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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Pourquoi il ne faut pas parler de « malédiction » haÏtienne  ?

21 Janvier 2010, 18:00pm

Publié par Daniel JUNKER

Un cortège de faux amis
Par FRANÇOIS NICOLAS,COMPOSITEUR.
haiti 22
 
Comme beaucoup, je crois, le traitement médiatique d’Haïti me révolte  : le spectacle du malheur attire le chaland, qui spécule sur les « raisons » pouvant sous-tendre un tel malheur et mobilise pour ce faire le thème d’une « malédiction » frappant ce pays, en sorte ainsi de donner sens à ce qui, sinon, demeurerait sans « bonne raison »…

Haïti incarne ce faisant la figure de Job que la succession de malheurs avait livré, sur un tas de fumier, au spectacle public. Et tous ses amis de venir alors lui conseiller d’examiner quelle faute inavouée il avait dû commettre pour mériter une telle malédiction divine  : l’exigence pour eux de donner sens à cette série de catastrophes passait par un reniement contrit de Job, par l’aveu que la justice dont Job avait fait sa cause dissimulait quelque crime inavoué.

À ces faux amis, venant ajouter l’indignité à son malheur, Job opposait l’affirmation inébranlable qu’il n’avait rien à se reprocher, et que ce qui lui arrivait n’avait pas de sens (ce qui, pour le croyant qu’il était, se disait  : « Je n’ai pas failli à la justice, et l’injustice qui m’est présentement faite ne rature pas ma foi en l’existence d’une justice transcendante. »). Dans le mythe, c’est bien Job, cet étranger lointain, qui aura ultimement raison contre les avocats du sens puisque, à la fin, raison (en l’occurrence raison divine) sera publiquement donnée à son refus de se tenir coupable, et condamnation sera solennellement portée contre l’idée même de donner sens, par la culpabilité, à une catastrophe qui n’en soutient aucun.

Qu’Haïti se tienne, depuis plus de deux siècles (de Toussaint Louverture à Jean-Bertrand Aristide), du côté de la justice, contre l’esclavage et pour l’émancipation, est avéré. Que cela lui vaille depuis plus de deux siècles l’acharnement des puissances occidentales (de la France napoléonienne aux États-Unis contemporains) pour le remettre à genoux est également attesté. Mais voilà qu’Haïti se trouve également frappé par une série de malheurs naturels (cyclones, tremblements de terre…), et cette accumulation proprement insensée de lui ajouter ce cortège de faux amis venant plaider la malédiction frappant un pays qui resterait trop attaché aux excès de toutes sortes…

Haïti, transi sur son tas de ruines comme Job l’était sur son tas de fumier, incarne depuis la Révolution française le labeur de la justice. Ses combats furent de justes combats, jusqu’à celui d’Aristide pour exiger réparation du tribut que la France républicaine continua d’encaisser pour prix… de l’abolition d’un esclavage rémunérateur. Contre les faux amis d’Haïti, et sans miser sur l’irruption transcendante de quelque dieu pervers venant faire la leçon à l’humanité au prix de quelque 100 000 morts, restons attentifs à ce que ce pays et ce peuple sont en état d’enseigner à une France en voie accélérée d’abaissement et de corruption des esprits, à tout le moins à ce que conquête politique du courage veut
aujourd’hui dire.

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Afghanistan. Pas de sale guerre pour la France

21 Janvier 2010, 17:52pm

Publié par Daniel JUNKER

afga.jpgLe collectif national unitaire Otan-Afghanistan appelle à manifester samedi pour s’opposer à tout renforcement des troupes françaises en Afghanistan.

L’Otan a déjà décidé de répondre favorablement à la demande de Barack Obama d’envoyer des troupes supplémentaires en Afghanistan. Nicolas Sarkozy, désireux d’apparaître comme un bon élève de l’Alliance, s’apprête à répondre positivement à l’appel américain. Il a prévu d’annoncer lors de la conférence de Londres du 28 janvier les détails de la nouvelle contribution française qui serait de 1 500 soldats de plus.

Les français ont leur mot à dire

À quoi vont servir ces renforts  ? Depuis huit ans qu’a débuté l’intervention des États-Unis en Afghanistan au nom de la « guerre contre le terrorisme », aucune perspective de sortie de crise et de règlement politique n’a vu le jour. Une occupation militaire, menée par 25 000 soldats en 2003, par 150 000 aujourd’hui, ne portera pas plus de solution. Un changement profond de stratégie doit être adopté afin de donner la priorité à un processus politique fondé sur la sécurité et la reconstruction. Dans ce cadre, la définition d’un nouveau mandat de l’ONU, pour une mission dans ce sens, est indispensable. Comme elle l’avait fait en s’opposant à la guerre de Bush en Irak, la France devrait à nouveau faire entendre la voix de la raison. « En sa qualité de membre permanent du Conseil de sécurité, elle pourrait proposer une conférence internationale sous l’égide de l’ONU, pour définir précisément les conditions d’une paix négociée et durable en Afghanistan, prenant en compte toute la diversité des différentes composantes du peuple afghan. Cette conférence devrait, bien sûr, réunir des voisins immédiats comme l’Iran et, bien évidemment, le Pakistan. Il faudra aussi y associer l’Inde, la Chine, la Russie, la Turquie et d’autres pays », déclarait le député Jean-Paul Lecoq, lors de la séance de l’Assemblée nationale du 16 décembre consacrée à l’Afghanistan, au nom du groupe de la Gauche démocrate et républicaine. Une discussion réclamée par l’opposition mais tronquée par le gouvernement dont les représentants ont dans l’hémicycle éludé les enjeux réels de l’engagement français sur un terrain de guerre que dominent les seuls États-Unis.

Les Français ont leur mot à dire dans les choix de l’Élysée. Et ils sont nombreux à condamner cette fuite en avant du tout-militaire. Dans un sondage paru début décembre, 82 % des sondés contestaient l’envoi de nouveaux soldats français. En un mois, la situation s’est détériorée  : des civils afghans ont été tués, des militaires français sont tombés et l’impasse est totale. À l’appel du collectif national unitaire Otan-Afghanistan, une manifestation est organisée samedi 23 janvier pour s’opposer à tout renforcement des troupes françaises et autres en Afghanistan. Le rendez-vous est à 14 heures, place de la République.

Dominique Bari

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Retraites

21 Janvier 2010, 17:31pm

Publié par Daniel JUNKER

60.jpg Les député-e-s communistes, républicains, du parti de gauche ne se plieront pas à un appel au consensus pour démolir   la retraite à 60 ans.


jeudi 21 janvier 2010

Déclaration solennelle

"Depuis plusieurs jours, une succession de déclarations de dirigeants politiques affichent une « volonté de consensus » pour remettre en cause la retraite à 60 ans. Le Président de la république Nicolas Sarkozy dans ses vœux aux Parlementaires s’est félicité d’un rapprochement de points de vue entre la majorité présidentielle et la gauche. François Fillon a assuré le service après-vente d’une telle déclaration.

Le Parti socialiste, sa première secrétaire, ses dirigeants les plus influents, François Hollande, Jean-Marie Le Guen et Manuel Valls actent chacun à leur façon du caractère inéluctable d’un premier recul à 61 ans ou 62 ans de l’âge légal. Ils remettent ainsi en cause la première mesure prise en 1981 : l’abaissement de 65 à 60 ans de l’âge légal de la retraite, qui était un choix de société.

Tous, au nom d’un modernisme qui irait de soi, avancent que ce serait le seul moyen de sauver notre système de retraite. Le Medef par la voix de madame Parisot, se réjouit d’un consensus en construction sur des bases... qu’il a toujours préconisées !

Si l’allongement de l’espérance de vie est un fait, il n’entraine pas, contrairement à ce que d’aucun affirme, l’obligation ou la nécessité de reporter l’âge de départ à la retraite. Le Medef oublie de s’interroger sur les plans de licenciements qui frappent des centaines de milliers de nos concitoyens de plus de 50 ans et les confinent à l’assurance chômage puis aux allocations de fin de droits, sans jamais pouvoir retrouver un emploi. Dans le même temps, faire travailler plus longtemps les salarié-e-s, c’est également réduire les possibilités d’accès à l’emploi pour les jeunes.

Le gouvernement et le Medef portent ensemble la lourde responsabilité d’avoir amené dans l’impasse les discussions sur les métiers pénibles. N’oublions pas non plus les gains considérables de productivité et les profits qui continuent de battre des records malgré la crise financière.

C’est cette politique qui fragilise gravement les ressources de l’assurance vieillesse. Les député-e-s communistes, républicains, du parti de gauche exigent une réforme profonde du financement des retraites par la mise à contribution des revenus financiers des entreprises et des banques et par une politique de création d’emplois, d’augmentation du pouvoir d’achat, des salaires et des pensions.

Au même titre que la taxe Tobin dédiée à l’aide au développement, une telle taxation permettrait sur ce secteur de l’économie d’apporter des dizaines de milliards d’euros au financement des retraites. Elle permettrait également de ne plus faire supporter aux seuls revenus du travail la charge du financement.

La droite a clairement annoncé que 2010 serait l’année de la révision de notre système de retraites. La gauche, le parti socialiste, ne doivent nourrir d’aucune manière cette nouvelle atteinte aux droits des salarié-e-s qui est en préparation. L’appel au « réalisme » est trop souvent annonciateur de capitulation. Nous disons non, résolument non, à ce recul de civilisation. Nous proposons une réforme progressiste des retraites et des pensions."

Les Député-e-s communistes, républicains, du parti de gauche : Marie-Hélène Amiable, François Asensi, Huguette Bello, Martine Billard, Alain Bocquet, Patrick Braouezec, Jean-Pierre Brard, Marie-George Buffet, Jean-Jacques Candelier, André Chassaigne, Jacques Desallangre, Marc Dolez, Jacqueline Fraysse, André Gérin, Pierre Gosnat, Maxime Gremetz, Jean-Paul Lecoq, Roland Muzeau, Daniel Paul, Jean-Claude Sandrier, Michel Vaxès

 

 

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Réforme territoriale

20 Janvier 2010, 15:27pm

Publié par Daniel JUNKER

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Rassemblement très combatif contre la réforme territoriale à l’initiative de l’ANECR

mercredi 20 janvier 2010

 

A l’appel de l’Association nationale des élus communistes et républicains, près de 500 élus et citoyens ont manifesté à proximité du Sénat pour s’opposer au projet de réforme territoriale.

Les parlementaires communistes ont présenté leurs arguments et propositions pour mettre en échec un texte qui organise la casse de la démocratie locale.

Ils s’apprêtent à mener une véritable bataille parlementaire, pour bien montrer les conséquences terribles qu’entraînera l’application de cette réforme pour le devenir des collectivités locales et les réponses aux besoins des habitants.

Dans l’immédiat, la journée unitaire d’action des fonctionnaires et agents publics, le 21 janvier, sera un grand rendez-vous revendicatif pour dénoncer cette réforme.

Le 26 janvier, un grand rendez-vous est donné devant la Préfecture du Val-de-Marne aux habitants de la collectivité. Leur mot d’ordre : défendre leur département face aux dangers de la réforme territoriale. "Le Val-de-Marne, j’y tiens ! et je le dis".




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Il peut tout et il ne fait rien...

20 Janvier 2010, 10:30am

Publié par Daniel JUNKER

Mais de qui parle Victor?

Lu sur le site desintox.info

"Que peut-il? tout. Qu'a-t-il fait? Rien. Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eut changé la face de la France, de l'Europe peut-être. Seulement voilà, il a pris la France et n'en sait rien faire. Dieu sait pourtant que le président se démène: il fait rage, il touche à tout, il court après les projets; ne pouvant créer, il décrète; il cherche à donner le change sur sa nullité; c'est le mouvement perpétuel; mais hélas! Cette roue tourne à vide. L'homme qui, après sa prise du pouvoir, a épousé une princesse étrangère est un carrièriste avantageux.
Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pourlui l'argent, l'agio, la banque, la bourse, le coffre-fort. Il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse. Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve énorme, il est impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise. On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l'insulte et la bafoue! Triste spectacle que celui du galop, à travers l'absurde, d'un homme médiocre échappé"
Ainsi parlait Victor Hugo de Napoléon dans son livre" Napoléon le Petit"
Nb: Le texte complet est disponible sur google book.sarkoZ.jpg

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communiqué de Marie-George BUFFET, Secrétaire nationale du PCF :

19 Janvier 2010, 18:59pm

Publié par Daniel JUNKER

IVG : Toutes les femmes doivent disposer de leur droit à choisir leur maternité


19 janvier 2010

Alors que de nombreuses subventions aux centres de Planning familial sont remises en cause, que des centres IVG sont fermés ou menacés de fermeture ( Tenon, Broussais, Avicenne…), alors que l’ordre moral ressurgit, que des défilés s’organisent partout en Europe contre l’avortement, que l’on vend le droit à L’IVG en Irlande contre son accord avec le traité de Lisbonne, nous voulons dire : nous ne laisserons pas faire ! Il ne peut y avoir deux poids deux mesures dans la défense du droit des femmes et de la laïcité.

Nous le redisons ici : nous n’aurons de cesse de combattre tout retour en arrière, toute résurgence des dogmes d’une société patriarcale synonyme d’oppression pour toute l’Humanité. Le droit d’avorter ne se négocie pas, les femmes doivent pouvoir choisir !

Plus un centre IVG ne doit fermer, il faut rouvrir les centres fermés et donner les moyens nécessaires à une pratique de l’IVG respectueuse des besoins et choix des femmes, pour que toutes les femmes puissent disposer du droit que leur accorde la loi, pour leur liberté de choisir leur maternité.

Marie-George Buffet, Secrétaire nationale du PCF Paris, le 19 janvier 2010.


La loi autorisant l’avortement, a 35 ans.

Ce droit conquis de haute lutte par les femmes est aujourd’hui de plus en plus menacé dans notre pays, par le manque de moyens qui lui est attribué et par l’effet de la désastreuse politique libérale du gouvernement en matière de santé.

Il l’est aussi par le déploiement des ultra réactionnaires qui manifestaient hier contre ce droit des femmes à choisir leur maternité. Alors que beaucoup de personnalités du monde politique se sentent aujourd’hui pousser des ailes féministes en montrant du doigt les musulmans pour obliger à une loi contre la burqa, nous les appelons à la vigilance devant la présence de représentants de la hiérarchie catholique dans les cortèges des représentants de la violence contre les femmes et de leurs commandos anti IVG.

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Retraites 2010

19 Janvier 2010, 18:56pm

Publié par Daniel JUNKER

Non, Martine Aubry, le recul de l'âge légal de la retraite n'est pas une fatalité


19 janvier 2010

Le communiqué du PCF

La gauche se doit de défendre la retraite à 60 ans !

« Le PCF regrette la position de Martine Aubry qui a déclaré sur RTL dimanche dernier « qu’on doit aller, qu ’on va aller très certainement vers 61 ou 62 ans » à propos de l’âge légal de départ en retraite. Dans un contexte de casse de grande ampleur de notre protection sociale, la droite n’avait pas besoin d’un tel renfort. En tenant de tels propos, Martine Aubry répond à l’appel au consensus de Nicolas Sarkozy.

A cet argument – toujours le même - qui consiste à présenter aux Français la facture de l’allongement de leur espérance de vie, le PCF oppose une toute autre logique. Il faut verser à la solidarité nationale les gains de productivité et les profits qui continuent de battre des records malgré la crise financière.

Aussi le PCF propose de faire cotiser les entreprises en taxant les revenus financiers des entreprises en fonction de leur politique en matière d’emploi et d’investissement. Même modérément, cette cotisation est susceptible de financer les 70 ou 100 milliards d’euros manquants.

La retraite à 60 ans est un acquis social précieux pour tous les Français. Elle a besoin de toute la gauche pour être défendue ! »

Parti communiste français

Paris, le 19 janvier 2010.

Sous le titre "Le PS baissera-t-il pavillon devant la casse programmée de nos retraites ?", nous publiions il y a quelques jours un article sur l’avenir des retraites, nous référant à un récent courrier de Jean-Marie Leguen à la première secrétaire du PS. Le Député socialiste de Paris n’y allait pas "par 4 chemins" pour inviter la dirigeante socialiste à engager son parti sur la voie du consensus avec Sarkozy et le patronat, s’agissant du "dossier" des retraites.

Une voie sur laquelle - hélas - M. Aubry s’est engagée officiellement ce dimanche lors de son passage sur RTL, renonçant ainsi à affronter la droite et le MEDEF sur les enjeux esssentiels en matière de financement de la Retraite.

Les communistes ne se résignent pas à ce ralliement tragique pour la vie de millions de salariés et appelle au contraire à agir - aux côtés des organisations syndicales - pour inverser une logique qui a conduit à l’échec pour les comptes sociaux.

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Retraites 2010

18 Janvier 2010, 19:19pm

Publié par Daniel JUNKER

Rendez-vous Retraites 2010 : la Cgt a des propositionsvienouvelle.gif

lundi 18 janvier 2010

"Le mardi 12 janvier, un débat intitulé « Pénibilité, emploi des Seniors, âge de la retraite : quelle réforme en 2010 ? » était à l’ordre du jour du Sénat. A cette occasion, les ministres Darcos et Wauquiez ont donné un aperçu des mesures qui pourraient être prises dans le cadre du rendez-vous Retraite 2010.

Invoquant le vieillissement de la population française, le ministre du Travail a affirmé, sans le démontrer, que la seule issue permettant le maintien de la retraite par répartition était de « travailler plus longtemps », parce que l’on vivait plus longtemps. Cela montre bien le sens qu’envisage de donner le gouvernement à sa réforme. Pourtant, il existe des solutions qui non seulement permettraient le maintien de la répartition, mais surtout conduiraient à des améliorations, pour les retraités actuels comme pour les retraités futurs.

L’avenir des retraites appelle un tout autre niveau de débat, qui délaisse les affirmations péremptoires, voire les provocations, tels que formulées par les ministres au Sénat, en particulier à l’égard des fonctionnaires. Les fonctionnaires ne sont responsables des difficultés de financement de la retraite. C’est plutôt une politique qui privilégie toujours plus les dividendes des actionnaires au détriment de la protection sociale du plus grand nombre. L’avenir des retraites appelle surtout une intervention lucide et déterminée des salariés pour faire en sorte que le rendez-vous 2010 ne se traduise pas par de nouvelles et importantes régressions sociales.

Ainsi, la Cgt propose un ensemble de mesures qui portent sur les droits à retraite et sur les financements.

Propositions

La Cgt propose que soit confortée l’ouverture du droit à la retraite à 60 ans avec, pour une carrière complète qui intégrerait les années d’études et les périodes de précarité subies, un taux de remplacement d’au moins 75 % du salaire de référence (dernier salaire dans le public, 10 meilleures années dans le privé). Les travailleurs ayant effectué des travaux pénibles bénéficieraient d’un départ anticipé.

Elle propose également un élargissement de l’assiette de cotisation à tous les revenus du travail, aux revenus financiers des entreprises, ainsi qu’une modulation de l’assiette de cotisation en fonction notamment du ratio valeur ajoutée/masse salariale.

La Cgt rappelle que la question du financement de la protection sociale, dont les retraites, appelle une autre politique de l’emploi, d’une toute autre dimension que les « mesurettes » relatives à l’emploi des seniors, avec des dispositions véritablement efficaces pour l’emploi des salariés de 50 à 60 ans, comme pour celui des salariés de moins de 30 ans.

La Cgt propose enfin la création d’une maison commune des régimes de retraite qui aurait pour mission de solidariser les différents régimes en définissant et en promouvant des mesures de progrès social.

 

 

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Quand l’État lâche une entreprise de pointe

18 Janvier 2010, 17:48pm

Publié par Daniel JUNKER

 Derrière les gesticulations de Sarkozyrenault.jpg à propos de Renault, le gouvernement se garde bien d’intervenir dans d’autres dossiers. Le cas du site de recherche ST Ericsson, un fleuron des nanotechnologies près de Caen, est exemplaire. Là-bas, tous les appels des ingénieurs surqualifiés sont restés lettres mortes.

« Le président prétend intervenir pour éviter la délocalisation de la production de Renault, pourquoi ne fait-il rien pour nous ? » La question brûle les lèvres des salariés de l’entreprise ST Ericsson. Depuis juin 2009, le site de Colombelles, près de Caen (Calvados), est sous le coup d’un plan social : 114 ingénieurs qualifiés dans la recherche et le développement (R&D) de semi-conducteurs dans la téléphonie mobile sont poussés vers la sortie. D’après la CFDT du site, 150 postes ont été créés dans un centre R&D à Bangalore, en Inde, et une dizaine de postes à Austin, au Texas, pour y délocaliser leurs activités. Comme pour la marque au losange, la France est actionnaire, au travers d’Areva et à hauteur de 13,75 %, de STMicroelectronics, l’entreprise qui détient 50 % de ST Ericsson. Cette dernière est le fruit de l’union de STMicroelectronics et d’Ericsson, en février 2009. En France des sites ST Ericsson existent au Mans, à Rennes, à Grenoble… Ce mariage a pourtant accouché d’un plan de restructuration mondial de 2 300 postes. Mais ce qui frappe les ingénieurs, c’est l’attitude du gouvernement : il reste aux abonnés absents. « L’État est membre du comité de surveillance à titre d’actionnaire, il possède un droit de réserve et de blocage pour éviter les licenciements  », explique Frédéric, élu CFDT au CE de ST Ericsson. Pourtant, les compétences de l’entreprise dans la R&D sont reconnues et sont présentées comme stratégiques pour le pays. Le ministère de l’Économie, de l’Industrie et l’Emploi a versé 380 millions d’euros à STMicroelectronics, dans le cadre du plan de financement des nanotechnologies, Nano 2012, lancé en avril 2009 par Christine Lagarde.

L’entreprise a aussi profité de réductions fiscales, de crédit impôt recherche en 2009 à hauteur de 200 millions d’euros. « STMicroelectronics cultive une politique de récupération maximale des aides publiques », constate un salarié de ST Ericsson. STMicroelectronics figure aussi comme l’une des candidates favorites éligibles du grand emprunt. Dans un rapport du 6 novembre 2009, le ministère de l’Industrie met en avant sa maîtrise des nanotechnologies, des systèmes nomades ou autonomes des composants électroniques, particulièrement dans le très haut débit à la norme LTE (Long Term Evolution, la quatrième génération de téléphones portables). « On a équipé un téléphone sur deux dans le monde avec ces nouvelles technologies, observe Frédéric. Ils veulent faire des économies mais ça leur coûtera plus cher de trouver de telles compétences, des ingénieurs avec des dizaines d’années d’expérience, et de reprendre les recherches là où on les a laissées. » Avec ces restructurations, ST Ericsson souhaite, selon la direction contactée par l’Humanité, établir une structure R&D « durable et profitable  ». En Inde et aux États- Unis, plutôt qu’en France.

UN MILLIARD D’EUROS VERSÉS AUX ACTIONNAIRES EN 2009

Alors que les deux maisons mères, Ericsson et STMicroelectronics, ont versé un milliard d’euros de dividendes à leurs actionnaires en 2009, les salariés demandent, depuis le premier semestre de l’année dernière, des explications sur le silence de l’État. Sans grand succès. Début juin, ils sont reçus à Bercy. « Le ministère a estimé qu’il n’avait pas à intervenir dans la stratégie des entreprises, rapporte Jean, membre CFDT du comité de groupe européen. Et il nous a dit que ce n’était pas une bonne chose de prendre notre direction en otage. Leur analyse est en phase avec celle de la direction…  » Après une grève de cinq semaines, un protocole prévoyait deux autres réunions au ministère de l’Industrie. « L’État s’était quand même engagé à nous faire rencontrer STMicroelectronics, à nous donner un plan social correct, pour l’instant nous n’avons toujours rien vu venir », constate Jean.

La seconde réunion prévue par le protocole n’aura jamais lieu. Le ministère de l’Industrie leur demande de se tourner vers la préfecture. Nouvelle douche froide : celle-ci s’oppose à une nouvelle réunion début novembre, au motif qu’elle ne souhaite pas interférer avec la procédure de justice en cours contre le plan social (lire aussi ci-contre). Rejetés de toute part, les salariés réclament un peu d’attention. Ils comptent interpeller Christian Estrosi, qui se rendra la semaine prochaine à Caen. Pour lui rappeler que le site ST Ericsson de Caen n’est pas encore enterré… Enterré, s’il devait l’être, ça serait avec les fonds publics et la complicité de l’État actionnaire !

CÉCILE ROUSSEAU

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Les 35 heures ont dix ans

18 Janvier 2010, 17:40pm

Publié par Daniel JUNKER

35heures.jpgLes 35 heures ont dix ans, mais plus toutes leurs dents…
On ne se presse pas au portillon pour célébrer l’anniversaire de la dernière réduction collective du temps de travail. Trop dévoyée, trop détournée ? En Belgique, la plus puissante centrale syndicale vient, face à la crise, de proposer de passer à la « semaine de quatre jours », sans perte de salaires.

« Il faut passer à la semaine de quatre jours. » Imaginez le pavé dans la mare : la crise économique cogne dur, les déficits budgétaires se creusent, les emplois perdus se ramassent à la pelle, les salaires stagnent, le chômage partiel crève les plafonds, les conditions de travail sont dégradées, le travail fait souffrir aussi… Et un dirigeant syndical vient proposer de réduire drastiquement le temps de travail en passant à 32 heures par semaine sans perte de salaire.

Décalé ? Pas en Belgique en tout cas, où Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB (syndicat d’obédience socialiste, 1,4 million d’adhérents), plaide, depuis le début de l’année 2010, pour une mesure de cette ampleur afin de « partager le temps de travail » et de « réduire le chômage ». « Ce qui nous interpelle, c’est le fatalisme qui semble s’emparer du monde politique et socio-économique, justifie-t-elle. Avec les mesures de relance, on reste sur la défensive. Nous, ce que nous voulons, c’est passer à l’offensive, qu’on prenne des mesures concrètes, non seulement pour maintenir l’emploi, mais aussi pour en créer. La semaine de quatre jours, cela résoudrait un grand nombre de problèmes liés à la mobilité, cela permettrait aussi de mieux concilier le travail et la vie privée. »...
L’effet miroir s’avère saisissant quand, en France, justement, on célèbre dans l’indifférence générale les dix ans de la mise en oeuvre des 35 heures : la seconde loi Aubry sur la réduction du temps de travail avait été votée au Parlement le 15 décembre 1999 et, au 1er février 2000, toutes les entreprises de plus de 20 salariés devaient y être passées. Hormis Lionel Jospin, en tournée nostalgie ces derniers jours, il n’y a plus guère que Nicolas Sarkozy pour ne pas manquer une occasion d’évoquer les 35 heures… Comme un fléau, évidemment. « Nous avons mis fin au carcan des 35 heures, se vantait-il, par exemple, le 6 janvier à Cholet (Maine-et-Loire) lors de ses voeux aux forces économiques. Ce n’est pas une question idéologique. Le problème de la France n’est pas que nous travaillons trop, mais qu’on ne travaille pas assez. »...

Alors que, dans le dernier baromètre BVA publié le 12 janvier, 53 % des Français jugent que les 35 heures ne constituent pas un « handicap pour les entreprises », peut-être l’heure est-elle venue de reprendre l’offensive pour que la réduction du temps de travail soit un « atout pour les salariés  ». La voie est étroite, peut-être, mais en France, elle est libre…

THOMAS LEMAHIEU

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