande devant le Parlement européen de Strasbourg

 

Après la hausse du Smic, l'Europe. A quatre jours du premier tour de la présidentielle, François Hollande a à nouveau fait un signe aux électeurs du Front de gauche en tentant de marcher sur les plates bandes du Programme partagé. Le candidat PS souligne ce jeudi matin avoir "un point commun" avec celui du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon : le refus du traité européen sur les disciplines budgétaires "tel qu'il a été signé en mars".

Mais comme pour le coup de pouce du Smic auquel François Hollande semble s'être converti depuis mercredi, mais pas à la hauteur des 1700 euros réclamés tout de suite par le Front de gauche, le fossé reste grand entre ce que préconise le président du Conseil général de Corrèze sur l'Europe et le porteur du Programme partagé. "On peut regarder ce qui sous sépare, on peut regarder ce qui nous rapproche. J'ai été dans le même parti que Jean-Luc Mélenchon (ex-PS, ndlr) donc il y avait beaucoup de choses qui nous unissaient", a déclaré M. Hollande sur RMC et BFMTV.

Augmenter le Smic "autant qu'il serait possible"

Le candidat PS a souligné que "le Smic, c'est une question non pas de principe, je voudrais augmenter autant qu'il serait possible les salaires, mais j'ai une obligation, moi, si je deviens le prochain président de la République: je dois réussir, je ne suis pas là simplement pour faire une belle élection, pour faire un beau premier tour".

"J'accepte les disciplines" budgétaires

"En revanche, là encore, nous avons un point commun avec Jean-Luc Mélenchon, pas forcément exprimé de la même manière: je n'accepterai pas le traité budgétaire tel qu'il a été signé au mois de mars". "Je dirai, et je pense que mon message a été entendu, que j'accepte les disciplines, que je ferai en sorte que la dette de la France soit diminuée", mais "je dirai, s'il n'a pas un volet de croissance, si nous ne levons pas des emprunts pour soutenir des grands projets d'infrasructures, des projets industriels écologiques en Europe, eh bien nous aurons et l'austérité et la dette", a-t-il réaffirmé.

Là encore, le Front de gauche va bien plus loin, en proposant un référendum pour rejeter le traité "Merkozy" qui gravel'austérité dans le marbre constitutionnel de l'Europe.

  • A lire:

"Avec le Front de gauche, une autre Europe, une autre mondialisation"

L'indispensable consultation du peuple par référendum

La hausse du Smic à 1700 euros: juste et possible

Smic: la différence qui fait la différence

Hollande "entend" le message de Mélenchon

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En direct dès 17 heures: le meeting du Front de gauche à Paris

19 Avril 2012, 11:20am

Publié par PCF Villepinte

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Seine-Saint-Denis: le 93, digne et rebelle, attend le changement

17 Avril 2012, 22:17pm

Publié par PCF Villepinte

Le 93 vu du ciel

 

 

Meeting du Front de gauche de Paris, J-2. 

 

Un car au départ de Villepinte 18H Espaces V

 

 Enseignants, élus, étudiants, médecins... Ils vivent et travaillent en Seine-Saint-Denis. Et témoignent de leur attachement à un département trop souvent stigmatisé.

Elle serait une sorte de Bronx. Ou pire que ça, un pays à part, qui ne serait pas la France. Vue des médias, la Seine-Saint-Denis serait peu fréquentable. Par ricochet, son million et demi d’habitants aussi. Ça fait beaucoup. Muguette Jacquaint, conseillère municipale (PCF) et habitante de La Courneuve, s’insurge contre cette vision. Le premier mot qui lui vient à l’esprit, c’est la solidarité. « C’est un département très attachant et populaire. Ça bouge beaucoup au niveau culturel, et même si au niveau industriel, c’est difficile, on a un territoire qui accueille de plus en plus d’entreprises, de grands sièges sociaux. » Au point d’être classé au 7e rang des départements producteurs de richesses.

Roissy, la Plaine-Saint-Denis et le Bourget

C’est qu’on y trouve Roissy, La Plaine-Saint-Denis ou encore l’aéroport du Bourget. Malgré tout, les habitants n’aspireraient donc pas à une vie tranquille et sereine ? « Il y a des difficultés, du chômage et des populations qui ont très peu pour vivre, explique Muguette Jacquaint. Mais cela n’empêche pas la dignité. Notre département est en résistance budgétaire permanente pour que les enfants puissent aller à l’école, pour créer plus de logement. Je suis inquiète de voir que l’État lâche les collectivités. »

5700 postes en moins dans l'Education

À la rentrée 2012, le gouvernement prévoit la suppression de 3 000 postes d’enseignants Rased (réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficultés) parmi les 5 700 suppressions de postes programmées en Seine-Saint-Denis. Un non-sens que dénonce Loris Castellani, professeur d’histoire au collège Henri-Wallon d’Aubervilliers et militant à LO : « Je travaille et je vis à Aubervilliers depuis quinze ans. En cinq ans, on a supprimé 80 000 postes. Les jeunes ont envie d’apprendre et d’étudier. Ils sont capables de choses extraordinaires. Il nous faudrait plus de moyens. On ne peut pas faire des voyages et développer les mêmes projets qu’ailleurs. Alors, oui, forcément, il y a de la colère face la dégradation des conditions de vie des gens. »

Vidéo: Jean-Luc Mélenchon à l'Humanité: "Pour la banlieue, le maître-mot est le partage des richesses"

 

Matthieu Brabant est professeur de mathématiques au lycée professionnel Denis-Papin à La Courneuve. Militant syndical à la CGT éducation, ce Courneuvien insiste sur la richesse pédagogique de ces lycées dits en difficultés et pointe le 93 comme un département de luttes : « Nous nous battons pour les élèves. Ce n’est pas très visible dans les médias mais nous sommes tous les jours là pour leur permettre d’avancer et de s’en sortir. » Buldo John, étudiant et habitant du quartier des Tilleuls au Blanc-Mesnil, n’hésite pas une seconde. S’il fallait mettre le paquet, ce serait sur l’éducation. « Tout se joue au collège. Il faudrait plus de soutien pour les enfants. Ici, comme ailleurs, la jeunesse des quartiers n’a pas d’avenir. »

Injustice

L’image négative de son département, il a du mal à l’accepter : « Violence, délinquance, échec, on ne voit que ça sans aller plus loin, sans comprendre. Les parents ont du mal à aider leurs enfants au niveau financier. Il n’y a pas de travail. Et quand il y en a, ce n’est pas pour nous. Soit tu bosses à Roissy, soit dans un hypermarché, soit t’es dans la rue… Moi, je suis obligé de travailler en même temps que les études. Du coup, je ne peux pas me consacrer à 100 % à la fac. Je trouve ça injuste. »

L’injustice. C’est ce qui frappe Hélène Zeitoun, codirectrice de l’association Santé Bien-être à Franc-Moisin, quartier pauvre de Saint-Denis : « La santé passe bien après le logement et le travail dans l’ordre des priorités. On essaie alors de travailler sur la prévention et sur la nutrition. Mais, malgré cette précarité qui s’aggrave, les femmes ont envie de faire des choses dans leur quartier. Les habitants ne font pas que subir. Il y a, heureusement, beaucoup de solidarité. »

  • A lire:

"L'Etat de droit ne peut être à géomètrie variable, imposons-le", Jean-Jacques Deluchey, Parti  de gauche 93

Les profs se mobilisent à tout-va

L'Etat enfonce les élèves défavorisés

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Ixchel Delaporte

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Dans l'Humanité, ce mercredi, le Front de gauche, antidote électoral au FN

17 Avril 2012, 22:14pm

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité du mercredi 18 avril

Politique - le 17 Avril 2012

 

Mots clés : l'humanité,

En remettant au coeur de la campagne les préoccupations réelles des Français, le Front de gauche a mis en difficulté le Front national. La relégation du parti d'extrême-droite serait un "bol d'oxygène" et marquerait la fin d'un cycle politique.

A lire dans notre édition de mercredi:

  • Un carton rouge au Front national et la démocratie respire. Porter le Front de gauche devant le parti de Marine Le Pen, dimanche, au premier tour de la présidentielle, pour dépoluuer la vie politique française
  • FN, ce chien de garde, l'éditorial de Jean-Emmanuel Ducoin
  • Marine Le Pen ou la vie de château. L'autoproclamée "candidate des catégories populaires" vit la dolce vita dans un hôtel particulier de Saint-Cloud. Grâce au travail des immigrés, qu'elle accuse de tous les maux
  • Point de vue: "Une parole belle et populaire, qui renverse les barrières": Ricardo Montserrat, auteur de romans noirs
  • Reportage: Hénin-Beaumont, contre le Front national, retourner au charbon. Entre février et aujourd'hui, quelque chose a bougé à Hénin-Beaumont. La dynamique du Front de gauche vient bousculer le FN qui, jusqu'ici, paradait et pérorait. désormais, un air de résistance flotte sur la ville laboratoire du FN.

 

A lire aussi:

  • Présidentielle: l'ombre de l'abstention sur le 22 avril
  • "Je mets dans mon vote l'idée de fraternité", l'écrivain Laurent Gaudé, prix Goncourt 2004, appelle à voter Front de gauche
  • Meeting de Paris Parc des expositions, J-1: "La France doit se doter d'une politique de la ville ambitieuse": l'architecte Paul Chemetov et l'élu régional François Labroille, avancent leurs propositions
  • Social: Le 1er Mai, manifestations unitaires contre l'austérité
  • Europe: la Commission européenne milite pour l'éclatement du Smic
  • Palestine: une lettre de Mahmoud Abbas à Benyamin Netanyahou
  • JO 2012: les budgets explosent à Londres
  • Nos pages cinéma
  • Téléréalité: la Belle et ses Princes charmants: nausée assurée

A retrouver sur Humanite.fr toute la campagne du Front de gauche

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Pour une nouvelle politique internationale de la France

17 Avril 2012, 22:10pm

Publié par PCF Villepinte

Pour une nouvelle politique internationale de la France
La politique internationale de la France est un des grands enjeux de l'élection présidentielle et des élections législatives à venir. Un enjeu largement sous-estimé.

Le rôle de la France dans le monde est aujourd'hui affaibli. La rupture atlantiste voulue par Nicolas Sarkozy, sa volonté de « réinsérer la France dans sa famille occidentale », ont sérieusement porté atteinte à notre rôle et dégradé notre image. « L'outil » qu'est le ministère des Affaires étrangères a été gravement amputé par les effets de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) et de sévères coupes budgétaires. Le prix à payer est lourd : réduction drastique des effectifs (le MAE a perdu 2 600 agents entre 2006 et 2010), réduction accélérée des budgets (-20% en 25 ans), réduction des enveloppes de coopération et d'aide au développement, privatisation de certaines missions...

Des choix politiques aux graves conséquences se sont cumulés : logique de guerre et engagements militaires français en Afghanistan, en Côte d’Ivoire, en Libye ; politique d'immigration de tri répressif et ultra restrictif, poursuite de la Françafrique et des pratiques néo-coloniales ; affirmation d'une hiérarchisation des civilisations (« Toutes les civilisations ne se valent pas » dixit Claude Guéant en février 2012); soutien obstiné aux régimes de Ben Ali et de Moubarak malgré la montée des mouvements populaires démocratiques ; discours réactionnaires de Dakar et de Grenoble ; expulsion des Roms en contradiction avec les valeurs mêmes de la République ; annulation de l'Année du Mexique...

Une rupture franche est urgente.

Nous proposons six priorités d'action afin d’établir les grandes lignes d'une nouvelle politique internationale de la France. Ces grandes lignes devront être débattues au Parlement dès son installation en juin. La politique étrangère ne doit plus être le domaine réservé de l'Élysée et de l'Exécutif.

1- Rompre avec la politique atlantiste, sortir de l'OTAN, pour une politique alter-mondialiste et universaliste

Un G8 aura lieu à Camp David les 18 et 19 mai, un Sommet de l'OTAN à Chicago les 20 et 21 mai, La France doit confirmer son retrait d'Afghanistan, exiger celui des troupes de l'OTAN et proposer une autre approche de la crise afghane pour contribuer à une reconstruction du pays.

La France doit annoncer à cette occasion qu'elle engage sa sortie de l'OTAN dans une démarche multilatérale, universaliste et alter-mondialiste de ses relations internationales, en privilégiant le cadre de l’ONU. Celle-ci doit être transformée et démocratisée. Un resserrement des liens et des coopérations avec les BRICS, les pays d'Amérique latine, de la Méditerranée et du continent africain est primordial.

2- S'engager sans attendre pour le désarmement

La France doit être à l’initiative pour un désarmement concernant tous les types d'armes et pour la baisse des dépenses militaires. Nous ne sommes pas favorables à un désarmement unilatéral. Ce dont la France et le monde ont besoin c’est d’un désarmement multilatéral et contrôlé.

Un projet de Convention d'élimination complète des armes nucléaires a été lancé aux Nations unies. La France doit apporter un soutien officiel, clair et actif à ce projet porté par l'ensemble des membres de la campagne internationale ICAN dont le PCF.

La lutte contre la prolifération nucléaire et pour l’application du Traité de non-prolifération par tous (article 6), doit être une priorité. La sécurité internationale est une exigence collective.

Enfin, un traité international sur le commerce des armes classiques doit être adopté en 2012. La France doit pousser à son adoption pour obtenir un cadre juridiquement contraignant de régulation et de contrôle du commerce des armes.

3- Agir pour refonder l'Europe

La France doit immédiatement faire entendre sa voix pour rompre avec les logiques austéritaires du pacte budgétaire et du nouveau traité Sarkozy-Merkel. Elle doit exiger sans attendre la transformation du rôle de la Banque centrale européenne et la création d'un fonds de développement social, écologique et solidaire tel que proposé par le Parti de la gauche européenne. Elle ne doit pas ratifier le traité Sarkozy-Merkel mais le soumettre au vote des Français par référendum et, s'il est rejeté, négocier un traité sur de nouvelles bases.

4- Relancer l'initiative de la France sur la question de Palestine

La France doit reconnaître l'État de Palestine, agir pour son admission à l'ONU, pour un règlement politique et une paix juste et durable par la création, à côté de l'État d'Israël, d'un État palestinien souverain dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale et avec le principe du droit au retour pour les réfugiés…

La France doit agir pour qu’Israël applique le droit international et les résolutions de l'ONU. Il faut en finir avec la colonisation et l'occupation.

5- Soutenir les forces démocratiques dans le monde arabe

Les soulèvements du monde arabe tournent une page de l'histoire politique de ces pays. La France, ancienne puissance coloniale, et l’UE ont une responsabilité dans la situation et l'avenir de ces pays. La politique de partenariat euro-méditerranéen doit être totalement refondée.

La France doit soutenir les mouvements démocratiques dans le monde arabe, s'opposer à toute intervention militaire étrangère, agir contre la militarisation de la crise syrienne et soutenir une solution politique et démocratique qui mette un terme au plus vite à la répression du régime de Bachar El Assad.

6- En finir avec la Françafrique

La France doit en finir avec la Françafrique, les réseaux de la corruption et le soutien aux dictatures. Elle doit contribuer par la coopération à aider les pays africains à s'engager dans un développement humain durable. Les peuples d'Afrique doivent récupérer les conditions de leur souveraineté, d'une maîtrise de leurs stratégies de développement. La France doit retirer ses troupes et ses bases militaires.

Le Front de gauche a élaboré une plate-forme complète de propositions pour une nouvelle politique entre la France et l'Afrique (http://www.placeaupeuple2012.fr/pour-une-nouvelle-politique-entre-la-fra...).

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Conférence de presse de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, président du PGE, Président du Conseil national de campagne du Front de Gauche

CAPE -12 avril 2012

Par Pierre Laurent, le 17 avril 2012

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