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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Au coeur de la crise systémique

24 Février 2011, 22:51pm

Publié par PCF Villepinte

 

 

 images-copie-1Dans la vie, il n’y a pas que l’économie. Il y a aussi tous les aspects sociaux non économiques de la vie en société », me confiait lors d’une rencontre l’historien et économiste Paul Boccara. L’historien ne disait pas cela pour remettre à sa place l’économiste, l’un et l’autre appelaient à mesurer au-delà de la crise du capitalisme la profondeur de la crise actuelle de la civilisation occidentale. Cette réflexion nouvelle dans l’oeuvre du théoricien marxiste, dont nous nous sommes fait l’écho dans l’Humanité (11/04), est aujourd’hui accessible dans un petit ouvrage publié par la Fondation Gabriel-Péri, intitulé la Crise systémique : une crise de civilisation (1). Un texte qui reprend et développe une audition récente au Conseil économique, social et environnemental. Cette anticipation vise à penser la globalité d’une crise qui est probablement « une crise systémique radicale, c’est-à-dire pouvant mettre en cause l’existence même du système, ou du moins sa domination ». L’exacerbation de la marchandisation et de ses rejets sociaux, au niveau économique, la montée des divorces entre les délégations de pouvoir propres au libéralisme et les aspirations des populations, sur le plan anthroponomique, font grandir le besoin de réformes radicales. La troisième partie de l’ouvrage est justement consacrée à des propositions pour la maîtrise et le dépassement des marchés et des délégations représentatives. L’ouvrage se conclut sur un plaidoyer en faveur d’une nouvelle culture de partage et d’intercréativité de toute l’humanité. 

 (1) Paul Boccara, la Crise systémique : une crise de civilisation. Ses perspectives et des propositions pour avancer vers une nouvelle civilisation. Note de la Fondation Gabriel-Péri, 45 pages, 4 euros.

PIERRE IVORRA

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Les "jeunes" font l'Humanité du 7 mars

24 Février 2011, 22:40pm

Publié par PCF Villepinte

La "Une" de l'édition de l'Humanité du 25 janvier 2010 réalisée entièrement par les jeunes correspondants

Médias - le 24 Février 2011

 

Une « Huma jeunes » de bout en bout

 

 

Le 7 mars prochain, les jeunes sont invités à prendre les commandes de la rédaction de l'Humanité.

Vivre 48 heures au rythme d'un quotidien national, réaliser de la première à la dernière ligne le numéro qui sortira lundi 7 mars, c'est ce que la rédaction de l'Humanité propose aux jeunes le week-end du 5 et 6 mars prochain. Certains sont déjà correspondants du journal et rédacteur des pages « Libres Échanges », publiées le jeudi, beaucoup d'autres font partie des plus de 3 000 jeunes de dix-huit à vingt-cinq ans qui se sont abonnés au journal lors de la dernière fête de l'Humanité. Tous sont invités à prendre les commandes du journal, le temps d'un week-end, avec l'aide et les conseils des journalistes présents pour les aider.

Cette expérience inédite dans le monde de la presse n'en est pas à son coup d'essai. Elle prolonge un travail mené toute l'année dans la page « Libres Échanges » du jeudi et répond à une volonté éditoriale : ouvrir largement les colonnes de l'Humanité à la façon dont les jeunes voient l'actualité, pensent la société, le monde, la politique, les mouvements sociaux ou encore la culture. Loin du mépris affiché par le gouvernement pendant le mouvement contre la réforme des retraites, où les lycéens étaient accusés de manifester pour pouvoir sécher les cours et de ne rien comprendre à une question jugée loin d'eux, le journal relève au contraire le défi d'une prise de parole directe en leur confiant les clés du journal, de la conférence de rédaction du samedi matin, aux choix des sujets, en passant par leur réalisation, par écrit, en dessin ou en photo.

Alors tentés ? Pour vous convaincre définitivement, consultez, en PDF, l'édition de l'Humanité du 25 janvier 2010 entièrement réalisée par les jeunes correspondants, cliquez sur l'image !

Pas encore convaincus ? Alors regardez la vidéo !

 

 

 

 

Pour vous inscrire, rien de plus simple :

appellez Sophie au 01 49 22 66 24 ou Brigitte au 01 49 22 72 01

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Hôpital Robert BALLANGER

24 Février 2011, 09:48am

Publié par PCF Villepinte

Appel des élus, des professionnels de santé et des citoyens de Seine-Saint-Denis au directeur général de l’Agence Régionale de Santé d’Ile-de-France.

Monsieur le Directeur de l’Agence régionale de santé,  l’Hôpital Robert Ballanger doit conserver son service de cardiologie interventionnelle !

 

hopL’unité de cardiologie de l’hôpital intercommunal Robert Ballanger est en danger.

L’Agence Régionale de Santé (ARS), chargée par l’Etat de piloter la politique régionale de santé a rendu un avis défavorable à la poursuite de son activité de chirurgie cardiaque interventionnelle. Si elle était confirmée par le directeur de l’ARS, cette décision menacerait à terme le service de cardiologie.

Pourtant, avec un bâtiment totalement remis à neuf, du matériel de pointe et un personnel hautement qualifié, l’unité de cardiologie de Robert Ballanger dispense des soins de qualité et de proximité à un bassin de population de 450 000 personnes, comprenant notamment le pôle aéroportuaire de Roissy Charles de Gaulle, les habitants d’Aulnay-sous-Bois, Blanc-Mesnil, Sevran, Tremblay-en-France, Villepinte et bien au-delà.

La décision de l’ARS serait d’autant plus incompréhensible que le centre de cardiologie de Robert Ballanger dépasse les seuils d’interventions requis et que l’hôpital est pressenti comme « tête de pont » par l’ARS en matière d’urgences. La Conférence régionale de la santé et de l’autonomie, réunissant les professionnels de santé, s’est d’ailleurs prononcée pour le maintien de la cardiologie à Ballanger en janvier dernier.

Ce service performant est indispensable dans un département où la population est plus vulnérable aux risques médicaux et où la densité médicale est insuffisante. En supprimant l’activité de cardiologie à Ballanger, l’Etat prendrait la responsabilité d’aggraver encore les inégalités territoriales en matière de santé.

Nous, élus, professionnels de santé, patients et simples citoyens, nous refusons cette menace de fermeture du service de cardiologie de l’hôpital Ballanger.

La politique de réduction des dépenses ne peut prendre le pas sur la santé des habitants de Seine-Saint-Denis. Les incertitudes sur le maintien de la cardiologie de Ballanger s’inscrivent dans un cadre plus large d’austérité budgétaire qui affaiblit progressivement le service public hospitalier.

Nous redoutons l’instauration d’une médecine à deux vitesses. Nous sommes fermement attachés à la préservation du service hospitalier public, à la pointe de l’excellence, et assurant pleinement sa mission d’intérêt général : l’égalité de tous devant l’accès aux soins.

Elus, personnels médicaux et patients du département, nous demandons solennellement au Directeur de l’Agence régionale de santé le maintien de l’angioplastie et du service de cardiologie de l’hôpital Robert Ballanger.

Signataires :

François Asensi - Président du conseil de surveillance de l’hôpital Robert Ballanger et député de Seine-Saint-Denis.

Nelly Roland - Conseillère générale de Seine-Saint-Denis et maire de Villepinte.

Pierre Laporte – Conseiller général de Seine-Saint-Denis.

Dr. Daniel Zarka – Président de la Commission Médicale d’Etablissement de l’hôpital Robert Ballanger, chef du pôle anesthésie, réanimation, urgence.

Dr. Jean-Michel Montely – chef du service cardiologie et coronarographie de l’hôpital Robert Ballanger.

Dr. Jean-Pierre Maroni – Cardiologue à l’hôpital Robert Ballanger.

Dr François Walylo – Cardiologue spécialisé en cardiologie interventionnelle à l’hôpital Robert Ballanger

Marie-France Waterlot – représentante des usagers UDAF 93.

Dr. Olivier Middleton – Médecin généraliste – Directeur de division du pôle santé de Tremblay-en-France.

Dr. Bernard Bernex – Médecin généraliste à Sevran.

 

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Mettez deux sociologues dans votre moteur de l'histoire

24 Février 2011, 07:55am

Publié par PCF Villepinte

Image : Gérard Paris-Clavel

Politique - le 23 Février 2011

 

 

Rien n’est plus actuel pour les riches que la lutte des classes – mouvement reconductible ! Quand, pour les autres, elle serait tombée en désuétude – obsolète ! Sociologues chez les dominants et auteurs du Président des riches, Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon courent le pays depuis des mois, appelant à sortir les classes de la casse… Et, vous allez voir, c’est pas triste !

Quand les auteurs du "Président des riches", Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, croisent le graphiste de "Je lutte des classes", Gérard Paris-Clavel, la rencontre est explosive.

Les classes sociales ont disparu, n’est-ce pas ? Le 14 janvier dernier, à l’université Paris-Dauphine, à l’occasion d’un colloque de sociologie organisé en l’honneur de Monique Pinçon-Charlot et de Michel Pinçon, c’est une aristo qui se gausse de nos atermoiements. « Quand on veut employer cette expression « classes sociales », on s’affiche comme marxiste, c’est très réducteur, regrette Valentine de Ganay. Le contenu de ces mots est encore là, il est intéressant d’analyser les mécanismes sociaux… » Sourires pincés dans le public de chercheurs. Pas de blague, c’est du social nu comme un ver : les riches savent changer l’aplomb en or. « Non, non, les classes sociales n’existent plus, poursuit à gorge déployée l’héritière du château de Courances (Essonne). Mais ça, mais c’est une farce spectaculaire ! »

Pendant le mouvement sur les retraites, les manifestants ont, un peu partout dans le pays, arboré sur leurs corps un autocollant diffusé par l’association Ne pas plier. « Je lutte des classes », ont-ils affirmé un à un, par dizaines de milliers. Au même moment, les Pinçon, arpenteurs affûtés des ghettos du gotha depuis près de vingt-cinq ans, publiaient Le Président des riches (Zones/La Découverte, septembre 2010, 14 euros). Six mois plus tard, l’ouvrage passe aujourd’hui les 100.000 exemplaires vendus. « On s’attendait à un silence absolu, on s’était programmé une petite croisière à Malte, plaisante Monique. Mais ce n’est pas du tout ce qui s’est passé… Depuis la sortie du livre, nous sommes deux pauvres loques crevées qui parcourent le pays ! » Devant des salles archicombles, les deux sociologues de la domination, que nous avons accompagnés pendant une dizaine de jours, appellent, au-delà de la description précise de l’oligarchie au pouvoir, à restituer l’intelligibilité des rapports de classe. De Charleville à Douarnenez, de Chambéry à Rouen, le mouvement reste souterrain peut-être, mais c’est une lame de fond : elle est bientôt finie, cette nuit du Fouquet’s.

Scènes de ménage

Paris, XIXe arrondissement, jeudi 27 janvier, midi.

Dans l’entrée de la cantine de la CPAM de Paris, Michel a retiré sa veste. Doudoune sur les épaules, Monique le tient à l’œil. Elle lui conseille fermement de ne pas prendre froid. « Parce qu’après, il reste au lit et c’est moi qui fait tout le travail seule ! », lance-t-elle à la cantonade. Assis derrière leur table à l’écart du courant d’air, les deux sociologues, ce « couple qui fait trembler Sarkozy » selon une couverture de Télérama reproduite ici en affiche, signent leurs ouvrages à l’invitation du comité d’entreprise. Ce sont les femmes qui s’arrêtent, en majorité. Des mères prennent la Sociologie de Paris ou les Ghettos du gotha pour leur fille ; des épouses offrent le Président des riches à leur mari. Et celle-ci ? « Ah non, c’est pour moi, on achète toujours des livres pour les autres, mais là, pas question, c’est à moi, il faut savoir se faire plaisir aussi… » La veille, à Beauvais (Oise), un type arrive pour faire dédicacer « son » livre. « Mais c’est mon livre, c’est moi qui l’ai écrit avec Michel », rectifie Monique. « Non, non, je me le suis approprié », réplique-t-il, catégorique.

C’est ainsi : avec le phénoménal succès du dernier, leurs livres ne leur appartiennent plus, ils sont entrés dans la vie courante. Les Pinçon, eux-mêmes, ils y sont aussi, dans la vie courante, et ils y restent plus que jamais, attentifs, généreux, disponibles. « Notre succès tient en partie au fait d’être à deux, en couple, confie Monique en aparté. On est nature, on vit, on se dispute. Cela fait quarante-cinq ans que l’on se supporte l’un l’autre, ce n’est pas rien. Un couple, c’est moins intimidant à voir : ce n’est pas l’intellectuel narcissique qui déboule tout seul face aux autres. Un couple qui s’exprime publiquement, c’est rare et c’est déjà un collectif, au fond. Du communisme à la plus petite échelle. » A l’autre bout de la table, Josiane fait ses comptes : elle a vendu près de cinquante ouvrages en deux heures.

Feu sur le quartier général

Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), jeudi 27 janvier, 18h30.

Coucou, c’est nous ! Les Balkany, Patrick et Isabelle, copains comme cochons avec le président des riches – rares invités politiques à la nuit du Fouquet’s le 6 mai 2007, ils s’en gargarisent encore et toujours – et petits maîtres de Levallois, savent, c’est légendaire, soigner leur clan et accabler leurs adversaires. Quand les Pinçon, Michel et Monique, un couple aussi mais en version sympa donc, arrivent en ville, on s’attend à tout. Dans la salle municipale, sur l’esplanade de la place de Verdun, où les sociologues engagés parleront un peu plus tard à une assistance de 150 personnes, les autorités ont déroulé un tapis d’embûches : les chaises en fer ont été encastrées avec minutie les unes dans les autres. Quelques minutes avant l’heure de la rencontre, Michel tente de défaire l’écheveau du pied ou des bras, pendant qu’avec quelques militantes, Monique court placer les sièges péniblement dégagés. « Nous sommes vraiment contents de vous recevoir comme une espèce de défi », lance Annie Mandois, seule élue communiste de Levallois et organisatrice de la soirée.

Au cœur d’une prestation rodée aux six coins du pays depuis septembre (vente et dédicace de dizaines de livres, intervention chorale avec son mari afin de présenter les thèses principales du Président des riches, questions-réponses avec la salle), Monique Pinçon-Charlot appelle à remiser « notre timidité sociale ». « Nous proposons de réhabiliter un langage en termes de classes sociales, invite-t-elle. Partout, on nous parle de la société comme un continuum et, même parmi les sociologues, il y a une tendance à ne plus parler des classes… Nous, nous nous mettons dans les pas de Marx et de Bourdieu. Il faut bien le voir, la classe dominante est, elle, une véritable classe sociale, en soi, bien sûr, mais aussi pour soi : mobilisée pour elle-même, prête à tout pour ses membres et contre les autres. Et pendant ce temps, à force d’être dominés, nous finissons par participer à notre propre domination. Nous, les classes dominées, classes populaires et moyennes, sommes envahis par un individualisme que l’on nous a imposé : on a cassé les familles, valorisé les divorces, alors que, là-haut, les riches ne pratiquent que le cousinage et fraient toujours dans des familles élargies… Le système capitaliste désaffilie les classes populaires et moyennes, alors qu’il sur-affilie la grande bourgeoisie. Les dominés se sentent fragiles, ils sont toujours très timides par rapport aux dominants. Pourquoi est-ce qu’en région parisienne, on fait toujours des manifs entre République, Bastille et Nation ? Pourquoi on ne marche pas entre Neuilly et Levallois-Perret ? » Poche d’air en milieu hostile, l’assemblée hésite sur la conduite à tenir, puis se fend la gueule. Rire jaune ou, allez savoir, rouge ? « Ben oui, les avenues sont larges ici, on serait bien, appuie-t-elle. C’est une forme de timidité sociale néfaste que de ne pas venir sur leur terrain ! »

Le monde a changé de bases, les riches s’affichent et pendant ce temps-là, comme le disent plusieurs participants, « nous nous effaçons dans la servitude volontaire, cette autodestruction ». « Chez les dominants, il y a cette solidarité de classe autour de leur addiction à l’argent et à la spéculation, glisse encore Monique. Nous, les dominés, nous sommes dans la frustration, incapables d’être solidaires ou de porter nos propres valeurs. La classe ouvrière a des valeurs qu’elle a longtemps défendues haut et fort dans la rue, il y avait l’espoir de construire une société meilleure. Aujourd’hui, nous sommes comme sidérés et nous n’arrivons plus à revendiquer nos valeurs les plus simples : l’égalité, la solidarité, la poésie de la vie quotidienne, la décence ordinaire. »

Des classes à repeupler

Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), vendredi 28 janvier, 19h30.

« Pour les dominants, l’enjeu aujourd’hui, c’est que ça dure et, de leur côté, ça n’est pas très compliqué, au fond, il suffit de maintenir le statu quo. » Dans la Salle des Fougères, très ouverte avec ses baies vitrées mais dissimulée sous la grand place de Boulogne, Michel Pinçon préconise à son tour, devant 80 personnes rassemblées à l’invitation du Front de gauche, de « réinstaller les classes sociales ». « Pour nous, quand il s’agit de déterminer ce qu’on veut faire, la tâche est beaucoup plus ardue… En 1789, il y a eu une solution un peu radicale, mais elle n’a pas marché tout à fait puisqu’après, il y a eu la Restauration… Nous, nous proposons, pour commencer, de faire des riches notre exemple ! » Grand frisson dans la salle, et Monique précise : « Pas pour leur addiction à l’argent ! Celle-là, on propose de la soigner à l’impôt progressif ! » Michel poursuit : « Les riches peuvent parfois avoir des dissensions fortes, mais ils savent toujours faire primer leurs intérêts communs. Avec Monique, on a toujours eu dans nos enquêtes une approche assez ethnographique, on va dans les beaux quartiers, on dîne avec cette aristocratie de l’argent, et en 1995, quand il y a eu les grandes grèves, on a très bien senti le milieu se refermer. La classe se rendait compte qu’il y avait danger, elle s’organisait pour faire bloc. Cette lutte des classes, on est bel et bien dedans, et il faut donc la désigner pour ce qu’elle est. »

A travers l’exemple de la villa Montmorency, une des cités interdites du XVIe arrondissement de Paris, avec ses grandes demeures abritant notamment Carla Bruni et le président des riches, Vincent Bolloré et ses deux fils, Dominique Desseigne, Arnaud Lagardère, Xavier Niel, etc., Michel Pinçon détaille le « collectivisme » de cette aristocratie de l’argent. « C’est un peu de la provocation, mais pas tant que ça. Dans l’enceinte de ce ghetto, il y a un règlement intérieur à respecter : que des haies vives, pas d’abri dans les jardins, les voitures doivent être stationnées de telle manière… Et quand la mairie de Paris présente un projet immobilier, avec des logements privés, des bureaux et 350 HLM, en lisière de la Villa Montmorency, du côté de la gare d’Auteuil, rien qu’au son de « HLM », les boucliers se lèvent et une association se crée… Bien entendu, les riches ne disent pas que l’objet de leur association, c’est la promotion de l’ostracisme social ; ils parlent de défense du patrimoine urbain. Avec Monique, nous avons habité quelques années dans un petit lotissement de l’entre-deux-guerres à Arcueil (Val-de-Marne). Là-bas, tous les copropriétaires s’étaient construits un petit garage, une maisonnette dans le jardin, ou avaient surélevé leur toit, de telle sorte que l’unité architecturale, assez remarquable au départ, avait été brisée. En haut, il y a ce collectivisme fort et, dans les classes moyennes et populaires, un individualisme encouragé. »

Dans la salle, Clairette attend sagement son tour pour féliciter les Pinçon. « On doit se repenser comme une classe, approuve la retraitée. Dans les couches dominées, les individus se croient éparpillés, séparés… Il y a pourtant des luttes drôlement intéressantes, mais cela ne suffit pas. J’ai lu quelque part qu’il y avait 900 sociologues en France aujourd’hui, je crois bien que ça n’est pas assez pour nous aider à comprendre la situation et la changer… »

La conscience se perd

Paris, XIe arrondissement, mardi 1er février, 19h45.

Ce soir, les Pinçon se présentent heureux mais fourbus – leur lot quotidien dans cette tournée. Samedi, ils étaient à Rennes (Ille-et-Vilaine) devant 500 auditeurs ; hier, à Orléans (Loiret), avec 200 personnes dans la salle… Et aujourd’hui, ils sont au Centre international de culture populaire (CICP) pour une rencontre plus modeste – une soixantaine de participants – organisée par la librairie libertaire Quilombo. Alors quand, à la fin de sa présentation, l’hôte d’accueil s’éloigne de la tribune, les mains dans les poches, en promettant « deux ou trois heures pour la discussion », Monique Pinçon-Charlot bondit : « Combien ? » Il bredouille : « Ben, deux ou trois heures… » La sociologue fait la police, remet de l’ordre chez les anars et fixe ses limites : « Non, non, ce n’est pas possible ! On part à Amiens tôt demain matin, on ne s’arrête pas, on est crevés, nous ! A 22h, on est partis… Certes, on n’a pas 93 ans comme Stéphane Hessel, mais ce n’est pas une raison… » Son mari ajoute, facétieux : « Enfin, à nous deux, on a plus que Hessel ! »

Un peu plus tard, au cours du débat, Michel Pinçon illustre le changement dans la conscience de classe, cette fois-ci, des dominants à l’occasion du passage du capitalisme industriel au capitalisme financier. « Prenez les Wendel ! Monique a fait un entretien avec une héritière de la famille. Elle racontait que, quand, dans son enfance, elle venait avec sa mère au château perdu dans la forêt, elle entendait parfois les usines en bas, elle voyait la poussière qui montait de la vallée. Elle savait que la richesse de la famille venait du travail d’en bas, dans la vallée… Mais maintenant que la holding Wendel a profité de la casse de la sidérurgie pour se concentrer sur les investissements financiers, les filles de cette héritière n’ont, regrettait-elle, aucune idée de l’origine de leur richesse. D’où sortent ces dividendes ? A quoi correspondent-ils ? » La conscience se perd de tous les côtés, en somme. « La lutte des classes, c’était un combat pour gagner des droits, avec un interlocuteur patronal fort, identifié et accessible, rappelle le sociologue. Cela a changé : ce sont bien souvent les gouvernements qui mènent la guerre, avec le patronat derrière eux, contre les droits sociaux conquis de haute lutte par les travailleurs. On l’a vu avec Thatcher et avec Blair qui a poursuivi le travail en Grande-Bretagne, et en France, c’est ce qui nous pend au nez avec Sarkozy, puis Dominique Strauss-Kahn… »

Dans la salle, un kamikaze n’y tient plus : « Pardon, mais est-ce que les grandes réformes sociales n’ont pas été faites d’abord par des bourgeois comme Léon Blum ou Pierre Mendès-France ? J’en ai un peu marre du tir aux pigeons contre DSK, j’ai rien contre ce bonhomme, ça me fout les boules parce qu’avec toutes vos solutions radicales, ce sont encore les plus pauvres qui vont morfler ! » Estomaquée, Monique ajoute sa voix au chœur de lazzis : « Ecoutez, ce bonhomme comme vous dites est le banquier du monde, c’est celui qui, à travers le FMI, programme les ajustements structurels et asphyxie les peuples dans les Etats endettés. Et quand on constate que les réseaux oligarchiques de Sarkozy et les siens se recoupent largement, avec Stéphane Courbit ou Stéphane Richard par exemple, ça ne nous attire pas vraiment, nous ! Vous prétendez que les solutions radicales vont heurter les plus fragiles, mais monsieur, c’est dans la situation actuelle qu’on doit se faire du souci pour eux ! Le système capitaliste nous conduit tous, tous ensemble – car cette fois, il n’y aura pas de solution individuelle –, dans le mur. Aujourd’hui, il n’y a qu’une chose effrayante à mes yeux, c’est la radicalité de l’oligarchie… »

Haute société tu m’auras pas

Amiens (Somme), mercredi 2 février, 14h.

Officiellement, voici un mini-colloque universitaire sur « l’actualité de la lutte des classes », organisé comme il se doit par des sigles plus ou moins énigmatiques : l’UPJV, l’UFR et le Curapp-ESS. En fait, c’est plutôt une invitation à entrer dans la sarabande. Il n’y a qu’à palper l’attention des 350 étudiants et enseignants dans cet amphi de la faculté de sciences humaines. Retraités du CNRS, Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon revisitent près de vingt-cinq ans de tribulations dans les beaux quartiers et, comme à leur habitude, proposent dans le même geste d’en tirer quelques enseignements sociologiques, donc politiques. Monique fait la genèse, Michel illustre, et vice versa. Tous deux sociologues de la ségrégation urbaine, mais chacun de son côté, dans les années 1980, ils voient, racontent-ils, le grand tournant après l’élection de Mitterrand : en milieu universitaire, la critique sociale s’institutionnalise ; sur le marché, le marxisme s’échange contre des croûtons de pain, et la théorie de la domination est troquée à la va-vite pour un poste ici ou là. Poussé par Paul Rendu, sociologue, militant communiste tout en étant issu des beaux quartiers, le couple ira, ensemble désormais, chez les dominants : ils mangeront à leurs tables des mets délicats, ils boiront d’excellents champagnes et des grands crus – « J’adore le Château Margaux et, au début, je tendais toujours mon verre à eau quand la carafe se présentait, donc j’en avais plus », confesse Monique –, ils suivront les chasses à courre sur leurs VTT, etc. Puis au retour de leurs enquêtes, ils décriront les héritiers, analyseront la reproduction et décortiqueront l’oligarchie.

Perché, pour l’exemple, sur l’arbre généalogique vertigineux des Wendel, Michel narre la fête du tricentenaire de la famille en 2004. « La holding financière avait bien organisé les choses, se rappelle-t-il. Toute la famille était allée à la messe à l’église Saint-Thomas d’Aquin et ensuite, ils se retrouvaient tous au musée d’Orsay réservé pour l’occasion… Et nous, nous étions là aussi ! » Il va le dire, il s’en amuse déjà. Comment le couple est rentré, alors ? Mais son épouse le stoppe net : « Michel, non, quand on fait des choses un peu limites, on ne s’en vante pas ! » Lui : « Bon, d’accord, nous nous sommes déguisés en courants d’air et nous étions dans l’assistance. Muni d’un mégaphone, Ernest-Antoine Seillière de Laborde était chargé de rassembler les 800 membres du clan pour une photo de famille à paraître ensuite dans Paris-Match. Il y avait aussi le vernissage d’une expo temporaire sur la Maison Wendel et ses exploits séculaires dans les forges et la sidérurgie… D’un point de vue symbolique, c’est un coup énorme, assez extraordinaire quand même : une famille peut donc louer le musée d’Orsay pour une sauterie entre cousins. C’est une démonstration de force. »

De l’anecdote à la technologie sociale, l’auditoire se délecte. Professeur de sociologie à la fac et auteur notamment de Retour à Reims (Fayard, 2009), Didier Eribon incite les étudiants à voir le documentaire de Jean-Jacques Rosé consacré au travail des Pinçon, Voyage dans les ghettos du gotha. « C’est assez stupéfiant de voir ces deux courants d’air mener leurs enquêtes sur le terrain. Les voilà invités au château et, parfois, ils ont l’air d’aimer ça… Une des choses qui me frappent, c’est de voir à quel point il peut être difficile d’aller dans un milieu ou avec des gens qu’on n’aime pas… Leurs descriptions objectives peuvent s’avérer féroces, mais tout de même, on sent bien qu’ils respectent ceux qui les ont invités… » Interrogée sur la réception de leurs travaux par les dominants eux-mêmes, Monique détaille encore : « A ma grande surprise, nos enquêtés ont toujours beaucoup apprécié nos livres. Dans le premier, Dans les beaux quartiers, publié en 1989, on avait procédé avec de l’anonymat, comme on le fait classiquement en sociologie, mais par la suite, nos interlocuteurs ont souvent exigé d’apparaître sous leurs vrais noms. » Elle s’interrompt : « Parfois, ils disent de nos enquêtes qu’elles sont amusantes. Au fond, la théorie sociologique, le retour réflexif ne servent à rien dans l’aristocratie de l’argent ; eux, dans cette société, ils sont comme dans des poissons dans l’eau. Ce ne sont pas les dominants qui ont besoin de nous. »

Les mauvais jours finiront

Amiens (Somme), mercredi 2 février, 19h.

« Il faut arrêter avec ce populisme ! Voulez-vous une France sans dividendes ? Une France sans Rolex ? Une France où les gens se soignent les dents gratuitement ? Une France où les gens ont une bonne éducation gratuite jusqu’à vingt ans ? » Un acteur imite les tics du président des riches, une autre joue la journaliste potiche, puis la voix du peuple fait résonner l’Internationale en version jazz manouche. Tous en font des tonnes à la « Teuf à Babeuf » spécial Pinçon mais, malgré la saynète théâtrale et le « meilleur punch au nord de la Seine », c’est peine perdue. « Nous, on vous aime bien, jure Monique devant un public de 300 militants rassemblés dans cette salle du cloître Dewailly. Nous sommes heureux d’être avec vous, mais après cette soirée, ou demain, on sera contents d’aller se promener tous les deux, peinards, de faire une randonnée en forêt sans vous tous… Les riches sont différents, eux, ils éprouvent l’amour du semblable ; la construction de leur classe occupe tout leur temps… De notre côté, on est plutôt dans la recherche du dissemblable, de la mixité ; ce n’est pas évident d’être toujours dans la sociabilité ! » Dans la salle, un jeune homme se dit embarrassé d’entendre le couple mettre en avant – « survaloriser », laisse-t-il percer – le modèle familial de l’aristocratie de l’argent. « La famille paraît être une relation basique nécessaire, répond Monique. C’est du lien existentiel, on le constate en observant les parcours de SDF : ils perdent leur emploi, ils se séparent, ils perdent leur logement et finissent dans la rue. En réalité, cela dit, quand nous dénonçons l’individualisme et la désaffiliation imposés aux classes dominées, nous parlons aussi du rapport aux organisations syndicales et politiques… »

Maître de cérémonie et auteur de la Guerre des classes (Fayard, 2008), François Ruffin se charge, lui, de rappeler une des thèses de son propre livre, avant de souffler sur les braises : « Je me souviens lors de la dernière présidentielle, si on écoutait Ségolène Royal ou même Marie-George Buffet, on ne pouvait qu’être frappé par le fait qu’elles ne désignaient pas d’adversaires. Ce soir, ce n’est pas tous les jours, je vais être optimiste. Le PC recause de la lutte des classes, ça ne lui fait plus peur… Il y a Mélenchon qui fonce dans le tas. On assiste à un regain de la conscience de classe et je pense qu’il y a une chance qu’à la prochaine présidentielle, il y ait une campagne clivante, non pas sur le terrain du racisme, mais sur celui du social ! » Pour Monique, il y a en effet « un retour de visibilité pour la lutte des classes ». « Evidemment, cela nous fait plaisir, il y a eu le mouvement sur les retraites et aujourd’hui, on amène notre petite pierre avec les lunettes que nous portons depuis toujours. » Michel insiste : « L’état d’esprit change, c’est ce que nous ressentons en voyant l’affluence partout au cours de cette tournée. Ce n’est pas nous qui sommes en cause, cela démontre une attente, un besoin… Nous, nous parlons pour vous inciter à prendre la parole à votre tour. Monique fait un très beau travail de vigilance idéologique et de conviction auprès de ses coiffeuses… Je vous le dis, c’est un exemple à suivre ! »

Rêve illimitée

Le Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis), vendredi 4 février, 18h30.

Mais ça s’arrête quand ? Pas tout de suite. Le couple a reconduit le mouvement à l’unanimité. Ça continuera jusqu’en juin. Sur leur parcours dans toute la France, Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon ramassent les rêves par procuration. Ce soir, aux ateliers du Forum organisés par la municipalité du Blanc-Mesnil, une centaine de partisans les écoutent évoquer châteaux et HLM, sang bleu et visages burinés, intérêts de la dette et de l’oligarchie, etc. Difficile de leur voler la vedette dans cette ville, alors que, sur les panneaux municipaux, les visages des deux sociologues s’affichent sur plusieurs mètres carrés. A un moment pourtant, Nicolas Foutrier sort un poche de sa serviette, dissimulant soigneusement la couverture. C’est une édition fatiguée, épuisée sans doute, mais les phrases ! Cette description ! « L’endettement de l’Etat était d’un intérêt direct pour la fraction de la bourgeoisie qui gouvernait et légiférait au moyen des Chambres, lit le jeune homme. C’était précisément le déficit de l’Etat qui était l’objet même de ses spéculations et la source principale de son enrichissement. A la fin de chaque année, nouveau déficit. Au bout de quatre ou cinq ans, nouvel emprunt. Or, chaque nouvel emprunt fournissait à l’aristocratie une nouvelle occasion de rançonner l’Etat qui, maintenu artificiellement au bord de la banqueroute, était obligé de traiter avec les banquiers dans les conditions les plus défavorables. » Nicolas déplie sa source. Les luttes de classes en France, 1848-1850. « Merci d’avoir lu ce passage de Marx qui est d’une actualité troublante », s’incline Monique.

Du ressort, des ressources. Ici, on donne et on reçoit. Les luttes de classes en France, 2010-2012. Michel se réfère à Noir Désir : « Nous on n’veut pas être des gagnants/Mais on n’acceptera jamais d’être des perdants. »

T’en es là, toi ?

Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), lundi 7 février 10 h 45.

Jours de relâche pour les Pinçon partis souffler en gîte rural dans la Loire… Mais il y a ces ouvrières, elles ne sont pas syndiquées, elles n’ont même pas peur. C’est leur tour de l’ouvrir. En grève pour leurs salaires, elles campent quelques heures devant le siège social de L’Oréal. Ancien site d’Yves Saint-Laurent Beauté à Lassigny (Oise), leur usine de parfums et de cosmétiques de luxe a été reprise il y a deux ans par le numéro un mondial du secteur. Elles n’ont pas la langue dans leur poche : « Ce n’est quand même pas un bouiboui, cette boîte, il n’y a qu’à voir les revenus de Liliane Bettencourt et les salaires que s’accordent les patrons ! » Bien sûr, elles n’ont pas tous les mots – mots-clés, mots fétiches, mots d’ordre – pour décrire leurs maux : mettons exploitation ou classes. « Une femme qui travaille la nuit, ce n’est pas que ça l’amuse. Quand tu es seule avec des enfants, tu n’as plus le choix. Et quand ces enfants font des études supérieures, tu prends un deuxième boulot, en plus… » Elles sont intarissables, elles rentrent dans le combat, mais sans le dire. Elles calculent encore : « Parfois, je fais des comptes, oui. Sur une journée, avec une équipe de trois ouvrières payées autour du smic, on produit entre 9 et 10.000 rouges à lèvres qui sont ensuite vendus 30 euros pièce. » Qu’est-ce qu’elles valent bien, elles ? Une des ouvrières lève le voile : « Moi, maintenant quand je regarde les palettes avec 7.000 flacons de parfum, j’essaie d’imaginer l’argent qu’il y a là-dessus, qu’est-ce qu’on produit comme richesse, qu’est-ce qu’on nous donne comme misère… Et quand je l’emmène, cette foutue palette, à chaque fois j’y pense… J’en suis là, moi. » Sa copine n’en revient pas : « T’en es déjà là, toi ? Moi, pas encore ! »

Texte : Thomas Lemahieu http://www.humaginaire.net/
Reportage photos : Pierre Pytkowicz
Image ISF/SDF : Gérard Paris-Clavel


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Libye -monde arabe / colonialisme : le PCF appelle à la plus grande mobilisation samedi 26 février

24 Février 2011, 07:46am

Publié par PCF Villepinte

 Dans le cadre de la semaine anticoloniale, le PCF appelle à la plus grande mobilisation samedi 26 février à 15h00, place de la République à Paris, en solidarité avec les peuples arabes en lutte.

La politique des autorités françaises et leur soutien aux dictateurs n’ont que trop duré.

Le PCF apporte son soutien aux peuples arabes qui affrontent une répression brutale, meurtrière insupportable, en Libye notamment.

Par ailleurs, il s’insurge contre le pillage des ressources naturelles, l'accaparement des terres, la recolonisation économique et l'ingérence des multinationales dans la vie politique africaine.

Le PCF ira manifester samedi 26 pour un monde solidaire et de paix, respectueux des droits des peuples et des personnes et appelle tous ses militant-e-s, tous les progressistes épris de justice et de démocratie, à venir exprimer leur soutien aux peuples arabes en lutte

Samedi 26 février à 15 H, départ place de la République « pour sortir du colonialisme »

 

Libye : la France doit condamner avec force la répression criminelle du régime Kadhafi

Le PCF condamne avec la plus grande force la répression criminelle perpétrée par le régime du Colonel Kadhafi sur la population libyenne. Loin de vouloir apaiser les choses, le pouvoir de Tripoli attise les tensions. Dans une interview télévisée, Seif Al Islam, fils de Kadhafi, prétend consentir à des réformes tout en menaçant d'entraîner le pays dans la « guerre civile » avec le risque de « rivières de sang ». Ces récentes déclarations sont consternantes ! Nous appelons les autorités françaises à condamner sans détour et à agir de façon urgente pour que cesse ce massacre et que la population libyenne puisse s'exprimer en toute liberté.


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Communiqué de presse de la fédération CGT des Cheminots

23 Février 2011, 15:50pm

Publié par PCF Villepinte

FRET FERROVIAIRE :

STOP A LA DESINFORMATION

ET A LA DIFFAMATION !

 

couv mois-copie-1Dans un article paru ce jour, mercredi 23 février 2011, intitulé : « La CGT s’offre une campagne de publicité aux frais du CCE », le quotidien LE FIGARO, exprime à nouveau dans ses colonnes des propos diffamatoires à l’égard de la CGT, des élus du CCE ainsi que du CE Fret de la SNCF.

Le journal LE FIGARO, relayant ainsi une plainte de la SNCF envers le CCE de la SNCF et le CE fret vis-à-vis de cette campagne, profite du moment pour organiser une nouvelle attaque en règle contre la CGT qui aurait commandé cette campagne sur le fret et utilisé de l’argent à vocation sociale.

Jonglant entre désinformation, méconnaissance du dossier, mensonge et diffamation, LE FIGARO s’offusque d’une campagne qui servirait la Fédération CGT des Cheminots dans le cadre de la campagne des élections professionnelles à la SNCF prévues le 24 mars.

Contrairement à ce qu’affirme le quotidien, ce sont les élus des organisations syndicales représentatives des salariés au bureau du Comité Central d’Entreprise de la SNCF (CGT-UNSA-SUD.Rail-CFDT) du 19 janvier 2011 et au bureau du CE Fret (CGT-UNSA-SUD.Rail-CFDT), du 10 janvier 2011, qui ont décidé d’une campagne d’affichage grand public sur le fret ferroviaire.

Cette campagne organisée par le CCE SNCF et le CE Fret est destinée à sensibiliser largement la population, les élus politiques, les chargeurs, sur l’avenir du Fret SNCF et les conséquences de la politique de casse du transport de fret ferroviaire orchestrée par la direction de la SNCF et le Gouvernement. Elle s’inscrit dans les prérogatives économiques d’un CE. Contrairement aux propos du journaliste, le financement de cette campagne par le CCE et le CE fret est réalisé sur le budget de fonctionnement, totalement distinct du budget des activités sociales. Il n’y a donc pas d’utilisation d’argent à vocation sociale.

Le budget de fonctionnement est utilisé pour permettre à un CE quel qu’il soit d’assurer ses prérogatives économiques au service des salariés et donc des cheminots. Un aspect contesté tous les jours par les directions d’entreprises qui voudraient cantonner les CE et CCE à la gestion des activités sociales.

Dans une période où la campagne électorale bat son plein à la SNCF, les libéraux les plus décomplexés tentent par leurs relais médiatiques de discréditer les syndicats, et notamment la CGT, qui dénoncent le démantèlement programmé du fret SNCF certes, mais plus largement de l’entreprise publique SNCF.

De telles pratiques démontrent bien que le gouvernement et la direction de la SNCF sont gênés de voir le sens et les conséquences de leurs choix économiques et politiques mis sur la place publique.

Ils le sont d’autant plus qu’ils essaient d’ignorer la montée de la dénonciation par les chargeurs de la stratégie de casse du wagon isolé, et au moment où de nombreux comités de défense des triages Fret, rassemblant la population, des élus politiques, des chargeurs, des organisations syndicales se développent pour s’opposer aux choix destructeurs de la SNCF et des pouvoirs publics et exiger la tenue d’un débat public sur l’avenir du transport de marchandises.

Corrélativement, l’actualité récente l’a mis en exergue, les usagers de la SNCF n’ont pas manqué de manifester leur mécontentement, y compris par la grève quant à la dégradation de la qualité du service public SNCF.

A la lecture de cet article, la Fédération CGT des Cheminots va demander un droit de réponse au journal LE FIGARO pour permettre à ses lecteurs et à l’opinion publique de connaître la vérité. La Fédération CGT des cheminots se réserve également le droit d’ester le journal LE FIGARO en justice pour diffamation.

Montreuil, le 23 février 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

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Conseil général :Des emprunts... ou un bilan toxique pour le Département et pour la gauche ?

22 Février 2011, 20:39pm

Publié par PCF Villepinte

Claude Bartolone - toujours en verve dès que des élections se profilent - a ressorti ses vieilles rengaines sur la gestion du département par ses prédécesseurs et leurs majorités de rassemblement de la gauche.

Oubliant que ses collègues socialistes avaient - sans exception - soutenu toutes les délibérations relatives aux emprunts départementaux durant les précédentes mandatures, cachant que nombre de villes dirigées par des Maires socialistes (dont plusieurs en Seine-Saint-Denis) avaient recouru aux emprunts structurés, masquant qu’il a - avec le PS - largement contribué à la privatisation des outils publics de financement des collectivités locales, le Président-Député-Secrétaire national s’est ainsi (re)lancé dans une campagne anti-communiste, en ressortant des fonds de tiroirs une campagne sur "les emprunts toxiques".

Bien d’autres cibles, dans l’actualité départementale, nationale et internationale, auraient mérité une telle verve !

  • Alors que la droite multiplie les attaques contre le monde du travail, contre les jeunes, contre les services publics, la protection sociale, et contre les collectivités territoriales,
  • alors que Claude Evin (ex-Ministre socialiste) tente de dépecer l’hôpital public,
  • alors que Dominique Strauss-Khan orchestre des plans d’austérité contre les peuples,
  • alors que les mouvements populaires tunisiens, égyptiens ou libyens bousculent les dictateurs de tous poils, longtemps cajolés par les pouvoirs successifs en France
  • alors que nombre de salariés menacés dans des entreprises de Seine-Saint-Denis attendent encore un simple témoignage de soutien du Conseil général,

Claude Bartolone a choisi son adversaire du moment : le PCF et le Front de Gauche, coupables, selon lui, de "naïveté" dans leur gestion ! (lire à ce sujet la note de Pierre Ivorra, qui rétablit quelques vérités sur la gestion de la dette en Seine-Saint-Denis... et ailleurs !)

La droite ne manque déjà pas de se frotter les mains devant cette opération de division de la gauche, processus déjà engagé avec l’accord électoraliste PS-Europe Ecologie par ailleurs très contesté dans les cantons.

Il faut dire que l’action de Claude Bartolone à la tête du Conseil général depuis 3 ans - après, rappelons-le, une expérience comme ministre de la Ville dont nos quartiers n’auront guère profité - aura provoqué nombre de déceptions et que celles-ci pourraient bien s’exprimer les 20 et 27 mars prochain dans les urnes de la part d’un électorat de gauche en attente de vraies réponses à leurs besoins.

PDF - 28.8 ko

note P. Ivorra sur l’endettement des Départements

 


21 février 2011

De l’assèchement des crédits consacrés aux collèges (ramené à 12 M€ en 2010, soit le niveau le plus bas jamais connu en Seine-Saint-Denis) à la suppression des aides au financement de la carte Imagin’R ou à l’acquisition d’ordinateurs pour les élèves entrant en 6ème, de l’explosion du tarif de la Carte Améthyste (passée de 15 à 40 €) à la quasi liquidation des crédits dédiés à l’écologie urbaine (en baisse de plus de 70 %), de l’incapacité à porter une parole forte parce que partagée dans le débat sur le réseau de transport du Grand Paris à une gestion très contestée du service public départemental, la liste est trop longue des décisions prises par la présidence du Conseil général contre l’intérêt des habitants de Seine-Saint-Denis.

Enseignants et parents d’élèves, jeunes, acteurs de la culture, travailleurs sociaux privés de moyens, retraités, salariés en lutte, agents du service public... ils sont nombreux ceux qui attendent de leur Conseil général qu’il redevienne un acteur fédérateur et innovant dans son action.

L’augmentation de 15 % des impôts départementaux et le recours aux très onéreux partenariats public-privé pour la réalisation des futurs collèges achèveront de convaincre les oreilles trop sensibles aux discours sur "la modernité" d’une gestion qui a mis le pied sur le frein dans le déploiement des politiques publiques parce que trop inspirée par les modèles libéraux.

La vérité, c’est que la Seine-Saint-Denis a surtout besoin de politiques bien ancrées à gauche. Plutôt que d’intrusion du privé dans la gestion de nos collèges, plutôt que de changements de logos (très coûteux), d’opérations médiatiques sans lendemains avec les "amis" de TF1 et de la BNP, plutôt que de discours stériles sur "l’entrée dans le 21ème siècle" qui se concrétisent pour de nombreuses familles par de sérieux reculs, les habitants de ce département ont besoin d’élus qui ne cèdent pas un pouce aux politiques de la droite, d’élus qui travaillent avec et pour la population qui vit, travaille et étudie en Seine-Saint-Denis.

Ce département a besoin d’une majorité de gauche déterminée à inventer autre chose que les recettes concoctées dans les couloirs du FMI ou de l’Union européenne, dans le consensus entre le PS et la droite. Ce département a besoin de construire des voies audacieuses, dans le dialogue avec tous !

A défaut d’assumer un bilan bien décevant pour l’électorat de gauche, avec des actes très en retrait par rapport aux multiples promesses d’hier (nous y reviendrons tant les citoyens veulent en finir avec les engagements non tenus !), Claude Bartolone tente - à quelques semaines d’un scrutin très indécis pour l’évolution du rapport des forces au sein de la gauche départementale - de détourner les aspirations populaires à une nouvelle majorité de gauche à la tête du Conseil général.

Les communistes et les forces du front de Gauche poursuivront quant à eux le dialogue avec la population pour construire les choix qui devront être ceux de la gauche au Conseil général après les élections cantonales. Une voie certes plus complexe que les petites manoeuvres électorales mais plus utile à la Seine-Saint-Denis et à ses habitants !

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La nouvelle bataille du rail sur la place publique

22 Février 2011, 16:58pm

Publié par PCF Villepinte

mardi 22 février 2011
« Plus de wagons, moins de camions : il faut revoir en urgence le plan fret SNCF », « Fret SNCF : déclaré d’utilité publique pour un développement durable ». Quiconque, en ce lundi 21 février, à midi, passait par le parvis de la gare de Lyon, ne pouvait louper ces slogans inscrits sur deux banderoles, marquant le lieu de rendez-vous donné aux médias par un collectif d’organisations syndicales, d’associations d’usagers des transports et de protection de l’environnement ainsi que d’élus (à travers « L’appel des 365 ») réunis pour défendre et développer le fret ferroviaire français.
comboost photo site

Ce point national de presse avait, selon ses organisateurs, deux buts essentiels. D’une part, rendre publique l’adresse solennelle qu’ils avaient faits, un mois plus tôt, aux présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, réclamant le respect les engagements du « Grenelle de l’environnement », la révision du nouveau « plan fret SNCF » et le lancement d’un véritable débat national sur ce sujet . Et, d’autre part, permettre aux médias de s’informer de cette démarche auprès de chacun des signataires.

Et, de fait, la rencontre a bien eu lieu. Du côté du collectif, on notait la participation de nombre de responsables d’organisations syndicales, dont Bernard Thibault pour la CGT. Des représentants de la plupart des associations d’environnement signataires (FNE, Les Amis de la terre, Agir pour l’environnement…) étaient également présents. De même qu’un certain nombre d’élus, dont Pierre Mathieu, vice-président de la région Champagne-Ardenne, initiateur et animateur de « L’appel des 365 », et Dominique Adenot, président de l’ANECR. Chacun a pu répondre durant une heure aux questions d’une presse écrite, audio et télé, nationale et internationale (avec Chine nouvelle), très présente.

- Plus de renseignements sur cette initiative

- et sur cette nouvelle bataille du rail

- Lettre ouverte aux présidents du Parlement

 

 

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Les États Généraux du logement et de l’habitat en Seine-Saint-Denis

22 Février 2011, 16:01pm

Publié par PCF Villepinte

fr_1_28161431.jpgA l’initiative du PCF 93, du PG 93, du NPA 93 et de l’Association Départementale des Élus Communistes et Républicains. Avec le soutien et la participation de la CGT 93, la FCPE 93, la Coordination 93 des travailleurs sociaux, JC 93, l’APEIS 93, la FSU 93, le DAL, la CNL 93.

 

Ensemble vers un service public !

 

  Samedi 5 mars 2011de 14h à 18h - Mairie de Saint-Denis 2 Place Victor-Hugo 93200 Saint-Denis M 13 Basilique de Saint-Denis / 13 RER D - Saint-Denis

 

PROGRAMME 14h : Ouverture par Didier Paillard, maire de Saint-Denis. État des lieux du logement en Seine-Saint-Denis / 14h30 : Ateliers thématiques / 17h : Conclusions des ateliers, discussion générale et mise en débat d’une plateforme commune / 18h : Clôture sur les initiatives à venir.

 

LES ATELIERS

Logement social en danger

« Le logement social en danger, une priorité : construire plus en Seine St Denis ! »

Contrer la casse du logement social

Une autre politique de financement et un vrai contrôle démocratique

Quel type de logement social ? Où construire ?

Les intervenants : un élu président d’OPH, un syndicaliste CGT de la Caisse des Dépôts, Daniel DESSALES, administrateur CGT d’OPH, François LONGERINAS du PG, un représentant de la

CNL 93, Claude ANDREANI, cabinet conseil construction d’urgence.

Les arrêtés anti-expulsions

« Les arrêtés anti-expulsions : une arme juridique et citoyenne pour gagner de nouveaux droits »

Les arrêtés pris par les maires de Seine St Denis

Le droit au service des citoyens

Mobilisation citoyenne

Les intervenants : Michel BEAUMALE, maire de Stains, Catherine PEYGE, maire de Bobigny, Romain BIESSY de la commission logement du PG, un avocat spécialisé, des militants locaux de réseaux anti-expulsions

Situations d’urgences

« Quelles réponses aux situations d’urgence ? (privés d’habitat/insalubrité) »

Hébergement d’urgence

Logement insalubre

Réquisition

Squat, lutte contre les marchands de sommeil

Les intervenants : Jean Jacques DELUCHEY, Parti de Gauche, Dominique VILLAINE, coordination des travailleurs sociaux, un chargé de projet lutte contre l’habitat insalubre, un élu luttant contre les marchands de sommeil.

Exclusion et habitat

Accompagnement social

Encadrement des loyers/Budgets des familles

Conséquences sur la scolarisation

Les jeunes

Les intervenants : Michel HERVIEU, vice président de la FCPE, un travailleur social, un représentant de la CNL, un représentant de l’APEIS, Boris KOZIEROW de la JC 93.

  

 Confirmation de votre présence : mcheret@93.pcf.fr / Pour plus d'informations, Benjamin Dumas : 06.23.21.00.08. Comité de préparation des Etats Généraux du logement et de l'habitat 93 - 14 rue Victor Hugo - 93500 Pantin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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« On s'est battus pour notre dignité »

22 Février 2011, 13:36pm

Publié par PCF Villepinte

Les salariés, pour la plupart d'origine africaine, ont réussi à faire plier la direction en un temps record.

Photo : Patrick Nussbaum

Social-Eco - le 22 Février 2011

Luttes

 

Le conflit n'a duré qu'un jour et demi, en fin de semaine dernière. Mais il a été victorieux pour les salariés de l'entreprise Benoist d'Auvers-sur-Oise, qui ont gagné le « respect de la dignité humaine » après des années d'exploitation effrénée.

Ils sont partis de très loin. « Ils », ce sont Sylla, Top, Younoussa, Maurice, Thanh ou encore Mireille. Il y a deux ou trois ans, ils étaient encore sans papiers. Salariés corvéables, Africains pour la plupart, entièrement à la merci de l'entreprise Benoist, fabricant de matelas d'Auvers-sur-Oise (Val-d'Oise). Une entreprise familiale, gérée par un digne héritier de l'époque coloniale. Mais aujourd'hui, les rôles se sont inversés. Les invisibles d'hier ont pris leur destin en main. Régularisés au fur et à mesure depuis 2009, ils ont ensuite décidé de monter une section CGT, organisant des élections professionnelles en janvier dernier. Avec une idée bien précise : défendre leur « dignité ». Le résultat est aussi éloquent que leur doléance est inhabituelle : 80 % de votants sur 88 salariés, et huit délégués CGT élus sur huit candidats ! Mais c'est là que « la guerre » a commencé.

Les revendications coulent à flots

Pascal Benoist, le patron de la société, conteste aussitôt la validité des élections. « Une fois les résultats connus, il nous a réunis dans l'atelier. Le premier mot qu'il nous a dit, c'est "j'ai envie de vous baffer" », rapporte Younoussa, tout nouveau délégué. Pour prouver qu'il dit vrai, un de ses collègues brandit son téléphone portable, avec lequel il a enregistré cette réunion. Le son est médiocre, haché, mais on distingue bien le ton rageur du directeur. « Vous avez voté pour la CGT, vous allez être au chômage. Les délégués seront responsables de vos licenciements. » La tentative d'intimidation, le « harcèlement moral », corrige Mireille, est évidente, mais cette fois, elle ne prend pas. Quelques jours plus tard, un barbecue revendicatif organisé un midi se transforme en grève reconductible. C'était mercredi dernier. La coupe était pleine.

Dès lors, les revendications coulent à flot. Des témoignages plus sordides les uns que les autres. Notamment sur les conditions de travail. D'un autre âge. Tous les grévistes décrivent ces machines où les carters de protection ont été enlevés « pour que ça aille plus vite ». « Plusieurs ont déjà perdu des doigts », raconte Younoussa. « Le dernier, pas plus tard que la semaine dernière. » Les chaussures de sécurité, les gants ? Chez les matelas Benoist, ça n'existe pas. Comme les masques de protection. Ce dont se plaint Maurice, asthmatique, qui manipule de la colle tous les jours. « Et toujours pour ne pas perdre de temps, on nous demande de travailler sur plusieurs machines en même temps », précise le délégué.

Le temps, un leitmotiv scandé par ce patron qui faisait payer aux ouvriers les moindres minutes perdues. « Quand il fallait recharger les machines avec de la matière, Mr Benoist décomptait sur nos salaires le temps passé à le faire », racontent-ils. Un retard dû à un problème de transports ? Ponctionné sur le salaire. Tout comme le temps passé aux toilettes. « Le patron a fait enlever la porte des toilettes pour voir qui y va. Si on y passe plus de cinq minutes, il le retient sur salaire », relate Sylla, un grand gaillard très discret. Quant à la pause, elle n'était octroyée qu'au bout des sept heures de travail. Alors que le Code du travail précise bien que le salarié bénéficie d'un temps de pause d'une durée minimale de vingt minutes dès que le temps de travail atteint six heures. « Je n'étais pas au fait de la loi, qui évolue rapidement, tente de se justifier Pascal Benoist. On est une petite entreprise, on rate pas mal de choses. »

« Tout était fait pour qu'on gagne le moins possible », résume Thanh dont le salaire culmine à 1 030 euros par mois. Comme tout le monde ici. « Nous, on ne demande que le minimum », répète-t-elle, en écho aux 200 euros exigés pour compenser les années sans compensation. « Ça fait onze ans que je suis là, je n'ai jamais été augmentée », témoigne Élisabeth (1). « Les dépenses du mois dépassent le salaire, on ne s'en sort pas », surenchérit Henriette (1), mère célibataire d'un petit garçon de quatre ans et demi. « Si j'avais 200 euros en plus, le samedi, je le consacrerai à mon fils. Je ne serai pas obligée de faire des heures supplémentaires. » « Quand celles-ci étaient payées », rectifie Élisabeth, qui raconte : « Il est arrivé à Mr Benoist de ne pas vouloir me payer des heures. Simplement parce qu'il n'était pas content. Une autre fois, où il me devait 39 heures, il a décrété qu'il ne m'en paierait que 30, sans raison particulière », se rappelle-t-elle, sans se départir d'un sourire. « S'il avait essayé de comprendre, on n'en serait pas là », d'après la jeune femme.

Á l'instar de tous ses collègues, Henriette n'a qu'un mot à la bouche : « le droit au respect et à la dignité ». Du jamais vu dans la cohorte de conflits sociaux qui jalonnent le paysage social. Paroles censurées, pause réglementaire interdite, menaces de licenciement, provocations. « Il y aurait tellement de choses à dire sur nos conditions de travail, on en oublie », lâche Top. « Il faut être tout le temps à la disposition du directeur. Et on n'a pas le droit de dire quoi que ce soit », reprend Younoussa. « Moi, poursuit-il, j'ai travaillé avant dans une autre boîte. Il y avait du respect : on avait droit à une pause, on avait le droit de fumer une clope. Ici, rien de tout ça. » Sylla évoque ainsi ce jour où il travaillait « tranquillement » quand le patron l'a « traité de grand fainéant » et l'a mis à pied deux jours. Lui aussi sans raison aucune. « Il m'a interdit de répondre sinon, c'était "la porte". »

De son propre aveu, Pascal Benoist ne pensait pas refléter une telle image. « J'ai entendu dire que j'effrayais les gens. Je n'avais pourtant pas l'impression de faire peur », se couvre-t-il, tout en reconnaissant que parfois, il pouvait parler « sans mettre les formes ». « Nous sommes dans une usine, avec ses cadences et ses impératifs, et les ordres sont donnés dans un environnement bruyant, sans doute parfois de manière pas très délicate. Mais je n'ai jamais pensé que ça pouvait être mal interprété », raconte-t-il, comme pour s'excuser. D'ailleurs, « dès vendredi, le management a été revu dans l'entreprise », précise-t-il.

Un directeur aux méthodes peu orthodoxes

Histoire de se dédouaner, le directeur des matelas Benoist se demande pourquoi « si la situation était si terrible, personne n'a rien dit ? » La réponse va de soi : « On était sans papiers », rétorque Top. « Il pouvait nous virer du jour au lendemain. C'est ce qui nous a handicapés. Cela ne veut pas dire qu'on est faible. Et en plus, il faut envoyer de l'argent à la famille restée au pays, donc on a laissé faire », expose l'homme, en France depuis trente-cinq ans. Une situation arrangeante dont se défend Pascal Benoist. « Nous sommes une des rares entreprises sur la ligne Pontoise-Persan qui offre des emplois peu qualifiés, ce qui explique la forte proportion de salariés étrangers. » Mais loin de lui d'avoir voulu embaucher sciemment des personnes en situation irrégulière. « A chaque fois, la préfecture a validé les emplois ; je ne pouvais pas savoir que leurs papiers étaient faux », se justifie le chef d'entreprise.

« Ce qu'on lui demande, c'est de respecter le droit, assène Top. Je ne sais pas lire, mais je connais la loi. » Un message que ce directeur aux méthodes assez peu orthodoxes semble avoir entendu. Par la force des choses. Au bout d'un jour et demi de grève, les salariés ont obtenu : une augmentation de 100 euros nets, la régularisation de huit sans-papiers, le versement de deux primes avec rappel sur cinq ans, l'instauration d'une pause de vingt minutes payées, sans parler de la mise aux normes des consignes de sécurité. Et cerise sur le gâteau, le paiement des jours de grève et le « respect de la dignité humaine » inscrit dans le protocole de fin de conflit ! Du jamais vu. Comme le revirement du patron de cette PME. « Il y avait des choses qu'on ne faisait pas bien, qu'il fallait modifier », reconnaît d'emblée Pascal Benoist, qui trouve même ce conflit « positif », alors qu'il a également été débouté du tribunal d'instance auprès de qui il contestait les élections professionnelles : il aurait « appris à dialoguer. On a fait beaucoup de concessions, mais c'était important », se répète-t-il, même s'il ne comprend toujours pas pourquoi ses salariés l'ont traité « d'esclavagiste ». Un profil bas sans doute motivé par la perte de quelque 800 matelas en un jour et demi de grève...

(1) Les prénoms ont été modifiés.

Alexandra Chaignon

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