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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Allocations familiales

27 Avril 2010, 16:44pm

Publié par PCF Villepinte

 

Couper les Allocs ? "On renforce la réponse violente"

Jacques Pain est professeur en sciences de l’éducation à l’Université de Paris X Nanterre [1] . Pour lui, la preuve de l’inefficacité de ce type de mesures a été faite.

La mesure sur la suppression des allocations familiales en cas d’absentéisme n’est pas nouvelle. Depuis quand est-elle dans les cartons ?

Jacques Pain. La question des violences à l’école existe depuis trente ans. A partir de la fin des années quatre-vingt-dix, c’est devenu une affaire d’État avec la mise en route d’une réflexion entre la justice, la police et l’éducation nationale. Dans le lot des mesures, seules celles qui concernent la prévention et le travail de structure avaient un sens. Pour le reste, il s’agissait de mesures chocs dont la suppression des allocations familiales. Ce n’est donc pas une idée nouvelle. Elle a d’ailleurs été plusieurs fois rejetée. C’est plutôt en Angleterre et aux États-Unis que la suppression des aides sociales a été menée à terme, dans le cadre de politiques tolérance zéro. Cela fut un échec dans les pays anglo-saxons. Dans ces pays, même les tenants de cette thèse l’ont abandonnée.

La suppression des allocations ne provoque donc pas un sentiment de culpabilité chez les enfants pour les contraindre à aller à l’école

Jacques Pain. Les politiques n’ont toujours pas compris qu’on vit une époque où une grande partie des jeunes ne fonctionne plus à coups de culpabilité, un phénomène lié à la délinquance ou à la transgression des années 1970-80. Aujourd’hui, c’est fini. On est plutôt dans une culture de l’apparence. En employant ce genre de mesures, on pénalise les familles et on instaure un lien négatif de sanction. Supprimer les allocations ne provoquera aucun changement d’attitude chez les jeunes. Au contraire, on se retrouve dans le développement d’une attitude réactionnelle, qui provoque une stigmatisation. On renforce, dans un mouvement de conditionnement, la mise à l’écart et la réponse violente. Les assises de la violence, auxquelles je n’ai pas participé pour des raisons politiques, ont bien montré le rapprochement des problèmes de violence avec ceux de la délinquance criminelle. Le gouvernement fonctionne sur la théorie de l’exemple. Mais il est clair que la politique de la sanction financière, de l’identification de la culpabilité ne fonctionne plus. On va vers une aggravation de la situation.

Pourquoi les jeunes décrochent-ils ?

Jacques Pain. Il y a vingt ans, le décrochage constituait un phénomène de rupture de milieu, de classe, de repérages. Progressivement, à partir des années 1985-90, une partie de la population ne collait plus aux objectifs, au style des nouveaux enseignants dans une école qui, elle-même, ne l’oublions pas, n’a pas foncièrement changé depuis très longtemps. L’inadéquation des codes des milieux sociaux par rapport à l’école telle qu’elle est aujourd’hui est une des raisons du décrochage. La population étudiante et enseignante n’a pas les mêmes points d’accrochage ni de références que leurs élèves. Elle a du mal à se confronter à une population qui ne réussit pas à l’école. Deuxièmement, cette école n’arrive pas à s’emparer des pédagogies différentes, plus actives, d’interpellation, de conseil, de discussion, d’actualité, avec lesquelles on peut faire passer les examens et les réussir. Troisièmement, le travail avec les familles manque énormément. Il faudrait développer le contact et le soutien aux parents. Ce sont eux qui connaissent le mieux leurs enfants.

L’absentéisme s’inscrit-il dans un phénomène plus large de crise scolaire ?

Jacques Pain. Oui, le décrochage s’inscrit dans un phénomène social. La violence se développe. L’absentéisme est avant tout un décrochage psychique. Un élève peut aller en classe, être physiquement là, mais ne rien assimiler. C’est un refus scolaire. L’insécurité ressentie peut être liée à l’ambiance, à la compétition, à la course aux relations difficiles. Et puis, il faut aussi comprendre qu’un élève qui arrive en 6e n’est plus le même en 3e. Entre les deux, il a pris 20 kg et 20 centimètres. Ce n’est plus le même biologiquement et psychologiquement, c’est un homme ou une femme en train de se construire. En France, on continue à s’adresser uniquement à l’intellect. Je pense que l’apprentissage est essentiel mais il peut se faire avec des méthodes actives, partir du vécu de chacun. Je maintiens donc qu’il faut intéresser les décrocheurs. L’école reste finalement le dernier bastion de la socialisation.

Entretien réalisé par Ixchel Delaporte

Notes :

[1] Auteur de l’École et ses violences, Éditions Economica, 2006.

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tribunes & idées

27 Avril 2010, 09:04am

Publié par PCF Villepinte

Les véritables enjeux
de la bataille des retraites
 

PNG - 39.4 koPar Jacques Nikonoff, porte-parole du mouvement politique d’Éducation populaire (MPEP) et ancien président d’attac (*).

 

Quelles sont les mesures à imposer et les perspectives à porter pour sauver les retraites ?

1. Préserver le droit de bien vivre ­pendant sa retraite. Nous vivons plus longtemps, il faut donc consacrer aux retraites une part plus importante de la richesse nationale  : 5 % du PIB en 1970  ; 12 % en 2010 ; 20 % en 2050.

2. Déjouer l’opération de Sarkozy, qui veut une revanche sociale. Le PS et certains syndicats n’étant pas clairs sur les retraites, Sarkozy pense pouvoir diviser la gauche et infliger un échec au mouvement social, afin de se remettre dans la course pour 2012.

3. Interdire aux banquiers, assureurs et financiers de faire main basse sur nos retraites. Ils enragent car ils ne parviennent pas à ­placer les cotisations retraite sur les marchés financiers pour spéculer.

4. Briser la volonté des classes dirigeantes d’organiser l’insécurité des retraités après celle des salariés. Le FMI estime « qu’un ­système de retraite par répartition peut ­déprimer l’épargne nationale, parce qu’il crée de la sécurité dans le corps social ». Mais les fonds de pension sont au bord de la faillite  ! ­Repousser l’âge légal de départ à la retraite ne repousse pas l’âge de fin d’activité, puisque les employeurs se débarrassent des « vieux » travailleurs. Le but est de les faire partir au même âge, mais avec une pension plus faible. C’est le moyen de les « obliger » à épargner  !

5. Imposer un nouveau partage des richesses. En trente ans, la rétribution du travail dans la richesse nationale a baissé de 10 % (170 milliards d’euros). Parallèlement, les dividendes versés aux actionnaires sont passés de 3,2 % du PIB en 1982, à 8,5 % en 2009. Il faut les faire baisser pour financer, notamment, les retraites  !

6. Supprimer le chômage et la précarité en développant des productions et des ­services permettant de répondre aux besoins sociaux, tout en organisant la conversion écologique de l’économie. Le chômage et la précarité privent de recettes les régimes de protection sociale. Il faut donc les supprimer  ! C’est ­possible grâce au « droit opposable à l’emploi » qui permettra la relocalisation de l’économie, la conversion écologique du mode de production et la création d’emplois dans les secteurs non marchands pour répondre aux besoins de la population. Le financement des retraites ne doit pas alimenter l’économie ­marchande ­actuelle sans tenir compte de la crise ­écologique. Il ne faut pas augmenter le gâteau (le PIB), il faut changer de gâteau  ! Passer de productions futiles à des productions utiles, de productions nuisibles à des productions saines. Les 15 millions de retraités ne dépendent pas du travail des actifs  : par leur consommation, ils créent des millions d’emplois  ; ils sont eux-mêmes actifs car ils travaillent et créent de la valeur d’usage non marchande.

7. Désobéir à l’Union européenne et prendre des mesures protectionnistes universalistes pour développer notre système social et le ­promouvoir à l’étranger. L’ancien gouverneur de la Bundesbank, Hans Tietmeyer, explique le rôle de l’Union européenne  : « La concurrence entre les systèmes de protection sociale sera plus forte, pas seulement vis-à-vis du monde non européen, mais aussi à l’intérieur de l’Europe… » Il faut désobéir à l’Union ­européenne, et même envisager d’en sortir, prendre des mesures protectionnistes dans un cadre ­universaliste (charte de La ­Havane), ­interdire les ­délocalisations. Alors il sera ­possible d’augmenter les cotisations sociales patronales sans pénaliser l’emploi.

8. Soumettre le PS à la « question sociale ». Le PS a participé à la casse des retraites. Il rêve de 2012 et veut adopter une « posture responsable » : plier devant les milieux d’affaires sans en donner l’impression à l’électorat. Le succès de la gauche en 2012 dépendra en partie des luttes sur les retraites  : plus elles seront fortes, plus le PS proposera un programme de gauche  !

9. Développer le « travail libéré » que font les retraités, prémices d’un socialisme du XXIe siècle. Les retraités travaillent  ! Pour comprendre, distinguons le travail de l’emploi. Le travail est l’activité de production de biens et de services qui permet de répondre aux besoins individuels et collectifs. L’emploi est le cadre, souvent juridique, dans lequel on exerce un travail. Les retraités travaillent mais ils n’ont pas d’emploi  ! Ils travaillent à rendre la vie plus douce aux autres, à leur famille, à leur voisinage, dans les associations. Ils réinvestissent leurs qualifications professionnelles et sociales sous des formes différentes, non marchandes. Ce travail ne s’exerce pas sur le marché du travail, ils n’ont pas de lien de subordination avec un employeur, ils décident de ce qu’ils font, c’est un travail émancipé, un embryon de contrôle des citoyens sur l’économie. Leur pension est un salaire à vie, inaliénable, sans contrepartie. L’enjeu de la bataille des retraites est aussi celui du travail libéré de l’exploitation et des nuisances. L’activité des retraités préfigure un socialisme du XXIe siècle, sans « marché du travail », sans salariat, sans employeurs qui exploitent…

(*) Jacques Nikonoff est l’auteur de la Comédie des fonds de pension. Éditions Arléa.

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Reportage sur Salah Hamouri

27 Avril 2010, 08:57am

Publié par PCF Villepinte

Salah Hamouri : "Lettre du fond de ma prison"salah-copie-1.jpg 
 

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Agriculture.

26 Avril 2010, 17:57pm

Publié par PCF Villepinte

 « Les réformes agraires sont devant nous »
 
Agronome et économiste, Michel Griffon travaille 
à l’Agence nationale de la recherche.
Depuis quinze ans, ses travaux visent la mise en place d’une agriculture qui réduise les apports d’engrais et de Agronome et économiste, Michel Griffon travaille 
à l’Agence nationale de la recherche.
Depuis quinze ans, ses travaux visent la mise en place d’une agriculture qui réduise les apports d’engrais et de pesticides.
Une agriculture "écologiquement intensive". Entretien.

Vous avez beaucoup travaillé ces dernières années sur ce que devrait être l’agriculture de demain, que vous qualifiez d’écologiquement intensive. Qu’entendez-vous par là  ?

Michel Griffon. Il y a deux façons de comprendre le terme et il faut éviter de les confondre. Il y a, d’une part, l’agriculture intensive conventionnelle à laquelle on rajoute un peu d’écologie. Mais on reste dans l’intensif, avec une production agricole gourmande en engrais, en énergie et en produits phytosanitaires. Autre exemple, l’agriculture indienne est intensive en main-d’œuvre, car il y a peu de machines, alors que l’agriculture européenne est peu intensive en main-d’œuvre pour la raison inverse.

Quand je parle d’agriculture écologiquement intensive, c’est pour montrer que l’on va utiliser intensivement des mécanismes naturels, les utiliser comme source d’inspiration pour de nouvelles technologies, c’est ce que j’appelle la bio-inspiration. Si on raisonne sur la défense des cultures, la méthode conventionnelle consiste à utiliser des molécules de synthèse. Par exemple, pour lutter contre la rouille du blé, une maladie provoquée par des champignons microscopiques et qui finit par tuer la plante, une méthode écologiquement intensive consiste à mélanger des variétés de blé résistantes avec des variétés moins résistantes à la maladie. Du coup, celle-ci se propage moins vite et on limite de façon importante les traitements. La diversité des caractéristiques des plantes devient ainsi un rempart contre l’envahissement par la maladie. Prenons maintenant l’exemple des attaques de pucerons. Elles ont un effet très négatif sur les plantes, car ça permet aux champignons de pénétrer plus facilement dans les plaies créées par les insectes. On peut traiter les pucerons de manière conventionnelle, avec des insecticides. On peut aussi opter pour un mécanisme naturel, qui consiste à trouver des insectes prédateurs du puceron. Il suffit donc de produire des auxiliaires de l’agriculture, qui ne sont autres que des prédateurs des insectes ravageurs. Il existe aussi des virus qui attaquent les chenilles, lesquelles, on le sait, créent des dégâts relativement importants sur certaines cultures. Il faut explorer tout ce champ et l’ensemble de ces relations crée ce qu’on appelle des réseaux où certains éléments s’alimentent des autres ou en parasitent d’autres. Plus on a des réseaux complexes avec beaucoup d’insectes, plus la probabilité de pouvoir résister à des envahisseurs est grande. J’appelle cela lutter par la diversité, et c’est un mécanisme naturel.

Comment abordez-vous la question cruciale de la fertilisation des sols pour maintenir les rendements  ?

Michel Griffon. La méthode conventionnelle revient à considérer le sol comme un substrat minéral. On ajoute des engrais chimiques, qui correspondent aux besoins de la plante. Ça coûte très cher, ça demande un labour avec une dépense d’énergie importante, ça aboutit assez fréquemment au tassement des sols et à leur érosion. Face à ces inconvénients, l’aspect écologiquement intensif se définit par quatre fonctionnalités complexes. D’abord, la photosynthèse, qui fabrique de la biomasse, donc des plantes. Ensuite, on utilise la décomposition des plantes mortes. Une fois les plantes décomposées, on a de l’humification ou de la fabrication d’humus. Arrive ensuite une nouvelle décomposition, qui s’appelle la minéralisation, au terme de laquelle on obtient les mêmes éléments fertilisants que ceux fournis par les engrais. Quand on veut amplifier ce mécanisme, il faut utiliser au maximum la capacité du soleil pour faire de la biomasse. En France, les cultures n’utilisent qu’une fraction des apports solaires. Avant que la culture soit installée, le sol est nu et rien ne pousse. Quand on a fait la récolte céréalière, en juillet-août, il n’y a plus rien qui pousse. En revanche, si on a des plantes avant le semis et après la récolte, ces plantes utilisent la lumière solaire et le gaz carbonique de l’air pour fabriquer de la biomasse, ce qui nourrit le processus que j’expliquais plus avant  : la décomposition, l’humification, la minéralisation. On y gagne aussi sur d’autres aspects, car ces plantes couvrent le sol, elles limitent l’érosion, elles retiennent l’eau en même temps qu’elles donnent des éléments nutritifs.

Ça ne remplace pas la totalité des engrais. Mais ça nous donne une conception différente des choses, parce qu’on fait faire par la nature en amplifiant au maximum sa capacité à agir. Après, on complète au besoin par la technologie conventionnelle. Nous avons là une différence avec l’agriculture biologique. Cette dernière n’utilise que des processus naturels. C’est très vertueux. Néanmoins, l’agriculture biologique n’arrive pas encore à des rendements suffisants. Peut-être qu’elle y arrivera. Elle se fixe de telles contraintes qu’elle est extrêmement inventive. On devrait d’ailleurs la financer davantage pour son inventivité. En agriculture écologiquement intensive, il s’agit d’aller vers le biologique de façon progressive en limitant les apports du conventionnel au strict nécessaire. C’est une agriculture qui intéresse de plus en plus, car elle permet des transitions qui vont vers une écologisation de l’agriculture.

Dans l’opinion courante, ce qui est produit par l’industrie à partir de rien est mauvais et ce qui est dans la nature est bon. C’est faux dans les deux cas, car on n’est sûr de rien. Il faut toujours rester prudent, mais en imitant la nature et en travaillant avec de faibles doses de produits chimiques, on a tout de même une garantie supplémentaire de limiter le risque.

Les associations de graminées et de légumineuses jouent-elles un rôle important pour limiter les apports d’engrais  ?

Michel Griffon. Oui, car les légumineuses ont cette fonctionnalité naturelle de pouvoir utiliser l’azote de l’air gratuitement. Il faut toujours appliquer et amplifier des mécanismes naturels, c’est de la technologie gratuite. Ça ne veut pas dire que c’est toujours facile. C’est même difficile, car il faut de la main-d’œuvre, de l’intelligence et de l’observation. On observe très bien dans les agricultures pauvres. En Indonésie, l’utilisation des principes de ce qu’on appelle la lutte biologique – insectes prédateurs contre insectes ravageurs – s’est traduite par des progrès considérables. Il y a eu des projets fondés uniquement sur l’observation et la formation qui ont été d’immenses succès techniques. Ça coûte moins cher que d’acheter des produits phytosanitaires qu’on maîtrise mal et qu’on utilise de façon parfois dangereuse dans les pays pauvres. Je défends donc l’idée que cette agriculture écologiquement intensive, certes, intéresse les agricultures riches, mais fondamentalement elle est bâtie pour les agricultures pauvres.

Néanmoins, la tendance est au développement des monocultures de rente, dans les pays agricoles développés comme dans les pays émergents, voire les pays pauvres, en utilisant beaucoup de carburant, d’engrais et de pesticides. Qu’en pensez-vous  ?

Michel Griffon. Cette démarche rencontre déjà ses propres limites et va en rencontrer de plus en plus. Le prix du pétrole sera de plus en plus élevé dans un proche avenir, au point de devenir un handicap pour les agricultures très mécanisées. Ça fera monter les coûts énergétiques, celui des engrais azotés. J’ai de fortes raisons de croire que les réserves de minerais qui donnent des engrais à base de phosphate vont se raréfier, donc leurs prix vont augmenter. Les molécules phytosanitaires sont plus en plus interdites, la population est contre. Il y a là de sévères limitations pour l’avenir. Dans un certain nombre de régions du monde, nous avons réellement ou potentiellement une raréfaction de l’eau. Dès lors, pour résoudre ces problèmes, on utilisera de moins en moins les technologies conventionnelles. S’ajoute à cela la réaction des sociétés contre les pollutions. Et je trouve qu’en France les agriculteurs perçoivent désormais ces limites. Ils sont de plus en plus intéressés par cette idée d’agriculture écologiquement intensive.

Quels sont les cas les plus probants dans les exploitations  ?

Michel Griffon. Par exemple, les céréaliers ont longtemps été réticents à la technique des semis directs sans labour préalable. Mais les choses sont en train de bouger depuis la dernière hausse du prix du pétrole, en 2008. Près du tiers des surfaces céréalières serait en non-labour cette année. Nous sommes depuis mille ans dans la tradition du labour et en sortir n’est pas simple en raison de la force des habitudes. Qui plus est, le labour est vu comme une garantie contre les mauvaises herbes. Néanmoins, petit à petit, les agriculteurs voient les avantages du non-labour. Le sol redevient vite plus riche, plus fertile, avec moins d’érosion, moins de tassement. Le plus difficile, c’est de faire le premier pas. Chacun compare les risques aux avantages. Mais c’est en train de basculer. La flambée du prix du pétrole en 2008 a été décisive.

L’agriculture et l’alimentation font-elles partie des grands défis à relever au XXIe siècle  ?

Michel Griffon. La planète devra nourrir 9 milliards d’hommes en 2050 et conserver des zones importantes de biodiversité. Elle devra produire des molécules de substitution au pétrole, même si c’est en modestes quantités. Elle sera conduite inévitablement à utiliser une partie des cultures pour produire des agrocarburants. Nous allons devoir entrer dans une perspective aménagiste de l’espace. Par ailleurs, 40 % de la population mondiale vit de l’agriculture. Ce sont des gens pauvres et je pense que leurs enfants aussi seront pauvres. Ils ne vont pas pouvoir entrer dans l’industrie, qui développe aujourd’hui des technologies d’hypercompétitivité qui éliminent de la main-d’œuvre. Donc, il faudra bien que beaucoup de gens vivent de l’espace agricole et rural. Vont donc se poser d’énormes problèmes d’accès à la terre. Je suis persuadé que les réformes agraires sont devant nous et pas derrière nous, comme trop de gens le pensent. Cette perspective aménagiste me conduit à dire que les espaces qui ne peuvent être que des espaces en herbe doivent être consacrés aux herbivores. Et dans les espaces où on peut produire du grain, il faut que le grain aille d’abord aux rations humaines. Subsidiairement, aux omnivores et aux herbivores. D’autant plus que quand on donne aux bovins du maïs ou du soja, on le fait dans des pays qui consomment des quantités de viande qui sont néfastes pour la santé. Et le grand drame d’aujourd’hui est que la Chine et d’autres pays sont en train d’imiter les États-Unis dans la consommation de viande d’herbivores nourris de grains. Inévitablement, on doit avoir un calcul de nature planificatrice dans chacun des grands espaces agricoles de la planète, de façon à économiser les ressources et les écosystèmes.

Certains appellent de leurs vœux une nouvelle civilisation de l’arbre nourricier. Qu’en pensez-vous  ?

Michel Griffon. Tous les arbres utiles devront entrer dans un nouveau calcul pour être mieux en phase avec la nature. Nos paysages devront être des paysages agricoles  : d’élevage, de biodiversité, de gestion de l’eau des bassins versants, de filtration de l’eau, de lutte contre les incendies, qui sont autant de services écologiques. Il va falloir recalculer tout ça et l’arbre va reprendre une place importante. On peut faire des forêts utiles. Je connais des exemples dans le monde où les forêts, au-delà de leur aspect naturel, sont des ensembles d’arbres qui ont tous leur utilité pour produire des fruits, des médicaments, des plantes, de la fertilité et même pour produire de l’ombre favorable à des cultures associées. On peut penser une société productrice autour de l’arbre, ce que l’on appelle l’agroforesterie. D’une manière générale, quand on veut s’inspirer des écosystèmes, on n’a que l’embarras du choix. Il y une telle diversité de solutions dans la nature. Il suffit de les observer et d’en tirer profit. La diversité est vraiment le mot-clé.

Entretien réalisé par Gérard Le Puill

Repères

Michel Griffon, ingénieur agronome 
et économiste, est directeur général adjoint 
de l’Agence nationale de la recherche, 
président du conseil scientifique du Fonds français pour l’environnement mondial 
et membre de plusieurs comités scientifiques nationaux et internationaux. 
u Il est, entre autres, l’auteur de  : Pour des agricultures écologiquement intensives. éditions de l’Aube, 2010. Gérer la planète, avec F. Griffon. 
éditions Odile Jacob, 2009. La Planète, ses crises et nous, avec D. Dupré. éditions Atlantica, 2008. Nourrir la planète. éditions Odile Jacob, 2006.

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Déportation

26 Avril 2010, 17:52pm

Publié par PCF Villepinte

Georges Séguy « Combattre l’oubli, même après nous »
JOJO.jpgDéporté à dix-sept ans, l’ancien responsable de la CGT Georges Séguy souligne la nécessité du devoir de mémoire, à la veille du 65e anniversaire de la libération des camps.

Qu’est-ce qui a conduit à votre déportation  ? Georges Séguy. J’ai été arrêté par la Gestapo, à Toulouse, où je travaillais dans une imprimerie clandestine, pour les organisations communistes, puis pour la Résistance de la région du Sud-Ouest. Je suis parti le 26 mars 1944 vers Mauthausen, en Autriche  : 60heures sans boire, sans manger, sans voir le jour. Ce fut l’un des moments les plus tragiques de ma déportation. Quand j’entends la chanson de Ferrat, Nuit et Brouillard, je me retrouve dans ces horribles wagons plombés… Comment avez-vous dépassé l’horreur de cette expérience  ? Georges Séguy. Quand je suis rentré, j’étais traumatisé. Mais j’avais dix-huit ans, et j’ai repris goût à la vie. Et j’ai plongé dans le syndicalisme. Ainsi, je respectais le serment que j’avais fait au moment de la libération du camp  : poursuivre la lutte contre toute atteinte à la liberté, pour la paix, pour l’amitié et la solidarité entre les peuples.

Pensez-vous que les leçons sont tirées  ?

Georges Séguy. Je me suis toujours demandé comment des hommes ont pris du plaisir à torturer leurs victimes jusqu’à la mort. Ils étaient convaincus de servir une cause, planifiée depuis longtemps dans Mein Kampf… Preuve que le fanatisme, quelle que soit son origine, peut dégénérer en haine, en barbarie. Mais même au pire moment, la dignité nourrissait la solidarité qui était la nôtre  : l’amour de la vie est plus fort que toutes les désespérances.

Comment perpétuer cette mémoire quand le dernier témoin direct aura disparu  ?

Georges Séguy. C’est vrai que nous sommes de plus en plus rares. Mais la mémoire constitue un devoir de notre histoire nationale et humaine qu’il faut à tout prix préserver de l’oubli, même après nous. Il faut rappeler l’épopée de la Résistance, mais aussi les mécanismes de l’histoire. Un exemple  : nous approchons du 70e anniversaire de la création du Conseil national de la Résistance, créé dans le but de libérer le pays. Même de Gaulle a reconnu que c’est cet événement qui a fait que la France a été considérée comme une nation libre, indépendante et victorieuse aux côtés des Alliés. Et cette histoire, rares sont les manuels scolaires qui en font état…

Entretien réalisé par Grégory Marin

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réforme des retraites

26 Avril 2010, 17:44pm

Publié par PCF Villepinte

La confrontation sur les retraites est engagée, mais le pouvoir va tout faire pour détourner l’attention.

Par Maurice Ulrich

 Hors-série retraites

Hors-série retraitesToute honte bue, des plumes qu’on ne peut qualifier autrement que serviles si l’on écarte la présomption de stupidité endossent ces temps-ci, du Figaro à la Tribune, leurs oripeaux de croisés. Le capitalisme est suspect, la richesse est obscène. Le peuple perd la foi. L’hérésie se répand, il faut d’urgence défendre les riches. Les riches. Mais qu’est ce que cela veut dire ? Toutes ces belles âmes feignent d’avoir à coeur la défense du patrimoine durement gagné, de l’héritage familial transmis aux enfants et plus simplement de défendre le juste prix du risque, de la compétence et du mérite.

Mais qui mérite des salaires comme ceux que nous publions ci-contre. Qui mérite des retraites qui se calculent en millions d’euros ? Lequel de ces PDG du CAC 40 viendrait dire, sur la place publique et devant les citoyens assemblés, "je vaux mille fois plus que chacun d’entre vous". La compétence ? Allons donc, quand la plupart d’entre eux ne font qu’appliquer les règles de base de la gestion capitaliste la plus conforme aux dogmes ! Licenciements, réduction des coûts, pression sur les salaires et les personnels. Ce n’est pas de l’invention, c’est le credo qu’ils psalmodient tous les jours, de conseil d’administration en conseil d’administration et chaque fois les jetons de présence s’ajoutent aux jetons de présence. Avec eux, la machine à sous fonctionne à tous les coups.

Le risque ? Où est-il avec ces retraites pharaoniques, ces parachutes dorés. Le courage ? Il est facile, derrière les vitres teintées des limousines. Il en faut bien davantage à une femme seule avec ses enfants pour boucler ses fins de mois, à un jeune pour, de stage en stage, s’accrocher, à des retraités pour vivre avec moins de 20 euros par jour.

Une caste de prédateurs a la main sur la France. Mais ce n’est pas seulement de l’injustice, une indignité. Leur projet, leur visée stratégique, c’est la soumission de l’ensemble de l’économie et de la vie sociale aux lois du capital. La retraite par capitalisation, ce n’est pas autre chose. Croit-on que ce soit un hasard si les géants de l’assurance comme Axa militent activement en sa faveur ? Mais on ne saurait l’oublier. La plupart des ces grands patrons sont proches, très proches du président de la République. Ou plutôt non, c’est l’inverse. C’est lui qui est proche d’eux. Oui, Nicolas Sarkozy est l’homme de l’argent à la tête de l’État et à la maoeuvre. La manoeuvre, pour ne pas dire la manipulation et les manipulations. Ah, la burqa par exemple, voilà bien un objet de scandale, voilà l’urgence. Bien sûr, elle n’est pas acceptable et nous n’en voulons pas, mais est-ce cela le grand problème de la France d’aujourd’hui ? Il faut lever le voile, oui, sur la stratégie du gouvernement et du chef de l’État. Alors que la confrontation sur les retraites est engagée, ils vont tout faire pour détourner l’attention avec l’objectif de gagner du temps et de noyer les enjeux. Nous sommes déjà fin avril. Ils veulent boucler le projet de loi dans quelques semaines. C’est maintenant qu’il faut dire Stop et ouvrir le débat. D’autres pistes existent, on le sait, que celles que veut imposer le pouvoir. Nous les explorons dès aujourd’hui dans un numéro hors série et, en fin de semaine, le 1er-Mai peut-être un grand moment dans ce débat et, oui, ce combat.

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Tremblay-en-France porte plainte contre TF1

24 Avril 2010, 19:07pm

Publié par PCF Villepinte

Je vous propose de retrouver les propos que j’ai prononcés lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale, le mercredi 21 avril, en réaction au reportage de TF1 « Mon voisin est un dealer ». J’ai annoncé que la ville de Tremblay-en-France porterait plainte contre la chaîne qui a diffusé ce reportage racoleur et porté atteinte à l’image de la ville.

 

François ASENSI

 Maire de Tremblay-en-France, Député de Seine-Saint-Denis

asensi 

Le 29 mars dernier, la diffusion sur TF1 d’un reportage racoleur intitulé « Mon voisin est un dealer » a placé Tremblay-en-France au centre d’un tsunami médiatique. L’angle réducteur et caricatural adopté par l’émission Haute définition a stigmatisé la commune et ses habitants. L’image de notre cité en est profondément affectée, je le crains de manière durable. Tremblay, jusque là inconnue de bien des français, a été assimilée par l’émission de TF1 à un vulgaire « supermarché de la drogue ». Elle est devenue aux yeux de tous, l’archétype d’une ville dangereuse et pour ainsi dire infréquentable. Loin de moi l’idée de nier la réalité du trafic de drogue à Tremblay-en-France, sa violence, son ancrage social sur une logique mafieuse dans un quartier de la ville, et plus précisément 6 cages d’escaliers. Je ne cherche aucunement à masquer ce phénomène préoccupant qui touche malheureusement l’ensemble des métropoles urbaines confrontées à l’exclusion sociale. L’ampleur de la saisie opérée par les forces de police dans le grand ensemble de Tremblay en atteste.

Depuis de nombreuses années, je demande à l’Etat d’assumer ses missions régaliennes. Il y a deux ans déjà, j’avais conduit le préfet de Seine-Saint-Denis dans ces cages d’escaliers. Le 1er février, devant 250 personnes qui participaient en mairie à une réunion que j’avais convoqué, j’ai désigné précisément les lieux de trafic soit disant révélés par le reportage de TF1. A la suite de l’opération de police et de la diffusion de l’émission de TF1, un acte criminel s’est produit avec l’incendie d’un bus. D’autres bus ont été caillassés. Ces actes ne peuvent bénéficier d’aucune excuse. Je les condamne avec la plus grande fermeté. Je n’accepte pas qu’une poignée de délinquants empoisonne la vie des résidents les plus modestes et déstabilise le vivre ensemble dans le grand ensemble de Tremblay-en-France. Le Président de la République annonçait hier la plus grande fermeté contre le trafic. Je tiens à le réaffirmer ici : il ne peut y avoir d’ordre républicain sans égalité républicaine. L’approche sécuritaire seule est impuissante à faire reculer le terreau social sur lequel s’enracinent les incivilités et l’économie parallèle. Je regrette que le Président de la République lors de sa venue en Seine-Saint-Denis ait fait l’impasse sur la spécialisation grandissante des territoires qui mine la cohésion sociale. Le grand ensemble de Tremblay-en-France, à l’instar d’autres quartiers populaires, connaît une spirale de relégation sociale qui progresse inexorablement depuis 30 ans.= Ce grand ensemble, c’est 3000 logements sociaux d’un seul tenant. C’est le plus grand ensemble de Seine-Saint-Denis avec ses 25 tours. Dans certains immeubles d’habitation, la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, avec un revenu médian de 728 euros par mois. C’est le tocsin de l’urgence sociale qui sonne sans que l’ensemble de la société ne semble en prendre la mesure. Certains diffusent une image trompeuse de Tremblay, en raison des retombées de l’aéroport Charles de Gaulle. Mais comment justifier ce paradoxe : la présence sur 1/3 de la ville du principal site aéroportuaire français et ses 100 000 emplois ne prémunissent pas contre un chômage de masse dans le centre ville de Tremblay, avec plus de 20%. le processus de relégation sociale dont pâtit le grand ensemble de la ville s’accentue à chaque atteinte contre la mixité sociale. Prenez la politique de surloyers dans le logement social. En chassant les populations aux revenus moyens des HLM, elle concentrera plus encore les familles en grande précarité. Voyez l'effet de la suppression de la carte scolaire dans le secondaire. Le dernier rapport de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles souligne le départ des têtes de classes des établissements les plus difficiles.

De plan Marshall annoncé en Plan Espoir Banlieues se dessine un retrait permanent de l’Etat. Les Tremblaysiens le ressentent comme une véritable mise à l’écart de la République. Malgré des indicateurs sociaux alarmants dans le grand ensemble du centre ville, comparables voire supérieurs à ceux des zones urbaines sensibles, Tremblay a été exclu du dispositif de rénovation urbaine et ne bénéficie que résiduellement des crédits de la politique de la ville. Je conteste cette situation incompréhensible aux yeux de nombreux acteurs de ce domaine. Tremblay subit là une véritable discrimination institutionnelle et la municipalité se réserve le droit de saisir la HALDE au motif d’une discrimination territoriale. Les dernières décisions de cet organisme ont admis la pertinence de cette notion et ouvert la voie à sa reconnaissance juridique. J’appelle solennellement à ce que tout soit mis en œuvre pour intégrer Tremblay au plus vite aux dispositifs de politique de la ville et notamment à la deuxième phase de la rénovation urbaine. Bien sûr, TF1 n’est pas responsable de cette relégation sociale. La chaîne s’est contentée de la prendre pour cadre. Mais la puissance de frappe médiatique de l’émission de TF1 est à l’origine directe de la stigmatisation de Tremblay-en-France. C'est de cette atteinte à l’image de la ville dont il est aujourd’hui question. La presse doit couvrir sans interdit l’ensemble de la société française. Elle doit pouvoir le faire à l’abri des pressions et des violences. Mais ce qui est en cause ici, c’est une certaine manière de décrire les quartiers populaires. La crise en banlieue de 2005 avait abouti à une prise de conscience sur la nécessité de traiter de manière nuancée, complexe, la vie dans nos cités. Je crains que ces enseignements ne soient progressivement abandonnés par certains médias. Sous le vernis de l’information, le nouveau magazine d’investigation de la première chaîne s’est abandonné à une posture voyeuriste. Il ne s’agit là que du résultat de la course à l’audimat. J’ai refusé de participer à cette mise en scène de l’information, manifestement orientée pour diffuser une fausse image de Tremblay. Le premier magistrat de la ville n’a pas à participer à cette entreprise. La suite nous a donné raison. La gravité du sujet abordé n’autorise pourtant pas une mise en scène – spectacle telle que celle de l’émission de TF1. Que peut-on attendre d’une réalisation anxiogène par l’enchainement des images et des bandes sons, si ce n’est une réaction de rejet et de peur ? Si ce n’est le renforcement de la stigmatisation de notre ville ? J’évoquais le caractère réducteur du reportage « Mon Voisin est un dealer ». En 37 minutes de reportage, les autres facettes de Tremblay-en-France sont évoquées en seulement 17 secondes. Comment cette poignée de secondes pourrait-elle offrir de Tremblay-en-France une image équilibrée ? Comment une poignée de secondes permettrait-elle au téléspectateur d’appréhender ces trafics de stupéfiants dans l’histoire complexe d’une ville comme la nôtre? La vie à Tremblay-en-France ne se résume pas au trafic et aux violences. Le reportage laisse de côté l’urbanité des villes de banlieue, leur dynamisme social. Les habitants ne reconnaissent pas leur ville dans les images tournées par TF1. La réalité, c’est que cette émission s’est servie de Tremblay-en-France pour reproduire un cliché de la banlieue qui conforte les préjugés. Ce reportage revendiquait une vision inédite des quartiers populaires, il n’en est rien. Le titre racoleur du reportage, « Mon voisin est un dealer », est une provocation inacceptable. Il insinue que le trafic est généralisé et attise la suspicion des tremblaysiens envers leur entourage le plus proche. C’est un climat de défiance que le reportage de TF1 contribue à créer.

Le grand ensemble de Tremblay-en-France est représenté comme une zone de non-droit, un territoire hors de la République où s’appliquent des règles d’exception. Un quartier si hostile qu’il est impossible d’y pénétrer sans un guide.

 

Cette description outrancière renforce la mise à l’écart de ce quartier où 6 cages d’escalier sont concernées par le trafic de drogue. Le CSA a récemment rappelé à l’ordre TF1 pour son émission Sept à Huit consacrée à la ville de Maubeuge, pour déplorer une « dramatisation excessive » et une « image réductrice ». Cet avertissement n’a manifestement pas été écouté et je compte saisir le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel sur le contenu du reportage « Mon voisin est un dealer ».L’image de Tremblay-en-France a été salie par cette couverture caricaturale de TF1, et ce alors que des doutes sérieux ont été exprimés sur les conditions de réalisation du reportage depuis sa diffusion. Il n’est pas anodin que l’acteur principal, le rappeur Larsen se soit dissocié du reportage de TF1. La personne même que la journaliste a sollicité pour l’accompagner dans la ville. Le rappeur Larsen, dans un article publié sur le site d’information Bondy Blog, estime avoir été « utilisé » et affirme que la plupart des personnes présentées comme des trafiquants ne l’étaient pas. « Je n’étais pas complètement bête pour prendre le risque de présenter des vrais dealers à TF1 ! », a-t-il déclaré. Selon lui, je cite, « voyant que les gens ne parlaient pas trop, notamment les jeunes, »TF1 a monté un scénario qui n’avait rien à voir avec ce qui était convenu au départ. TF1 m’a utilisé de façon à ce que les jeunes se montrent et parlent à la caméra, mais moi, je ne devais pas apparaître.    C’est une accusation grave de mise en scène qui est portée. TF1 ne peut s’en tenir à une simple disqualification de ce témoin. Pour la société de production de l’émission Haute définition, il n’est pas supportable que nous relayions ces doutes sérieux. Elle menace de m’attaquer en diffamation. Tremblay-en-France, salie par ce reportage, a le droit de connaître la vérité. Pour ma part je m’interroge : quel intérêt de véritables dealers auraient-ils à témoigner sur une grande chaîne, au risque d’exposer leur mode opératoire et faciliter l’action de la police ? Leur floutage n’a d’ailleurs trompé personne. Les habitants ont reconnu sans peine les jeunes présentés dans ce reportage. En outre, la confiance de certains témoins a été abusée, et le tremblaysien à mes côtés, vous l’exposera. Ce faisceau de suspicions tangibles rend d’autant moins tolérable la stigmatisation dont Tremblay-en-France est victime à la suite de ce reportage. Le reportage de TF1 a causé un préjudice considérable à l’image de la ville de Tremblay-en-France et à ses habitants par son caractère caricatural. La municipalité s’estime en droit de demander réparation à la chaîne. Je vous annonce qu’une action judiciaire sera engagée pour atteinte au droit à l’image de la ville dans les prochains jours. Depuis sa diffusion et les incidents qui ont suivi, près de 70 articles de la presse nationale ont été consacrés à la ville de Tremblay-en-France. Nombre d’entre eux citent désormais notre ville comme l’archétype de la violence urbaine en traitant d’incidents dans d’autres communes. Le sensationnalisme s’est invité à la une de plusieurs journaux évoquant une ville « en état de siège » (Métro) et la « lente descente aux enfers » (Le Monde) de Tremblay-en-France. Sous la plume d’un grand écrivain comme Tahar Ben Jelloun, qui ne connaît sans doute pas notre ville, Tremblay-en-France, je cite, « est devenue le repère des trafiquants et des bandits ». Je serais heureux de le recevoir afin de lui montrer le vrai visage de notre ville. Depuis trois semaines, les témoignages d’habitants affluent sur les mises à l’écart inacceptables dont ils sont victimes. Je souhaite vous en donner quelques exemples. .Le Tournoi international de football poussin organisé à Tremblay-en-France le week-end dernier rassemblait quelques uns des plus grands clubs européens. L’image renvoyée de la ville à l’extérieur les a incités à annuler leur participation. Le week-end dernier, un groupe scolaire extérieur à la ville d’une cinquantaine d’élèves devaient assister à une représentation de l’Avare au Théâtre Aragon, scène conventionnée en plein cœur du grand ensemble de Tremblay. Les organisateurs ont décidé d’annuler cette sortie pédagogique, par crainte de l’insécurité qui aurait pu régner dans notre ville.

 

Dimanche, 10 jeunes tremblaysiennes, de tous les quartiers de la ville, ont intégré un séjour à la montagne aux cotés d’adolescentes de Trappes, Garges-les-Gonesses, Vitry-sur-Seine. A la descente de leur bus, les tremblaysiennes et elles seules ont été prise à partie par l’encadrement du centre de séjour. En clair, le discours signifiait : « nous vous tenons à l’œil. » Ces adolescentes sont profondément choquées de cette exclusion, de cette humiliation, d’autant qu’elles avaient été sélectionnées pour leur comportement exemplaire. On le voit, les efforts considérables des acteurs associatifs et de la municipalité pour permettre l’accès de tous à la culture, aux sports, aux loisirs sont contrariés. Dans de nombreux équipements culturels, les personnels nous font part d’annulations de réservations. L’équilibre de ce quartier est précaire, cette stigmatisation risque de le renfermer sur lui-même. Sur l’ensemble de la ville, les agents immobiliers constatent une baisse de la demande et des annulations de vente. Je ne compte plus les habitants qui me rapportent les réactions effrayées de leurs connaissances quand ils disent habiter Tremblay. Imaginez un peu la réaction d’un employeur recevant les CV de jeunes de notre ville et se posant la question : «  Est-ce un dealer ou est-ce son voisin ? » Tremblay-en-France stigmatisée et mise à l’écart de la solidarité nationale n’est pas la ville résignée dépeinte dans le reportage de TF1.Elle entend se battre pour bénéficier enfin des crédits de la politique de la ville, et faire reconnaître le préjudice qu’elle a subi en se tournant vers le CSA et les juridictions.

Je vous remercie.

 

 

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Travail

24 Avril 2010, 18:23pm

Publié par PCF Villepinte

 

Travail : le rapport oublié

Le monde du travail est-il à présent peuplé de cadres et employés du tertiaire bien heureux de rester au travail au-delà de 60 ans ? Un rapport publié par l’Humanité-dimanche, préconise d’introduire la notion de "performance sociale" pour la rémunération des dirigeants.

En novembre 2009, le premier ministre François Fillon chargeait trois personnalités d’une mission sur la question des risques psycho-sociaux.

A la veille de l’ouverture des discussions sur les retraites, il aurait été bien pratique de reprendre le discours selon lequel les pénibilités « d’antan », liées aux travaux manuels ou industriels, ont disparu et de prétendre que le monde du travail est à présent peuplé de cadres et employés du tertiaire bien heureux de rester au travail au-delà de 60 ans. Sauf que les actualités autour des suicides à France Telecom ou Pôle emploi ont mis en lumière une réalité du monde du travail au 21ème siècle bien différente.

Président du conseil de surveillance et ancien PDG de Schneider Electric, Henri Lachmann a participé aux travaux de cette mission qui se conclut par un rapport préconisant, entre autre de conditionner les rémunérations variables des managers à la « performance sociale » dans leur secteur. Pas commun pour celui qui reste un patron du Cac 40. De quoi éveiller l’intérêt de l’HD qui est allé le rencontrer.

La suite, à lire dans l’HD du 22 avril 2010

Le rapport Bien-être et efficacité au travail :

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APPEL A SIGNATURES, SOUTIEN AU JUGE GARZÓN. De Jean ORTIZ

24 Avril 2010, 11:24am

Publié par PCF Villepinte

PETITION:Signatures à envoyer à jean.ortiz@univ-pau.fr
En indiquant nom, prénom, et université d’exercice.
Jean Ortiz:" Nous rentrons de Madrid (en voiture) où nous sommes regarzon-2.jpgstés quelques heures à l'"encierro" (occupation-forum permanent), à la Facultad de relaciones laborales de l'Université Complutense, dont le "recteur" s'est engagé avec courage...
> Etrange impression de QG sans chef!!, de fourmilière créatrice de démocratie, un mélange de jeunes militants, d'associations de victimes: "à moi, Jean, ils m'ont fusillé mon père et ma mère lorsque j'avais neuf mois", " ce sont les mêmes",et beaucoup d'autres, des larmes, des ovations, des "viva" à la "Tercera Republica", des acteurs comme José Sacristain, Centella, le secrétaire général du PCE, la télé belge, France Info, "la Cuatro TV " qui a fait un sujet sur" l'appel du 14 avril parti de Pau", "Ouest-France, Cathy Ceibe de "L'Humanité", quelques syndicalistes (peu), une auberge chaleureuse et poético-politique, "radical", des poèmes, un grand bazar pour préparer l'énorme manif madrilène de samedi...Sous les ovations, nous avons déployé un long serpentin de signatures d'universitaires" franceses" (800 !! l'ordi explose...nous dépassons les mille à cette heure...et je suis nul en informatique)
> Nous étions quatre: notre collègue Marielle Nicolas (MCF en espagnol) a lu la déclaration de soutien du SNESup, moi-même pour l'appel des universitaires, et deux Présidents d'associations républicaines en France ,qui font un gros travail et pas seulement "de mémoire"... Et les médias !!"Libé Toulouse" très réceptive, Sud-radio ce matin, message Mermet hier, "La Dépêche du Midi" fait une page et "L'Huma" , victime de la lutte des classes!! (grève des ouvriers du livre!) mais site impeccable, "ouverture" en une hier, etc etc Nous avons envoyé la première liste à l'Ambassade d'Espagne, au Tribunal Supremo et au Conseil Général du Pouvoir Judiciaire...Le juge Prego, qui a donné le feu vert aux poursuites des trois groupuscules fascistes (juge et partie?), a été qualifié à l'"encierro" de "lepéniste"...Non de Dieu ! C'est pas nous...
> Quoi qu'il se passe aujourd'hui, en Espagne, rien ne sera plus comme avant. NO PASARAN!!
> Je crève de sommeil...A tout à l'heure...
> Jean Ortiz

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Education

24 Avril 2010, 07:00am

Publié par PCF Villepinte

 

« Faut pas refaire les lycées, faut en construire d’autres »

Entre désenchantement et attente d’autre chose, la réforme du lycée vu par… des lycéens.

Souvent, durant la pause de midi et demi, les élèves du lycée Évariste Galois, à Sartrouville dans les Yvelines, sortent et mangent en face de leur bahut. C’est là qu’on peut faire le tour des petits groupes, et les sonder sur la réforme du lycée qui entrera en vigueur dans six mois.

Pour beaucoup, "réformer" ce n’est pas vraiment positif. "La politique ne sert à rien", "cette réforme ne va rien changer, on le sait tous". Et sur cette portion d’élèves sceptiques, la moitié ignorait encore en quoi consistait cette réforme. La [1] initiée par plusieurs organisations n’a pas suffi.

Pour ceux qui avaient entendu parler de la réforme Chatel, pas plus d’enthousiasme. Certains trouvent la réforme futile car ils se sentent déjà bien accompagnés dans leur orientation. D’autres trouvent que le gouvernement généralisait encore plus les filières…. générales (L, ES et S). Quelques rares lycéens en sont venu à suggérer qu’il fallait carrément supprimer la Seconde (générale), classe "inutile" qu’un grand nombre des élèves redouble (19,07% des lycéens l’ont redoublé en 2007). Pour d’autres, la solution est en réalité très simple : "faut pas refaire les lycées, faut en construire d’autres".

une grande blague

Les plus avertis des élèves rencontrés pensaient que cette réforme n’était qu’une grande blague de la part de l’Etat car, en plus d’être mise en oeuvre alors que le déficit budgétaire s’élève à 138 milliards d’euros, elle instaure des éléments… déjà en place. Cours de soutien, information sur les possibilités d’orientation, etc, font partie de la panoplie. Pour un élève de Terminale L, "la possibilité de changer de filière est bien le seul avantage réel que j’y vois. Le gros défaut de la réforme c’est qu’elle ne touche que les Bac généraux. Comme d’habitude on laisse de côté les Bac techno et professionnels qui, soit dit en passant, ne valent pas moins que les autres. Sauf qu’aujourd’hui si tu fais pas S, t’es nul. On est dans un pays qui se veut élitiste où il faut Bac +5 si tu veux espérer travailler chez McDo et c’est juste n’importe quoi ! »

Jérémy Esteves

Notes :[1] "votation lycéenne"->http://www.humanite.fr/2010-02-16_Societe_Les-lyceens-invites-a-voter-sur-les-reformes-en-cours->xxx

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