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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Sarkozy et Jésus

8 Janvier 2010, 08:42am

Publié par Daniel JUNKER

sarkoko.jpgIl paraît que le chef de l’État va foncer, le 27 janvier, vers le site de Davos, en Suisse, où seront réunis, comme tous les ans, les maîtres suprêmes des affaires du monde. Il paraît même que, devant ce cénacle de financiers, de banquiers et d’industriels, qui tiennent les rênes du business planétaire, l’hôte de l’Élysée va prononcer le discours inaugural. Ce sera la première fois qu’un président de la République française va endosser ce costume de théâtre du Capital. Il est vrai qu’à Davos il y aura le gotha de ceux qui ont plongé le monde dans le fossé de la crise, il y a un peu plus d’un an  : ils sont toujours là. Les hommes de l’ombre à l’Élysée jurent leurs grands dieux que M. Sarkozy va leur tirer les oreilles  : il se présentera en justicier contre « les dérives du capitalisme »…

On se demande toujours s’il faut rire ou pleurer de ces comédies de bateleurs… Il vaut peut-être mieux en rire  : parce que le « moraliste » en chef de Davos est un moraliste en peau de lapin… Le plus drôle, c’est qu’il y a un an, en janvier 2008, Nicolas Sarkozy s’était agacé du petit tour qu’avait fait le premier ministre en Suisse, sans discours inaugural ni spectacle grand format  : « Mais qu’est-ce que Fillon est allé faire à Davos  ? Ça ne sert à rien  ! »

Pour ce qui est du travail de colosse de moralisation du capitalisme entrepris par le chef de l’État dans son propre pays, la messe est dite  : un an et plus après la crise, les banquiers jubilent et… il y a des gens qui volent de quoi manger dans les supermarchés  ! Les banquiers  ? Que dis-je  ? Toute une cohorte de hauts personnages les accompagne dans l’extase financière  : ainsi le Figaro titrait mardi : « Le CAC 40 franchit le seuil des 4 000 points, début d’année en fanfare »… ! Comme si ces gens-là avaient vaincu l’Annapurna… Il faut dire que le « bouclier fiscal », si cher à tous ceux qui gouvernent, met les athlètes de la Bourse à l’abri des mauvaises surprises de l’impôt. Bref, la crise continue de ravager le cœur même de la société  : pour ceux qui n’ont que leur travail pour vivre – quand ils en ont un –, l’horizon ne cesse de s’assombrir. Ah, je lisais aussi dans un journal que le fameux groupe Nestlé amasse un fabuleux trésor de guerre de plusieurs dizaines de milliards d’euros… Nestlé a de fortes positions dans L’Oréal, de Mme Bettencourt, qui a peut-être ses entrées à l’Élysée, n’est-ce pas, ou à Matignon, ou à Bercy. Elle ou d’autres…

Et puis le prestigieux voyageur pourrait profiter de son séjour sur la terre helvétique pour ramener dans ses valises quelques dizaines de milliards. Après tout, les hôpitaux et les écoles en ont cruellement besoin. Je veux parler des milliards de l’évasion fiscale, qui ont trouvé refuge dans les forêts helvètes, les milliards des « planqués de l’arrière », comme on disait pendant la guerre… D’autant qu’il ne nous semble pas que M. Woerth, le secrétaire d’État, soit habité, pour ce travail, par une ardeur conquérante… Et, au fond, le président de la République pourrait être flanqué pour cette tâche de M. Besson, qui dispose du mètre-étalon de l’identité nationale sous son crâne  : après tout, ceux qui mettent leur « grisbi » à l’abri à l’étranger sont-ils de bons Français  ?

Et, à propos de morale, un mot de Jésus devrait retenir l’attention du moraliste galonné  : « Il sera plus facile de faire passer un chameau par le chas d’une aiguille que de faire entrer un riche au royaume des cieux. »

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régionales 2010

8 Janvier 2010, 08:32am

Publié par Daniel JUNKER

Le Front de gauche dans le vif du sujetreg.jpg
Lors des vœux du PCF à la presse Marie-George Buffet a confirmé le lancement de la campagne des régionales, dimanche, au Palais des congrès de Paris.
Numéro spécial de l’Humanité, aujourd'hui,vendredi. Et compte-rendu complet dans l’édition de lundi.

« Avec le Front de gauche, mes amis Jean-Luc Mélenchon et Christian Picquet, avec l’ensemble de nos partenaires, nous sommes dans les starting-blocks. » À quatre jours du meeting du Palais des congrès de Paris, Marie-George Buffet a profité des vœux du PCF à la presse, hier, pour confirmer l’entrée en campagne des régionales, après une longue gestation due à la nécessité de construire des listes de large rassemblement. L’accord final pour la constitution de celles-ci pourrait être acté dès ce soir, lors d’une rencontre entre le PCF et le Parti de gauche, avec lequel il reste quelques cas en discussion. Tout le monde sera au rendez-vous du meeting de dimanche pour lancer la « dynamique militante et citoyenne », et s’engager dans les régions avec « des équipes solides qui se forment et qui partent en campagne » autour de leurs têtes de liste, a dit Marie-George Buffet. Des listes de « celles et ceux qui résistent et qui luttent », avec la présence de syndicalistes et de défenseurs des services publics. Des listes porteuses d’un message  : « Il est possible de donner un avenir, un espoir, un prolongement aux luttes sociales. » Et dont le résultat sera « l’une des clefs de l’avenir de la gauche française ». Pour la secrétaire nationale du PCF, en effet, la gauche doit se donner une nouvelle « feuille de route ». Exemple  : la responsable communiste propose dans les régions de « mettre dans un pot commun toutes les aides publiques aux entreprises pour les transformer en fonds d’investissement citoyen, en “fonds pour l’emploi et la formation” », et « œuvrer ainsi à la construction d’un pôle public bancaire au plan national ». Pour la députée communiste, la gauche doit s’unir « sur des idées nouvelles » face à un pouvoir qui « pousse plus loin chaque jour les dérapages, les excès ». Une « extension du domaine de la manipulation » qu’elle dénonce en alertant sur la réalité des projets de Nicolas Sarkozy lors de ses vœux, notamment sur le « pilonnage en vue » des retraites et des dépenses publiques. Au contraire, elle a appelé à « appliquer aux chômeurs en fin de droits la même solidarité qu’avec les banques », en continuant « à verser leurs indemnités aux victimes de la crise ». Rappelant qu’« il y a de plus points communs entre un ouvrier français et un ouvrier sans papiers originaire d’Afrique qu’entre ce même ouvrier français et tous les membres de ce gouvernement », elle a réaffirmé que le débat sur l’identité nationale doit cesser, et appelé à la démission des ministres impliqués.

Sébastien Crépel


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Concert de soutien à l’Humanité, au Bataclan à Paris

8 Janvier 2010, 08:25am

Publié par Daniel JUNKER

Le 1er février une soirée fraternelle pour fortifier l'Humanité
                                     huma-copie-1.jpg

Concert de soutien à l’Humanité, au Bataclan à Paris. Sont attendus Allain Leprest, Jacques Higelin, Archie Shepp, Bernard Lubat, Sapho,… et bien d’autres encore, écrivains, poètes, journalistes, syndicalistes qui souhaitent contribuer à élargir l’audience de l’Humanité.
Retrouvez dans l’Humanité de vendredi le bulletin de réservation.

Par Patrick Le Hyaric Directeur de l’Humanité

Éditer chaque jour un quotidien national de la gauche transformatrice demeure une tâche extrêmement difficile. La publication de l’Humanité n’est rendue possible que par le dévouement et les efforts considérables de ses équipes, le soutien permanent de ses lectrices et lecteurs, des amis de l’Humanité et les dispositifs d’aides d’État au pluralisme de la presse écrite acquis au fur et à mesure de nos combats.

L’an passé encore, les lectrices et lecteurs ont beaucoup épaulé le journal en lui apportant plus de 650 000 euros de dons, après avoir versé en 2008 plus de deux millions d’euros de dons et prêts. Qu’ils en soient ici une nouvelle fois remerciés. Cette souscription, qui désormais donne droit à des réductions d’impôts, est relancée en 2010.

Depuis la rénovation de l’Humanité quotidienne, près de 500 lectrices et lecteurs ont réalisé un abonnement de parrainage militant à l’Humanité, tandis que 300 autres en ont fait de même à l’Humanité Dimanche. Au nom du pluralisme et de l’utilité de l’Humanité pour la société en tant que référent du traitement de la question sociale, en tant que journal au service du débat et de la gauche transformatrice, de multiples organisations, personnalités, citoyens s’intéressant à la chose publique, créateurs de toutes disciplines, artistes accompagnent le journal fondé par Jean Jaurès, lui manifestent leur solidarité en actes. Ce fut le cas il y a un an avec la publication d’un numéro spécial de soutien comprenant un CD Douze artistes ‚Äö√Ñ√¨ douze chansons pour soutenir l’Humanité.

C’est également en ce sens que de nombreux artistes et créateurs ont décidé d’organiser avec nous le 1er février prochain au Bataclan à Paris une soirée de soutien pour le pluralisme de la presse et le développement de l’Humanité. Sans attendre la liste définitive de celles et ceux qui se joindront à nous, nous remercions chaleureusement les premiers participants de cette soirée soutenue par Édouard Glissant : les responsables du Bataclan, Allain Leprest, Jacques Higelin, Archie Shepp, Bernard Lubat, Francesca Solleville, Yves Jamait, Sapho, La Canaille, la fanfare Krakens, Chanson plus bifluorée et bien d’autres encore, écrivains, poètes, journalistes, syndicalistes qui souhaitent contribuer à élargir l’audience de l’Humanité.

Cette soirée de la fraternité et de la convivialité se déroulera dans le prolongement de l’édition de l’Humanité du 25 janvier écrite par les jeunes lecteurs. Elle constituera en même temps un moment d’échanges avec les équipes du journal après la rénovation de l’Humanité en octobre, avant le lancement des rénovations de l’Humanité Dimanche, du site Internet, et pour le début de la préparation de la Fête de l’Humanité dont nous célébrerons les quatre-vingts ans. Elle sera aussi l’occasion de relancer une grande campagne d’abonnements appelant chaque lectrice, chaque lecteur à abonner l’un ou l’une de ses amis à l’Humanité ou à l’Humanité Dimanche.

Développer l’Humanité durablement passe en effet par la mobilisation de ses lectrices et lecteurs. Rendre encore plus efficace l’Humanité dans le paysage médiatique, politique, culturel, social passe par l’élargissement de celles et ceux qui peuvent le lire.

Nous vous donnons rendez-vous le 1er février au Bataclan pour une soirée pleine d’humanité.

Cliquez sur l’image ci-dessous pour le bulletin de réservation à imprimer et retourner au plus vite au journal

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Voeux à la presse

7 Janvier 2010, 10:10am

Publié par Daniel JUNKER


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Vous trouverez ci-dessous le discours de Marie-George Buffet lors de la présentation de ses vœux à la presse, aujourd’hui, mercredi 6 janvier à 12h00.


Voeux à la presse 2010 : Marie George Buffet (PCF)

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Grippe A H1N1 suite de révélations

7 Janvier 2010, 10:01am

Publié par Daniel JUNKER

h1n1Grippe A :
 « Ils ont organisé la psychose »
Révélation : président de la commission santé du Conseil de l’Europe, l’allemand Wolfgang Wodarg accuse les lobbys pharmaceutiques et les gouvernants.
Il a obtenu le lancement d’une enquête de cette instance sur le rôle joué par les laboratoires dans la campagne de panique autour du virus. Entretien sans détour.

Ex-membre du SPD, Wolfgang Wodarg est médecin et épidémiologiste. Il a obtenu à l’unanimité des membres de la commisionn santé du Conseil de l’Europe une commision d’enquête sur le rôle des firmes pharmaceutiques dans la gestion de la grippe A par l’OMS et les états..

Qu’est ce qui a attiré vos soupçons dans la prise d’influence des laboratoires sur les décisions prises à l’égard de la grippe A ?

Wolfgang Wodarg. Nous sommes confrontés à un échec des grandes institutions nationales, chargées d’alerter sur les risques et d’y répondre au cas où une pandémie survient. En avril quand la première alarme est venue de Mexico j’ai été très surpris des chiffres qu’avançait l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour justifier de la proclamation d’une pandémie. J’ai eu tout de suite des soupçons : les chiffres étaient très faibles et le niveau d’alarme très élevé. On en était à ême pas mille malades que l’on parlait déjà de pandémie du siècle. Et l’alerte extrême décrétée était fondée sur le fait que le virus était nouveau. Mais la caractéristique des maladies grippales, c’est de se développer très vite avec des virus qui prennent à chaque fois de nouvelles formes, en s’installant chez de nouveaux hôtes, l’animal, l’homme etc. Il n’y avait rien de nouveau en soi à cela. Chaque année apparaît un nouveau virus de ce type « grippal ». 
En réalité rien ne justifiait de sonner l’alerte à ce niveau. Cela n’a été possible que parce que l’OMS a changé début mai sa définition de la pandémie. Avant cette date il fallait non seulement que la maladie éclate dans plusieurs pays à la fois mais aussi qu’elle ait des conséquences très graves avec un nombre de cas mortels au dessus des moyennes habituelles. On a rayé cet aspect dans la nouvelle définition pour ne retenir que le critère du rythme de diffusion de la maladie. Et on a prétendu que le virus était dangereux car les populations n’avaient pas pu développer de défense immunitaires contre lui. Ce qui était faux pour ce virus. Car on a pu observer que des gens âgés de plus de 60 ans avaient déjà des anticorps. C’est-à-dire qu’ils avaient déjà été en contact avec des virus analogues. C’est la raison pour laquelle d’ailleurs il n’y a pratiquement pas eu de personnes âgées de plus de 60 ans qui aient développé la maladie. C’est pourtant à celles là qu’on a recommandé de se faire vacciner rapidement.
Dans les choses qui ont suscité mes soupçons il y a donc eu d’un côté cette volonté de sonner l’alerte. Et de l’autre des faits très curieux. Comme par exemple la recommandation par l’OMS de procéder à deux injections pour les vaccins. Ca n’avait jamais été le cas auparavant. Il n’y avait aucune justification scientifique à cela. I y a eu aussi cette recommandation de n’utiliser que des vaccins brevetés particuliers. Il n’existait pourtant aucune raison à ce que l’on n’ajoute pas, comme on le fait chaque années, des particules antivirales spécifiques de ce nouveau virus H1N1, « complétant » les vaccins servant à la grippe saisonnière.
On ne l’a pas fait car on a préféré utiliser des matériaux vaccinales brevetés que les grands laboratoires avaient élaborées et fabriqué pour se tenir prêts en cas de développement d’une pandémie. Et en procédant de cette façon on n’a pas hésité à mettre en danger les personnes vaccinées

Quel danger ?

Wolfgang Wodarg. Pour aller vite dans la mise à disposition des produits on a utilisé des adjuvants dans certains vaccins, dont les effets n’ont pas été suffisamment testés. Autrement dit : on a voulu absolument utiliser ces produits brevetés nouveaux au lieu de mettre au point des vaccins selon des méthodes de fabrication traditionnelles bien plus simples, fiables et moins coûteuses. Il n’y avait aucune raison médicale à cela.Uniquement des raisons de marketing.

Comment a-t-on pu justifier de cela ?

Wolfgang Wodarg. Pour comprendre il faut en revenir à l’épisode de la grippe aviaire de 2005 - 2006. C’est à cette occasion là qu’ont été définis les nouveaux plans internationaux destinés à faire face à une alarme pandémique. Ces plans ont été élaborés officiellement pour garantir une fabrication rapide de vaccins en cas d’alerte. Cela a donné lieu à une négociation entre les firmes pharmaceutiques et les Etats. D’un côté les labos s’engageaient à se ternir prêts à élaborer les préparations, de l’autre les Etats leur assuraient qu’ils leur achèteraient bien tout cela. Au terme de ce drôle de marché l’industrie pharmaceutique ne prenait aucun risque économique en s’engageant dans les nouvelles fabrications. Et elle était assurée de toucher le jack pot en cas de déclenchement d’une pandémie.

Vous contestez les diagnostics établis et la gravité, même potentielle, de la grippe A ?

Wolfgang Wodarg. Oui, c’est une grippe tout ce qu’il y a de plus normal. Elle ne provoque qu’un dixième des décès occasionnés par la grippe saisonnière classique. Tout ce qui importait et tout ce qui a conduit à la formidable campagne de panique à laquelle on a assisté, c’est qu’elle constituait une occasion en or pour les représentants des labos qui savaient qu’ils toucheraient le gros lot en cas de proclamation de pandémie. Ce sont de très graves accusations que vous portez là. Comment un tel processus a-t-il été rendu possible au sein de l’OMS ?

Wolfgang Wodarg. Un groupe de personnes à l’OMS est associé de manière très étroite à l’industrie pharmaceutique.

L’enquête du conseil de l’Europe va travailler aussi dans cette direction ?

Wolfgang Wodarg. Nous voulons faire la lumière sur tout ce qui a pu rendre cette formidable opération d’intox. Nous voulons savoir qui a décidé, sur la base de quelles preuves scientifiques, et comment s’est exercé précisément l’influence de l’industrie pharmaceutique dans la prise de décision. Et nous devons enfin présenter des revendications aux gouvernements. 
L’objectif de la commission d’enquête est qu’il n’y ait plus à l’avenir de fausses alertes de ce genre. Que la population puisse se reposer sur l’analyse, l’expertise des instituions publiques nationales et internationales. Celles ci sont aujourd’hui discréditées car des millions de personnes ont été vaccinés avec des produits présentant d’éventuelles risques pour leur santé. Cela n’était pas nécessaire. Tout cela a débouché aussi sur une gabegie d’argent public considérable.

Avez-vous des chiffres concrets sur l’ampleur de cette gabegie ?

Wolfgang Wodarg. En Allemagne ce sont 700 millions d’euros. Mais il est très difficile de connaître les chiffres précis car on parle maintenant d’un côté de reventes de vaccins à des pays étrangers et surtout les firmes ne communiquent pas, au nom du principe du respect du « secret des affaires » les chiffres des contrats passés avec les Etats et les éventuelles clauses de dédommagements qui y figurent.

Le travail de « lobying » des labos sur les instituts de santé nationaux sera-t-il aussi traité par l’enquête du conseil de l’Europe ?

Wolfgang Wodarg. Oui nous nous pencherons sur l’attitude des instituts comme le Robert Koch en Allemagne ou Pasteur en France qui aurait dû en réalité conseiller leurs gouvernements de façon critique. Dans certains pays des institutions l’ont fait. En Finlande ou en Pologne, par exemple, des voix critiques se sont élevées pour dire : « nous n’avons pas besoin de cela ».

La formidable opération d’intox planétaire n’a-t-elle pas été possible aussi parce que l’industrie pharmaceutique avait « ses représentants » jusque dans les gouvernements des pays les plus puissants ?

Wolgang Wodarg. Dans les ministères cela me paraît évident. Je ne peux pas m’expliquer comment des spécialistes , des gens très intelligents qui connaissent par coeur la problématique des maladies grippales, n’aient pas remarqué ce qui était en train de se produire.

Que s’est-il passé alors ?

Wolfgang Wodarg. Sans aller jusqu’à la corruption directe qui j’en suis certain existe, il y a eu mille manières pour les labos d’exercer leur influence sur les décisions. J’ai pu constater très concrètement par exemple comment Klaus Stöhr qui était le chef du département épidémiologique de l’OMS à l’époque de la grippe aviaire, et qui donc a préparé les plans destinés à faire face à une pandémie que j’évoquais plus haut, était devenu entre temps un haut cadre de la société Novartis. Et des liens semblables existent entre Glaxo ou Baxter (etc) et des membres influents de l’OMS. Ces grandes firmes ont « leurs gens » dans les appareils et se débrouillent ensuite pour que les bonnes décisions politiques soient prises. C’est à dire celles qui leur permettent de pomper le maximum d’argent des contribuables.

Mais si votre enquête aboutit, ne sera-t-elle pas un appui pour les citoyens d’exiger de leurs gouvernements qu’ils demandent des comptes à ces grands groupes ?

Wolfgang Wodarg. Oui, vous avez raison, c’est l’un des grands enjeux lié à cette enquête. Les états pourraient en effet se saisir de cela pour contester des contrats passés dans des conditions, disons, pas très propres. S’il peut être prouvé que c’est la prise d’influence des firmes qui a conduit au déclenchement du processus alors ils faudra les pousser à ce qu’ils demandent à être remboursés. Mais ça c’est uniquement le côté financier, il y a aussi le côté humain, celui des personnes qui ont été vaccinés avec des produits qui ont été insuffisamment testés.

Quel type de risque ont donc pris, sans qu’ils le sachent, ces gens en bonne santé en se faisant vacciner ?

Wolfgang Wodarg. Je le répète les vaccins ont été élaborés trop rapidement, certains adjuvants insuffisamment testés. Mais il y a plus grave. Le vaccin élaboré par la société Novartis a été produit dans un bioréacteur à partir de cellules cancéreuses. Une technique qui n’avait jamais été utilisée jusqu’à aujourd’hui.

Pourquoi, je ne suis évidemment pas un spécialiste, mais comment peut-on prétendre faire un vaccin à partir de cellules malades ?

Wolfgang Wodarg. Normalement on utilise des œufs de poules sur lesquels les virus sont cultivés. On a besoin en effet de travailler sur des cellules vivantes. Car les virus ne peuvent se multiplier que de cette manière et donc, par définition, les préparations antivirus qui vont avec. Mais ce procédé présente un gros défaut, il est lent, il faut beaucoup d’œufs. Et il est long et complexe sur le plan technique. 
Une autre technique au potentiel remarquable consiste à cultiver les virus sur des cellules vivantes dans des bio-réacteurs. Pour cela il faut des cellules qui croissent et se divisent très vite. C’est un peu le procédé que l’on utilise pour la culture du yaourt que l’on réalise d’ailleurs aussi dans un bio-réacteur. mais dans ce contexte la cellule a été tellement bouleversée dans son environnement et sa croissance qu’elle croit comme une cellule cancéreuse. 
Et c’est sur ces cellules au rendement très élevé que l’on cultive les virus. Seulement pour fabriquer le vaccin il faut extraire à nouveau les virus de ces cellules sur lesquelles ils ont été implantés. Et il peut donc se produire que durant le processus de fabrication du vaccin des restes de cellule cancéreuse demeurent dans la préparation. Comme cela se produit dans la fabrication classique avec les œufs. On sait ainsi que dans le cas d’une vaccination de la grippe classique des effets secondaires peuvent apparaître chez les personnes qui sont allergiques à l’ovalbumine que l’on trouve dans le blanc d’oeuf.
 Il ne peut donc pas être exclu que des protéïnes, restes d’une cellule cancéreuse présentes dans un vaccin fabriqué par bio-réacteur, n’engendre une tumeur sur la personne vaccinée. Selon un vrai principe de précaution il faudrait donc, avant qu’un tel produit ne soit autorisé sur le marché, avoir la certitude à 100% que de tels effets sont réellement exclus.

Et cela n’a pas été fait ?

Wolfgang Wodarg. On ne l’a pas fait. L’AME ( Agence Européenne du Médicament), une institution sous la responsabilité du commissaire européen à l’économie, basée à Londres, qui donne les autorisations de mise sur le marché des vaccins en Europe, a donné son feu vert à la commercialisation de ce produit en arguant, en l’occurrence, que ce mode de fabrication ne constituait pas un risque « significatif ». 
Cela a été très différemment apprécié par de nombreux spécialistes ici en Allemagne et une institution indépendante sur le médicament, qui ont au contraire alerté et fait part de leurs objections. J’ai pris ces avertissements au sérieux. J’ai étudié le dossier et suis intervenu dans le cadre de la commission santé du Bundestag dont j’étais alors membre pour que le vaccin ne soit pas utilisé en Allemagne. J’ai fait savoir que je n’étais certainement pas opposé à l’élaboration de vaccins avec cette technique. Mais qu’il fallait d’abord avoir une garantie totale d’innocuité. Le produit n’a donc pas été utilisé en Allemagne où le gouvernement a résilié le contrat avec Novartis.

Quel est le nom de ce vaccin ?

Wolfgang Wodarg. Obta flu.

Mais cela veut dire que dans d’autres pays européens comme la France le produit peut être commercialisé sans problème ?

Wolfgang Wodarg. Oui , il a obtenu l’autorisation de l’AME et peut donc être utilisé partout dans l’Union Européenne.

Quelle alternative entendez vous faire avancer pour que l’on échappe à de nouveaux scandales de ce type ?

Wolfgang Wodarg. Il faudrait que l’OMS soit plus transparente, que l’on sache clairement qui décide et quelle type de relation existe entre les participants dans l’organisation. Il conviendrait aussi qu’elle soit au moins flanquée d’une chambre d’élue, capable de réagir de façon très critique où chacun puisse s’exprimer. Ce renforcement du contrôle par le public est indispensable.

N’est ce pas la question d’un autre système capable de traiter une question qui relève en fait d’un bien commun aux citoyens de toute la planète qui affleure ?

Wolfgang Wodarg. Pouvons nous encore laisser la production de vaccins et la conduite de ces productions à des organisations dont l’objectif est de gagner le plus possible d’argent ? Ou bien la production de vaccins n’est-elle pas quelque chose du domaine par excellence , que les Etats doivent contrôler et mettre en œuvre eux même ? C’est la raison pour laquelle je pense qu’il faut abandonner le système des brevets sur les vaccins. C’est à dire la possibilité d’une monopolisation de la production de vaccin par un rand groupe. Car cette possibilité suppose que l’on sacrifie des milliers de vies humaines, simplement au nom du respect de ces droits monopolistiques. Vous avez raison , cette revendication là a pris en tout cas pour moi l’aspect de l’évidence.

Entretien réalisé par Bruno Odent

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Paix et justice au proche-Orient

6 Janvier 2010, 12:14pm

Publié par Daniel JUNKER

N'oublions pas Gaza ! La justice et la paix n'ont plus le temps d'attendre. paix-palestine.jpg

    


5 janvier 2010

Cette diplomatie mondiale du cœur sec sème là-bas, chaque jour un peu plus, la désespérance et le malheur. Comment croire que cette population puisse tolérer de continuer à survivre ainsi sans se révolter ? Rendre service à la paix, à la sécurité, à la justice dans la région passe non seulement par une condamnation claire de l’attitude du pouvoir israélien mais par de nouveaux actes politiques internationaux pour imposer la création d’un État pour le peuple palestinien de telle sorte qu’il puisse vivre en paix, en harmonie, en coopération aux côtés du peuple israélien. C’est urgent !

Ces jours derniers l’armée israélienne a encore assassiné de sang froid par tirs de missiles plusieurs Palestiniens au nord de la bande de Gaza et trois autres à Naplouse en Cisjordanie.

Un rapport des chefs de mission de l’Union européenne est accablant pour la stratégie israélienne dans la partie orientale de Jérusalem. La présidence suédoise du Conseil européen a fait adopter il y a quelques semaines un texte intéressant. Cette attitude est bien plus positive que celle de la présidence française de l’Union européenne qui s’apprêtait à « rehausser » les accords de coopération avec l’État d’Israël. Mais il faut maintenant des actes politiques et diplomatiques clairs : l’union européenne peut et doit éteindre l’accord d’association qui la lie à Israël tant que la colonisation se poursuit, tant qu’on détruit les maisons des Palestiniens à Jérusalem-Est, tant qu’on ne libère pas les prisonniers politiques, tant qu’on ne fait pas droit au retour de tous les réfugiés, tant que le mur de la honte et ces abominables points de passage resteront debout.

Mr Obama doit passer des discours aux actes. Les autorités françaises doivent agir avec la même énergie pour obtenir la liberté pour le soldat Shalit et pour Salah Hamouri. Cette région du monde sera une poudrière tant que le droit du peuple palestinien ne sera pas respecté. Le temps presse ! Ceux qui se taisent se rendent complices d’une tragédie aux conséquences incalculables pour l’humanité toute entière. La justice et la paix n’ont plus le temps d’attendre. N’oublions pas Gaza !"


Dans ses huit pages spéciales consacrées au drame palestinien ce lundi 4 janvier, l’Humanité brise le mur du silence qui entoure le drame vécu par le peuple palestinien, notamment à Gaza, territoire martyrisé il y a tout juste un an par les violents bombardements israéliens.

Nous reproduisons ici l’éditorial de Patrick Le Hyaric, Directeur du journal et Député européen communiste. L’occasion de rappeler l’importante initiative qui se tiendra au siège du PCF ce mercredi 6 janvier à 18h30.

"Comment les chefs d’État des principaux pays de ce monde peuvent-ils continuer à fermer à ce point les yeux sur la tragédie que vivent les enfants et tous les habitants de Gaza un an après l’injustifiable agression guerrière israélienne ? Un carnage, et aucune sanction n’a été prise contre l’armée et le pouvoir israélien. Pourtant un important rapport du juge sud-africain M. Richard Goldstone a qualifié l’offensive militaire israélienne de « crime de guerre » voire de « crime contre l’humanité ». Depuis, les grands États et l’Union européenne n’ont rien fait. Ni demande d’explications, ni demande de réparations de la part de tous ceux qui ne cessent de se gargariser des mots de « démocratie » « et de « liberté ». Les Palestiniens de Gaza sont toujours cadenassés derrière des murs et cet insupportable blocus. Ils ne peuvent toujours pas reconstruire leurs maisons démolies, les services publics, les infrastructures civiles parce que l’entrée des matériaux de construction reste interdite. Près du quart de la population dort toujours dans la rue. Plus de 80 % d’entre elle dispose de moins de trois dollars pour vivre par jour. D’ailleurs, la population attend toujours les milliards de dollars d’aides promis lors de la conférence de Charm-el-Cheik.
http://www.93.pcf.fr/N-oublions-pas-Gaza-La-justice-et.html

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Identité nationale

6 Janvier 2010, 10:13am

Publié par Daniel JUNKER

republique
LE PCF réclame
l’arrêt de l’opération

« En lançant le débat sur l’identité nationale, l’objectif de Nicolas Sarkozy était de faire oublier l’échec de sa politique. Pour s’assurer de l’efficacité de cette diversion, il aurait demandé à ses troupes “du gros rouge qui tache” (…) Allez-y, lâchez-vous !!! » Il a été servi avec une surenchère odieuse de déclarations racistes, xénophobes et islamophobes, un concours de petites phrases indignes stigmatisant « l’autre », en l’occurrence les étrangers. La seule décision à prendre est de mettre un terme à une campagne qui oppose les uns aux autres, qui dresse des murs et qui préfère la haine au vivre ensemble. La diversité des réactions opposées à ce débat montre une chose : il faut supprimer le ministère d’Éric Besson et mettre immédiatement un terme au débat

 

 

Déferlement haineux sur le Net

Malgré les promesses d’Éric Besson, les contributions racistes continuent de s’étaler sur le site dédié à « l’identité nationale ».

Début décembre, Éric Besson admettait l’existence de messages racistes sur le forum du site Internet dédié à son « débat sur l’identité nationale ». Des contributions dont l’Humanité avait dénoncé la complaisante publication le 27 novembre 2009. Depuis, les efforts de « modération » promis par le ministre n’ont pas débarrassé ce forum des messages nauséabonds qui l’émaillent. Ainsi, le 22 décembre, revenant sur les scènes de liesse consécutives à la qualification de l’Algérie pour la Coupe du monde de football, des internautes s’autorisaient des commentaires franchement xénophobes : « S’ils se sentent plus algériens que français, qu’ils aillent habiter là-bas » ; « Qu’ils apprennent à éduquer leurs gosses et en faire qu’un s’ils ne sont pas foutus de les maîtriser ! » ; « Ces gens-là brandissent à tout va leur carte d’identité française. Mais ils revendiquent cette identité dans un seul but : pleurer et dire qu’on ne leur donne rien. Ils attendent en permanence une aide de l’État (aide financière bien sûr). Et après, nous nous demandons où passe le trou de la Sécu… » ; « Ces gens-là ne sont décidément pas comme nous et ne partagent pas nos coutumes. Il faut arrêter de dire qu’il faut les intégrer car c’est eux qui ne veulent pas s’intégrer. Les enfants d’immigrés italiens, espagnols, les pieds-noirs se sont parfaitement intégrés en 1 ou 2 générations. Pourquoi ces gens-là n’y arrivent pas ? C’est bizarre ! Les ghettos dans lesquels ils se plaignent d’être parqués, c’est eux qui les ont créés à force de faire fuir les honnêtes gens ». Assimilés à des « délinquants », les descendants d’immigrés africains ou nord-africains sont ensuite accusés de développer une « agressivité pathologique » et de vouloir « remplacer notre culture par la leur », tandis que les « Français de souche » seraient coupables de se laisser « piétiner, insulter, ridiculiser ». Suit un éloge du colonialisme : « Les 100 ans de soi-disant colonisation française n’ont pas été si néfastes que ça pour le peuple algérien ». Autres cibles de ce déferlement haineux : les sans-papiers « Je suis français car je n’ai plus la sollicitude pour les sans-papiers et autres hors-la-loi qui squattent nos églises et méprisent nos droits en exigeant des droits différentiels. » Quant aux solutions suggérées, elles font écho, sans surprise, à la démagogie gouvernementale : « La France devrait fermer ses frontières aux immigrés. »

Rosa Moussaoui

 

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MEDICAMENTEURS!

6 Janvier 2010, 10:03am

Publié par Daniel JUNKER

Scandale d’État(s)

PAR JEAN-EMMANUEL DUCOIN

10-01-06-ae5be.jpgEt si la gabegie financière devenait un scandale d’État et des États ? À force de tirer les fils des aiguilles anti-grippe A, la polémique des politiques publiques en période de pandémie se transforme bel et bien en une vaste dénonciation de la collusion entre laboratoires et gouvernants. Nous ne doutions guère que, en sous-main, tapis dans l’ombre, les lobbyistes avaient fait ce qu’il fallait pour convaincre les décideurs d’acheter massivement leurs vaccins. Ces serviteurs des grands trusts ont-ils orienté, donc manipulé, les conditions d’achat ? Les éléments troublants que nous publions ont de quoi soulever nos plus vives interrogations. Car elles sont désormais partagées… et pas par n’importe qui ! La commission Santé du Conseil de l’Europe, rien de moins, vient en effet de voter une enquête officielle pour évaluer l’influence des groupes pharmaceutiques sur les choix des États et même de l’Organisation mondiale de la santé (OMS)… La France se retrouve en première ligne. Et pour cause. Depuis qu’elle est en charge, Mme Bachelot et les membres de son cabinet, souvent accusés de connivence avec les milieux d’affaires, ont rarement manqué de zèle pour dérouler le tapis rouge aux médicamenteurs cotés en Bourse. Privilégiant le « tout-vaccinal », symptôme du « tout sécuritaire » sarkozyste, la France a donc acheté sans aucune transparence bien plus de doses que dans des pays comparables. Or, depuis l’été, le gouvernement nous ment : le coût officiel, 869 millions d’euros, n’est que la partie visible de l’iceberg, auquel il convient d’ajouter l’achat des masques, la communication, mais aussi le montant exorbitant des contributions des collectivités territoriales, des hôpitaux, etc. : probablement plus de 2 milliards au total ! Même l’indépendance du Groupe d’expertise et d’information sur la grippe (Geig), organisme officiel du ministère de la Santé, soulève l’indignation : il est financé à 100 % par cinq laboratoires…

94 millions de doses pour 5 millions de vaccinés : cherchez l’erreur ! Après avoir mené l’affaire telle une bataille napoléonienne, le gouvernement bat en retraite au point de négocier (à quelles conditions ?) l’annulation de la moitié des commandes de vaccins… À l’heure des comptes, un vent de panique souffle sur le Palais. Car qui aura profité de cette hystérie collective ? Les laboratoires évidemment : débourser 870 millions d’euros pour quatre d’entre eux, ce n’était plus un principe de précaution mais un véritable plan de financement ! Les principaux bénéficiaires ? GlaxoSmithKline (GSK), Novartis et Sanofi -Aventis : plus d’un milliard d’euros de revenus supplémentaires au quatrième trimestre pour le premier, entre 350 et 500 millions pour les deux autres… Non seulement la psychose organisée a rempli leurs caisses, mais les gouvernements, transformés en super-VRP, se chargent d’assurer la revente de leurs produits ! Dans un marché mondial estimé à 600 milliards de dollars (il a doublé en dix ans), chacun aura compris que les enjeux des laboratoires s’apparentent à une guerre commerciale pour laquelle tout est permis.

Qui osera encore dire qu’un contrôle public sur ces mastodontes privés n’est pas une nécessité absolue ? Le Parlement français ferait bien, lui aussi, de se doter d’une commission d’enquête. Et vite.

 

 

 

Roselyne Bachelot lance l’opération déminage

 

Revente de vaccins, appel aux généralistes…Face à la polémique, la ministre de la Santé a dû réviser totalement sa stratégie.

 

 La politique a de la mémoire, les ministres de la Santé aussi. Et le gouvernement actuel porte encore les stigmates de la canicule de 2003, de ces 15 000 morts et de la polémique sur l’inaction qui s’en était suivie. Pour parer toute critique, l’État s’est lancé dans une commande surdimensionnée, et plus que dispendieuse, de stock vaccinal. La psychose pouvait démarrer. Aujourd’hui, si Roselyne Bachelot ne renie en rien les risques liés à la grippe, elle a néanmoins profondément modifié sa stratégie. En annonçant, un peu vite peut-être, la « résiliation » de 50 millions de doses (sur 94 millions) « ni livrées ni payées » auprès des laboratoires, la ministre espère une « économie de plus de la moitié » de la facture totale.

En revanche, la question des indemnités à verser aux laboratoires reste entière. Autre revirement : l’entrée en jeu des médecins généralistes jusqu’ici étrangement tenus à l’écart. Dès la semaine prochaine, ils pourront eux aussi prendre en charge la vaccination. « Nous avons reçu 5 millions de vaccins unidoses depuis le début de l’année », auparavant ils étaient livrés par « boîtes de 500 doses », justifie la ministre. De même pour les enseignants, qui avaient été priés de patienter, alors même que leurs élèves faisaient la queue pour se faire vacciner. Ils font désormais partie de la campagne. Enfin, contrairement à ce qui a été dit et redit pendant le mois de décembre, désormais, même les personnes n’étant pas munies de bons peuvent se faire vacciner. Refusant d’admettre toute « erreur d’appréciation », Roselyne Bachelot et le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, n’ont pas hésité à renvoyer les socialistes à l’affaire du sang contaminé, préférant, disent-ils, un excès de précaution au laxisme.

 

LABORATOIRES : MÊME PAS MAL

 

Les laboratoires pharmaceutiques vont donc devoir faire le deuil de la vente de 50 millions de doses de vaccins, mais ils n’en font pas un drame. Et pour cause : « Le manque à gagner pour les laboratoires est faible », souligne Frédéric Thomas, consultant chez Arthur D. Little, qui estime le coût de l’annulation à 224 millions d’euros pour GSK, 69 millions pour Sanofi -Pasteur et 65 millions pour Novartis. À titre de comparaison, les trois groupes ont enregistré en 2008 des chiffres d’affaires autour de 30 milliards d’euros chacun. Et Sanofi -Aventis

a indiqué, le mois dernier, qu’il visait un chiffre d’affaires net de 4 milliards d’euros dans les seuls vaccins en 2010, contre 2,8 milliards en 2008.

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Le déstockage des vaccins fait tousser

5 Janvier 2010, 20:15pm

Publié par Daniel JUNKER

hin.jpgGrippe : le trouble dans les esprits
 
La ministre de la Santé Roselyne Bachelot, en proie à de violentes critiques sur sa gestion de la pandémie grippale, a brutalement changé son fusil d’épaule, en négociant l’annulation de la moitié des commandes de vaccins et en autorisant les généralistes à vacciner à leur cabinet.

La grande braderie des vaccins révèle ce que l’on pressentait depuis plusieurs jours, la méfiance des Français face à la politique de vaccination entreprise par le ministère de la Santé et organisée… par le ministère de l’Intérieur ! De là à assimiler l’apparente indifférence des Français vis-à-vis de la grippe A à un désintérêt de tout ce qui vient d’un ou d’une ministre du gouvernement, il n’y a qu’un pas.

La catastrophique année 2009, avec son cortège de chômage, de milliards offerts aux banques et aux entreprises, de fermetures de services publics (en particulier les restrictions de budgets et de personnels dans les hôpitaux), d’annonce pour 2010 de nouvelles restrictions en tout genre, a incontestablement créé une distance des citoyens avec leurs responsables politiques, jusqu’à l’écœurement. Les conséquences de ce scepticisme auraient pu être beaucoup plus graves.

Le dernier sondage publié dans le Figaro à la mi-décembre indiquait que les Français considéraient le virus de la grippe A peu ou pas dangereux, une majorité croyant même que le vaccin était plus dangereux que le virus ! Ils ne font confiance qu’à leur médecin généraliste. La promesse de Roselyne Bachelot de faire participer les médecins libéraux à la campagne de vaccination peut rassurer un pays profondément troublé.

Plus que des moulinets de bras face aux caméras, les Français attendent des actions sérieuses, auxquelles ils pourraient être associés, sans céder au catastrophisme. C’est d’ailleurs ce que soulignait dans le journal le Monde l’ancien directeur général de la santé William Dab : « La protection de la santé publique appelle un débat démocratique. » C’est-à-dire le contraire de ce qu’a fait le gouvernement. On peut être anti-sarkozyste et se faire vacciner, c’est même plus prudent pour l’avenir du pays.

Jacques Moran

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Transports

5 Janvier 2010, 17:02pm

Publié par Daniel JUNKER

Communiqué groupe CACRPG

Gratuité des transports en Île-de-France : les jeunes en insertion ne seront pas oubliés
mardi 5 janvier 2010     515_transport_en_commun_VE_4881.jpg

Suite à une proposition du groupe CACRPG, le Conseil régional d’ÎIe-de-France a voté le 17 décembre 2009 la création d’une carte de transports pour les jeunes en insertion, dérivée de la carte Imagine’R, afin de permettre l’accès de ces dernier à la gratuité des transports en commun.

Les élus régionaux du groupe CACRPG ont eu à cœur, au cours de cette mandature, de faire mettre en place par la Région et le STIF des mesures innovantes de tarification sociale à l’intention des plus démunis.

Notre action, en lien avec les associations de chômeurs, de précaires et d’usagers, s’est ainsi traduite par la mise en œuvre de la réduction de 75% sur les cartes oranges pour les titulaires de la CMU, de l’AME, de l’ASS et de l’API dès 2006 (près de 10% de la population Francilienne), et de la gratuité pour les titulaires du RMI et ayant droits en 2007, puis ceux du RSA.

Nous demandions que les jeunes en insertion, qui sont parmi les plus précaires, ne soient pas oubliés ; qu’ils soient enfin, dans les politiques tarifaires de transports en commun, des jeunes à part entière.

C’est pourquoi, sur notre insistance, et dans la continuité de cette politique solidaire, une provision de 2 millions d’euros avait été votée au budget régional 2009, au titre de la mise en place d’une nouvelle mesure de tarification sociale en faveur des jeunes en insertion.

Ce vote n’avait malheureusement pas été suivi d’effets au cours de l’année, ce que nous ne pouvions accepter. Nous sommes, par conséquent, de nouveau intervenus pour y remédier en 2010.

Nous nous félicitons donc de la création, dans le budget régional 2010, d’une ligne particulière « jeunes en insertion » dotée de 3,5 millions d’euros, soit 51% du financement de cette nouvelle mesure.

Elle sera initiée dans le cadre du STIF, en partenariat et en concertation avec les autres collectivités qui en sont membres.

Nous serons quant à nous attentifs à sa mise en œuvre, et souhaitons que cet objectif de solidarité pour les plus précaires soit partagé par tous, pour continuer à étendre et concrétiser davantage le droit à la mobilité pour toutes et tous.

 

 

 


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