Les syndicats du transport aérien qui avaient déposé un préavis de grève du 6 au 9 février pour s’opposer à un durcissement du droit de grève dans ce secteur se sont vus opposer une fin de non recevoir du gouvernement qui a fait passer en force son texte à l’Assemblé nationale mardi 24 janvier. Les députés ont en effet voté dans la nuit de mardi à mercredi en première lecture la proposition de loi Diard visant à encadrer davantage le droit de grève dans l’aérien, en imposant notamment aux grévistes de se déclarer comme tels 48 heures avant le début d’un conflit et aux compagnies aériennes d’informer leurs clients des prévisions de trafic 24 heures à l’avance. « Ce texte, alimenté par les directions d’entreprises, s’il ne concernait au départ que le transport aérien, a vu son périmètre s’élargir » a dénoncé la CGT. « Les députés UMP en ont profité pour modifier la loi d’août 2007 dans les transports publics terrestres en interdisant à chaque salarié de se rétracter plus de 24 heures après avoir déclaré leur intention de faire grève sous peine, une nouvelle fois, de sanctions. Ainsi un salarié qui avait décidé de faire grève et y renonce pourrait être sanctionné disciplinairement.

Cet amendement démontre à quel point tant la loi de 2007 que celle de 2012 n’ont aucune ambition d’améliorer le dialogue social et faire baisser la conflictualité mais bien d’attaquer frontalement une liberté fondamentale pour chaque salarié ». La CGT a affirmé jeudi 26 janvier qu’elle mettra « tout en œuvre » pour « faire échouer » la proposition de loi UMP et appelle à une mobilisation des salariés du transport entre les 6 et 10 février.