Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Dilma Rousseff élue présidente du Brésil

2 Novembre 2010, 06:52am

Publié par PCF Villepinte

Monde

 

 

 

Propulsée par la popularité record de Lula, Dilma Rousseff sa dauphine, a été largement élue dimanche première femme présidente du Brésil, un géant de 193 millions d'habitants devenu la huitième économie du monde.

Elle devance de plus de onze points d'avance son rival social-démocrate José Serra au second tour de l'élection présidentielle.

Selon un dépouillement portant sur 95% des suffrages, l'ex-numéro deux du gouvernement du président Luiz Inacio Lula da Silva obtient 55,6% des voix et l'ancien gouverneur de Sao Paulo 44,4%.

Ces résultats ont été reçus par des ovations et des cris de joie au siège du comité de campagne de Rousseff, où arrivaient ministres, gouverneurs et dirigeants de la coalition gouvernementale.

"J'arrive avec un sentiment de victoire méritée", a dit le dirigeant du Parti des Travailleurs (PT, gauche), José Dirceu. Les militants du PT euphoriques, revêtus de chemises rouges et agitant des drapeaux, se massaient devant le siège du comité du parti, dans un hôtel de Brasilia.

La candidate du Parti des Travailleurs (PT-gauche) a bénéficié de l'énorme popularité de Lula et du succès de sa politique qui a apporté la prospérité à ce pays grand comme deux fois l'Union européenne.

Dilma Rousseff a suivi les résultats avec le président Lula et devait prononcer une courte allocution avant de célébrer sa victoire sur l'esplanade des ministères, au coeur de la capitale fédérale.

En votant dans la matinée dans sa ville de Porto Alegre (sud), Dilma Rousseff avait déclaré attendre "avec confiance le résultat du vote", en raison du large avantage accordé par tous les sondages.

José Serra, qui a voté dans son fief de Sao Paulo dont il était gouverneur avant de se lancer pour la deuxième fois dans la course à la présidence, n'avait pas encore réagi à sa défaite.

Lula ne pouvait se représenter après deux mandats successifs et doit transmettre le pouvoir à sa dauphine le 1er janvier. Il n'a rien dévoilé de ses projets d'avenir mais l'opposition le soupçonne de vouloir être l'éminence grise de sa protégée.

Samedi, celle-ci avait assuré que, si elle était élue, elle maintiendrait une relation "intime et forte" avec son mentor Lula.

Ce dernier a toutefois écarté dimanche une participation à un gouvernement Rousseff. "Il n'y a aucune possibilité qu'un ex-président participe à un gouvernement. Dilma, si elle est élue, devra former un gouvernement qui aura son image".

Dénuée de charisme mais à la réputation de "dame de fer" quand elle était au gouvernement, Dilma Rousseff a combattu la dictature militaire dans les années 70 et a été emprisonnée pendant deux ans (bien deux ans). Cette économiste se présentait pour la première fois à une élection.

Les deux candidats s'étaient engagés à poursuivre la politique de Lula qui a sorti de la pauvreté 29 millions de Brésiliens avec une économie en plein boum.

L'abstention a marqué le second tour avec 21% des Brésiliens, selon les résultats partiels, qui ne sont pas allés voter, bien que le vote soit obligatoire.

Dilma Rousseff succède à Lula et devient la première femme présidente du Brésil.

Monde - le 1 Novembre 2010

Voir les commentaires

Stanley Aronowitz : « Un immense malaise 
taraude la société américaine »

2 Novembre 2010, 06:48am

Publié par PCF Villepinte

Monde - le 30 Octobre 2010

monde

 

 

Entretien avec le professeur 
de sociologie 
de l’université de 
New York. Il évoque 
les raisons 
des difficultés 
des démocrates 
de Barack Obama dans les scrutins 
de la mi-mandat 
de mardi prochain.

Le sociologue Stanley Aronowitz dirige le Centre d’étude de la culture, de la technologie et du travail. Il reçoit l’Humanité dans son bureau de l’université de la ville de New York.

Pourquoi deux ans seulement après la défaite subie par le parti de George W. Bush le risque d’un come-back politique du parti républicain est-il si élevé ?

Stanley Aronowitz. Il y a une raison simple et une plus complexe. L’explication évidente c’est qu’une bonne part de la population a cru que les démocrates et l’administration Obama allaient pouvoir solutionner les problèmes que Bush n’avait pas réussi à résoudre ou qu’il avait créés. Il y avait deux questions clés auxquelles les citoyens étaient très sensibles: la montée du chômage et l’instauration d’une couverture santé, très couteuse pour la majorité et inaccessible aux 50 millions les plus démunis. Sur les deux dossiers les gens n’ont observé aucune véritable amélioration. Au contraire, le chômage reste très élevé, voire continue d’augmenter et l’accès à la couverture santé n’est planifié que pour plus tard, en 2014. Et avec tellement de concessions aux assureurs privés que sa réalisation concrète apparaît fragile et aléatoire. Les républicains s’appuient sur la colère populaire pour la détourner évidemment de ce qui en constitue les véritables causes. Et ils y arrivent partiellement car dans le système bipartisan des États-Unis on se tourne traditionnellement vers le parti dans l’opposition quand le parti au pouvoir déçoit. Le discrédit de la période Bush, encore présent dans les mémoires, constitue effectivement un écueil. Pour le surmonter et capter coûte que coûte le vote de protestation, les candidats républicains n’hésitent pas à se livrer à des surenchères populistes, misant notamment dans leurs spots publicitaires politiques sur les préjugés, les émotions les plus brutes.

Mais ce climat délétère exprime sans doute quelque chose de plus profond ?

Stanley Aronowitz. Oui, le problème sous-jacent à tout cela c’est que les citoyens ont découvert, à la faveur de la gestion de la crise, que leurs pouvoirs sont réduits, qu’ils en sont même toujours plus dépossédés par l’oligarchie, par Wall Street. Cela a été exacerbé par le renflouement du système financier, des grandes banques et des grosses compagnies d’assurances. Les gens se sont sentis floués. Tout s’est passé au-dessus de leur tête sans qu’ils aient leur mot à dire. Ils ont le sentiment, sans pouvoir lui donner de traduction plus précise, qu’ils n’ont pas le système démocratique et politique dont ils auraient besoin. Ils ne peuvent pas l’exprimer puisque tous les partis sont dans le moule… Sauf à suivre ceux qui sortent délibérément du discours convenu pour jouer sur la fibre émotionnelle et leur livrer en pâture le « trop d’État », l’establishment de Washington ou des boucs émissaires plus classiques comme les migrants. L’autre conséquence de ce drôle de climat c’est le risque d’une abstention record. Et le phénomène pourrait là encore pénaliser lourdement le parti de Barack Obama. Ceux qui gravitent autour du mouvement syndical, des associations féministes ou de défense de l’environnement, et sont d’habitude le plus facilement mobilisables pour le vote démocrate, risquent en effet de ne pas se déplacer. Car ils sont, pour beaucoup, frustrés de l’absence de changement ou même inquiets de la poursuite des logiques antérieures.

Quelle est la dimension du malaise qui traverse aujourd’hui la société ?

Stanley Aronowitz. Les gens considèrent que le système économique a explosé en vol. Et ils pensent que le système politique est incapable de trouver une issue, qu’il n’y a personne pour les défendre, pour les protéger du désastre. Vous savez que nous avons trois millions de familles confrontées à la saisie de leur logement. Nous avons un niveau de chômage réel qui se situe au-dessus de 17% de la population active. Et il n’y a pas de véritable volonté politique de prendre ces questions ultra sensibles à bras-le-corps, hormis quelques exceptions qui confirment la règle. Comme ces actions d’Elisabeth Warren, qui travaillent dans l’administration Obama sur la question de la protection des consommateurs. L’État lui-même est en question. D’où la montée de la réceptivité à l’égard de la démagogie anti-État ou de l’État maigre des républicains ou du Tea Party.

Ce terrible malaise peut-il devenir politiquement dangereux ?

Stanley Aronowitz. Je pense qu’il y a d’ores et déjà une poussée droitière. L’émergence du Tea Party est significative. Non que les gens qui se tournent vers lui soient des fascistes. Beaucoup de ses adhérents sont tout simplement paumés, en colère, submergés par la souffrance d’avoir perdu leur maison ou leur emploi, et parfois les deux. Certains sont loin d’être des racistes ou des néoconservateurs dans l’âme. Quelques-uns ont même voté, il y a deux ans, pour Obama avec l’espoir du changement et ils trouvent là simplement un moyen de protester, de hurler leur frustration et leur mal-être. Fort heureusement il manque, pour l’instant, une figure charismatique pour entraîner avec elle un mouvement d’extrême droite plus significatif. Mais attention car le potentiel est là.

New-York, envoyé spécial.

Entretien réalisé par Bruno Odent

Voir les commentaires

Le guide du manifestant arrêté

1 Novembre 2010, 12:08pm

Publié par PCF Villepinte

Le guide du manifestant arrêté : nécessaire en ces temps troublés
lundi 18 octobre 2010 (13h38)

Trouvé sur BELLACIAO

 

 

de Bolchvik

Bonjour à tous,

Voici le lien d’un guide du manifestant arrêté établi par le syndicat de la magistrature qui va être très utile lorsque les solutions du gouvernement pour débloquer la situation seront dévoilées :

A diffuser partout au maximum de personnes.

Merci

http://www.guidedumanifestant.org/guide-du-manifestant.pdf


De : Bolchvik
lundi 18 octobre 2010


Voir les commentaires

L'Humanité des débats

1 Novembre 2010, 08:08am

Publié par PCF Villepinte

Comment construire une alternative à Gauche?

Rappel des faits  Le Front de Gauche solidaire avec le mouvement sur les retraites

Les 22 et 23 octobre derniers, le Parti communiste réunissait son conseil national, en pleine ébullition sociale pour la défense de la retraite à 60 ans.

L’évaluation du conflit, qui oppose la majorité de la société française à un gouvernement déterminé à satisfaire les agences de notation, a fait l’objet d’un accord général au sein de la direction communiste. Dans son rapport introduisant le débat sous la coupole de la place du Colonel-Fabien, Robert Injey évoquait «la fracture entre l’arrogance, et la violence d’un pouvoir, et un peuple qui depuis des mois fait la démonstration de son unité.»

Mais les communistes sont conscients des obstacles qui freinent le plein déploiement de la combativité dont le monde du travail a montré qu’il savait faire preuve. Avec l’assaut du gouvernement de revanche sociale contre un système issu de la Libération et un âge légal institué par le gouvernement Mauroy, à participation communiste, en 1982, il s’agit d’abord de résister à la course à la régression.La gauche n’apparaît pas comme porteuse d’une alternative claire, crédible et mobilisatrice.

«Mêlez-vous de la construction du projet que la gauche doit porter en 2012», c’est le sens de la démarche du PCF dans le cadre du Front de gauche. Et que Pierre Laurent, secrétaire national, exprime en ces termes: «Nous voulons permettre au plus grand nombre de citoyens d’énoncer ensemble un projet collectif.» Ce Pacte d’union populaire s’adresse aux militants des partis de gauche, aux syndicalistes, aux citoyens qui veulent que 2012 ne soit pas seulement l’occasion d’une défaite de Sarkozy mais aussi le point de départ d’une politique qui réponde durablement aux aspirations de la société.

Aussi, la réunion du conseil national du PCF a-t-elle été l’occasion d’une innovation avec une séance ouverte à des personnalités du mouvement social et de la vie démocratique. Les syndicalistes Maryse Dumas et Gérard Aschieri, la magistrate Évelyne Sire-Marin, Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des droits de l’homme, Serge Tarrasioux, maire de Pierre-Bénite (Rhône) et Mireille Flageul, membre du collectif d’engagement citoyen de Grenoble, ont ainsi pu présenter de premières contributions à cette réflexion. Cinq de ces personnalités poursuivent le débat dans cette édition de l’Humanité.

Jean-Paul Piérot

Alternative à gauche. Libérer les capacités d’initiative des citoyens

Par Serge Tarassioux, Maire de Pierre-Bénite (Rhône).

Quatre portes d’entrée pour interroger la pertinence d’un programme partagé.

1. Une double ghettoïsation. À une ghettoïsation par le haut illustrée par l’entre-soi de Neuilly et motivée par la peur du déclassement fait écho une ghettoïsation par le bas, dans les quartiers populaires, avec le repli sur soi, sur la famille, sur la communauté… Elles se nourrissent l’une l’autre, avec un risque de ségrégation de fait. Faute de projet collectif, la peur de l’avenir et la recherche de solutions individuelles prennent le dessus, structurent les comportements et finalement façonnent nos villes.

La ghettoïsation est un non-dit des politiques honteuses qui l’encouragent, mais aussi un oublié des projets d’émancipation. Pour autant, il n’y aura pas de changement sans la participation des habitants des quartiers populaires.

2. Le foisonnement de processus d’émancipation. À ce premier point s’opposent des aspirations émancipatrices. Je pense aux jeunes qui se jouent de l’intérim (quand d’autres en souffrent), décidant de choisir leur temps de vie; aux jeunes en général qui veulent réussir leur vie et se heurtent à l’injustice et à l’inefficacité du système; à ces femmes qui cherchent les voies de la parentalité à l’opposé de la démission que souvent leur impute l’éducation nationale; aux bénévoles qui donnent de leur temps libre (libéré!)… Je pense aussi à la lutte pour les retraites qui, pour le coup, se conçoit en commun avec de nouveaux venus motivés par la crainte de l’avenir. Autant d’aspirations progressistes, en actes, qui contribuent à changer la vie mais sans rapport direct à la politique. Cela nécessite de réinventer le lien avec chacun et pose un problème de temporalité face à l’urgence des changements attendus.

3. Une expérience de projets partagés. De l’expérience municipale ou électorale, je tire quelques enseignements. D’abord la nécessité d’«aller vers» nos concitoyens et de les écouter, ensuite l’importance du contenu et le besoin de partager compétences et savoirs, l’importance de construire ensemble le plus en amont possible, la nécessité de trouver le moyen d’être vraiment à égalité avec chacun, ce qui implique de partager les connaissances et les décisions, pour gagner collectivement en compétence.

4. Les débats sur l’alternative avec le peuple de gauche. Les questions du contenu transformateur et du rassemblement nécessaire tendent à s’opposer, au profit «réaliste» du second. Le fait d’être acteur (dans les luttes, la politique) permet de lever le doute sur la crédibilité de gagner ensemble dans le débat citoyen des changements réels. La prise du pouvoir est d’abord dans les têtes.

La proposition de travailler un programme populaire partagé me semble opportune, sauf à prendre des raccourcis qui ne mènent nulle part. Il y a des pistes, à condition de se saisir des gestes et idées de nos concitoyens dans ce qu’ils ont de subversif. À condition de prendre chacun à égalité et de troquer ce qui paraît parfois comme de l’arrogance contre une vraie ambition partageable. À condition d’interroger nos modes de faire, et d’organisation. En faisant vivre un communisme qui ne repousse pas l’émancipation à demain mais contribue à libérer les capacités d’initiative de progrès… jusqu’à les porter au pouvoir, c’est-à-dire dans la réalité. Et la forme fait partie du fond! Le programme partagé peut être du communisme en actes. La situation appelle, selon moi, à retrouver le souffle de 1789 dans des états généraux de notre temps.

 Serge Tarassioux

 

Alternative à gauche. Le déploiement d’engagements libres

Par Maryse Dumas, militante syndicale.

Comme beaucoup d’autres, je cherche à contribuer à ce que les choses changent fondamentalement, non seulement dans notre pays, mais aussi en Europe et dans le monde, car tout est de plus en plus corrélé.

Je réponds à l’invitation du Conseil national du PCF à dire comment je vois «la construction commune d’un pacte d’alternative à gauche» dans une démarche constructive et ouverte. Ces réflexions n’engagent que moi, pas la confédération à laquelle je suis syndiquée.

Les orientations de la CGT sont claires, et je les partage: elle ne participera pas à une co-­élaboration d’un programme politique quel qu’il soit. Cela ne signifie ni indifférence ni neutralité à l’égard du politique mais juste appréciation de ce qui relève du rôle des partis politiques d’une part, du syndicalisme d’autre part. Ce dernier a beaucoup travaillé sur la spécificité de la démarche syndicale. Il serait bien que les partis de gauche y réfléchissent également car ils restent habités par une vision «subalterne» du rôle du syndicalisme: faire monter les mécontentements quand la gauche est dans l’opposition, calmer le jeu quand elle est au pouvoir. Pour réussir à transformer fondamentalement la société, ils ont pourtant besoin d’un syndicalisme indépendant, capable de mobiliser sur les revendications, pour affronter les résistances politiques et économiques aux changements.

Le pacte est-il une fin ou un moyen? Pour moi, la fin c’est de créer les conditions d’un processus de transformation fondamentale, les différentes échéances politiques devant être pensées comme des moyens, des étapes pour en réaliser les conditions. Or j’ai quelquefois le sentiment que les échéances de 2012 (dont je comprends par ailleurs l’importance) deviennent l’objectif en soi. Cette question mérite d’être éclaircie car elle en conditionne beaucoup d’autres.

Les lieux de décision véritables échappent de plus en plus à la seule échelle nationale, voire même au seul pouvoir politique. Le pouvoir économique est aussi un enjeu. Identifier où sont les lieux réels de pouvoir et de décision, à l’échelle nationale ou internationale, et définir une stratégie de conquêtes progressistes de ces différents niveaux, me paraît incontournable. Il en va de la crédibilité de propositions politiques visant à faire reculer, à l’échelle d’un seul pays, la domination du capitalisme financier.

La démarche d’élaboration démocratique est aussi importante que le contenu des programmes. Bien sûr il faut des programmes en rupture véritable avec les politiques libérales, mais ils ne seront convaincants que s’ils sont élaborés avec les gens eux-mêmes, en s’appuyant sur les rapports de forces, la multiplicité et la diversité des constructions de terrain.

Le débat, la façon de le conduire et de le traduire sont essentiels. Il suppose un état d’esprit de respect des différences d’approche, d’efforts de compréhension, de ce qui motive les uns et les autres, sans jamais ni figer ni caricaturer les désaccords qui peuvent survenir. Chacun doit pouvoir apporter sa pierre sur ce qui l’intéresse et le motive sans être obligé d’adhérer à tout. Un pacte signifie engagement à réaliser un projet mais aussi à ne pas le dépasser. Ce dernier point me pose problème car les revendications et les luttes sont le moteur de l’histoire. Il ne peut être question de les encadrer. Un changement fondamental de société ne se fera que par déploiement d’engagements libres. Enfin le rassemblement doit viser large sans s’en tenir à ceux et celles qui sont déjà proches.

 Maryse Dumas

Alternative à gauche. Construire des passerelles

Par Évelyne Sire-Marin, magistrate, membre de la Ligue des droits de l’homme et de la Fondation Copernic.

En même temps que le populisme pénal désintègre la justice comme institution protectrice des libertés, il détruit le service public judiciaire en supprimant 300 tribunaux sur 1100.

Des juridictions qui existaient depuis deux cents ans sont effacées d’un trait de plume, obligeant les personnes à faire parfois 100 ou 150 kilomètres pour un divorce, une affaire aux prud’hommes, ou devant un juge d’instruction.

La justice, notamment pénale, est de plus en plus symbolisée par le glaive que tient la déesse Thémis, tandis que la balance, symbole de l’équité, s’estompe. Car l’État pénal remplace aujourd’hui l’État social et les 19 lois sécuritaires votées depuis sept ans ont pour effet de pénaliser la misère, l’immigration, la maladie mentale et les difficultés sociales de pans entiers de la population.

Toujours inquiet de l’indépendance des juges, le gouvernement voulait l’année dernière supprimer le juge d’instruction, qui est un empêcheur d’étouffer en rond les affaires économiques et financières. L’affaire Bettencourt démontre d’ailleurs que tous les moyens sont bons (même les poursuites contre le juge lui-même) pour éviter qu’une juge indépendante ne s’intéresse à cette détestable collusion du monde de l’argent et de la politique.

Cependant les États généraux de la justice pénale, mouvement collectif d’avocats, de magistrats et de juristes, ont réussi à empêcher la suppression du juge d’instruction et c’est une victoire parmi les nombreuses défaites du droit de ces dernières années.

D’autres mouvements, comme les collectifs anti-Edvige (sur le fichage des élèves), Pas de zéro de conduite pour les enfants de trois ans (contre la recherche dès l’enfance des futurs délinquants) ou Pas de bébés à la consigne (contre la déprofessionnalisation des personnels de la petite enfance) ont arraché des reculs à ce gouvernement sur ses projets de loi de stigmatisation et de surveillance de la jeunesse.

Toutes ces dynamiques, je l’ai constaté, ont rassemblé bien au-delà des militants habituels, attirant des jeunes ou des professionnels très impliqués dans ces combats. Mais ceux-ci n’envisagent pas pour autant d’adhérer à un parti, tout en comprenant pourtant combien la question sociale est liée à la question politique.

Ayant participé à ces dynamiques, il me semble que le pacte populaire autour du programme partagé du Front de gauche devrait se construire lui aussi comme une passerelle, un pont lancé entre les partis politiques appartenant au Front de gauche et les autres forces sociales, syndicats, associations et simples citoyens.

Des ateliers thématiques sur la santé, la police, l’éducation, les libertés démocratiques, la sécurité sociale et professionnelle, la justice, etc., pourraient être l’occasion d’enrichir la réflexion politique du Front de gauche des multiples propositions de changement que font constamment les associations et les syndicats.

Car il est temps de réinterroger la question de l’adhésion à un programme politique; cela ne passe plus nécessairement aujourd’hui par la signature d’une adhésion, par une carte de membre, mais aussi par l’engagement dans une dynamique plus large, par l’inscription sur des listes de discussion, par la participation à des forums.

J’espère que le Front de gauche s’ouvrira à ces nouvelles formes d’engagement car, de la même manière qu’on peut vivre ensemble sans signer un contrat de mariage, je crois qu’on peut faire ensemble de la politique, sans signer une carte d’adhérent aux partis du Front de gauche.

 Évelyne Sire-Marin

 

 

 

Voir les commentaires

L'ALTERNATIVE, C'EST PAS MALIN...(vidéo)

1 Novembre 2010, 08:00am

Publié par PCF Villepinte

"L'alternative" par François Béranger
envoyé par monier62. - Clip, interview et concert.
"L'alternative" par François Béranger

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8