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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

régionales 2010 :

16 Mars 2010, 12:29pm

Publié par PCF Villepinte

Déclaration de Pierre Laurent à l'issue du premier tour

 

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16 mars 2010

Le mépris gouvernemental, les discours de division et de haine qu’il a entretenu pour asseoir son pouvoir, aboutissent également aujourd’hui à un retour préoccupant du vote d’extrême-droite.

Ce n’est pas la première fois que la tournure prise par une campagne électorale tourne le dos aux attentes des citoyens et alimente l’abstention, le désespoir et le sentiment d’impuissance chez de nombreux électeurs. La dérive croissante du débat politique vers un présidentialisme omniprésent contribue aussi à ce résultat inquiétant.

Les résultats enregistrés constituent un lourd coup de semonce pour la droite au pouvoir. Les listes de gauche sont en passe de remporter un très large succès au terme de ce scrutin régional.

Ce premier succès de la gauche s’est bâti sur l’exaspération née de la politique de la droite et de Nicolas Sarkozy.

Oui, la France en a assez de cette politique destructrice et asphyxiante, sans morale, impitoyable pour le peuple et clémente aux seuls banquiers et actionnaires. Elle a besoin d’air. Cette volonté doit être respectée. Le gouvernement doit en tenir compte et cesser d’imposer à notre peuple des choix politiques dont il ne veut pas.

Ce succès, c’est la victoire des électrices et des électeurs de toute la gauche. Le score des listes du Front de gauche exprime leurs exigences croissantes à l’égard de la gauche toute entière. Il peut permettre de redonner de l’espoir et de l’envie à celles et ceux qui se sont abstenus en très grand nombre dans les quartiers populaires dans les villes et les campagnes. Ils et elles ont ainsi manifesté leur doute sur la capacité de la politique à améliorer leur vie. Si la gauche ne regagne pas leur confiance, il ne pourra y avoir de victoire durable. Nous nous adressons à elles et à eux pour les inviter dès ce soir à rejoindre ce combat de l’espoir.

Le PCF se félicite particulièrement du résultat des listes impulsées par le Front de gauche et ses partenaires.

Ce résultat prolonge la dynamique lancée aux élections Européennes. Partout le Front de Gauche obtient des résultats qui lui donnent une place incontournable, utile à toute la gauche.

Il réaliserait dans la plupart des régions des scores de 6 à 13%, dépassant 10% dans quatre d’entre elles. Ces chiffres sont bien sur a prendre avec précaution à l’heure qu’il est. Mais ils montrent que nos listes obtiennent des scores indispensables à une belle victoire de gauche dans ces élections régionales et constituent une promesse d’avenir.

Ce front est un rassemblement politique désormais identifié par nos concitoyennes et nos concitoyens.

Il porte les espoirs de toutes celles et tous ceux qui veulent une gauche qui ait, tout à la fois, le courage de rompre avec la pensée et les politiques libérales et celui de construire des majorités permettant de conduire des politiques fortement ancrées à gauche.

Ses résultats vont donner de la force à une gauche combative, des élu-e-s et une gauche sur lesquelles toutes celles et tous ceux qui luttent contre la politique « sarkozyste » vont pouvoir compter dans les combats engagés et à venir, dans les mobilisations sociales qu’il faudra nécessairement amplifier dans les semaines et les mois qui viennent.

Le Front de Gauche est un rassemblement, une dynamique qui comptent pour la gauche. Le front unitaire qu’il constitue doit encore et toujours être élargi, notamment en amplifiant sa démarche populaire et citoyenne, avec l’ambition de réunir les conditions d’une alternative politique majoritaire à la politique de la droite et de Nicolas Sarkozy.

Dimanche prochain, le PCF appelle à confirmer et à amplifier la défaite de la droite et à faire gagner la gauche dans toutes les régions.

C’est nécessaire pour donner une légitimité aux politiques régionales que nous appelons de nos vœux. C’est nécessaire aussi pour disposer de points d’appui pour battre les pseudo-réformes que ce gouvernement a engagées et celles qu’il a repoussées après l’échéance électorale : retraites, hôpitaux, école, services publics...

Dès ce soir, le PCF appelle à la fusion de toutes les listes de gauche à l’exclusion de toute alliance qui brouillerait cette volonté d’opposition résolue à toute la droite.

Cette clarté est nécessaire pour donner de l’espoir et mobiliser dimanche prochain tout le peuple de gauche, celles et ceux qui, notamment dans les quartiers populaires, se sont abstenus ce dimanche.

C’est une condition aussi pour réussir de bonnes politiques régionales vraiment à gauche qui permettent de riposter efficacement à Nicolas Sarkozy et à sa politique.

Toute cette semaine, nous devons porter dans l’union des propositions qui répondent aux questions des salariés, des agents du service public, des centaines de milliers de chômeurs qui dans l’année arriveront en « fin de droits » et de toutes celles et tous ceux qui souffrent de cette politique de droite inhumaine.

La gauche doit montrer qu’elle porte des propositions justes et efficaces répondant aux enjeux sociaux, énergétiques et écologiques, sur l’emploi, les salaires et le travail. Elle doit mobiliser autour de solutions nouvelles sur le logement, la santé, les transports, l’éducation et la culture. Elle doit proposer de nouveaux droits pour les habitants, les usagers et les salariés, de nouvelles formes de démocratie.

Le PCF est déterminé à œuvrer à tout cela pour construire un espoir à gauche qui porte loin.

Dans le Front de gauche, avec le Parti de Gauche et la Gauche Unitaire, avec l’ensemble des partenaires que nous avons rencontrés dans cette élection, le PCF va continuer à développer des propositions innovantes pour un projet politique alternatif au libéralisme, pour travailler à de nouvelles majorités politiques, à un Front Populaire du XXIème siècle.

Il est déterminé, dans tous ses actes, à construire des politiques et des majorités qui donnent envient de transformer ces succès régionaux en victoire nationale.

Il s’emploiera sans compter pour donner suite au dialogue et au rassemblement de la gauche politique avec le monde du travail et de la création, avec le mouvement social et associatif, avec cette société civile riche de toutes ses citoyennes et de tous ses citoyens.

Dimanche prochain, il faut battre la droite. Il faut que la victoire de la gauche soit claire et porte loin, qu’elle rende l’espoir à toutes celles et tous ceux qui souhaitent un changement profond de notre société, qui en ont envie et besoin.

Pierre Laurent
- Coordinateur national du PCF

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financiarisation de l’économie. http://www.collectif-lbo.org

16 Mars 2010, 07:15am

Publié par PCF Villepinte

La financiarisation ou comment casser l'emploi


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Le site web de l’Humanité publie la vidéo du collectif LBO qui dénonce l’opération de « leveraged buy-out » (LBO), financement d’acquisition d’entreprise qui consiste à racheter cette entreprise par de l’endettement. Créé début 2006 par des militants de la CGT, le Collectif LBO est la seule organisation en France qui milite activement contre la financiarisation de l’économie. http://www.collectif-lbo.org

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Régionales 2010

16 Mars 2010, 07:10am

Publié par PCF Villepinte

 

Auvergne :
le Front de gauche « incontournable »

Il réalise son meilleur score national dans cette région, fruit d’un engagement antilibéral collectif mené au plus près des gens. Les négociations se poursuivaient en vue de la fusion des listes de gauche.

Cahier spécial résultats et analyses dans l’Humanité de mardi

Clermont-Ferrand, envoyé spécial.

Le large trottoir du boulevard Trudaine, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), devant le siège de campagne du Parti socialiste, peinait hier à contenir la foule de militants accompagnant les délégations du Front de gauche et d’Europe Écologie venues discuter de la fusion de leurs listes avec celle du PS. Rudes négociations. Le président sortant de l’assemblée régionale, René Souchon, s’appuyait évidemment sur les 28 % obtenus par le PS, proposant de s’en tenir à la stricte arithmétique sans prendre en compte les progrès des deux autres listes de gauche (plus 5 % chacune), mais il ne pouvait ignorer le cumul de leurs scores : presque 25 %. D’autant que Front de gauche et écologistes, avec l’éventuel apport de l’électorat du NPA (4,1 %), pouvaient brandir la menace d’une triangulaire et même rêver de l’emporter.

Simple hypothèse posée sur la table des pourparlers, mais qui permet de mesurer l’ampleur de la réussite de la liste du Front de gauche, emmenée par le charismatique député communiste André Chassaigne. Hier, la Montagne titrait en une que l’homme était « désormais incontournable », et considérait que, au-delà du fort taux d’abstention, le score du Front de gauche était la « vedette » du scrutin.

Pas étonnant pour Marc Lagarde, militant du Parti de gauche dans le Cantal. « Notre politique d’union a créé une dynamique formidable. Nous avons travaillé collectivement avec la volonté d’aller rechercher les voix du peuple au plus près, ça a payé. Un seul exemple : dans notre département, nous avons présenté un des rares producteurs de lait indépendant comme candidat, il a fait 16 % dans son village. C’est exceptionnel. » Pierre Miquel, jeune cheminot de vingt-neuf ans et candidat dans le Puy-de-Dôme, au-delà d’un indéniable effet Chassaigne, voit dans le résultat l’aboutissement d’une « grosse campagne de proximité » : « Sans brandir de programme bouclé d’avance, nous sommes allés au-devant des gens et nous avons tenu compte de ce qu’ils nous apportaient. Nous avons élaboré nos propositions, bien ancrées dans la société, avec eux. »

Pour André Chassaigne, la campagne, menée sur le thème de « l’humain avant tout », a été reconnue par les habitants. « Nous avons passé avec eux un vrai pacte citoyen, dans le respect mutuel, avec la volonté partagée de promouvoir des choix qui portent le fer au cœur du capitalisme. C’est une façon de concevoir la politique au-delà des slogans. » Le score du Front de gauche, pour le député, marque le « début de la reconstruction d’une gauche de combat », d’une gauche riche de son lien avec le mouvement social. Dès la journée d’action du 23 mars, André Chassaigne aura à cœur de prouver que son engagement ne se résume pas à quelques mots bien choisis.

Dany Stive

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Pour des Etats Généraux du Service Public

15 Mars 2010, 17:56pm

Publié par PCF Villepinte

 

ssp.jpgLe 8 mars 2010 a, à nouveau, rappelé que l’égalité des droits pour les femmes passait notamment par la contraception et l’avortement ce qui exige un service public de qualité partout et pour toutes.

Le Mardi 9 mars, les personnels de la Justice sont descendus dans la rue, le 11 ceux et celles des Crèches, des Hôpitaux de Paris, le 12 les enseignants des collèges et lycées, tous et toutes ont exprimés leur refus de la casse du service public, volonté réaffirmée avec force par N. Sarkozy dans son interview au Figaro.

Lors de la campagne des élections régionales les questions des Transports et de la Formation continue, e plus largement celles des services publics locaux ont alimentées les débats.

Un nouveau rapport, celui de François Cornut-Gentille confirme que 75% des usagers ont une bonne image des services publics, mais une majorité (53%) estime qu’ils ont plutôt mal évolué au cours des dernières années. 66% des Français voient dans la politique gouvernementale la recherche d’économies avant tout.

Toutes ces manifestations, ces débats, témoignent de l’urgence, au-delà de la résistance indispensable, de proposer et d’imposer des services publics du 21ème siècle. Plus que jamais à la marchandisation mortifère, coûteuse et inefficace, s’opposent l’intérêt général et la défense des biens communs.

Tel est l’objectif des États généraux du service public proposés par 36 organisations (partis politiques, syndicats, associations) et soutenu par de nombreuses personnalités et chercheurs. Le comité national s’attache à organiser, en 2010, partout dans le pays des États généraux du Service Public locaux et nationaux. Il appelle donc l’ensemble des forces qui se battent aujourd’hui, à prendre toute leur place dans ce processus et à y porter leurs analysent et leurs propositions.

Organisations signataires : AITEC ; ANECR ; ATTAC ; CADAC ; Collectif national contre les franchises et pour l’accès aux soins pour tous ; Collectif national droits des femmes ; Confédération Paysanne ; Convergence Nationale des collectifs de défense et développement des SP ; Comité National des Privés d’Emploi CGT ; Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité ; ESS ; Fondation COPERNIC ; FASE ; Fédération des SP – CGT ; FSU ; Gauche Avenir ; Gauche Unitaire ; Les Alternatifs ; Les Verts ; LDH ; M’PEP, MRC ; NPA ; PCF ; PCOF ; PG ; PS ; République et Socialisme ; Résistance Sociale ; SOLIDAIRES ; Syndicat de la Magistrature ; UDB ; UFAL ; UGFF-CGT ; UNEF ; USP …

Le site des Etats généraux du service public

 

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L'homme marche avec sa tête.

15 Mars 2010, 11:53am

Publié par PCF Villepinte

La gauche a-t-elle besoin d’une morale ? Regards croisés :

PAUL ARIÈS, politologue, directeur du journal le Sarkophage et rédacteur au mensuel la Décroissance ;
 quiniou.jpgYVON QUINIOU, philosophe, spécialiste du matérialisme (*)

Tout d’abord, peut-on dire que la crise systémique du capitalisme a une dimension morale ?

YVON QUINIOU. Certains aspects de la crise ont une dimension clairement morale : les comportements individuels des traders ; les rémunérations des patrons qui sont à un niveau invraisemblable, alors que, par ailleurs, des masses de gens vivent dans la misère. Il y a un creusement par le haut des inégalités, ce qui frappe l’opinion publique. Mais ces aspects-là, dont chacun saisit l’immoralité, ne sont que les révélateurs d’une immoralité plus profonde, qui tient au système lui-même. Or, ceux qui mettent en avant ces aspects spectaculaires et individuels d’une immoralité pratique cherchent souvent à masquer ainsi sa réalité plus profonde et structurelle. L’enjeu de cette manipulation est de faire croire qu’on pourrait résoudre la crise du système en remédiant aux comportements, en modifiant les mentalités, sans jamais toucher à la structure elle-même. Si on voulait vraiment, comme cela a été dit parfois, y compris par Sarkozy, moraliser le système, on ne le pourrait pas. Parce que c’est un système intrinsèquement immoral. Si on veut le moraliser, alors il faut le supprimer.

Et pour ce qui est de la gauche, ses interrogations morales, par exemple sur les contours de la laïcité, peuvent-elles être mises en rapport avec la crise, qui fragilise les collectifs et donc conduit à chercher des repères pour le « vivre ensemble » ?

YVON QUINIOU. Oui, il y a aussi une crise plus large de la moralité dans la conscience collective. Mais cette crise, flagrante à droite depuis toujours, je la sens aujourd’hui du côté des dirigeants socialistes. Ceux-ci me semblent avoir perdu le contact avec les couches populaires et être relativement indifférents au malheur humain que sécrète le capitalisme.

PAUL ARIÈS. Cette notion de crise systémique doit être prise au sérieux. Cela veut dire que cette crise affecte tous les domaines : social, environnemental, politique, institutionnel, symbolique, culturel, etc. Cela veut dire aussi qu’il y a quelque chose qui fait lien et sens. Et ce qui fait lien, c’est le fait que le productivisme nous a fait perdre la capacité de nous donner des limites. Notre société a sombré dans l’ubris, la démesure. Le capitalisme est une machine à accumuler et fonctionne au « toujours plus ». Ce système est impossible car lorsqu’un individu n’est pas capable de se donner des limites, il va les chercher dans le réel : conduites à risques, toxicomanie, suicide… et lorsqu’une société n’est pas capable non plus de se donner des limites, elle va aussi les chercher dans le réel : réchauffement planétaire, épuisement des ressources, explosion monstrueuse des inégalités sociales, etc. Les réponses habituelles de la gauche sont inadaptées face à cette crise. Savez-vous que lorsque vous détenez un patrimoine de 5 650 euros, vous appartenez déjà aux 50 % les plus riches de la planète et avec 350 000 euros, au 1 % plus riche ? La grande question n’est donc plus de faire croître le gâteau mais de renouer avec le sens des limites, donc de primer la politique et la culture. Nous devons en finir avec l’idée de toute-puissance ou de monde sans limites. Cette crise est donc à la fois une catastrophe mais aussi la dernière chance pour la gauche de se refaire en cessant de refouler la grande question du partage. Ce qui veut dire en finir avec le capitalisme, mais aussi avec une certaine gauche. L’objectif ne peut plus et ne doit plus être de faire grossir le gâteau, le PIB, mais de changer sa recette : qu’est-ce qu’on produit ? comment ? pour quels besoins ? Cette crise appelle à réhabiliter les autres dimensions de nos personnalités : la dimension politique, certes, mais aussi morale, artistique, gourmande, poétique. Cette gauche morale doit être celle d’un socialisme gourmand et du Verbe. Cette gauche n’a pas tant besoin d’experts que de poètes : songeons à ce qu’ont été la place des poètes dans la Résistance, la part des chants dans les révolutions. Nous ne luttons pas seulement contre l’exploitation et la domination ou la destruction de la planète, mais pour la dignité, pour la vie bonne, la joie de vivre.

Par définition, toute morale prétend à l’universalité. Cette prétention ne peut-elle pas avoir pour effet de masquer les contradictions du réel, de la société telle qu’elle est ?

PAUL ARIÈS. Dire que le débat moral masque les enjeux de classe est un vieux discours. Dans ma jeunesse, certains courants de gauche lançaient des mots d’ordre tels que « pollution = piège à cons ». Leur idée, c’était qu’il y avait des enjeux plus sérieux que l’environnement, à savoir la défense du pouvoir d’achat. Dire que le débat moral serait réactionnaire, c’est aussi oublier, comme on le fait depuis des décennies, que les milieux populaires sont foncièrement du côté de la morale. Ce constat a été ma grande surprise lors de l’écriture de mon ouvrage sur la Simplicité volontaire contre le mythe de l’abondance : les gens de peu ont été durant des siècles porteurs de morale, d’habitus totalement anticapitalistes. On peut même dire qu’être révolutionnaire n’a jamais exclu le fait d’être conservateur en matière de défense des valeurs, des modes de vie, etc. Cette morale populaire n’a rien de commun avec le « droitde- l’hommisme  » d’un Kouchner ou le « jouir sans entraves » d’un Cohn-Bendit.

YVON QUINIOU. La question du caractère idéologique ou non de la morale traverse le marxisme, et Marx lui-même. Celui-ci a pu la définir comme « l’impuissance mise en action », pour lui opposer l’analyse scientifique concrète de la réalité sociale et l’appel au politique pour transformer cette réalité. C’est en s’appuyant sur ce Marx qu’Althusser s’est risqué à réduire la morale à un « traitement imaginaire des problèmes réels ». Cette vision n’est pas dénuée de fondement, mais elle est unilatérale. Il y a une dimension normative irréductible de la politique en général et de la politique marxienne en particulier. Marx l’a reconnue dans sa jeunesse, même s’il l’a niée ensuite dans le discours explicite qu’il tient sur son oeuvre et son engagement. Et elle affleure constamment dans son texte sous la forme de prises de position normatives : indignation, colère, dénonciation virulente de l’injustice du capitalisme. Son texte n’est donc pas seulement scientifique, il est aussi critique, et il ne le serait pas s’il n’était porté par des valeurs que la science ne saurait justifier. Il faut donc admettre ce que disait Rousseau dans l’Émile : « Ceux qui voudront traiter séparément la politique et la morale n’entendront rien à chacune des deux ! » De plus, la morale faisant référence à l’Universel, il faut prendre au mot le discours universaliste que la bourgeoisie tient, souvent hypocritement, et le retourner contre elle : vous parlez de liberté et d’égalité, eh bien, mettez-les donc en pratique dans votre politique !

PAUL ARIÈS. La question fondamentale me paraît être celle du rapport entre la science, ou connaissance objective, et les universaux que l’on se donne. Car on ne se révolte pas seulement au nom des « lois de l’histoire » mais parce qu’on a un haut-le-coeur devant le travail des enfants, l’humiliation, le mépris du faible. La politique de gauche est fondée sur des intérêts de classe, mais aussi sur une morale. La science peut informer nos normes et nos valeurs, mais pas les fonder. Prenons l’exemple de l’égalité. Aujourd’hui, lorsque je parle d’égalité à mes étudiants, ils me renvoient à des faits objectifs, notamment biologiques. Ils passent donc totalement à côté de l’égalité comme fiction humanisante. Si nous étions égaux en faits, la question de l’égalité ne se poserait pas. C’est nous qui choisissons de nous reconnaître comme égaux ! Poser la question de la morale, c’est donc interroger nos fictions humanisantes ou pas. Les récits dominants d’aujourd’hui constituent des fictions déshumanisantes.

YVON QUINIOU. Je dirais pour ma part qu’il y a dans la critique indissociablement politique et morale de la réalité un formidable potentiel de mobilisation des individus. Une gauche authentique ne doit pas se contenter, en effet, de faire appel aux intérêts, elle doit susciter aussi la capacité proprement humaine de dénoncer ou d’approuver la réalité d’un point de vue moral.

La démocratie est également en crise, et cela remonte bien avant le déclenchement de la crise systémique actuelle. Peut-on établir un lien avec le ralliement d’une partie de la gauche à un pragmatisme étroit, un esprit purement gestionnaire ?

YVON QUINIOU. Oui, absolument. On assiste, selon moi, à une vraie « démoralisation » de l’esprit public, qui facilite l’acceptation du système. Elle est liée à la diffusion d’une idéologie à la fois économiste et techniciste, qui vise à dépolitiser la vie sociale en naturalisant l’économie capitaliste. L’idée que la justice commande que l’on répartisse autrement les richesses et qu’on puisse donc apporter des solutions politiques aux maux de notre société tend à être éliminée. Bien sûr, j’exclus de cette critique les communistes, pour autant qu’ils sachent être clairs avec les fondements normatifs de leur engagement, et la gauche extrême. Parallèlement, on assiste au renforcement d’une idéologie ultra-individualiste, qui est proprement celle du libéralisme. Elle tarit la sensibilité à la dimension collective des problèmes, exacerbe l’égoïsme et pousse à la concurrence interindividuelle. En même temps, elle tente de faire porter aux individus la responsabilité des maux sociaux, soit via leur libre arbitre (les chômeurs ne recherchent pas d’emploi), soit via leur nature (les délinquants sont violents de naissance). Dans tous les cas, la causalité sociale du malheur est occultée et on nous apprend à ne pas la voir. Il ne faut donc pas sous-estimer le rôle de l’idéologie dans la situation actuelle. Au contraire, il faut être offensif sur ce terrain : cela permet d’être raisonnablement optimiste car on peut changer les idées des hommes ! En même temps, il faut impérativement essayer de réactiver la conscience morale collective !

PAUL ARIÈS. Yvon Quiniou a raison : la crise du politique renvoie très clairement à une crise morale. Tout simplement parce que le capitalisme ne peut pas faire société. Quand on parle de société capitaliste, c’est un véritable abus de langage. Le capitalisme est générateur d’incivilités, il engendre une vie sans urbanité. La gauche a trop longtemps sous-estimé ce danger, comme elle sous-estime la dangerosité de ce courant que l’on nomme le transhumanisme et qui prétend engendrer une post humanité débarrassée de nos petites faiblesses. Le capitalisme vert est prêt à adapter la planète mais aussi l’humain à ses besoins. Face à cette véritable menace de « désespècement », la gauche devrait rappeler que l’humanité n’est grande que dans le respect de ses faiblesses, c’està- dire le respect des plus faibles mais aussi de la part faible de chacun.

La montée en puissance dans l’opinion publique des questions écologiques révèle-t-elle un besoin de morale, la quête d’une nouvelle éthique ?

PAUL ARIÈS. La question que pose l’écologie antiproductiviste (qui n’a rien à voir avec le capitalisme vert de Sarkozy, de Cohn-Bendit ou du Medef), c’est de marier le « principe responsabilité » (Hans Jonas) et le « principe espérance » (Ernst Bloch). Il n’y aura pas de nouvel espoir à gauche sans cela. Il y a aujourd’hui deux démarches écologistes : d’une part, celle qui est fondée sur la science et la culpabilisation des individus, avec le danger de tomber dans un discours du type « salauds de pauvres qui osez revendiquer alors qu’il y a le feu à la planète » ; d’autre part, celle dont je me réclame, qui n’est pas dans l’ordre de la culpabilisation, mais du désir, qui sait susciter l’envie de changer la vie. Nous ne gagnerons que si nous menons le combat sur les modes de vie. Le véritable enjeu, c’est de reconstruire du collectif autour des cultures populaires. Ce n’est pas un hasard si, aujourd’hui, la seule région au monde où le socialisme se conjugue au présent, à savoir l’Amérique latine et centrale, est celle où l’on a su marier le marxisme et les cultures indigènes.

YVON QUINIOU. Je prendrai les choses de manière un peu différente, tout en partageant l’essentiel de ce qui vient d’être dit. Il faut bien préciser les rapports respectifs de l’écologie à la morale et à l’éthique. Il y a selon moi deux écologies : l’écologie de préférence et l’écologie d’existence. La première consiste à valoriser la nature par opposition à la culture. C’est ce que l’on retrouve dans la « Deep Ecology » aux États-Unis. Elle ne relève pas d’un enjeu interhumain et elle n’a aucun caractère obligatoire. Pour ces deux raisons, elle échappe à la morale stricto sensu et relève plutôt d’une éthique. La deuxième renvoie à une crise qui met en jeu les conditions naturelles de la vie humaine sur terre. Cette écologie d’existence est habitée par un impératif proprement moral, qui est de tout faire pour assurer la reproduction de cette vie. Ensuite, il est certain qu’il faut chercher aussi à améliorer la qualité de la vie. Faut-il pour autant aller jusqu’à remplacer le paradigme marxiste par un paradigme écologique  ? Je n’en suis pas du tout convaincu. Car on pourrait très bien imaginer une société où les conditions de la vie seraient respectées pour tous, mais où il y aurait toujours des exploiteurs et des exploités. La question sociale demeure donc primordiale.

PAUL ARIÈS. Pour ma part, et tous les objecteurs de croissance ne partagent pas ce point de vue, le développement d’une gauche antiproductiviste enfin optimiste est bien une façon de revisiter le marxisme et de refonder le communisme. C’est pour cela que je mets au coeur de ma réflexion la défense et l’extension de la sphère de la gratuité du bon usage face au renchérissement du mésusage. Nous devons passer d’un pack de droits sociaux fondés sur le travail à un nouveau pack de droits sociaux, tout aussi émancipateurs, fondés sur le droit à une vie bonne : il faut pour cela un revenu d’existence couplé à un revenu maximal autorisé. L’alternative est entre la barbarie et la victoire des nouveaux partageux.

YVON QUINIOU. La question de la place du travail est complexe et on ne saurait l’éliminer, vu son importance anthropologique. Par contre, il faut récuser l’idée que le capitalisme aurait pour but de nous permettre de consommer. L’économiste hétérodoxe John Galbraith, dans son dernier ouvrage, remet en cause la notion de « société de consommation ». Pour lui, on est dans une société de production : le système produit à la fois des objets et les sujets consommateurs de ces objets. Et derrière la production d’objets, il y a production de profits. C’est déjà ce que pointait Marx. Et c’est par ce biais-là que je rejoins la question, en effet décisive, de savoir si ce qui est produit correspond ou non à de vrais besoins. Dans l’économie capitaliste, c’est la valeur d’échange qui est essentielle, alors que dans une économie de type communiste, c’est l’usage qui l’emporterait.

Si, pour remobiliser, la gauche a besoin de réimpulser du désir, peut-elle s’appuyer pour ce faire sur son patrimoine humaniste ?

YVON QUINIOU. Oui, absolument. Marx dit que le communisme « n’est pas un idéal sur lequel la réalité devrait se régler », mais « le mouvement réel qui abolit l’état actuel ». Je réponds qu’il est aussi un idéal sur lequel la réalité devra se régler. On entend constamment dire que lorsqu’on est matérialiste, on ne peut avoir d’exigences morales. Je ne suis pas d’accord. Comme Darwin l’a montré dans la Filiation de l’homme, la morale est une compétence naturelle de l’homme développée par l’histoire ; et c’est au travers de celle-ci qu’elle parvient à saisir son contenu universel. Le critère de l’universel, c’est que les intérêts de tous soient satisfaits. C’est pourquoi la morale, dans sa formulation kantienne, nous commande de ne jamais réduire l’autre à l’état de moyen ou d’instrument pour les fins que l’on poursuit. Elle réclame aussi, corrélativement, l’autonomie de l’être humain. Du coup, si on la prend au sérieux, on voit que, dans toute sa rigueur, elle mène au communisme. Comme l’a dit magnifiquement Ernst Bloch dans Droit naturel et dignité humaine, le communisme, « c’est ce qu’on avait longtemps cherché sous le nom de morale ».

PAUL ARIÈS. L’autonomie est en effet le bon critère de jugement d’une morale. Charles Péguy disait cependant de Kant : « Il a les mains pures, mais il n’a pas de mains. » Je crois donc qu’il est essentiel de penser la morale de façon incarnée. Il faut libérer déjà les corps de la pesanteur des institutions, du travail (« perdre sa vie à la gagner  »), de la publicité, de la mode, du culte de la santé parfaite, tout ce qui conduit à considérer son propre corps comme un capital à valoriser. Il n’y aura pas de sortie du capitalisme sans révolution anthropologique. Être communiste, pour moi, c’est être un adepte de la lenteur, un partisan de la reterritorialisation, un défenseur des collectifs, des modes de vie populaires. À chacun son éthique mais une seule morale pour tous : le partage, le don.

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR LAURENT ETRE

(*) Yvon Quiniou a notamment publié Athéisme et matérialisme aujourd’hui, aux éditions Pleins Feux (2004). Dernier ouvrage (à paraître) : Éthique, morale et politique. Changer l’homme ? Éditions l’Harmattan. Paul Ariès vient de publier la Simplicité volontaire contre le mythe de l’abondance, aux éditions la Découverte et, en collaboration avec Florence Leray, Cohn-Bendit, l’imposture, aux éditions Max Milo.

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Réaction aux résultats du 1er tour des élections régionales

15 Mars 2010, 11:49am

Publié par PCF Villepinte


Les résultats du premier tour des élections régionales connus à cette heure enregistrent un taux d’abstention alarmant. Ils dessinent une très large défaite de la droite présidentielle. Les listes de gauche remportent un premier et large succès. Ce succès est marqué par des résultats significatifs des listes présentées par le Front de gauche et ses partenaires, vraisemblablement supérieurs à ceux de l’élection européenne. Ces résultats font ce soir de ces listes une composante incontournable à gauche.


Résultat 1er tour : Déclaration de Pierre Laurent (PCF)
envoyé par regionales2010fg. - L’info video en direct.

Je tiens, au nom du Parti communiste, dont les militants se sont dépensés sans compter dans cette campagne pour obtenir ces résultats, et je veux les en féliciter, à remercier toutes celles et ceux qui à gauche ont permis ces résultats.

L’abstention estimée à près de 52% atteint un niveau historique pour ce type de scrutin. C’est une situation inquiétante. La droite a tout fait pour obtenir un tel résultat en espérant échapper à la sanction des électeurs.

Ce niveau record est aussi la conséquence du discrédit organisé de la politique, de ses missions publiques au profit d’une domination toujours plus écrasante du pouvoir de l’argent. Dans une période de crise très dure pour la majorité de notre peuple, cette abstention marque une défiance maximum à l’égard des discours politiques dominants, qui se résignent à cette domination, quand ils ne l’organisent pas comme le pouvoir actuel.

Le mépris gouvernemental, les discours de division et de haine qu’il a entretenu pour asseoir son pouvoir, aboutissent également aujourd’hui à un retour préoccupant du vote d’extrême-droite.

Ce n’est pas la première fois que la tournure prise par une campagne électorale tourne le dos aux attentes des citoyens et alimente l’abstention, le désespoir et le sentiment d’impuissance chez de nombreux électeurs. La dérive croissante du débat politique vers un présidentialisme omniprésent contribue aussi à ce résultat inquiétant.

Les résultats enregistrés constituent un lourd coup de semonce pour la droite au pouvoir. Les listes de gauche sont en passe de remporter un très large succès au terme de ce scrutin régional.

Ce premier succès de la gauche s’est bâti sur l’exaspération née de la politique de la droite et de Nicolas Sarkozy.

Oui, la France en a assez de cette politique destructrice et asphyxiante, sans morale, impitoyable pour le peuple et clémente aux seuls banquiers et actionnaires. Elle a besoin d’air. Cette volonté doit être respectée. Le gouvernement doit en tenir compte et cesser d’imposer à notre peuple des choix politiques dont il ne veut pas.

Ce succès, c’est la victoire des électrices et des électeurs de toute la gauche. Le score des listes du Front de gauche exprime leurs exigences croissantes à l’égard de la gauche toute entière. Il peut permettre de redonner de l’espoir et de l’envie à celles et ceux qui se sont abstenus en très grand nombre dans les quartiers populaires dans les villes et les campagnes. Ils et elles ont ainsi manifesté leur doute sur la capacité de la politique à améliorer leur vie. Si la gauche ne regagne pas leur confiance, il ne pourra y avoir de victoire durable. Nous nous adressons à elles et à eux pour les inviter dès ce soir à rejoindre ce combat de l’espoir.

Le PCF se félicite particulièrement du résultat des listes impulsées par le Front de gauche et ses partenaires.

Ce résultat prolonge la dynamique lancée aux élections Européennes. Partout le Front de Gauche obtient des résultats qui lui donnent une place incontournable, utile à toute la gauche.

Il réaliserait dans la plupart des régions des scores de 6 à 13%, dépassant 10% dans quatre d’entre elles. Ces chiffres sont bien sur a prendre avec précaution à l’heure qu’il est. Mais ils montrent que nos listes obtiennent des scores indispensables à une belle victoire de gauche dans ces élections régionales et constituent une promesse d’avenir.

Ce front est un rassemblement politique désormais identifié par nos concitoyennes et nos concitoyens.

Il porte les espoirs de toutes celles et tous ceux qui veulent une gauche qui ait, tout à la fois, le courage de rompre avec la pensée et les politiques libérales et celui de construire des majorités permettant de conduire des politiques fortement ancrées à gauche.

Ses résultats vont donner de la force à une gauche combative, des élu-e-s et une gauche sur lesquelles toutes celles et tous ceux qui luttent contre la politique « sarkozyste » vont pouvoir compter dans les combats engagés et à venir, dans les mobilisations sociales qu’il faudra nécessairement amplifier dans les semaines et les mois qui viennent.

Le Front de Gauche est un rassemblement, une dynamique qui comptent pour la gauche. Le front unitaire qu’il constitue doit encore et toujours être élargi, notamment en amplifiant sa démarche populaire et citoyenne, avec l’ambition de réunir les conditions d’une alternative politique majoritaire à la politique de la droite et de Nicolas Sarkozy.

Dimanche prochain, le PCF appelle à confirmer et à amplifier la défaite de la droite et à faire gagner la gauche dans toutes les régions.

C’est nécessaire pour donner une légitimité aux politiques régionales que nous appelons de nos vœux. C’est nécessaire aussi pour disposer de points d’appui pour battre les pseudo-réformes que ce gouvernement a engagées et celles qu’il a repoussées après l’échéance électorale : retraites, hôpitaux, école, services publics...

Dès ce soir, le PCF appelle à la fusion de toutes les listes de gauche à l’exclusion de toute alliance qui brouillerait cette volonté d’opposition résolue à toute la droite.

Cette clarté est nécessaire pour donner de l’espoir et mobiliser dimanche prochain tout le peuple de gauche, celles et ceux qui, notamment dans les quartiers populaires, se sont abstenus ce dimanche.

C’est une condition aussi pour réussir de bonnes politiques régionales vraiment à gauche qui permettent de riposter efficacement à Nicolas Sarkozy et à sa politique.

Toute cette semaine, nous devons porter dans l’union des propositions qui répondent aux questions des salariés, des agents du service public, des centaines de milliers de chômeurs qui dans l’année arriveront en « fin de droits » et de toutes celles et tous ceux qui souffrent de cette politique de droite inhumaine.

La gauche doit montrer qu’elle porte des propositions justes et efficaces répondant aux enjeux sociaux, énergétiques et écologiques, sur l’emploi, les salaires et le travail. Elle doit mobiliser autour de solutions nouvelles sur le logement, la santé, les transports, l’éducation et la culture. Elle doit proposer de nouveaux droits pour les habitants, les usagers et les salariés, de nouvelles formes de démocratie.

Le PCF est déterminé à œuvrer à tout cela pour construire un espoir à gauche qui porte loin.

Dans le Front de gauche, avec le Parti de Gauche et la Gauche Unitaire, avec l’ensemble des partenaires que nous avons rencontrés dans cette élection, le PCF va continuer à développer des propositions innovantes pour un projet politique alternatif au libéralisme, pour travailler à de nouvelles majorités politiques, à un Front Populaire du XXIème siècle.

Il est déterminé, dans tous ses actes, à construire des politiques et des majorités qui donnent envient de transformer ces succès régionaux en victoire nationale.

Il s’emploiera sans compter pour donner suite au dialogue et au rassemblement de la gauche politique avec le monde du travail et de la création, avec le mouvement social et associatif, avec cette société civile riche de toutes ses citoyennes et de tous ses citoyens.

Dimanche prochain, il faut battre la droite. Il faut que la victoire de la gauche soit claire et porte loin, qu’elle rende l’espoir à toutes celles et tous ceux qui souhaitent un changement profond de notre société, qui en ont envie et besoin.

Pierre Laurent
- Coordinateur national du PCF

Le dimanche 14 mars 2010 à 20H00

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Villepinte régionales 1°tour

15 Mars 2010, 09:51am

Publié par PCF Villepinte

Résultat premier tour des Régionales à Villepinte

 

 

 

Inscrits

17 691

   

Abstentions

12054

68.1

 

Votants

5 637

31.9

 

Exprimés

5 439

30.7

 
   

 

 

 

 

Voix

% exprimés

 

 

 

Modem   

 

 

175

 

 

3.2

 

Emergence

41

0.8

 

Extr Droite

34

0.6

 

Europe écologie

565

10.4

 

Alliance écologie

73

1.3

 

PS

1 510

27.8

 

LO

65

1.2

 

FN

801

14.7

 

Debout la République

184

3.4

 

NPA

312

5.7

 

Front de Gauche

431

7.9

 

UMP

1 248

22.9

 

 

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Jean Ferrat : le poète avait toujours raison

15 Mars 2010, 07:07am

Publié par PCF Villepinte

 

Dans son édition de lundi, l’Humanité rend un hommage spécial à ce géant et à un ami vrai du journal
.
Dès ses premières chansons au début des années 60, il exprime sa "nature rebelle" quitte à s’attirer les foudres d’une censure plus ou moins tacite.

Son étiquette communiste dérange : en 1965, "Potemkine" est privée d’antenne et en 1966 il est interdit de petit écran en raison de sa candidature sur la liste PCF aux élections municipales d’Antraigues (Ardèche).

Ma France, cette chanson dans laquelle il s’attaque aux gouvernants ("Cet air de liberté dont vous usurpez aujourd’hui le prestige") est interdite d’antenne. Ferrat refuse de passer à la télé sans elle et patientera deux ans avant d’être à nouveau invité sur un plateau. En 1971, Yves Mourousi rompt la censure en diffusant un extrait de la chanson.

Jean Ferrat avait fait de cette censure un sujet de chanson ironique : "Quand on n’interdira plus mes chansons, je serai bon à jeter sous les ponts…".

Son attachement politique, Jean Ferrat le date de son enfance, lorsqu’un militant communiste lui sauve la vie pendant l’Occupation, une période qui lui a ravi à l’âge de 11 ans son père Mnacha Tenenbaum, juif émigré de Russie en 1905 et mort en déportation.

"On ne guérit pas de son enfance", confiera-t-il plus tard. De même, il ne reniera jamais son admiration pour certains des combats du communisme, comme la lutte contre le nazisme, le colonialisme et l’argent roi.

En 1967 celui qui n’a jamais chanté dans les pays de l’Est est invité à Cuba. Il en revient avec la chanson "Cuba si", où il déclare que l’on y vit "pauvre" mais "libre".

Au Bataclan, présent par un message

En janvier dernier, affaibli, il n’avait pu être au rendez-vous de soutien à l’Humanité, mais Francesca Solleville qui interprète Ma France, lit un mot d’amitié de Jean Ferrat à l’Huma, « mon journal, mon quotidien »

Sans jamais avoir pris la carte du parti, Jean Ferrat sera conseiller municipal (1970-1983) à la mairie communiste d’Antraigues, soutiendra la candidature de Georges Marchais pour la présidentielle de 1981, et sera inscrit sur la liste communiste aux européennes de 1999.

"Je n’ai jamais été un béni-oui-oui" du parti communiste, tenait-il à préciser : "Je n’ai pas de fil à la patte/je ne viens pas d’une écurie", affirme-t-il dans sa chanson "Je ne suis qu’un cri".

Et de rappeler qu’il a dénoncé l’invasion russe de la Tchécoslovaquie en 1968 et conspué en 1980 "les staliniens zélés" de "Prague à Budapest" qui "nous ont fait avaler des couleuvres", dans la chanson "Bilan", une réponse au "bilan globalement positif" dressé alors par le PCF à propos des pays de l’est.

Révolté et rêveur, l’homme à la crinière blanche et aux moustaches généreuses s’était fait, peu à peu, de plus en plus rare. Il n’a jamais tellement aimé la scène, "trop dure physiquement". Il la quitte en 1972 après le Palais des sports, puis fuit volontairement la télévision, cette "machine à vendre".

Son havre de paix s’appelle Antraigues, petit village ardéchois immortalisé par un de ses plus grands succès ("La Montagne"), où il s’installe en 1973 avec sa femme, la chanteuse Christine Sèvre, décédée en 1981.

Jean Ferrat sort peu de sa tanière mais chaque apparition, chaque nouvel album est un événement médiatique, et souvent l’occasion d’un nouveau "coup de gueule" : contre la grande industrie du disque et de la communication qui condamne le pluralisme et la liberté, contre le PAF qu’il juge "obscène", contre le nucléaire ou contre la condamnation du contestataire José Bové qu’il soutient en 2007 comme candidat "antilibéral" à l’élection présidentielle. Récemment, il a soutenu le Front de Gauche dans la campagne des élections régionales.

Tantôt engagé, tantôt poète émerveillé, le chanteur alterne tendresse et colère. Il met en musique la poésie "jaillissante" de Louis Aragon, dont certains textes sont maintenant indissociables de la voix chaude et caressante de Ferrat ("Que serais-je sans toi", ou "Aimer à perdre la raison").

Ermite bucolique aux prises avec l’humanité, il aurait voulu "être le cri de la mésange/n’être qu’un simple gazouillis", mais la condition humaine aura fait de lui "le cri qu’on abrège, la détresse infinie".


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régionales premier tour

15 Mars 2010, 07:04am

Publié par PCF Villepinte

Régionales : une claque pour la droite


La droite subit un recul plus fort que prévu. L’abstention atteint un niveau record. La gauche enregistre une large avance. Le Front de gauche s’installe dans le paysage politique.

Ce devait être un vote sanction ; ce fut un vote gifle que le gouvernement de Nicolas Sarkozy vient d’essuyer hier au soir du premier tour des élections régionales. Dimanche en début de soirée, les premières estimations sorties des urnes convergeaient sur un verdict sans appel : il semblait en effet que le score des listes UMP resterait au bord des 30 %. Ce qui signifie que moins d’un tiers des Français qui se sont rendus aux urnes régionales ont manifesté leur soutien à la politique actuelle. Fait aggravant, le taux record de l’abstention n’est pas le reflet d’un climat de confiance à l’égard du gouvernement.

Cette abstention, tout laisse à penser qu’au début de la campagne elle était intégrée dans la tactique de l’Élysée. Tout s’est déroulé comme si la droite redoutant la sanction populaire avait dans un premier temps tout entrepris pour décourager le citoyen. L’opinion publique ne peut retenir comme contribution du parti « majoritaire » que des ragots de basse police contre un candidat du PS ou des propos racistes tenus par Gérard Longuet, sénateur UMP conseiller de Nicolas Sarkozy. Ce n’est que dans les derniers jours de la campagne que l’Élysée a tenté de redresser la situation et entrepris de susciter un début de remobilisation de ses troupes. Nicolas Sarkozy allant même, dans le Figaro Magazine, à exhorter les électeurs de droite à se rendre dans les bureaux de vote. De son côté, François Fillon fut envoyé hors de la tranchée dans quelques meetings pour labourer les thèmes identitaires de la droite de droite : sécurité, immigration. Or les tout derniers sondages portant sur les motivations des électeurs plaçaient l’emploi au premier rang des préoccupations des Français, quelles que soient par ailleurs leurs préférences politiques.

La gauche, dans toutes ses composantes, enregistre une large avance sur le camp sarkozyste. Quelques points seulement séparaient hier soir les listes du PS et celle de l’UMP. Selon la SOFRES, le PS devançait l’UMP de 30 % contre 23 %. Si les listes d’Europe Écologie flirtaient avec les 12 ou 14 %, les équipes du Front de gauche étaient créditées selon les premières estimations d’une fourchette entre 6 % et 7 %. Cette alliance, qui a fait ses premières armes lors des européennes de juin 2009, s’implante dans le paysage politique, comme une composante qui va compter dans la recomposition politique. Localement, des résultats témoignent de cette évolution. Á Martigues la liste conduite par Jean-Marc Coppola atteint 23 % derrière 30 % à la liste Vauzelle. En Auvergne, la liste Chassaigne dans certaines localités doublait son résultat de 2004.

Á vouloir séduire l’électorat du Front national en multipliant les provocations et les campagnes idéologiques visant à diviser les habitants de notre pays, les stratèges du sarkozysme ont remis en selle le parti officiel de l’extrême droite française. Crédité de 10 % jusqu’à 12 % selon les instituts de sondages, le FN a donc capté une partie des électeurs de droite, dans les milieux populaires, déçus par la politique sociale de Nicolas Sarkozy. Marine Le Pen a mené dans le Nord-Pas-de-Calais une campagne de démagogie sociale qui a rencontré un écho certain dans un contexte d’explosion du chômage et de précarité. Même limité à des zones géographiques bien définies (le Sud-Est et le Nord-Pas-de-Calais), le progrès du FN est à mettre au bilan de Nicolas Sarkozy qui prétendait le phagocyter en reprenant ses thèmes de campagne. Il est en autre grand perdant au lendemain de ce premier tour. Le Modem se trouve plus ou moins mis hors jeu des tractations qui avaient tenté certains dirigeants socialistes pour le second tour. Tout s’est passé comme si le corps électoral avait rejeté l’hypothèse d’alliance contre nature. Á moins de 5 %, le parti de François Bayrou se trouve exclu des négociations qui vont s’ouvrir à gauche. La situation politique s’en trouve quelque peu clarifiée.

Jean-Paul Piérot

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Dessin humanite.fr

13 Mars 2010, 07:56am

Publié par PCF Villepinte

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