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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Youcef Tatem, une vie de cinéma populaire et engagé

13 Août 2010, 07:19am

Publié par PCF Villepinte

 

Son militantisme syndical et son amour du cinéma ont guidé son parcours. Youcef chemine dans un cinéma militant, direct et utopiste né des grandes grèves ouvrières historiques des années 60. Pour lui, le septième art est devenu un outil d’éducation populaire et d’émancipation sociale.

Youcef Tatem

Nous avions rendez-vous une première fois au début du joli mois de mai, devant le Magic cinéma, à Bobigny. Et puis Youcef Tatem avait décommandé. « Je dois en urgence me rendre au procès d’Ali, un épicier d’Epinay-sur-seine qui a été tué en 2006. Je vais témoigner. C’est important », m’expliquait-il au téléphone. Nous avions donc décalé. Cette fois, le rendez-vous était pris au parc de la Bergère, toujours à Bobigny. En arrivant, Youcef dit son attachement à ce coin de verdure où les habitants de la cité d’à côté viennent se détendre. Ancré en Seine-Saint-Denis, il fait souvent référence à deux villes : Noisy-le-Sec et Bobigny. La première est celle de l’enfance. C’est là qu’il débarque d’Alger, en 1950 à l’âge de quatre ans, avec ses parents. « C’était rue Henri Barbusse je m’en souviens. Dans la même rue, il y avait un café où j’ai été circoncis. C’est des choses qu’on n’oublie pas… » Son père fait toutes sortes de métiers : cafetier, cordonnier, ouvrier. Sa mère, elle, fait des ménages. Les parents se séparent et sa mère s’installe avec les trois enfants dans un appartement, rue de l’Union, au-dessus de la P.M.I. « Ma mère avait beaucoup d’amis dans les cités mais elle ne souhaitait pas que ses enfants y habitent. Mais j’allais souvent dans la cité pour voir la télé. C’était chez le père Guder, un tunisien. Je regardais Jaqcou le croquant en épisodes ! ». Sa toute première rencontre avec le cinéma, Youcef la fait remonter à l’âge de cinq ans, quand son père tenait un bistrot à Goussainville. « Il tirait le rideau, installait un drap et projetait des films des années 50.» Et puis, à Noisy, ça fourmillait de cinémas : le Rialto, l’Eden, le Trianon, le Casino… « Je m'asseyais sur les marches, à côté du cinéma. Je disais à la caissière que j'attendais quelqu'un. Et puis j'écoutais les dialogues. C'était Samson et Dalila, je m’en souviens très bien. » Les souvenirs précis d'ambiances de projection plutôt folklo : « On mangeait des cacahuètes en commentant les films. C’était le bordel, le côté populaire du cinéma à la Fellini »

 

Les jolies colonies de vacances

 

L’enfance est ponctuée par le rythme de l’école mais aussi et surtout par celui des vacances. Car Youcef fréquente assidûment les colonies de vacances organisées par la ville. C’est là qu’il fait la connaissance du directeur de la colonie, André Vagneron. « On allait à la Chapelle-en-Vercors, on rencontrait des bergers, on marchait beaucoup, on fléchait les GR. Je me souviens en 1958, j’avais 12 ans. Je trouvais un soir des moniteurs qui s’apprêtaient à coller de grandes affiches. Il y avait marqué NON. C’était pour le referendum de De Gaulle. » A 16 et demi, Youcef devient à son tour moniteur et s’investit dans l’animation. Les auberges de jeunesse d’abord, où les ados participaient à des chantiers de reconstruction. « On allait au théâtre de l’Odéon voir des pièces de Gatti et au ciné-club en 16 millimètres, dans les locaux de la Bourse du Travail. » Avec son verbe fluide et sa mémoire parfaite des noms et des années, Youcef pointe l'incontournable été 67. Alors animateur à la Chapelle-en-Vercors avec Vagneron, Youcef y fait la connaissance d'un certain Pol Cèbe qui vient y passer quelques jours avec ses enfants. « Cèbe était un mec très sérieux. Il m'a plus parlé plus de cinéma que de la grève qu'ils avaient mené à Besançon.» Youcef prend connaissance de la grève historique des ouvriers de la Rhodiaceta, menée en décembre 67 à Besançon, dont Pol Cèbe syndicaliste de la CGT et responsable de la bibliothèque de l'usine est un des leaders. Une grève filmée par le cinéaste Chris Marker dans « A bientôt j'espère » (1967). C'est le début d'une forte amitié et d'une longue collaboration autour du cinéma militant et des groupes Medvedkine. « Les choses étaient simples. Je me suis retrouvé à aller à Besançon et à Clermoulin, où Cèbe s'occupait du Centre de Culture et de Loisirs des usines Peugeot de Sochaux. Je rencontre aussi René Berchoud, fondateur avec Cèbe, dans un faubourg ouvrier de Besançon, du Centre Culturel Populaire de Palente Les Orchamps. » Un vrai repère d'agit-prop.

 

16 millimètres et 24 secondes image

 

En juin 68, âgé de 22 ans, Youcef adhère au Parti communiste. Et rencontre ainsi des syndicalistes de la CGT à Noisy, comme Jean Thuizat et Jacky Sarrabeyrouse. Il se retrouve à donner des cours d’alphabétisation aux travailleurs algériens dans des hangars près de la mairie. A cette époque, le cinéma commence à prendre de plus en plus de place dans sa vie. Le ciné-club de Noisy est sur le point de fermer. Qu’à cela ne tienne. Il décide avec les cégétistes de le reprendre. Il s’appellera le « 16/24 ». « C’est Jacky qui a trouvé le nom : 16 millimètres et 24 secondes image. » La programmation allait de Jean Renoir à Pierre Prévert en passant par Claude Autant-Lara et Bernard Paul. Relais militant de la première heure, Youcef y diffuse aussi les films du groupe Medvedkine, les films militants cubains et les ciné-tracts faits à Besançon. « On avait près de 400 adhérents. La culture, c'était un enjeu énorme. C'est par là qu'on touchait les gens et qu'on les amenait à parler politique. » Youcef fait partie de cette « mayonnaise ». « On se lie d'amitié, d'un coup de bagnole on va à Clermoulin. On rencontre Colette Magny, Francesca Solleville, Suzanne, syndicaliste et personnage principal du film « Classe de lutte » ». Jusqu'à participer lui-même à « Week-end à Sochaux » (1971) où il joue un ouvrier marocain. « Je reçois un coup de téléphone de Cèbe qui m'explique que les ouvriers marocains ont peur de tourner une scène et d'apparaître à l'écran. Il me demande de venir avec quelques copains pour les remplacer. J'avais dit aux copains : allez on va à la campagne pour faire du cinéma... »

Dix ans après son adhésion au Parti, Youcef Tatem le quitte: « Je ne regrette pas mais j'en avais marre d'avoir toujours raison... », résume-t-il. Son engagement politique se poursuit en devenant à son tour directeur de MJC dans différentes villes de la banlieue parisienne. Sur la situation des quartiers populaires, sur les révoltes récurrentes, Youcef explique que tout part en général d'un désir profond de justice. Et qu'il est bien temps d'apprendre à vivre ensemble autrement.

 

Ixchel Delaporte

photo I.D

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Discriminations: la France clouée au pilori par l'ONU

13 Août 2010, 07:14am

Publié par PCF Villepinte

 

Particulièrement attaquée sur le sort des quelque 15.000 Roms du pays après l'annonce par le président Nicolas Sarkozy fin juillet de l'évacuation de camps illégaux et l'expulsion de Roms vers la Roumanie et la Bulgarie, la délégation française a expliqué jeudi que, selon le traité d'adhésion à l'UE de ces deux derniers pays (membres de l'Union européenne depuis 2007), il est possible de maintenir certaines restrictions de circulation durant 7 ans à l'encontre de leur ressortissants.

De vives critiques faites à Genève par les experts du Comité pour l'élimination de la discrimination raciale de l'ONU (CERD) qui ont dénoncé "une recrudescence" des actes racistes dans le pays des droits de l'homme.

Quant au renvoi des Roms dans leur pays d'origine, il est également "conforme", selon Paris, au droit européen qui stipule que tout Etat peut mettre fin au séjour d'une personne sans emploi et qui constitue un poids social. "Toutes les mesures sont prises dans le cadre de départ volontaire assorti d'une aide humanitaire", a insisté une responsable du ministère français de l'Immigration, Frédérique Doublet.

Pour les gens du voyage, une population en majorité française de plus de 300.000 personnes, des modifications de la loi datant de 1969 sont à l'étude, a ajouté la délégation française. Elles concernent notamment la question du visa de circulation devant être tamponné tous les trois mois par la police et celle du droit de vote, jugés très discriminatoires par les ONG.

Sur la question également d'actualité de la déchéance de la nationalité française qui a provoqué l'ire de nombre d'experts mardi, elle a en revanche botté en touche, estimant impossible de commenter un projet de loi dont les contours n'ont pas été encore définis.

Enfin, la France a réaffirmé la spécificité de son droit concernant les minorités, qu'elle refuse de reconnaître spécifiquement, faisant primer le principe fondamental de l'égalité de traitement pour tous.

 

 Les 18 experts du comité qui n'ont pas mâché leurs mots pour s'inquiéter du traitement fait aux gens du voyage ainsi qu'aux Roms. Ils ont dénoncé le débat sur l'identité nationale, instauré par le gouvernement, ainsi que la déchéance de la nationalité pour des criminels d'origine étrangère réclamée par le président Nicolas Sarkozy fin juillet.

"Ce qui manque en France c'est une vraie volonté politique", a relevé mercredi le Rapporteur spécial de la session, l'Américain Pierre-Richard Prosper. Une situation très préoccupante, selon les experts, d'autant que la France est confrontée à une "recrudescence notable du racisme et de la xenophobie", a relevé l'expert togolais, Ewomsan Kokou. Les ONG, qui dénoncent "une régression (...) vers une rupture de l'égalité de traitement" dans l'Hexagone, se sont félicitées. "La France a été mise sur le grill" comme jamais auparavant, a estimé Malik Salemkour de la Ligue des droits de l'homme.

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Retraitons juste !

13 Août 2010, 07:08am

Publié par PCF Villepinte

Tout l’été, le PCF fait signer une pétition contre le projet gouvernemental http://www.pcf.fr/spip.php?article4895

A quelques semaines de l’examen à l’Assemblée nationale de la réforme des retraites voulue par le gouvernement, le PCF multiplie les initiatives contre ce projet injuste, inefficace et qui trahit notre modèle social. Le PCF appelle tous les hommes et toutes les femmes à se mobiliser cet été pour montrer leur détermination à refuser cette réforme que l’on tente de nous imposer par tous les moyens. Le 7 septembre, lors de la journée intersyndicale, les communistes seront mobilisés, dans la rue, pour faire échouer la réforme des retraites et pour dire non au gouvernement. La mobilisation contre le projet gouvernemental s’amplifie. Aux côtés des syndicats, soyons des millions à rejeter ce projet et à défendre une alternative crédible et juste.

Tout l’été, à la Fête de l’Humanité et jusqu’à la fin du débat, les communistes font signer la pétition « Pour une réforme des retraites juste et efficace, une proposition de loi alternative », soutenant la proposition de loi déposée par les député-e-s communistes, républicains, du Parti de Gauche. Les premières pétitions seront déposées à l’Assemblée Nationale, dans l’Hémicycle, le 7 septembre.

Pour signer la pétition en ligne, rendez-vous sur le site du PCF - http://www.pcf.fr/spip.php?article4895

« La réforme des retraites proposée par le gouvernement est un véritable coup de poignard contre le modèle social français. Injuste, mais aussi inefficace, ce sont les salariés déjà durement touchés par la crise qui vont la payer au prix fort (22,6 milliards d’euros) alors qu’une fois de plus, le capital est épargné (4,4 milliards d’euros). Ce projet ne reglera rien. Il s’inscrit dans la lignée des mesures d’austérité mises en place par l’Union européenne : une véritable capitulation devant les marchés financiers et l’amplification d’une politique d’austérité qui nous enfonce dans la récession. Il est possible de faire autrement. Les député-e-s communistes, républicains et du Parti de gauche ont déposé une proposition de loi qui, tout en rétablissant la justice sociale, assurerait également un financement dynamique du système de retraite. Elle repose sur 3 piliers : désintoxiquer notre économie de la finance, favoriser l’emploi et les salaires et promouvoir la justice sociale. »

Parti communiste français,

Paris, le 4 août 2010.


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La majorité en « guerre », les syndicats en lutte

12 Août 2010, 07:45am

Publié par PCF Villepinte

     

    Le gouvernement présentera le 7septembre son projet de loi sur la sécurité intérieure devant le Sénat. Une démarche politique qui vise à occulter la grève nationale sur la réforme des retraites convoquée le même jour.

    «C’est partout le bruit des bottes», chantait Jean Ferrat. Désormais, «à l’offensive» et «sur tous les fronts», comme l’a indiqué lundi Brice Hortefeux à Bobigny, la majorité est bien décidée à mener à bien la «guerre nationale contre l’insécurité» qu’elle a déclarée à Grenoble, le 30 juillet dernier. Son arme ? Le projet de loi de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi), qui sera présenté le 7 septembre aux sénateurs. Cette initiative sera accompagnée d’une série d’amendements et de mesures proposés par le gouvernement, comme l’a promis Nicolas Sarkozy. Il s’agit notamment d’étendre le port du bracelet électronique, d’appliquer des peines incompressibles de trente ans pour les assassins de représentants de force de l’ordre, ainsi qu’une déchéance de la nationalité française des délinquants d’origine étrangère. Le député UMP Éric Ciotti, élu de Nice, a ajouté la responsabilisation pénale des parents de mineurs délinquants pouvant aller jusqu’à 30 000 euros d’amende et deux ans de prison. 

    La surenchère d’Hortefeux

    Dans cette hystérie répressive, Brice Hortefeux s’est prononcé pour que la déchéance de la nationalité soit appliquée, en plus des polygames, aux personnes impliquées dans des affaires d’excision, de traite d’êtres humains ou coupables « d’actes de délinquance grave ». Le même jour, au Sénat, Éric Besson défendra, lui, son projet de loi sur l’immigration. Ce rendez-vous institutionnel ne laisse rien au hasard quant au choix de la date sur le calendrier : le 7 septembre est également le jour qu’ont choisi les centrales syndicales (CGT, CFDT, CFTC, Unsa, FSU, Solidaires et FO) pour appeler à la grève contre l’abolition de la retraite à 60 ans. Nul besoin d’être fin politique pour voir qu’il s’agit là d’une manœuvre de diversion de la part du gouvernement, qui tente ainsi d’éclipser la mobilisation sociale sous l’épouvantail sécuritaire. De plus en plus contesté de par son rapprochement avec les élites économiques et de par ses excès d’opulence, le pouvoir semble essayer d’échapper à la colère populaire par un engouffrement immodéré sur le thème de la répression. Un « écran de fumée » qui lui sera difficile de maintenir, tant les contestations à son égard se multiplient . Rapellons que pour Lefebvre « les étrangers sont un problème » tandis que pour Estrosi entre « Français ou voyou, il faut choisir ». Des déclarations qui ont suscité l’indignation quasi générale. Dans leur obstination, le chef de l’État et son gouvernement risquent d’anéantir le pacte républicain et de libérer l’espace politique aux idéologies les plus sombres.

    Loïc Ramirez

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A Barbès, les mille et un visages du Ramadan

12 Août 2010, 07:39am

Publié par PCF Villepinte

 

 

 

Le ramadan 2010, temps fort de l'islam, a commencé mercredi matin en France, marquant le début d'un mois de jeûne du lever de l'aube au coucher du soleil pour plus de cinq millions de musulmans.

Reportage de Barbès à Saint-Ouen, à la rencontre de tous ceux qui vont dès aujourd'hui entrer dans la période du mois sacré. Dans une rue adjacente du boulevard Rochechouart (18ème), une bande de jeunes prennent le soleil à la terrasse du leader mondial des fast-food, lunettes solaires, casquette et nonchalance en bandoulière. Mais ils abandonnent bien vite cette douce torpeur aussitôt le sujet du Ramadan évoqué. Paradoxalement, c’est chez ceux qui, comme Mohamed, 25 ans,  ne feront pas nécessairement le jeûne que la défense d’un Ramadan fait dans les règles de l’art est la plus forte. « Le Ramadan, c’est d’abord quelque chose de religieux, explique-t-il. Le jeûne sans la prière, ça n’est pas valide. ». Pourtant, Mohamed ne compte pas faire le Ramadan ; il l’a fait, plus jeune, mais au moment de la post-adolescence, « on se disperse », comme il le confesse. Il y reviendra, sans aucun doute, plus tard. Comme Sam ou Sada, la vingtaine, qui travaillent respectivement dans la restauration et dans l’immobilier. Avec la maturité, la spiritualité grandit ; si donc le Ramadan s’inscrit d’abord dans une pratique familiale et culturelle, celle-ci se transforme chez certains en véritable profession de foi, au cours d’un cheminement personnel.

A Mohamed qui s’interroge sur le rôle de la pression sociale dans la pratique du carême, Sam rétorque vivement : « Le Ramadan, tu ne le fais pas pour les autres, tu le fais pour toi ». « Tu le fais pour Dieu », se corrige-t-il. Tous trois ont à cœur de revenir à la définition fondamentale du musulman : « Etre musulman, c’est respecter les cinq piliers de l’Islam ; ça ne sert à rien de faire un Ramadan à la carte, en choisissant la facilité, et en dissociant le jeûne et la prière. Si tu ne le fais pas correctement, tu ne seras pas absout de tes péchés ». Pour Mohamed, il y a de l’opportunisme de la part des média  à s’intéresser à l’Islam une fois par an, au moment du carême, ou quand les voitures brûlent dans les quartiers chauds. Chez une partie des musulmans aussi, d’ailleurs, qui ne font vivre leur identité qu’au moment du Ramadan. « Le Ramadan, c’est un rappel de la conduite à tenir tout au long de l’année pour être en accord avec soi-même et avec Dieu », rappelle-t-il.

« Faire le jeûne, les prières, c’est être dans le vrai », Sada

Cette défense farouche d’un Ramadan authentique , portée par des jeunes dont la foi est encore vacillante ou confortée au fil des ans, tranche avec la souplesse pratiquée par certains musulmans adultes envers l’exercice des prières, notamment.                                

C’est le cas d’Abdul, 53 ans, originaire du Mali, croisé sur un banc en compagnie de Bechir, 57 ans, maître cuisinier. Abdul est arrivé en France en 1976, après avoir suivi des études de philosophie à l’université d’Etat de Moscou (МГY) ; il est aujourd’hui infirmier-ambulancier. Il ne revendique pas le titre de musulman pur et dur mais enracine son identité dans l’histoire culturelle de son pays d’origine : « Je suis accidentellement né dans un pays musulman, mais cette identité musulmane est le fruit de colonisations successives. A la base, le Mali est un pays animiste. Etre musulman est un héritage familial. ». Pour autant, Abdul a la foi, « en dépit de mes études de philosophie ! ». Sa pratique du Ramadan sera adaptée aux horaires de son métier. Il compte donc choisir quelques jours pour pratiquer le jeûne, « un peu au hasard, le premier, le troisième, le septième, le dernier, etc ». Il est nécessaire d’observer le jeûne pendant tout le mois saint afin d’être absout de ses péchés. Et tant pis pour Abdul si aucun des ces jours ne correspond au jour sacré choisi par Dieu, mais inconnu des hommes, grâce auquel le musulman connaît cette rédemption. « Alors, tout aura été vain », philosophe-t-il. Pour ne pas manquer ce jour, il est nécessaire d’observer le jeûne pendant la totalité du mois. Abdul insiste alors sur l’importance du chemin parcouru pendant le Ramadan, qui vaut peut-être plus que le résultat obtenu, et résume la démarche du croyant: « On avance à tâtons ».                                                                        

Aux Délices de Micha, boulevard de la Chapelle, Nina, 18 ans, témoigne dans une atmosphère sucrée et enivrante de pâtisseries orientales : « Je suis pratiquante, je prie toute l’année, je vais donc jeûner et prier pendant un mois, tout en continuant à travailler d’arrache-pied ». En effet, la pâtisserie ne désemplit pas pendant la période du Ramadan, et Nina ne compte pas ses heures. Mais elle a la foi et ne cèdera pas aux tentations : « Je fais le jeûne depuis l’âge de neuf ans, de mon plein gré, alors même que les filles ne sont censées observer le carême qu’à partir du moment où elles sont réglées. Le Ramadan est un moment très important de spiritualité mais aussi de réflexion, pour savoir où l’on va dans la vie ».

Pour Lotfi, 32 ans, cuisinier, croisé dans un cybercafé du boulevard de la Chapelle, c’est avec le Ramadan qu’a débuté, il y a cinq ans, sa foi ; une foi qui, d’après ses mots, l’a sauvé et sauve « les gens perdus » comme lui. Désormais, le Ramadan est une pratique qui s’inscrit naturellement dans le cours de son année : il compte donc jeûner et rattraper le soir les prières qu’il n’aura pas pu faire la journée.

« J’ai même donné à une Roumaine une fois », Samir

Bien sûr, le lien social est moins vif dans la capitale qu’au bled, où tous les proches se retrouvent le soir pour rompre le jeûne (iftar). Hichem, 52 ans, qui tient une friperie à la sortie du métro Barbès Rochechouart, insiste sur cette dimension de convivialité propre au Ramadan. « Musulman laïc », il ne fera pas les prières mais se contentera du jeûne, suivant en cela des pratiques culturelles transmises par sa famille. Il met, d’ailleurs, en avant les bienfaits du carême pour la santé : « Pas de tabac, pas de café, pas d’alcool, c’est une purification du corps et de l’esprit ». « Le Ramadan, insiste-t-il, c’est surtout un moment où, privé d’eau et de nourritures, l’on s’ouvre à la pauvreté. » La pratique de l’aumône est donc très répandue pendant le carême, que l’on soit musulman « laïc » ou pratiquant.

Elle est d’ailleurs destinée à tous ceux qui se trouvent dans le besoin,  et n’est pas restreinte à la communauté musulmane : « Lors de la fête d’Aid el Fitr, qui met un terme au Ramadan, il n’est pas rare voir des chrétiens, des athées qui viennent partager un repas à la mosquée », explique Lotfi. Ainsi, chaque année, Samir, 29 ans, qui travaille dans un grand bazar de l’avenue de Saint-Ouen pour payer son master en gestion des entreprises, donne un budget de vingt euros environ aux pauvres croisés dans la rue. Il est frappé du changement de comportement des gens pendant le mois béni : « plus de gentillesse, plus de serviabilité, une vraie métamorphose ».  Abdul, lui, fait des dons à des organisations caritatives ; Sada apporte de la nourriture à ceux qui n’en ont pas, ou aux musulmans qui préfèrent rompre le jeûne avec une brick et quelques dattes plutôt qu’avec un hamburger.

« Au bled, le Ramadan, ça n’a rien à voir », Sam

Retour à la terrasse de Rochechouart. Il faut entendre Sam, Sada et Mohamed parler de l’ambiance incroyable qui règne au bled pendant la période du Ramadan, avec force détails et dans une ferveur non feinte : « Là-bas, c’est magique ; la journée tout est fermé, les gens prient de façon synchronisée, tout le monde se retrouve le soir ». C’est qu’au bled tout le monde suit scrupuleusement le Ramadan, dans un mouvement d’entraînement collectif qui n’est peut-être pas totalement exempt d’une forme de contrôle social. Mais Barbès n’est pas en reste : « Venez dans le quartier tous les soirs, deux heures avant la rupture du jeûne, les gens descendent dans la rue, tout s’anime, on va acheter la nourriture du soir, décrit Sam avec gourmandise, on mange avec les yeux ».

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               Elodie Elodie Vergelati

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Lait : Quand la France n’aura plus de fromages

12 Août 2010, 07:35am

Publié par PCF Villepinte

 

Une journée d’action des producteurs de lait a eu lieu ce 11 août, soit deux jours avant l’ultimatum fixé aux transformateurs par la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs pour augmenter le prix du lait de 3,10 centimes le litre. Une somme insuffisante face à la hausse des coûts de production, notamment dans les zones fromagères.

Comme l’été dernier, la fixation du prix du lait payé aux producteurs oppose les éleveurs laitiers aux entreprises de l’aval, et notamment les grands groupes que sont Lactalis, Bongrain et autres Bel, qui refusent la modeste augmentation de 3,10 centimes par litre que réclame la FNPL, le syndicat des laitiers de la FNSEA. Ce dernier, avec l’appui de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs, a donné jusqu’au 12 août aux transformateurs pour changer d’attitude. L’Association des producteurs de lait indépendants (Apli) et les syndicats minoritaires qui avaient entrepris une grève des livraisons de plusieurs jours l’an dernier observent cette fois le dialogue tendu entre le syndicalisme majoritaire et ses partenaires de l’interprofession laitière. Le ministre de l’Agriculture fait mine d’approuver la revendication de la FNPL. Mais la Fédération nationale des industries laitières (Fnil) rappelle à Bruno Le Maire qu’elle a, dès le 30 mars 2010, « pris acte de la demande du ministre de l’Agriculture à l’interprofession laitière de mettre en œuvre un nouvel indicateur prenant en compte, en particulier, l’écart du prix du lait avec l’Allemagne ». Ceci dans le but de limiter l’augmentation promise aux éleveurs en 2010. Ce que conteste la FNPL, alors que les coûts de production augmentent. Décryptage d’une situation complexe et explosive.

1. CE QUI FAIT DÉBAT DANS L’INTERPROFESSION LAITIÈRE

Il y a déjà longtemps que les éléments à prendre en compte pour le prix saisonnier du lait font l’objet d’une concertation entre les producteurs, représentés par la seule FNPL, les coopératives de la collecte et la transformation et les entreprises privées qui font le même métier. On tenait à la fois compte du marché des produits frais et de celui des produits conservables que sont le beurre et la poudre, lesquels servent de variable d’ajustement chez les transformateurs quand se réduisent les débouchés des produits frais ou quand il y a des pics saisonniers de production laitière.

Mais, en décidant ces dernières années d’augmenter les quotas nationaux de production de 1 % par an, puis l’abandon de cet outil de gestion après 2015, les ministres européens de l’Agriculture ont soumis la filière laitière aux fluctuations de prix et à la spéculation. Ainsi, les stocks de poudre et de beurre ont monté en 2009. Les prix de ces deux denrées ont alors chuté sur les marchés internationaux et les industriels ont exigé et obtenu de la FNPL un accord sur la baisse du prix du lait en juin 2009. La situation du marché du beurre et de la poudre s’étant améliorée depuis, la FNPL veut logiquement améliorer l’accord sur le prix du lait, tandis que les industriels privés font valoir que le lait allemand est moins cher, qu’il concurrence le lait français dans les grandes surfaces et qu’il convient d’en tenir compte pour la fixation du prix hexagonal.

 

2. CE QUI FAUSSE LE DÉBAT ENTRE LES PRODUCTEURS 
ET LES TRANSFORMATEURS

Ce débat est faussé par le comportement déloyal de la distribution et des grandes entreprises privées. En important du lait allemand et d’autres produits basiques comme l’emmental d’entrée de gamme, les enseignes de la distribution et leurs filiales du hard discount ne s’approvisionnent pas forcément à moindre coût. Mais elles se mettent en position de force pour imposer des baisses de prix à leurs fournisseurs hexagonaux. Cette position, fondée sur le racket et le rapport de force, est favorisée par la loi de modernisation économique voulue par Nicolas Sarkozy et votée par les parlementaires de droite en 2008.

Les distributeurs et les entreprises de la transformation laitière se servent de cette loi comme d’un levier pour faire baisser le prix du lait. Dans une majorité d’unités de transformation qui ne produisent que peu de beurre et de poudre mais beaucoup de produits frais et de fromages AOC, le prix du lait payé au producteur est désormais à peine plus élevé que dans les unités majoritairement positionnées sur le beurre, la poudre et les autres produits d’entrée de gamme. C’est notamment le cas en Auvergne. Dans cette région de prairies d’altitude, le prix de revient du litre de lait est plus élevé qu’en Bretagne. Mais le prix que consent à payer le groupe privé Lactalis n’était que de 305 euros les 1 000 litres le mois dernier alors que ce lait est essentiellement transformé en cinq fromages bénéficiant d’une appellation d’origine contrôlée.

 

3. LES DÉCIDEURS POLITIQUES 
ONT OUBLIÉ LA RAISON D’ÊTRE DES QUOTAS

Dans une Europe alors composée de 12 pays, les quotas laitiers ont été mis en place au printemps de 1984 pour en finir avec les montagnes de beurre et de poudre qui s’entassaient dans les chambres froides de l’Europe quand les surplus de la production laitière étaient payés aux producteurs pour être mis à l’intervention publique. En dépit des injustices de départ dans la répartition de droits à produire, les quotas ont longtemps permis une stabilité du prix du lait à un niveau de rémunération convenable.

La demande d’abandon des quotas est venue de trois directions : des nouveaux pays membres d’Europe centrale, qui s’estimaient mal servis, de certains pays du Sud, en déficit laitier, mais aussi de pays très excédentaires comme les Pays-Bas et le Danemark, qui transforment en lait des céréales et des protéagineux importés. Ces pays ont aussi marchandisé les droits à produire, ce qui complique la reprise des fermes laitières à l’occasion des départs en retraite. Du coup, avant même la fin des quotas, les augmentations de volumes autorisés ont donné des armes aux prédateurs de l’aval pour piller les paysans avec, à terme, le risque de pénurie, de spéculation et de prix élevés pour les consommateurs.

 

4. LA FRANCE LAITIÈRE A BESOIN DES QUOTAS POUR RÉPARTIR 
LA PRODUCTION

Plus fromagère que dans les autres pays européens, la carte laitière française est unique en Europe. Des Vosges à l’Auvergne, en passant par le massif alpin, des fromages au lait de vache aussi emblématiques que le munster, le comté, le bleu de Gex, le bleu de Bresse, le reblochon, le beaufort, la tomme de Savoie, les fourmes de Montbrison et d’Ambert, le bleu d’Auvergne, le cantal, le salers et le saint-nectaire sont autant de produits labellisés ou tracés qui ont une histoire. Ils valorisent des flores spécifiques sur des terroirs spécifiques, avec parfois des races bovines également spécifiques. L’argument vaut aussi pour la Basse-Normandie et d’autres zones de moindre importance. Mais ces laits de zones essentiellement herbagères ne sont plus payés à des prix qui permettent aux producteurs de vivre de leur travail alors qu’ils valorisent et entretiennent des prairies naturelles qui deviendraient des friches sans la présence de l’élevage laitier. Ces élevages maintiennent aussi de l’emploi en milieu rural faiblement peuplé. Avec l’abandon des quotas et un nivellement du prix du lait par le bas, la production se réduira encore plus dans les régions où elle est la mieux valorisée en produits de qualité.

La politique française de gestion des quotas avec constitution d’une réserve nationale de droits à produire redistribuables avait contribué à maintenir cette production, bien que cette gestion ne soit jamais allée au bout des possibilités qu’elle donnait aux décideurs politiques et économiques pour une répartition judicieuse de la production laitière sur tout le territoire. Mais elle reste indispensable et peut être mieux gérée.

 

5. MICHEL BARNIER ET BRUNO 
LE MAIRE SONT LES SIGNATAIRES DE LA CAPITULATION FRANÇAISE

Élu d’un département de montagne et ministre de l’Agriculture de juin 2007 à juin 2009, Michel Barnier connaissait l’importance du maintien des quotas laitiers. Il a pourtant renoncé à les défendre auprès de ses collègues européens alors qu’il présidait le conseil des ministres de l’Agriculture au cours du second semestre 2008. Probablement pour ne pas hypothéquer ses chances de redevenir commissaire européen après les élections européennes de 2009.

Né à Neuilly, la ville de Sarkozy, Bruno Le Maire est un énarque qui n’a jamais travaillé qu’au Quai d’Orsay puis dans le sillage de Dominique de Villepin. Il doit son poste de ministre de l’Agriculture à la volonté de Nicolas Sarkozy d’isoler Villepin. Mais Le Maire ne connaît pas l’agriculture, pas plus que le chef de l’État. Dès sa nomination, il a refusé de défendre les quotas laitiers et prétendait trouver une autre forme de régulation. Il s’est même rendu aux États-Unis pour voir comment fonctionnait le marché à terme du beurre et de la poudre afin de le transposer en Europe. Mais il n’a pas trouvé la solution. Et la nouvelle spéculation sur le marché à terme du blé ne risque guère de lui la donner pour le lait. Car la meilleure régulation possible passe encore par le maintien des quotas laitiers.

Gérard Le Puill

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Fête de l'humanité 2010

11 Août 2010, 06:53am

Publié par PCF Villepinte

 

Dee Nasty, le top du hip-hop
 

Le précurseur du hip-hop en France, Dee Nasty, clôturera la soirée du samedi sur la scène Zebrock par un set exceptionnel. Ambiance de folie garantie.

(J-32) Dee Nasty, Daniel Bigeault de son vrai nom, est indissociable de la naissance du mouvement hip-hop en France, et il en est, à ce jour, une référence incontournable. C’est de l’autre côté de l’Atlantique qu’il découvre, à la fin des années 1970, la breakdance, les graffitis et la musique du Sugar Hill Gang. Dès lors, il laisse tomber sa passion pour la guitare et trafique désormais les bandes magnétiques. Une vieille beat box et deux tourne-disques dans les mains, il se met à la recherche de nouveaux groove, tout droit venus de New York.

Pour se faire connaître, chaque dimanche, il organise des après-midi hip-hop dans des terrains vagues, au nord de Paris. Un concept simple : avec peu de matériel – une estrade, un groupe électrogène, deux phonos amplifiés –, Dee Nasty fait vibrer ses platines. Pour seulement cinq francs, les danseurs se lancent des défis et les rappeurs viennent s’exprimer.

Après ce succès, Dee Nasty autoproduit son premier 33 tours, intitulé Paname City Rappin, en 1984. Tout se fait dans la confidence, la sortie comme les ventes restent un secret. Mais Dee Nasty est un homme qui a du flair. Pressentant l’âge d’or des DJ, il démontre une façon de s’affirmer derrière ses platines pour en ressortir un maximum de groove et d’énergie. Il devient alors, dès les années 1980, la « crème » des disc-jockeys et méduse le public des championnats du milieu.

Il passionne son auditoire grâce à son émission Journal actuel, sur Radio Nova, et invite ses fans les plus fidèles et virulents à se tester derrière un micro. Ce sont les débuts live de NTM, MC Solaar, Assassin, Ministère Amer et des Marseillais IAM. Le rap français trouve naissance dans le Deenastyle, sur Radio Nova, et nombreux sont les groupes à faire tourner le mixtape de leurs débuts. Aujourd’hui, le nom de Dee Nasty revient régulièrement associé à « déclencheur de vocation, référence ou précurseur » dans les revues spécialisées en hip-hop.

Depuis toutes ces années, le DJ n’a jamais quitté la scène. Il continue à jouer dans des soirées house, à la Techno Parade ou dans les clubs parisiens. Mais outre cela, sa carrière internationale va bon train. Il tourne au côté de Cachaito Lopez, contrebassiste du Buena Vista Social Club, qui l’a fait venir à Cuba pour enregistrer Laboratory, figurant sur son premier album solo.

En 2001, après la sortie de Nastyness, son quatrième album, il accumule les projets. Elephant System lui demande de réaliser leur prochain album et il compose avec Manu le Malin un morceau futuriste, Mutation, pour l’album de celui-ci, sorti au printemps dernier. Enfin, montrant qu’il est le père des DJ en France, il a l’opportunité de réaliser un cours de DJ en DVD. Bien plus qu’un simple DJ, les spectateurs de la scène Zebrock auront le plaisir de redécouvrir, le 11 septembre prochain, la première musique française du hip-hop. Rien que ça !

Camille Boulate

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Les acrobaties fiscales et légales des grandes fortunes

11 Août 2010, 06:49am

Publié par PCF Villepinte

Bouclier fiscal, pacte Dutreil, holdings patrimoniales...
 

Un dossier de la Tribune montre comment les gouvernants votent des lois qui donnent aux grands possédants les moyens d’échapper à l’imposition.

Notre question du jour : que pensez-vous du régime fiscal accordé aux riches ?

«Comment les grandes fortunes tentent d’échapper à l’impôt». C’est sous ce titre que le quotidien économique la Tribune consacrait hier son dossier d’ouverture à la fiscalité des riches. L’angle choisi par ce journal est assez clair : on peut certes s’étonner que Liliane Bettencourt ne soit imposée pour ses revenus qu’à hauteur de 9%, comme les salariés moyens. Mais, d’une part, c’est entièrement légal et, d’autre part, les autres grandes fortunes font bien pire. Liliane Bettencourt se voit donc décerner un certificat de «civisme fiscal», elle serait même «un exemple vertueux». Si l’on excepte évidemment l’oubli de la déclaration de deux fonds en Suisse et le montage financier pas très clair autour de la propriété de l’île d’Arros.

 

Pactes d’actionnaires et holdings tirelires

Le quotidien nous apprend que les revenus déclarés de la propriétaire de L’Oréal se sont élevés en 2009 à 145 millions d’euros. Sa fortune patrimoniale imposable – c’est-à-dire le quart de son patrimoine réel – s’élève à 2,2 milliards d’euros. Pour tout cela, Liliane Bettencourt a payé au fisc, en 2009, 40 millions d’euros après déduction du bouclier fiscal. On se souvient des arguments de Nicolas Sarkozy pour justifier cette mesure : «Un contribuable n’a pas à travailler plus de six mois pour l’État », « ne pas prendre par l’impôt direct plus de 50 % du revenu d’un ménage, c’est un principe de liberté». On voit bien que, pour l’une des plus grandes contribuables de France, on est loin du «travailler» six mois par an pour l’État, très loin des 50% de revenu par ménage !

La Tribune nous révèle comment les autres grandes fortunes jouent aux acrobates avec le fisc. Cela passe par le « pacte d’actionnaires », appelé «pacte Dutreil», du nom de Renaud Dutreil, le père de ce dispositif. L’ancien ministre RPR, aujourd’hui président de la filiale américaine de LVMH, avait créé un procédé exonérant de l’ISF les actionnaires possédant au moins 20 % d’une société s’ils s’engageaint à conserver les titres pendant au moins deux ans. Cela passe par la constitution de «holdings patrimoniales» pour gérer les actifs financiers des grandes fortunes. Au lieu d’être imposées sur l’ensemble de leurs actifs, les grandes fortunes ne sont imposées que sur les sommes qu’elles retirent de ces holdings qui servent de «tirelire». Liliane Bettencourt utilise aussi ce procédé. C’est la holding Thétys qui gère les dividendes que L’Oréal verse à son principal actionnaire (280millions d’euros en 2009). Mais Liliane Bettencourt n’en a retiré «que» 145millions. Fiscalement, ses revenus s’élèvent à 145millions, et non 280. Le scandale est que ces dispositions sont légales. La loi est faite pour eux.

LE CHIFFRE : 22,7

C’est, en milliards d’euros, le montant de la première fortune professionnelle de France, celle de Bernard Arnault, PDG de LVMH.

Olivier Mayer

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Marie George Buffet envoie un message de paix et de fraternité à la veille du ramadan

11 Août 2010, 06:43am

Publié par PCF Villepinte

 

mgbLe ramadan va démarrer, pour des millions de musulmans dans le monde dont des centaines de milliers de nos compatriotes. Je voudrais redire à cette occasion ma détermination à défendre autant la laïcité que le droit de chacun et chacune à adopter la religion de son choix. Je voudrais réaffirmer ma résolution à agir pour refuser toute stigmatisation d’une partie de la population de notre pays. Je voudrais enfin avertir le Président de la République et le gouvernement que je ne suis pas prête à accepter sans réagir tout ce qui pourrait conduire à développer des réflexes racistes ou xénophobes. Partout, en France et dans le monde, l’égalité entre les femmes et les hommes, les droits Humains doivent être défendus ! C’est ce message de fraternité et de liberté que je souhaite adresser à celles et ceux qui vont entamer leur mois de ramadan. Un message de paix et de fraternité à tous les hommes et toutes les femmes qui dans notre pays ont intérêt à vivre ensemble en refusant tout ce qui peut conduire à les diviser ou les opposer.

Marie-George Buffet, Ancienne Ministre, Députée de Seine-Saint-Denis

Paris, le 10 août 2010.

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PETITION A L’INITIATIVE DE LA LIGUE DES DROITS DE L'HOMME

10 Août 2010, 16:40pm

Publié par PCF Villepinte

FACE A LA XENOPHOBIE ET A LA POLITIQUE DU PILORI : LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE

 

Cette pétition, cosignée par une cinquantaine d’organisations associatives syndicales et politiques et de nombreuses personnalités peut (et doit !) être signée en ligne sur  

 

http://nonalapolitiquedupilori.org

Les plus hautes autorités de l’Etat ont fait le choix de jeter à la vindicte publique des catégories entières de population : Gens du voyage accusés comme les étrangers d’être des fauteurs de troubles, Français d’origine étrangère sur lesquels pèserait la menace d’être déchus de leur nationalité, parents d’enfants délinquants, etc. Voici que le président de la République accrédite aussi les vieux mensonges d’une immigration coûteuse et assimilée à la délinquance, et offre ainsi à la stigmatisation des millions de personnes en raison de leur origine ou de leur situation sociale.

Ce qui est à l’œuvre dans cette démarche ne s’inscrit pas dans le débat légitime, dans une démocratie, sur la manière d’assurer la sûreté républicaine. Le nécessaire respect de l’ordre public n’a pas à être utilisé pour créer des distinctions entre les habitants de ce pays et désigner des boucs émissaires. Ni pour instituer des peines de prison automatiques, contraires aux principes fondamentaux du droit pénal, à l’indépendance de la justice et à l’individualisation des peines.

La Constitution de la France, République laïque, démocratique et sociale, assure « l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ». Nul, pas plus les élus de la nation que quiconque, n’a le droit de fouler au pied la Constitution et les principes les plus fondamentaux de la République.

Notre conscience nous interdit de nous taire et de laisser faire ce qui conduit à mettre en péril la paix civile. Nous appelons à une manifestation le samedi 4 septembre 2010, place de la République à Paris, à 14h00, et partout en France, afin de fêter le 140e anniversaire d’une République que nous voulons plus que jamais, libre, égale et fraternelle.


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