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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Rassemblement le 4 septembre pour la République

6 Août 2010, 18:02pm

Publié par PCF Villepinte

Mobilisation contre les atteintes aux principes républicains, décident trente organisations.

 

 Le projet, sans aucune base légale, de déchoir certains Français de leur nationalité acquise par naturalisation, la stigmatisation des Roms et autres gens du voyage, l’amalgame entre criminalité et présence d’étrangers : les propos et les annonces faites par Nicolas Sarkozy coup sur coup à la fin de la semaine dernière sont d’une telle gravité que tous les citoyens attachés aux principes de la République doivent lui apporter une réponse éclatante, lui opposer un rejet sans appel.

Le mouvement est enclenché. Trente organisations politiques, syndicales, associatives se sont engagées à mener un débat national en plein été, à récolter des centaines de milliers de signatures sur une pétition citoyenne et à organiser un grand rassemblement sur un lieu symbolique, la place de la République, et à une date qui ne l’est pas moins, le 4 septembre, jour anniversaire du rétablissement de la République après l’effondrement du Second Empire, celui de Napoléon III, dit le Petit.

L’initiative de convoquer, dès lundi, une réunion d’urgence revenait à la Ligue des droits de l’homme. Son président, Jean-Pierre Dubois, déclarait le matin même dans les colonnes de l’Humanité que « nous sommes en présence d’un bond qualitatif sur le chemin de l’extrême droite ». « Nous ne pouvons laisser passer une telle remise en cause des valeurs républicaines. Cela concerne donc tous les républicains. »

C’est donc un front très large que les participants à cette première réunion ont voulu construire. Autour de la table, au siège de la LDH, étaient représentés notamment le PCF, le NPA, les Alternatifs, les syndicats Solidaires, le Syndicat de la magistrature, des avocats de France… Le PS avait envoyé un mail de soutien, la CGT et la FSU avaient envoyé des messages. Mais, au total, trente organisations se retrouveront dans cette iniative de sursaut républicain.

Représentant du Parti communiste, Éric Corbeaux estime que la marche vers l’extrême droite engagée par Nicolas Sarkozy n’est pas qu’une opération de séduction vers les franges les plus réactionnaires de l’électorat de droite, elle n’est pas qu’un nouvel avatar d’une tactique électorale pour éviter la Berezina en 2012. Face à une opinion qui ne lui fait plus confiance, plombé par l’affaire Woerth-Béttencourt, Nicolas Sarkozy cherche à se donner les moyens de réaliser ses réformes libérales, l’austérité, de faire aboutir sa réforme qui met fin à la retraite à 60 ans. Il cherche à se dégager un peu d’espace face à une opinion publique en colère et des salariés unis et mobilisés. Les arrestations de jeunes communistes collant des affiches, la désignation des Roms et de tous les gens du voyage à la vindicte populaire sur l’air éculé du voleur de poules, la brutalité policière contre des femmes et des enfants à La Courneuve, tout cela vise à créer un climat inquiétant dont on voit que l’enjeu n’est pas la sécurité des citoyens et la tranquillité dans les quartiers populaires.

La rentrée politique et sociale va être lancée sur les chapeaux de roue : rassemblement place le la République le 4 septembre, journée de grèves et de manifestations pour les retraites le 7 et début de la bataille parlementaire le 8… La trêve de l’été aura donc été de courte durée.

Jean-Paul Piérot

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La fête de l'Humanité 2010

6 Août 2010, 17:55pm

Publié par PCF Villepinte

-« 80 ans de Fête où chacun compte pour un »

  

La Fête de l'Humanité de Valère Staraselski. 176 pages, 32euros. La Fête de l’Humanité, 80 ans de solidarité. Éditions du Cherche-Midi. 

«C’est dimanche, jour de repos avec personne sur le dos. » Nous sommes le dimanche 7septembre 1930, et la première Fête de l’Humanité sort de terre. Déjà, le « quotidien des prolétaires français », selon l’expression de son directeur Marcel Cachin, a besoin d’être soutenu financièrement. Au-delà de la joie d’être ensemble et de la conscientisation civique et politique, qui sera déjà la marque de fabrique de ce rendez-vous, Valère Staraselski, auteur de la Fête de l’Humanité, 80 ans de solidarité, l’album publié spécialement à l’occasion de l’anniversaire de la Fête, décrit l’état d’esprit d’une classe ouvrière qui, travaillant dix heures par jour, sans vacances, découvre la Fête dans un état d’esprit particulier : « On peut être déconsidéré au sein de la société, la Fête de l’Humanité est alors un temps où chacun compte pour un. Il existe une permanence de la solidarité. » L’intérêt de l’ouvrage, qui se lit presque comme un roman, réside notamment dans la richesse des illustrations et documents d’époque, ainsi que dans la perspective qu’il donne sur la perception de la Fête dans et à l’extérieur des sphères militantes.

On découvre donc un lieu où les codes changent et où des pans invisibles de la société ont l’occasion de s’affirmer. « Autre fait marquant : lorsqu’on passe les frontières de la Fête de l’Humanité, on est dans un rapport d’immédiateté avec l’autre. » L’écrivain militant fréquente la Fête depuis plus de trente-cinq ans, il a ainsi vu la Fête changer avec la société, tout en conservant sa capacité à être « un lieu d’échanges sans frontières d’âge ou de milieu social. Il existe une volonté d’être ensemble autrement ».

D’autres tendances politiques ont elles-mêmes tenté de construire leur fête. Ce fut le cas avec la Kermesse aux étoiles, organisée par les anciens de la 2e DB ou de l’extrême gauche, « mais toutes ces tentatives échoueront ». En 1954, la solidarité internationale s’incarne avec la création de la Cité internationale, au moment où les luttes d’indépendance, soutenues par le PCF, prennent forme.

Dans les années 1960, tandis que les annonceurs commencent à arriver, l’historien raconte avec amusement qu’un marchand de pianos parvient à vendre huit de ses instruments pendant la Fête. « On a beaucoup parlé de la récupération de la Fête par le capital. On constate au contraire que si les marchands viennent, ce ne sont pas eux qui commandent. Ils viennent car le peuple est là. » Si l’on devait chercher l’autre fil rouge de ces huit décennies de Fête, il résiderait incontestablement dans cette volonté de réaliser l’union des forces de gauche. Du Front populaire au Front de gauche, en passant par l’Union de la gauche des années 1970. « Quelle que soit la situation, explique Valère Staraselski, il y a toujours cette volonté de surmonter les différences. »

Pour imprimer  le bon de commande cliquez ici

Lina Sankari

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Recul historique de l'emploi salarié en 2009

5 Août 2010, 20:39pm

Publié par PCF Villepinte

 

 

L'emploi salarié en France a reculé de 1,5% en 2009, pour atteindre "un niveau jamais observé depuis l'après guerre", selon les chiffres définitifs publiés jeudi par "Pôle emploi".

256.100 postes de travail ont été perdus en 2009, ramenant à un peu plus de 16 millions (16.287.700) le nombre de salariés des secteurs concurrentiels. Soit un niveau voisin de 1992, date de la précédente période récession économique en France, souligne Pôle emploi.

Le secteur industriel, dans lequel travaillent 19% des salariés français, a été le plus touché (-5,2%, soit moins 168.200 postes), suivi par le secteur de la construction, employant 9,1% de la population active, qui a perdu 2,9% d'emplois, soit 43.800 emplois, après onze années de hausse consécutive.

Le secteur tertiaire, qui représente 71,9% de la population salariée totale, a enregistré une baisse de 0,4% (- 44.200 postes), essentiellement dans la branche, "commerce, réparation d'automobiles et de motocycles".

Moindre recul de l’emploi féminin

Pour la première fois depuis 1993, l’emploi féminin chute en 2009 (– 0,7%, soit – 51 400 postes), mais résiste mieux que l’emploi masculin (– 2,2%, soit – 204 700 postes). La part des femmes dans l'emploi salarié continue ainsi de progresser (+0,4 point), atteignant 44,5% fin décembre 2009. Depuis 1981, cette proportion a gagné 7,6 points.

L’arc méditerranée-atlantique au-dessus de la moyenne nationale
En 2009, hormis la Corse (+1,7%), seule région à enregistrer une hausse de ses effectifs, toutes les autres régions perdent des emplois salariés. Huit régions enregistrent des pertes limitées par rapport à la moyenne nationale (– 1,5%) : Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Midi-Pyrénées (– 0,4% chacune), Aquitaine (– 0,7%), Basse-Normandie (– 1,1%), Limousin (– 1,2%), Bretagne et Ile-de-France (– 1,4% chacune). A l’opposé, les huit régions les plus touchées sont la Picardie (– 3,8%), la Haute-Normandie (– 3,0%), la Lorraine (– 2,6%), le Centre (– 2,3%), l’Alsace (– 2,2%), Poitou-Charentes, Champagne-Ardenne et la Bourgogne (– 2,1% chacune).

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Un ange gardien dans la lutte des classes

5 Août 2010, 20:33pm

Publié par PCF Villepinte

Après quarante ans d’une vie ouvrière engagée, sa révolte est intacte. Où qu’elle soit, Dominique se débrouille toujours pour tisser des liens humains vitaux. Depuis 2000, elle a choisi de devenir gardienne d’immeuble dans le quartier populaire des Glacis, à Belfort.

 

Dominique Bourgon

  Du haut du quinzième étage, Dominique Bourgon domine le quartier des Glacis à Belfort (90). Un des deux quartiers populaires de la ville. On aperçoit le château, les fortifications et un drapeau français planté au milieu. Le quartier des Glacis, Dominique l'a choisi. En 2000, elle est devenue gardienne d'immeuble. « Aux Glacis, il y a quelque chose d'authentique, de nécessaire, de fraternel. Les relations sont faciles. Les gens parlent sans fausses hontes. » Nécessaire, presque vital. Dominique a trouvé ce dont elle avait besoin : être indépendante et prendre le temps avec les autres, échanger, les écouter. Son travail regorge de missions : entretien des halls, état des lieux, signalement des pannes, contact avec les entreprises, suivi des travaux, gestion des problèmes de voisinage et ajoute-t-elle « avoir un œil sur les gens qui sont en détresse ». Dominique Bourgon aime « ce côté où ma vie est mêlée à ma vie professionnelle ». C'est que sa vie a toujours été ainsi.

A la fois révoltée et hypersensible, elle est l'aînée d'une famille ouvrière : son père, travailleur chez Peugeot et sa mère, femme de ménage dans un foyer de travailleurs immigrés. Elle naît en 1954 et grandit à Audincourt, petite ville au sud de Montbéliard. Au bout de cinq ans, la famille déménage à Bethoncourt, une cité-dortoir, cette fois au Nord de Montbéliard. Les souvenirs sont encore vivaces : « Les femmes et les enfants restaient dans la cité. Les hommes partaient le matin à l'usine. On aurait dit l'exode». En échec scolaire, plutôt retorse à l'autorité de professeurs conservateurs, Dominique part travailler à l'usine de filature à 16 ans. « C'était comme dans Elise ou la vraie vie. Il fallait pas traîner, il fallait pas aller pisser toutes les dix minutes », dit-elle d’un air malicieux, derrière ses grandes lunettes rondes. Dominique était postée le long des chaînes : enlever les bobines sales, les nettoyer et les déposer à nouveau sur la chaîne. Elle se décrit comme « déjà un peu teigneuse, toujours entrain de gueuler contre des conditions de travail dégueulasses ». A l'époque, elle était intérimaire : trois mois par-ci, trois mois par-là. Sans hésiter à tirer des tracts ou faire des grèves de quelques heures avec d'autres femmes.

 

Du cinéma à l'usine

 

Sensible aux idées « subversives », son sens de la rébellion est conforté par la rencontre avec des « copains Mao ». A peine âgée de 14 ans, en plein 68, c'est à la Maison pour tous de Bethoncourt qu'elle fait leur connaissance. « Heureusement qu'il y avait la politique. Ça m'a sauvé de la délinquance. Ça a permis à toute une génération de rêver d'un autre monde.» Car, à la maison, la parole circulait peu, voire pas dutout. « C'était assez violent », lâche-t-elle. Mais comme il faut bien gagner sa croûte, elle fait le tour des usines de la région : étiquetage de bouteilles de bière, déchargement de caisses, petits pois dans les boîtes de conserves, petits gâteaux brûlants dans les paquets, aiguilles d'horloge sous presses. « Le plus dur, c'était les cadences et le temps qui ne passait pas. C'est un sommeil physique et cérébral. Tu peux penser à rien. Tes yeux se ferment et ça te vide », dit-elle élégamment. A l'époque, du travail, il y en avait. Les jeunes affluent de la France entière. Et les immigrés, on va les chercher au pays. Des bus font la navette entre l'usine et les foyers de jeunes travailleurs. C'est dans un de ces foyers que Dominique rencontre son premier mari, lui aussi ouvrier chez Peugeot et activiste à la C.G.T. En 1971, à 17 ans, elle part vivre avec lui dans un logement, en face de l'usine de Sochaux. A ce moment-là, elle est caissière aux « RAVI », les magasins généraux propriété de l'usine automobile. La même année, avec un groupe d'ouvriers cégétistes et communistes, elle fait la connaissance de Bruno Muel, Théo Robichet et Mario Marret, des cinéastes du groupe Medvedkine, venus de Paris pour faire des films et témoigner des conditions de travail dans l'empire Peugeot. Elle apparaît la première fois dans « Week-end à Sochaux », un visage de poupée blonde rebelle, des lunettes aux contours noirs, la clope au bec. Trois ans plus tard dans « Le sang des autres » (1974) de Bruno Muel, elle est maman d'une petite fille et ses illusions socialistes en ont pris un coup. « Ce que j'aimais bien, se souvient-elle, c'était rencontrer des gens différents, des artistes. J'étais admirative .»

 

Des vies différentes dans les HLM

 

A Sochaux, dans le même groupe, elle rencontre Jean-Claude Bourgon, son deuxième mari avec qui elle vit aujourd'hui à Belfort. Lui aussi participe à l’aventure du cinéma direct. Tous les deux continuent à l'usine. Jusqu'au jour où ils tentent la vie à la campagne, dans le Haut-Doubs, en fabriquant des jouets en bois. S'en suit une caravane, la vie avec les gitans de Belfort. Finalement, lui trouve un travail de gardien dans un foyer de travailleurs immigrés, où ils occupent un logement. Ils partagent leur quotidien avec les travailleurs maghrébins. Et comme le cinéma n’est jamais très loin, Jean-Claude fait des petits films sur la vie du foyer. Il aide les hommes dans leurs démarches administratives. Il construit même avec un super barbecue. Militants syndicaux et adhérents au PCF, l'un et l'autre font à chaque fois correspondre leurs idées à leurs actes. En 2007, Dominique est élue conseillère municipale à la mairie de Belfort. Au même moment, ils arrivent au quartier des Glacis qui les plonge au cœur d'une cité. Plus grande que le foyer, ils y retrouvent la même ambiance collective. Partagent des moments forts comme la démolition des tours en février 2007, « quelque chose de terrible à vivre ». A force de rencontres, à force de contacts précieux avec les habitants et d'ateliers slam qu'elle anime avec les enfants du quartier, Dominique finit par prendre des notes. Elle écrit à partir d'une réalité, de belles fictions (1). « On croit toujours que dans les HLM, il se passe la même chose, que ça sent la choucroute et que la télé est tout le temps allumée. En fait, tout est différent, il y a tant de vies différentes. Ici aux Glacis, il se passe des choses étonnantes.» D'ailleurs, pas plus tard qu'il y a deux jours, leur appartement a été transformé en studio de cinéma pour tourner une séquence de quelques minutes. Une fiction de Cyril Mennegun. Les murs ont été peints en vert. « Ce sera l'occasion de refaire quelques aménagements», dit Jean-Claude avec un grand sourire. Non, il n'y a rien à faire. Décidemment, où qu'ils soient, Jean-Claude et Dominique seront toujours rattrapés par le cinéma.

 

Ixchel Delaporte

photo I.D

 

(1) Un film : « Le journal de Dominique » de Cyril Mennegun, 2006

et un livre : « Un sens à la vie », de Dominique Bourgon, éditions du Seuil, 2007

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Grippe A : les sénateurs accablent le gouvernement

5 Août 2010, 20:28pm

Publié par PCF Villepinte

 
Dans un rapport publié jeudi, la Commission d'enquête du Sénat sur la gestion de la grippe A, présidée par François Autain (Parti de Gauche), le gouvernement s'est "empêtré" dans des contrats "déséquilibrés", au grand profit des laboratoires.

L'Humanité met à disposition l'intégralité du rapport des sénateurs. Téléchargez-le ici. Selon les sénateurs, les contrats signés en juillet-août 2009 pour la production de 94 millions de doses de vaccin « se caractérisent par leur remarquable déséquilibre et par la légalité douteuse de certaines de leurs clauses ». Ils relèvent « l'absence de clause de révision » et « le transfert à l'Etat de la responsabilité des laboratoires du fait des produits défectueux ». Ils s'étonnent aussi de la « confidentialité des contrats », levée suite à la demande de journalistes. Le gouvernement n'a pas bénéficié non plus de certaines garanties, notamment sur l'efficacité et la sécurité du vaccin, et ne disposait que de calendriers de livraison « purement indicatifs », notent les sénateurs.

La commission estime que la stratégie du ministère de la Santé était « figée par les contrats passés avec les fournisseurs de vaccins », et, estime le rapporteur, « le gouvernement français n'a pas eu beaucoup de choix », se trouvant « enfermé dans une situation dont il n'a pu sortir que par la résiliation des contrats ». Des clauses « aux considérations excessivement commerciales » n'auraient pas dû être acceptées. Le rapport révèle que les contrats établis avec les fournisseurs de vaccins (Sanofi, Novartis, GSK et Baxter) n'ont pas rendu possible une réduction des commandes. La résiliation fut alors la seule issue possible, engageant d'importants dédommagements (de l'ordre de 48,5 millions d'euros). « Il n'est pas admissible que des autorités chargées d'assurer une mission de service public d'une importance vitale soient à la merci des fournisseurs de vaccins ».

Le rapport, rédigé par l’UMP Alain Milon, se félicite cependant que la France semble « avoir payé moins cher que d'autres » la résiliation partielle des contrats. Il estime d’ailleurs que les décisions prises en mai et juin d'achat massif de doses pour « parer à toutes les éventualités » étaient « justifiées ».

Une approche contredite par les membres de la commission appartenant au Groupe communiste et au Parti de gauche, qui ajoutent au rapport un commentaire critique : le gouvernement n’a « pas su prendre les bonnes décisions au bon moment » et n’a pas su procéder en temps utile aux « révisions nécessaires ».

Dès les premiers cas de grippe A, « la pandémie annoncée est devenue la pandémie attendue », note le rapport. Il faut dire que la communauté scientifique, par ses prédictions, donne l'impression de souhaiter la propagation massive du virus, reflétant une sorte de « désir de pandémie ».

« Les scénarios les plus pessimistes ont été privilégiés », notent les sénateurs d’opposition, parlant de « déni de réalité ». « Pourquoi certains gouvernements ont-ils cédé au chantage de l'industrie pharmaceutique alors que d'autres ont tenu bon ? », demandent-ils. Pour eux, il y a eu « surestimation constante du risque par le gouvernement ». Il est clair que, méconnaissant le principe de précaution, le gouvernement est tombé au plus profond du précautionnisme, ce nouveau populisme dénoncé dans L’inquiétant principe de précaution par Géral Bronner, interrogé ce matin sur France Inter. Dans le cas présent, cela a impliqué une « stratégie vaccinale surdimensionnée », une « dramatisation infondée de sa communication » et un grave « gaspillage des fonds publics ». La gestion de la grippe A (vaccins, antiviraux, communication...) aura coûté en tout 993 millions d'euros. Initialement estimé à 1,5 milliard d'euros, ce montant demeure incertain, selon le propre aveu de la Commission.  

Les sénateurs notent que « les généralistes ont particulièrement bien géré la réponse à apporter à la pandémie, et ils ont su rassurer leurs patients, évitant un engorgement du système de soins ». Mais « l'expertise française n'a pas su mesurer l'ampleur d'un phénomène qui s'est avéré bien plus limité que ses évaluations ne le laissaient penser ». A ce sujet, la Commission avance 38 recommandations. Elle préconise notamment une réforme du Haut Conseil de la santé publique ainsi qu’un élargissement du panel des experts aux « sciences humaines ».

 

L'OMS mise en cause

L’Organisation mondiale de la santé est quant à elle mise en cause pour son « opacité » et « son incapacité à gérer les conflits d’intérêts » entre ses experts et l’industrie pharmaceutique. « L'influence des laboratoires sur les recommandations de l'OMS apparaît dans le rôle donné à la vaccination comme réponse à une pandémie grippale », note la commission. Le rapport estime aussi qu'il est « difficile de comprendre » qu'une aussi vaste entreprise de santé publique « ait pu être organisée et préparée sans que les professionnels de santé soient étroitement associés à cette préparation ». Enfin, il s'est étonné que l'OMS ait modifié sa définition du mot pandémie peu avant la crise : « le critère de gravité », qui stipule qu'un grand nombre de décès doit être constaté, aurait été effacé « un mois avant le passage en phase 6 le 11 juin 2009 ». Les sénateurs ont toutefois préférer ne pas dénoncer explicitement une fausse pandémie.

M. Guiho

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Fiscalité : Lagarde donne un coup de main au BTP

5 Août 2010, 06:22am

Publié par PCF Villepinte

 

 

Le gouvernement va supprimer l'avantage fiscal et mettre en place dès 2011 un "outil unique" pour l'accession à la propriété. Surtout un joli coup de pouce aux promoteurs, quand le nombre de logements construits recule.

Cet "outil unique" prendra la forme d'un "prêt à taux zéro renforcé", qui sera "universel, c'est-à-dire sans condition de ressources, mais il sera réservé aux primo-accédants", explique la ministre. Cette aide sera "accentuée pour les faibles revenus, les zones géographiques d'habitation en forte tension et les achats dans le neuf", détaille la ministre.

Le nouveau dispositif devrait coûter 2,6 milliards d'euros par an, contre 2,8 actuellement. Soit une économie très marginale. Il devrait y avoir plus de bénéficiaires, assure la ministre, qui ne donne pas de chiffres.

Coup de pouce aux promoteurs

La mesure paraît plus un joli coup de pouce donné au bâtiment qu'une aide à se loger, quand sur les douze derniers mois, le nombre de permis de construire délivrés stagne comparé à la période juillet 2008-juin 2009, avec 424 000 autorisations.
De juillet 2009 à juin 2010, la construction neuve, qui représente près de 90 % des logements autorisés, est en effet en recul de 3,2 % par rapport aux douze mois précédents. Le gouvernemrent n'a sans doute pas été insensible aux arguments du BTP. Mais cette baisse cache en réalité deux éléments : si le secteur des logements individuels connaît lui une belle hausse (+ 6,8 %), c'est le nombre de mises en chantier de logements collectifs qui marque un net recul (- 7,8 %). Autant dire que les besoins en logement ne seront pas satisfaits avec ce type de mesure fiscale visant les classses moyennes accédant à la propriété.

 

Ce crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunt était l'une des mesures emblématiques du "paquet fiscal" voulu par Nicolas Sarkozy en 2007, avec le "bouclier fiscal" qui lui demeure. Les bénéficiaires actuels continueront de bénéficier du crédit d'impôt, qui dure cinq ans. Le gouvernement souhaite aussi "accélérer les mutations des propriétés immobilières et éviter la rétention des terrains à bâtir".

La ministre évoque deux pistes: rendre croissante dans le temps, et non plus décroissante, la taxe sur les plus-values de cession de maison et rendre "systématique" et non plus optionnelle, la majoration de la taxe foncière pour les terrains à bâtir, "afin d'inciter les propriétaires à construire ou à vendre".

 

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Eric Woerth à nouveau épinglé dans un scandale fiscal

4 Août 2010, 22:23pm

Publié par PCF Villepinte

 

Mercredi, le quotidien Libération révèle, sur la base d’un courrier de 2008 signé Eric Woerth, que l’ancien Ministre du Budget a personnellement obtenu un dégrèvement fiscal sur la succession du sculpteur César, sur demande d’Alain-Dominique Perrin, exécuteur testamentaire de l’artiste, connu pour son engagement – financier – à droite et auprès de Nicolas Sarkozy.

Libération publie ce mercredi 4 août des extraits d’une lettre d’Eric Woerth datée du 24 avril 2008 par laquelle, selon le quotidien, le Ministre ordonne l’abandon des redressements engagés par le fisc en 2000 à l’encontre de César Baldaccini et de la Société civile de l’atelier de César. A l’époque, dressant l’inventaire de la succession de l’artiste, la justice pénale avait répertorié 175 œuvres « non rapportées ». En 2004, 59 sculptures manquantes étaient retrouvées, et un rapport de la brigade de répression de la délinquance astucieuse (BRDA) concluait que les 116 autres avaient été « détournées et dissipées sciemment » par l’ex-compagne de César, Stéphanie Busuttil. Mais le non lieu fut finalement prononcé en 2006 par la justice pénale. C’est sur cette base que s’étaient alors engagées les négociations avec le fisc.

Dans un communiqué, le Ministère du Travail répond qu’Eric Woerth, dans son ancienne fonction de ministre du Budget, est ainsi intervenu « dans le respect du droit fiscal ». Interrogé par RTL, Bruno Le Maire, Ministre de l’Agriculture, dit « croire en l’honnêteté d’Eric Woerth ». « C'est quelqu'un que j'apprécie, il fait une bonne réforme des retraites et pour moi, c'est l'essentiel », a-t-il ajouté sur RTL.

Le journal Libération met pourtant des éléments factuels sur la table. Dans le courrier publié, le ministre aujourd’hui pris dans la tourmente de l’affaire Bettencourt écrit : « Il ressort de l’examen approfondi de ce dossier que, dans le cadre de la vérification de l’activité du sculpteur déployée par M. Baldaccini, le rehaussement opéré en 1998 au titre des œuvres manquantes ne peut être maintenu. (…) Ces décisions seront prochainement annoncées, dans les formes réglementaires ». A Libé de conclure qu’Eric Woerth « est donc bien intervenu, et ce en amont des services et des ‘formes réglementaires’ ». Le quotidien rappelle que le 27 juin, l’intéressé avait déclaré n’avoir « jamais empêché un contrôle fiscal »…

Selon Jack Lang, il était « dans son rôle ». « C'est un procès injuste à l'égard du ministre car il était dans son rôle. L'administration fiscale a un patron : il rend des arbitrages. Parfois l'application stricte du droit peut aboutir à des injustices. Les recours gracieux sont normaux », a souligné Jack Lang après avoir précisé qu'il parlait en son nom propre et non pour le parti socialiste.

Eric Woerth aurait en fait accepté de procéder à cette « révision du passif fiscal » car la demande lui en aurait été faite par Alain-Dominique Perrin. Si l’homme est l’exécuteur testamentaire de César, il est aussi et surtout un des invités du Fouquet’s et membre du « Premier cercle », l’association des grands donateurs de l’UMP. Comme le confirme son avocate, Me Chatain, « Alain-Dominique Perrin contribue, à titre personnel depuis trente ans, et ce de manière officielle, à l’UMP et aux différents partis qui l’ont précédé ». Rappelons qu'en 2008, Eric Woerth était trésorier de l’UMP (une fonction qu’il a quittée vendredi sur conseil de Nicolas Sarkozy). Logiquement, les deux hommes avaient intérêt à entretenir de bons rapports.

Les révélations de Libération tendent à prouver qu’Eric Woerth a déjà concédé des avantages fiscaux quand le réseau des donateurs du parti présidentiel étaient concernés. Le personnage d’Alain-Dominique Perrin rappelle alors inévitablement celui de Patrice de Maistre, l’homme de confiance de Liliane Bettencourt. Dans son éditorial qui accompagnait les révélations évènement de Libération, Fabrice Rousselot en a posé : « si Eric Woerth est intervenu dans la succession de César, pourquoi ne l’aurait-il pas fait au profit de la milliardaire ? ». Sur France Info, le député socialiste Bruno Le Roux a réclamé la nomination d'un juge d'instruction : « avec toutes ces affaires qui se rajoutent les unes aux autres", "il n'y a qu'une seule chose qui soit aujourd'hui valable, c'est la nomination d'un juge d'instruction qui puisse en toute indépendance instruire ces différents dossiers qui commencent à faire beaucoup ».

 

Mise à jour :

Selon Alain-Dominique Perrin, qui s'est exprimé mercredi à la mi-journée sur Europe1, la lettre publiée par Libération a été « tronquée». Il dénonce un « travail de faussaire», parlant de « couillonnades » ou de « bidouilles ». « J’ai rencontré Eric Woerth à peu près 5 minutes, comme j’ai rencontré d’ailleurs tous ses prédécesseurs (…) M. Woerth s’est contenté de donner instruction à ses services de suivre la procédure normale. (…). M. Woerth n’est pas intervenu personnellement, c’est totalement faux », a-t-il martelé.

Le ministre lui aussi s'en est pris avec virulence à Libération qu'il accuse de manquer de déontologie, de pratiquer la « tactique de l'amalgame, de l'insinuation et de la déformation des faits ».

En réponse, le journal a publié l'intégralité de la lettre sur son site web. « Nous maintenons intégralement nos informations et publions la lettre in extenso sur libération.fr », a dit à l'AFP François Sergent, directeur-adjoint de la rédaction de Libération.

Dans un second communiqué, le Ministère du travail tente de préciser sa version des faits. Si Eric Woerth, en tant que ministre du Budget, s'était saisi du dossier ce n'était que pour « entériner l'analyse de ses services » de l'époque et signer « un projet de courrier ». L'inventaire sur lequel se basait le redressement se serait révélé erroné : 38 et non 300 oeuvres seraient réellement manquantes. L'administration fiscale aurait alors réduit le montant du redressement initial, sur accords du Ministre.

M. Guiho

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Face à la xénophobie et à la politique du pilori : liberté, égalité, fraternité

4 Août 2010, 15:59pm

Publié par PCF Villepinte

Une avalanche de discours et d’annonces provocatrices s’est abattue depuis plusieurs jours sur notre pays. Jusqu’au plus haut niveau de l’Etat, on entend des propos qui étaient jusqu’à présent l’apanage de l’extrême droite.

mondial uneLe président de la République, lui-même, montre du doigt des communautés et des groupes sociaux entiers, stigmatise les Roms, les Gens du voyage, les étrangers, les Français qui ne sont pas « de souche », les parents d’enfants délinquants, etc. Ce faisant, il ne lutte en rien contre la délinquance, qui est répréhensible pour tout individu sans distinction de nationalité ou d’origine : il met délibérément en cause les principes qui fondent l’égalité républicaine, alors que déjà une crise sociale et économique d’une extrême gravité menace la cohésion de la société tout entière.

En quelques jours, les plus hautes autorités de l’Etat sont passées de l’exploitation des préjugés contre les Gens du voyage au lien, désormais proclamé, entre immigration et délinquance, puis à la remise en cause de la nationalité française dans des termes inédits depuis 1945. Ce qui est à l’œuvre dans cette démarche s’inscrit dans une logique de désintégration sociale porteuse de graves dangers.

Il ne s’agit plus du débat légitime en démocratie sur la manière d’assurer la sûreté républicaine, mais bien d’une volonté de désigner comme a priori dangereuses des millions de personnes à raison de leur origine ou de leur situation sociale. Quelle que soit la légitimité que confère l’élection, aucun responsable politique n’a reçu mandat de violer les principes les plus élémentaires sur lesquels la République s’est construite.

Parce que le seuil ainsi franchi nous inquiète pour l’avenir de tous, nous, organisations associatives, syndicales et politiques diverses mais qui avons en commun l’attachement aux principes fondamentaux de la République laïque, démocratique et sociale, rappelons avec force que l’article 1er de la Constitution « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion », et que toutes propositions qui méconnaîtraient cette règle fondatrice de la démocratie constituent une atteinte à la paix civile.

Nous n’accepterons sous aucun prétexte que le nécessaire respect de l’ordre public soit utilisé pour créer des distinctions entre les habitants de ce pays et désigner des boucs émissaires.

Nous appelons donc l’ensemble des citoyens de ce pays à manifester publiquement leur opposition aux stratégies de stigmatisation et de discrimination et aux logiques de « guerre » qui menacent le vivre ensemble.

A cet effet, nous proposerons dans les prochains jours à la signature en ligne un « Appel citoyen » refusant toute politique de la peur ou de la haine.

Et nous appelons à un grand rassemblement citoyen à l’occasion du 140e anniversaire de la République, le samedi 4 septembre Place de la République à Paris, à 14h00, et partout en France, pour dire ensemble notre attachement à la liberté, à l’égalité et à la fraternité qui sont et qui resteront notre bien commun.

Signataires : AC ! Agir ensemble contre le chômage, Les Alternatifs, Les amoureux au banc public, Association de défense des droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM), Association France Palestine Solidarité (AFPS), Association des Marocains en France (AMF), Association nationale des Gens du voyage catholiques (ANGVC), Association républicaine des anciens combattants (ARAC), ATTAC, Autremonde, Cedetim, Confédération française démocratique du travail (CFDT), Confédération générale du travail (CGT), La Confédération Paysanne, La Cimade, Le Cran, Droit au logement (DAL), Emmaüs France, Europe Ecologie, Fédération pour une alternative sociale et écologique (Fase), Fédération des associations de solidarité avec les travailleurs immigrés (FASTI), Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (FNARS), Fédération SUD Education, Fédération syndicale unitaire (FSU), Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), FNASAT-Gens du voyage, Fondation Copernic, France Terre d’Asile, Gauche unitaire, Groupe d’information et de soutien des immigrés (GISTI), Les Jeunes Verts, Ligue des droits de l’Homme (LDH), Ligue de l’enseignement, Marches européennes, Médecins du Monde, Le Mouvement de la Paix, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), le Parti communiste français (PCF), le Parti de Gauche, le Parti socialiste (PS), Réseau d’alerte et d’intervention pour les droits de l’Homme (RAIDH), Réseau Education Sans Frontière (RESF), SNESUP-FSU, SOS Racisme, Syndicat des avocats de France (SAF), Syndicat de la magistrature (SM), Union syndicale Solidaires, Les Verts.

 

 

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Sabrina Bousekkine, l'optimisme d'une jeune élue de la République

4 Août 2010, 06:46am

Publié par PCF Villepinte

Depuis 2008, cette jeune femme discrète et déterminée a endossé l’habit de représentante des Blanc-Mesnilois. Fervente partisane des centres sociaux et des maisons de quartiers, elle ne cesse de prôner l’absolue nécessité d’un maillage public et solidaire dans les banlieues.  

Sabrina Bousekkine, élue de Blanc-Mesnil

 Elle est l'enthousiasme politique incarné. Aux antipodes d'une vie politique française parfois bien morne, Sabrina Bousekkine relève, pourrait-on dire, de l'antidote. Élue adjointe au maire du Blanc-Mesnil, chargée de la jeunesse et des discriminations, elle sillonne les centre sociaux et les initiatives de quartier. Logique donc qu'elle donne rendez-vous à la Maison pour Tous Jean Jaurès du Blanc-Mesnil, là où elle doit inaugurer une mosaïque réalisée par les habitants du quartier des Quinze Arpents. « C'est une forme de reconnaissance, il me paraît normal qu'une élue de la République se déplace pour dire bravo

La chose politique, elle la pratique depuis peu. Une donnée imprévue dans son parcours d'étudiante et de mère de famille. Comme l'effet papillon, une série d’événements de la vie l'y ont progressivement conduite. Tout commence dans la ville communiste du Blanc-Mesnil. En 2000, Sabrina et son mari emménagent dans un F3 du quartier des Tilleuls. « Je venais tout juste de me marier. On s'est installé. Je ne connaissais rien de la ville.» Pendant six ans, elle mène de front ses études d'histoire à l'université de Paris 8, la naissance de son premier enfant et des petits boulots alimentaires. «C'était Mc Do, Carrefour et le capitalisme en force », résume-t-elle. Son mari, lui, est un journaliste algérien arrivé en France contraint et forcé. Pour gagner sa vie, il travaille comme déménageur, puis conducteur de cars à Roissy. Leur rencontre se fait à l'Union des Étudiants Algériens de France de l’université de Saint-Denis. « J'ai grandi dans un milieu très protégé. J'étais naïve. Du coup j'avais un appétit féroce de rencontres et de connaissances. A Paris 8, ça bouillonnait pour la cause palestinienne et la cause kurde. C'est là que j'ai vu la première fois un drapeau algérien. Il y avait beaucoup d'étudiants étrangers. C'est l'image de la France que j'aime

 

Des rencontres décisives à la maison des Tilleuls

 

Issue d'une famille kabyle, Sabrina grandit entre Paris et Bondy. « On vivait juste au-dessus du café de mon père. Mais pour mes parents, le grand luxe c'était de pouvoir s'acheter une maison en banlieue parisienne.» Ils déménagent en 1991 à Bondy, où Sabrina passe ses années de collège et de lycée. Une fois le cocon familial quitté, la vie d'adulte et de jeune maman prend le dessus. Des galères d'argent, des fins de mois difficiles, Sabrina goûte au quotidien d'une majorité d'habitants des quartiers populaires. « Pendant six ans, j'ai perdu confiance. Je postulais et je n'avais pas de réponses. C'était dur.» Lorsque son fils a six ans, la jeune femme l'inscrit au cours de judo de la maison des Tilleuls. Un premier contact avec son quartier. Plutôt timide et réservée, Sabrina finit par croiser des visages qui deviendront familiers. D’abord, celui de Fatiha Damiche, coordinatrice famille. « Je la croisais parfois dans le hall. Elle insistait pour que je vienne rencontrer d'autres femmes du quartier. Elle avait une telle écoute, une telle empathie que j'ai fini par y aller. » Déclic numéro deux : « Vu d'ici », le journal de la maison des Tilleuls. « C'était un bijou génial. Je me souviens des photos d'Absa et de Djura. J'étais impressionnée. Et je me suis dis que je ne pouvais pas passer à côté d'un truc pareil. Je voulais écrire dedans, moi aussi. » Sabrina arrive en pleine effervescence, au milieu d'un projet théâtral bien entamé « Le bruit du monde m'est rentré dans l'oreille ». Les femmes jouaient une pièce écrite collectivement. C'est Fatiha, la coordinatrice famille, qui fait « le trait d'union ». Très vite, on propose à Sabrina de reprendre le rôle d'Habiba, une femme voilée. « J'ai pris à cœur ce rôle parce que je trouve que l'on stigmatise trop facilement les femmes voilées. Je comprends les féministes qui crient au scandale mais j'ai envie de leur dire « n'ayez pas peur. Il n'existe pas qu'une seule raison pour porter le voile. Il faut gratter et essayer de comprendre. »

 

Réconcilier les jeunes des quartiers avec la politique

 

De la maison des Tilleuls à la politique, il n'y a qu'un coup de téléphone. C'était en 2008, avant les municipales. Didier Mignot, actuel maire de Blanc-Mesnil, contacte Sabrina pour lui proposer de figurer sur la liste communiste en tant que « personnalité blanc-mesniloise ». « L'enjeu c'était de garder la ville à gauche. J'ai dit oui. C'était enivrant de voir toute une machine, des hommes et des femmes bouger ensemble pour un même projet. Je ne comprenais pas tout mais je me retrouvais à côtoyer les militants du PCF. » A quelques voix près, Blanc-Mesnil reste communiste. En mars 2008, on lui propose un poste d'adjointe au maire, déléguée à l’adolescence, à la jeunesse et à la lutte contre les discriminations. « J'avais une responsabilité. J'ai appris sur la tas.» Le 4 novembre 2008, elle adhère au PCF, « c'est comme si tu t'inscrivais dans l'histoire, c'est une vraie fierté d'être militante communiste. Je le sais, je mourrai communiste. C'est une idée qui est tout sauf ringarde. Ca ne m'empêche pas d'avoir des avis divergents sur certains sujets ». Si Sabrina avait un objectif, ce serait celui de réconcilier « les jeunes issus de l'immigration » avec la chose politique. Elle se donne quatre ans : « S'ils restent en dehors de la bataille, il ne se passera rien. Quand on nous accorde un espace, il faut le prendre. Il y a eu des loupés dans l'histoire comme la marche pour l'égalité. Des gens sont restés à l'écart. Aujourd'hui, il faut prendre en considération ce que dit le Forum social des quartiers populaires. Il ne faut pas vivre l'affirmation identitaire comme une menace. Mieux vaut s'interroger sur les raisons qui font que ces jeunes ne se retrouvent pas dans les symboles de la République.» Et de prévenir : « J'espère que le parti ne loupera pas le coche ». A 30 ans, Sabrina Bousekkine croit à la révolution, dur comme fer. Elle croit aussi en la richesse humaine, aux relais sociaux : « Les quartiers populaires, ça bouge malgré la précarité, malgré les difficultés sociales ». Elle le répète souvent : « Le centre social, c'est ce qui m'a révélé, c'est grâce à lui que je me suis reconstituée, que je suis devenue… une élue de la République ».

 

Ixchel Delaporte

photo I.D

 

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L'indépassable stigmatisation des banlieues

4 Août 2010, 06:42am

Publié par PCF Villepinte

 

Depuis les émeutes de 2005, les médias, notamment télévisés, ne parviennent pas à traiter le sujet des quartiers défavorisés sans éviter les clichés de la violence, de la drogue et de la délinquance. Éternel fait divers, la banlieue garde cette image négative, à travers des reportages dans les profondeurs du "9.3".

"Guérilla urbaine", "Explosion de violence", les banlieues devenues des "zones de non-droit". Une population "sous le choc", "traumatisée", des habitants "excédés". Cinq ans après les émeutes de 2005 qui avaient commencé à Clichy-sous-Bois, les mêmes scènes, transposées à Grenoble, circulent toujours sur les écrans de télé. La banlieue stigmatisée par les médias, la critique est presque devenue un lieu commun. En particulier à la télévision ou dans les journaux "populaires" (Le Parisien, France soir, Paris-Match), qui se cantonnent à un traitement faits divers, sans aborder le fait social. Au lendemain des événements de Grenoble, Le Parisien fait naturellement sa Une sur "l’Isère au cœur des faits divers" avec une double page titrée "Flambée de violence dans la région de Grenoble". TF1, France 2 ou les chaînes d’information en continu diffusent des reportages, au goût de déjà-vu, exclusivement factuels. Les JT expliquent le dispositif policier mis en place, l’arrivée de Brice Hortefeux ou encore le sentiment des habitants, "sous le choc de la violence de ces derniers jours".

Mais depuis quelques temps, le monde journalistique semble aussi se rendre compte que la banlieue n’est pas seulement habitée par des jeunes délinquants qui brûlent des voitures. S’agit-il d’une réelle évolution sur la manière d’aborder le "problème" des banlieues ? La sociologue Julie Sedel, auteure des Médias et la banlieue, en 2009, estime que l’on n’a pas encore assez de recul pour l’évaluer de façon définitive mais elle remarque la capacité de certains médias à intégrer la critique : "On en arrive à un traitement qui se veut plus « compréhensif » des quartiers, plus sociologique".

Stratégie de communication ? "Cela semble plutôt s’inscrire dans une volonté des rédactions de tirer leur épingle du jeu sur un terrain devenu incontournable, explique Julie Sedel. La compétition entre les médias et les journalistes sur le traitement des banlieues s’est déplacée". Par rapport aux années 2000, où le "journalisme de banlieue" était considéré comme un sujet embarrassant, les rédactions communiquent et veulent montrer qu’elles font du bon travail, sur un sujet qui fait désormais figure de marronnier. "La définition du « bon travail », se résumant souvent à proposer un traitement « équilibré » (le négatif et le positif NDLR) de ces territoires", explique-t-elle. Une option confirmée par Antoine Guélaud, directeur de la rédaction de TF1. Même si "la réflexion éditoriale sur les banlieues existe en permanence à TF1" et que selon lui il n’y a pas eu de changement radical depuis 2005, la rédaction souhaite "appréhender l’aspect positif, les initiatives dans les banlieues" pour éviter l’accusation de sensationnalisme. Au service société qu’il dirigeait entre 1998 et 2008, il a été décidé de confier à un ou deux journalistes la spécialité des quartiers dits "difficiles".

"Venir à Saint-Denis, c'est un peu l'aventure."

Pourtant, cette année encore, on a pu voir une kyrielle de reportages et d'"enquêtes inédites" sur le trio banlieue-drogue-violence. A travers notamment un traitement magazine des banlieues, où le journalisme "de terrain" et le temps passé "en immersion" avec les différents acteurs des quartiers sont mis en avant. L’essai est souvent maladroit. "Mon voisin est un dealer", reportage diffusé dans le cadre de l’émission "Haute Définition" sur TF1, revendique une vision neuve, "impossible à filmer avec une caméra". La journaliste est fière d’avoir pu établir les contacts nécessaires à une vision "interne" de la "réalité" des banlieues. Le présentateur explique que l’équipe a passé trois mois sur place. Mais le reportage nous livre une version toujours caricaturale de jeunes qui traînent dans les halls d’immeubles. L’émission a d’ailleurs été vivement critiquée par des associations de quartier. "L’Académie des banlieues" a décerné un "prix de la manipulation" à ce reportage qualifié de "mensonger". L’expérience d’Harry Roselmack en banlieue ("Derrière les murs de la cité") semblait plus prometteuse (voir la vidéo). Installé dans un appartement à Villiers-le-Bel (dans lequel finalement il n’a pas résidé), il nous livrait quelques portraits sans tomber dans le sentimentalisme, privilégiant les entretiens avec les citoyens plutôt qu’avec les autorités. Mais le reportage semble milimétré, mis en scène, tandis qu'Harry Roselmack n'aurait finalement pas résidé dans l'immeuble en question.

M6 n’est pas en reste : "Ici tout le monde deale", assure un habitant de Sarcelles en septembre 2008 (vidéo). De même, "Les nouveaux rois du 93" dans l’émission "Enquête exclusive", diffusée le 28 mars 2010 : "Venir à St-Denis, c’est un peu l'aventure". On veut y présenter "le Saint-Denis qui gagne" mais on met en avant les problèmes de la cité. Insalubrité, chômage et drogue, "Ici, ce sont toujours les petits caïds qui font la loi". Quand la nuit tombe, seuls traînent les dealers et les crackers, ils prennent possession des rues et des immeubles." (voir la vidéo en quatre parties)

Et pourtant, faut-il le rappeler ? Les banlieues ne sont pas que des coupe-gorges, mais aussi des lieux de melting-pot culturel où se tissent des liens de solidarité. L’émission "Teum Teum" sur France 5 invite une personnalité à visiter une ville de banlieue. On tombe parfois dans le travers inverse avec une vision un peu "bisounours" mais elle a le mérite d'exister (vidéo :Geneviève de Fontenay à Veaux-en-Velin). C’est aussi ce qu’essaient de montrer des associations et médias de quartier qui œuvrent à la reconnaissance des quartiers : le Bondy Blog, créé à la suite des émeutes de 2005, l’agence de presse Ressources urbaines ou l’association Presse et Cité. Leur présence et leur militantisme montrent tout de même qu’il y a encore du chemin à faire avant une vision juste des quartiers populaires. "Il ne s’agit pas non plus d’être angélique, concède Antoine Guélaud de TF1, on veut montrer une photographie de la « réalité » dans sa complexité, avec ce qui va et ce qui ne va pas." Attiser la peur des téléspectateurs reste encore ce qu’il y a de plus vendeur à la télévision.

Sarah Masson

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