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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Le Japon, deux mois après la catastrophe

21 Mai 2011, 11:57am

Publié par PCF Villepinte

Monde - le 19 Mai 2011

 

Radioactivité, pénurie d’électricité, récession, politique énergétique… Le Japon et le monde prennent la mesure des dégâts colossaux infligés par le séisme, le tsunami et la catastrophe nucléaire de mars dernier.

La radioactivité est le problème le plus actuel ; et qui le restera encore pendant longtemps. Il est certainement bien trop tôt pour mesurer les conséquences des rejets radioactifs de Fukushima à long terme sur la santé, mais au Japon on se veut confiant. La zone à risque a été promptement évacuée, 85 000 personnes ont été déplacées. Le vice-ministre de la santé s’est exprimé cette semaine à ce sujet. De très nombreux contrôles ont été faits, ce qui lui permet d’assurer que les conséquences de la catastrophe de Fukushima seraient bien moindres qu’à Tchernobyl. "Nous ne pensons pas que les radiations au Japon contribueront à la multiplication des risques de cancer et de leucémie"." Mais nous devons étudier de plus près cette question" a-t-il tout de même modéré.
Aucun mort directement liée à la radioactivité n’est pour l’instant à déplorer. Un employé du site de Fukushima est décédé cette semaine, mais son taux de radiation étant faible, on nous assure que la cause du trépas est autre, même si elle reste à déterminer.

On remarque tout de même déjà quelques signes inquiétants. Des cendres très fortement radioactives (100.000 à 140.000 becquerels par kilogramme) ont été retrouvées dans trois stations d’épuration autour de Tokyo. Les autorités japonaises ont indiqué que la plus grande partie de ces cendres est d’ores et déjà recyclée comme composant dans des matériaux de construction. Il reste sur le site de Fukushima 90 000 tonnes d'eau stagnante fortement radioactive dont on ne sait que faire. La contamination des nappes phréatiques et de l'agriculture continue, dans un rayon pouvant aller jusqu'à 100 km autour de la centrale. Selon Greenpeace, du césium radioactif a été détecté sur des feuilles de thé récoltées à 300 Km de Fukushima. 3 400 vaches, 30 000 porcs et plus de 600 000 poulets vont également être abattus.
Autre signe de la contamination, les autorités russes arrêtent régulièrement des convois en provenance du Japon, principalement des pièces détachées pour automobiles, présentant des taux de radiations anormalement élevées, jusqu’à 6 fois la normale. Une soixantaine de convois ont été ainsi interceptés depuis mars.
La Russie procède également à d’importants tests dans les eaux du Pacifique Nord, la pêche au saumon y étant une activité vitale. Pas de signe de pollution nucléaire n’a encore été détecté, mais les scientifiques restent très vigilants et les mesures sont régulières.
Quant à la France, le taux de radioactivité dans le ciel métropolitain est passé de « très faible » à « négligeable », selon le Cniirad. « Négligeable » également devraient être les conséquences sur la chaîne alimentaire.

  • De Fukushima à la politique énergétique japonaise

Concernant la centrale en elle-même, trois objectifs principaux sont visés. En premier lieu, maintenir les réacteurs et les piscines de désactivation à basse température. Il faut aussi contrôler les rejets radioactifs (de nouvelles fuites ont été découvertes, la cuve du réacteur 1 étant trouée), puis faire en sorte que les personnes évacuées des environs de la centrale puissent regagner leur domicile.  Au Japon, on espère une stabilisation de la situation d’ici à janvier 2012, mais de nombreux experts internationaux doutent que ce soit possible.
Des employés de Tecpo (Tokyo Electric Power, qui gère la centrale) ont pu rentrer pour la première fois cette semaine dans les bâtiments abritant les réacteurs 2 et 3, mesurer les taux de radioactivité et évaluer les dégâts. Ils étaient parvenus à se rapprocher du réacteur 1 début mai. L'opérateur s'est ainsi rendu compte que le combustible nucléaire de ces trois réacteurs avait vraisemblablement fondu. Le plus endommagé étant le réacteur 3, car outre la fusion du cœur du réacteur, une explosion due à une accumulation d'hydrogène en a détruit le toit. Tecpo a dû concéder mercredi que les dégâts constatés dans la centrale étaient pires que prévu. Constat qui a mené à la décision prise ce vendredi de démanteler tout simplement les quatre premiers réacteurs, dès que ce sera possible. Seuls deux subsisteront (les 5 et 6), la construction des deux nouveaux sur le site de Fukushima, les 7 et 8, étant suspendue.

Cette situation plus que préoccupante a incité le Premier ministre japonais, Naoto Kan, à faire machine arrière sur l’ambitieux programme nucléaire qu’il soutenait (porter à la part du nucléaire à plus de 50% d'ici 2020, contre 30% actuellement). Entre les mauvaises nouvelles en provenance de la centrale et sa popularité en berne, il a déclaré mercredi que le Japon devait développer des énergies renouvelables comme l'éolien, le solaire et la biomasse. Il n'a pas pour autant annoncé qu'il fallait sortir du nucléaire.

  • Impact économique et risques de pénurie

De nombreuses entreprises japonaises avaient des usines autour de Sendai, dans le Nord-Est du Japon, la zone la plus durement touchée. De grandes installations de Sony, Panasonic, Toshiba ou encore Toyota ont été durement touchées. Ce à quoi il faut ajouter le manque d’électricité qui ralentit la production dans les usines encore en état de marche. Les conséquences sont à envisager à moyen terme : avec un risque de pénurie de certains composants (semi-conducteurs et mémoire), l’assemblage d’ordinateurs portables, appareils photos numériques, tablettes tactiles et autres gadgets high-tech pourrait bien être compromis d’ici à septembre.

Le secteur automobile souffre également. Les constructeurs viennent d’annoncer d’ailleurs que les jours de repos de leurs employés vont passer le jeudi et vendredi, en non plus le samedi et dimanche, car la consommation d’électricité est plus élevée en semaine que le weekend, ce qui leur permettra de disposer d’une plus grand quantité d’énergie. Entre les usines endommagées, les perturbations dans les circuits d'approvisionnement et le rationnement de l'essence, la production dans le secteur automobile tourne globalement au ralenti.

Tout ceci conjugué fait que jeudi, le gouvernement japonais a annoncé que le pays était tombé en récession. Un rebond est prévu dès octobre. On a appris à cette occasion que le coût du séisme et tsunami était évalué à près de 300 milliards de dollars. Et ceci ne prend pas en compte les rejets radioactifs de Fukushima, inestimables.

Autour du sujet, cette tribune de Christophe Alévêque : Radioactivez-vous !
Nicolas Sarkozy sera-t-il le dernier nucléariste au monde ?

 

Pierric Marissal

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Espagne : en direct de la Puerta Del Sol

21 Mai 2011, 11:50am

Publié par PCF Villepinte

le 20 Mai 2011
 

Une caméra permet de suivre en direct le rassemblement des jeunes indignés au cœur de Madrid. Une bonne manière de prendre le pouls de la contestation et de s’imprégner de l’ambiance.

La caméra est disponible à cette adresse. Cette place est, au cœur de Madrid, l’un des points névralgiques de la contestation des "indignados", les indignés comme on les appelle au-delà des Pyrénées. En tendant bien l’oreille, on peut entendre les notes de la chanson El pueblo unido jamás será vencido (Le peuple uni ne sera jamais vaincu) adaptée à l’actualité.

C’est aujourd’hui la sixième journée de contestation pour ces jeunes révoltés contre l’austérité et plus généralement leurs conditions de vie. Le taux de chômage en Espagne des 18-25 ans atteint 45 %.

Cette petite caméra sera bien intéressante ce weekend, puisque la loi électorale interdit les manifestations pendant les élections, et des élections municipales ont lieu ce dimanche. Les indignés ont déjà annoncé qu’ils resteraient dans la rue : "Ils ne peuvent pas nous chasser à coup de pieds, les dirigeants politiques ne le permettraient pas, cela leur donnerait une mauvaise image juste avant les élections" rapporte une jeune manifestante à l’AFP.

Le mouvement des indignés tend à s’étendre. Jeudi soir, plusieurs dizaines de manifestants se sont rassemblés à Paris devant l’ambassade d’Espagne.

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La métaphore DSK...

19 Mai 2011, 21:38pm

Publié par PCF Villepinte

Gavroche (Les Mis%C3%A9rables)Petit message d’un ami écrivain. Je ne résiste pas à l’envie de vous le communiquer quasi tel quel :
«Ce matin, je pensais que sur le plan métaphorique l'affaire DSK était exemplaire... Que fait le FMI sinon s'en prendre aux peuples les plus pauvres pour les livrer aux prédateurs les plus riches? Sur le plan économique, la pierre angulaire de la pensée de DSK et de ses semblables n'est-elle pas de réduire, réduire encore, réduire toujours les salaires... Or, qui fait tomber DSK? Une salariée originaire d'un pays d'Afrique! Et le drame se joue dans une suite d'un hôtel de luxe, métaphore parfaite du monde où nous vivons. C'est la revanche de ceux qui brossent les tapis rouges sur ceux qui les foulent.»
Rien à ajouter.

(A plus tard…)

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Tunisie : la fragile transition démocratique

19 Mai 2011, 21:34pm

Publié par PCF Villepinte

Monde - le 18 Mai 2011

Tunisie

 

Quatre mois après la fuite de Ben Ali, les Tunisiens redoutent une reprise en main du pays par les cadres de l’ancien régime. Les attentes sociales, elles, restent impérieuses. Tunis, envoyée spéciale.

Il y a les bouleversements manifestes. Ces petits riens et ces grands changements qui esquissent une Tunisie nouvelle. Comme ces vitrines de librairie où trônent fièrement les livres de Sihem Bensedrine ou de Taoufik Ben Brik, opposants naguère traqués, insultés, jetés dans les geôles du régime de Ben Ali. Comme ces mouvements sociaux qui secouent sans répit le pays. Comme cette inextinguible soif de débat qui attire les citoyens dans les réunions des innombrables associations ou partis politiques créés depuis la fuite du dictateur, le 14 janvier. Il y a les changements, et puis il y a l’inquiétude. La peur du retour en arrière, la terreur de voir les séides de l’ancien régime reprendre le pays en main en semant la confusion, le trouble et le désordre. « Chaque révolution a sa contre-révolution. Sous des formes diverses, toutes les forces qui craignent de voir leurs intérêts menacés par la transition démocratique tentent de déstabiliser le pays », résume Abdelaziz Messaoudi, membre du comité politique du parti Ettajdid (gauche).

En mettant des mots sur ces craintes, en incriminant un « gouvernement de l’ombre » tirant, selon lui, les ficelles de la transition, l’ex-ministre de l’Intérieur Farhat Rajhi a suscité une onde de choc dans tout le pays. Après ses déclarations début mai, les manifestations appelant à une « seconde révolution » se sont succédé. Sur l’avenue Habib-Bourguiba, des policiers cagoulés ont durement réprimé les contestataires, blessant même des journalistes. Depuis, le couvre-feu décrété le 7 mai dans le Grand Tunis a été allégé. Mais le climat reste lourd.

Un climat de peur entretenu

Dans un pays qui comptait un policier pour 70 habitants et un nombre incalculable d’indics, le poids de l’appareil sécuritaire et de la police politique du régime se fait toujours sentir. Dans le même temps, le sentiment d’insécurité est attisé, si besoin à grand renfort de rumeurs, pour entretenir un climat de peur. Le 5 mai, une soixantaine de détenus s’évadaient de la prison de Sfax, après des faits similaires à Kairouan, Kasserine et Gafsa. « Tout cela est très suspect. Comme les Tunisiens parlent de politique, tout est fait pour qu’ils ne parlent plus que d’ordre et de sécurité », explique Massaoud Romdhani, militant des droits de l’homme et membre de la haute instance pour la transition démocratique.

Sur le front social aussi, le climat est à l’orage. Le premier ministre, Béji Caïd Essebsi, n’a pas de mots assez durs pour fustiger les « grèves sauvages » préjudiciables, selon lui, à une économie guettée par le ralentissement (le FMI prévoit une croissance de 1,3 % en 2011, contre 3,7 % en 2010). Pour faire taire les revendications salariales, certains investisseurs étrangers n’hésitent pas à brandir la menace de fermeture. La fracture entre les régions côtières et celles de l’intérieur, minées par la misère et le chômage, est plus profonde que jamais. Les attentes sociales restent impérieuses.

Autant de facteurs qui nourrissent la défiance vis-à-vis du gouvernement de transition. Premier ministre de Ben Ali, Mohamed Ghannouchi avait « dégagé » sous la pression des manifestants de la Casbah, aux yeux desquels il incarnait la continuité. À quatre-vingt-six ans, son successeur, Béji Caïd Essebsi, vétéran du bourguibisme, apparaît, lui, en décalage complet avec les aspirations d’une jeunesse refusant de voir « sa » révolution voler aux quatre vents. « Tant que les élections à l’Assemblée constituante n’auront pas eu lieu, le problème de la légitimité restera posé », se résigne Abderrazak Zouari, ministre du Développement régional. Prévu le 24 juillet, ce premier scrutin libre depuis l’indépendance pourrait être reporté. Officiellement pour des raisons « techniques ».

Rosa Moussaoui

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Le "printemps espagnol" cherche à s'étendre

19 Mai 2011, 21:31pm

Publié par PCF Villepinte

Monde - le 19 Mai 2011

 

Le mouvement inédit qui réunit depuis dimanche des milliers de personnes en Espagne pour dire « non » à l'austérité, cherche à s'étendre avec la convocation de rassemblements à travers le monde.

Buenos Aires, Bruxelles, Paris, Mexico, Berlin, Bogota, Vienne : des concentrations sont prévues de jeudi à dimanche, sur des places emblématiques ou devant les ambassades d'Espagne, a indiqué le mouvement "Democracia real, Ya!" (Une vraie démocratie, maintenant!) sur son site internet (en espagnol). D'autres rassemblements sont aussi prévus à Birmingham, Bristol, Edimbourg en Grande-Bretagne et Padoue ou Turin en Italie. A Paris, qui accueille de nombreux étudiants espagnols, le rassemblement est prévu à 18 heures devant l'ambassade d'Espagne.

"Vous prenez l'argent, nous prenons la rue", "Si vous ne nous laissez pas rêver, nous ne vous laisserons pas dormir", proclamaient des banderoles dépliées à la Puerta del Sol, lieu de rassemblement emblématique au coeur de Madrid. Depuis de début de la semaine, aux cris de "nous avons le droit de nous indigner" des milliers de manifestants, répondant à des appels lancés sur les réseaux sociaux, envahissent les rues des villes d'Espagne dans l'espoir de faire entendre leur voix avant les élections locales de dimanche. Des centaines, parfois des milliers de jeunes, se relaient jour et nuit sur l'emblématique place Puerta del Sol à Madrid, où un véritable bivouac a été organisé. "Nous avons l'intention de rester ici jusqu'aux élections" de dimanche, a expliqué Juan Rubio, un porte-parole de ce mouvement hétéroclite, rassemblant beaucoup de jeunes, mais aussi des citoyens de toutes origines, chômeurs, fonctionnaires ou retraités, qui réclament "une vraie démocratie, maintenant". "C'est un mouvement en construction, nous sommes encore en train de rassembler nos idées, d'organiser des assemblées pour un changement social", a-t-il ajouté. 

Mais dans un pays peu habitué aux manifestations de masse, tous expriment lassitude et frustration face aux retombées de la crise et au chômage, qui a continué à grimper au premier trimestre avec un taux record de 21,19%. En février, 44,6% des moins de 25 ans étaient sans emploi.

Demain, dans l'Humanité, notre analyse sur les enjeux des élections municipales et régionales du dimanche 22 mai.

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Lagarde en vue du F.M.I.

19 Mai 2011, 05:53am

Publié par PCF Villepinte

Par la barbe de Karl Marx ! On n’avait pas vu une embrouille pareille à la Section depuis le début de la perestroïka. A deux doigts d’une scission qu’on était, et tout ça à cause de cette histoire de DSK ! Je vous la fais simple : on a vu apparaître trois courants, avec trois motions et tout ce qui va avec. Le courant people a présenté une motion ayant pour titre « Rebondissement dans l’affaire DSK : Carla Bruni est enceinte ». 0,7% des adhérents se sont prononcés en sa faveur. Les libertaires ont avancé une contribution concurrente : « Surpopulation carcérale : libérez DSK ». 25% des suffrages exprimés. Enfin, une troisième motion, de compromis humanitaire, a été élaborée par la direction : « DSK, isolé en détention : envoyez-lui Christine Lagarde ! ». Elle l’a emporté haut la main avec 62% des voix. Plutôt que d’alimenter ce « débat politique », en somme, on a décidé de regarder ailleurs, en France justement.

Pendant ce temps, en effet, la France est en pleine croissance, s’agissant des incarcérations. Tous les records sont pulvérisés avec 64 548 détenus dans les prisons françaises au 1er mai 2011 (il faut quand même le faire pour calculer ça au jour de la fête du travail !), bien tassés d’ailleurs dans les 50.746 places disponibles. Pour remédier à ce scandale, notre gouvernement a eu une idée de génie : promouvoir Christine Lagarde pour succéder à DSK à la tête du F.M.I., d’où notre troisième motion. Vous ne voyez pas le rapport ? C’est tordu, je sais, il faut que je vous explique.

On nous dit en boucle que DSK n’a pas d’immunité diplomatique. Et on dit ça sur la base des Statuts du F.M.I. Mais on ne va pas voir la section 21 de la Convention sur les privilèges et immunités des institutions spécialisées, qui dit tout net que « le directeur général de chaque institution spécialisée, ainsi que tout fonctionnaire agissant en son nom pendant son absence, tant en ce qui le concerne qu'en ce qui concerne ses conjoints et enfants mineurs, jouira des privilèges, immunités, exemptions et facilités accordés, conformément au droit international, aux envoyés diplomatiques ». Immunité totale (et pas seulement pour les actes de sa fonction), en somme, pour le patron du F.M.I. (qui est une institution spécialisée des Nations Unies) et pour sa famille. Mais alors, me direz-vous, comment ça se fait qu’on ait mis DSK au placard aux Etats-Unis ? C’est là que ça devient compliqué, faut s’accrocher.

Les Ricains n’ont pas ratifié la Convention sur les privilèges et immunités des institutions spécialisées, alors que les autres (France, Allemagne, Russie, etc.) l’ont fait. Du coup, ils estiment qu’elle ne peut pas être invoquée aux Etats-Unis (ce qui est peut-être vrai, mais ça ne règle pas le problème de l’indépendance de l’institution, qui peut passer par l’immunité du patron, car autrement un tas d’Etats serait tenté de le foutre au gnouf pour obtenir un prêt, ou pour contrôler le gros bazar), alors qu’elle s’applique chez les autres (France, Allemagne, Russie, etc.). Vous la voyez, ce coup-ci, l’embrouille ?

Le procureur général près la Cour de cassation, Jean-Louis Nadal, a demandé à la Cour de justice de la République d'ouvrir une enquête visant Christine Lagarde dans l’affaire Tapie. On suspecte un abus d’autorité dans le choix de

recourir à l’arbitrage, à l’issue duquel on a octroyé à Tapie la bagatelle de 240 millions d'euros de réparation, plus une centaine en intérêts et 45 millions pour « préjudice moral » car la souffrance, Messieurs-Dames, c’est comme la vertu, ça a un prix. Bref, il risque de faire vilain temps, et de là à ce qu’on balance aux cognes plus haut que Lagarde, le risque est fort, d’autant que Tapie a appelé à voter Sarko, on s’en souvient…

Là-dessus l’idée de génie : on profite de l’affaire DSK pour te fourguer Lagarde au F.M.I. ; du coup elle chope l’immunité, la procédure française est paralysée (car la France, elle, a ratifié la Convention – eh, faut suivre quand on vous cause !) et tout le monde dort peinard à l’U.M.P. En plus, on est sûr que ça passe car les journaleux sont convaincus qu’il n’y a pas d’immunité au F.M.I., et n’y voient que du feu. C’était sans compter sur la Section !

Glop Lerouge

Secrétaire de Section

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Front uni contre la vie chère

19 Mai 2011, 05:49am

Publié par PCF Villepinte

Hausse des prix, gel des salaires et baisse du niveau de vie ! Gaz, électricité, logement, matière première. Face aux mesures d'austérité, des milliers de français ne semblent plus pouvoir subvenir à leurs besoins élémentaires. Les tentatives du gouvernement pour masquer la réalité sont bien nombreuses ... et tellement frileuses : du "panier des essentiels" de Frédéric Lefèbvre à la prime de 1000 euros de Nicolas Sarkosy. Il est bien beau le "président du pouvoir d'achat" ! Mais personne n'est dupe. Car dans ces dérives des marchés et de la spéculation, les prix flambent en même temps que les salaires des actionnaires. Et ils laissent derrière eux des millions de français face à des mesures d'austérité draconiennes.

Ce dossier se propose de revenir sur le pouvoir d'achat. Il dénonce le caractère  insuffisant et inégal des propositions du gouvernement en la matière et ouvre les portes sur les solutions du front de gauche.

En savoir plus

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La Quinzaine des réalisateurs

18 Mai 2011, 10:58am

Publié par PCF Villepinte

  • Culture - le 11 Mai 2011

     

    Suivez chaque jour, l'actualité de la Quinzaine des réalisateurs du 64ème Festival de Cannes avec les envoyés spéciaux de l'Humanité.

    • Le tour du monde sans quitter son fauteuil 

    18 mai. Par Jean Roy. Cinq films, cinq pays et autant de propositions d’écriture témoignent de la vitalité de la Quinzaine. 

    Avec En ville, premier film de Valérie Méjen et Bertrand Schefer, nous quittons la ville du Havre – qui a nourri la Fée et le Havre – au profit de Nantes et Saint-Nazaire, décor naturel qui, cette fois encore, est puissamment partie prenante de l’œuvre. Une chaste histoire nous est contée, visiblement sans trop de sous mais avec un talent évident, en particulier au niveau du travail sur le langage qui n’est pas sans rappeler Garrel, Rohmer ou Mouret, encore qu’ici le naturalisme ne se double pas de théâtral. Peut-être vaudrait-il mieux évoquer Jean Eustache pour son sens de l’observation des adolescents au moment de la mue. Soit donc Iris (la très juste Lola Créton), seize ans, qui va rencontrer Jean (Stanislas Merhar), photographe parisien sur la quarantaine, qui va la changer en tous points des garçons de son âge. L’attirance est réciproque mais, quand il la prendra pour la première fois dans ses bras, ce sera en grand frère. On a vraiment aimé ce ton mezzo voce.

    On a vraiment été dépaysé au contact de Busong, d’Auraeus Solito, premier film jamais tourné en palawanais, ce qui permet de constater que les autochtones sont considérés par les Philippins un peu comme les Corses parlant leur langue par les Parisiens. Cela est plastiquement très beau et visiblement une occasion de faire connaître et reconnaître son existence sur la planète culture, donc important politiquement. Pour le reste, on demeure un peu comme face à un film d’Apichatpong Weerasethakul en Thaïlande. Mieux vaut avoir grandi dans une culture du merveilleux et du shamanisme pour être certain d’en cerner toute la symbolique.

    Avec Code Blue, Urszula Antoniak nous donne un de ces purs films de genre comme on en trouve à l’occasion dans le cinéma hollandais, voire celui-ci. On a aimé la photo très stylisée de cet exercice de style, l’utilisation minimaliste du Scope qu’on y trouve, pas forcément sa dimension d’initiation sexuelle, Hitchcock et De Palma ayant déjà très bien traité la question du voyeurisme.

    Laetitia Casta et Thure Lindhardt dans The Island, de Kamen Kalev

    Même remarque en ce qui concerne The Island, du Bulgare Kamen Kalev. On avait beaucoup aimé et défendu Eastern Plays. On le suit moins quand Laetitia Casta et Thure Lindhardt viennent vivre des amours torrides dans l’île bulgare paradisiaque de Bolchevik Island. Reconnaissons que le récit nous réserve quelques retournements pour le moins inattendus. Nous avons cependant préféré la qualité de l’image, le sens envoûtant du cadre et la musique prenante.

    Maintenant, si vous voulez passer une nuit de déprime et d’errance à Rio, c’est O abismo prateado (la falaise argentée), de Karim Aïnouz, qu’il faut retenir. Un message de son mari laisse une femme dans l’angoisse. La tension durera jusqu’à l’aube. C’est beau Copacabana la nuit.

    • Impardonnables, d’André Téchiné

    17 mai. Par Michel Guilloux. En appeler à Schopenhauer pour conjurer la suite ? C’est ce à quoi se livre en préambule Francis, le personnage d’écrivain interprété par André Dussollier qui cite le philosophe sur les mystères similaires des actes de créer et de procréer. L’essentiel d’Impardonnables se joue ensuite entre deux séquences de lent et beau travelling sur un quai, seul avant une fin ouverte, en compagnie d’une femme, Judith, au début. L’écrivain se déplace de Paris à Venise, comme le film, adapté du roman éponyme de Philippe Djian, situé au Pays basque. Et si les prénoms des autres protagonistes de l’histoire sont de même conservés, leurs relations en seront d’autant revisitées. --> Lire la suite

    Carole Bouquet et André Dussollier dans Impardonnables

    • En direct de la quinzaine (17 mai) par Jean Roy

    La fin du silence, de Roland Edzard, France. 1h20. 

    C’est un enfant sauvage, comme chez Truffaut, en version jeune adulte, mais encore moins décidé à se laisser éduquer. Il s’appelle Jean et est incarné par Franck Falise, admirable interprète de vingt-deux ans, qui faisait les marchés quand il a répondu à une annonce de casting. À la maison, perdue dans des Vosges pluvieuses et froides, une crise familiale tourne à la bagarre, d’une brutalité réaliste digne de Garrel, de Bruno Dumont ou du Doillon du Petit Criminel. Une partie de chasse est prévue, Jean y a été invité comme rabatteur mais il s’est procuré une arme. On devine que cela va mal tourner, aidé en nos pressentiments par l’hostilité de la nature tant l’on sent et respire les éléments. C’est un premier film, mais il suffit pour assurer qu’un réalisateur est né.

    Return de Liza Johnson. États-Unis. 1h37.

    Dès la première minute, la caméra portée serrée donne le ton. Une soldate revient chez elle en fin de contrat, attendue et fêtée par les siens dans son village de la Rust Belt (la ceinture de la rouille, dont les États victimes du dépérissement de l’industrie lourde). Fêtée un jour, pas toujours. Les Plus Belles Années de notre vie, le classique de William Wyler, n’est pas loin, les séquelles du retour à la vie civile non plus. De thérapies de groupe en troubles du comportement, de refuge dans des substances qu’on ne saurait conseiller la perte de l’autorité maternelle devient inéluctable. Dans le ton libre qui fut celui de la génération 1970, Jerry Schatzberg ou Bob Rafelson.

    Play de Ruben Östlund. Suède. 1h58.

    Laisser le politiquement correct au vestiaire sans pour autant cautionner l’ostracisme, tel est le propos de Ruben Östlund, qui n’hésite pas à s’intéresser au quotidien d’une bande de Blacks vivant de rapine, d’escroqueries et d’expédients tout en tuant leur ennui en chahutant dans un centre commercial suédois aseptisé. Comme ils sont plus jeunes et bêtes que méchants, on finit par s’intéresser à eux comme à leurs copains blancs, d’autant plus que le réalisateur laisse toujours percer une pointe d’humour décalé comme dans les films de Roy Andersson.

    • Jeanne captive, de Philippe Ramos

    16 mai. Par Dominique Widemann. Après son Capitaine Achab inspiré de Melville, Philippe Ramos inscrit dans l’histoire 
du cinéma sa Jeanne d’Arc en dépeignant le mystère de son rayonnement.

    En l’an de grâce 1430, Jeanne d’Arc, qui, contre l’avis du roi Charles VII, persévérait à bouter l’Anglais hors de France, est arrêtée à Compiègne. Elle sera retenue en captivité par le puissant Jean de Luxembourg qui décide de la vendre à ses ennemis. La période historique du film de Philippe Ramos est donnée en un bref préambule inscrit sur fond noir. Le lyrisme des plans qui vont suivre n’en sera que plus saisissant. Contre-plongée et ralenti conjuguent leurs effets pour accompagner la chute d’une jeune femme depuis le haut d’une tour. Corps droit que l’habit d’homme d’alors affine de son dépouillement, bras retirés dans l’obstination de se livrer à la mort, elle tombe. L’infini de l’air qu’elle fend de son vol dessine l’espace du mystère qu’après d’autres (Dreyer, Bresson ou encore Panvilov) le cinéaste Philippe Ramos va explorer. --> Lire la suite



    •  En direct de la quinzaine (16 mai) par Jean Roy

    The other side of sleep, de Rebecca Daly. Irlande, 1h28

    C’est l’histoire d’une somnambule qui découvre ce qu’elle aurait mieux fait d’ignorer. Sans cela, elle serait banale, ouvrière quelconque dans une bourgade qui n’a rien d’excitant. Mais il y a ce corps, retrouvé mutilé. Presque sans parole mais avec une grande attention aux bruits, le film est tourné avec une caméra à l’épaule qui traque et cerne ce bout de femme énergique. Antonia Campbell-Hughes apporte sa grâce butée à la Charlotte Gainsbourg à son personnage. Un film d’atmosphère qui relève du thriller psychologique, bon film 
de genre un peu trop clos sur lui-même.

    Eldfjall, de Runar Runarsson. Islande, 1h39

    Alors qu’un volcan islandais s’active, un homme âgé (magnifique Theodor Juliusson à la longue barbe blanche) rompt avec la vie qui fut la sienne. Plus rien à faire pour occuper ses jours qu’à se chamailler et se houspiller avec son épouse, à recevoir ses petits-enfants, à vaquer aux travaux d’entretien quotidiens et à pêcher. Un jour, son épouse doit être hospitalisée et tous ses repères finissent en château de cartes tant elle s’occupait de tout. Le voilà seul. La suite développera ce tableau relevant de la peinture d’intérieur. Un premier film modeste tout en sensibilité.

    Porfirio, d'Alejandro Landes. Colombie, 1h41


    À la fin, et à la fin seulement, durant une chanson qui accompagne le générique, on saura tout. Sinon, cela aurait pu être le portrait d’un invalide dans son fauteuil, d’âge moyen, un peu gras et le cheveu rare, mais la moustache vaillante. Un homme du peuple qui vend des minutes de téléphone aux clients. Il ne marche plus depuis qu’il s’est ramassé une balle de la police qui passait par là. Depuis, il attend la compensation promise et semble bien parti pour attendre encore. On l’a dit, la fin surprendra.

    • La Fée, de Dominique Abel, Fiona Gordon
 et Bruno Romy

    13 mai. Par Jean Roy. La Quinzaine des réalisateurs démarre avec une comédie musicale burlesque, féérique et déjantée signée par le trio de Rumba.  Le Havre devient la ville de tous les possibles avec des clins d’oeil à Moretti, aux frères Marx tendance Groucho.

    Qui a vu les films précédents du trio Abel, Gordon, Romy, à savoir l’Iceberg et Rumba, sera en terrain de connaissance. Dominique Abel, qui est son propre acteur, c’est d’abord un grand corps dégingandé à la Buster Keaton semblant avoir beaucoup souffert. 

    Le voici cette fois veilleur de nuit dans un hôtel qui ne croule pas sous les étoiles. Ce, au Havre, dont l’architecture de Jean Perret restera désormais liée à ce film comme Clermont-Ferrand a pu inspirer Eric Rohmer dans Ma nuit chez Maud. Survient un client qui ne parle pas français et à qui il faut faire comprendre que la maison n’accepte pas les chiens. --> Lire la suite


    • Ceci n’est pas un film, de Jafar Panahi et Mojtaba Mirtahmasb


    11 mai. Par Michèle Levieux. Depuis un an, Jafar Panahi a sa place réservée à Cannes, Venise, Berlin, Los Angeles. Cette fois, c’est la Quinzaine des réalisateurs qui lui offre un fauteuil. Jafar Panahi, immense cinéaste iranien doublé d’un homme d’honneur, ne mérite nullement ce que la « justice » de son pays lui fait vivre : l’attente d’une arrestation à la suite d’une sentence ignoble, six ans de prison et vingt ans d’inactivité cinématographique. Malgré tout, Jafar « sera » à Cannes avec Ceci n’est pas un film, tourné avec la complicité du cinéaste Mojtaba Mirtahmasb. Il a joint, à la copie envoyée au Festival il y a cinq jours, un message de sa main disant : « Nos problèmes sont nos fortunes. La compréhension de ce paradoxe prometteur nous invite à ne pas perdre l’espoir et à poursuivre notre chemin… » --> Lire la suite

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Réaction à la « Défense de Dominique Strauss Kahn » par M. Lévy [1]

18 Mai 2011, 10:06am

Publié par PCF Villepinte


Magnifique entrée en matière dont vous vous fendez, M. Lévy, dans cette « Défense de Dominique Strauss-Kahn » : la chambre du Sofitel où logeait M. Strauss-Kahn aurait porté un numéro correspondant à la date des primaires socialistes. C’est pour le moins à 10 000 lieues de la situation de cet homme, seul dans sa cellule, dont vous vous dîtes l’ami. Cet ami que vous voyez accablé par une « opinion ivre de storytelling et d’on ne sait quelle obscure vengeance ». C’est fort étrange car c’est justement ainsi que j’aurais décrit les ressorts dont vous usez et abusez : vos apparitions médiatiques si nombreuses, vos mises en scènes photographies, vos poses [2], tout cela ne suit-il pas justement les règles du storytelling, dont les médias sont si friands ?

Soit, la presse new-yorkaise de bas étage s’est jetée sur l’affaire. Fallait-il en attendre autrement de tels journaux pour un homme aux frasques déjà connues ? Vous faîtes le candide et transformez le harcèlement en « charme ». La justice tranchera, mais s’il doit y avoir présomption d’innocence, il convient aussi de respecter un tant soit peu cette femme et ses déclarations, au lieu d’y semer le doute en toute partialité.

Non, ce qui « donne la nausée », Monsieur Bernard-Henry Lévy, ce n’est pas tant les réactions de la classe politique française, que vous devriez saluer pour son calme au lieu de la honnir (mis à part M. Debré) ; non, ce serait plutôt cette manière que vous avez, vous et une certaine intelligentsia, de proclamer Dominique Strauss-Kahn « champion » de la gauche. Ce matraquage insensé a pour but d’imposer à la tête du parti socialiste français un homme qui joue ce jeu enfantin du « ni oui ni non » depuis trop longtemps, bloquant à son avantage des débats qui devraient se faire plus passionnés au sein du PS. Et en se remémorant le passif de M. Strauss-Kahn à la tête du Cercle de l’industrie par exemple, on se doutera qu’il n’y a pas que cette intelligentsia dont vous vous faîtes le porte-parole qui attend la venue du président du FMI à la tête du pays.

Comment aussi oser décemment dire que « l’Europe, pour ne pas dire le monde, […] lui doit d’avoir, depuis quatre ans, à la tête du FMI, contribué à éviter le pire ». Doit-on rappeler que c’est ce même M. Strauss-Kahn qui a été un des porte-étendards de la constitution européenne. Il ne sera pas besoin de rappeler les diverses dispositions de cette constitution qui auront permis à la crise financière d’ébranler notre économie : libre circulation des capitaux internes mais aussi externes à l’Europe, politique économique libéral…

Et enfin, ce magnifique dernier paragraphe de votre lettre partisane : le FMI devient sous votre plume une organisation caritative. Oubliés les monstrueux plans de rigueur grec, portugais et espagnol imposés de concert par le FMI et les marchés. Oubliées même, quand on regarde un peu plus en arrière, les louanges qu’adressait il y a quelques mois le FMI à la Libye de M. Kadhafi [3], un terrain que vous connaissez bien, il me semble [2].

Avant de vous lancer la plume en avant pour user de votre influence, un minimum de décence aurait été le bienvenu. Peut-être aurait-il été alors moins évident aux yeux de vos lecteurs qu’avant de défendre un ami, vous défendiez une institution – le FMI – et une idéologie – libérale.

[1] : http://www.bernard-henri-levy.com/defense-de-dominique-strauss-kahn-18909.html

[2] : à en croire votre photothèque où vous suivez à la trace les missiles qui ont plu sur les terres libyennes en mars 2011 :

http://www.bernard-henri-levy.com/phototheque-bhl-histoire?album=all&gal...

[3] : http://www.imf.org/external/np/sec/pn/2011/pn1123.htm

 

boubenec

PUB:L'Humanité Dimanche du 19/05/2011 :



 
 

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Les vieilles recettes du FN pour relooker le capitalisme

18 Mai 2011, 09:59am

Publié par PCF Villepinte

Politique - le 16 Mai 2011

 

Argumentaire

Par Nasser Mansouri-Guilani, responsable à la CGT des questions économiques.

 

Alors que le FN dévoile des éléments de politique économique, l’économiste Nasser Mansouri-Guilani montre en quoi le parti de Marine Le Pen surfe sur les peurs et prône des solutions qui remettent en question le modèle social français.

L’écart grandissant entre les promesses électorales de Nicolas Sarkozy et le bilan de son gouvernement, la dégradation de la situation du monde du travail, l’accumulation des difficultés pour la majorité des salariés, des privés d’emploi et des retraités, surtout après la crise économique et financière de 2008-2009, sont propices au développement des idées de l’extrême droite. Les propos scandaleux de Laurent Wauquiez, ministre des Affaires européennes, concernant les bénéficiaires du RSA, dans la foulée de ceux de Claude Guéant, ministre de
l’Intérieur, concernant, notamment, la présence des immigrés sur le territoire français, attestent de cette dérive dans le discours de l’extrême droite. Le Front national profite de ce contexte. Tout en poursuivant la stratégie de son père, Marine Le Pen veut donner une image plus présentable de ce parti. Le FN cherche surtout à surfer sur les amertumes, les déceptions et les souffrances de nos concitoyens, particulièrement parmi les couches les plus défavorisées de la population. Ce n’est pas la première fois dans l’histoire que l’extrême droite procède ainsi. Et ce n’est pas la première fois non plus qu’une partie des couches sociales les plus défavorisées est séduite par des idées de l’extrême droite. À chaque fois, cette séduction a conduit au recul de la démocratie et à la régression sociale. La gestion des municipalités
par l’extrême droite en est la preuve la plus convaincante. Il est absolument nécessaire de dévoiler cette tentative de séduction du FN. L’enjeu est énorme pour les travailleurs et pour la démocratie.

  • Le FN, un parti traditionaliste 
et ségrégationniste

Sur le fond, le FN demeure un parti conservateur, traditionaliste et ségrégationniste. Dans les médias, on fait beaucoup de bruits sur le « changement d’orientation » du FN après l’élection de Marine Le Pen à sa présidence. Mais on oublie très souvent de souligner que les fondements du programme du FN demeurent inchangés (1). ,En effet, le FN continue de penser que la « cohésion de la nation » repose sur quatre piliers : la famille, l’école, l’armée et la religion. Le changement de présidence du FN n’a donc rien changé en la matière.

Par ailleurs, prétextant du « caractère sacré de la vie », le FN programme des reculs sociétaux importants et préconise, notamment, un référendum sur l’avortement. Rien, non plus, ne change en ce qui concerne l’approche ségrégationniste du parti d’extrême droite. Comme par le passé, le FN stigmatise les travailleurs immigrés et leur demande des efforts supplémentaires. Ainsi, le parti d’extrême droite revendique une majoration de 35 % des cotisations maladie et chômage des travailleurs immigrés. Comme par le passé, le FN mise sur les peurs : peur des salariés 
de perdre leur emploi, peur de se trouver et de rester en permanence dans la précarité ou dans le chômage, peur de l’étranger… Marine Le Pen reprend la stratégie initiée par ses prédécesseurs.

  • Des mots au gré
des circonstances

Marine Le Pen a fait beaucoup de bruits autour de son programme économique. En réalité, elle n’a pas fourni de programme digne de ce nom. Elle a simplement présenté quelques éléments au cours d’une « conférence de presse ». Les éléments dévoilés montrent bien que Marine Le Pen poursuit totalement la démarche démagogique de son père, tant sur la forme que sur le contenu. L’agressivité verbale vis-à-vis des adversaires s’accompagne de promesses gratuites et d’une reprise plus prononcée des mots d’ordre des forces progressistes.

Comme son père, Marine Le Pen accuse indifféremment la gauche et la droite. En même temps, elle n’hésite pas à donner une « tonalité sociale » plus forte à ses propos, à reprendre des mots d’ordre développés et défendus par des organisations syndicales et des partis politiques de gauche, tout en s’opposant à eux. Par exemple, elle parle de la « nationalisation de certaines banques » sans poser aucunement la question fondamentale de la finalité des banques et celle des droits des salariés. Cela montre que le FN demeure le parti de la démagogie. Comme par le passé, ses pratiques font fi de toute honnêteté intellectuelle. Le changement de sa présidence ne modifie pas cette réalité.

Dans le discours du FN, les mots changent en fonction des circonstances, du climat politique et social, de l’audience, mais les idées demeurent inchangées. ,La reprise opportuniste des mots d’ordre des forces progressistes témoigne du fait que, dans la foulée de son père, Marine Le Pen veut profiter de la grande déception provoquée par les politiques désastreuses du gouvernement.

L’insistance sur les « valeurs traditionnelles » (famille, école, armée, religion, stigmatisation des immigrés, notamment d’origines africaine et asiatique…) et la reprise des mots d’ordre des forces progressistes donnent un caractère totalement incohérent et contradictoire au discours du FN.

Cela rend difficile, surtout pour le citoyen peu familier avec les mécanismes profonds du fonctionnement de l’économie, de se rendre compte des contradictions entre le discours du FN et son « projet de société ».

  • La crise sociale : 
le terreau
de l’extrême droite

La reprise des idées et des mots d’ordre progressistes par l’extrême droite n’est pas un phénomène nouveau. Notre civilisation est en crise. Un aspect majeur de cette crise est bien l’accroissement des inégalités sociales et le développement de la précarité et de la pauvreté, y compris au sein du salariat (2). Aux yeux d’une partie de la population, particulièrement des plus défavorisés parmi lesquels un nombre croissant de travailleurs (salariés, privés d’emploi, retraités), les fortes mutations en cours provoquent un déracinement social, un désarroi devant un monde qui change trop vite, pour ainsi dire. ,Ce désarroi conduit dans certains cas à un rejet des valeurs démocratiques, à un déni de solidarités, à un repli sur soi, etc.

Ce contexte est très favorable au développement des idées de l’extrême droite, voire aux idées fascisantes. Il permet à l’extrême droite de récupérer des mots d’ordre développés par les forces progressistes. ,L’objectif de l’extrême droite est de gagner les voix des déçus, des « laissés-pour-compte », non pour résoudre leurs problèmes, mais pour abuser de leur confiance afin de renforcer le système d’exploitation capitaliste.

  • Le « nouveau discours social » du FN 
n’est pas si nouveau

Contrairement à ce qui est souvent dit dans les médias, Marine Le Pen n’innove pas dans le domaine du discours social. En la matière, le changement de vocabulaire du FN a débuté dans les années 1990. Marine Le Pen lui donne un accent plus prononcé. Depuis pratiquement deux décennies, l’accent du FN est devenu de plus en plus « socialisant » au fur et à mesure que se développaient la précarité, les inégalités et l’insécurité sociale (3). Par-delà le vocabulaire, le FN ne veut pas d’une France plus solidaire ; il veut une France où les capitaux français auraient davantage de liberté pour exploiter les travailleurs français.

Jean-Richard Sulze, un théoricien de la doctrine économique du FN, par ailleurs conseiller régional du parti d’extrême droite dans le Nord-Pas-de-Calais, résume bien la philosophie du « projet de société » de ce parti. Ce « projet » demeure fondamentalement ancré dans le capitalisme national : « Liberté du commerce et de l’industrie à l’intérieur du pays, garantie par un État gendarme, qui lui-même sera plus protecteur vis-à-vis de l’extérieur. » (4)

  • Un « État gendarme » pour mieux défendre 
les intérêts des détenteurs de capitaux

La référence à l’« État gendarme » n’est pas fortuite. Il ne faut pas voir dans cette référence une quelconque rupture avec les traditions capitalistes. Contrairement aux idées reçues et largement propagées par les libéraux, le système capitaliste n’a jamais fonctionné sans État. L’intervention de l’État a toujours été indispensable pour le maintien et le développement du système capitaliste et de l’exploitation des travailleurs. Bien sûr, le contenu de l’intervention de l’État est conditionné par les luttes sociales et politiques. Ainsi, les luttes sociales en France ont donné lieu aux avancées sociales en faveur des travailleurs. Et c’est bien ces avancées-là qui sont aujourd’hui visées, tant par la droite que par le FN. En effet, le FN ne cache pas son hostilité à l’égard des forces de progrès, des forces sociales qui luttent pour défendre les intérêts des travailleurs et développer les droits sociaux. Cela explique, entre autres, l’opposition du FN au puissant mouvement social contre la réforme des retraites. Cela explique aussi et surtout son hostilité vis-à-vis de la CGT.

  • Des propositions dangereuses
pour les travailleurs

Le FN attribue, en dernière analyse, les difficultés de la France à deux facteurs principaux : l’euro et les « étrangers » (soit les immigrés, soit les pays étrangers). En termes d’outil de politique économique, cette vision conduit le FN à proposer trois mesures principales : sortie de l’euro, protectionnisme accru, préférence nationale. En attribuant les difficultés de la France à ces facteurs, le FN vise en fait à camoufler la vraie cause de nos difficultés, à savoir la stratégie de dévalorisation du travail au profit des détenteurs de capitaux.

Menée par les entreprises et soutenue par l’État, cette stratégie a surtout abouti à un développement sans précédent de la précarité et des bas salaires, à un accroissement des inégalités sociales. Elle a aussi conduit à un affaiblissement du potentiel productif du pays et au recul de la France sur la scène internationale (5).Les idées avancées par le FN ne permettent pas de remédier à ces difficultés. Au contraire, elles risquent de les aggraver.

Voyons pourquoi.

  • Sortir de l’euro,
 pour mieux exploiter 
les travailleurs français

La sortie de l’euro est présentée comme la pièce maîtresse des propositions économiques du FN : l’euro sera remplacé par le franc ; un « nouveau franc » à parité avec l’euro serait rétabli (autrement dit, ce nouveau franc vaudrait 1 euro) ; ce franc serait ensuite dévalué de 20 % à 25 %. L’argument avancé pour défendre ces idées est la suivante : « Donner des marges de manœuvre au pays. » Pour ne pas heurter les salariés qui sont constamment mis sous pression par le patronat avec l’argument de « compétitivité », le FN se garde bien d’utiliser cette expression. Mais en réalité, sa proposition correspond bien à la stratégie patronale de gains de compétitivité sur le dos des travailleurs.

La proposition du FN consiste bien à opérer une « dévaluation compétitive » avec comme seul objectif d’améliorer la « compétitivité-prix » des produits français. Le FN reprend donc à son compte, sans le dire explicitement, la vieille recette de dévaluation de la monnaie nationale au détriment des travailleurs.

Cette proposition provoque au moins trois effets pervers :

1. La dévaluation signifie une dévalorisation de la valeur de la force de travail des salariés français.

Cette politique a été déjà expérimentée en France. Elle n’a jamais profité aux travailleurs. Son but principal a toujours consisté à permettre aux capitaux de préserver leurs intérêts au détriment des travailleurs.

Les dévaluations successives des années antérieures à l’introduction de l’euro n’ont pas empêché, par exemple, la hausse du chômage ni la fermeture des sites industriels.

2. La dévaluation conduit automatiquement à une hausse des prix, obérant surtout le pouvoir d’achat des salariés, des privés d’emploi et des retraités. Une dévaluation de 20 % à 25 % signifie une baisse d’au moins autant du pouvoir d’achat.

3. Enfin, la dévaluation alourdira le poids de la dette publique dont deux tiers sont détenus par les « non-résidents », c’est-à-dire par des sociétés et des individus installés juridiquement à l’étranger ; elle alourdira également les charges d’intérêt de la dette. Les seuls bénéficiaires seront les 
détenteurs de capitaux financiers.

  • Un protectionnisme accru

Pour soi-disant mieux protéger l’intérêt national, le FN préconise, notamment, l’établissement de contingents d’importations et le rétablissement 
de droits de douane. Ici aussi le FN fait fi des effets pervers d’une telle mesure : représailles des autres pays, hausse des prix… Les exportations de la France comptent pour environ un quart de la production nationale. Inversement, un quart de ce qu’on consomme en France provient de l’étranger, soit pour la consommation directe des ménages, soit sous formes de matières premières et de produits intermédiaires utilisés par les entreprises. Il est fort possible que l’instauration des quotas d’importation conduise les autres pays à riposter.

En effet, on ne peut pas demander aux autres pays de continuer d’acheter des produits français et en même temps attendre d’eux de vendre moins de produits en France. Autrement dit, les prétendus et hypothétiques gains d’activité dus à l’instauration de quotas d’importations pourraient être annulés par les pertes potentielles d’activité liées à la baisse des exportations, qui pourrait résulter des mesures de représailles des autres pays.

De plus, l’instauration des droits de douane conduit généralement à la hausse des prix, ce qui obère le pouvoir d’achat des travailleurs.

  • Une préférence nationale 
pour dédouaner
la stratégie patronale

C’est peut-être là le sommet du 
cynisme et de la démagogie du FN. Selon le FN, la politique d’immigration française coûterait 40 milliards d’euros par an. Il suffirait, selon lui, de renvoyer les étrangers chez eux pour économiser cet argent et le dépenser « utilement ». Selon Marine Le Pen, « un étranger a vocation à rentrer chez lui s’il ne trouve pas d’emploi… Il faut réserver la protection sociale à certains, et notamment aux Français ». Cette vision cynique cherche en fait à blanchir la stratégie patronale de surexploitation des travailleurs immigrés. L’apport des travailleurs immigrés est indispensable au fonctionnement de l’économie française. De plus, les travailleurs immigrés rapportent plus aux caisses de l’État et de la Sécurité sociale qu’ils n’en reçoivent (voir la deuxième partie de la présente note).

  • Des propositions 
qui remettent en cause notre « modèle social »

Les propositions du FN en matière fiscale demeurent pour l’instant trop vagues. Mais elles vont dans le sens d’une remise en cause de notre système social. Le FN évoque un système fiscal articulé autour de 5 axes : impôts sur le revenu, sur les sociétés, sur le patrimoine, sur la consommation, droits de douane.

Ces axes ne sont pas détaillés. Dans l’état actuel des annonces, le FN viserait surtout à :

– « fusionner l’impôt sur le revenu, la CSG, la CRDS et les cotisations sociales salariales ». Ces impôts seraient prélevés à la source ;

– « unifier la loi de finances et la loi de financement de la Sécurité sociale ». Il n’y aurait qu’une seule loi régissant le budget de l’État et celui de la Sécurité sociale.

Ces idées remettent en cause la logique de notre système de protection sociale.

Fusionner l’impôt sur le revenu et les cotisations sociales conduit en fait à couper le lien entre le travail et la protection sociale, lien qui constitue le fondement de notre système de protection sociale. Le système de protection sociale se transformerait en système d’assistanat. De plus, une telle fusion mettra le système de protection sociale et sa gestion à la discrétion entière de l’État. Les travailleurs perdront toute possibilité d’intervention directe dans ce domaine. La protection sociale deviendra, encore plus, un facteur d’ajustement aux exigences des marchés financiers.

Les principaux bénéficiaires de telles idées sont des acteurs privés, notamment des compagnies d’assurance qui profitent déjà largement de la multiplication des restrictions budgétaires. Les principaux perdants seront donc les travailleurs, c’est-à-dire les salariés, les privés d’emploi et les retraités.

S’agissant du prélèvement à la source, il faut préciser que cette idée est défendue, notamment, par les libéraux depuis longtemps, libéraux que le FN prétend dénoncer. Le prélèvement à la source déséquilibrera davantage les rapports de forces entre l’employeur et les salariés, au détriment de ces derniers.

L’écart grandissant entre les promesses électorales de Nicolas Sarkozy et le bilan de son gouvernement, la dégradation de la situation du monde du travail, l’accumulation des difficultés pour la majorité des salariés, des privés d’emploi et des retraités, surtout après la crise économique et financière de 2008-2009, sont propices au développement des idées de l’extrême droite.

Les propos scandaleux de Laurent Wauquiez, ministre des Affaires européennes, concernant les bénéficiaires du RSA, dans la foulée de ceux de Claude Guéant, ministre de l’Intérieur, concernant, notamment, la présence des immigrés sur le territoire français, attestent de cette dérive dans le discours de l’extrême droite. Le Front national profite de ce contexte.

Tout en poursuivant la stratégie de son père, Marine Le Pen veut donner une image plus présentable de ce parti. Le FN cherche surtout à surfer sur les amertumes, les déceptions et les souffrances de nos concitoyens, particulièrement parmi les couches les plus défavorisées de la population. Ce n’est pas la première fois dans l’histoire que l’extrême droite procède ainsi. Et ce n’est pas la première fois non plus qu’une partie des couches sociales les plus défavorisées est séduite par des idées de l’extrême droite. À chaque fois, cette séduction a conduit au recul de la démocratie et à la régression sociale. La gestion des municipalités par l’extrême droite en est la preuve la plus convaincante.

Il est absolument nécessaire de dévoiler cette tentative de séduction du FN. L’enjeu est énorme pour les travailleurs et pour la démocratie.

NOTES

(1) Voir « Pourquoi la CGT combat l’extrême droite », 
Note économique, nº 108, mars 2007.

(2) Voir Note économique nº 131, mars-avril 2011.

(3) « Anti-utilitarisme et déterminisme identitaire », 
Sylvain Crépon, Revue du Mauss, nº 27, 2006.

(4) Revue Challenges, disponible sur : http://www.challenges.fr/actualites/politique_economique/20110311.CHA402....

(5) Cf. « Récession sociale et récession économique : quels liens ? Quelles réponses ? », 
Note économique, nº 120, septembre 2008.

Nasser Mansouri-Guilani

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