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Jean-Christophe Le Duigou « Depuis vingt-cinq ans, les gouvernements se sont mis la tête dans le nœud coulant de la finance »

28 Août 2011, 22:00pm

Publié par PCF Villepinte

Social-Eco - le 26 Août 2011

crise financière

Mots clés : Crise financière,
 

L’économiste Jean-Christophe Le Duigou pointe les causes profondes de l’endettement et en appelle à une politique qui affronte les marchés financiers.

Le déficit public, la dette 
de l’État sont élevés par 
le gouvernement au rang 
de préoccupation numéro un. Est-ce véritablement le problème, selon vous ?

Jean-Christophe Le Duigou. La maîtrise de la dette publique est un objectif légitime. Mais comment y parvient-on ? Voilà le véritable débat. Que constatons-nous ? Depuis vingt-cinq ans, les gouvernements successifs se sont mis la tête dans le nœud coulant de la finance. Cette situation remonte aux réformes bancaires des années 1984-1986, à l’internationalisation de la dette publique décidée par Pierre Bérégovoy à la fin des années 1980, à la privatisation des banques décidée par Édouard Balladur. La France s’est ficelée aux marchés financiers. Conséquence : pour faire face à la première phase de la crise, on a massivement transformé des dettes privées (entreprises, ménages, banques) en dettes publiques, l’État ayant dû soit prendre en charge un certain nombre d’endettements soit augmenter le déficit pour éviter un effondrement de l’activité économique. La réponse apportée à la première phase de la crise n’était pas une réelle réponse, et n’a fait que nous enchaîner un peu plus aux marchés financiers.

Ne faut-il pas rappeler ce qui était, fondamentalement, à l’origine de la première phase de crise, en 2008 ?

Jean-Christophe Le Duigou. L’endettement privé, puis public, résulte largement de la place réduite qui a été faite à l’emploi et à la rémunération du travail pendant ces vingt et quelques années où on a accepté de s’enchaîner aux marchés financiers. Les acteurs privés 
et publics se sont endettés pour remplacer les débouchés. Il faut insister sur le fait que cette crise est certes financière mais qu’elle a une dimension fondamentale, économique et sociale.

"Plus la croissance reculera,
plus le problème de la dette se posera"

L’austérité pour les dépenses publiques nous est présentée 
comme le moyen incontournable 
d’en sortir, au risque, pourtant, 
de peser ainsi sur la croissance, 
et donc, au final, d’aggraver 
le déséquilibre budgétaire…

Jean-Christophe Le Duigou. Il y a 
un cercle vicieux, en effet. 
Le plan gouvernemental annoncé mercredi est à mettre dans la perspective de la logique lourde d’austérité qui est déjà installée. Rappelons que l’impact de la réforme des retraites de 2010 est chiffré par le Trésor public à 20 milliards d’euros, soit 1 point de PIB. La révision générale des politiques publiques représente 10 milliards d’euros. Et à l’avenir, le pacte euro plus, c’est plus de TVA, de restrictions sur les dépenses de santé, sur celles des collectivités locales. Autrement dit, austérité à tous les étages. Ce qui guette la France, c’est d’être entraînée dans la même logique que la Grèce, l’Italie ou l’Espagne, qui n’en sont pas à 1, mais à 2, 3, 4, 5 étapes dans l’austérité. Ces plans pèsent sur la croissance, et plus la croissance reculera, plus le problème 
de la dette se posera.

Comment briser ce cercle infernal ?

Jean-Christophe Le Duigou. Par la relance d’une politique de développement, de croissance de l’industrie et de l’emploi. Pour cela, il faut traiter différents problèmes. La question des dépenses publiques n’est pas taboue. Il y a des dépenses utiles qu’il faut préserver et même développer : formation, éducation, recherche, santé… D’autres sont de véritables gâchis, à l’image de la loi Tepa (12 milliards d’euros), sur laquelle le gouvernement revient très partiellement, la niche Copé (22 milliards), le crédit d’impôt-recherche (4 milliards), la réforme de l’ISF. Ensuite, il y a le volet impôts. Il faut des moyens pour moderniser et développer les services publics, et mieux inciter à développer l’emploi. Tout le débat engagé sur la réforme de l’impôt sur le revenu et sur l’impôt sur les sociétés est bien justifié. Mais c’est insuffisant. Il ne s’agit pas simplement de trouver un peu plus de justice dans l’austérité, il faut avoir une politique qui affronte les marchés financiers. Et ça, on ne peut l’envisager sans de nouvelles sources de financement. Aujourd’hui, l’essentiel des financements va à la Bourse, au développement des actifs financiers. La création d’un pôle financier et bancaire en France, avec des prolongements à l’échelon européen, et la reprise de positions publiques dans le capital des banques françaises sont donc une absolue nécessité. C’est un moyen de reprendre le contrôle sur le système bancaire et financier. D’autre part, la Banque centrale européenne, qui est aujourd’hui en train d’acheter à tour de bras de la dette publique pour garantir les créances des banques, devrait consacrer ce pouvoir de création monétaire au développement de l’emploi et de l’activité économique.

Entretien réalisé par Yves Housson

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Isa emmène Laurence P. à la Fête de l’Humanité

28 Août 2011, 21:57pm

Publié par PCF Villepinte

 

 

 - le 26 Août 2011

Fête de l'Humanité 2011

 

 

 

 

FÊTE DE L'HUMANITÉ. Cette bande dessinée  a réjoui nos lecteurs.  Vous la retrouverez dans  les allées de La Courneuve, avec toute une bande  aux plus noirs…dessins.

Laurence P. sera à la Fête de l’Humanité ! Ce n’était jusqu’alors qu’un cauchemar, le pire c’est entendu, mais enfin un mauvais rêve qui se dissipe au petit jour. Mais le samedi 17 septembre, en fin d’après-midi, l’héroïne du Medef arpentera bien les allées du parc de La Courneuve. Elle n’y prendra pas la parole, pas plus sur la grande scène que lors des débats de l’agora. Elle s’y rendra au bras ou dans les bras de sa maman, Isa, la dessinatrice qui a enchanté durant le mois d’août la double page centrale de votre quotidien préféré. L’album, la Vie sentimentale de Laurence P., sera vendu en avant-première à la Fête de l’Humanité, et signé par son auteure, qui participera le soir même, à l’agora, à une soirée d’échanges sur le thème « l’humour, la politique et l’Humanité », en compagnie de dessinateurs, d’humoristes et de journalistes. C’est ensuite que Christophe Alévêque prendra possession de la scène de l’agora, suite logique et apothéose… Aux spectateurs d’en juger.

La BD que nous avons publiée cet été a fait un tabac parmi nos lecteurs qui ont apprécié une saga du patronat français placée sous le signe de cette phrase de Mme Parisot : « La vie et l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? » Isa, interrogée fin juillet par l’Humanité, avait livré ses secrets de fabrique : beaucoup de travail sur les déclarations des grands patrons, la recherche de l’inattendu, du ridicule et du décalé, qui permettent d’en « montrer le grotesque sans jamais être moraliste ». « Le monde des patrons, expliquait-elle, exprime une idéologie néolibérale qui ne donne pas son nom et se présente comme la seule solution. Ils pensent avoir tué les autres idéologies alors qu’ils en sont bien loin. Dans la BD, je cite une phrase de Margaret Thatcher, qui les a bien représentés : “There is no alternative (il n’y a pas d’alternative).” J’avais donc envie de me moquer de leurs obsessions et de ces fausses évidences. »

La semaine prochaine, se réunit l’université d’été du Medef, lieu où le patronat veut présenter sa pensée au monde sous les traits les plus séduisants. L’Humanité y sera attentive –

Laurence P. s'y rendra au bras ou dans les bras de sa maman,
la dessinatrice Isa.

c’est le quotidien qui lui consacre régulièrement les comptes rendus les plus circonstanciés –, mais on imagine qu’Isa, téléspectatrice attentive de Medef TV, y puisera le minerai propre à alimenter sa mine. Les phrases creuses n’y manquent pas, les aveux les plus crus non plus, tandis que s’y esquissent les desseins des ténors du CAC 40. Peut-être la suite des aventures de Laurence P. trouvera-t-elle un nouveau cadre puisque la dessinatrice s’est attachée au personnage et à son côté décalé. Le premier tome, publié aux Éditions Fluide glacial, gagnera les rayons des librairies au mois d’octobre.

Isa avait déjà fréquenté les colonnes de l’Humanité à la veille de la précédente Fête, où notre quotidien s’était livré sans retenue aux dessins acerbes de l’équipe de Fluide glacial. Cette année, c’est au tour des dessineux de Charlie Hebdo de s’emparer de nos pages, le vendredi 16 septembre. Un numéro à ne pas manquer où, aux côtés de dessinateurs que vous fréquentez régulièrement dans notre dernière page (Charb, Luz et Jul), vous croiserez de nouveaux bretteurs de la plume et du crayon.

 

François Aurel

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Dans l'Humanité lundi : tout sur les universités d'été de la gauche

28 Août 2011, 21:53pm

Publié par PCF Villepinte

Médias - le 28 Août 2011

 

Mots clés : L'Humanité, PCF,

 

 

Comment la gauche peut-elle gagner les élections ? Quelles solutions à la crise propose-t-elle ? Le  lundi 29 août, retrouvez dans l’Humanité informations et analyses pour se faire son opinion sur ce que propose la gauche en cette rentrée 2011.

Les envoyés spéciaux de l’Humanité ont interrogé les militants du PS, du PG et du PCF réunis ce week-end et rendent compte de leurs réflexions et de leur état d’esprit.
L’Humanité reviens sur les temps forts des universités d’été 2011 et en particulier sur la table ronde Mélenchon/ Laurent et sur le meeting des dirigeants du Front de Gauche avec le discours de leur candidat commun à l’élection présidentielle : Jean-Luc Mélenchon.

L’Humanité reviendra également sur les débats entre les candidats à la primaire du PS et sur les premières heures de l'université du NPA qui débute, elle, ce dimanche.

Achetez ce numéro exceptionnel de l’Humanité daté du lundi 29 août chez votre marchand de journaux afin d’avoir les cartes en main pour comprendre les enjeux de cette rentrée politique et l’importance du rendez-vous déterminant que sera la fête de l’Humanité.

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Le besoin d'apprendre, un texte de John Berger

28 Août 2011, 07:24am

Publié par PCF Villepinte

Monde - le 27 Août 2011

 

Mots clés : Affaire DSK,

 

 

 

John Berger revient sur l'affaire Strauss Khan, en passant par le prisme plateau des Glières. C'est un écrivain engagé, romancier, auteur de nouvelles, peintre, critique d'art et scénariste britannique.

Commentez sur le besoin d’apprendre et l’ignorance irresponsable. L’intitulé ressemble à un sujet d’examen dans quelque établissement pédagogique. Mais ici, c’est celui du récit d’événements qui se sont produits le même week-end.

Vendredi 13 mai 2011, la pleine lune luit au-dessus des Alpes françaises. L’air est très clair, on voit ses cratères à l’œil nu. A New York, Dominique Strauss-Kahn, le président du Fonds monétaire international (FMI) et candidat probable du Parti socialiste aux élections présidentielles françaises, a réservé une suite à 3 000 dollars la nuit à l’hôtel Sofitel de Manhattan.

Samedi 14, dans la petite ville de Thorens-Glières, en Haute-Savoie, plus d’un millier de personnes venues de toute la France participent à un Rendez-vous citoyen pour débattre et réfléchir sur les stratégies de Résistance, armée et politique. D’anciens résistants français ayant combattu l’occupation allemande évoquent sereinement leur expérience d’il y a soixante-dix ans. L’heure n’est pas à lancer une campagne politique, mais à s’interroger ouvertement, entre générations, sur le comportement à adopter, sur les moyens de protester face à l’inacceptable.

L’après-midi de ce même samedi, des policiers new-yorkais font descendre Dominique Strauss-Kahn d’un avion qui s’apprête à décoller pour Paris. Le directeur du FMI voyage en classe affaires et sa réservation a été effectuée plusieurs jours auparavant. Son arrestation fait suite à une plainte déposée contre lui pour tentative de viol.

Tôt le matin du dimanche 15, cinq mille personnes entament leur montée, la majorité en voiture, jusqu’au plateau des Glières, situé à 1 500 mètres au-dessus de la ville de Thorens.

C’est un matin venteux, nuageux et froid. Sur le plateau, un monument se dresse en hommage à la Résistance armée française des années 1943-1944 contre les nazis allemands, les fascistes italiens et le gouvernement collaborationniste de Vichy. Les gens s’y rendent en pèlerinage ou pour visiter ce site historique.

La route qui monte aux Glières, longue et étroite, comporte de nombreux virages en épingle à cheveux. Le pays est sauvage – au sens géologique du terme– escarpé, accidenté, rocheux, massif. La montée oblige à changer continuellement de direction. Elle fait penser aux pistes tortueuses de l’Histoire.

La Savoie est la seule région de France qui s’est libérée de l’occupation allemande sans l’aide de forces extérieures. Cette libération fut le fait de résistants appartenant à des groupes de tendances politiques différentes, et équipés en majorité d’armes et de munitions parachutées sur le plateau des Glières par des avions de la RAF, sous la direction du général de Gaulle, à Londres. Un bataillon de 400 maquisards était alors chargé de récupérer les armes et de les distribuer. Plus d’un quart d’entre eux n’ont pas survécu, victimes de messages confus, d’actions contradictoires, d’informateurs et de la neige. Beaucoup d’hommes furent torturés avant d’être assassinés par la Milice– la police de Vichy.

Le mémorial ne rend pas hommage à une brillante victoire, mais à une détermination farouche à résister. Ce dimanche-là, le soleil fait de brèves apparitions, mais la plupart du temps, des nuages de brume glacée réduisent la visibilité à quelques centaines de mètres, et le monument est invisible.

A côté d’un bâtiment en pierre qui sert de refuge aux skieurs de fond et aux pèlerins occasionnels, une petite tribune en bois, au toit de fortune fait d’une toile, a été installée à l’intention des intervenants qui vont s’adresser aux cinq mille personnes – à peine plus grande qu’un théâtre de marionnettes. Elle est munie de deux micros, la toile claque dans le vent, et, un peu plus loin, des haut-parleurs fixés sur de grands mâts font face au versant où les gens s’installent, assis dans l’herbe, les anoraks zippés jusqu’en haut. Certains, préférant être plus près de la tribune, restent debout. Les anoraks sont de toutes les couleurs, et les gens d’âge différent.

Qu’est-ce qui les a amenés là ?

Après la libération, en 1944, le Conseil national de la Résistance élabora un texte esquissant dans ses grandes lignes la France qu’il espérait désormais voir naître : un pays bénéficiant de la sécurité sociale, d’un enseignement gratuit de qualité, de services de santé publique, de garanties sur les conditions de travail et les salaires, et de médias indépendants du gouvernement et des grandes entreprises.

Ce programme, qui suscita des controverses et des débats permanents, fut mis en œuvre, bon an mal an, entre 1946 et 1952. La France devint un pays où s’exerçait un certain niveau de justice sociale et de responsabilité démocratique, et où la question de maintenir ou d’améliorer cette justice faisait l’objet d’un débat continuel, parfois tumultueux. Elle tint bon jusque dans les années 1980.

Puis le nouvel ordre économique de la mondialisation, des multinationales et de l’hégémonie du capitalisme financier, basé sur la spéculation et la dette, amorça sa marche en crabe planétaire, et atteint la France. Les partis politiques de gauche et de droite tentèrent de marchander et de biaiser, avant de céder. Le vocabulaire politique changea. La Flexibilité chassa la Solidarité. La France d’une certaine justice et fraternité commença à s’effondrer et rien ne fut fait pour la réparer.

Après l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence en 2007, les perspectives économiques et sociales connurent un changement dramatique. Le système tout à la fois chaotique, passionné et dilapidé de la sécurité sociale et de la justice allait être systématiquement démantelé aussi vite que possible. Selon Sarkozy et ses conseillers, tout ce qu’il représentait était devenu obsolète.

La moitié des gens aux Glières s’étaient munis de parapluies. Certains en avaient apporté deux. Quand il commença à grêler, ils en ouvrirent un et offrirent l’autre à ceux, assis ou debout à leurs côtés, qui n’en avaient pas.

Pendant sa campagne électorale pour les présidentielles, Nicolas Sarkozy avait effectué un déplacement hautement médiatisé au plateau des Glières, où il avait annoncé que s’il était élu président, il s’y rendrait une fois par an pour honorer les héros de la Résistance. Il avait remarqué en passant que le lieu était empreint d’une “sérénité” particulière.

Au lendemain même de cette visite, d’anciens résistants et porte-parole de la Résistance, ainsi que des défenseurs plus jeunes de la justice sociale créaient une association, Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui. A une date donnée en mai de chaque année, l’association appelle à un rassemblement aux Glières afin de manifester son opposition au démembrement de la France que la Résistance s’est battue pour réaliser.

C’est ainsi que cinq mille personnes se sont retrouvées aux Glières un dimanche matin, à écouter, à poser des questions, à réfléchir.

Pas de bannières ni de slogans. Seulement des mots, des phrases, qui s’échappent des haut-parleurs dans l’air de la montagne et les rafales de vent. La grêle s’arrête. Un rayon de soleil réchauffe l’assistance. S’abattent alors des grêlons plus gros encore, puis l’averse cesse. Entre les discours, il règne le genre de silence attentif qu’observent les animaux qui ont lancé un appel et attendent qu’une réponse leur parvienne du lointain.

Les mots dépeignent des expériences. Ceux de Walter – arrêté par les Allemand à l’âge de 17 ans et envoyé au camp de concentration de Dachau –racontent ce que l’on ressent quand on pense aux camarades qui ne sont jamais revenus.

Ceux de Jean-Pierre, le sort réservé en France aujourd’hui aux travailleurs étrangers sans papiers.

Ceux de Didier, le prix du lait payé par les multinationales aux éleveurs bovins, et la clause obligatoire figurant dans leur contrat, qui leur interdit de protester.

Ceux de Radhia, les tortures subies par les combattants de la liberté en Tunisie aux mains des forces de sécurité encore au pouvoir.

Tous ces mots, comme ceux qui les écoutent, ont les pieds sur terre.

Corinne est caissière dans un supermarché de la ville voisine d’Albertville. Elle est là avec cinq de ses collègues, et ses mots racontent leur refus de travailler le dimanche matin afin de pouvoir passer la journée avec leurs enfants. Toutes les cinq risquent d’être licenciées.

Tous ces mots posent une question : comment dire Non ? Avec le temps, comment dire Non ?

Le même après-midi, à Madrid, des jeunes occupent la Puerta del Sol pour protester contre les ravages des mesures d’austérité imposées au gouvernement espagnol par le FMI. Cette occupation est suivie par d’autres, dans d’autres villes d’Espagne. Ce mouvement spontané de jeunes réfractaires a pris le nom de M-15, en référence à la date du 15 mai.

A New York, plus tard dans la même journée, Dominique Strauss-Kahn, défait, sort d’un commissariat de police de Harlem, menotté, placé en détention provisoire avant d’être jugé. Ce scandale a déjà suscité d’innombrables commentaires. La lumière ne sera probablement jamais faite sur ce qui s’est passé exactement entre lui et la femme de chambre dans la suite du Sofitel. Pourtant, personne ou presque n’a relevé qu’indépendamment du fait qu’il soit innocent ou coupable, indépendamment de ce qu’il a fait ou n’a pas fait, si l’on pense au lieu, aux circonstances et au moment historique où s’est déroulée l’affaire, DSK a fait preuve d’une ignorance incroyable des conséquences probables ou possibles de tout geste de sa part. L’ignorance et l’innocence sont deux choses très différentes. Mais parfois, elles prennent la même expression faciale. Comment expliquer cette ignorance ?

L’explication ne relèverait-elle ni de la morale ni de la pathologie, mais de l’idéologie ? Le FMI, dont DSK était le directeur, procède suivant une logique complexe qui est irréelle, concentrée sur le virtuel, sur la spéculation quant au risque, sur les tendances et l’estimation de la profitabilité, sur la constante d’une confiance jamais acquise de la part des investisseurs. Dans une perspective aussi irréelle, ce qui se passe sur le terrain, comme toute autre forme de dommage collatéral, est secondaire et ne porte pas vraiment à conséquence. En général, selon cette logique, c’est quelque chose que l’on peut ignorer.

Le dernier intervenant aux Glières est un jeune homme dont les mots – c’est certainement la première fois de sa vie qu’il s’adresse à une assemblée si nombreuse – racontent son travail à Paris avec les sans-abris qui squattent les immeubles inoccupés.

Il termine son récit, aussi modeste que le trolle d’Europe – une fleur qui pousse dans les alpages à cette altitude : si on la cueille pour la mettre dans un verre, elle penche la tête très rapidement – en reprenant les mots d’un ancien combattant : « Créer, c’est résister, résister, c’est créer. »

La grêle est passée. On a refermé les parapluies. Le vent est encore glacé. Des écharpes sont proposées à ceux qui veulent en emprunter une. On éteint les haut-parleurs. L’herbe est boueuse. Une grand-mère met en garde : attention à ne pas glisser ! Et, prenant leur temps, les gens discutent par petits groupes de ce qu’ils ont appris. De ce que leur ont appris des expériences sur le terrain.

Traduit de l’anglais par Claude Albert, ce texte, envoyé par l’auteur à Humaginaire et publié avec son autorisation, est paru aussi dans Le Monde diplomatique en español, La Jornada (Mexique) etClarín (Argentine).

 

Thomas Lemahieu

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Meeting de riposte aux politiques d'austérité.

28 Août 2011, 07:14am

Publié par PCF Villepinte

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Le désarroi d’une génération

27 Août 2011, 06:53am

Publié par PCF Villepinte

Le nouveau roman de Serge Safran s’attache aux illusions de la génération qui a suivi 1968.
 ***

 

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Le Voyage du poète à Paris, de Serge Safran, Éditions Léo Scheer

 

Avec son Voyage du poète à Paris, Serge Safran présente une histoire dont le fond est assez simple, bien qu’elle foisonne de détails savoureux, une histoire d’un temps très proche, puisqu’il se trouve juste derrière la porte de notre mémoire. La France est encore pour quelques mois sous le règne de Giscard, mais le narrateur, Philippe Darcueil, qui se veut poète et l’est sans aucun doute, n’en a cure. Il quitte l’Ariège, où il a résidé dans une communauté avec l’insouciance d’une vie très bohème, teintée d’esprit soixante-huitard. Tel Rubempré, il est en route pour Paris afin de s’y faire une position, car il se croit promis à un bel avenir, du moins celui qu’à trente ans tout ambitieux s’autorise à espérer. Pourquoi pas ? Reste à savoir si ce genre d’opération est facile à mettre en œuvre malgré les appuis dont on peut disposer. En réalité, en Ariège, Darcueil laisse avant tout Sandra, jeune lycéenne de seize ans très amoureuse, dont il a goûté les faveurs avec avidité et envers qui il ressent, non seulement un attachement physique très fort, mais un sentiment complexe de possession. Sandra est pour lui un ornement de luxe, voire de grand luxe, ce dont il se rend compte progressivement quand il est à Paris, mais elle n’a pas pour autant acquis le statut d’alter ego sans qui la vie dans sa plus grande ampleur serait impossible. Si leur aventure n’a pas tourné ainsi, c’est parce que Darcueil préfère être aimé qu’aimer, recevoir que donner. Sous des apparences d’autorité, c’est un faible inquiet et tourmenté, trouvant moins dans les autres qu’en lui-même ce qui lui permettrait de rayonner. En quittant Sandra, il sait que la séparation altérera gravement leur relation et il affronte cette perspective avec une inquiétude qu’il croit pouvoir refouler par la présence d’amies et d’anciennes partenaires.Comme bien d’autres qui ont cru que Paris est le lieu idoine pour être reconnu, Darcueil se retrouve condamné à attendre on ne sait quel miracle dans un petit appartement, taraudé par l’angoisse et la solitude. Ce ne sont pas les piges et le boulot de sondeur qu’il décroche qui sont de nature à provoquer son enthousiasme. Ses souffrances sont réelles, au point de l’amener à tâter du chantage au suicide pour forcer la main des amis qui tardent à l’aider. Quant à Sandra, lassée d’attendre, elle se trouve des compensations et ajoute la jalousie à ses problèmes. Dans ses moindres détails, le Voyage du poète à Paris montre comment Darcueil macère dans ses inquiétudes, ses fantasmes érotiques, ses calculs amoureux, ses doutes, sa mélancolie, comment il se débat dans des frustrations issues de son repliement sur soi, comment, finalement, il est victime de son égoïsme.

Avec ce court roman, Serge Safran donne un portrait douloureux mais beau d’une génération qui a connu les films de Godard et de Truffaut, la musique de Garland Jeffreys, d’une génération qui a cru que la vie s’ouvrait toute grande devant elle, qu’elle allait s’imposer à la société et qui finalement n’aura été qu’un jalon vers l’époque actuelle, avec ses destructions de valeurs sociales, sa frénésie d’égoïsme, son culte des gagneurs et son mépris des vies ordinaires – comme si une vie pouvait être ordinaire –, son indulgence pour les puissants et la sévérité brusquement retrouvée dès l’instant qu’il est question des fautes des petites gens. Le Voyage du poète à Paris est l’histoire d’une embellie qui a tourné en flétrissure.

 

François Eychart

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47 900 chomeurs radiés en juillet !

27 Août 2011, 06:47am

Publié par PCF Villepinte

Social-Eco - le 26 Août 2011

 

Mots clés : chômage,
 

Alors que le chômage a encore augmenté en juillet, totalisant 36 100 nouveaux demandeurs d'emploi, il faut ajouter 47 900 chômeurs qui ont été rayés des listes de Pôle emploi. Des radiations administratives, résultat de la dématérialisation du service public. 

Les radiations administratives ont augmenté de 25% au mois de juillet. Selon le syndicat SNU, ces radiations inhabituelles à cette période de l'année, seraient fortement liées à la dématérialisation des courriers de Pôle emploi. Proposée par la direction au management en juin 2011, cette dématérialisation a été présentée comme une simple modernisation du service. Plus problématique, parmi les courriers concernés, se trouvent les convocations et les avertissements avant radiation. Ces derniers demandent aux personnes inscrites à Pôle emploi absentes à un entretien de se présenter dans les quinze jours pour justifier de cette absence.

Une modernisation qui ne fait qu'accroitre le distance entre le personnel du service public et ses usagers et qui participe un peu plus à la déshumanisation de Pôle emploi. Un service public inadapté pour répondre aux demandes des 4 128 000 de chômeurs français. Avec la dématérialisation des courriers c'est les inégalités sociales qui se creusent un peu plus, stigmatisant les personnes qui n’ont plus les ressources suffisantes pour avoir et maintenir en état de marche un ordinateur et leur connexion électronique. 

Un mois de juillet noir, qui atteint les 84 000 chômeurs, si l'on additionne les radiations aux nouveaux demandeurs d'emploi.

  • À lire également:

2000 radiations par mois, ça carbure au Pôle emploi

Le chômage remonte en flèche pour le 3ème mois consécutif

Justine Cohendet

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Dépendance/perte d'autonomie : Quel mépris gouvernemental !

27 Août 2011, 06:43am

Publié par PCF Villepinte

le 26 août 2011

 Dépendance/perte d'autonomie : Quel mépris gouvernemental !  
Après avoir exclus les personnes en situation de handicap contrairement à l’engagement de Nicolas Sarkozy en 2007, le premier ministre vient de reporter à 2012 les décisions attendues pour la dépendance des personnes âgées. C’était sensé être une des priorités de la seconde partie du quinquennat : une ministre et une secrétaire d’état, quatre groupes de travail, trois mois de pseudo-débat... Tout cela au final pour ne rien annoncer !

 

Pourtant la perte d’autonomie est une vraie problématique qui impose des choix de société et une autre considération du pouvoir. L’attitude actuelle du gouvernement laisse le champ libre aux assurances et aux financiers pour aggraver encore la situation financière des familles.

 

A l’opposé, le PCF et le Front de Gauche proposent le développement des réponses de service public et le remboursement à 100% par l’assurance maladie de la prise en charge de la perte d’autonomie.

 

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La CGT délivre un "triple zéro" à la politique du gouvernement

26 Août 2011, 21:52pm

Publié par PCF Villepinte

Social-Eco - le 26 Août 2011

Mots clés : congrès de la CGT,
 

«Pour nous, la note, ce n'est pas un Triple A, c'est un Triple Zéro». Bernard Thibault, qui faisait ce vendredi sa rentrée devant la presse, a livré en ces termes l'évaluation faite par la CGT de la politique gouvernementale face à la crise.

Pour le secrétaire général de la première centrale syndicale française, qui doit être reçu lundi après midi par François Fillon, le paquet de mesures de «rigueur» annoncé mercredi «s'inscrit dans la droite ligne des réformes précédentes», telles celle des retraites ou la Révision générale des politiques publiques. Il rejoint les plans adoptés ailleurs en Europe, une Europe «plongée dans la pire des situations depuis plusieurs décennies avec plus de 23 millions de chômeurs», et où «la seule réponse des dirigeants repose sur l'adoption de mesures d'austérité, la pression sur les salaires, la réduction des services publics, de la sécurité sociale, des pensions, un durcissement des conditions de travail et de vie».

«Il ne peut y avoir de consensus sur de telles bases», a tranché le leader de la CGT, évoquant les mesures Fillon, qu'il s'agisse d'une taxation des plus riches relevant «uniquement de la symbolique politique», du maintien du dogme de la suppression d'emplois dans la fonction publique, de l'accès aux mutuelles santé rendu plus onéreux... «Il peut y avoir «front commun» pour s'attaquer aux marchés financiers, ajoute-t-il, mais certainement pas pour leur obéir et faire passer la pilule auprès des salariés». Quant à la «règle d'or» de l'équilibre budgétaire que Nicolas Sarkozy voudrait voir inscrite dans la Constitution, ce n'est rien d'autre qu'une «supercherie qui se transformerait en règle de plomb pour amplifier les réformes antisociales». Au demeurant, pour la CGT, qui récuse ainsi l'analyse de fond de la situation faite par le gouvernement, la crise ne trouve pas son origine dans un «dérapage des dépenses publiques», mais dans «l'effondrement des recettes». Il y aurait d'ailleurs, si on le voulait, «beaucoup de ressources supplémentaires à collecter» pour l'Etat, fait valoir Bernard Thibault. Une réforme «en profondeur» de la fiscalité, sur le revenu comme sur les sociétés, fait partie de la dizaine d' «exigences» portées par le syndicat en cette rentrée, et qui devraient être «autant d'axes de campagne dans les entreprises, les professions, les territoires» (voir encadré).

Car, pour la CGT, la mobilisation des salariés est, bel et bien, d'ores et déjà à l'ordre du jour. «Le monde ne s'arrête pas de tourner parce qu'il y a des élections présidentielles dans 9 mois», «la situation appelle une intervention forte des salariés»  a noté le leader du syndicat. Avant d'indiquer que, «à l'unanimité», les responsables des fédérations professionnelles et des unions départementales, réunies jeudi en assemblée générale, se sont prononcés «pour que l'intersyndicale s'oriente sur l'organisation d'une journée de mobilisation interprofessionnelle au début octobre avec l'organisation de manifestations et la mise en débat de grèves décidées dans les entreprises avec les salariés». L'intersyndicale (CGT, CFDT, FSU, Unsa, Solidaires) doit se réunir le 1er septembre. Bernard Thibault estime qu'il y a «de fortes probabilités» pour que cette réunion débouche sur la décision d'une action commune. Il y a des «contacts réguliers», «les avis progressent», a-t-il noté.

Les 10 exigences pour la rentrée
1. «Conditionner toute aide publique au respect de critères portant sur l'emploi, les politiques salariales des entreprises et donner des moyens d'intervention aux salariés sur le bienfondé et l'usage de ces aides».
2. «Supprimer les exonérations fiscales et sociales sur les heures suppoémentaires».
3. «Agir sur les salaires dans le privé et dans le public. Nous revendiquons l'iouverture immédiate des négociations annuelles obligatoires par anticipation au titre de 2012».
4. «Développer les politiques publiques et notamment donner les moyens indispensables aux politiques d'éducation, de santé, de recherche.»
5. «Stopper les suppressions d'emplois, voire créer de nouveaux postes dans la fonction publique et les services publics».
6. «Contraindre les entreprises à examiner sérieusement toutes les alternatives aux licenciements en élargissant les pouvoirs d'intervention des salariés et de leurs représentants dans leur entreprise, leur groupe, voir leur filière d'activité».
7. «Réformer la fiscalité en profondeur. Améliorer la progressivité de l'impôt sur le revenu, créer de nouvelles tranches pour les hauts revenus. Augmenter l'Isf. Supprimer les niches fiscales inutiles. Taxer et/ou soumettre à cotisation tous les revenus sans distinction (...). Transformer l'impôt sur les sociétés. Il pourrait augmenter pour les entreprises qui utilisent leurs bénéfices pour capitaliser ou verser de gros dividendes et baisser pour les entreprises qui embauchent, augmentent les salaires, investissent dans l'outil de travail, la recherche, la préservation de l'environnement...»
8. «Créer un pôle financier pubvlic et établir un mécanisme de crédits à taux réduits pour favoriser l'investissement productif».
9. «Au plan européen et international, taxer les  mouvements spéculatifs de capitaux et éradiquer les paradis fiscaux».
10. «Mettre en place un fonds européen de solidarité sociale et de développement économique».

Yves Housson

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L'agence de notation Standard & Poor's envahi !

26 Août 2011, 09:16am

Publié par PCF Villepinte

L'agence de notation Standard & Poor's envahi !

 Au lendemain des annonces gouvernementales présentant un nouveau plan d'austérité pour satisfaire les marchés financiers, des militants communistes ont envahi les bureaux parisien de l'agence de notation Standard & Poor's pour dénoncer ce coup de force contre la démocratie. Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, et Brigitte Gonthier-Maurin, sénatrice des Hauts-de-seine, participaient à cette action coup de poing.

 

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