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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Réforme des retraites

15 Février 2010, 15:31pm

Publié par PCF Villepinte

Augmentons les cotisations patronales !

Khalfa Pierre, Le Monde du 15 février 2010

 retraite-copie-1.jpg

Réforme des retraites : pourquoi, comment ? Ouvert le 15 février par le président de la République, ce sera le grand chantier du gouvernement en 2010. Age de départ, durée de cotisation, montant des pensions, épargne privée : les données du débat

Les mesures prises depuis 1993 pour résoudre la question du financement des retraites ont entraîné une baisse générale du niveau des pensions qui n'est plus contestée. Cette baisse devrait se poursuivre et le décrochage par rapport aux salaires s'accentuer. Selon le Conseil d'orientation des retraites (COR), le taux de remplacement moyen - niveau de la retraite par rapport au salaire - était en 2007 de 72%, il devrait passer à 65% en 2020 et à 59% en 2050. Ces mesures ont aggravé les inégalités pour les personnes aux carrières heurtées. Les femmes, qui ont déjà des pensions inférieures de 40% aux hommes, sont très touchées.

On programme donc une paupérisation des futurs retraités. Après avoir engagé un processus d'allongement permanent de la durée de cotisation, le gouvernement veut maintenant retarder l'âge légal de départ à la retraite. Ce report aurait pour conséquence de remettre aussi en cause la borne des 65 ans, âge qui permet d'avoir une retraite à taux plein.

Pour justifier ce report, on nous cite les autres pays européens. Ainsi, l'Allemagne a programmé de reculer l'âge de départ à la retraite à 67 ans. Si les Allemands, et d'autres, le font, pourquoi pas nous? Sans même discuter de la validité d'une telle mesure pour ces pays, et au-delà du fait que copier ce qui se fait ailleurs n'est pas d'une grande originalité politique, remarquons que la France est une exception démographique en Europe.

Alors que le taux de fécondité y a été de 2,02 enfants par femme en 2008, les autres pays européens sont en situation d'implosion démographique, l'Allemagne par exemple peinant à atteindre 1,4 enfant par femme. Vouloir s'aligner en matière de retraite sur d'autres pays européens revient à vouloir appliquer la même politique de chauffage à Helsinki et à Palerme.

Grande hypocrisie

Mais surtout, vouloir faire travailler les salariés plus longtemps relève d'une grande hypocrisie. On sait en effet que six salariés sur dix sont hors emploi au moment de faire valoir leur droit à la retraite, et les mesures successives prises par le gouvernement pour changer cette réalité n'ont abouti à rien. Hypocrite, cette solution est aussi dangereuse car elle revient à rompre le contrat entre générations.

Si les actifs paient les pensions des retraités, en contrepartie, les salariés âgés laissent leur place sur le marché du travail aux nouvelles générations. Cette exigence est d'autant plus forte que le chômage de masse perdure. Décaler l'âge de départ à la retraite revient à préférer entretenir le chômage des jeunes plutôt que payer des retraites.

On nous rabâche que vivre plus longtemps impose de travailler plus longtemps. Mais est-ce une solution acceptable alors même que les conditions de travail se détériorent, que la souffrance au travail se développe ? Est-ce que le sort des êtres humains est de travailler jusqu'à n'en plus pouvoir pour que les dividendes versés aux actionnaires continuent leur croissance faramineuse ? Car, comme le note l'Insee, si l'espérance de vie augmente, l'espérance de vie " en bonne santé " n'est que de 64,2 ans pour les femmes et de 63,1 ans pour les hommes. Les salariés ont donc peu de temps pour profiter de leur retraite. Alors que la productivité du travail ne cesse de progresser, il faut travailler non pas plus, mais moins ! D'ailleurs, l'accroissement de l'espérance de vie ne date pas d'aujourd'hui et s'est accompagné d'une baisse continue de la durée du travail. C'est ce qu'on appelait le progrès...

La solution au financement des retraites existe et elle figure d'ailleurs en filigrane de tous les rapports du COR. Elle consiste à mettre un terme à la baisse de la part salariale (10 points en vingt ans) dans la valeur ajoutée et à accompagner l'évolution démographique par un relèvement progressif des cotisations sociales. Est-ce possible ? Le besoin de financement supplémentaire des retraites, par rapport à la loi Fillon de 2003, a été estimé par le rapport du COR de 2007 à un point de PIB en 2020 et à 1,7 point en 2050. Personne ne peut croire que l'évolution de l'économie ne permettra pas de le couvrir. Un point de PIB correspondait en 2007 à 10 % des dividendes versés aux actionnaires des sociétés non financières.

Il est normal, dans une société qui comporte plus de retraités, d'accroître la part de la richesse produite qui leur est consacrée. Le tabou à faire sauter est le refus d'augmenter le taux des cotisations patronales. Un tel rééquilibrage de la part des salaires dans la valeur ajoutée serait compensé par une baisse des dividendes versés aux actionnaires et ne pénaliserait pas l'investissement productif, ni la compétitivité des entreprises. La litanie sur le renchérissement du " coût du travail " n'a pas lieu d'être.

 

 

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L'€urope en crise !

15 Février 2010, 06:45am

Publié par PCF Villepinte

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On peut cogner, chef?

14 Février 2010, 18:19pm

Publié par PCF Villepinte

La police est-elle au service des citoyens ?

Rappel des faitssarko.jpg

Les débats sur la Loppsi à l’Assemblée depuis mardi laissent entrevoir 
un désengagement financier de l’État 
sur les questions de sécurité 
et une mission toujours davantage 
centrée sur son volet répressif.

Depuis mardi, le projet 
de Loi d’orientation 
et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi) est en débat à l’Assemblée. L’objectif  : donner un cadre aux forces de police 
et de gendarmerie, mais aussi, et pour la première fois, aux services de sécurité privés. Au menu de ce texte, une série de mesures pour la plupart considérées par l’opposition, certains syndicats et associations comme attentatoires 
aux libertés. Mais, surtout, un projet 
de loi qui accentue le volet répressif 
de la mission de la police, au détriment des autres, et en tentant de jongler 
avec des effectifs de plus en plus réduits  : développement de la vidéosurveillance, rôle accru des polices municipales et des services de sécurité privés, tout est bon pour punir davantage et pour réduire les frais de l’État. Alors que se creuse chaque jour encore plus le fossé entre la population et la police, que cette dernière elle-même manifeste régulièrement son insatisfaction à se voir imposer des tâches dictées par des impératifs chiffrés et privées de sens, nous avons réuni un politologue (Fabien Jobard), un policier (Yannick Danio) et un rappeur (Rost) pour s’emparer du débat sur l’avenir 
de notre police, dresser un état des lieux, et donner quelques pistes de ce que serait, pour eux, «  une police citoyenne  ». Au centre de leurs préoccupations, les contrôles d’identité, vécus par certains comme un harcèlement, ciblés sur les populations noires, maghrébines ou habillées hip-hop, et qui, bien souvent, sont devenus le dernier contact entre la police et la population  ; la politique du chiffre et ses conséquences directes sur le travail des policiers et sur leur rapport avec la population  ; et le report des missions de la police nationale sur les collectivités et les services privés, avec la mise en place d’une sécurité à plusieurs vitesses, de plus en plus à la charge 
des collectivités locales. Et la mémoire, pas si lointaine, des révoltes de 2005 
dans les quartiers populaires, où la colère n’est pas retombée.

Anne Roy

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« Est-ce qu'on peut vivre avec 460 euros par mois ? »

14 Février 2010, 17:50pm

Publié par PCF Villepinte

 

Les quatre organisations de chômeurs AC !, Apeis, MNCP, CGT chômeurs, dans un communiqué commun, appellent à une journée d’action le 26 février, date d’une possible rencontre entre Medef et syndicats sur la question des fins de droits. Les organisations rappellent leur revendication d’un revenu décent pour tous, du retrait de l’indemnisation liée aux ressources du ménage.

Huit ans après la fermeture de l’usine Moulinex de Caen, au moins 200 anciens salariés sont dans une situation critique, explique Maguy Lalizel, de l’association Apic-Mx.


« On dit que pour les chômeurs en fin de droits qui vont toucher le RSA ou l’ASS, il n’y a pas de problème, ils continuent à être indemnisés. Mais est-ce qu’on peut vivre avec 460 euros par mois ? Quel homme politique a essayé de vivre avec ça, alors que le seuil de pauvreté est à plus de 800 euros ? » Maguy Lalizel est une femme en colère. Ancienne ouvrière et syndicaliste chez Moulinex à Cormelles-le-Royal, près de Caen (Calvados), elle anime aujourd’hui l’association Apic-MX [1], qui maintient le lien entre les ex-salariés de l’usine, fermée en novembre 2001. Á ce titre, elle a suivi le destin d’une partie des 1 300 salariés du site — dont 66 % de femmes — jetés à la rue après des années de travail. Huit ans après, le bilan est lourd : sur les 700 adhérents de l’association, 180 sont dans une situation critique, sur le point de basculer dans les minima sociaux. Et encore, une bonne partie des anciens ont été « sauvés par l’amiante », comme ils disent amèrement : l’exposition au poison a permis à la moitié de l’effectif, comme Maguy, de partir en retraite anticipée, leur épargnant quelques années de galère.

« Même si on est fort, le chômage est une vraie souffrance, souligne Maguy. Quand vous avez envoyé 300 CV et reçu seulement cinq ou six réponses, toutes négatives, que votre demande de formation est rejetée, que vous avez cinquante-trois ans, vous vous demandez : à quoi je sers ? est-ce que j’existe encore ? Moi aussi j’aurais pu plonger, comme d’autres. » Il faut en plus subir le discours ambiant, culpabilisant : « On fait des cadeaux sans contrepartie aux banques responsables de la crise, mais, en revanche, le chômeur qui touche 1 000 euros, on l’accuse de pas vouloir bosser, et on lui rappelle qu’il a des droits et des devoirs ! », s’emporte la militante, pour qui le fait de s’organiser, de rester liés après un plan social est un « camouflet pour le Medef, les patrons, le gouvernement ».

Parmi les anciennes collègues, il y a toute la palette de situations. « Pour celles qui sont en ASS ou au RSA, c’est très dur, raconte Maguy. Une fois que le loyer est payé, certaines n’ont que 1 euro par jour pour vivre. J’en ai connu une qui se nourrissait de café au lait avec du pain et de la margarine. Pour des femmes qui ont été indépendantes toute leur vie, c’est une grande honte d’aller aux Restos du cœur. Et puis toute vie sociale disparaît quand la priorité c’est de payer le loyer et de trouver à bouffer. » D’autres ne touchent rien, parce que leur conjoint travaille et que les allocations sont versées en tenant compte des revenus du ménage. « Ces femmes ont fait trente ans à l’usine, elles ont cotisé, mais arrivées en fin de droits elles dépendent de leur mari ! », peste Maguy. Une minorité a retrouvé un CDI. « D’autres s’en sont sorties en tournant en intérim sur toutes les boîtes du coin. Mais avec la crise, ça devient difficile. » C’est le cas de Martine, cinquante-trois ans, qui, jusqu’à présent, avait réussi à travailler huit ou dix mois par an en intérim. « Mais depuis le 11 décembre, je n’ai plus rien. Je suis inquiète car j’arrive en fin de droits en août, et le temps défile à toute allure. » Industrie, ménage, transport, elle est prête à tout prendre malgré sa « facture Moulinex » : deux coudes bousillés qui la font souffrir au travail.

F. D.

Notes :

[1] Affiliée au Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP)



 

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Hommage

13 Février 2010, 18:51pm

Publié par PCF Villepinte

Une immense dame si petite par la taille mais qui fit trembler tant de procureurs et de juges vient de nous quitter.

 N Dreyfus nd.jpgNicole Dreyfus, Maitre Nicole Dreyfus est décédée ce jeudi. La maladie l'a vaincue. Pour les plus jeunes, ce nom ne parlera pas spontanément.

  D'autres que moi diront mieux ce que fut la vie de cette avocate communiste qui décida de son métier toute enfant et qui y parviendra en 1946 à moins de vingt trois ans.

Imaginez! Un an après la suppression de ce Vichy qui la conduisit à se cacher, une jeune femme, portant ce nom emblématique de Dreyfus (parente éloignée du capitaine) prête serment et s'engage dans le combat anticolonialiste.

Une femme qui fut parmi ceux qui prirent les risques les plus grands pour défendre les patriotes algériens. Et dire qu'elle culpabilisait parce que trop jeune et hors des circuits  qui lui aurait permis de l'être elle n'avait pas été résistante. La suite de son parcours témoigne de cette frustration et de quelle manière elle l'a par ses actes dépassée.

  A ceux qui disent que les communistes des années 50, internationalistes d'alors n'ont pas été aux côtés du peuple algérien, elle en est le démenti personnifié. Image de cet engagement qui conduira Ch. Lerderman, alors coordonnateur de l'activité des avocats communistes à la faire rapatrier de façon énergique et discrète pour éviter qu'elle ne soit exécutée par les factieux colonialistes qui n'étaient pas que de l'OAS.

  Cette femme qui ne s'en laissait pas compter était respectée en cette Algérie indépendante pour qui elle a tant donné. Sans jamais concéder de terrain aux idées contraires à son engagement d'avocate, de militante, de femme libre, elle y retournait pour dire. A de nombreuse reprise, elle participera à partir de ses compétences juridiques et son expérience de terrain, rencontre après rencontre, colloque après  colloque, elle participera jusqu'à la fin de ses forces à nourrir la connaissance historique et sa popularisation de ce qui de Sétif,  Guelma à Kherrata, cette ignoble répression du 8 mai 1945 jusqu'à à mars 1962 conduiront un peuple à imposer son indépendance.
Je garde le souvenir de cette joie qu'elle avait de se retrouver à Alger jusqu'à son dernier voyage où sa lucidité et son autorité lui permettait de montrer leurs contradictions à ses interlocuteurs, elle, une femme, avocate, en 2009, à Alger.

  Plus tard, dans d'autres espaces juridiques de sa carrière, pour défendre l'honneur du Professeur Jacques Roux ce grand médecin résistant impliqué malgré ses actes et dénonciations dans l'affaire du "sang contaminé", sa plaidoirie bousculera jusqu'aux plus hautes sphères de l'état et innocentera le professeur J. Roux.

  La presse relatera sa prise en otage et comment elle sauvera celui qui la détient des balles du GIGN qui venait la délivrer. Il y a quelques semaines, à l'évoquer, elle en souriait encore.

  Cette femme qui faisait autorité dans les différentes salles d'audiences, droit du travail, aides aux municipalités, droits des locataires mettait tout son honneur à être du bon côté de la barricade, contre les réactionnaires de quelque nature et d'engagement qu'ils affichent  au point que les avocats des parties adverses venaient la saluer, je peux en témoigner.

  J'ai eu la chance de la côtoyer ces dernières années. Militante inlassable pour faire la clarté sur l'assassinat du jeune mathématicien communiste Maurice Audin, prenant sa canne, de sa démarche voutée par les ans et la vue meurtrie par le travail sur ses dossiers pour la méticulosité se ses plaidoiries, elle témoignait de la Sorbonne à Alger.

  Sa voix devenait parfois un peu rauque lorsqu'elle se laissait aller à dire combien elle souffrait de voir que certains de ses camarades, devenus anciens par leurs choix, l'oubliaient dans des initiatives où elle aurait pourtant aimé témoigner de leurs engagements communs.

 

Un grand acteur de ces juristes démocrates, ces progressistes, parce que communistes internationalistes vient de nous quitter.

  Par canaille le rouge - Publié dans : Mémoire et Histoire

 

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Tribunes & idées

13 Février 2010, 11:38am

Publié par PCF Villepinte

Adapter la formation à l’humain et non l’inverse

20154598 jpeg preview mediumPar Brigitte Riéra, responsable IUFM à Antony, candidate du Front de Gauche en Île-de-France.

Les programmes européens en matière d’éducation affirment qu’en amenant les niveaux les plus faibles à la formation la plus élevée, on résiste mieux aux crises. Or, l’idée ne s’impose pas assez en France, où le décrochage de ces idéaux est très mal vécu par tous, citoyens et parents qui faisaient confiance aux instances de l’éducation nationale. Je dirais que c’est par sens civique que je suis candidate sur la liste du Front de gauche dans les Hauts-de-Seine, pour défendre les institutions et l’accès par tous à l’éducation et à la culture quand les responsables eux-mêmes sont démunis, quand les établissements privés bénéficient de soutiens financiers qui les rendent très attractifs dans la carte scolaire.

Ce qui est détruit actuellement est colossal. Ce gouvernement a besoin de faire table rase de toute l’expérience antérieure pour piloter le système par l’idéologie la plus butée qui soit. Les enjeux politiques locaux entraînent des luttes de pouvoir dans lesquelles les stratégies politiques en matière de territoire et de patrimoine immobilier prennent le pas sur les besoins éducatifs et sur l’exigence en formation  ; si bien que tous les IUFM ne s’en sortiront pas de la même manière. Certains seront intégrés à l’université et partageront ses projets, d’autres disparaîtront ou se transformeront en filière de formation pour adultes. Les universités peuvent s’appuyer sur leur autonomie pour construire des parcours nouveaux et des formations professionnalisantes mais elles ne peuvent le faire à marche forcée.

En refusant de reporter d’un an l’application complète de la réforme de la formation des enseignants et la mastérisation, le gouvernement fait les plus mauvais choix  : le concours de recrutement est placé en début de deuxième année de master, ce qui ne permet ni de former correctement un enseignant, ni de réorienter un étudiant qui a échoué au concours. Le critère de l’excellence disciplinaire l’a emporté sur la nécessaire polyvalence de la formation des enseignants. Les IUFM ne préparaient pas assez au métier, disait-on. Finalement, on supprime complètement toute formation avant la mise en responsabilité  ! Au lieu d’une entrée progressive, on a, dès la promotion de cette année, des étudiants qui vont assurer en septembre 2010 un service à temps complet pendant deux tiers de l’année scolaire en ayant pris une classe en responsabilité une ou deux semaines seulement  !

Et le passage en force de réformes qui désarticulent le tissu social et les réseaux de formation existants se drape derrière le cynisme insupportable de déclarations contraires à la réalité  ! La stratégie de prudence de Valérie Pécresse et de Luc Chatel consiste à légiférer d’une main de fer ou en aveugle, quitte à laisser jouer aux présidents d’université au sein de leur conférence (CPU) le rôle de la masse pensante au travail qui, s’offusquant des directives prises, assure que des régulations pourront se faire en cours de route. De fait, c’est bien le seul espace de travail et la seule lueur d’espoir qu’il reste aux professionnels de l’éducation et de la formation.

Au lieu de ce massacre organisé qui laisse la plupart au bord de la route, des regroupements peuvent s’opérer en Île-de-France notamment, entre les IUFM et leurs universités d’intégration. Un cadrage plus ferme et l’obligation de stages dans les parcours préparant aux métiers de l’enseignement vont s’imposer d’eux-mêmes lorsque la pagaille du terrain remontera via les parents d’élèves et les écoles. Car si un renouvellement s’impose du système éducatif, il s’agit de construire un modèle éducatif en phase avec le monde d’aujourd’hui, où les périodes de formation alternent, à tous les âges de la vie, avec des périodes de latence ou de travail  : il s’agit d’adapter la formation à l’humain et non l’inverse, de s’appuyer sur les ressources technologiques disponibles et d’ouvrir davantage de cursus de seconde chance.

L’idée que chacun a la possibilité de reprendre des études où il les a laissées, sans être stigmatisé, en bénéficiant d’aides pour son parcours à l’université, une université ouverte à tous et pas seulement aux jeunes, cette idée s’oppose radicalement aux vieilles lunes que l’on nous vend aujourd’hui  : le mythe d’un enseignant qui parle comme un livre dès qu’on le plonge dans une classe, l’illusion d’une recherche liée à l’excellence et non au progrès humain, le leurre d’être dirigé par des ministres efficaces et non des esprits éclairés.

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Jeunesse sacrifiée

13 Février 2010, 11:28am

Publié par PCF Villepinte

L’insécurité sociale, le mal endémique du sarkozysme, engendre toutes les autres formes d’insécurité. Les jeunes sont les premières victimes.
jeunes-copie-1.jpg13/02/2010

Par Jean-Emmanuel Ducoin

Malgré le fiasco d’un pseudo-débat sur « l’identité nationale », qui aura réveillé les pires démons de la fange néonationaliste, malgré la dramatique statistique annoncée hier qui nous apprend que la France a connu en 2009 « la pire récession depuis 1945 », malgré le chômage de masse et l’accumulation par centaines de milliers de personnes en « fin de droits », l’agenda idéologique imposé par Nicolas Sarkozy, comme si de rien n’était, poursuit son travail de sape. Implacable logique de division. Les faits sont pourtant têtus. Et les concomitances rarement innocentes. Depuis une dizaine de jours, trois sujets importants occupent l’espace politique. En apparence, ils n’ont rien en commun… Ils ont au contraire tout à voir. Quelle est en effet la pierre angulaire entre la lutte des personnels enseignants de l’académie de Créteil, les nombreuses et scandaleuses gardes à vue d’adolescents, et l’examen à l’Assemblée nationale du projet de loi dit Loppsi 2, autorisant les préfets à instaurer dans les communes un couvre-feu pour les mineurs de moins de treize ans ? La jeunesse. Toujours la jeunesse. Victime désignée. Ne voyez aucun hasard à ce tremblement du calendrier. Depuis toujours Sarkozy se méfie de la jeunesse, jusqu’à l’obsession du tout-sécuritaire qu’il érige insidieusement à tous les échelons de la société. Néanmoins, le prince président ferait bien de se méfier de la révolte partie du lycée Adolphe-Chérioux, à Vitry-sur-Seine, à la suite de l’agression d’un élève. Hier, les enseignants concernés ont décidé de poursuivre l’action et ont même réclamé un débat télévisé avec le ministre de l’Éducation, Luc Chatel, afin d’obtenir des moyens humains. Comme une traînée de poudre, le mouvement s’est d’ailleurs étendu au grand Est francilien, rejoignant celui de plusieurs établissements de Seine-Saint-Denis déjà en ébullition. Leur revendication à tous ? L’arrêt de la saignée des effectifs : 16 000 postes supprimés pour la rentrée 2010, plus de 50 000 depuis 2007 !

A-t-on seulement idée des conséquences de ces statistiques macabres ? Au lycée Chérioux de Vitry, elles tiennent en quelques chiffres, eux aussi éloquents : 1 500 élèves, 40 hectares à gérer… 11 surveillants ! Telle est la France d’aujourd’hui. L’insécurité sociale, qui engendre directement ou indirectement toutes les autres formes d’insécurité, est le mal endémique du sarkozysme. Chacun le sait : les premières victimes, pour la plupart dans les ZEP, sont les jeunes eux-mêmes. Pour eux, c’est même souvent double, triple, quadruple peine…

Après avoir supprimé la carte scolaire, accélérant la cristallisation des poches de « ghettoïsation » ou se concentrent toutes les inégalités, le gouvernement reste évidemment sourd à toutes les revendications nées d’une épouvantable dégradation des conditions de travail. Sourd, sauf bien sûr aux velléités ultradroitières de sanctuarisation des établissements scolaires transformés en bunker à l’américaine. Moins d’hommes et de femmes pour l’éducation, les enseignements, la gestion des souffrances et des difficultés. Mais des caméras en pagaille pour la surveillance et le flicage, installées de surcroît par des sociétés privées… Voilà la promesse de notre « à-venir » commun en Sarkozye. Selon que vous soyez ou non du bon côté du mur social, l’éducation favorisée pour les uns, sacrifiée pour les autres… couvre-feu et gardes à vue en prime.

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La grève s'étend chez Ikéa

12 Février 2010, 20:09pm

Publié par PCF Villepinte

ikea.jpgLe conflit social lancé la semaine dernière sur la question des salaires met au jour la lente dégradation des conditions de travail chez le géant de l’ameublement suédois. Le système de travail collectif est remis en cause.

« Ce mouvement de grève est historique chez Ikea », répète l’intersyndicale CFDT, CGT, FO. Depuis vendredi dernier, un bras de fer est engagé entre la direction et les syndicats. Dans le cadre des négociations annuelles obligatoires, le groupe refuse d’accorder une augmentation collective des salaires. Mais table sur des hausses au mérite à hauteur de 1,2 %. Une conception individualiste du travail qui ne cadre pas avec les valeurs de la marque d’ameublement. Ikea est née dans le Smaland, une contrée suédoise où « la simplicité, l’humilité, l’économie et la responsabilité sont des évidences dans le mode de vie », si l’on en croit le site Internet. Des valeurs que son créateur, Ingvar Kamprad, a distillées au sein d’Ikea. Semble-t-il avec succès. Le rapport annuel sur le développement durable de 2009, publié par les Échos, démontre que 79 % des salariés de l’enseigne seraient satisfaits de leur travail.

le management s’est durci

Une information pourtant nuancée par le mouvement social de ces derniers jours. Insidieusement, le système du travail collectif Ikea est remis en cause dans les 26 magasins français. Le processus s’est accéléré en 2009. D’après les syndicats  : les conditions de travail se sont dégradées et le management s’est durci. Renée, employée à la plate-forme téléphonique dans le magasin d’Évry (Essonne), constate que « les lows-performers (c’est comme cela qu’Ikea appelle les moins productifs) ont été débarqués. Maintenant le travail individuel prend le pas sur les résultats collectifs. La direction exige beaucoup de nous, mais nous ne récoltons aucune reconnaissance ». Elle soupire  : « Ils ont osé nous proposer 0 % d’augmentation pour les salaires. On nous dit qu’Ikea fait déjà beaucoup pour nous, des déjeuners pas chers, un climat de travail agréable une bonne mutuelle… »

Pour Marylène Laure-Douilly, déléguée syndicale centrale CGT, « la direction a mis ces mesures sur le compte de la crise, qui a bon dos ». Serge Fernandes, délégué syndical FO à Ikea Montpellier, vit aussi au quotidien la fissure du modèle social. Le magasin de Montpellier tourne bien. Mais cette année, 40 postes y ont été supprimés. « Du coup, on se retrouve à faire des heures supplémentaires. Même les cadres viennent travailler quotidiennement en rayon  ! » explique-t-il. Pour lui, « les dirigeants ne regardent que le chiffre d’affaires », qui a bondi de 6,3 %, à 2,24 milliards d’euros, pour l’exercice 2008-2009. « Il y a dix ans, Ikea était progressiste. Aujourd’hui, lors des entretiens d’évaluation, les mots “travail d’équipe” et “humilité” ont disparu des critères », observe Serge. La fin d’une époque pour le numéro un de l’ameublement en France  ?

Cécile Rousseau

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Expulsion de Bagnolet

12 Février 2010, 17:32pm

Publié par PCF Villepinte

Témoignage de Rosa Moussaoui habitante de bagnolet, journaliste à l’Humanité

vendredi 12 février 2010

logement-ba.jpgRue Victor Hugo, Bagnolet. Je passe chaque semaine dans cette rue. Elle se trouve dans le quartier des Coutures, à la frontière entre Bagnolet et Montreuil. Le quartier change, évolue, mais il compte encore de très nombreux immeubles insalubres, des habitats indignes, dangereux pour leurs occupants, prêts à flamber en quelques minutes. De ceux qui font la fortune des marchands de sommeil.

Le squat de la rue Victor Hugo relève d’une situation encore plus complexe. La bâtisse grisâtre, laissé de longue date à l’abandon, est à moitié en ruine. Le lieu abrite toutes sortes de trafics, en particulier de drogues dures. A ses abords, toujours beaucoup d’hommes, dehors, la plupart défoncés, souvent agressifs, parfois violents.

Lieu de proxénétisme, aussi : des hommes qui exploitent des femmes sans ressources, sans protection. Des armes de poings ont déjà été saisies dans cette immeuble. Un lieu inhumain, en somme, à vous serrer le cœur, un lieu comme on aimerait qu’il n’en existe plus. Depuis des années, je passe devant chaque semaine, et chaque semaine je me demande ce que l’on attend pour le détruire.

L’immeuble, laissé à l’abandon par un propriétaire véreux, a été préempté par la mairie en juin 2009, avec l’objectif d’y construire 50 logements sociaux. C’est peu, dans une ville qui, malgré ses 40% de logements sociaux, compte 2700 demandeurs. Mais c’est déjà ça.

Mercredi 10 février à 6h00 du matin, les forces de police sont intervenues, sur ordre de la préfecture, pour exécuter la décision de justice ordonnant l’évacuation du squat. Un constat a été fait par un huissier : il n’y avait aucun enfant. Les affaires de la vingtaine d’occupants, dont une femme, ont été sorties avant que l’immeuble ne soit muré. Je déplore la date choisie par l’Etat pour faire exécuter cette décision de justice par un froid glacial. Mais je ne déplore pas la destruction partielle de l’immeuble, intervenue le lendemain.

Contrairement au mensonge relayé dès la première dépêche AFP (écrite sans vérification sur place) et repris en boucle, là encore sans vérification, par les rédactions, la « mairie communiste » n’a pas jeté d’honnêtes familles sans défense à la rue sous la menace d’un « bulldozer ».

Mais qu’importe, il faut du sensationnel. Et l’entrée en scène du DAL va en donner aux médias. Dans son premier communiqué, l’association parle de 80 occupants, avec femmes et enfants. Soit dit en passant, le lendemain, le DAL n’en évoquait plus que 40 et, le surlendemain, 29.

Mais qu’importe l’approximation, tant que les caméras sont là. De même, le DAL évoque d’abord des familles. Puis nuance son diagnostic le lendemain, en reconnaissant les trafics de stupéfiants et le proxénétisme.

Pendant ce temps, les vilains communistes de la mairie de Bagnolet ont négocié, avec la préfecture, des solutions de relogement provisoire dans l’attente de mieux. Refusées par les occupants sur les conseils du DAL, qui les enjoint à ne pas « se disperser ». A la rue, sous la neige, avec des tentes rouges, c’est tellement plus photogénique.

Qu’importe. Cette situation incombe aux vilains communistes. Surtout par cette température et à un mois d’élections régionales. D’ailleurs, NPA, MODEM, Parti de gauche et autres écologistes ne se privent pas pour rivaliser d’émotion, pour exploiter une situation dont ils ne savent rien, pondant des communiqués bien indignés, complaisamment repris par les médias. Le filon politicien est bon, pourquoi s’en priver ?

Bagnolet à la une des médias. Nous n’avons jamais eu cet honneur pour les parrainages de familles sans papiers. Ni lorsque la municipalité a pris à bras le corps la situation des locataires de la rue Marie-Anne Colombier logés dans un immeuble déclaré en péril, et dont le propriétaire tarde à faire les travaux qui lui incombent.

Nous n’avons pas eu cet honneur lors du relogement des familles Roms Bulgares dont le campement avait été incendié. Relogement que la municipalité a assumé contre vents et marées, malgré l’hostilité d’une partie de la population prompte à stigmatiser cette minorité accusée par la vox populi de tous les maux. Bagnolet accueillera Slavoj comme jadis elle a accueilli Giovanni, Tassadit ou Touré, avait alors argumenté la municipalité.

Emballement médiatique, manipulation politique, mensonges, le traitement de l’affaire du squat de la rue Victor Hugo en dit long sur la fabrique de l’information et sur le fond de commerce de certaines associations.

Sur une certaine petite bourgeoisie, aussi, qui se lamente en permanence sur les « violences » et « l’insécurité » dans le quartier des Coutures, mais qui s’émeut au quart de tour, à la première caméra en vue. Qui s’étrangle lorsqu’un dangereux jeune de banlieue lui demande une clope un peu vivement, et croit se donner bonne conscience en soutenant le DAL. Qui craint que la construction de logement sociaux ne dévalue le joli loft, mais défend la pérennité de squats. Il y a quelques années, dans le même quartier, des bobos, emmenés par les Verts, s’étaient opposés à la destruction d’un vieil immeuble au 182 rue Étienne Marcel, à l’emplacement duquel devaient se construire des logements sociaux.

Argument : la cour de l’immeuble abritait un vieux chêne. Il ne fallait pas le couper. Résultat : le projet n’est pas allé au bout. Pas de logements sociaux, mais un « jardin partagé ». C’est à dire semi-privé. Clos. Un jardin public, ouvert à tous et à tous vents ? Vous plaisantez ? On ne sait jamais. C’est tellement mal famé, dans le quartier. Surtout rue Victor Hugo.

 

 

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régionales

12 Février 2010, 17:21pm

Publié par PCF Villepinte

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