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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Publié depuis Overblog

27 Janvier 2026, 08:10am

Publié par PCF Villepinte

Guerre en Ukraine, droits de douane,
annexion du Groenland, Fentanyl… Pour les
États-Unis, tout est de la faute de la Chine

« Les États-Unis ont diffamé et accusé la Chine sans aucun fondement factuel et ont mis en place des mesures répressives extrêmes telles que le contrôle des exportations de puces électroniques », dénonçait le Zhongnanhai, le siège du gouvernement chinois.
© Andrew Harnik / GETTY IMAGES ASIAPAC / Getty Images via AFP

La fin du capital en justifie les moyens, fussent-ils guerriers, racistes ou les deux. Pour préserver les intérêts des grandes entreprises états-uniennes, les dirigeants de la première puissance mondiale doivent à tout prix marcher sur leurs potentiels rivaux. La Chine, en l’occurrence, que Donald Trump a qualifiée de « menace principale » du monde peu avant son investiture.

Depuis son retour au pouvoir il y a un an, le locataire de la Maison-Blanche ne cesse de s’en prendre à Pékin, parfois violemment, souvent de manière infondée, par crainte d’être surpassé. C’est pour cela que la plus grande bataille de son second mandat est commerciale et, même si ses sacro-saints droits de douane ont touché le monde entier, ils ont atteint des sommets avec la Chine, les deux superpuissances s’infligeant mutuellement plus de 100 % de taxes au printemps 2025.

« Les États-Unis ont diffamé et accusé la Chine sans aucun fondement factuel et ont mis en place des mesures répressives extrêmes telles que le contrôle des exportations de puces électroniques », dénonçait alors le Zhongnanhai, le siège du gouvernement chinois.

À l’époque, les négociations allaient de pair avec les déclarations quasi quotidiennes de Washington. « La Chine est ici la force déstabilisatrice », déclarait sur Fox News Stephen Miller, conseiller à la sécurité intérieure des États-Unis. Son prédécesseur Mike Waltz parlait de « comportement malveillant » avant d’être promu ambassadeur auprès des Nations unies.

Même pour dénigrer l’Europe, Donald Trump dit de l’UE qu’elle est « plus méchante et déplaisante que la Chine ». Cette agressivité ne date pourtant pas d’hier. C’est déjà parce que la balance commerciale chinoise n’était pas à l’avantage des Occidentaux que ces derniers – les Britanniques et les Français notamment – ravagèrent le pays lors des guerres de l’opium, au XIXe siècle.

La « stratégie des chaînes d’îles »

À la fin de ce même siècle, des Européens s’inquiétèrent du développement économique de « l’Extrême-Orient ». « Le péril jaune n’est plus à craindre sous une forme militaire, du moins pour une période qui peut entrer dans nos préoccupations, écrivait le sociologue russe d’expression française Jacques Novicow en 1897. Le péril jaune vient surtout de l’ouvrier chinois qui se contente de 5 sous. »

Les caricatures d’hommes sournois et sanguinaires aux doigts crochus ne survivront pas au début du XXe siècle. Mais le développement économique de la Chine préoccupe réellement les États-Unis depuis les années 1980, où l’on théorise la « stratégie des chaînes d’îles » pour l’endiguer dans le Pacifique, et encore plus depuis le « pivot asiatique » militaire de l’administration Obama.

Donald Trump n’a donc rien inventé, mais il se montre beaucoup plus agressif pour contrer le recul de l’influence économique et diplomatique états-unienne dans le monde. L’animal blessé n’hésite pas à attaquer à l’étranger, comme au Venezuela le 3 janvier dernier.

La veille de son enlèvement, Nicolás Maduro recevait au palais de Miraflores, envoyé spécial du président Xi Jinping, pour évoquer des centaines d’accords commerciaux. La Chine demeure le premier importateur de pétrole du Venezuela qui, à l’image de la majorité des pays du Sud global, préfère négocier avec Pékin, qui prône le développement des infrastructures et du commerce, même en collectant des dettes auprès de ces pays, plutôt que de se plier à la coercition états-unienne.

« En tant que pays en développement, la Chine a toujours été solidaire du Sud global, dans les bons comme dans les mauvais moments, y compris en Amérique latine et dans les Caraïbes », avait déclaré Qiu Xiaoqi. Outre le développement économique et technologique de Pékin, son influence diplomatique grandissante est insupportable pour Washington, surtout en Amérique latine, région considérée comme son « arrière-cour ».

Il suffit de se rappeler les menaces trumpistes sur le canal du Panama, par où transitent les navires chinois, il y a quelques mois. Le même prétendu danger chinois – ainsi que russe – a été invoqué par le président états-unien pour justifier ses désirs d’annexion du Groenland. « La prétendue « menace chinoise » est totalement infondée, et la Chine s’oppose à toute instrumentalisation à des fins égoïstes », a encore répondu le ministère des Affaires étrangères, le 22 janvier.

La guerre en Ukraine, selon Donald Trump, serait aussi imputable à Pékin : en juillet 2025, il lance un ultimatum à Vladimir Poutine en menaçant d’imposer 100 % de droits de douane sur « les partenaires commerciaux de la Russie », soit la Chine.

Taïwan, la convoitée

Mais le principal théâtre sur lequel Washington refuse de perdre pied est situé à quelques kilomètres des côtes chinoises. L’île de Taïwan, que Pékin veut récupérer depuis 1949, est largement instrumentalisée par l’administration Trump. Le 31 mai 2025, le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, affirme que la Chine se prépare « à potentiellement utiliser la force militaire », de quoi justifier la « réorientation » des États-Unis dans le Pacifique pour « dissuader toute agression par la Chine communiste ».

Quelques jours plus tôt, le colonel Grant Newsham, reconverti en géopolitologue, déroule son délire de faucon dans le droitier The Sun : « Opérant depuis Taïwan, l’APL (armée populaire de libération, NDLR) se dirige vers le nord et encercle le Japon. En descendant vers le sud, l’Australie est coupée du reste du monde. (…) Si Taïwan tombe, l’Asie deviendra « rouge » du jour au lendemain. » Une version moderne de la « théorie des dominos », qui avait justifié l’intervention directe des États-Unis contre le Vietnam en 1965.

À la mi-juillet, CNN diffuse un enregistrement du président états-unien lui-même : « J’étais avec Xi Jinping et je lui ai dit, s’il allait à Taïwan, je couvrirais Pékin de putains de bombes. Je n’aurais pas le choix. » Et d’entraîner dans sa croisade ses affidés occidentaux, tel Emmanuel Macron, qui compare Taïwan à l’Ukraine lors du dialogue de Shangri-La, le 30 mai et le 1er juin 2025.

Une « mentalité de guerre froide », s’agace le Zhongnanhai. L’affrontement entre les deux superpuissances est d’une autre nature qu’avec l’ancienne URSS. Mais la logique de blocs est toujours présente. Lors du forum de Davos, le 21 janvier, Donald Trump désire « voir un Occident puissant et uni », s’adressant à une Europe toujours largement atlantiste.

Pour le directeur de l’institut Tricontinental, Vijay Prashad, les États-Unis dominent un bloc qu’il nomme « Otan + », qui subordonne d’autres puissances occidentales. « Ce bloc dirigé par les États-Unis cherche à contenir ce qu’il considère comme des défis, tels que la montée de la Chine, dans son contrôle sur le Sud global », explique-t-il. De quoi expliquer en partie le « conseil de la paix » de Donald Trump pour supplanter l’ONU.

Le renversement semble pourtant inéluctable : en 2022, les pays du Sud produisaient 60 % des richesses du globe, selon le Fonds monétaire international. La Chine a saisi le train, dès 2013, avec ses « nouvelles routes de la soie », déployées sur tous les continents.

Interdiction de recruter des étudiants en lien « avec le Parti communiste chinois »

Les États-Unis, s’ils développent naturellement des partenariats, n’en oublient pas la coercition, surtout sous Donald Trump. Fin avril 2025, Washington interdit à l’université de Harvard de recruter des étudiants étrangers, notamment en raison de « liens avec le Parti communiste chinois ».

En mai, la Chambre des représentants présente des projets de loi sur la Chine et « l’espionnage industriel, les contrôles à l’exportation, les menaces à la sécurité nationale et les violations présumées des droits de l’homme ». En octobre dernier, c’est pourtant le renseignement états-unien qui lançait une cyberattaque contre le Centre du temps chinois, chargé de la mesure et de la diffusion de l’heure légale notamment dans les institutions financières.

Dans la matrice trumpiste, tous les maux sont imputables à Pékin : les ravages du fentanyl, cette drogue provenant du Mexique dont certains composants seraient produits en Chine, ou encore les émissions de gaz à effet de serre, comme le milliardaire le déclarait le 23 septembre 2025 devant l’Assemblée générale de l’ONU.

La Chine demeure certes le premier pays émetteur en masse, mais pas par habitant, et produit une quantité incomparable d’énergie renouvelable sur son sol. Pas de quoi ébranler les mensonges de Donald Trump, qui déclarait à Davos ce mois-ci n’avoir vu « aucune éolienne en Chine ». Des élucubrations qui ont suscité les rires des participants chinois au forum économique mondial.

 

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