Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

DETERMINES POUR GAGNER !

22 Octobre 2010, 17:50pm

Publié par PCF Villepinte

Par : Conseil national
Mis en ligne : 22 octobre
Partager :

 

APPEL DU PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS  22 octobre 2010

Nous sommes plusieurs millions dans tout le pays à nous mobiliser contre le projet gouvernemental des retraites, plusieurs millions à exiger son abandon et l’ouverture d’un véritable débat sur une réforme alternative garantissant la retraite à 60 ans, à taux plein. 

La lutte est massive et populaire : 3 Français sur 4 la soutiennent et condamnent le refus de négocier du gouvernement. 71% des français rejettent ce projet injuste socialement et inefficace économiquement, un vrai recul de société. Le président et son gouvernement méprisent les attentes populaires et traitent la jeunesse en ennemie !

 

 

De cette société-là, on ne veut pas ! Nous avons tous fait nos comptes ! Le recul de l’âge légal de départ à la retraite, l’allongement de la durée de cotisation, c’est vouloir diminuer le montant de nos pensions et ouvrir la porte à la capitalisation. Cette attaque en prépare d’autres contre la sécurité sociale et les services publics.

Ensemble, nous sommes des millions à rejeter la société ultralibérale, modelée par Sarkozy et sa majorité : une société autoritaire et antisociale, aux ordres du MEDEF et des marchés financiers. Et c’est d’autant plus intolérable que des centaines de milliards d’euros de fonds publics ont été dépensés sans contrepartie, depuis le début de la crise financière, pour sauver les banques et les dividendes. « De vraies retraites et de vrais emplois pour toutes et tous ! » Nous sommes des millions dans la mobilisation à avoir pleinement conscience qu’il faut dès maintenant s’attaquer aux inégalités sociales, de carrière, d’emplois et de salaires, et à la précarité qui fragilisent de plus en plus d’entre nous, femmes et jeunes travailleurs en premier lieu.

Les parlementaires communistes, républicains et citoyens s’opposent avec détermination au projet Sarkozy-Woerth. Ils défendent une autre logique de financement des retraites qui pérennise le système solidaire des retraites par répartition, la retraite à 60 ans à taux plein sans allongement de la durée de cotisation. Ils proposent de mettre à contribution le capital, de développer l’emploi et les salaires : base du financement du système par répartition ; en faisant cotiser les revenus financiers des entreprises et des banques, en modulant le taux de la cotisation sociale patronale, avec une sorte de bonus-malus pour favoriser l’essor de l’emploi, des qualifications et des salaires, en mettant fin aux exonérations de cotisations patronales.

Même si la loi est votée, la mobilisation peut imposer son retrait, comme Jacques Chirac y a été contraint pour le CPE en 2006.

Nous voulons gagner !

Le Parti Communiste Français appelle à amplifier la mobilisation dans l’unité la plus large syndicale et politique, à participer massivement aux journées d’action du 28 octobre, 6 novembre et à apporter la solidarité de luttes et financière aux grévistes et aux entreprises occupées.

Dés la semaine prochaine, il appelle tous les élus de gauche et progressistes du pays à se rendre à l’Élysée et aux Préfectures en province, pour refuser la promulgation d’une loi illégitime, minoritaire, votée en force par des parlements, abaissés par Nicolas Sarkozy à de simples chambres d’enregistrement.

La mobilisation populaire sur les retraites et contre la politique antisociale de l’UMP est en train de tout changer. Deux projets de société s’affrontent : celui d’une protection sociale large à tous les âges de la vie et de services publics étendus contre celui de l’insécurité sociale permanente ; celui de la solidarité, de la coopération et du vivre ensemble contre celui de la mise en concurrence et de l’individualisme ; celui du travail libéré, du temps de vivre, de se cultiver et de s’adonner à des activités sociales choisies contre celui de toutes les aliénations, toutes les exploitations, toutes les dominations.

Le temps est venu de formuler un projet collectif qui puisse ouvrir la voie à une ère nouvelle démocratique, politique et sociale pour notre pays. La gauche est souvent rassemblée contre la droite mais elle n’est pas unie sur les contenus et les conditions du changement tant attendu. Nous avons besoin d’une véritable alternative de changement pour de nouveaux choix de société, pour de nouveaux droits pour les individus et les peuples. Partout, en Europe des manifestations de plus en plus unitaires vont dans ce sens en portant des exigences de ruptures avec les orientations actuelles de l’Union Européenne.

Oui, nous sommes plusieurs millions déterminés à résister, à mettre la politique de Nicolas Sarkozy en échec, à vouloir sa défaite et celle de sa majorité dans la rue et dans les urnes.

Pour cela, nous voulons construire dès maintenant les changements politiques qui permettront à la gauche de rompre avec les logiques libérales que prônent le Medef, la Commission européenne ou encore le FMI, pour de nouvelles logiques de justice et d’efficacité sociale.

La construction d’un projet collectif de gauche à la hauteur des attentes ne va pas de soi ! A nous de nous en mêler !

Nous qui sommes si nombreux à nous être emparés de la mobilisation sociale, nous qui souhaitons un vrai changement de société, engageons-nous avec la même détermination dans le débat sur les transformations radicales dont la France et l’Europe ont besoin et que la gauche devra réaliser si elle veut battre durablement la droite. »

Comment le faire : En devenant acteur du débat politique !

C’est à vous, à nous ensemble, de dire : « Voilà ce que la gauche devra faire : la gauche, c’est la retraite à 60 ans, à taux plein ; la gauche, c’est la création d’un pole public bancaire et financier pour une utilisation des profits, des fonds publics et du crédit qui servent à développer les humains et non la spéculation ; la gauche, c’est l’interdiction des licenciements et la sécurisation de l’emploi et de la formation ; la gauche, c’est l’augmentation des salaires et pas celle des dividendes ; la gauche c’est l’abrogation de toutes les réformes sécuritaires, liberticides promulguées par Besson et Hortefeux, la gauche c’est donner la parole et des pouvoirs aux citoyens dans l’entreprise, dans la cité, la gauche, c’est l’attachement à la commune, au département, à la région, à leur liberté d’action et de coopération , à leurs services publics locaux, la gauche c’est une autre politique européenne et une union refondée, « la gauche, c’est remettre l’humain et l’avenir de la planète au cœur de la société ». Non vraiment, nous ne voulons plus d’une gauche qui renonce à ces objectifs-là !

C’est le sens du programme populaire et partagé que le Parti communiste français et les forces du Front de Gauche entendent construire, au cœur des mobilisations, au cœur d’une union populaire pour satisfaire les besoins humains en prenant l’argent là où il est !

Contre le pacte de l’argent qu’ils ont scellé en 2007 au Fouquet’s, le temps est venu de construire, ensemble, un pacte d’union populaire !


Voir les commentaires

Réforme des retraites : le bras de fer continue !

22 Octobre 2010, 15:56pm

Publié par PCF Villepinte

Sénateurs du groupe CRC-SPG 
Chronique d'une bataille parlementaire (14)
Par le groupe CRC-SPG / 22 octobre 2010
Depuis le 5 octobre et pour trois semaines, le Sénat examine à son tour la réforme des retraites. Cette discussion, parole de sénateurs communistes et du Parti de Gauche, n’aura rien de feutré ! Retrouvez ici un résumé quotidien des interventions et des actions venant de parlementaires mobilisés contre une réforme « totalement injuste » et qui se veulent à l’unisson de la protestation populaire.

Après trois semaines de débat et une intense bataille parlementaire au cours de laquelle les sénateurs communistes et du Parti de Gauche se sont particulièrement illustrés, multipliant les prises de parole et apparaissant comme les opposants les plus déterminés, le Sénat devrait enfin voter dans la journée la réforme des retraites.

Ce vote est cependant loin de mettre un terme au parcours législatif de la loi. L’Assemblée nationale et le Sénat devront se prononcer la semaine prochaine sur la rédaction définitive du texte, établie par une commission mixte paritaire rassemblant sept députés et sept sénateurs ainsi que les représentants du gouvernement. Le gouvernement devra ensuite attendre le début du mois de novembre et les décisions du Conseil constitutionnel, qui sera à coup sûr saisi par les parlementaires de gauche, pour pouvoir promulguer sa loi et publier ses différents décrets d’application. Mais même une fois promulguée, la loi peut toujours connaître un destin funeste. Abrogée purement et simplement par une autre loi, ou discrètement enterrée, comme ce fut le cas pour le défunt CPE...

Ce matin à 9h30, à la reprise de la séance, Guy Fischer réagit vivement à l’intervention des forces de l’ordre à la raffinerie de Grandpuits. « J’attire votre attention sur la dérive autoritaire du régime : on veut bâillonner le peuple, les manifestants, même les parlementaires, lance le sénateur du Rhône. Le Président de la République, le gouvernement et la majorité ont décidé de mettre d’autorité un terme à ce débat. Je dénonce l’autoritarisme qui s’exerce contre les grévistes. La raffinerie de Grandpuits a été dégagée ce matin à 9 heures par les gendarmes qui sont intervenus de façon très violente. On déplore trois blessés parmi les salariés du piquet de grève. Cette réquisition, au prétexte de la défense nationale, est une entrave au droit de grève faite pour complaire à la société Total. »

Quelques minutes plus tard, devant la raffinerie et en direct sur une chaine d’information en continu, Michel Billout dénonce également une « décision irresponsable ». Pour le sénateur communiste de Seine-et-Marne, « la seule solution est d’ouvrir enfin les négociations que réclament les syndicats ».

Provocation ou hasard malheureux, le tribunal de grande instance de Nanterre annonce dans la matinée qu’il autorise la fermeture définitive de la raffinerie Total des Flandres.

La séance est levée à 12 h 30. 25 amendements restent à examiner.

Depuis hier après-midi, le rythme de la discussion s’est en effet considérablement accéléré. Pour une raison simple : en application de l’article 44, dernier alinéa de la Constitution et de l’article 42, alinéa 7 du règlement du Sénat, le gouvernement a décidé de recourir à la procédure du vote unique. Cette procédure permet toujours aux sénateurs de présenter leurs amendements en séance publique, mais limite à un seul vote global leur approbation, faisant ainsi passer à la trappe les nombreuses explications de vote prononcées en général au cours de la discussion.

D’où l’indignation de Nicole Borvo Cohen-Seat : « Aujourd’hui, M. le ministre se fait ici le porte-parole de l’Élysée  ! Grâce au zèle du président de l’Assemblée nationale, vous avez interrompu la discussion devant l’assemblée élue au suffrage universel. Elle s’est donc transférée au Sénat. Au total, cette réforme présentée comme essentielle aura occupé le Parlement pendant un mois. C’est normal sur un sujet d’une telle importance. Toutes nos propositions ont été repoussées, jusqu’à ce que vous jugiez temps d’arrêter le débat. Après le coup de force à l’Assemblée nationale, le coup de force au Sénat  ! Vous refusez toute négociation. Assimilant à tort la majorité de nos concitoyens à des casseurs et des bloqueurs, le Président de la République s’est livré hier à une nouvelle provocation : les salariés qui font grève et qui manifestent apprécieront. »

Même si le débat tourne court, ce jeudi 21 octobre, les sénateurs du groupe CRC-SPG continuent par principe de présenter leurs amendements. Ils le font devant un hémicycle presque vide, les élus de la majorité sénatoriale, UMP et centristes, ayant déserté le Sénat. Pour les sénateurs communistes et du Parti de Gauche, il s’agit surtout de démontrer qu’une autre réforme est possible en mettant à contribution les revenus du capital.

« Le débat sur cet amendement est victime de la censure gouvernementale. En effet, nous proposons d’assujettir les revenus financiers des sociétés à une contribution d’assurance vieillesse de 9,9 %, explique ainsi Michelle Demessine, sénatrice du Nord. Cette nouvelle contribution, qui apportera un surcroît de recettes de l’ordre de 30 milliards d’euros, poursuit un double objectif : un financement rapide des régimes obligatoires de retraite, et une incitation forte pour les entreprises à privilégier le facteur travail. Jusqu’ici, toutes nos propositions de taxation ont été repoussées. Mais aujourd’hui, l’idée semble séduire les autorités européennes, qui constatent la sous-taxation du secteur financier. La Commission a récemment noté que ce secteur avait bénéficié d’un soutien massif des autorités publiques, après avoir provoqué la crise financière actuelle. Un financement plus juste et plus solidaire des retraites est possible  ! »

« Il faut mettre un terme aux retraites chapeau, défend à son tour Marie-France Beaufils, sénatrice d’Indre-et-Loire. M. Fillon avait proposé de les abroger en 2003, avant de suggérer une taxation confiscatoire dans le PLFSS pour 2010. Est-il acceptable d’avoir versé 21 milliards aux entreprises touchées par la crise financière ? Est-il acceptable de mettre à la charge presque exclusive des salariés une réforme induite par la crise, au moment où 761 cadres dirigeants d’entreprise bénéficient d’une retraite chapeau ? Presque toutes les entreprises du CAC40 possèdent un tel dispositif. Des exemples ? La retraite de M. Proglio -650 000 euros- et celle de l’ancien PDG de l’Oréal, -3,4 millions d’euros. Les entrepreneurs doivent donner l’exemple. »

« Notre amendement propose une désintoxication financière pour notre économie, car les marchés continuent de spéculer, deux ans après le début de la crise, indique François Autain, sénateur de la Loire. Les bonus suivent  ! Pourquoi ? Parce que, malgré les déclarations du Président de la République, mettre la finance au service de l’économie est une chimère. Sur le plan de la justice sociale, ce n’est plus acceptable. L’ancien PDG de Valeo a perçu 3,2 millions d’euros à titre de parachute doré, après avoir laissé 1 600 salariés sur le carreau. »

« Rétive à l’autoritarisme, j’ai plaisir à défendre cet amendement censuré qui traite des stock-options. Si elles étaient soumises aux cotisations sociales, la sécurité sociale percevrait des milliards d’euros supplémentaires, rappelle enfin Éliane Assassi, sénatrice de Seine-Saint-Denis. En outre, les stock-options pervertissent les relations entre les cadres dirigeants et l’entreprise : certains dirigeants ont intérêt à soutenir les cours de la bourse au détriment de l’emploi. On en a même vu certaines réaliser leurs plus-values juste avant l’annonce de mauvaises nouvelles. »

Cette chronique est la dernière de la série. La lettre d’information électronique des sénateurs du groupe CRC-SPG reprend son rythme hebdomadaire. Prochaine parution, le vendredi 29 octobre.


Voir les commentaires

Rapport Berès sur la crise : le PS et les verts pactisent avec la droite !

21 Octobre 2010, 18:49pm

Publié par PCF Villepinte

Union européenne :

Intervention de Jacky Hénin, Député Européen (PCF)

« Le rapport de Pervenche Berès[1] (Député PS européen) sur les recommandations concernant les mesures et initiatives à prendre dans le cadre de la crise financière économique et sociale a été voté ce matin au Parlement Européen.

Depuis des mois, les mobilisations syndicales et populaires se succèdent en France et en Europe, pour s’opposer à la casse des droits et acquis sociaux, à la privatisation des retraites et de la sécurité sociale, au gel des salaires et des retraites, pour refuser de faire payer aux peuples une crise dont ils ne sont pas responsables.

Si ce rapport s’émeut de la crise et tente de "moraliser le marché"[2], il soutient les plans d’austérités dans les différents pays Européens. L’ensemble du rapport constitue en effet un éloge au pacte de stabilité et demande des mesures plus contraignantes encore, assorties de sanctions aux états membres et l’obligation de réduire les déficits[3].

C’est pourtant tout le contraire qu’il faudrait faire. En effet, depuis de nombreuses années au nom de la recherche du profit, on a compressé les salaires, diminué les impôts et cotisations des entreprises et des banques pour accroître la part des richesses revenant aux prélèvements financiers (intérêts et dividendes). Se faisant on fait grossir les déficits publics, on a recouru à l’emprunt sur les marchés financiers, on a favorisé l’essor des placements financiers et de la spéculation. Pendant ce temps le crédit à été rationné pour l’emploi et les productions nationales tandis qu’il a été facilité pour les OPA et les exportations de capitaux, la politique monétaire de la BCE n’ayant servit qu’à défendre le taux de profit. C’est cette logique qui est responsable de la crise systémique que nous vivons.

21 octobre 2010

Hier encore, ce sont 3,5 millions de personnes qui manifestaient en France contre la réforme des retraites imposée par le gouvernement Sarkozy. Pourtant le rapport " considère que le financement des pensions ne peut être entièrement laissé au secteur public, mais doit reposer sur des systèmes à trois piliers, comprenant des régimes de retraite publics, professionnels et privés, [...] considère que l’allongement de la durée de vie soulève des questions transversales en termes d’organisation de la société qui n’ont pas été anticipées"[4].

Ce n’est ni plus ni moins que la fin de la retraite par répartition et le soutien à la politique de Sarkozy que nous proposent les socialistes et les verts en votant ce rapport !

On ne peut pas s’élever contre ces mesures en France et les préconiser au niveau Européen. Nous demandons que cesse cette hypocrisie et qu’une clarification soit faite quant aux positions des uns et des autres.

Pour notre part, nous soutenons plus que jamais les salariés européens et nous continuerons à dénoncer et lutter contre les plans d’austérités, les politiques néolibérales de l’Union Européenne et pour une profonde réorientation de la BCE. La crise sociale ne sera dépassée que par une utilisation de cet argent qui coule à flot en Europe, au profit des populations. »

[1] Rapport A7-0267/2010 de Pervenche Berès, Commission spéciale sur la crise financière, économique et sociale

[2] Article 6

[3] Articles 68, 92 101 103 etc....

[4] Article 77 du rappor

 


 

t

 

 

 

Voir les commentaires

Une union populaire en gestation( article à méditer fortement)

21 Octobre 2010, 18:35pm

Publié par PCF Villepinte

Par Patrick Le Hyaric                                           jeudi 21 octobre 2010

 le hEn refusant de retirer son texte d’abrogation du droit à la retraite à 60 ans, le pouvoir sarkozyste creuse, chaque jour un peu plus, le fossé le séparant d’un peuple qui rejette majoritairement cette contre-réforme et soutient les mouvements sociaux.

Il n’y a qu’une issue possible : retirer ce texte et reprendre un grand débat public sur les enjeux en cause. Au lieu de la discussion, du dialogue, de l’écoute de la profondeur du rejet de son texte, le pouvoir utilise la force, la violence, la division et la peur. Or, il devrait se rendre à l’évidence. Depuis qu’a été annoncé ce projet, une majorité s’est construite et renforcée, au fil des semaines, contre l’abrogation du droit à la retraite à 60 ans. Les forces progressistes ont déjà gagné sur plusieurs questions fondamentales.

D’abord, grâce au travail des syndicats, à leur unité, à l’appel d’ATTAC et de Copernic, aux numéros spéciaux de l’Humanité, -qui a été le seul journal à publier les textes-, à l’action des parlementaires de gauche et écologistes à l’Assemblée Nationale et au Sénat, à la proposition alternative des groupes communistes et partis de gauche, les français ont maîtrisé et se sont appropriés les termes du débat comme ce fut le cas pour le traité de Lisbonne.

En second lieu, la conscience de l’injustice de ce projet s’est aiguisée. L’affaire Woerth-Bettencourt a accéléré le processus, mais il était en germe depuis le vote du bouclier fiscal, les stocks options, les retraites chapeaux, et les déclarations d’un Premier ministre annonçant que le pays est en faillite, quelques semaines avant qu’on ne trouve des centaines de milliards pour renflouer les banques. L’idée a grandi que le pillage du travail s’est accentué ces dernières années au seul profit du capital, contre l’intérêt général.

Cela amène à la troisième donnée fondamentale : plus ou moins confusément, une majorité prend conscience que la crise globale actuelle trouve sa source dans cette injuste répartition des richesses et aussi dans la manière de les produire. L’un des repères fédérateurs de la mise en mouvement des salariés, des retraités et des jeunes est l’aspiration à l’égalité, grand principe républicain et révolutionnaire. Ce marqueur français parcourt toutes les étapes des avancées sociales et politiques dans notre pays. Il est relié à celui de l’indispensable solidarité intergénérationnelle.

La force de ces valeurs, ancrées au plus profond du peuple, conduit le pouvoir et certains médias à cacher le sens et la portée des nouveaux engagements de la jeunesse. Elle sait qu’elle accèdera à la retraite aux alentours de 70 ans, avec le projet sarkozyste. Le taux de chômage moyen parmi les jeunes de 15 à 24 ans est de 23%. L’âge moyen de leur accès à un emploi stable est tardif : 27 ans. Avec le recul de l’âge de la retraite, ils risquent de connaître au moins deux années supplémentaires de précarité, dans un contexte où le soutien financier des parents et grands-parents sera amoindri car le nombre de retraités pauvres ne cesse d’augmenter. De plus en plus nombreux sont celles et ceux qui font le lien entre la nécessaire création d’emplois, le plein emploi et l’augmentation des rémunérations du travail, un nouveau partage des richesses, une nouvelle façon de les produire et une bonne retraite à taux plein à 60 ans. Le niveau d’exaspération populaire est de plus en plus élevé, dans un contexte où l’angoisse face à l’avenir ne cesse de s’aggraver. Une sorte de « crise de l’avenir ou de l’à-venir » tenaille nos concitoyens, toutes générations confondues. Un mouvement d’une telle ampleur et d’une telle qualité interpelle également les forces de gauche dans leur ensemble, à qui nos concitoyens réclament, au cœur de ce mouvement, l’unité pour un projet de société progressiste totalement neuf. Faute de répondre à cette aspiration, le risque d’impasse ou de solution populiste ou extrémiste existe. Il faut donc avoir l’audace du débat au cœur de cette unité populaire en germe.

La raison devrait commander au pouvoir d’écouter le peuple qui réclame le retrait immédiat de ce projet. Le pouvoir n’a aucune légitimité pour abroger la retraite à 60 ans, puisque M. Sarkozy avait déclaré solennellement, à plusieurs reprises, qu’il n’avait aucun mandat pour cela. Ces changements de langage, ces reniements sont partie intégrante du détournement des français, y compris les électeurs de droite. Mais peut-être apprendra-t-on demain que derrière cette contre réforme se cache un nouveau scandale. En effet le texte ouvre la porte à la retraite par capitalisation. Et un amendement centriste pousse à ce qu’il appelle une « réforme systémique ». En clair, cela veut dire qu’il faut abandonner le système par répartition. Mais voilà que le frère du Président de la République, M. Guillaume Sarkozy prépare avec sa société « Malakoff Médéric » un système d’alliance avec des filiales de la Caisse des Dépôts et de la Caisse d’Epargne pour créer… un système de retraite complémentaire privé, auquel seraient contraints de souscrire les salariés après l’actuelle contre-réforme, car leur niveau de pension baisserait forcément. Bref, le Premier ministre a tenté encore dimanche de faire croire qu’il veut sauver la retraite par répartition. En fait il est en train de servir les assurances privées et les marchés financiers. En qualifiant le projet de taxation du capital « d’escroquerie », il a révélé sa vraie nature.

Même voté, le parcours de ce texte n’est pas terminé. Il peut encore être retiré pour ouvrir enfin l’espace à une négociation approfondie avec les syndicats, la contribution des parlementaires après un débat public et une consultation populaire. En fait, il semblerait que la France n’ait plus de gouvernement. Un gouvernement gouverne en écoutant le peuple. Ici, nous avons à faire à une petite équipe, sorte de « directoire » réuni autour d’un monarque qui croit pouvoir manipuler les françaises et les français en n’écoutant que la petite minorité des grands fortunés. Ils se trompent et se perdent.

 

Retraites

 

Voir les commentaires

A l'aéroport de Roissy, la mobilisation décolle

21 Octobre 2010, 11:00am

Publié par PCF Villepinte

Hier, près de 4 000 personnes, toutes catégories confondues, ont défilé sur le site de Roissy-Charles-de-Gaulle. Une mobilisation exceptionnelle pour le secteur.  

Le cortège CGT au terminal 2, le 20 octobre 2010

JPG - 26 ko

Ils l'avaient annoncé, ils l'ont fait ! Déterminés à ne rien lâcher, les grévistes étaient entre 3000 et 4000 à défiler, hier matin, pour la première fois depuis le début du mouvement social, sur le site de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Mobilisés contre la réforme des retraites, les salariés ont bloqué le terminal 2 pendant près de deux heures. A l'initiative de la CGT Air France et de la CGT ADP (Aéroports de Paris), les différentes organisations syndicales de la plate-forme aéroportuaire de Roissy se sont jointes au mouvement. « On ne peut plus bloquer les pistes, raconte Daniel, responsable CGT, sinon, on nous retire les badges et on ne peut plus travailler, alors, on bloque les routes »

Des barrages filtrants ont donc été mis en place. Entre costumes-cravates et bleus de travail, responsables du comité d'entreprise, manutentionnaires, personnels naviguant ou au sol, et salariés des sous-traitants d'Air France (nettoyage, catering, sûreté, aviation civile, etc.), ont manifesté côte à côte contre « l'OPA des marchés financiers sur le monde du travail », pour une réforme juste et équitable, pour la prise en compte de la pénibilité au travail. Un dernier point essentiel lorsqu'on sait que les bagagistes soulèvent quotidiennement 2 à 3 tonnes, sans que ne soit reconnue cette pénibilité de leur travail. « Ici, on les appelle les dos-cassés », explique Serge Nybelen, secrétaire général de la CGT Roissy. Contrôleur sûreté, Anissa travaille en horaires décalés : « Je me lève tous les jours à 4 heures du matin, alors à 65 ans, vous imaginez » Elle se félicite de la mobilisation : « A la sûreté, on est 50 % à défiler aujourd'hui, et si nous n'étions pas soumis à la réquisition nous serions 100 %. » Hier, à Roissy, tous appelaient au développement d'actions locales, à la tenue d'assemblées générales et au renforcement des mobilisations nationales. En soutien au mouvement, une cinquantaine de cheminots sont venus hier prêter main-forte, « surtout pour la sécurité, pour que ça ne dégénère pas », explique Gilles, de la CGT cheminots.

Les organisations syndicales de l'aéroport du Bourget, les salariés RATP, ceux de la zone industrielle Paris Nord-II, les agents territoriaux de Bobigny, entre autres, sont également venus grossir les rangs des protestataires. Une journée d'action qui se voulait nationale dans les aéroports : pari gagné. Ceux d'Orly, Nice, Clermont-Ferrand, Nantes et Toulouse se sont mobilisés dès 5 heures du matin, et une nouvelle grève dans les aéroports est évoquée. Preuve s'il en fallait, que le mouvement est loin, bien loin de « s'essouffler ».

 

Marion d'Allard


 

 

Tous droits réservés : L'Humanité

Diff. 55 629 ex. (source OJD 2005)

4496532D80B01502556E15D0570F415762D0339F333162304ECBB87

 

Voir les commentaires

Pour une grande réforme démocratique de l’école

21 Octobre 2010, 06:49am

Publié par PCF Villepinte

Photo JP Romani/phototheque.org

Société - le 19 Octobre 2010

 Un appel de 50 chercheurs aux partis de gauche

 

 

Appel. De nombreux citoyens sont aujourd’hui convaincus que le changement politique fort auquel ils aspirent n’aura lieu que si la victoire électorale éventuelle de l’opposition se joue sur des perspectives économiques et sociales explicites, cohérentes, novatrices et ambitieuses. L’heure est aux élaborations programmatiques.

 

Nous souhaitons que l’école y tienne la place qu’elle mérite, celle d’une question politique de premier plan, qui vient régulièrement en tête des préoccupations des Français, sondage après sondage. Or il ne nous semble pas que jusqu’à présent les partis de gauche aient avancé en la matière des propositions à la hauteur de la situation.

 

Chercheurs intéressés aux questions scolaires, nous sommes confrontés par nos investigations dans ce domaine à l’anxiété, au mal-vivre, à la souffrance des élèves, des parents et des enseignants. Nous mesurons le coût social et humain de l’échec scolaire de masse et des inégalités devant l’école.

 

La scolarisation des jeunes générations a connu de très grands progrès depuis un demi-siècle. Mais malgré le dévouement et l’investissement professionnel considérables de ses enseignants et personnels, notre école peine toujours à corriger les inégalités culturelles et à satisfaire aux attentes d’aujourd’hui. L’ampleur des inégalités scolaires n’a pas varié depuis les années 1960. Pire, les écarts culturels et cognitifs sont multipliés par deux entre le CP et le CM2, au détriment des élèves d’origine populaire. Une proportion importante d’élèves entrant en 6ème n’ont pas les acquis nécessaires pour tirer normalement profit de leur scolarité secondaire. Et du collège à l’université les inégalités se maintiennent, voire se creusent.

 

De la réforme Berthoin de 1959 qui en jette les fondements à la politique actuelle du « socle commun » et des 50% à la licence, les promoteurs de notre actuelle « école unique » ont toujours admis le principe de parcours tôt différenciés et d’une progression des scolarités qui maintienne les écarts sociaux, assurant une employabilité minimale à un pôle, et une qualification compétitive à l’autre.

 

C’est cette logique ségrégative qui craque de toutes parts aujourd’hui. Aucune visée démocratique ne saurait de toutes façons s’en satisfaire, le monde de demain, sauf à précipiter sa perte, ayant besoin d’un très grand nombre de citoyens instruits, et de salariés dotés d’une qualification élevée leur permettant de concevoir et d’assurer de nouveaux modes de développement économique et de maîtriser les technologies les plus prometteuses, mais aussi les plus dangereuses.

 

La gauche devra hisser le financement de l’école au niveau nécessaire, s’appuyer sur la contrainte de la carte scolaire, mais il lui faudra sortir des bricolages passés et présents (diversification des voies, revalorisation de l’enseignement professionnel, mesures d’accompagnement, par exemple). Car l’urgence est radicalement autre : elle est à la conception et à la mise en chantier d’une grande réforme scolaire, retrouvant l’ambition du plan Langevin-Wallon de 1947, en franche rupture avec la logique ségrégative qui domine aujourd’hui notre système éducatif.

 

Une telle rupture suppose à notre sens trois conditions :

-La mise en cause de la structuration concurrentielle du système éducatif, où la compétition entre établissements amplifie la compétition, sévère et précoce, entre élèves et catégories sociales, et où l’évaluation est moins formative que classificatoire.

-Le réexamen des dispositifs pédagogiques hérités de la modernisation des années 1970/80, qui semblent aujourd’hui avoir épuisé leur force propulsive ; et l’ouverture d’un grand chantier associant enseignants et chercheurs et visant à déterminer les moyens d’une amélioration massive des apprentissages, de l’école élémentaire à l’enseignement supérieur.

-La participation motrice à ce réexamen d’enseignants qui, mieux formés et dotés d’une capacité d’expérimentation autonome, pourraient collectivement reprendre la main sur leur métier.

 

 

Les signataires :

 

Catherine Agulhon, MC, Paris V

Sylvain Aquatias, MC, Limoges

Christian Baudelot, PR, ENS Paris

Élisabeth Bautier, PR, Paris VIII

Stéphane Beaud, PR, ENS Paris

Choukri Ben Ayed, PR, Limoges

Romuald Bodin, MC Poitiers

Stéphane Bonnéry, MC, Paris VIII

Yael Brinbaum, MC, Dijon

Sylvain Broccolichi, MC, université d’Artois

Alain Caillé, PR, Paris X

Bernard Charlot, PR, Paris VIII

Élisabeth Chatel, MC, ENS Cachan

Bernard Convert, DR CNRS, Lille

Philippe Coulangeon, DR OSC/Sciences po

Jérôme Deauvieau, MC, UVSQ

Étienne Douat, MC, Nantes

Muriel Darmon, CR, CNRS, Lyon II

Henri Eckert, PR, Poitiers

Roger Establet, PR, université de Provence

Sandrine Garcia, MC, Paris Dauphine

Rachel Gasparini, MC, Lyon II

Bertrand Geay, PR, Amiens

Dominique Glasman, PR, Chambéry

Isabelle Harlé, MC, IUFM Nantes

Gaele Henri-Panabière, MC, Paris V

Viviane Isambert Jamati, DR, CNRS

Samuel Johsua, PR, université de Provence

Bernard Lahire, PR, ENS Lyon

Christian Laval, Paris X et Institut de recherches FSU

Alain Léger, PR, Caen

Fabienne Maillard, PR, Amiens

Mathias Millet, MC, Poitiers

Benjamin Moignard, MC, Créteil

Gilles Moreau, PR, Poitiers

Frédéric Neyrat, MC, Limoges

Françoise Oeuvrard, Sociologue, Paris

Agnès Pélage, MC, Créteil

Roland Pfefferkorn, PR, Strasbourg

Tristan Poullaouec, MC, Nantes

Laurence Proteau, MC, Amiens

Patrick Rayou, PR, Paris VIII

Fanny Renard, MC, Poitiers

André Robert, PR, Lyon II

Jean-Yves Rochex, PR, Paris VIII

Françoise Ropé, PR, Amiens

Rémi Sinthon, ENS EHESS

Lucie Tanguy, DR, Crespa, CNRS

Jean-Pierre Terrail, PR, UVSQ/GRDS

Daniel Thin, MC, Lyon II

Agnès Van Zanten, DR, OSC/Science Po

Michel Verret, sociologue.

 

(S’associer et soutenir l’appel : www.democratisation-scolaire.fr)

Voir les commentaires

Vidéo Retraites-Direct du Sénat - 20/10 - La jeunesse interpelle !

20 Octobre 2010, 15:51pm

Publié par PCF Villepinte

La bataille des retraites en direct du Sénat

Voir les commentaires

Réforme des retraites : le bras de fer continue ! (12)

20 Octobre 2010, 13:11pm

Publié par PCF Villepinte

Par le groupe CRC-SPG / 20 octobre 2010

Depuis le 5 octobre et pour trois semaines, le Sénat examine à son tour la réforme des retraites. Cette discussion, parole de sénateurs communistes et du Parti de Gauche, n’aura rien de feutré ! Retrouvez ici un résumé quotidien des interventions et des actions venant de parlementaires mobilisés contre une réforme « totalement injuste » et qui se veulent à l’unisson de la protestation populaire.

 

23 septembre manif 005-copie-1De jour comme de nuit... Pour la quatrième séance de suite, les sénateurs ont poursuivi leurs travaux jusqu’à 3 h ce mercredi matin. Un rythme à marche forcée imposé par la majorité sénatoriale afin d’en finir au plus vite. Il n’empêche : même en faisant veiller si tard les élus du Palais du Luxembourg, la réforme des retraites ne sera ni votée aujourd’hui, comme initialement prévu, ni même demain jeudi comme l’espérait encore le gouvernement il y a peu. Ce sera très certainement vendredi, pour la bonne et simple raison que le Sénat doit encore se pencher sur 302 amendements, à la reprise de la séance à 14 h 30. Et comme il en examine au mieux une petite centaine par jour, les comptes sont vite faits.

Mardi, début d’après-midi. Au coeur de la manifestation parisienne, où une délégation des sénateurs communistes et du Parti de Gauche se rend pour saluer les manifestants, Nicole Borvo Cohen-Seat demande l’interruption du débat au Sénat et l’ouverture de négociations avec les syndicats. La voix de la sagesse, quand le gouvernement donne le sentiment de rechercher l’affrontement. A ce sujet, un communiqué de presse du groupe CRC-SPG dénonce « l’attitude dangereuse » de Nicolas Sarkozy. « Chacun a noté la grande responsabilité des organisations syndicales, des millions de salariés et jeunes qui depuis un mois et demi sont dans l’action, soutenues par la grande majorité de la population. Le Président de la République refuse tout dialogue avec, mais cherche depuis plusieurs jours, l’affrontement social face au développement du mouvement. Débordé par le mouvement massif, unitaire, par l’irruption d’une jeunesse terriblement inquiète face à l’avenir, le Chef de l’Etat n’ pas d’autres solutions que la fuite en avant et le recours aux forces de l’ordre pour mettre au pas un peuple qui refuse sa politique. Les sénateurs du groupe CRC-SPG appellent tous les parlementaires à faire preuve de responsabilité et suspendre les débats au Sénat, pour créer les conditions de l’ouverture du dialogue social. »

Retour dans l’hémicycle du Sénat. Dans l’après-midi, une polémique éclate à l’occasion de la discussion de l’article 31 relatif à l’égalité salariale entre les hommes et les femmes. « Sur la défense de la femme, nous n’avons aucun complexe », estime le patron des sénateurs UMP, Gérard Longuet qui met le feu aux poudres en considérant que si les femmes travaillent le plus souvent à temps partiel, c’est parce qu’elles le veulent bien. Réaction de Marie-France Beaufils : « M. Longuet nous a fait une lecture très particulière de cette étude de l’Ined. Les femmes déclarent avoir fait le choix du temps partiel ? Mais c’est un choix par défaut ! Moi aussi, j’ai des employées communales qui m’ont demandé un temps partiel. Pourquoi ? Parce qu’elles ne peuvent pas faire autrement pour s’occuper de leurs enfants ! Nombre de femmes travaillant à temps partiel ont des parcours chaotiques et ne parviennent pas au taux plein. Regardez la réalité en face ! Le temps partiel choisi est une rareté. Ces femmes qui travaillent dans la grande distribution, qui ont des parcours chaotiques, seront obligées d’attendre 65 ans pour percevoir une retraite qui leur permette de vivre correctement. Nous voulons une retraite pour tous à 60 ans, sans décote, et nous avons proposé des financements, mais vous n’avez pas voulu en débattre. »

L’emploi des séniors est abordé ensuite. « Vous reculez les bornes d’âge alors que six salariés sur dix sont hors de l’emploi à l’âge de la retraite, constate Éliane Assassi. Les plus âgés sont les variables habituelles d’ajustement des plans de suppressions d’emplois. Et je ne parle pas de la rupture conventionnelle, qui les concerne au premier chef. C’est le consensus paradoxal dont parle un sociologue du CNRS. Les quinquagénaires sont massivement touchés par la perte d’emploi, sans espoir de reclassement. Vous multipliez les mesures sans effet et les ruineuses exonérations de charges, non moins contreproductives pour l’emploi que pour les cotisations sociales -sans parler des effets d’aubaine pour les employeurs. Ce dont a besoin le pays, c’est d’une politique de prévention qui rende le travail « soutenable » et garantisse la retraite par répartition, avec des emplois stables et rémunérateurs. »

Dans la soirée, les sénateurs examinent une série d’articles incitant les salariés à se tourner vers les fonds de pension. « Nous refusons la retraite par capitalisation, car elle se nourrit de l’affaiblissement du système par répartition, renforçant la spéculation au détriment de la solidarité, s’indigne Annie David. Pourquoi la Caisse des Dépôts se rapproche-t-elle de la finance privée ? Au printemps, Mediapart a publié un dossier sur le rapprochement entre la CDC et le groupe Malakoff Médéric dirigé par le frère du Président de la République : il concluait à l’émergence d’un marché formidable, ce dont vous ne doutez pas ! Tout cela permettra de faire exploser les profits, pour le plus grand bien d’une minorité. Le business plan de la nouvelle société prévoit que sa part de marché atteindra 17 % à l’horizon 2020, contre 9 % aujourd’hui, et que son chiffre d’affaires exploserait à plus de 100 milliards en 2029 ! C’est l’assèchement des régimes par répartition. Nous refusons ce détournement contre nature des missions de la Caisse des Dépôts ! »

En fin de matinée ce mercredi, plusieurs centaines de lycéens, d’étudiants et de salariés se retrouvent devant le Sénat à l’appel de l’UNL, de l’UNEF et de plusieurs syndicats. Slogans entendus : « Sarko, t’es foutu, les jeunes sont dans la rue ! » ; ou encore « Étudiants à 20 ans, chômeur à 25 ans et toujours précaire à 67 ans ? ». Entourée d’Annie David, de Michelle Demessine et d’Isabelle Pasquet, Odette Terrade se taille un franc succès en déclarant : « Contre cette réforme injuste, nous sommes votre voix dans l’hémicycle ! »

15 h 30 : les trois présidents des trois groupes politiques de gauche du Sénat (CRC-SPG, socialiste, RDSE) donneront une conférence de presse commune. Nicole Borvo Cohen-Seat, Jean-Pierre Bel et Yvon Collin demanderont solennellement à cette ocasion la suspension des travaux du Sénat.

A suivre...


Voir les commentaires

« Les jeunes se mobilisent contre les casseurs d'avenir »

19 Octobre 2010, 22:55pm

Publié par PCF Villepinte

Social-Eco - le 19 Octobre 2010

 

Pierric Annoot,  secrétaire général du Mouvement jeunes communistes de France (MJCF): La priorité est bien de faire entrer tous les jeunes dans la bataille est donc de ne pas céder aux tentatives de division de la droite en rassemblant tous les lycéens dans l'action, tout en menant un débat politique de fond. 

 

 Le gouvernement dit que ce projet de loi est fait pour les jeunes. Quelle est votre réponse?

Pierric Annoot : En effet, depuis le mois d'avril Eric Woerth ne cesse de répéter que c'est pour les jeunes qui ont 20 ans aujourd'hui que cette réforme est faite.
Or une fois de plus ce qui est fait en notre nom est fait sans nous et surtout contre nous. En reculant l'âge de départ à la retraite, ce sont autant d'emplois en moins qui seront libérés et donc une aggravation du chômage des jeunes, qui culmine déjà à 25%. C'est donc une véritable aberration qui cache en fait un vrai mensonge. La droite dit vouloir sauver le système solidaire par répartition, mais sa réforme vise au contraire à pousser les salariés d'aujourd'hui et de demain à la capitalisation.
Alors que les conditions de travail se dégradent, que de nombreux salariés se retrouvent au chômage avant 60 ans, ou encore que l'accès au premier emploi stable pour les jeunes se fait aujourd'hui en moyenne à 27 ans, il s’agit donc de faire baisser le niveau de pension de chacun car les gens n’auront pas cotisé assez. Avec cette attaque, la solution qui va nous être présentée pour avoir une retraite digne c’est la capitalisation, pour nourrir les fonds de pensions et la spéculation qui nous ont pourtant menés à la crise et ont ruiné des centaines de milliers de retraités aux Etats Unis.
Ce que n'ose pas dire la droite c'est que cette réforme n'est pas faite pour les jeunes, mais pour les appétits financiers de la bande du Fouquet's et du Medef. Mme Parisot est d'ailleurs bien silencieuse en ce moment vu que ce sont bien les intérêts de ses amis patrons et actionnaires du CAC 40 qui seront satisfaits si cette réforme venait à passer.

Quel genre d'action menez-vous dans les lycées ?
Pierric Annoot : nos actions dans les lycées sont variées. La priorité est donnée aux discussions, aux interventions dans les classes et aux assemblées générales. Puis au passage au blocage lorsque celui ci est décidé par les lycéens eux mêmes, ou encore à des manifestations ou rassemblement dans des lieux symboliques. La priorité est bien de faire entrer tous les jeunes dans la bataille est donc de ne pas céder aux tentatives de division de la droite en rassemblant tous les lycéens dans l'action, tout en menant un débat politique de fond.

Comment garder la cohésion du mouvement face au gouvernement et aux éléments extérieurs ?

Pierric Annoot : le MJCF est l'organisation politique de jeunesse la plus présente dans les lycées. Dans tous les départements les camarades sont donc très mobilisés pour empêcher les forces de l'ordre de multiplier les provocations et la répression et les casseurs de s'introduire dans la mobilisation.
Cette droite a tellement humilié les jeunes, au point d’être en train de faire de nous une génération sacrifiée sur l'autel de l'argent roi, que l'envie d'en découdre est profonde. Au delà même de la question des retraites et du travail, c'est bien la question de notre avenir et du devenir de la société toute entière que les jeunes posent avec force dans cette mobilisation. Le racisme d'état, les expulsions de lycéens sans papiers, la répression, l'explosion des inégalités scolaires avec les réformes de la droite, la précarité qui rongent nos vies, alimentent une profonde colère. Au fond, on sent bien que ce qui se joue, c'est la question du choix de société qu'il y a derrière cette réforme et l'ensemble des politiques capitalistes, à savoir : concurrence contre solidarité, précarité contre sécurité, réponses aux besoins du marché contre réponses aux besoins sociaux.
Ce sont toutes ces questions qui se cristallisent dans ce mouvement et qui traversent notre génération. C'est bien ce qui fait peur à la droite et c'est donc pour cette raison qu'elle durcit le ton et la répression. Pour garder la cohésion il faut donc ne pas céder aux provocations et répondre par la détermination et la démonstration de force dans des mobilisations pacifiques.
Déjà pendant le CPE la droite organisait le désordre et cherchait l'affrontement pour discréditer le mouvement. La force de la politique a finalement triomphé sur la politique de la force.

On voit les jeunes communistes très actifs dans ce mouvement, comment voyez-vous la perspective du mouvement des jeunes, lycéens et étudiants dans les jours à venir?

 
Pierric Annoot : Les assemblées générales d'étudiants se massifient et les lycéens restent très mobilisés. Nous saurons déjouer ce piège de la violence que la droite essaie de nous tendre et massifier encore plus les mobilisations de jeunes. C'est ce à quoi travaillent au quotidien les jeunes communistes de manière unitaire et rassembleuse.
La colère est tellement profonde qu'elle continuera de s'exprimer. L'entrée des jeunes dans la lutte ces dix dernières années a toujours été bénéfique et porteuse de progrès, que ce soit contre le Pen en 2002, contre la guerre en Irak, les réformes du lycée, la constitution européenne ou encore le CPE. Les jeunes sont aujourd'hui profondément responsables et se mobilisent contre les casseurs d'avenir, et ils seront encore plus nombreux demain. Le mépris de la droite à notre égard ne la grandit pas, mais fait en tout cas grandir la mobilisation.

 

Demain  entretien avec  Leila Boubakeur, présidente de  La Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL)

Entretien réalisé par Abrahim Saravaki

Voir les commentaires

Réforme des retraites : le bras de fer continue !

19 Octobre 2010, 22:48pm

Publié par PCF Villepinte

Sénateurs du groupe CRC-SPG 
Par le groupe CRC-SPG / 19 octobre 2010
Depuis le 5 octobre et pour trois semaines, le Sénat examine à son tour la réforme des retraites. Cette discussion, parole de sénateurs communistes et du Parti de Gauche, n’aura rien de feutré ! Retrouvez ici un résumé quotidien des interventions et des actions venant de parlementaires mobilisés contre une réforme « totalement injuste » et qui se veulent à l’unisson de la protestation populaire.

C’est maintenant une certitude : le vote de la réforme des retraites ne pourra intervenir au Sénat au mieux que jeudi après-midi. Réunie en urgence par la majorité sénatoriale, la Conférence des Présidents a décidé de reporter à cette date le scrutin solennel sur l’ensemble du projet de loi.

« Dans le cas où le débat ne serait pas terminé dans le courant de l’après-midi du jeudi 21, précise la présidence du Sénat, la conférence a décidé de le poursuivre le soir et la nuit du jeudi et de siéger, éventuellement, sur ce même projet de loi le vendredi 22, le samedi 23 et le dimanche 24 octobre, le matin, l’après-midi, le soir et la nuit. Dans cette hypothèse, le scrutin solennel prévu jeudi 21 octobre serait organisé lors de la lecture des conclusions de la Commission mixte paritaire. » Bref, la majorité sénatoriale a décidé d’en finir coûte que coûte.

C’est que ce report constitue une nouvelle déconvenue pour le gouvernement. Celui-ci tablait en effet sur un vote des sénateurs dès mercredi. C’est raté, et l’on doit reconnaître que les sénateurs communistes et du Parti de Gauche ne sont pas pour rien dans ces prolongations. Depuis le 5 octobre, les 24 élus du groupe se relaient en séance publique et multiplient les interventions, si bien qu’ils comptabilisent à eux seuls 44 % du temps de parole (devant les élus socialistes, 39 %), alors qu’ils ne représentent que 7 % du total des sénateurs. Une superbe moyenne qu’ils comptent bien maintenir juqu’au bout de la discussion. Même si cela doit encore bousculer le calendrier prévu par le gouvernement...

Lundi 18, 10 h, début de la séance. Guy Fischer, d’emblée, donne le ton en étrillant les déclarations du Premier ministre et en renouvelant un appel au dialogue. « Monsieur le président, monsieur le secrétaire d’État, mes chers collègues, nous tenons à vous faire part de notre effarement devant l’intransigeance irresponsable manifestée par le Premier ministre François Fillon à l’occasion de son passage hier soir au journal télévisé de TF1. À son intervention aux forts relents de « thatchérisme », les salariés répondent, quelques heures plus tard, par une mobilisation forte et accrue. Cela prouve bien l’inefficacité de l’attitude du Premier ministre qui, jour après jour, entraîne notre peuple dans l’impasse. L’autoritarisme du chef du gouvernement, décidément droit dans ses bottes, doit laisser d’urgence la place à une véritable négociation. Madame la présidente de la commission des affaires sociales, depuis plusieurs jours, nous vous demandons de recevoir les organisations syndicales pour participer à la résolution de cette grave crise sociale. Il serait bon, en lieu et place de moquer la jeunesse qui se mobilise, de rencontrer aussi les organisations qui la représentent, car vous ne l’avez pas encore fait depuis le début de cette grave crise. Le dialogue est la voie du bon sens ; c’est d’ailleurs la seule voie possible pour répondre aux attentes de l’immense majorité de notre peuple, dont la colère ne doit plus vous échapper aujourd’hui. Persévérer dans la voie du passage en force est une erreur qui peut se révéler fatale. Pour le bien de notre pays, nous appelons la majorité à la responsabilité. »

La journée est marquée par de nouveaux blocages de dépôts de carburant. Et par de nouvelles tensions. A qui la faute ? A l’intransigeance du gouvernement, souligne Michel Billout. « Alors que la majorité de la population s’oppose à la réforme des retraites, qu’elle le fait savoir à travers des manifestations dont l’ampleur historique ne faiblit pas et des mouvements de grèves conséquents et prolongés certains préfets organisent des tentatives d’intimidation à l’égard de salariés grévistes, explique le sénateur de Seine-et-Marne. Après avoir fait le choix de rester sourd au mouvement populaire, le gouvernement et ses relais locaux que sont les préfets font le choix de porter largement atteinte au droit fondamental qu’est le droit de grève. J’en veux d’ailleurs pour preuve ce qui se passe dans mon département, la Seine-et-Marne, à la raffinerie Total de Grandpuits qui est en grève comme toutes les raffineries du pays... Hier matin le Préfet a pris un arrêté réquisitionnant les personnels de la raffinerie. La remise en cause du droit de grève et la pression policière actuellement exercée à l’encontre des salariés de la raffinerie de Grandpuits sont donc injustifiables. L’attitude du préfet est donc inqualifiable. Son arrêté doit être rapporté. Je suis bien conscient des grandes difficultés rencontrées par nos concitoyens face à la pénurie de carburant. Mais il faut regarder clairement les causes de la montée du conflit social ! Avec son autisme total, et maintenant le recours à la force, le gouvernement est responsable de cette situation ! »

La séance reprend à 14 h 30 ce mardi. Au programme : 403 amendements et la suite de l’examen de l’article 31 relatif à l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes. Avec cet article, le gouvernement envisage de taxer, mais faiblement et pas avant 2012, les entreprises de plus de 50 salariés coupables d’inégalités salariales entre les sexes. « Pourquoi cet article au milieu de la loi sur les retraites, s’étonne Annie David ? Le gouvernement devrait plutôt faire respecter les lois existantes sur l’égalité professionnelle. »

Comme lors de chaque journée de manifestations, une délégation des sénateurs du groupe CRC-SPG abandonnera l’hémicycle pour aller saluer les manifestants. Le rendez-vous est fixé cette fois en début d’après-midi, avenue des Gobelins dans le XIIIe arrondissement de Paris. Et comme d’habitude, les élus communistes et du Parti de Gauche emporteront avec eux leur célèbre banderole, sur laquelle ont peut lire : « Messieurs Sarkozy et Woerth, écoutez le peuple ! Retirez votre réforme ! » Un slogan plus que jamais d’actualité.

A suivre...


Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 > >>